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« Une chaussure posée sur un monticule de terre : cette chaussure est tout ce que l’on sait de l’être humain qui est enterré là. Enterré anonymement sur un trottoir, le long d’une rue de Khartoum. Un corps parmi tant d’autres ; des milliers ont été enterrés ainsi, pendant et après le siège de la capitale soudanaise. À quelques mètres de là, des conducteurs de tuk-tuk attendent des clients, des charrettes tirées par des ânes passent, les piétons s’écartent sans même se retourner : le monticule de terre fait désormais partie du décor, accepté, normalisé, comme le feu tricolore cassé qui, plus loin, surplombe la rue, comme les impacts de balles sur les immeubles ».
Voilà, la suite de ce reportage est à lire dans la Repubblica à Rome. Un reportage intitulé « la ville des fantômes ». À Khartoum, on ne sait plus où enterrer les morts. Il faut dire, pointe le quotidien italien, « qu’il a fallu 23 mois à l’armée nationale du général Abdel Fattah al-Burhan pour chasser de la capitale les paramilitaires, les RSF, commandés par l’autre homme en uniforme, Mohamed Hamdan Dagalo, connu sous le nom de Hemeti (…). Le Soudan, c’est le pays des deux Nils, des huit frontières, des cinq cents tribus et des deux généraux, relève encore la Repubblica. Ils s’étaient alliés pour contrer la révolution démocratique qui a renversé le dictateur el-Béchir en 2019, mais ils se sont divisés au moment de décider qui serait le nouveau maître ».
La plus grande crise humanitaire au monde« Ce 15 avril marque (donc) les trois ans du déclenchement du conflit au Soudan, pointe Libération à Paris. Une guerre civile qui, d’après l’ONU, est à l’origine de la plus grande crise humanitaire au monde. Qu’il semble loin, le temps où l’espoir fleurissait, lorsque début 2019, un mouvement populaire renversait Omar el-Béchir, dictateur au pouvoir pendant près de trente ans… La fragile alliance entre civils et militaires qui lui a succédé s’est rapidement délitée. Jusqu’à ce qu’éclatent les affrontements entre deux camps issus de ce même régime déchu. Trois ans plus tard, soupire Libération, le conflit a provoqué le déplacement de 11 millions de personnes. Près de 30 millions d’habitants ont aujourd’hui besoin d’aide humanitaire. Le bilan humain reste difficile à établir, mais les estimations dépassent les 150 000 morts ».
Complicités internationales…Trois ans de guerre donc et trois ans d’inaction internationale…
Et « le véritable scandale ne réside pas tant dans l’échec des efforts internationaux de paix, que dans le maintien et l’escalade de cette guerre par des intérêts extérieurs », dénonce le Guardian à Londres. En effet, l’Égypte, l’Arabie saoudite, le Qatar, la Turquie, l’Iran, la Russie et les Émirats arabes unis sont parties prenantes dans ce conflit avec un soutien militaire actif aux forces rivales.
« Les Émirats arabes unis sont le principal soutien des RSF, pointe le quotidien britannique, de même que l’Éthiopie voisine. (…) Pour leur part, l’Arabie saoudite et l’Égypte sont aux côtés du général Burhan. Ces implications d’États extérieurs alimentent les craintes d’une véritable guerre régionale. Se pose aussi la question de la responsabilité de l’Europe, qui a financé le contrôle migratoire au Soudan, et qui a indirectement fourni des armes désormais utilisées sur les champs de bataille soudanais ».
« Est-ce trop demander que de se soucier du Soudan ? »Alors, « Berlin accueille ce mercredi une conférence internationale sur le Soudan, suscitant un certain espoir. La communauté internationale trouvera-t-elle enfin la volonté et la force de contenir les seigneurs de guerre ? » Question posée par le Süddeutsche Zeitung. Réponse du quotidien allemand : non, tant qu’un cessez-le-feu ne sera pas en vue. « Rien ne changera vraiment tant que les seigneurs de guerre seront approvisionnés en armes et qu'aucune négociation sérieuse ne sera entamée ».
« Est-ce trop demander que de se soucier du Soudan ? », implore le New York Times. La réponse pourrait venir des États-Unis. « Les Américains, rappelle le journal, ont réagi face au nettoyage ethnique au Kosovo, aux tsunamis en Asie du Sud-Est et au Japon, et au séisme dévastateur en Haïti ». Mais en ce moment, ils regardent ailleurs…
Quant aux européens, relève Le Soir à Bruxelles, « leur silence face au soutien continu des Émirats arabes unis aux FSR est assourdissant ». Et le quotidien belge de s’interroger : « alors que les Émirats arabes unis ont besoin d’aide pour contrer les attaques iraniennes, ne serait-ce pas le moment de leur suggérer de réévaluer leur appui aux FSR ? »
By RFI4.2
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« Une chaussure posée sur un monticule de terre : cette chaussure est tout ce que l’on sait de l’être humain qui est enterré là. Enterré anonymement sur un trottoir, le long d’une rue de Khartoum. Un corps parmi tant d’autres ; des milliers ont été enterrés ainsi, pendant et après le siège de la capitale soudanaise. À quelques mètres de là, des conducteurs de tuk-tuk attendent des clients, des charrettes tirées par des ânes passent, les piétons s’écartent sans même se retourner : le monticule de terre fait désormais partie du décor, accepté, normalisé, comme le feu tricolore cassé qui, plus loin, surplombe la rue, comme les impacts de balles sur les immeubles ».
Voilà, la suite de ce reportage est à lire dans la Repubblica à Rome. Un reportage intitulé « la ville des fantômes ». À Khartoum, on ne sait plus où enterrer les morts. Il faut dire, pointe le quotidien italien, « qu’il a fallu 23 mois à l’armée nationale du général Abdel Fattah al-Burhan pour chasser de la capitale les paramilitaires, les RSF, commandés par l’autre homme en uniforme, Mohamed Hamdan Dagalo, connu sous le nom de Hemeti (…). Le Soudan, c’est le pays des deux Nils, des huit frontières, des cinq cents tribus et des deux généraux, relève encore la Repubblica. Ils s’étaient alliés pour contrer la révolution démocratique qui a renversé le dictateur el-Béchir en 2019, mais ils se sont divisés au moment de décider qui serait le nouveau maître ».
La plus grande crise humanitaire au monde« Ce 15 avril marque (donc) les trois ans du déclenchement du conflit au Soudan, pointe Libération à Paris. Une guerre civile qui, d’après l’ONU, est à l’origine de la plus grande crise humanitaire au monde. Qu’il semble loin, le temps où l’espoir fleurissait, lorsque début 2019, un mouvement populaire renversait Omar el-Béchir, dictateur au pouvoir pendant près de trente ans… La fragile alliance entre civils et militaires qui lui a succédé s’est rapidement délitée. Jusqu’à ce qu’éclatent les affrontements entre deux camps issus de ce même régime déchu. Trois ans plus tard, soupire Libération, le conflit a provoqué le déplacement de 11 millions de personnes. Près de 30 millions d’habitants ont aujourd’hui besoin d’aide humanitaire. Le bilan humain reste difficile à établir, mais les estimations dépassent les 150 000 morts ».
Complicités internationales…Trois ans de guerre donc et trois ans d’inaction internationale…
Et « le véritable scandale ne réside pas tant dans l’échec des efforts internationaux de paix, que dans le maintien et l’escalade de cette guerre par des intérêts extérieurs », dénonce le Guardian à Londres. En effet, l’Égypte, l’Arabie saoudite, le Qatar, la Turquie, l’Iran, la Russie et les Émirats arabes unis sont parties prenantes dans ce conflit avec un soutien militaire actif aux forces rivales.
« Les Émirats arabes unis sont le principal soutien des RSF, pointe le quotidien britannique, de même que l’Éthiopie voisine. (…) Pour leur part, l’Arabie saoudite et l’Égypte sont aux côtés du général Burhan. Ces implications d’États extérieurs alimentent les craintes d’une véritable guerre régionale. Se pose aussi la question de la responsabilité de l’Europe, qui a financé le contrôle migratoire au Soudan, et qui a indirectement fourni des armes désormais utilisées sur les champs de bataille soudanais ».
« Est-ce trop demander que de se soucier du Soudan ? »Alors, « Berlin accueille ce mercredi une conférence internationale sur le Soudan, suscitant un certain espoir. La communauté internationale trouvera-t-elle enfin la volonté et la force de contenir les seigneurs de guerre ? » Question posée par le Süddeutsche Zeitung. Réponse du quotidien allemand : non, tant qu’un cessez-le-feu ne sera pas en vue. « Rien ne changera vraiment tant que les seigneurs de guerre seront approvisionnés en armes et qu'aucune négociation sérieuse ne sera entamée ».
« Est-ce trop demander que de se soucier du Soudan ? », implore le New York Times. La réponse pourrait venir des États-Unis. « Les Américains, rappelle le journal, ont réagi face au nettoyage ethnique au Kosovo, aux tsunamis en Asie du Sud-Est et au Japon, et au séisme dévastateur en Haïti ». Mais en ce moment, ils regardent ailleurs…
Quant aux européens, relève Le Soir à Bruxelles, « leur silence face au soutien continu des Émirats arabes unis aux FSR est assourdissant ». Et le quotidien belge de s’interroger : « alors que les Émirats arabes unis ont besoin d’aide pour contrer les attaques iraniennes, ne serait-ce pas le moment de leur suggérer de réévaluer leur appui aux FSR ? »

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