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Le chef du mouvement Hezbollah Hassan Nasrallah a été tué vendredi 27 septembre à Beyrouth, ainsi qu’une vingtaine de dirigeants du Hezbollah ; l’organisation chiite décapitée… Ce matin, le Jerusalem Post se réjouit : « Israël, grâce à sa persévérance, à un leadership fort, à des renseignements précis et à un patriotisme sans faille, Israël a réussi à détruire le réseau terroriste transnational de la République islamique d’Iran. (…) En quelques mois, pointe le quotidien israélien, le Hezbollah a été relégué dans les poubelles de l’histoire. (Le dirigeant iranien Ali) Khamenei a perdu progressivement la capacité de reconstruire et d’activer le Hamas et le Hezbollah. (…) Et aujourd’hui, le monde attend la fin de l’histoire. »
Justement, comment cette guerre peut-elle se terminer ? Quand va-t-elle se terminer ?
Certes, constate le Washington Post, « le Premier ministre Benyamin Netanyahu n’a pas tort quand il déclare après la mort de Nasrallah : “Israël a le vent en poupe“. Près d’un an après le début de ce qui ressemble de plus en plus à une “guerre éternelle“ contre le Hamas et d’autres membres de “l’axe de résistance“ régional de l’Iran, Israël a déséquilibré ses ennemis. (Mais) la question qui se pose à Benyamin Netanyahou est la suivante : “un élan vers quoi ?“ L’histoire d’Israël, rappelle le Washington Post, est jalonnée de triomphes militaires tactiques à court terme qui se sont révélés stratégiquement stériles, voire qui ont jeté les bases de nouveaux conflits. »
Que va faire l’Iran ?
« S’il y a bien une certitude au milieu de cet océan de doutes, c’est que la mort de Nasrallah fait rentrer la guerre du Proche-Orient dans une nouvelle dimension, pointe Libération à Paris. “On a tous le sentiment d’un point d’inflexion énorme, avance prudemment Nadim Houry, directeur exécutif du centre de réflexion Arab Reform Initiative. Tout dépend de comment l’Iran va réagir, et de la manière avec laquelle le Hezbollah va rebondir“. En est-il seulement capable, après tant de dégâts, avec tant de commandants tués », s’interroge Libération.
En effet, s’interroge Le Figaro, « affaibli, l’Iran vengera-t-il son principal “proxy“ en déclenchant une guerre régionale ? Pour l’instant, l’ayatollah Khamenei, qui n’est pas à l’abri à Téhéran non plus, semble indiquer qu’il soutiendra le Hezbollah… jusqu’au dernier Libanais. Sans s’impliquer directement, redoutant une confrontation frontale avec Israël et les États-Unis. Téhéran jouera la patience stratégique en attendant de rétablir sa propre dissuasion et fera tout pour acquérir l’arme nucléaire avec l’appui de Moscou. »
Et Le Figaro de s’interroger encore : « le Liban saura-t-il saisir ce moment pour réduire la mainmise du Hezbollah sur son État déliquescent ? C’est l’autre péril : une guerre civile au pays du Cèdre, qui menacerait d’entraîner un nouvel embrasement. »
Le Liban paralysé« L’impossible union nationale », soupire pour sa part L’Orient-Le Jour à Beyrouth. « Le Hezbollah en est un obstacle majeur, affirme le quotidien libanais. Comment pourrait-il en être autrement dès lors qu’il déclenche des guerres destructrices sans demander leur avis aux autres Libanais, alors même qu’il n’a aucune légitimité à le faire. L’union nationale est d’abord un partenariat, une espèce de contrat. Lorsque le Hezbollah décide d’ouvrir au Liban-Sud un front de soutien au Hamas palestinien à Gaza sans même faire semblant de passer par les canaux institutionnels et sans accorder le moindre intérêt aux objections d’une grande partie de ses compatriotes, il rompt lui-même ce contrat. »
En fait, analyse Haaretz à Tel Aviv, « la véritable solution réside dans le renforcement de l’État libanais, qui doit désarmer le Hezbollah. Cependant, le Liban est plus faible que jamais et la capacité d’Israël à influencer un tel processus sur le plan diplomatique est négligeable. » Alors, « un seul moyen », affirme le quotidien israélien d’opposition : « une force internationale qui soutiendra l’armée libanaise. »
Mais encore faudrait-il que la communauté internationale se mette d’accord.
Combien de temps ?Alors, « combien de temps cela va-t-il durer ?, souffle Haaretz. La paix dans le nord après la deuxième guerre du Liban a été maintenue peu ou prou pendant 17 ans. Si seulement c’était le cas pour cette guerre. »
Hier, le même quotidien Haaretz lançait cet avertissement : « pour Israël, le danger le plus grand, d’un point de vue militaire et stratégique, serait de devenir arrogant et grisé par la victoire. (…) On perçoit déjà cette arrogance, avec des appels venant de toutes parts pour le démantèlement total du Hezbollah, l’imposition d’un gouvernement différent au Liban et même l’entrée en guerre contre l’Iran, parmi d’autres scénarios mégalomanes qui ont le vent en poupe actuellement en Israël. »
By RFI4.2
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Le chef du mouvement Hezbollah Hassan Nasrallah a été tué vendredi 27 septembre à Beyrouth, ainsi qu’une vingtaine de dirigeants du Hezbollah ; l’organisation chiite décapitée… Ce matin, le Jerusalem Post se réjouit : « Israël, grâce à sa persévérance, à un leadership fort, à des renseignements précis et à un patriotisme sans faille, Israël a réussi à détruire le réseau terroriste transnational de la République islamique d’Iran. (…) En quelques mois, pointe le quotidien israélien, le Hezbollah a été relégué dans les poubelles de l’histoire. (Le dirigeant iranien Ali) Khamenei a perdu progressivement la capacité de reconstruire et d’activer le Hamas et le Hezbollah. (…) Et aujourd’hui, le monde attend la fin de l’histoire. »
Justement, comment cette guerre peut-elle se terminer ? Quand va-t-elle se terminer ?
Certes, constate le Washington Post, « le Premier ministre Benyamin Netanyahu n’a pas tort quand il déclare après la mort de Nasrallah : “Israël a le vent en poupe“. Près d’un an après le début de ce qui ressemble de plus en plus à une “guerre éternelle“ contre le Hamas et d’autres membres de “l’axe de résistance“ régional de l’Iran, Israël a déséquilibré ses ennemis. (Mais) la question qui se pose à Benyamin Netanyahou est la suivante : “un élan vers quoi ?“ L’histoire d’Israël, rappelle le Washington Post, est jalonnée de triomphes militaires tactiques à court terme qui se sont révélés stratégiquement stériles, voire qui ont jeté les bases de nouveaux conflits. »
Que va faire l’Iran ?
« S’il y a bien une certitude au milieu de cet océan de doutes, c’est que la mort de Nasrallah fait rentrer la guerre du Proche-Orient dans une nouvelle dimension, pointe Libération à Paris. “On a tous le sentiment d’un point d’inflexion énorme, avance prudemment Nadim Houry, directeur exécutif du centre de réflexion Arab Reform Initiative. Tout dépend de comment l’Iran va réagir, et de la manière avec laquelle le Hezbollah va rebondir“. En est-il seulement capable, après tant de dégâts, avec tant de commandants tués », s’interroge Libération.
En effet, s’interroge Le Figaro, « affaibli, l’Iran vengera-t-il son principal “proxy“ en déclenchant une guerre régionale ? Pour l’instant, l’ayatollah Khamenei, qui n’est pas à l’abri à Téhéran non plus, semble indiquer qu’il soutiendra le Hezbollah… jusqu’au dernier Libanais. Sans s’impliquer directement, redoutant une confrontation frontale avec Israël et les États-Unis. Téhéran jouera la patience stratégique en attendant de rétablir sa propre dissuasion et fera tout pour acquérir l’arme nucléaire avec l’appui de Moscou. »
Et Le Figaro de s’interroger encore : « le Liban saura-t-il saisir ce moment pour réduire la mainmise du Hezbollah sur son État déliquescent ? C’est l’autre péril : une guerre civile au pays du Cèdre, qui menacerait d’entraîner un nouvel embrasement. »
Le Liban paralysé« L’impossible union nationale », soupire pour sa part L’Orient-Le Jour à Beyrouth. « Le Hezbollah en est un obstacle majeur, affirme le quotidien libanais. Comment pourrait-il en être autrement dès lors qu’il déclenche des guerres destructrices sans demander leur avis aux autres Libanais, alors même qu’il n’a aucune légitimité à le faire. L’union nationale est d’abord un partenariat, une espèce de contrat. Lorsque le Hezbollah décide d’ouvrir au Liban-Sud un front de soutien au Hamas palestinien à Gaza sans même faire semblant de passer par les canaux institutionnels et sans accorder le moindre intérêt aux objections d’une grande partie de ses compatriotes, il rompt lui-même ce contrat. »
En fait, analyse Haaretz à Tel Aviv, « la véritable solution réside dans le renforcement de l’État libanais, qui doit désarmer le Hezbollah. Cependant, le Liban est plus faible que jamais et la capacité d’Israël à influencer un tel processus sur le plan diplomatique est négligeable. » Alors, « un seul moyen », affirme le quotidien israélien d’opposition : « une force internationale qui soutiendra l’armée libanaise. »
Mais encore faudrait-il que la communauté internationale se mette d’accord.
Combien de temps ?Alors, « combien de temps cela va-t-il durer ?, souffle Haaretz. La paix dans le nord après la deuxième guerre du Liban a été maintenue peu ou prou pendant 17 ans. Si seulement c’était le cas pour cette guerre. »
Hier, le même quotidien Haaretz lançait cet avertissement : « pour Israël, le danger le plus grand, d’un point de vue militaire et stratégique, serait de devenir arrogant et grisé par la victoire. (…) On perçoit déjà cette arrogance, avec des appels venant de toutes parts pour le démantèlement total du Hezbollah, l’imposition d’un gouvernement différent au Liban et même l’entrée en guerre contre l’Iran, parmi d’autres scénarios mégalomanes qui ont le vent en poupe actuellement en Israël. »

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