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« La question ne se pose plus, soupire L’Orient-Le Jour à Beyrouth. Au moins 492 morts, des dizaines de milliers de Libanais qui fuient leurs maisons la peur au ventre, des centaines de frappes israéliennes dans le Sud et dans la Békaa, une frappe ciblée sur la banlieue sud : ce n’est plus une escalade, ni un conflit de basse intensité, c’est la guerre, s’exclame le quotidien libanais. Une guerre multidimensionnelle qui n’est pas encore totale – ni dans son étendue ni dans l’ampleur des moyens employés, à commencer par l’envoi de troupes au sol –, mais qui pourrait rapidement le devenir ».
D’autant, poursuit L’Orient-Le Jour, que « le Hezbollah n’a toujours pas fait usage de sa principale carte : ses missiles de haute précision qui peuvent infliger des dégâts conséquents à son ennemi. Des missiles qui ont toutefois pour principale fonction de défendre l’Iran s’il est un jour attaqué par Israël et les États-Unis. Téhéran les sacrifiera-t-il alors dans une guerre qui n’est pas décisive pour le régime ? »
Réponse du quotidien libanais : « tant que la majorité des bombardements touchent le Sud, le Hezbollah peut faire le dos rond et tenter de résister autant que faire se peut. Mais si les frappes sur la banlieue sud deviennent plus récurrentes, il sera dans l’obligation de sortir l’artillerie lourde. Le Hezbollah est acculé et le Liban avec lui ».
« Des jours sombres… »Pour le Jerusalem Post, cette guerre est tout à fait légitime… « Pendant trop longtemps, nous avons été la cible d’agressions, avec des roquettes lancées sans discernement sur nos villes et des menaces stratégiques qui se profilent à nos frontières. Aujourd’hui, poursuit le quotidien israélien, après de nombreux avertissements et appels internationaux, le moment est venu pour Israël de se défendre sans s’excuser. Il est grand temps. Aucune nation souveraine ne peut rester inactive alors que ses citoyens sont pris pour cible et que sa sécurité est mise à mal ».
Le Jerusalem Post se dit par ailleurs conscient des risques : « des missiles à longue portée pourraient bientôt viser des bâtiments dans le centre d’Israël, un scénario auquel nous n’avons pas été confrontés depuis la guerre du Golfe. (…) Il se peut que des jours sombres nous attendent ». Mais, s’exclame le journal, « la résistance d’Israël a toujours été notre plus grande arme. Nous avons déjà fait face à des menaces existentielles et, à chaque fois, nous en sommes sortis plus forts ».
Autre point de vue pour Haaretz, quotidien israélien d’opposition : « nous avons frappé le Hezbollah, il a riposté : Israël doit maintenant chercher une issue diplomatique au Liban. Israël ne peut pas répéter l’erreur qu’il a commise en faisant durer la deuxième guerre du Liban il y a vingt ans ».
L’histoire se répète…Dans les colonnes du Washington Post, David Igniatius, l’un des grands éditorialistes du journal, nous dit toute sa « tristesse et son effroi » :
« Ce que je vois aujourd’hui au Liban, écrit-il, ressemble étrangement à ce que j’ai vu en 1982, alors que j’étais jeune reporter à Beyrouth et que je couvrais l’invasion israélienne. Le problème, à l’époque comme aujourd’hui, était la démesure. Israël voulait aller jusqu’au bout, écraser son principal adversaire, l’OLP. Finies les demi-mesures, il fallait utiliser toutes les armes de l’arsenal. À l’époque, comme aujourd’hui, Israël jouissait d’une domination fulgurante sur le plan militaire et en matière de renseignement. Ses troupes ont atteint les banlieues de Beyrouth en quelques jours. Mais que s’est-il passé ensuite ? La force écrasante d’Israël masquait une faiblesse stratégique, pointe David Igniatius : ses dirigeants n’avaient pas de réponse satisfaisante à la question “comment cela va se terminer“. Le siège de Beyrouth s’est poursuivi jusqu’à ce qu’un médiateur américain négocie finalement la sortie du chef de l’OLP, Yasser Arafat, et de ses combattants. Israël s’est retrouvé pris dans ce qui s’est avéré être un bourbier ».
Et l’éditorialiste du Washington Post de conclure : « j’aimerais avoir des réponses aux questions qui nous hantent tous alors que nous observons le Moyen-Orient déchiré par une guerre qui ne cesse de s’étendre. La seule chose qui me semble claire est que la victoire totale est une illusion dans ce conflit ».
By RFI4.2
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« La question ne se pose plus, soupire L’Orient-Le Jour à Beyrouth. Au moins 492 morts, des dizaines de milliers de Libanais qui fuient leurs maisons la peur au ventre, des centaines de frappes israéliennes dans le Sud et dans la Békaa, une frappe ciblée sur la banlieue sud : ce n’est plus une escalade, ni un conflit de basse intensité, c’est la guerre, s’exclame le quotidien libanais. Une guerre multidimensionnelle qui n’est pas encore totale – ni dans son étendue ni dans l’ampleur des moyens employés, à commencer par l’envoi de troupes au sol –, mais qui pourrait rapidement le devenir ».
D’autant, poursuit L’Orient-Le Jour, que « le Hezbollah n’a toujours pas fait usage de sa principale carte : ses missiles de haute précision qui peuvent infliger des dégâts conséquents à son ennemi. Des missiles qui ont toutefois pour principale fonction de défendre l’Iran s’il est un jour attaqué par Israël et les États-Unis. Téhéran les sacrifiera-t-il alors dans une guerre qui n’est pas décisive pour le régime ? »
Réponse du quotidien libanais : « tant que la majorité des bombardements touchent le Sud, le Hezbollah peut faire le dos rond et tenter de résister autant que faire se peut. Mais si les frappes sur la banlieue sud deviennent plus récurrentes, il sera dans l’obligation de sortir l’artillerie lourde. Le Hezbollah est acculé et le Liban avec lui ».
« Des jours sombres… »Pour le Jerusalem Post, cette guerre est tout à fait légitime… « Pendant trop longtemps, nous avons été la cible d’agressions, avec des roquettes lancées sans discernement sur nos villes et des menaces stratégiques qui se profilent à nos frontières. Aujourd’hui, poursuit le quotidien israélien, après de nombreux avertissements et appels internationaux, le moment est venu pour Israël de se défendre sans s’excuser. Il est grand temps. Aucune nation souveraine ne peut rester inactive alors que ses citoyens sont pris pour cible et que sa sécurité est mise à mal ».
Le Jerusalem Post se dit par ailleurs conscient des risques : « des missiles à longue portée pourraient bientôt viser des bâtiments dans le centre d’Israël, un scénario auquel nous n’avons pas été confrontés depuis la guerre du Golfe. (…) Il se peut que des jours sombres nous attendent ». Mais, s’exclame le journal, « la résistance d’Israël a toujours été notre plus grande arme. Nous avons déjà fait face à des menaces existentielles et, à chaque fois, nous en sommes sortis plus forts ».
Autre point de vue pour Haaretz, quotidien israélien d’opposition : « nous avons frappé le Hezbollah, il a riposté : Israël doit maintenant chercher une issue diplomatique au Liban. Israël ne peut pas répéter l’erreur qu’il a commise en faisant durer la deuxième guerre du Liban il y a vingt ans ».
L’histoire se répète…Dans les colonnes du Washington Post, David Igniatius, l’un des grands éditorialistes du journal, nous dit toute sa « tristesse et son effroi » :
« Ce que je vois aujourd’hui au Liban, écrit-il, ressemble étrangement à ce que j’ai vu en 1982, alors que j’étais jeune reporter à Beyrouth et que je couvrais l’invasion israélienne. Le problème, à l’époque comme aujourd’hui, était la démesure. Israël voulait aller jusqu’au bout, écraser son principal adversaire, l’OLP. Finies les demi-mesures, il fallait utiliser toutes les armes de l’arsenal. À l’époque, comme aujourd’hui, Israël jouissait d’une domination fulgurante sur le plan militaire et en matière de renseignement. Ses troupes ont atteint les banlieues de Beyrouth en quelques jours. Mais que s’est-il passé ensuite ? La force écrasante d’Israël masquait une faiblesse stratégique, pointe David Igniatius : ses dirigeants n’avaient pas de réponse satisfaisante à la question “comment cela va se terminer“. Le siège de Beyrouth s’est poursuivi jusqu’à ce qu’un médiateur américain négocie finalement la sortie du chef de l’OLP, Yasser Arafat, et de ses combattants. Israël s’est retrouvé pris dans ce qui s’est avéré être un bourbier ».
Et l’éditorialiste du Washington Post de conclure : « j’aimerais avoir des réponses aux questions qui nous hantent tous alors que nous observons le Moyen-Orient déchiré par une guerre qui ne cesse de s’étendre. La seule chose qui me semble claire est que la victoire totale est une illusion dans ce conflit ».

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