Ici l'Europe

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By FRANCE 24
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Ici l'Europe episodes

  • Jacques Attali : "L’administration Trump veut détruire l’UE"

    Cette semaine, nous recevons Jacques Attali, économiste, auteur et ancien conseiller d'État. Face à la menace russe et à l’envenimement des relations avec les États-Unis, il commente les défis à relever par l’UE pour renforcer sa défense. "C’est un moment absolument vital", avertit-il au sujet des décisions majeures que doivent prendre les Européens sur le renforcement de leur défense. Celui qui a soufflé à l'oreille des présidents de la République française, notamment à celle de François Mitterrand, dit alerter sur ce sujet depuis au moins vingt ans : "Les Européens devraient prendre conscience d'une chose fondamentale : nous sommes seuls. Maintenant, je pense que les Européens l'ont compris", dit-il. 

    "Donald Trump est en train de devenir un dictateur"

    Après à une apparente alliance entre les États-Unis et la Russie, la relation entre Américains et Européens ne cessent de s'envenimer. Jacques Attali compare les présidents russes et américains à des dictateurs. "Donald Trump est en train de devenir un dictateur", avertit-il, le comparant à Adolf Hitler : "Comme Hitler, il y a eu un putsch raté. Il installe la terreur. Il dit plein de fausses nouvelles. Il veut déporter des gens. Il menace les juges et je pense que la prochaine étape, c'est qu'il passe outre les décisions de justice", alerte-t-il.

    Il dénonce un chantage permanent exercé par le président américain. "Même si nous faisons tout pour lui plaire, il y aura toujours une demande supplémentaire. Il est donc très important pour les Européens de créer aussi vite que possible les conditions pour ne pas avoir à céder à ce chantage", détaille-t-il. "L'administration Trump veut détruire l'UE. Elle va continuer à essayer de tuer l'euro. Elle a essayé, en poussant à la victoire électorale l'extrême droite allemande, de casser l'UE".

    Alors que l'UE est dans l'attente d'annonces officielles de Donald Trump au sujet des droits de douane qu'il souhaite augmenter, l'économiste et ancien conseiller d'État appelle à "boycotter l'économie américaine". "Il faut en arriver à ne pas faire d'affaires avec eux", ajoute-t-il. À cause de ces mesures protectionnistes et de ses multiples brouilles avec plusieurs pays, Donald Trump a "déjà signé le déclin américain", selon Jacques Attali. 

    "Je continue à rêver d'une Russie démocratique faisant partie de l'UE"

    En ce qui concerne la Russie et l'UE, Jacques Attali conserve l'espoir d'une future amélioration des relations : "Je continue à rêver d'une Russie démocratique faisant partie de l'UE, au-delà de la période Poutine. C'est une grande nation européenne avec une culture qui fait parfaitement partie de la nôtre", pense-t-il. Il alerte cependant sur la menace des ambitions expansionnistes russes. "Il faut être prêt à réagir à toute tentative de reprendre la Moldavie, à la menace d'empêcher le résultat d'élections démocratiques en Roumanie ou à la volonté de mettre la main sur les Pays baltes et ensuite de s'attaquer à la Pologne", énumère l'ancien conseiller d'État. "Il faut être prêts", ajoute-t-il.

    "Il faut un grand patron de l'Europe de la défense"

    Lors de son allocution adressée aux Français, Emmanuel Macron a tiré la sonnette d'alarme sur la nécessité de renforcer la défense européenne et a qualifié la Russie de "menace pour la France et pour l'Europe". Un discours que Jacques Attali qualifie "d'absolument parfait". "J'espère qu'il sera entendu", ajoute-t-il. 

    S'il qualifie "d'excellent" le plan présenté par la commission européenne afin de "réarmer l'Europe", il pense qu'il reste "incomplet". "Il faudrait admettre que l'Ukraine fait partie de l'Europe de la défense et que c'est l'occasion d'arrimer définitivement l'Ukraine dans l'UE car c'est une des meilleures armées d'Europe", affirme-t-il. Il insiste également sur la nécessité d'identifier le type d'armement dont l'Union a besoin pour sa défense : "Il faut acheter et faire construire les armes dont on aura besoin dans ces guerres." "Il faut également qu'il y ait un grand patron de l'Europe de la défense qui coordonne l'ensemble", conseille-t-il aux Vingt-Sept. 

    Jacques Attali appelle à accélérer cette organisation afin d'obtenir une Europe souveraine en termes de défense au plus vite : "Il faut être prêts maintenant", réitère-t-il. "Dans tous les domaines, les Européens doivent se mettre en situation d'économie de guerre. Il faut travailler, dans certains domaines, sept jours sur sept, 24h sur 24. Nous ne pouvons pas attendre cinq ans pour être prêts."

    "Il faut avancer avec ceux qui le veulent"

    Alors que l'UE a déjà proposé de mobiliser près de 800 milliards d'euros pour renforcer sa défense, la question des options de financement se pose. "Les dépenses pour l'économie de guerre, ce ne sont pas des dépenses perdues. Cela crée des emplois, de la croissance. Tout ce qui se passe là est une opportunité", tempère Jacques Attali.

    Les États membres peinent à se mettre d'accord sur la nécessité d'un soutien à l'Ukraine mais Jacques Attali relativise : "Il faut avancer avec ceux qui le veulent. Si nous n'avons pas le soutien de la Hongrie, ce n'est pas tragique." 

    L'UE est confrontée à de nombreux défis, mais Jacques Attali appelle à "ne pas désespérer. (...) Il faut considérer que ce qui se passe est une chance. Une chance de nous unir davantage et de prendre en charge notre destin", conclut-il.

    Emission préparée par Oihana Almandoz, Perrine Desplats et Isabelle Romero

    18 min
  • Le désarroi européen face au bulldozer Trump : les États-Unis sont-ils toujours nos alliés ?

    L'Europe regarde avec le plus grand scepticisme voire une inquiétude existentielle de l’autre côté de l’Atlantique. Les Américains sont-ils encore nos alliés ? La question était dans toutes les têtes lors d'un sommet de crise consacré à l'Ukraine, le 6 mars. L’UE a émergé de la Seconde guerre mondiale avec la certitude que ses démocraties seraient toujours protégées par l’ami américain. Mais depuis l'arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche, nous avons assisté à un changement de cap radical.

    Les Vingt-Sept se sentent lâchés par Washington dans leur soutien à l’Ukraine. Un appui pourtant vital pour défendre le continent contre Vladimir Poutine. Donald Trump dit aussi vouloir annexer le Groenland, un pays appartenant au Danemark et par conséquent territoire d’outre-mer associé à l’Union européenne. Enfin, le président américain a aussi annoncé des droits de douanes supplémentaires de 25 % contre l’Union Européenne, comme il l'avait envisagé pour le Canada et le Mexique avant de se retracter. Quelle réponse les Vingt-Sept et la Commission européenne doivent-ils avoir sur tous ces chapitres ?

    Emission préparée par Isabelle Romero, Perrine Desplats, Oihana Almandoz et Luke Brown

    18 min
  • Christophe Hansen : "Nous sommes toujours dans l'idée d'un verdissement de l’agriculture"

    Cette semaine, nous recevons Christophe Hansen, commissaire européen luxembourgeois à l’Agriculture et à l’Alimentation ainsi qu’ancien eurodéputé du Parti populaire européen (PPE). Simplification des normes, accords du Mercosur et agriculture biologique : il détaille la feuille de route de l’Union européenne (UE) pour le secteur agricole.

    La Commission a présenté sa "vision" pour l’agriculture de l’Union européenne, un plan qui vise à façonner un "système agroalimentaire attractif, compétitif, résilient, tourné vers l'avenir et équitable pour les générations actuelles et futures". Cette nouvelle feuille de route marque une rupture en termes d’objectifs et de contraintes pour les agriculteurs. 

    "Trop de charges administratives"

    En effet, en 2020, la Commission européenne présentait la stratégie de la "ferme à la fourchette" qui visait à verdir le système alimentaire européen avec des objectifs précis à l'horizon 2030. La Commission plaide aujourd’hui pour davantage de flexibilité, ce qui fait craindre un recul des mesures prises pour protéger l’environnement. "Nous sommes toujours dans l'idée d'un verdissement", se défend Christophe Hansen. 

    Pourtant, le maître mot de cette "vision" est la simplification. Cela passe notamment par un assouplissement de la législation et des normes qui s’appliquent aux agriculteurs. Le commissaire à l’Agriculture et à l’Alimentation explique avoir "entendu" les demandes des agriculteurs qui ont manifesté en masse l’an passé : "Ils dénoncent trop de charges administratives". "Il y a toute une panoplie de lois nationales et européennes auxquelles ils doivent se tenir", détaille-t-il. "Je pense qu'il est essentiel de réagir", alerte Christophe Hansen. 

    S’il reconnaît que "le changement climatique est une réalité", il estime qu’il faut privilégier l’échange avec les agriculteurs plutôt que "les règlements et la pression du haut vers le bas pour atteindre les objectifs". "Nous devons inciter les agriculteurs à participer à la protection de l’eau et du climat", explique-t-il en guise d’exemple. Il en appelle à considérer les agriculteurs comme faisant "partie de la solution et non pas du problème". 

    "L’agriculture a baissé ses émissions de 2 %"

    Au niveau mondial, les émissions de gaz à effet de serre du secteur agricole représentent 11 % des émissions totales. Alors que certains secteurs sont contraints par la loi européenne sur le climat de réduire leurs émissions d'ici 2030, l’agriculture échappe à cette obligation. "L’agriculture fait des progrès énormes", explique le commissaire. "Entre 2023 et 2024, l’agriculture a baissé ses émissions de 2 %. Le secteur des transports a enregistré une baisse de 1 %. L'agriculture fait mieux", indique-t-il. Pour parvenir à une baisse des émissions de gaz à effet de serre, il prône le développement de nouvelles technologies : "Si nous assurons une meilleure prévisibilité budgétaire et réglementaire, il y aura à nouveau plus d’investissements dans l'agriculture, dans de nouvelles technologies qui seront moins émettrices et nous serons capables de réduire davantage les émissions". 

    Autre coup porté à la protection de l’environnement : la présidente de la Commission européenne a annoncé la suppression du texte qui visait à réduire de 50 % l’utilisation des pesticides d’ici 2030. "Ces dix dernières années, nous avons retiré plus de cent matières actives utilisées dans l’agriculture. Je pense que c'est un grand pas”, explique Christophe Hansen. Il indique que cela a conduit des agriculteurs à subir des pertes de récolte. Pour tempérer les critiques liées au retrait de cette législation, il appelle à "développer davantage les biopesticides qui peuvent représenter des alternatives aux pesticides classiques". "Avant de retirer des produits, nous devons avoir une alternative plus durable", poursuit-il. 

    À voir aussiPolitique agricole : un assouplissement des normes de l'Union européenne

    "Il faut rendre l’agriculture biologique plus attractive"

    Au sujet de l’agriculture biologique, la Cour des comptes européenne a estimé que l'UE pourrait ne pas atteindre son objectif de 25 % de terres cultivées en agriculture biologique d’ici à 2030. À ce jour, seulement 11 % d’entre elles sont cultivées en bio. "C'est un objectif qui est ambitieux mais réalisable", selon Christophe Hansen. "Il faut rendre l’agriculture biologique plus attractive", poursuit-il. Quinze milliards d’euros supplémentaires vont être alloués pour développer le bio d’ici 2027.

    Selon les exploitants, ce montant est insuffisant. "Nous souhaitons encourager les marchés publics comme les cantines publiques à miser davantage sur les produits bio et régionaux", avance Christophe Hansen comme possible solution pour développer ce secteur. "Nous devons aussi miser sur l'exportation de ces produits car notre label bio est reconnu mondialement, il y a d'énormes potentiels. Nous travaillons à faciliter encore plus les démarches administratives et les subventions agricoles pour ces exploitants", ajoute-t-il. 

    "Il faut trouver des alternatives d’exportation"

    D’un point de vue économique, les agriculteurs ont également manifesté contre la non fixation des prix des produits par les producteurs. Le marché du lait est particulièrement touché car ses prix sont notamment fixés selon les cours mondiaux et selon le prix de vente dans d’autres pays. À cause de ces fluctuations, les agriculteurs livrent leur production et ne savent souvent pas combien elle leur rapportera, reconnaît le commissaire à l’Agriculture. "Il faut qu’il y ait des contrats écrits obligatoires. Nous encourageons également les agriculteurs à se regrouper en organisations de producteurs. Ils auront une position plus forte dans les négociations, avec des prix décidés par eux-mêmes", avance Christophe Hansen. Les pratiques de la grande distribution, qui peuvent librement fixer leurs marges, sont aussi critiquées par les agriculteurs. "Nous avons mis en place un observatoire de la chaîne alimentaire pour déterminer et voir très clairement qui réalise les marges et où elles sont réalisées", détaille le commissaire. 

    Au sujet de l’accord de libre-échange entre l’Union et les pays du Mercosur contre lequel Emmanuel Macron cherche une minorité de blocage, Christophe Hansen rappelle qu’il s’agit d’un "accord négocié lors d'un mandat que les États membres ont donné à la Commission européenne". Des agriculteurs se sont également opposés à cet accord lors de nombreuses manifestations à travers l’Europe car jugé préjudiciable pour leur propre production. "Je comprends tout à fait les craintes des agriculteurs", explique le commissaire. Il admet la nécessité pour eux d’obtenir des prix justes et la réciprocité des standards de production : "C’est inacceptable que nous privions nos agriculteurs de certains produits phytosanitaires mais que les produits importés soient traités avec ces pesticides". Il estime cependant que certains produits laitiers et le vin pourraient bénéficier de cet accord.

    Alors que l’Union européenne est dans l’attente d’annonces officielles de l’administration Trump au sujet des droits de douane qu’il souhaite augmenter, l’agriculture européenne pourrait être victime de ce protectionnisme américain. "Il vaut mieux se préparer et trouver des alternatives d'exportation pour nos produits", explique Christophe Hansen, justifiant la nécessité de mettre en place les accords du Mercosur. 

    L’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne est en cours de discussion mais fait craindre à certains pays de l’Est une concurrence agricole accrue. En effet, l’Ukraine exporte chaque mois plus de sept millions de tonnes de produits agricoles. "Il faut se préparer à un partenariat plus stable sous forme d'un accord commercial avec l’Ukraine", annonce Christophe Hansen. "Nous sommes aussi dépendants de beaucoup de produits que l’Ukraine peut produire, comme le soja. Il faut savoir reconnaître les opportunités", conclut-il.

    Une émission préparée par Luke Brown, Isabelle Romero, Oihana Almandoz et Perrine Desplats.

    18 min
  • Politique agricole : un assouplissement des normes de l'Union européenne

    La politique agricole commune (PAC) est l'un des principaux postes de dépenses de l'Union européenne (UE), représentant plus d’un tiers de son budget. Pourtant, le secteur primaire ne constitue que 1 % de la richesse de l'Union et à peine 17 millions d’emplois. Alors que le Salon international de l’agriculture s’est tenu à Paris, la Commission européenne a présenté le 19 février sa "vision", une feuille de route pour répondre à la colère des agriculteurs, qui gronde depuis un an dans de nombreux pays européens.

    Bruxelles veut désormais assouplir les normes environnementales qu’elle a imposées par le passé en mettant fin aux obligations écologiques. Il s’agit à présent d’inciter les agriculteurs à avoir de bonnes pratiques pour la planète. 

    Cela remet en cause la stratégie précédente dite de "la ferme à la fourchette", issue du Pacte vert, dont à peine 11 textes sur 27 ont été adoptés. L'un des renoncements symboliques concerne l’objectif de réduire de 50 % l’utilisation des pesticides d'ici à 2030. 

    La Commission européenne promet de mieux lutter contre la concurrence déloyale des produits importés alors que certains grands accords de libre-échange qu’elle défend, comme celui avec le Mercosur, sont très critiqués. 

    Une émission préparée par Perrine Desplats, Isabelle Romero et Luke Brown

    18 min
  • Trump et Poutine négocient seuls l’avenir de l’Ukraine : les Européens et Kiev hors-jeu ?

    Les Européens sont en émoi après avoir été exclus, tout comme les Ukrainiens, des discussions entre les États-Unis de Donald Trump et la Russie de Vladimir Poutine concernant la paix en Ukraine. Un camouflet lourd de conséquences sur l’avenir et la sécurité de ce pays en guerre et du territoire européen. Dans l’urgence, le président français Emmanuel Macron a réuni, plusieurs fois et par petits groupes, les chefs d’État et de gouvernement de l’Union pour tenter d’esquisser une réponse européenne aux manœuvres américaines et russes.

    Les Vingt-Sept sont divisés sur les garanties de sécurité à apporter à l’Ukraine et notamment l’envoi de troupes européennes de maintien de la paix sur le sol ukrainien, désiré par les Français et les Britanniques mais pas par les autres. Quand au renforcement rapide des capacités de défense européenne, elle fait débat entre des pays atlantistes comme l’Italie et la Hongrie, et d’autres qui se détournent d’une administration Trump jugée peu fiable.  

     

    Une émission préparée par Perrine Desplats, Isabelle Romero et Luke Brown

    18 min
  • L'Europe investit dans l’intelligence artificielle encadrée

    L’intelligence artificielle est déjà partout, défiant les capacités humaines. La France a organisé les 10 et 11 février un sommet de l’IA pour affirmer que l’Europe était toujours dans la course avec quelques pépites prometteuses, mais la puissance de frappe des États-Unis, qui ont annoncé 500 milliards de dollars d’investissements dans l’IA, et le rattrapage de la Chine font craindre un décrochage européen. 

    D’autant que l’Union européenne est la régulatrice dans ce domaine : le 2 février, les premières règles de l'"AI Act", le règlement pour l’intelligence artificielle, ont commencé à s'appliquer, pour prévenir des risques qualifiés d'"inacceptables" pour les citoyens : les logiciels de notation sociale, le profilage policier dans la sphère publique, le ciblage des personnes vulnérable sont interdits. Autant de mesures trop contraignantes au goût des géants du secteur.

    Quant aux salariés européens, deux sur trois craignent des suppressions d'emplois dues à l'intelligence artificielle, sans oublier un possible impact écologique très négatif.

    À lire aussiIntelligence artificielle : face aux États-Unis et à la Chine, quelle place reste-t-il ?

    Une émission préparée par Perrine Desplats, Isabelle Romero et Luke Brown

    17 min
  • Thierry Breton : "Discutons de la dissuasion nucléaire française avec nos 26 partenaires"

    Cette semaine, nous accueillons Thierry Breton, ex-commissaire européen au Marché intérieur et ancien ministre de l’Économie français. Face à la menace de l'administration Trump sur divers sujets, il commente les défis sécuritaires, numériques ou commerciaux que l’Union européenne doit relever.

    La défense est au cœur des discussions de l’Union européenne (UE) au moment où la Pologne, qui détient la présidence tournante du Conseil, consacre près de 5 % de son PIB à la défense, un record en Europe.

    Face au poids militaire des États-Unis, notamment à travers l’OTAN, Thierry Breton, ex-commissaire européen au Marché intérieur, insiste sur le fait que "l'Europe doit prendre son destin en main, dans toutes les dimensions, y compris en matière de défense". S’il estime que l’UE dispose des infrastructures nécessaires pour accroître ses capacités de défense, il l’appelle à "augmenter sa base industrielle" afin de produire et utiliser des armes européennes.

    L'ancien ministre de l’Économie français souhaite également aborder un sujet tabou : "Nous avons 26 pays en Europe qui dépendent des États-Unis pour la dissuasion nucléaire." La France étant le seul pays de l’Union à disposer de l’arme nucléaire, l’ex-commissaire européen estime que cette dépendance aux Américains est "défavorable" à l’UE. "Tant que ce problème n'aura pas été adressé de façon sérieuse entre les Vingt-Sept, il y aura une dépendance envers les États-Unis, qui sont dans une logique transactionnelle", prévient-il. "Il faut maintenant que la France parle de cette composante (nucléaire) avec l'ensemble des Vingt-Sept." "Dans la confidentialité que requiert ce type de discussions", précise-t-il.

    "Il faut que nous, Européens, prenions notre destin en main"

    Au chapitre de la guerre en Ukraine, Donald Trump s’est entretenu avec Vladimir Poutine, sans inclure les Ukrainiens et l'UE. Thierry Breton rappelle que "cette guerre se déroule sur le continent européen". "Il faut que nous, Européens, prenions notre destin en main. Il faut nous faire entendre. Aujourd'hui, nous sommes beaucoup à trouver que l'Europe ne parle pas assez", dénonce-t-il. L’ex-commissaire européen estime que l’Ukraine est "un pays souverain qui s'est battu de façon admirable" et que "l’Europe doit dire que les discussions doivent se dérouler avec elle et avec Volodymyr Zelensky".

    Autre sujet de discorde transatlantique : la menace de Donald Trump d’augmenter les droits de douane des produits européens, en instaurant des "droits de douane réciproques". L’ancien commissaire au Marché intérieur explique que de tels droits de douane impacteraient tout d’abord les consommateurs américains car les produits coûteront plus chers à l’achat. "S’il y a des discussions commerciales, nous serons prêts à les mener", estime-t-il. "Il faut exercer ce rapport de force politique. Il faut répondre en ciblant des domaines, des géographies ou des industries qui ont un impact politique plutôt qu’économique", détaille-t-il. Il appelle à cantonner la négociation au secteur commercial, sans céder aux pressions sur d’autres terrains : Il ne faut pas mettre à mal nos lois encadrant les services numériques ou l’IA "qui ne plaisent pas à l'administration Trump". "Nous ne pouvons pas accepter de détricoter ce qui fait partie de notre intégrité pour éviter des droits de douane."

    "Il y a un lien entre immigration et accroissement de la richesse nationale"

    En matière d’environnement, la Commission européenne est accusée par les écologistes et des ONG de mettre en place une simplification des normes pour les entreprises qui pourrait être synonyme de dérégulation. L'ex-commissaire européen chargé de l’industrie appelle à garder “notre ligne directrice” en lien avec les accords de Paris : "Si jamais il faut améliorer les éléments de cette transition, il faut le faire, mais il faut toujours avoir l'objectif en tête : 2050, continent décarboné."

    Autre sujet qui enflamme les débats au sein des Vingt-Sept : la gestion de l’immigration. Alors que de nombreux États membres durcissent leur politique d’accueil, le gouvernement socialiste espagnol a adopté une réforme qui entend régulariser 900 000 étrangers sans-papiers d'ici trois ans. L’Espagne, qui a connu une croissance spectaculaire en 2024 enregistrant ainsi la meilleure performance de la zone euro, affirme que l'immigration n'est pas un danger mais une source de croissance économique. "Il y a un lien entre immigration et accroissement de la richesse nationale. Tous les économistes vous le diront", confirme Thierry Breton. "Cela ne veut pas dire qu'il ne faut pas contrôler l’immigration. L'intégration est le sujet sur lequel il faut travailler ensemble", tempère-t-il. 

    Lors du Sommet pour l'action sur l'intelligence artificielle (IA) les 10 et 11 février derniers, la France a accueilli des chefs d'États, entreprises et spécialistes internationaux. Les États-Unis, grands leaders du marché de l'IA, appellent à limiter la régulation pour favoriser l’essor de l'industrie. Thierry Breton, ancien commissaire européen en charge du numérique, ne croit pas en l’hégémonie américaine : "Les États-Unis nous suivront, sinon ils se mettront en marge du monde." Défendant son bilan de commissaire, marqué par la mise en place de lois numériques européennes, il appelle à être "fiers" de notre régulation. "Si les entreprises internationales veulent bénéficier du marché intérieur européen, elles devront respecter nos normes", avance-t-il. "Nous avons tout ce qu'il faut en Europe, nous avons le plus grand réservoir de données industrielles et professionnelles au monde. Maintenant, il faut du financement", et une union des marchés des capitaux européens pour mieux lever des fonds, conclut-il. 

     

    Une émission préparée par Isabelle Romero, Perrine Desplats, Oihana Almandoz et Luke Brown

    18 min
  • Enrico Letta : "Si l'Allemagne vire à l'extrême droite, ce sera un coup mortel pour l'UE"

    Cette semaine, nous recevons Enrico Letta, président de l’Institut Jacques Delors, ancien ministre et ancien président du Conseil des ministres italien. Auteur d’un rapport sur la compétitivité de l’Union européenne (UE), il commente les menaces commerciales des États-Unis, le souverainisme grandissant au sein des Vingt-Sept et l’avenir de l’UE portée par le couple franco-allemand.

    À la suite de l’élection de Donald Trump aux États-Unis et à ses menaces d’augmenter les taxes douanières sur les exportations européennes, Enrico Letta prône de "changer d'approche avec le président américain : il faut commenter les faits et non pas les annonces. Il cherche à créer du chaos avec des dizaines d’annonces sur des sujets différents". Si l’Union européenne est dans l’attente d’annonces officielles de l’administration Trump au sujet des droits de douane, Enrico Letta prédit qu’elle devra "répliquer au niveau commercial" mais également dans d’autres domaines : "Si Donald Trump continue à attaquer l'Europe, il faut également répliquer au niveau des marchés financiers en protégeant notre système financier et en évitant d'être une colonie de la finance américaine !"

    Pourtant, au sein même des Vingt-Sept, des désaccords subsistent face à l’attitude du président américain. Giorgia Meloni, présidente du Conseil en Italie et Viktor Orban, Premier ministre hongrois, ont notamment participé à l’investiture de Donald Trump. "Quelques pays pensent qu'avoir une relation personnelle avec Donald Trump va les aider à éviter ses coups. Je pense que c’est une grande erreur", ironise l’ancien chef de file du parti démocrate de centre gauche en Italie. Si Giorgia Meloni a l’oreille du président américain, Enrico Letta espère que "cela se concrétise de façon utile pour tous et qu’elle ne divisera pas l'Europe". "L’Europe doit parler d'une voix à Donald Trump et cette voix doit être celle de la présidente de la Commission européenne. Si chaque pays agissait seul dans son coin, ce serait un désastre", insiste-t-il. Enrico Letta incite les États européens à être "solidaires" car c’est, selon lui, "ce multilatéralisme que Donald Trump déteste". "C'est l'Europe en tant que telle qu'il déteste", affirme le président de l’Institut Jacques Delors.

    L’Italie a également signé un contrat de 1,5 milliard d'euros avec l’entreprise d’Elon Musk contre la fourniture d'un accès sécurisé à Internet via le système Starlink pour les opérations du gouvernement italien et de son armée. Un partenariat critiqué par l’ancien président du Conseil des ministres italien qui le considère comme une entrave au développement d’un programme spatial à l’échelle européenne : "Nous devons défendre cette solidarité entre nous et il faut le faire ensemble". Selon Enrico Letta, "Elon Musk déteste l'Europe en tant que telle, l'idée de cette solidarité entre les pays".

    Le milliardaire Elon Musk, désormais acteur majeur de l’administration Trump, interfère également dans les élections législatives allemandes du 23 février. Il soutient publiquement le parti d’extrême droite AfD, qui grimpe dans les sondages pour ces élections. "J'espère que l’AfD ne va pas gagner ces élections. Il est évident que cette tentative d’Elon Musk d'aider l’AfD est une tentative de nuire à l'Union européenne. Si l'Allemagne vire à l'extrême droite, ce sera un coup mortel pour l'UE", alerte le président de l’Institut Jacques Delors. 

    À voir aussi23 février : un scrutin allemand décisif pour l’Union européenne

    Il s'inquiète également d'une possible collaboration entre l’AfD et le parti chrétien-démocrate, en tête des sondages. Une coalition exclue par le chef de file des chrétiens-démocrates, Friedrich Merz, mais qui vient de voter une motion anti-migrants en s'appuyant sur les voix des députés AfD. "J'espère que ce dossier est complètement clos", assène Enrico Letta. "J'espère que le résultat des urnes donnera lieu à une coalition simple, pas une coalition à trois ou quatre partis. Ce serait un désastre. Une coalition simple et surtout pro-européenne", détaille-t-il.

    Hongrie, Pays-Bas, Belgique, Autriche, Slovaquie… de plus en plus de pays européens sont dirigés par des gouvernements de droite radicale ou populistes. "Nous vivons un moment très difficile. Il est vrai que tous ces mouvements ont beaucoup changé l'UE", reconnaît Enrico Letta. Face à un souverainisme grandissant, il rappelle que la solidarité européenne est essentielle notamment en termes de compétitivité : "Le souverainisme national profite à Wall Street, à l'industrie américaine et chinoise à cause de la fragmentation de notre système de marché financier européen, divisé en 27 pays."

    Revenant sur l’idée de solidarité européenne, le président de l’Institut Jacques Delors promeut le développement de politiques de cohésion : "Le marché intérieur, c'est un succès, mais il renforce ceux qui sont déjà forts. Il faut aider les plus faibles en étant solidaires", encourage-t-il. Au-delà de la solidarité des Vingt-Sept, c’est l’avenir du couple franco-allemand, moteur de l’UE, qui inquiète Enrico Letta. En France, le gouvernement n’a pas de majorité au Parlement : "Nous sommes tous inquiets car sans une forte poussée des Français et des Allemands, l’Europe est beaucoup plus faible." 

     

    Émission préparée par Oihana Almandoz, Luke Brown, Perrine Desplats et Isabelle Romero

    17 min
  • 23 février : un scrutin allemand décisif pour l’Union européenne

    Toute l'Europe a les yeux rivés sur l’Allemagne et la date fatidique du 23 février. Les électeurs du plus puissant pays d’Europe se rendent en effet aux urnes dans des conditions inédites : le gouvernement du social-démocrate Olaf Scholz a chuté après un divorce avec le très rigoriste parti libéral qui siégeait dans sa coalition.

    Le favori de l’élection est le chrétien-démocrate Friedrich Merz, en perte de vitesse dans les sondages suite à un choix tactique très décrié. Alors qu’un cordon sanitaire prévalait jusque-là autour du parti d'extrême droite AfD, il a décidé du vote d’une motion sur l’immigration avec les voix de cette droite extrême, déclenchant protestations et manifestations, et a depuis tenté de corriger le tir.

    À lire aussiAllemagne : longtemps écarté par Angela Merkel, Friedrich Merz espère enfin devenir chancelier

    Si les chrétiens-démocrates de la CDU ont baissé après cet épisode, l’extrême droite, au contraire, bénéficie d’une dynamique renforcée par l’aide inespérée d’Elon Musk. Le milliardaire a apporté un soutien appuyé à Alice Weidel, la patronne de l’AfD, qu’il a longuement interviewée sur X. Quel impact global sur les résultats ? L’Allemagne va-t-elle redevenir un pôle de stabilité en Europe ? Et pour impulser quelle direction ?

     

    Emission préparée par Isabelle Romero, Perrine Desplats et Luke Brown

    18 min
  • Teresa Ribera : "La transition doit se faire sans impact négatif sur les citoyens et les industries"

    Cette semaine, nous recevons Teresa Ribera, vice-présidente exécutive de la Commission européenne en charge de mener une transition propre, juste et compétitive. L’ancienne ministre socialiste espagnole présente les initiatives à mener par la Commission afin de relancer la compétitivité de l’UE sans pour autant compromettre la protection de l’environnement et des citoyens européens.

    Le 29 janvier dernier, la Commission européenne a présenté son plan pour relancer la compétitivité de l’Union européenne (UE), en déclin face aux États-Unis et à la Chine.

    Cette "boussole pour la compétitivité", prévoit notamment un "choc de simplification" pour les entreprises, c’est-à-dire l’allègement des contraintes administratives à leur égard.

    L’UE prévoit également la mise en place de mesures de soutien à court terme pour l'automobile et l'industrie propre.

    Teresa Ribera souhaite accroître l’influence de l'industrie européenne sur les marchés internationaux. "Il faut agir pour avoir une compétitivité qui dure mais qui est aussi capable de donner des réponses à court terme. Il faut s’assurer que l’Europe continue d’innover et de créer des emplois de qualité pour les Européens", précise la vice-présidente exécutive de la Commission européenne en charge de mener une transition propre, juste et compétitive. 

    Ces mesures de simplification administrative, en discussion depuis plusieurs années, peinent à être appliquées. Si Teresa Ribera reconnaît une difficile mise en place de cette simplification, elle la pense nécessaire : "Il faut achever une simplification qui donne le sens, la direction qu'on veut maintenir et en même temps qui soit capable de faciliter la vie aux entrepreneurs et en particulier aux plus petits d’entre eux." 

    Une simplification synonyme de dérégulation ?

    Les écologistes et ONG s'inquiètent du fait qu'une simplification pourrait être synonyme de dérégulation.

    Elle pourrait aller à l’encontre du Pacte vert, un ensemble d’initiatives dont l’objectif principal est de faire de l’Europe le premier continent à atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050.

    "Nous ne voulons pas sacrifier le Pacte vert", affirme la première vice-présidente de la Commission. "Les motivations qui nous ont poussés à rendre l’économie, la prospérité et le développement beaucoup plus durables restent encore fortes", explique-t-elle.

    "Il faut accélérer cette transition mais en même temps, c'est un exercice d'apprentissage. Comment apprenons-nous à mieux investir l'argent ?", questionne la vice-présidente de la Commission.

    Au sein des Vingt-Sept, des voix s'élèvent pourtant contre le Pacte vert. Comme celle du Premier ministre polonais Donald Tusk dont le pays est très dépendant du charbon, à l’origine de 63 % de sa production d’électricité.

    Si Teresa Ribera admet des "malentendus dans la discussion politique" entre les États membres, elle confirme l’intention de la Commission de décarboner l’industrie. "L'énergie propre offre des prix beaucoup plus bas et prévisibles que l'énergie qui dépend des énergies fossiles. Elle est meilleure pour la santé des citoyens et nous offre plus d’autonomie."

    La commissaire rappelle la nécessité d’une "transition juste" et le besoin de "faire des compromis" : "Nous devons nous assurer que dans la transition, il n'y ait pas d’impacts négatifs sur les citoyens ou sur les consommateurs industriels", détaille-t-elle.

    Le danger du climatoscepticisme

    Au chapitre de la protection de l’environnement, le climatoscepticisme, prôné par Donald Trump outre-Atlantique, semble également gagner du terrain en Europe : "C'est un danger. Certains veulent oublier que le réchauffement existe. Le réchauffement climatique a des conséquences terribles. Il a des conséquences humaines et économiques catastrophiques."

    D’un point de vue économique, elle mentionne les inquiétudes des assureurs face aux coûts engendrés par les catastrophes naturelles. "Il faut le combattre en réduisant notre CO2 mais aussi en préparant notre résilience".

    L’ancienne ministre du gouvernement de Pedro Sánchez se défend contre les polémiques sur la gestion des terribles inondations qui ont frappé l'Espagne en octobre 2024. Elle recommande la lucidité et la précaution excessive : "Le développement des systèmes d'alarme, la capacité de connecter les gens entre eux, d'apprendre ce qu'il faut faire dans ces situations. La réalité est là. Il faut se préparer pour éviter les conséquences les plus dures. Des rapports montrent que le changement climatique pourrait mener à une situation où une bonne partie des Européens pourraient mourir à la fin de ce siècle si jamais on ne réagit pas", explique-t-elle. 

    Créer des géants européens

    Afin de relancer l’économie de l’Union, la Commission européenne va également publier en 2026 de nouvelles lignes directrices pour l'évaluation des fusions-acquisitions des entreprises offrant ainsi la possibilité de créer des géants européens capables de rivaliser avec les États-Unis et la Chine.

    "Il faut continuer à développer le marché européen unique. Mais si le marché de référence n’est pas uniquement le marché européen mais le marché global, il y a de la place pour faciliter un rôle aux champions européens", estime Teresa Ribera. Inversement, sur le plus petit marché intérieur européen, il faut se prémunir contre les monopoles "qui pourraient avoir un impact négatif sur les consommateurs". "Nous devons rester un marché ouvert et en même temps assurer que les industriels européens qui respectent les droits des travailleurs, les standards environnementaux et la santé publique ne soient pas désavantagés."

    Au sujet de l’hospitalisation d’Ursula von der Leyen début 2025, qui avait provoquée des critiques pour manque de transparence, Teresa Ribera, qui l’avait remplacée, tente de normaliser la situation : "Je pense qu'Ursula von der Leyen était convaincue qu'elle pourrait récupérer plus tôt. Mais c'était le début de son mandat et on attendait peut-être une réaction forte aux affaires du monde," concède-t-elle.

     

    Emission préparée par Isabelle Romero, Perrine Desplats, Luke Brown et Oihana Almandoz

    18 min

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Rendez-vous à Bruxelles pour un entretien avec une personnalité européenne de premier plan, suivi d'un débat entre eurodéputés. Le samedi à 11 h 10 (heure de Paris), puis 15 h 40.

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