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« Dix minutes, cinquante avions, cent soixante missiles, une centaine de cibles, et des centaines de victimes entre morts et blessés », soupire L’Orient Le Jour à Beyrouth. « Les Libanais savaient que les bombardements israéliens ne se limiteraient pas au sud du pays ni à la banlieue sud de Beyrouth. Depuis quelques jours, ils sentaient se rapprocher les flammes de l’enfer. Elles n’ont pas manqué, hier, de dévorer des régions qui n’ont rien à voir avec ce conflit, dénonce le quotidien libanais, marquant en plein jour un record de destructions et de pertes humaines. »
« Dans l’ombre du cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran, le Liban brûle », s’exclame Le Devoir à Montréal.
« Et c’est plus qu’un massacre ! », affirme Hady, cet habitant de Beyrouth interrogé par le correspondant sur place de Libération. « “C’est une vengeance, une punition, un crime de guerre… C’est le pire de la mort qui s’abat sur nous“. Et comment lui donner tort ?, s’exclame le journal. Aux pieds de son immeuble, il est presque impossible de donner un nom aux victimes. Les corps retrouvés sont défigurés, ou en morceaux. Les connaissances voisines ont été décimées dans les frappes… Sous les gravats, des images envolées montrent des couples anonymes, bras dessus bras dessous, des souvenirs photographiés des paysages de l’Est et du Sud, aujourd’hui bombardés et occupés. Il faudrait un article par visage pour deviner les vies qui se cachaient sous ce que ces bombes viennent d’arracher. Mais à cette heure, soupire encore Libération, les mots manquent. »
Champs de ruine…Pourtant, hier matin, c’était le soulagement…
Oui, pointe Le Soir à Bruxelles, « c’était le sentiment qui s’était emparé du monde à l’annonce de l’accord de cessez-le-feu “conclu“ pour quinze jours entre l’Iran et les Etats-Unis. (…) La paix était très loin d’être gagnée, mais après avoir frôlé une sorte d’apocalypse, la trêve soudain proclamée avait le mérite du répit. Celui-ci fut de très courte durée hélas, car dans les heures qui ont suivi, toute l’incertitude et la perversité de ce conflit sont venues du Liban assailli comme jamais par les frappes israéliennes, à l’évidence privé de tout cessez-le-feu. (…) Mais quel champ de ruines !, fulmine le quotidien belge. Tout ça pour ça, se doit-on de conclure à ce stade de la guerre déclarée par Trump et Netanyahou à l’Iran et qui ne compte que des perdants. »
Que des perdants !En effet, aux Etats-Unis, comme en Iran, on crie victoire… Mais en fait, cette « guerre dévastatrice n’a fait que des perdants », constate également le Guardian à Londres. « Le cessez-le-feu annoncé par Trump n’entraînera certainement pas la fin de la guerre, aussi bienvenue soit cette pause, et ne durera peut-être même pas deux semaines. Trump a affirmé que l’Iran avait changé de régime. C’est faux. Au contraire, des personnalités encore plus intransigeantes sont désormais au pouvoir. Il a déclaré que le détroit d’Ormuz serait ouvert ; là aussi, faux… l’Iran a rétorqué que les navires pourraient y passer avec autorisation, et moyennant paiement. »
En fait, relève encore le Guardian, « les seuls véritables gagnants sont les fabricants d’armes, la Russie – dont les caisses sont renflouées par les revenus pétroliers – et, sans doute, la Chine, du moins pour l’instant. La Chine qui apparaît comme une puissance plus stable et plus prévisible. »
« Quel talent ! »« La tâche est loin d’être terminée », reconnait le Wall Street Journal. « Les négociations pourraient durer deux semaines, puis trois, puis des mois. L’Iran pourrait parier sur le fait que Trump ne reprendra pas les bombardements à l’approche des élections de mi-mandat. Et le reste du monde – et les républicains au Congrès – pourraient faire pression pour qu’il renonce à la guerre. (…) La triste réalité est que Trump s’est lui-même mis dans cette situation. »
Finalement, conclut Le Temps à Genève, « la diplomatie par les bombes de Donald Trump n’a fait qu’aggraver la situation au Moyen-Orient. (…) L’Iran a résisté à la superpuissance américaine, tenu le monde assoiffé de pétrole en otage, et obtenu que les cargos utilisant désormais le détroit d’Ormuz collaborent avec son armée. Quel talent ! »
Et pendant ce temps, soupire encore le quotidien suisse, « les prix du pétrole, erratiques, mettent sous pression les populations pauvres et les classes moyennes. La Chine et la Russie profitent de cette situation absurde. Le monde est devenu encore plus instable, y compris sur le plan de la menace nucléaire. »
By RFI4.2
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« Dix minutes, cinquante avions, cent soixante missiles, une centaine de cibles, et des centaines de victimes entre morts et blessés », soupire L’Orient Le Jour à Beyrouth. « Les Libanais savaient que les bombardements israéliens ne se limiteraient pas au sud du pays ni à la banlieue sud de Beyrouth. Depuis quelques jours, ils sentaient se rapprocher les flammes de l’enfer. Elles n’ont pas manqué, hier, de dévorer des régions qui n’ont rien à voir avec ce conflit, dénonce le quotidien libanais, marquant en plein jour un record de destructions et de pertes humaines. »
« Dans l’ombre du cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran, le Liban brûle », s’exclame Le Devoir à Montréal.
« Et c’est plus qu’un massacre ! », affirme Hady, cet habitant de Beyrouth interrogé par le correspondant sur place de Libération. « “C’est une vengeance, une punition, un crime de guerre… C’est le pire de la mort qui s’abat sur nous“. Et comment lui donner tort ?, s’exclame le journal. Aux pieds de son immeuble, il est presque impossible de donner un nom aux victimes. Les corps retrouvés sont défigurés, ou en morceaux. Les connaissances voisines ont été décimées dans les frappes… Sous les gravats, des images envolées montrent des couples anonymes, bras dessus bras dessous, des souvenirs photographiés des paysages de l’Est et du Sud, aujourd’hui bombardés et occupés. Il faudrait un article par visage pour deviner les vies qui se cachaient sous ce que ces bombes viennent d’arracher. Mais à cette heure, soupire encore Libération, les mots manquent. »
Champs de ruine…Pourtant, hier matin, c’était le soulagement…
Oui, pointe Le Soir à Bruxelles, « c’était le sentiment qui s’était emparé du monde à l’annonce de l’accord de cessez-le-feu “conclu“ pour quinze jours entre l’Iran et les Etats-Unis. (…) La paix était très loin d’être gagnée, mais après avoir frôlé une sorte d’apocalypse, la trêve soudain proclamée avait le mérite du répit. Celui-ci fut de très courte durée hélas, car dans les heures qui ont suivi, toute l’incertitude et la perversité de ce conflit sont venues du Liban assailli comme jamais par les frappes israéliennes, à l’évidence privé de tout cessez-le-feu. (…) Mais quel champ de ruines !, fulmine le quotidien belge. Tout ça pour ça, se doit-on de conclure à ce stade de la guerre déclarée par Trump et Netanyahou à l’Iran et qui ne compte que des perdants. »
Que des perdants !En effet, aux Etats-Unis, comme en Iran, on crie victoire… Mais en fait, cette « guerre dévastatrice n’a fait que des perdants », constate également le Guardian à Londres. « Le cessez-le-feu annoncé par Trump n’entraînera certainement pas la fin de la guerre, aussi bienvenue soit cette pause, et ne durera peut-être même pas deux semaines. Trump a affirmé que l’Iran avait changé de régime. C’est faux. Au contraire, des personnalités encore plus intransigeantes sont désormais au pouvoir. Il a déclaré que le détroit d’Ormuz serait ouvert ; là aussi, faux… l’Iran a rétorqué que les navires pourraient y passer avec autorisation, et moyennant paiement. »
En fait, relève encore le Guardian, « les seuls véritables gagnants sont les fabricants d’armes, la Russie – dont les caisses sont renflouées par les revenus pétroliers – et, sans doute, la Chine, du moins pour l’instant. La Chine qui apparaît comme une puissance plus stable et plus prévisible. »
« Quel talent ! »« La tâche est loin d’être terminée », reconnait le Wall Street Journal. « Les négociations pourraient durer deux semaines, puis trois, puis des mois. L’Iran pourrait parier sur le fait que Trump ne reprendra pas les bombardements à l’approche des élections de mi-mandat. Et le reste du monde – et les républicains au Congrès – pourraient faire pression pour qu’il renonce à la guerre. (…) La triste réalité est que Trump s’est lui-même mis dans cette situation. »
Finalement, conclut Le Temps à Genève, « la diplomatie par les bombes de Donald Trump n’a fait qu’aggraver la situation au Moyen-Orient. (…) L’Iran a résisté à la superpuissance américaine, tenu le monde assoiffé de pétrole en otage, et obtenu que les cargos utilisant désormais le détroit d’Ormuz collaborent avec son armée. Quel talent ! »
Et pendant ce temps, soupire encore le quotidien suisse, « les prix du pétrole, erratiques, mettent sous pression les populations pauvres et les classes moyennes. La Chine et la Russie profitent de cette situation absurde. Le monde est devenu encore plus instable, y compris sur le plan de la menace nucléaire. »

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