C’est dans un paysage politique aux ordres que s’ouvrent demain (18 septembre 2026) les législatives en Russie. Le seul parti opposé à la guerre n’a pas le droit de se présenter... et le parti du président Poutine « Russie Unie », porté par une propagande intense espère donc rafler la majorité.
Le régime de Vladimir Poutine aura tout fait pour décourager les citoyens russes de s’intéresser à la politique. Arrestations massives pour des motifs aussi divers que la critique de la guerre en Ukraine, le féminisme ou l’homosexualité, le militantisme dans des ONG recevant des financements de l’étranger ou non conformes au discours officiel.
Sans compter les interdictions des partis d’oppositions dont les leaders ont été contraints soit à l’exil, soit emprisonnés ou éliminés.
Et pourtant pour donner une caution aux élections législatives qui débutent demain... le chef du Kremlin aura besoin d’une chose : la participation des électeurs ! D'où les affiches qui ont fleuri dans tout le pays avec ce message : « votre voix est la force de la Russie ».
Pour Lukas Aubin, spécialiste de la Russie, directeur de recherche à l’Institut des relations internationales et stratégiques, les électeurs russes sont en partie dépolitisés. Son dernier livre Le Sexe de Poutine sur le virilisme comme outil de pouvoir.
L’opposition russe en exil, elle, a bien du mal à s’unir. La dénonciation de Vladimir Poutine ne suffit pas forcément à gommer toutes les différences idéologiques.
Un de ses principaux leaders, l’opposant Ilya Iachine ne baisse pas pour autant les bras. En 2022, ce proche du défunt Alexei Navalny, avait été condamné en Russie à huit ans de prison pour avoir dénoncé le meurtre de civils à Boutcha, en Ukraine. Deux ans plus tard, il bénéficiait d’un échange de prisonniers historique entre la Russie et les Occidentaux.
Aujourd’hui installé en Allemagne, il vient de lancer en juin 2026 un nouveau parti « Russie pacifique » qui milite contre la guerre en Ukraine et pour les droits humains. Il appelle les électeurs à aller voter le 20 septembre à midi pour se faire voir, faute de se faire entendre.
À Berlin, Delphine Nerbollier a rencontré une des cadres de ce nouveau parti, Zalina Marshenkulova.
La revue de presse européenne de Franceline Beretti
Comment dénoncer l’agression militaire russe sur l’Ukraine, si ce n’est en imposant des sanctions économiques sur le pays... C’est ce que font les Occidentaux et l’UE. Et pourtant si l’économie russe souffre, elle ne s’effondre pas... et la presse européenne s’est demandé pourquoi.
Dérussification
Et si la Russie tente de conquérir le territoire ukrainien, la riposte ukrainienne se fait par les armes, mais aussi par la culture... un mot a ainsi émergé depuis le début du conflit, c’est celui de « dérussification », comme on dirait « décolonisation »... Enlever les références omniprésentes à la culture russe, notamment dans les noms des rues en les débaptisant. C’est le cas à Kharkiv, une grande ville du nord-est du pays. Mais le changement va mettre du temps. C’est le reportage d’Emmanuelle Chaze.