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Au début des années 1950, l'Américaine Christine Jorgensen fut la première personne à rendre public son changement de sexe. Elle en tira, à l'époque, une certaine notoriété.
Une erreur de la nature
Christine Jorgensen était née, en 1926, dans le corps d'un homme. Elle se nomma donc d'abord George William Jorgensen et, d'après ses dires, se sentit tout de suite mal à l'aise dans son identité masculine.
Après son service militaire, en 1951, le jeune homme commence à prendre des hormones féminines. Il a entendu parler de cette chirurgie qui transformerait le corps d'un homme en celui d'une femme. Mais de telles pratiques sont interdites aux États-Unis.
Sur ces entrefaites, il apprend qu'un médecin danois réalise ces opérations de réattribution sexuelle. Il se rend alors au Danemark, où il subit une série d'opérations qui, ajoutées à une cure intensive d'hormones, lui donnent le corps d'une femme.
George William Jorgensen ne se revendiquait pas comme un homosexuel, mais comme une femme que la nature avait dotée, par erreur, d'un corps masculin.
Riche et célèbre
En 1953, l'ancien soldat fait un retour remarqué dans son pays. C'est une femme élégante qui descend de l'avion. Vêtue d'un manteau de fourrure et d'une écharpe de soie, maquillée avec soin, elle sourit aux photographes, qui immortalisent l'événement.
Dès lors, Christine Jorgensen devient une célébrité. Courtisée par Hollywood, elle tourne un film et apparaît dans de nombreuses émissions de télévision. Elle participe à des spectacles, où elle chante et joue la comédie. À deux reprises, la jeune femme écrit son autobiographie, qui trouve de très nombreux lecteurs.
En 1970, un film s'inspire même de son histoire. Christine Jorgensen est devenue un personnage en vue et fait rapidement fortune.
En 1959, elle annonce ses fiançailles avec un employé de bureau. Mais le mariage ne peut avoir lieu, la jeune femme étant toujours considérée comme un homme par l'état civil. À la suite de cette annonce, son fiancé perd d'ailleurs son emploi.
On lui a également prêté une liaison avec Joe DiMaggio, le célèbre joueur de base-ball. En 1989, Christine Jorgensen décède d'un cancer.
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L'utilisation des combustibles fossiles se traduit par l'émission d'importantes quantités de gaz à effet de serre. Aussi des solutions alternatives sont-elles activement recherchées. L'une d'entre elles, consistant à fabriquer du carburant à partir de l'air, pourrait se révéler prometteuse.
Du carburant extrait de l'air ambiant
Des chercheurs suisses ont en effet conçu un système permettant d'extraire du carburant de l'air ambiant. Leur invention est divisée en plusieurs compartiments. Dans le premier, les chercheurs capturent la vapeur d'eau et le dioxyde de carbone présents dans l'air.
Ces deux composantes passent alors dans une seconde chambre où, par un processus où alternent chauffage et refroidissement, elles sont transformées en hydrogène et en monoxyde de carbone, un gaz inodore et incolore.
Les deux substances sont ensuite mélangées pour produire ce que les chercheurs appellent un "gaz de synthèse". Celui-ci est alors introduit dans un autre compartiment, où il est chauffé au moyen de panneaux solaires.
Soumis à cette action, le mélange devient liquide, et donne du méthanol, qui peut être utilisé comme carburant. Et, comme ce "gaz de synthèse est neutre en carbone, on peut trouver là une alternative intéressante aux carburants fossiles.
Un rendement qui devrait s'améliorer
Il a fallu 24 heures pour produire environ 100 litres de ce gaz de synthèse, desquels on a pu extraire 0,05 litre de méthanol pur. Un tel rendement peut sembler décevant. En effet, il serait de l'ordre de 5 %, ce qui peut sembler peu.
Mais les chercheurs rappellent que le seul but de cette expérience était de démontrer que le système imaginé était au point et pouvait donner du carburant. Ils sont persuadés que le concept peut être amélioré. D'après eux, on pourrait rapidement atteindre un rendement de 20 %.
Ils insistent sur le grand intérêt de ce mécanisme, en termes de neutralité carbone. En effet, il permettrait d'éviter totalement l'émission de gaz à effet de serre si les matériaux des installations nécessaires au fonctionnement du système provenaient eux-mêmes d'énergies renouvelables.
De plus amples recherches seront cependant nécessaires pour rendre la processus de fabrication opérationnel. Il faudra donc attendre un peu pour voir ce nouveau carburant commercialisé.
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La conscience traduit la capacité de l'être humain à connaître son environnement et à se percevoir comme un être individualisé et pensant. La manière dont cette conscience se manifeste continue de faire l'objet de nombreux travaux scientifiques. L'un des derniers en date s'interroge sur ce qu'on peut appeler le "flux continu" de la conscience.
Deux mécanismes mentaux
Selon un article de "Science et vie", paru le 15 novembre 2021, notre attention au monde et à nous-mêmes se manifesterait par deux processus mentaux distincts.
L'un, tourné vers l'extérieur, nous conduit à nous concentrer sur ce que nous faisons. L'autre, tourné vers l'intérieur, nous ramène à notre monde personnel. Chacun met en œuvre un réseau neuronal spécifique.
Une expérience spécifique
Des chercheurs ont voulu savoir quels mécanismes cérébraux étaient impliqués dans ces incessants allers-retours entre ces deux modes d'être, au monde et à soi.
Pour comprendre cette alternance, ils ont mené une expérience sur un peu moins de 100 personnes. Certaines étaient pleinement conscientes, d'autres sous l'effet de sédatifs ou plongés dans un état végétatif. Dans ce dernier cas, les chercheurs avaient obtenu l'accord des familles.
Pour mener leur recherche, les scientifiques ont utilisé des techniques d'imagerie fonctionnelle, qui saisissent la manière de fonctionner du cerveau.
Le fonctionnement des appareils a été modifié, pour l'adapter à l'objet de la recherche. Il s'agissait notamment de pouvoir capter les alternances très rapides, entre un mode de fonctionnement cérébral et un autre.
Un véritable circuit temporel
Les résultats ont permis d'identifier jusqu'à huit réseaux cérébraux impliqués dans ce fonctionnement alternatif de la conscience. Les chercheurs se sont aperçus qu'ils semblaient organisés par paires.
Le mode d'activation de chaque paire de réseaux neuronaux semble répondre à un rythme propre. Mais chacun paraît cependant corrélé aux autres réseaux, comme si le cerveau mettait en branle l'un ou l'autre réseau selon un schéma prédéterminé.
Il est à noter que, pour les patients inconscients, l'alternance entre l'attention à l'extérieur et le monde intérieur semblait déconnectée du véritable "circuit temporel" mettant en action les autres réseaux neuronaux.
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De nos jours, les animaux ne sont plus considérés comme des êtres sans états d'âme. Ainsi, nous nous demandons s'ils ressentent des émotions et de quelle manière ils les expriment. Les animaux manifesteraient-ils leur tristesse par des larmes ?
Certains animaux pourraient-ils pleurer d'émotion ?
Il est tout à fait possible de voir un animal pleurer. Mais, le plus souvent, ces larmes ont un rôle physiologique. Comme ceux des humains, les yeux des animaux doivent être lubrifiés. Les larmes permettent aussi d'évacuer un corps étranger.
Mais les animaux pleurent-ils de tristesse ? Certains éthologues le prétendent. Ils rappellent, à cet égard, que certaines espèces, comme le gorille ou l'éléphant, seraient plus prédisposées que d'autres à verser ces pleurs d'émotion.
Ils citent ainsi l'exemple d'un éléphanteau, né dans un zoo chinois. Abandonné à la naissance par sa mère, le petit animal aurait pleuré à chaudes larmes durant des heures.
La tentation de l'anthropocentrisme
La difficulté principale est que, pour répondre à la question posée, il faut manier des notions subjectives. Comment pourrions-nous savoir si les animaux partagent ce que les humains appellent une émotion ?
En effet, ils ne pourront jamais nous dire s'ils sont tristes. Ni même s'ils savent ce qu'est la tristesse, telle que l'envisage un homme.
Comment peut-on être sûr que les larmes que verse l'éléphanteau sont la manifestation d'un désarroi que l'abandon par sa mère ne pourrait que provoquer, du moins selon nos critères humains ?
Les larmes qui coulent de ces yeux, ou de ceux du gorille, ne sont-ils pas des sortes de stratagèmes, destinés à attirer l'attention des congénères ? Par ailleurs, les personnes qui vivent avec un animal de compagnie ont remarqué que, pour exprimer une émotion, celui-ci dispose d'autres registres que celui des larmes.
Il peut pousser certains cris ou se comporter de manière différente. Autrement dit, il faut éviter de tomber dans le piège de l'anthropocentrisme. En effet, nous avons souvent tendance à penser que les animaux réagissent de la même manière que les humains ou éprouvent les mêmes émotions qu'eux. Or, dans l'état actuel de nos connaissances, nous n'en savons tout simplement rien.
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1/ Pourquoi la couleur bleue du drapeau français vient-elle de changer ?
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Les très anciennes momies découvertes dans le bassin du Tarim, dans l'actuelle province chinoise du Xinjiang, ont suscité bien des interrogations sur l'origine des individus inhumés. Une étude récente met fin au mystère.
Des momies étonnamment bien conservées
Certaines de ces momies du bassin du Tarim remonteraient à 2.000 ans avant notre ère. Elles ont été déposées dans des cercueils en forme de barques, recouverts de peaux de bête et de fleurs.
L'emplacement des sépultures était indiqué par des poteaux fichés en terre, peints en noir ou en rouge. L'une des momies représente une femme, portant encore ses longs cheveux, coiffée d'une toque de feutre et vêtue d'une jupe à franges.
À l'intérieur des tombes, les momies sont entourées d'objets familiers, comme des arcs, des bracelets ou des paniers tressés avec de la paille de blé.
Mais ce qui a le plus frappé les archéologues, c'est l'état de conservation parfaite de ces momies. Il semble que les conditions extrêmes du désert les aient gardées de toute corruption.
Plus étonnant encore : les traits du visage, qu'on retrouvait presque intacts, évoquaient plus une origine européenne qu'une ascendance asiatique. Les individus momifiés avaient en effet des cheveux clairs, les yeux ronds et le nez droit. La découverte de ces momies a suscité bien des hypothèses.
Une origine locale
Membres d'une équipe de recherche internationale, des scientifiques ont voulu en avoir le cœur net. Pour cela, ils ont procédé à l'analyse génétique de plusieurs momies, d'âges divers.
Elle a révélé que les individus momifiés ne venaient pas d'Occident, comme on le croyait parfois. Ils appartenaient à des populations d'origine locale. En effet, ils descendraient de peuples assimilés par les scientifiques à un groupe appelé Ancien Nord Eurasien.
Cette population locale aurait disparu voilà environ 10.000 ans. Leurs descendants, qui avaient donc l'habitude de momifier leurs morts, auraient constitué une sorte d'isolat génétique.
Ce qui ne les aurait pas empêchés d'adopter les coutumes et le mode de vie des peuples qui les entouraient. On peut citer ainsi la fabrication du fromage, la fermentation du lait ou encore la culture des céréales.
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Une découverte étonnante vient d'être faite dans un zoo californien. Des chercheurs se sont en effet aperçus que des femelles condors avaient conçu des petits sans l'intervention d'un mâle.
Des oisillons conçus sans père
Oiseau de proie à la large envergure, le condor vole à une haute altitude. Victimes d'une chasse intensive, ces oiseaux sont menacés d'extinction depuis des décennies. Seul un programme spécifique de protection a pu sauver l'espèce d'une disparition totale.
En étudiant le mode de reproduction de ces volatiles, des chercheurs américains ont eu une surprise. En effet, ils ont constaté que certains œufs étaient dépourvus de tout matériel génétique mâle.
Ils en ont conclu que les condors femelles avaient conçu ces poussins sans l'aide d'aucun mâle. Ce mode de reproduction particulier, connu depuis le XVIIIe siècle, s'appelle la parthénogénèse.
Des naissances par parthénogénèse
Ce mode de reproduction existe chez certains insectes, comme les fourmis ou, les abeilles. On le rencontre aussi, parfois, chez les oiseaux ou les poissons.
Dans de tels cas, il s'agit de parthénogénèse facultative. Elle désigne le mode de reproduction exceptionnel de femelles se reproduisant habituellement de manière sexuée et qui, en l'absence de mâles fertiles, se débrouillent toutes seules, en quelque sorte, pour donner naissance à des petits.
Or, dans le cas de ces femelles condors, il y avait des mâles à proximité, propres à la reproduction. Elles s'étaient même accouplées avec eux, concevant ainsi leurs poussins de manière normale.
Il s'agirait donc, du moins chez les oiseaux, du premier cas constaté de parthénogénèse facultative, et ce en présence de mâles fertiles. Il est d'ailleurs possible que, dans la nature, de tels cas ne soient pas isolés.
En tous cas, les jeunes condors issus de la parthénogénèse ont tout de suite paru assez fragiles. Les deux oiseaux nés de cette manière étaient en mauvaise santé et de petite taille.
Et de fait, ils sont morts jeunes, aux alentours de 2 ans et 8 ans, alors que les condors vivent souvent jusqu'à 50 ans. Il est cependant impossible, pour l'instant, d'attribuer ces décès précoces au mode de conception de ces oiseaux.
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Les scientifiques n'avaient encore pu observer toutes les formes de l'eau. Avec la mise au point d'un échantillon stable de "glace noire", le quatrième état de l'eau, c'est désormais chose faite.
Une glace aux propriétés très différentes
Sur Terre, nous connaissons l'eau sous trois formes : liquide, solide et gazeuse. Mais, depuis la fin des années 1980, les scientifiques pensaient qu'elle pouvait se présenter sous une quatrième forme : celle d'une glace particulière, qu'on appelle "superionique" ou "noire".
Très récemment, les chercheurs ont pu observer un échantillon de cette glace, qu'on ne trouve pas à l'état naturel sur notre planète. En effet, elle ne se forme que dans des conditions de très forte pression et de températures extrêmes.
Sous l'effet de ces facteurs, les atomes d'oxygène et d'hydrogène qui constituent l'eau vont se dissocier. Les premiers se structurent d'une autre manière, tandis que les seconds se déplacent librement.
Cette glace ne ressemble en rien à celle que nous connaissons. Elle est chaude et présente moins de densité. Elle se révèle également une excellente conductrice, au même titre que le métal. Enfin, sa réaction à la lumière lui donne une coloration sombre, d'où son nom.
Un échantillon de glace noire plus stable
Pour mieux connaître les propriétés de cette glace superionique, il fallait pouvoir l'observer. En effet, toute la difficulté consiste à recréer des conditions de température et de pression qui n'existent pas sur Terre et qu'il est délicat de reconstituer en laboratoire.
En 2019, des chercheurs arrivent enfin à reproduire ces conditions extrêmes. Mais l'échantillon qu'ils obtiennent, très instable, ne se maintient que quelques nanosecondes.
Deux ans plus tard, d'autres scientifiques ont réussi à stabiliser cette glace noire. Pour y parvenir, ils ont eu recours à une technologie innovante : un puissant accélérateur de particules et une cellule à enclume de diamant, capable d'atteindre des niveaux de pression et de température très élevés, ont ainsi permis la production de cet échantillon.
Ces recherches devraient permettre de mieux comprendre les conditions dans lesquelles cette glace noire doit certainement se former dans des planètes géantes comme Neptune ou Uranus.
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Des milliers d'astéroïdes évoluent dans l'espace. Même si les scientifiques écartent tout danger réel de collision avec la Terre, ils préfèrent tout de même prendre leurs précautions. C'est pourquoi la NASA vient de lancer une mission dont le but est de dévier la trajectoire d'un astéroïde.
Un risque improbable, mais pris au sérieux
Les scientifiques excluent, même dans un avenir assez lointain, tout véritable risque de collision de notre planète par un des 27.000 astéroïdes qui évoluent dans les parages de la Terre. Ils évaluent cette probabilité, d'ici l'an 2300, à un peu plus de 0,050 %.
Mais ils n'en prennent pas moins leurs précautions, au cas, même improbable, où l'un de ces corps célestes menacerait la Terre. La NASA a donc prévu de lancer un satellite contre un astéroïde, afin de voir dans quelle mesure le premier pourrait dévier la trajectoire du second.
Même si, malgré toutes les prévisions, un astéroïde devait présenter un risque pour notre planète, les scientifiques ne seraient pas pris au dépourvu.
Un satellite à l'assaut d'une lune
Le 23 novembre 2021, un satellite devrait donc être envoyé dans l'espace pour mener à bien cette mission de "défense planétaire". La cible choisi est Dimorphos, qui tourne autour d'un gros astéroïde du nom de Didymos.
Plus haute que la statue de la Liberté, cette lune à 160 mètres de diamètre. Le satellite devrait être propulsé contre sa cible à une vitesse de 24.000 km/h. Sous la violence de l'impact, des tonnes de matière devraient être éjectées dans l'espace.
Et pourtant, compte tenu des distances en cause, ce n'est qu'une chiquenaude. Elle devrait cependant suffire, d'après les scientifiques, à dévier légèrement la trajectoire de Dimorphos.
En effet, il est probable que son orbite soit modifiée, peut-être d'environ 1 %. Mais les astronautes de la NASA veulent en apprendre davantage, en lançant un petit satellite d'observation, juste après le choc.
En effet, ils savent que l'efficacité de la mission, et donc l'ampleur de la déviation, dépend de nombreux facteurs, comme la composition et la surface de l'astéroïde ou encore l'angle d'impact.
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Décrit pour la première fois en 1951, par le statisticien Edward Simpson, le paradoxe auquel il a donné son nom prouve que, selon la manière dont on les présente, les mêmes données ne signifient pas la même chose.
Des chiffres qui ne disent pas la même chose
Pour comprendre ce paradoxe de Simpson, il faut partir d'un exemple concret. Ainsi, prenons le cas d'un patient à la recherche du meilleur traitement pour soigner les calculs rénaux.
Le médecin interrogé lui indique deux traitements possibles, l'un, le premier traitement, efficace dans plus de 80 % des cas, l'autre, le second traitement, n'ayant soulagé qu'un peu plus de 75 % des malades.
Sans hésiter, le patient choisit le premier traitement. Mais le médecin l'invite alors à y regarder de plus près. Le premier traitement paraît plus efficace de manière globale, comme le taux de guérison semble le démontrer.
Mais quand on décompose ce chiffre en sous-groupes, on obtient le résultat inverse. En effet, pour les petits comme pour les gros calculs rénaux, ce traitement est en fait moins efficace. Mais, en faisant la moyenne des chiffres de guérison des petits et des gros calculs, on arrive pourtant à un chiffre supérieur au second traitement, qui se révèle plus efficace quand on entre dans le détail.
Le facteur de confusion
Comment expliquer un tel paradoxe ? L'une des raisons possibles est la présence de ce qu'on appelle un facteur de confusion. Dans l'exemple cité, il s'agit de la taille des calculs rénaux.
Ce facteur joue en effet un grand rôle dans le choix du traitement. De fait, le second traitement, même s'il a l'air de fonctionner moins bien pour l'ensemble des calculs, est plus efficace pour les gros calculs.
Ce facteur de confusion influe aussi sur l'effet constaté, c'est-à-dire les chances de guérison. Il faut donc être bien conscient de la présence de cet élément, pour pouvoir interpréter correctement les données.
De même, regrouper des données, sans prendre en compte les spécificités propres à chaque groupe, peut également conduire à des interprétations erronées.
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