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« Effrayant et impressionnant », s’exclame Die Welt à Berlin. C’est une « sanction sans précédent pour les trois partis de la coalition. »
L’AfD est donc arrivée en tête des régionales en Thuringe, une première pour un parti d’extrême droite depuis l’après-guerre, et la formation talonne les chrétiens-démocrates en Saxe. Le SPD du chancelier recule mais c’est surtout ses alliés des Verts et du Parti libéral-démocrate qui s’écroulent. Un sérieux revers pour Olaf Scholz à un an des législatives.
La presse européenne n’en revient pas, à commencer par Le Temps à Genève : « s’il fallait une preuve du malaise qu’éprouvent les citoyens de l’ex-RDA, les élections du week-end en Thuringe et en Saxe l’ont apportée. (…) Dans la psyché allemande, le traumatisme risque d’être douloureux. Car pour les millions de personnes qui ont défilé ce printemps dans les villes allemandes pour dénoncer l’extrême droite, c’est un tremblement de terre. (…) Même s’il s’agit de deux scrutins régionaux, à Berlin, la secousse pour la coalition tripartite (SPD, Verts et libéraux-démocrates) est majeure, pointe encore Le Temps. Déjà affaibli par une incapacité à vraiment travailler collectivement, par une économie qui ralentit dangereusement, le gouvernement de Scholz devra faire son introspection. Et réaliser que la réunification économique a peut-être réussi, mais que le fossé culturel entre les deux parties du pays demeure béant. »
En effet, renchérit le Guardian à Londres, « les résultats historiques des élections d’hier en Thuringe et en Saxe dressent le portrait d’une Allemagne où les régions de l’est et de l’ouest s’éloignent de plus en plus. »
Les raisons de la colèrePourquoi « l’est de l’Allemagne est-il en colère ? », s’interroge le New York Times : « la région, qui abrite de vastes mines de charbon à ciel ouvert, était autrefois la salle des machines de l’ancienne Allemagne de l’Est. Mais depuis la réunification en 1990, de nombreuses mines ont fermé, entraînant avec elles des emplois et faisant sombrer l’économie à l’une des dernières places du pays. » Par ailleurs, « bien que leur région compte moins d’immigrés que la plupart des autres régions d’Allemagne, de nombreux est-allemands sont mécontents de ce qu’ils considèrent comme des dépenses excessives pour les demandeurs d’asile, les migrants et le soutien militaire à l’Ukraine. »
Improbables coalitions…Alors qui va gouverner en Thuringe ? C’est un véritable casse-tête, pointe Libération à Paris : « la montée en puissance de l’AfD pose désormais un gros problème pour la formation d’une coalition stable, tous les partis ayant exclu une alliance avec ce parti proche des néonazis dans cette région. La situation est tellement compliquée que les conservateurs, pour faire barrage à l’AfD, pourraient faire appel en Thuringe à Sahra Wagenknecht, transfuge de la gauche radicale (Die Linke), qui a réalisé l’exploit de rassembler 16% des voix avec son parti créé au début de l’année (le BSW). Pour sortir de l’impasse politique, la droite conservatrice n’a pas exclu une alliance au niveau régional avec cette ancienne stalinienne devenue prorusse. Les négociations s’annoncent très difficiles, Sahra Wagenknecht ayant mis comme condition l’arrêt des livraisons d’armes à l’Ukraine. »
Et puis en Saxe, relève encore Libération, « autre bastion de l’AfD, les conservateurs ont réussi à se maintenir difficilement en tête mais ils ne sont pas sûrs de reconduire leur coalition tripartite avec les sociaux-démocrates et les écologistes. Là encore, Sahra Wagenknecht pourrait permettre aux conservateurs de diriger la région. Comme si en France Jean-Luc Mélenchon s’alliait avec Les Républicains. »
Et dans un an ?Et sur le plan national, c’est l’incertitude également … « Pour le patron de la droite allemande, Friedrich Merz, noteLe Soir à Bruxelles, c’est l’avenir de sa candidature à la chancellerie qui se joue dans les prochaines semaines. En effet, la CDU avait décidé d’attendre l’issue de ces élections pour nommer le candidat aux législatives qui ont lieu dans un an. Or, le scrutin est un cruel aveu d’échec pour “l’anti-Merkel“ qui s’est beaucoup engagé dans cette campagne des régionales avec, comme revendication, une autre politique migratoire, proche de l’AFD. »
Enfin, ça n’est pas simple non plus pour le sortant, Olaf Scholz. « Pour l’heure, cependant, le chef du gouvernement allemand ne semble guère inquiet, relèveLe Monde à Paris. “Mon objectif est que le SPD soit le plus haut possible et qu’il dirige la prochaine coalition », a-t-il déclaré récemment à la veille des élections en Saxe et en Thuringe.
Au vu des sondages, une telle ambition n’est-elle pas présomptueuse ? Réponse de Scholz : « le paysage politique bouge beaucoup. Je suis persuadé que nous réussirons une fois de plus. »
By RFI4.2
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« Effrayant et impressionnant », s’exclame Die Welt à Berlin. C’est une « sanction sans précédent pour les trois partis de la coalition. »
L’AfD est donc arrivée en tête des régionales en Thuringe, une première pour un parti d’extrême droite depuis l’après-guerre, et la formation talonne les chrétiens-démocrates en Saxe. Le SPD du chancelier recule mais c’est surtout ses alliés des Verts et du Parti libéral-démocrate qui s’écroulent. Un sérieux revers pour Olaf Scholz à un an des législatives.
La presse européenne n’en revient pas, à commencer par Le Temps à Genève : « s’il fallait une preuve du malaise qu’éprouvent les citoyens de l’ex-RDA, les élections du week-end en Thuringe et en Saxe l’ont apportée. (…) Dans la psyché allemande, le traumatisme risque d’être douloureux. Car pour les millions de personnes qui ont défilé ce printemps dans les villes allemandes pour dénoncer l’extrême droite, c’est un tremblement de terre. (…) Même s’il s’agit de deux scrutins régionaux, à Berlin, la secousse pour la coalition tripartite (SPD, Verts et libéraux-démocrates) est majeure, pointe encore Le Temps. Déjà affaibli par une incapacité à vraiment travailler collectivement, par une économie qui ralentit dangereusement, le gouvernement de Scholz devra faire son introspection. Et réaliser que la réunification économique a peut-être réussi, mais que le fossé culturel entre les deux parties du pays demeure béant. »
En effet, renchérit le Guardian à Londres, « les résultats historiques des élections d’hier en Thuringe et en Saxe dressent le portrait d’une Allemagne où les régions de l’est et de l’ouest s’éloignent de plus en plus. »
Les raisons de la colèrePourquoi « l’est de l’Allemagne est-il en colère ? », s’interroge le New York Times : « la région, qui abrite de vastes mines de charbon à ciel ouvert, était autrefois la salle des machines de l’ancienne Allemagne de l’Est. Mais depuis la réunification en 1990, de nombreuses mines ont fermé, entraînant avec elles des emplois et faisant sombrer l’économie à l’une des dernières places du pays. » Par ailleurs, « bien que leur région compte moins d’immigrés que la plupart des autres régions d’Allemagne, de nombreux est-allemands sont mécontents de ce qu’ils considèrent comme des dépenses excessives pour les demandeurs d’asile, les migrants et le soutien militaire à l’Ukraine. »
Improbables coalitions…Alors qui va gouverner en Thuringe ? C’est un véritable casse-tête, pointe Libération à Paris : « la montée en puissance de l’AfD pose désormais un gros problème pour la formation d’une coalition stable, tous les partis ayant exclu une alliance avec ce parti proche des néonazis dans cette région. La situation est tellement compliquée que les conservateurs, pour faire barrage à l’AfD, pourraient faire appel en Thuringe à Sahra Wagenknecht, transfuge de la gauche radicale (Die Linke), qui a réalisé l’exploit de rassembler 16% des voix avec son parti créé au début de l’année (le BSW). Pour sortir de l’impasse politique, la droite conservatrice n’a pas exclu une alliance au niveau régional avec cette ancienne stalinienne devenue prorusse. Les négociations s’annoncent très difficiles, Sahra Wagenknecht ayant mis comme condition l’arrêt des livraisons d’armes à l’Ukraine. »
Et puis en Saxe, relève encore Libération, « autre bastion de l’AfD, les conservateurs ont réussi à se maintenir difficilement en tête mais ils ne sont pas sûrs de reconduire leur coalition tripartite avec les sociaux-démocrates et les écologistes. Là encore, Sahra Wagenknecht pourrait permettre aux conservateurs de diriger la région. Comme si en France Jean-Luc Mélenchon s’alliait avec Les Républicains. »
Et dans un an ?Et sur le plan national, c’est l’incertitude également … « Pour le patron de la droite allemande, Friedrich Merz, noteLe Soir à Bruxelles, c’est l’avenir de sa candidature à la chancellerie qui se joue dans les prochaines semaines. En effet, la CDU avait décidé d’attendre l’issue de ces élections pour nommer le candidat aux législatives qui ont lieu dans un an. Or, le scrutin est un cruel aveu d’échec pour “l’anti-Merkel“ qui s’est beaucoup engagé dans cette campagne des régionales avec, comme revendication, une autre politique migratoire, proche de l’AFD. »
Enfin, ça n’est pas simple non plus pour le sortant, Olaf Scholz. « Pour l’heure, cependant, le chef du gouvernement allemand ne semble guère inquiet, relèveLe Monde à Paris. “Mon objectif est que le SPD soit le plus haut possible et qu’il dirige la prochaine coalition », a-t-il déclaré récemment à la veille des élections en Saxe et en Thuringe.
Au vu des sondages, une telle ambition n’est-elle pas présomptueuse ? Réponse de Scholz : « le paysage politique bouge beaucoup. Je suis persuadé que nous réussirons une fois de plus. »

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