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Le grand duel télévisé ce jeudi soir aux États-Unis entre les deux rivaux de la présidentielle : le président sortant contre l’ex-président… On connait l’animosité de Donald Trump envers Joe Biden et vice-versa…
Alors « est-ce que ce débat va tourner au pugilat ? » Question posée par le Wall Street Journal. « La plupart des électeurs souhaitent voir un débat centré sur les questions politiques. Mais cela ne sera sans doute pas le cas. (…) On ne peut pas apprendre de nouveaux tours à de vieux chiens. À 81 et 78 ans respectivement, MM. Biden et Trump jouent le même numéro depuis longtemps. »
Le Washington Post ne se fait guère d’illusions non plus… « Personne ne s’attend à ce que le premier débat de 2024 entre le président Biden et Donald Trump soit une discussion de fond sur les défis auxquels le prochain occupant du bureau ovale sera confronté. »
Et pourtant, ils sont nombreux ces défis, pointe le journal. Le Washington Post a pointé pas moins de 21 questions politiques majeures auxquelles les deux candidats devraient répondre, mais ils ne le feront sans doute pas… Citons-en quelques-unes : « Que faut-il faire face à l'écart de richesse entre Noirs et Blancs ? », « l’un de vos partis devra-t-il admettre sa défaite totale ? », « comment allez-vous redresser les régions déshéritées du pays ? » ou encore « comment définissez-vous la victoire en Ukraine ? »
Questions sans réponses…Le New York Times pose également toute une série de questions aux deux candidats. Des questions centrées sur la politique étrangère. Exemples : « Monsieur le Président Biden, pendant des mois, vous avez demandé à Israël de s’abstenir d’envahir Rafah et de laisser entrer plus de nourriture à Gaza. Pourtant, Israël a envahi Rafah et un demi-million d’habitants de Gaza seraient affamés. N’avez-vous pas été ignorés ? Quand utiliserez-vous des moyens de pression sérieux pour tenter de parvenir à la paix au Moyen-Orient ? »
Autre question du New York Times, posée cette fois à Donald Trump : « après un premier mandat caractérisé par le chaos et par les moqueries du monde entier à l'égard de votre leadership, pourquoi devrions-nous nous attendre à ce que le second mandat soit meilleur ? »
Autant de questions qui ne seront très certainement pas posées au cours de ce débat.
« 90 minutes qui pourraient décider de l’avenir du monde »D’ailleurs, la presse européenne ne s’y trompe pas non plus… « Leur face-à-face d’une heure et demie devrait plus ressembler à un duel entre deux ennemis jurés qu’à un échange entre deux rivaux politiques », commente Le Figaro à Paris.
En effet, renchérit le Süddeutsche Zeitung à Berlin, « lorsque Joe Biden et Donald Trump se retrouvent pour un duel télévisé après presque quatre ans, tout le monde attend que l’un des deux anciens dise de grosses bêtises. Malheureusement, ce sont 90 minutes qui pourraient décider de l’avenir du monde. (…) Ce premier duel télévisé de la campagne électorale de 2024 sera en tout cas mémorable, c’est certain, avant même qu’il ne commence », prédit le quotidien allemand. En effet, « deux hommes totalisant 159 ans d’expérience de la vie, qui, dans des circonstances normales, devraient appartenir depuis longtemps au passé politique, doivent expliquer aux gens comment ils veulent une nouvelle fois conduire leur pays vers l’avenir. L’un veut rester à la Maison Blanche, l’autre n'a jamais compris pourquoi il devait la quitter. »
La primauté des formules qui « claquent »Et finalement, s’interroge Le Temps à Genève, « les débats électoraux télévisés ne sont-ils pas ringards et inutiles ? »
Eh bien oui, répond le quotidien suisse : « le format télé, rigide, chronométré et prédéterminé par les candidats qui fixent en partie les conditions des échanges, a quelque chose de mécanique qui ne correspond plus à l’époque. (…) C’est plus le style que la substance qui compte. Le sarcasme bien formulé a un effet plus durable qu’une litanie de faits, le visuel est souvent plus fort que le verbal. »
Dans ce débat Biden-Trump, note encore Le Temps, « l’attention sera portée sur l’énergie des deux candidats, sur les formules qui “claquent“. Que ce soit en France, au Royaume-Uni ou aux États-Unis, les débats télévisés lors de campagnes électorales n’apparaissent plus comme un moyen de s’informer sur les vrais enjeux du scrutin. Ils ne vont pas forcément renforcer la démocratie. Ils vont surtout renforcer les chapelles et offrir des enseignements qui pourraient se limiter à des “punchlines“. »
By RFI4.2
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Le grand duel télévisé ce jeudi soir aux États-Unis entre les deux rivaux de la présidentielle : le président sortant contre l’ex-président… On connait l’animosité de Donald Trump envers Joe Biden et vice-versa…
Alors « est-ce que ce débat va tourner au pugilat ? » Question posée par le Wall Street Journal. « La plupart des électeurs souhaitent voir un débat centré sur les questions politiques. Mais cela ne sera sans doute pas le cas. (…) On ne peut pas apprendre de nouveaux tours à de vieux chiens. À 81 et 78 ans respectivement, MM. Biden et Trump jouent le même numéro depuis longtemps. »
Le Washington Post ne se fait guère d’illusions non plus… « Personne ne s’attend à ce que le premier débat de 2024 entre le président Biden et Donald Trump soit une discussion de fond sur les défis auxquels le prochain occupant du bureau ovale sera confronté. »
Et pourtant, ils sont nombreux ces défis, pointe le journal. Le Washington Post a pointé pas moins de 21 questions politiques majeures auxquelles les deux candidats devraient répondre, mais ils ne le feront sans doute pas… Citons-en quelques-unes : « Que faut-il faire face à l'écart de richesse entre Noirs et Blancs ? », « l’un de vos partis devra-t-il admettre sa défaite totale ? », « comment allez-vous redresser les régions déshéritées du pays ? » ou encore « comment définissez-vous la victoire en Ukraine ? »
Questions sans réponses…Le New York Times pose également toute une série de questions aux deux candidats. Des questions centrées sur la politique étrangère. Exemples : « Monsieur le Président Biden, pendant des mois, vous avez demandé à Israël de s’abstenir d’envahir Rafah et de laisser entrer plus de nourriture à Gaza. Pourtant, Israël a envahi Rafah et un demi-million d’habitants de Gaza seraient affamés. N’avez-vous pas été ignorés ? Quand utiliserez-vous des moyens de pression sérieux pour tenter de parvenir à la paix au Moyen-Orient ? »
Autre question du New York Times, posée cette fois à Donald Trump : « après un premier mandat caractérisé par le chaos et par les moqueries du monde entier à l'égard de votre leadership, pourquoi devrions-nous nous attendre à ce que le second mandat soit meilleur ? »
Autant de questions qui ne seront très certainement pas posées au cours de ce débat.
« 90 minutes qui pourraient décider de l’avenir du monde »D’ailleurs, la presse européenne ne s’y trompe pas non plus… « Leur face-à-face d’une heure et demie devrait plus ressembler à un duel entre deux ennemis jurés qu’à un échange entre deux rivaux politiques », commente Le Figaro à Paris.
En effet, renchérit le Süddeutsche Zeitung à Berlin, « lorsque Joe Biden et Donald Trump se retrouvent pour un duel télévisé après presque quatre ans, tout le monde attend que l’un des deux anciens dise de grosses bêtises. Malheureusement, ce sont 90 minutes qui pourraient décider de l’avenir du monde. (…) Ce premier duel télévisé de la campagne électorale de 2024 sera en tout cas mémorable, c’est certain, avant même qu’il ne commence », prédit le quotidien allemand. En effet, « deux hommes totalisant 159 ans d’expérience de la vie, qui, dans des circonstances normales, devraient appartenir depuis longtemps au passé politique, doivent expliquer aux gens comment ils veulent une nouvelle fois conduire leur pays vers l’avenir. L’un veut rester à la Maison Blanche, l’autre n'a jamais compris pourquoi il devait la quitter. »
La primauté des formules qui « claquent »Et finalement, s’interroge Le Temps à Genève, « les débats électoraux télévisés ne sont-ils pas ringards et inutiles ? »
Eh bien oui, répond le quotidien suisse : « le format télé, rigide, chronométré et prédéterminé par les candidats qui fixent en partie les conditions des échanges, a quelque chose de mécanique qui ne correspond plus à l’époque. (…) C’est plus le style que la substance qui compte. Le sarcasme bien formulé a un effet plus durable qu’une litanie de faits, le visuel est souvent plus fort que le verbal. »
Dans ce débat Biden-Trump, note encore Le Temps, « l’attention sera portée sur l’énergie des deux candidats, sur les formules qui “claquent“. Que ce soit en France, au Royaume-Uni ou aux États-Unis, les débats télévisés lors de campagnes électorales n’apparaissent plus comme un moyen de s’informer sur les vrais enjeux du scrutin. Ils ne vont pas forcément renforcer la démocratie. Ils vont surtout renforcer les chapelles et offrir des enseignements qui pourraient se limiter à des “punchlines“. »

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