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À Chicago, les démocrates ont quatre jours pour « faire de l’euphorie » autour de Kamala Harris « une tendance forte », écrit le quotidien canadien Le Devoir. Des moments forts, en tout cas, il y en a eu lors de cette première soirée, dont un qualifié de « doux-amer » par Politico : l’intervention du président Joe Biden. « Dans une ville où il était censé reprendre le flambeau du parti démocrate pour la dernière fois, lors d’une convention où il était censé consolider son héritage politique », rappelle le New York Times, « le président Biden a plutôt transmis le flambeau du leadership, essuyant des larmes alors que la foule se levait pour une ovation soutenue et scandait "Thank you, Joe" ». Pour le Washington Post, c'était « la fin officieuse de son demi-siècle de carrière politique ».
Le Corriere della Sera en profite pour revenir sur le retrait de la candidature de Joe Biden. Pour le quotidien italien, c'est toute la différence entre démocrates et républicains : le parti démocrate a toujours une implantation, c’est lui qui a poussé Joe Biden vers la sortie et organisé ce que le Corriere della Sera appelle « la transfiguration de Kamala », « une femme politique qui, jusqu’à récemment, était décrite par ses propres camarades de partis comme plutôt médiocre et qui désormais est devenue une sorte de divinité ». Par contre, dans le champ républicain, rien de tel : « le parti républicain est véritablement un parti incapable de s’opposer aux impulsions de son leader, ce qui pourrait s’avérer fatal sur le long terme ».
À lire aussiConvention démocrate : « Il faut sécuriser la base de l’électorat »
Hillary Clinton et le plafond de verreÀ Chicago, Joe Biden n’est évidemment pas le seul à avoir pris la parole ce lundi 19 aout 2024 : il y a eu aussi l’intervention surprise de Kamala Harris. Son discours est attendu jeudi pour la fin de la convention, rappelle le quotidien britannique The Times, elle est quand même apparue une première fois à l'ouverture pour dire qu’elle était « redevable à jamais » à Joe Biden.
Mais l'autre moment fort a surtout été l'intervention d’Hillary Clinton, qui fut candidate à la présidentielle de 2016. Et elle aussi, elle « passe enfin le flambeau », écrit le New York Times : « il faut reconnaître à Hillary Clinton que sans elle, les démocrates n’auraient pas été prêts à accueillir l’idée d’une candidature de Kamala Harris (d’une femme, donc) avec autant de sérénité ».
Hillary Clinton qui à Chicago « prend sa revanche sur Trump », titre Politico. Le Süddeutsche Zeitung rappelle qu’en 2016, lors des meetings de Donald Trump, la foule chantait « lock her up », enfermez-la, attaquant la candidate sur l’affaire dite des mails. Cette fois, c'est la foule de Chicago qui a chanté « lock him up », « enfermez-le » (sous-entendu Donald Trump), lorsque l’ancienne secrétaire d’État était sur scène. « Contrairement à Kamala Harris, qui dernièrement avait stoppé ce genre de cris et renvoyé à la compétence de la justice », rappelle le quotidien allemand, « Hillary Clinton a hoché la tête en rythme ».
À lire aussiÉtats-Unis: vers un «couronnement» de Kamala Harris à Chicago
Le quotidien Libération à GuantanamoLibération s’est rendu « dans la prison oubliée » de la « guerre contre la terreur de l’Amérique », c’est le titre. La journaliste Laurence Cuvillier rappelle que Guantanamo est un « confetti capitaliste en territoire communiste », « une base militaire américaine installée dans la plus belle baie de Cuba, où chaque matin résonne l’hymne national des États-Unis ». Dans la boutique de souvenirs, un T-Shirt « Guantanamo : No Bad Days », soit « pas de mauvais jours à Guantanamo ».
Des 780 détenus qui sont passés par la prison, il en reste 30, dont le « cerveau » des attentats du 11-Septembre. Et pendant le séjour de la journaliste, se déroule une énième semaine d’audiences préliminaires. Oui, « préliminaires », souligne Laurence Cuvillier, « près de 23 ans plus tard ».
Lors du premier jour d’audience, un témoin de poids intervient par visioconférence : une psychiatre qui a évalué l’état de santé d’une cinquantaine de détenus entre 2006 et 2007. On lui demande s’ils ont souffert de stress post-traumatique, après les longs mois de torture endurés dans des lieux de détention secrets de l’armée américaine. Car si les aveux recueillis par la CIA dans ces « black sites » sont d’office écartés du procès, pour cause justement de torture, de nouveaux interrogatoires qui se voulaient moins musclés ont été organisés à leur arrivée à Guantanamo. Mais « les échos de la torture et la peur de la répétition des supplices empêchent – c’est l’argument de la défense – de considérer ces déclarations juridiquement valides ».
Libération remarque aussi qu’il y a très peu de journalistes à ces audiences, alors qu’il s’agit des « prémices du procès pour le fait le plus marquant de l’histoire récente des États-Unis ». Explication : « l’opinion publique ne s’intéresse plus à ce qu’il se passe sur cette base éloignée de tout ».
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By RFI4.2
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À Chicago, les démocrates ont quatre jours pour « faire de l’euphorie » autour de Kamala Harris « une tendance forte », écrit le quotidien canadien Le Devoir. Des moments forts, en tout cas, il y en a eu lors de cette première soirée, dont un qualifié de « doux-amer » par Politico : l’intervention du président Joe Biden. « Dans une ville où il était censé reprendre le flambeau du parti démocrate pour la dernière fois, lors d’une convention où il était censé consolider son héritage politique », rappelle le New York Times, « le président Biden a plutôt transmis le flambeau du leadership, essuyant des larmes alors que la foule se levait pour une ovation soutenue et scandait "Thank you, Joe" ». Pour le Washington Post, c'était « la fin officieuse de son demi-siècle de carrière politique ».
Le Corriere della Sera en profite pour revenir sur le retrait de la candidature de Joe Biden. Pour le quotidien italien, c'est toute la différence entre démocrates et républicains : le parti démocrate a toujours une implantation, c’est lui qui a poussé Joe Biden vers la sortie et organisé ce que le Corriere della Sera appelle « la transfiguration de Kamala », « une femme politique qui, jusqu’à récemment, était décrite par ses propres camarades de partis comme plutôt médiocre et qui désormais est devenue une sorte de divinité ». Par contre, dans le champ républicain, rien de tel : « le parti républicain est véritablement un parti incapable de s’opposer aux impulsions de son leader, ce qui pourrait s’avérer fatal sur le long terme ».
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Mais l'autre moment fort a surtout été l'intervention d’Hillary Clinton, qui fut candidate à la présidentielle de 2016. Et elle aussi, elle « passe enfin le flambeau », écrit le New York Times : « il faut reconnaître à Hillary Clinton que sans elle, les démocrates n’auraient pas été prêts à accueillir l’idée d’une candidature de Kamala Harris (d’une femme, donc) avec autant de sérénité ».
Hillary Clinton qui à Chicago « prend sa revanche sur Trump », titre Politico. Le Süddeutsche Zeitung rappelle qu’en 2016, lors des meetings de Donald Trump, la foule chantait « lock her up », enfermez-la, attaquant la candidate sur l’affaire dite des mails. Cette fois, c'est la foule de Chicago qui a chanté « lock him up », « enfermez-le » (sous-entendu Donald Trump), lorsque l’ancienne secrétaire d’État était sur scène. « Contrairement à Kamala Harris, qui dernièrement avait stoppé ce genre de cris et renvoyé à la compétence de la justice », rappelle le quotidien allemand, « Hillary Clinton a hoché la tête en rythme ».
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Des 780 détenus qui sont passés par la prison, il en reste 30, dont le « cerveau » des attentats du 11-Septembre. Et pendant le séjour de la journaliste, se déroule une énième semaine d’audiences préliminaires. Oui, « préliminaires », souligne Laurence Cuvillier, « près de 23 ans plus tard ».
Lors du premier jour d’audience, un témoin de poids intervient par visioconférence : une psychiatre qui a évalué l’état de santé d’une cinquantaine de détenus entre 2006 et 2007. On lui demande s’ils ont souffert de stress post-traumatique, après les longs mois de torture endurés dans des lieux de détention secrets de l’armée américaine. Car si les aveux recueillis par la CIA dans ces « black sites » sont d’office écartés du procès, pour cause justement de torture, de nouveaux interrogatoires qui se voulaient moins musclés ont été organisés à leur arrivée à Guantanamo. Mais « les échos de la torture et la peur de la répétition des supplices empêchent – c’est l’argument de la défense – de considérer ces déclarations juridiquement valides ».
Libération remarque aussi qu’il y a très peu de journalistes à ces audiences, alors qu’il s’agit des « prémices du procès pour le fait le plus marquant de l’histoire récente des États-Unis ». Explication : « l’opinion publique ne s’intéresse plus à ce qu’il se passe sur cette base éloignée de tout ».
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