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« Des milliers d’Israéliens ont organisé hier la plus grande manifestation anti-gouvernementale depuis le 7 octobre, constate le Washington Post. Ils sont descendus dans les rues et se sont joints à la grève générale qui a paralysé une grande partie du pays. Dans le même temps, le dernier des six otages récupérés à Gaza au cours du week-end a été enterré. L’assassinat de l’Américain d’origine israélienne Hersh Goldberg-Polin, âgé de 23 ans, et de cinq autres otages a provoqué une onde de choc dans tout Israël, pointe encore le quotidien américain, suscitant la fureur des familles d’otages et de leurs centaines de milliers de sympathisants qui, depuis des mois, accusent le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu d’avoir torpillé tout accord de paix au profit de ses intérêts politiques ».
« Un messie détestable »Le quotidien israélien d’opposition Haaretz tire à boulets rouges sur le Premier ministre… « Benjamin Netanyahu, un messie détestable à la tête d’un culte du mensonge et de la mort », titre le journal. « Les Israéliens ont été déconcertés, choqués, dévastés, par la nouvelle de dimanche concernant les six otages apparemment exécutés de sang-froid par le Hamas. Ils sont furieux et révoltés contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui a fait preuve d’une insouciance sans nom en refusant à plusieurs reprises un accord sur les otages. (…) Mais il n’y a pas lieu d’être surpris, pointe Haaretz. Netanyahou veut et a tout intérêt à prolonger la guerre. C’est aussi simple que cela. Tragique, inhumain, exaspérant, mais simple ».
Et « pour une raison inexplicable, les États-Unis l’ont cru et la plupart des médias israéliens ont joué le jeu de ses mensonges et de ses manipulations. Même l’équipe de négociation israélienne, qui a parfois exprimé de la frustration à son égard, ne s’est jamais prononcée publiquement pour exposer la vérité : il ne veut pas d’un accord sur les otages qui inclurait un cessez-le-feu susceptible de marquer la fin de facto de la guerre ».
Contre-productif ?Autre son de cloche pour le Jerusalem Post, quotidien plutôt favorable au pouvoir : « les Israéliens sont frustrés. Ils sont en colère. Ils sont déprimés. Le week-end sanglant a été trop dur (…). Néanmoins, estime le Jerusalem Post, cette colère devrait être dirigée contre le Hamas, l’OLP), l’Iran et le Qatar. Quel que soit le mépris que l’on porte à Bibi et au gouvernement actuel, il est contre-productif de diriger la colère contre eux en ce moment. Cela ne ramènera pas les otages ».
Calcul cynique ?En fait, analyse Libération à Paris, ni Benyamin Netanyahu ni Yahya Sinwar, le chef du Hamas n’ont intérêt à aboutir à un accord… « Pour Sinwar, un accord de cessez-le-feu signifierait l’impossible face-à-face avec la population palestinienne sur les conséquences du massacre qu’il a déclenché le 7 octobre 2023. Pour Netanyahu, la fin des représailles d’Israël à Gaza signifierait la fin de vie de son "cabinet de guerre" et le retour à ses procès pour corruption. Pour la population civile, pointe encore Libération, cet accord tacite entre les deux faux ennemis ne peut que mener à la continuation du désastre qui a déjà tué plus de 40 000 Palestiniens. Mais pour les leaders occidentaux, dont Joe Biden est le seul à avoir une influence sur Israël, ces pourparlers sans fin ont pour mérite de contenir la guerre et d’éviter l’embrasement régional que les marchés redoutent. C’est bien cela qu’ont compris les Israéliens, et c’est aussi contre ce calcul cynique qu’ils descendent dans les rues ».
Sondages favorables…L’Orient-Le Jour à Beyrouth s’interroge : « Netanyahu cédera-t-il à la pression interne pour signer un deal à Gaza ? » Non, répond en filigrane le quotidien libanais. « Hier en début d’après-midi, le tribunal du travail de Tel-Aviv a ordonné la fin immédiate de la grève, après le dépôt d’une plainte par le gouvernement. (…) Pour sa part, le Premier ministre et ses alliés ultranationalistes ont poursuivi sur leur lancée en dépit des mobilisations massives. Benjamin Netanyahu a promis de venger la mort des otages, avertissant le Hamas : "Nous vous poursuivrons, nous vous trouverons et nous réglerons nos comptes avec vous". »
Et qui plus est, pointe encore L’Orient-Le Jour, Netanyahu a encore les faveurs de l’opinion : d’après les derniers sondages, son parti,« le Likoud remporterait les élections législatives anticipées si elles avaient lieu immédiatement. Le chef de l’exécutif arriverait en tête des intentions de vote, avec 42 % des voix, en cas de face-à-face avec le chef du parti de l’Unité nationale, Benny Gantz, pour le poste de Premier ministre ».
By RFI4.2
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« Des milliers d’Israéliens ont organisé hier la plus grande manifestation anti-gouvernementale depuis le 7 octobre, constate le Washington Post. Ils sont descendus dans les rues et se sont joints à la grève générale qui a paralysé une grande partie du pays. Dans le même temps, le dernier des six otages récupérés à Gaza au cours du week-end a été enterré. L’assassinat de l’Américain d’origine israélienne Hersh Goldberg-Polin, âgé de 23 ans, et de cinq autres otages a provoqué une onde de choc dans tout Israël, pointe encore le quotidien américain, suscitant la fureur des familles d’otages et de leurs centaines de milliers de sympathisants qui, depuis des mois, accusent le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu d’avoir torpillé tout accord de paix au profit de ses intérêts politiques ».
« Un messie détestable »Le quotidien israélien d’opposition Haaretz tire à boulets rouges sur le Premier ministre… « Benjamin Netanyahu, un messie détestable à la tête d’un culte du mensonge et de la mort », titre le journal. « Les Israéliens ont été déconcertés, choqués, dévastés, par la nouvelle de dimanche concernant les six otages apparemment exécutés de sang-froid par le Hamas. Ils sont furieux et révoltés contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui a fait preuve d’une insouciance sans nom en refusant à plusieurs reprises un accord sur les otages. (…) Mais il n’y a pas lieu d’être surpris, pointe Haaretz. Netanyahou veut et a tout intérêt à prolonger la guerre. C’est aussi simple que cela. Tragique, inhumain, exaspérant, mais simple ».
Et « pour une raison inexplicable, les États-Unis l’ont cru et la plupart des médias israéliens ont joué le jeu de ses mensonges et de ses manipulations. Même l’équipe de négociation israélienne, qui a parfois exprimé de la frustration à son égard, ne s’est jamais prononcée publiquement pour exposer la vérité : il ne veut pas d’un accord sur les otages qui inclurait un cessez-le-feu susceptible de marquer la fin de facto de la guerre ».
Contre-productif ?Autre son de cloche pour le Jerusalem Post, quotidien plutôt favorable au pouvoir : « les Israéliens sont frustrés. Ils sont en colère. Ils sont déprimés. Le week-end sanglant a été trop dur (…). Néanmoins, estime le Jerusalem Post, cette colère devrait être dirigée contre le Hamas, l’OLP), l’Iran et le Qatar. Quel que soit le mépris que l’on porte à Bibi et au gouvernement actuel, il est contre-productif de diriger la colère contre eux en ce moment. Cela ne ramènera pas les otages ».
Calcul cynique ?En fait, analyse Libération à Paris, ni Benyamin Netanyahu ni Yahya Sinwar, le chef du Hamas n’ont intérêt à aboutir à un accord… « Pour Sinwar, un accord de cessez-le-feu signifierait l’impossible face-à-face avec la population palestinienne sur les conséquences du massacre qu’il a déclenché le 7 octobre 2023. Pour Netanyahu, la fin des représailles d’Israël à Gaza signifierait la fin de vie de son "cabinet de guerre" et le retour à ses procès pour corruption. Pour la population civile, pointe encore Libération, cet accord tacite entre les deux faux ennemis ne peut que mener à la continuation du désastre qui a déjà tué plus de 40 000 Palestiniens. Mais pour les leaders occidentaux, dont Joe Biden est le seul à avoir une influence sur Israël, ces pourparlers sans fin ont pour mérite de contenir la guerre et d’éviter l’embrasement régional que les marchés redoutent. C’est bien cela qu’ont compris les Israéliens, et c’est aussi contre ce calcul cynique qu’ils descendent dans les rues ».
Sondages favorables…L’Orient-Le Jour à Beyrouth s’interroge : « Netanyahu cédera-t-il à la pression interne pour signer un deal à Gaza ? » Non, répond en filigrane le quotidien libanais. « Hier en début d’après-midi, le tribunal du travail de Tel-Aviv a ordonné la fin immédiate de la grève, après le dépôt d’une plainte par le gouvernement. (…) Pour sa part, le Premier ministre et ses alliés ultranationalistes ont poursuivi sur leur lancée en dépit des mobilisations massives. Benjamin Netanyahu a promis de venger la mort des otages, avertissant le Hamas : "Nous vous poursuivrons, nous vous trouverons et nous réglerons nos comptes avec vous". »
Et qui plus est, pointe encore L’Orient-Le Jour, Netanyahu a encore les faveurs de l’opinion : d’après les derniers sondages, son parti,« le Likoud remporterait les élections législatives anticipées si elles avaient lieu immédiatement. Le chef de l’exécutif arriverait en tête des intentions de vote, avec 42 % des voix, en cas de face-à-face avec le chef du parti de l’Unité nationale, Benny Gantz, pour le poste de Premier ministre ».

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