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Israël a poursuivi sa campagne de bombardement hier sur les positions du Hezbollah au Liban, avec son cortège de morts et de déplacés, et dans le même temps, la milice islamiste a multiplié ses attaques. Ces dernières heures, un missile a été intercepté près de Tel Aviv. Pour l’instant, c’est donc l’escalade.
Jusqu’où cela peut-il aller ? Quand et comment cette guerre pourrait s’arrêter ? Les questions fusent ce matin dans la presse. Et on en est réduit aux hypothèses…
Pour Le Monde à Paris, « il est difficile de savoir si cette campagne de frappes extrêmement agressive, ou sa suite, une éventuelle opération terrestre, ont des chances de faire plier le Hezbollah, de l’obliger à cesser les hostilités, ce qui constituerait une défaite politique cinglante pour le mouvement chiite. La démarche israélienne repose toutefois sur un pari à hauts risques, incluant la possibilité de voir le Hezbollah résister et attirer son ennemi dans un bourbier, mais aussi celle de voir se produire un embrasement régional, avec l’entrée dans le conflit de l’Iran et de ses alliés, en Irak, en Syrie et au Yémen ».
L’Iran attentiste ?L’Orient-Le Jour à Beyrouth ne croit pas à cette hypothèse d’un embrasement régional : « il est clair que les patrons iraniens du Hezbollah ne souhaitent pas trop en venir à de telles extrémités. Croulant sous les sanctions économiques, en quête de dialogue avec l’Occident, soucieuse de ne jeter dans l’arène que de la chair à canon libanaise, yéménite ou irakienne, la République islamique semble plutôt solliciter quelque solution négociée lui permettant une sortie de crise plus ou moins honorable. Resterait évidemment à savoir, soupire L’Orient-Le Jour, quel serait le lot du Liban si un tel bazar devait avoir lieu ».
Le Hezbollah va-t-il reculer ?En attendant, les bombardements se poursuivent donc, et les israéliens ont pour objectif, rappelle Le Figaro, de faire reculer le Hezbollah, bien au-delà de la frontière. « L’opération spectaculaire qui, au moyen de bipeurs et de talkies-walkies piégés, vient de décimer les rangs du Hezbollah a porté un coup "sans précédent", à l’organisation et au moral du groupe armé, pointe le journal. Les frappes aériennes de ces derniers jours complètent cette tentative de "décapitation" du Hezbollah, non pour l’annihiler (vaine ambition), mais pour le pousser à un recul tactique, au moins provisoire ». Toutefois,« les chances d’y parvenir sont minces, estime Le Figaro. À ce stade, seule une intervention diplomatique forte pourrait enrayer la réaction en chaîne vers une "guerre totale". Hélas, l’Amérique en campagne est trop occupée par elle-même ».
Les États-Unis menés en bateau ?En effet, l’Amérique semble impuissante… Encore récemment, souligne Haaretz à Tel Aviv, « malgré les échecs et les critiques, tant au niveau national qu’international, l’administration Biden était toujours convaincue que l’escalade régionale pouvait être évitée. Aujourd’hui, avec l’extension de la guerre au Liban, ce postulat est remis en question et les États-Unis doivent faire face aux déficiences et aux lacunes de leur politique. (…) Le président américain et son équipe ont été menés en bateau pendant des mois, s’exclame Haaretz, par Benyamin Netanyahu, qui ne veut pas d’un accord à Gaza. Mais les Américains étaient persuadés de pouvoir le maîtriser. Ils se sont trompés. Ils se sont lourdement trompés ».
Désormais, constate le Guardian à Londres, « les États-Unis ne prétendent plus qu’un accord de cessez-le-feu et de libération des otages à Gaza est en vue. Malheureusement, cet accord semble encore plus lointain après ces derniers jours. Et tant qu’il n’y aura pas d’accord à Gaza, il ne pourra y avoir de solution au Nord. Cela peut convenir à Benyamin Netanyahou, mais cela risque d’avoir les conséquences les plus désastreuses pour les civils des deux côtés de la frontière et pour la région dans son ensemble ».
Limites ?Enfin, ce constat de Libération à Paris : « nous sommes entrés dans une autre dimension avec une déshumanisation manifeste du conflit ».
Et ce coup de gueule du Soir à Bruxelles : « voilà plus de onze mois qu’Israël tue des civils par dizaines de milliers à Gaza et réduit tout un territoire à l’état de gravats. Il est plus que temps que la communauté internationale brise son silence, que cela soit à Gaza ou maintenant au Liban, et dise à Israël que le droit à se défendre comporte des limites, et que celles-ci sont gravées dans le droit international ».
By RFI4.2
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Israël a poursuivi sa campagne de bombardement hier sur les positions du Hezbollah au Liban, avec son cortège de morts et de déplacés, et dans le même temps, la milice islamiste a multiplié ses attaques. Ces dernières heures, un missile a été intercepté près de Tel Aviv. Pour l’instant, c’est donc l’escalade.
Jusqu’où cela peut-il aller ? Quand et comment cette guerre pourrait s’arrêter ? Les questions fusent ce matin dans la presse. Et on en est réduit aux hypothèses…
Pour Le Monde à Paris, « il est difficile de savoir si cette campagne de frappes extrêmement agressive, ou sa suite, une éventuelle opération terrestre, ont des chances de faire plier le Hezbollah, de l’obliger à cesser les hostilités, ce qui constituerait une défaite politique cinglante pour le mouvement chiite. La démarche israélienne repose toutefois sur un pari à hauts risques, incluant la possibilité de voir le Hezbollah résister et attirer son ennemi dans un bourbier, mais aussi celle de voir se produire un embrasement régional, avec l’entrée dans le conflit de l’Iran et de ses alliés, en Irak, en Syrie et au Yémen ».
L’Iran attentiste ?L’Orient-Le Jour à Beyrouth ne croit pas à cette hypothèse d’un embrasement régional : « il est clair que les patrons iraniens du Hezbollah ne souhaitent pas trop en venir à de telles extrémités. Croulant sous les sanctions économiques, en quête de dialogue avec l’Occident, soucieuse de ne jeter dans l’arène que de la chair à canon libanaise, yéménite ou irakienne, la République islamique semble plutôt solliciter quelque solution négociée lui permettant une sortie de crise plus ou moins honorable. Resterait évidemment à savoir, soupire L’Orient-Le Jour, quel serait le lot du Liban si un tel bazar devait avoir lieu ».
Le Hezbollah va-t-il reculer ?En attendant, les bombardements se poursuivent donc, et les israéliens ont pour objectif, rappelle Le Figaro, de faire reculer le Hezbollah, bien au-delà de la frontière. « L’opération spectaculaire qui, au moyen de bipeurs et de talkies-walkies piégés, vient de décimer les rangs du Hezbollah a porté un coup "sans précédent", à l’organisation et au moral du groupe armé, pointe le journal. Les frappes aériennes de ces derniers jours complètent cette tentative de "décapitation" du Hezbollah, non pour l’annihiler (vaine ambition), mais pour le pousser à un recul tactique, au moins provisoire ». Toutefois,« les chances d’y parvenir sont minces, estime Le Figaro. À ce stade, seule une intervention diplomatique forte pourrait enrayer la réaction en chaîne vers une "guerre totale". Hélas, l’Amérique en campagne est trop occupée par elle-même ».
Les États-Unis menés en bateau ?En effet, l’Amérique semble impuissante… Encore récemment, souligne Haaretz à Tel Aviv, « malgré les échecs et les critiques, tant au niveau national qu’international, l’administration Biden était toujours convaincue que l’escalade régionale pouvait être évitée. Aujourd’hui, avec l’extension de la guerre au Liban, ce postulat est remis en question et les États-Unis doivent faire face aux déficiences et aux lacunes de leur politique. (…) Le président américain et son équipe ont été menés en bateau pendant des mois, s’exclame Haaretz, par Benyamin Netanyahu, qui ne veut pas d’un accord à Gaza. Mais les Américains étaient persuadés de pouvoir le maîtriser. Ils se sont trompés. Ils se sont lourdement trompés ».
Désormais, constate le Guardian à Londres, « les États-Unis ne prétendent plus qu’un accord de cessez-le-feu et de libération des otages à Gaza est en vue. Malheureusement, cet accord semble encore plus lointain après ces derniers jours. Et tant qu’il n’y aura pas d’accord à Gaza, il ne pourra y avoir de solution au Nord. Cela peut convenir à Benyamin Netanyahou, mais cela risque d’avoir les conséquences les plus désastreuses pour les civils des deux côtés de la frontière et pour la région dans son ensemble ».
Limites ?Enfin, ce constat de Libération à Paris : « nous sommes entrés dans une autre dimension avec une déshumanisation manifeste du conflit ».
Et ce coup de gueule du Soir à Bruxelles : « voilà plus de onze mois qu’Israël tue des civils par dizaines de milliers à Gaza et réduit tout un territoire à l’état de gravats. Il est plus que temps que la communauté internationale brise son silence, que cela soit à Gaza ou maintenant au Liban, et dise à Israël que le droit à se défendre comporte des limites, et que celles-ci sont gravées dans le droit international ».

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