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Or


Deuxième partie de l'édition spéciale qui marque le 4ᵉ anniversaire de la guerre en Ukraine. Un conflit dont le lourd bilan humain pourrait atteindre deux millions de morts et blessés, selon le Centre d'études diplomatiques et stratégiques. Des négociations ont actuellement lieu entre Russes, Ukrainiens et Américains, mais vont-elles aboutir à un cessez-le-feu ?
Quelles seront les garanties de sécurité proposées à l’Ukraine à l’avenir pour éviter une nouvelle attaque russe ? Quel rôle peut jouer l’UE dans le règlement de ce conflit alors que les États-Unis mettent la pression sur Kiev pour céder une partie de son territoire à la Russie ?
Émission préparée par Isabelle Romero, Perrine Desplats et Oihana Almandoz.
Cette semaine, nous recevons Hubert Védrine, ancien ministre français des Affaires étrangères, qui publie son dernier ouvrage "Après l'Occident ?" (Éditions Perrin et Robert Laffont). Soutien à l'Ukraine, autonomie militaire de l'Union européenne et relation avec les États-Unis, il commente les dossiers brûlants auxquels sont confrontés les Européens.
Les eurodéputés ont approuvé le prêt européen de 90 milliards d'euros pour aider l'Ukraine face à la Russie, notamment pour acheter des armes. Selon Hubert Védrine, ancien ministre français des Affaires étrangères du gouvernement de Lionel Jospin (1997-2002), "il faut aider l'Ukraine à tenir bon et à préparer la suite car à un moment donné, il y aura un compromis douloureux". Hubert Védrine explique partager l'avis "de vieux réalistes américains, bien avant Trump : les États-Unis ont très mal géré la Russie d'après l'URSS [...] Il fallait agir autrement que de traiter la Russie en quantité négligeable. Et de toute façon, la Russie doit redevenir un interlocuteur. [...] L'opinion française et l'opinion européenne sont complètement binaires : tout est la faute de Poutine qui est un monstre." Selon lui, Donald Trump "n'a pas complètement abandonné" l'Ukraine : "Depuis un an, il prétendait qu'il allait abandonner l'aide militaire et financière, les données satellites, il ne l'a pas fait. En fait, nous sommes entre les deux et nous ne savons pas ce que ça va donner."
"Orban avait dit qu'un jour ou l'autre nous devrions reparler à Poutine"
Le Premier ministre hongrois Viktor Orban, farouche opposant à l'aide à l'Ukraine, s'oppose à ce prêt de l'UE destiné aux Ukrainiens. Son pays ne participera d'ailleurs pas à ce prêt commun, tout comme la Slovaquie et la République tchèque. Selon Hubert Védrine, Viktor Orban est pourtant moins isolé qu'avant sur certains sujets : "Il avait dit qu'un jour ou l'autre nous devrions reparler à Poutine. Cela scandalisait la plupart des commentateurs en Europe de l'Ouest. Même si nous sommes horrifiés par ce qu'il a fait, cette position commence à être adoptée par d'autres pays, y compris par Macron ou Merz. Les Européens se rendent compte que nous ne pouvons pas laisser Trump gérer tout seul les relations avec la Russie." Pour la suite, les élections d'avril décideront du sort d'Orban : "Et peut-être les perdra-t-il, ce qui changerait la donne dans un sens plus positif !"
L'autonomie militaire européenne "a toujours été irréaliste"
En ce qui concerne les menaces de l'administration américaine de se désengager de l'Otan, Hubert Védrine estime "que Trump ne va pas au bout de sa démarche". "Le système militaro-industriel technologique américain veut garder ce lien car 70 % des dépenses de défense des Européens ne vont pas à l'Europe mais aux États-Unis. Ils veulent garder cela. Normalement ils n'ont pas intérêt à couper le lien." L'autonomie militaire européenne et le fait que l’Europe devienne un pilier de l'Otan "a toujours été irréaliste" estime l’ancien ministre français. Selon lui, l'autonomie est un "objectif" encore difficilement atteignable : "Quand Macron et Starmer réunissent la coalition des volontaires éventuels pour donner des garanties à l'Ukraine dans l'hypothèse du cessez-le-feu, tous les participants disent qu’il faut une garantie américaine." Il évoque une difficulté organisationnelle : "Pour avancer, il faudrait savoir quelles forces nous pouvons mettre à disposition. Quel état-major voulons-nous créer ? Qui donne les ordres ? Cela doit venir d'un élu démocratiquement, donc ce n’est pas l'Union européenne. Elle n'est pas compétente là-dessus."
"Il faut investir dans des technologies d'avenir [...] technologiques et écologiques"
Les Vingt-Sept se sont réunis en sommet informel cette semaine afin de discuter de la relance de la compétitivité européenne, en berne depuis de nombreuses années. "Les Européens ont voulu travailler moins, investir moins dans l'avenir, désindustrialiser. Ils ont fait l'inverse d'un programme de compétitivité depuis 20 ou 30 ans", constate Hubert Védrine. [...] "Il faut réinvestir, pas forcément en empruntant de l’argent puisque certains États membres ne veulent pas. Il faut investir dans des technologies d'avenir qui sont à la fois très technologiques et écologiques. [...] C'est un chemin de plusieurs années."
"Il n'y a plus de couple franco-allemand depuis la réunification"
Le couple franco-allemand est scruté car les deux pays sont considérés comme moteurs de l’Union européenne (UE). Entre le président français Emmanuel Macron et le chancelier allemand Friedrich Merz, les divergences sont multiples avec une Allemagne plus libérale, contre l’idée d’un grand emprunt européen. Les Allemands ont également soutenu la signature du traité de libre-échange entre l’UE et le Mercosur contrairement à la France : "Il n'y a plus de couple franco-allemand depuis la réunification", estime Hubert Védrine. "Nous sommes des pays fondamentalement différents. Si nous ne sommes pas d'accord, rien ne marche. Nous avons des désaccords sur plein de sujets, à commencer par l'énergie, notamment la question nucléaire, mais pas que. Il n'empêche que si nous voulons que la machinerie européenne fonctionne mieux, il faut que la France et l'Allemagne soient d'accord. Nous sommes différents, nous avons des désaccords mais qu'est-ce que nous pouvons faire quand même ? Il faut abandonner l'approche un peu sentimentale de la question. Il faut être beaucoup plus concret."
La Première ministre italienne Giorgia Meloni et Friedrich Merz sont en pleine "bromance" ? Bien que la dirigeante italienne appartienne à la droite radicale, elle est alignée sur les positions du chancelier allemand sur certains dossiers. "Il ne faut pas négliger cette relation, c'est très important. Il ne faut pas le traiter de façon polémique. Il y a énormément de sujets où il y a convergence, comme l’immigration. Est-ce que cela veut dire qu’il y a des divergences sur tous les autres ? Non." Selon lui, la France doit se questionner sur les divergences entre sa politique et celle de l’Allemagne : "Qu’est-ce qu’on devrait faire ? C'est un sujet peu populaire parce qu'il faudrait que les Français travaillent plus finalement, investissent plus."
Émission préparée par Agnès Le Cossec, Oihana Almandoz, Perrine Desplats et Isabelle Romero
Beaucoup de spécialistes alertent sur les risques des réseaux sociaux pour la santé mentale des jeunes : troubles de l'attention, stress et anxiété, exposition au harcèlement et à des images pédopornographiques. Face à ce fléau, plusieurs pays membres de l'Union européenne (UE) réfléchissent à leur interdiction pure et simple pour les mineurs. En France, les députés ont voté cette mesure radicale pour les moins de 15 ans. Mais pour réguler ces plateformes, souvent américaines, la responsabilité revient à la Commission européenne qui dispose d'outils puissants. Deux directives européennes, sur les services et les marchés numériques, intitulées DSA et DMA, sont censées lutter contre les contenus violents, la désinformation et protéger les plus jeunes.
D'ailleurs, le réseau social X d’Elon Musk s’est vu infliger une amende de 120 millions d’euros par Bruxelles pour non respect de ces règles européennes. La justice française enquête de son côté sur l’intelligence artificielle de ce réseau social, Grok, qui détourne des photos d'enfants pour les dénuder. L'Union européenne pourra-t-elle vraiment encadrer ces big techs américaines au risque de représailles de Donald Trump qui protège ses amis ?
Émission préparée par Perrine Desplats, Oihana Almandoz et Isabelle Romero
Retrouvez l'intégralité du débat du Parlement européen sur la protection des mineurs en ligne ICI
Cette semaine, nous recevons Pascal Lamy, ancien directeur général de l’OMC et actuel vice-président du Forum de Paris sur la paix. Il revient sur les rapports de l'UE avec les États-Unis de Donald Trump, la place de l’Europe dans le monde, notamment dans le secteur économique où les industries manquent de compétitivité, et la défiance croissante des Européens vis-à-vis de leurs institutions. Nous vous proposons aussi un reportage inédit sur "l’Arctique, terre de toutes les convoitises", signé Isabelle Romero et Luke Brown, présents à la conférence Arctic Frontiers à Tromsø.
L’Europe et les États-Unis font face à une crise de confiance majeure. Même si la tension est retombée, la volonté de Donald Trump d’annexer le Groenland a ébranlé la relation transatlantique. Pour Pascal Lamy, ancien commissaire européen et ancien directeur général de l’Organisation mondiale du commerce, les Européens ont une leçon importante à en tirer de cette crise : "Il y a une grande différence entre la rhétorique, cette espèce d’hyperactivité, et la réalité. Le Groenland, c’était important pour nous, et il a été forcé de reculer." L’UE peut rivaliser dans un rapport de force avec les Américains, estime-t-il.
"Il faut que l’Europe soit plus forte à l’avenir"
Mais les Vingt-Sept doivent s’interroger sur la fiabilité de leur partenaire américain. Notamment en ce qui concerne le dossier ukrainien, le "vrai sujet" pour l’Europe selon Pascal Lamy. Le vice-président du Forum de Paris sur la paix déplore la position changeante de Donald Trump, mettant davantage la pression aux Européens qu’à Vladimir Poutine. Ils ne sont pour le moment pas invités à la table des négociations de paix, mais leur présence est "inévitable" à l’avenir selon lui "parce qu’il faudra des troupes pour garantir les accords". De plus, l’Europe fournit aujourd’hui les deux tiers de l’aide à l’Ukraine, notamment avec une nouvelle aide de 90 milliards d’euros approuvée par l’UE pour la période 2026-2027. Il reconnaît cependant notre dépendance : "Pour obtenir des renseignements sur le positionnement des troupes russes en Ukraine, on aimerait bien se passer des Américains. Il y a des moments où les rapports de force sont les rapports de force, même si cela nous fait mal à l’estomac. Il faut être lucide : il faut que l’Europe soit plus forte à l’avenir."
Pascal Lamy évoque un autre dossier brûlant : l’Iran. Quelle position tenir face au régime des mollahs, dont la répression brutale des manifestations a fait le tour du monde ? Le vice-président du Forum de Paris sur la paix est mesuré. "La question est de savoir si on envoie, comme le fait Trump, des bateaux dans la zone pour faire changer le régime. Mais qui pour le remplacer ? Et une solution militaire pour déposer un régime, sans une certaine idée de ce qui va suivre, à mon avis, c'est quand même risqué."
Dans un contexte de tensions géopolitiques accrues, 72 % des citoyens de l’UE se disent "très préoccupés", selon une récente enquête Eurobaromètre du Parlement européen, et appellent à une Europe plus unie. C’est aussi ce que note Pascal Lamy. "Les Européens sont très en soutien de l'intégration européenne et les menaces extérieures ont accentué ce soutien dans l'ensemble de l'Europe." Mais le continent doit aussi faire face à la défiance d’une partie de la population face aux institutions européennes. Selon la même enquête, 49 % des sondés ont une image positive de l’UE, le chiffre descend même à 38 % pour les Français. "Il n’est pas étonnant que la France se distingue par un pessimisme considérable par rapport aux autres, car elle se perçoit comme allant plus mal que les autres", reconnaît Pascal Lamy.
Un scepticisme de plus en plus marqué, surtout alors que la Commission voudrait mettre en œuvre par anticipation l’accord de libre-échange avec les pays du Mercosur. Or les eurodéputés ont saisi la justice européenne : "Comme le Parlement européen a voté pour un délai, à une courte majorité, mais c’est la démocratie, je pense qu’il faudrait respecter ce délai."
"Il faut renforcer le marché intérieur"
À l’approche d’un Conseil sur la compétitivité, le commissaire français à l’Industrie, Stéphane Séjourné, a signé une tribune avec plus de 1 000 patrons pour instaurer une préférence européenne dans les aides et marchés publics, particulièrement dans des secteurs stratégiques, pour sécuriser la production et l’emploi en Europe. "C’est une idée qui fait sens, abonde Pascal Lamy. Nos concurrents à l’international le font."
L’ancien directeur général de l’OMC appelle à plus d’investissements dans les années à venir pour augmenter la croissance et être ainsi plus compétitif. "Notre potentiel de croissance aujourd’hui, c’est la moitié de celui des Américains, le tiers de celui des Chinois et le quart de celui des Indiens. Pour nous développer, il faut renforcer le marché intérieur. Nous avons un gisement sous nos pieds, le marché intérieur, mais on ne l’exploite pas." Si nous n'avons pas de terres rares, d'autres solutions existent : "La Chine investit depuis 20 ans dans les terres rares dans les pays en développement, et effectue le raffinage sur place."
Émission préparée par Paul Guianvarc’h, Perrine Desplats et Oihana Almandoz
Un traité de libre-échange qui fait moins de vagues que celui avec le Mercosur : l’accord commercial entre l’Inde et l’Union européenne. Signé fin janvier à New Delhi par la présidente de la Commission européenne et le Premier ministre indien, cet accord prévoit la suppression des droits de douane sur 90 % des marchandises échangées entre l’Inde et l’Europe, à l'exception de produits agricoles sensibles comme le bœuf, la volaille et le riz, ce dont se félicite Ursula von der Leyen.
Ce nouvel accord de libre-échange pose des questions : va-t-il freiner la réindustrialisation européenne, alors que l’Inde exporte de nombreuses marchandises produites par une main d’œuvre bon marché ? Sur le plan environnemental, l’Inde va-t-elle respecter la taxe carbone aux frontières mise en place par l’UE ?
Par ailleurs, n’oublions pas que l’Inde de Narendra Modi est très proche de la Russie de Vladimir Poutine, dont il achète le pétrole, même si Donald Trump a affirmé avoir signé un accord commercial avec l’Inde et que New Delhi privilégiera désormais privilégier le pétrole américain.
Émission préparée par Perrine Desplats, Oihana Almandoz, Paul Guianvarc’h et Isabelle Romero
Cette semaine, nous vous proposons une émission spéciale sur l’entrée de la Bulgarie dans la zone euro avec un reportage long format et un entretien de Valdis Dombrovskis, commissaire européen à l'Économie. Il fait état de la situation économique de l’Union dans un climat instable dû à l’imprévisibilité de l’administration américaine.
À la suite des menaces de Donald Trump d’annexer le Groenland, le commissaire se félicite de l’apaisement des relations : "Il est positif que nous ayons réussi à replacer le dossier Groenland sur une base plus constructive. Le président Trump a donc supprimé en quelque sorte ses revendications à l'égard du Groenland. (...) L'accent est désormais mis sur le renforcement de la sécurité dans la région arctique. Et les autorités danoises et groenlandaises, soutenues par l'Union européenne (UE), ont indiqué qu'elles étaient disposées à en discuter."
D’un point de vue économique, Donald Trump avait également menacé d’instaurer de nouveaux droits de douane sur les produits européens. Le Parlement européen a alors suspendu le processus de ratification de l’accord commercial encadrant ces droits de douane entre l’UE et les États-Unis, jugé désavantageux pour l’Union. Le président américain a finalement retiré ces menaces de surtaxes douanières.
Selon Valdis Dombrovskis, également ancien Premier ministre de Lettonie, du parti de droite Unité affilié au groupe Parti populaire européen, "le choix aujourd'hui est d'accepter cet accord ou de poursuivre l'escalade commerciale. (...) Nous avons évalué ces deux possibilités. Nous avons également observé l'expérience de la Chine, qui a opté pour cette escalade dans la guerre commerciale. Très vite, les droits de douane ont dépassé les 200 % côté américain et côté chinois, ce qui était prohibitif. La Chine a fini par renoncer à l'escalade et a conclu un accord qui était comme le nôtre, asymétrique."
Il réitère son soutien à cet accord : "Les relations d'échange et d'investissement entre l'UE et les États-Unis sont les plus importantes au monde. Nous avons accepté un accord, même asymétrique, qui permet d'assurer plus de clarté et de prévisibilité."
Contre la "prolifération des barrières douanières"La croissance des États-Unis devrait atteindre 3 % en 2026, contre 1,2 % pour les Vingt-Sept. "C'est vrai, l'UE est dépassée par plusieurs autres grandes économies. Certains chocs économiques expliquent cette situation à court terme, comme les conséquences de l'agression de la Russie contre l'Ukraine, ou la nécessité de réduire notre dépendance à l'égard des combustibles fossiles russes", reconnaît le commissaire européen. "C'est pourquoi l'une des premières initiatives de la Commission européenne a été la Boussole pour la compétitivité, qui présente tous les principaux facteurs affectant la compétitivité de l'UE afin de relancer la croissance économique dans l'Union."
Il se réjouit de la signature de nouveaux traités de libre-échange, tel que l’accord signé cette semaine entre l’UE et l’Inde. Il prévoit la réduction des droits de douane à l’exportation pour les deux partenaires. "Nous constatons la prolifération des barrières douanières. Donc, il est important pour l'UE de diversifier ses relations commerciales avec des partenaires fiables à travers le monde entier. Nous constatons que nous avons moins de prévisibilité de la part de l'administration Trump sur la politique commerciale et ses droits de douane. La Chine a toujours été un partenaire difficile. Le marché chinois est bien plus fermé pour les biens et les entreprises venus d'Europe que notre marché l'est vis-à-vis de la Chine", explique Valdis Dombrovskis pour justifier cet accord.
Dans son portefeuille, le commissaire est également en charge de la simplification des démarches administratives pour les entreprises, nécessaire selon lui : "La majorité des entreprises indiquent que le fardeau administratif excessif est l'un des obstacles à leurs activités commerciales et à l'investissement en Europe. (...) Il est donc important que nous nous attaquions à cette charge administrative excessive."
Pour les protecteurs de l'environnement, cette démarche rime avec recul des normes environnementales et sociales imposées aux entreprises, ce que réfute le commissaire : "Nous avons été très clairs sur le fait que la simplification n'est pas synonyme de déréglementation. Nous n'abolissons pas nos normes sociales ou environnementales élevées. Nous ne supprimons pas nos objectifs européens en matière de pacte vert. Nous maintenons tout cela, mais nous nous concentrons sur la manière d'atteindre nos objectifs d'une manière plus simple et plus efficace."
Entrée de la Bulgarie dans la zone euroLe 1ᵉʳ janvier, la Bulgarie est devenue le 21ᵉ membre de la zone euro après avoir rempli les critères de Maastricht. Dans cet État balkanique au bord de la mer Noire, entre la Roumanie, la Grèce et la Turquie, les 6,4 millions d'habitants ont abandonné le lev, la monnaie bulgare.
Si cette intégration est bien perçue par les milieux économiques, elle divise une population dont 22 % vit sous le seuil de pauvreté, entre espoirs et craintes d’inflation.
Nos reporters retrouvent sur le terrain divers acteurs du changement : rencontre avec Mariya Gabriel, ancienne vice-Première ministre et ex-Commissaire européenne bulgare, un chef d’entreprise, le vice-ministre de l’Économie, la cheffe de la représentation de la Commission en Bulgarie, un député souverainiste, une avocate anticorruption et surtout, les habitants de Sofia et du reste du pays.
Selon Valdis Dombrovskis, cela va permettre “de renforcer l'eurozone et le rôle international de l'euro, car cela projette également la confiance. (...) Cela positionne l'euro comme monnaie ouverte avec un pouvoir d'attraction sur de nouveaux membres”, conclut-il.
Émission préparée par Oihana Almandoz, Perrine Desplats et Isabelle Romero
L'attitude de Donald Trump vis-à-vis de l'Union européenne est toujours aussi imprévisible. Si la tension est redescendue au sujet du Groenland, les Européens s'interrogent plus que jamais sur la nécessité de renforcer la défense européenne.
Emmanuel Macron a lancé "un appel au réveil stratégique" du continent et la Première ministre danoise estime qu'il faut une Europe capable de se défendre.
Cependant, lors du sommet européen du 22 janvier, les Vingt-Sept ont montré des positions variées quant à l'idée d'une défense européenne. Jusqu’où devons-nous et pouvons-nous nous émanciper des États-Unis ?
Émission préparée par Oihana Almandoz, Perrine Desplats et Isabelle Romero
Retrouvez l'intégralité du débat du Parlement européen sur "l'Intégrité territoriale, la souveraineté du Groenland et du Royaume de Danemark et la nécessité d'une réponse unie de l'Union européenne face aux tentatives de chantage des États-Unis" ici
Cette semaine, nous interrogeons Andrej Plenkovic, Premier ministre de la Croatie, au lendemain d’un sommet européen extraordinaire. Il explique combien les Vingt-Sept sont sceptiques sur l’avenir de la relation transatlantique, malgré le renoncement de Donald Trump concernant le Groenland et la hausse des droits de douane.
Le jeudi 22 janvier, les Vingt-Sept se sont réunis pour un sommet extraordinaire convoqué par Antonio Costa à la suite des menaces répétées de Donald Trump d’annexer le Groenland et d’augmenter les droits de douane des pays qui ont engagé des soldats sur place. Andrej Plenkovic, Premier ministre croate depuis dix ans, qualifie cette réunion de "constructive" : "Il y a eu des débats francs en ce qui concerne les relations entre l’Union européenne et les États-Unis. Nous avons discuté de trois points importants : tout d’abord, le fait d’assurer une solidarité complète des Vingt-Sept vis-à-vis de la souveraineté et de l'intégrité territoriale du Danemark et du Groenland. Puis, de revenir à une normalité dans les relations transatlantiques, fondement de l’ordre international. Enfin, nous avons discuté de la nécessité de mettre en place des instruments anti-coercition dans le domaine des droits de douane et de comment les appliquer si besoin."
Ce sommet a eu lieu après un adoucissement des positions de l'administration américaine. Un revirement intervenu après une discussion entre le président américain et le secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte. "Donald Trump a fait deux pas en arrière", estime le Premier ministre croate. "J'étais au courant que Mark Rutte était en train de chercher une solution plutôt généralisée des pays de l'Arctique, de l'Union européenne et de l'Otan", explique Andrej Plenkovic qui avait rencontré le secrétaire général de l’Otan la semaine passée.
Selon le Premier ministre, la réaction négative des marchés financiers face à ces tensions a poussé Donald Trump à reculer. "Puis, nous voyons que l'opinion publique américaine ne soutient pas vraiment la position de leur gouvernement vis-à-vis du Groenland. Finalement, cette méthode a déjà été utilisée par le président Trump : essayer de faire monter les enchères et ensuite revenir en arrière et calmer le jeu afin de chercher une solution qui pourrait être satisfaisante pour les intérêts de sécurité des États-Unis."
"Les Européens, coordonnés, doivent calmer le jeu"
Andrej Plenkovic se veut rassurant : "Il y a eu un peu de tension, mais demain ou après-demain, nous aurons d'autres sujets à gérer. L'UE adopte une position assez coordonnée. Nous tenons une ligne selon laquelle la question de l'intégrité territoriale des États membres ne peut pas être remise en question."
Il appelle à "calmer le jeu" : "La ligne de la Croatie est d’essayer de rétablir le dialogue, de nourrir nos rapports car nous devons rester partenaires dans un monde sans cesse en changement. Il faut plutôt cultiver les relations transatlantiques que de mener des actions qui peuvent détériorer la situation."
Il regrette cependant ces désaccords et l’inconsistance de la relation transatlantique : "La montée des tensions politiques entre alliés n'a pas beaucoup de sens. Nous avons énormément d'autres sujets à traiter qui sont des vrais problèmes globaux. Des amis et partenaires comme les États-Unis et les pays de l'UE ne devraient pas avoir ce genre de débat, qui est un peu hallucinant. Au mois de décembre, nous parlions de sanctions contre la Russie et quelques semaines après, nous évoquons l’usage d’instruments anti-coercition contre les Américains. C’est un instrument qui n'a pas été conçu contre les États-Unis, mais contre la Chine."
"Nous étudions les implications de Conseil de la paix"
Donald Trump a inauguré à Davos son nouveau "Conseil de paix", en présence d'une vingtaine de dirigeants de pays ayant rallié cette instance placée sous sa coupe. La Croatie a reçu une invitation à y participer : "Je suis très reconnaissant pour cette invitation, mais comme elle est arrivée environ un jour et demi avant la date de la signature, il était impossible pour nous de signer ce type de document si rapidement en raison de contraintes constitutionnelles juridiques."
Si certains pays, comme la France ou l'Espagne, ont d’ores et déjà décliné l’invitation, Andrej Plenkovic annonce "étudier ce texte". Le président du Conseil européen Antonio Costa a évoqué de "sérieux doutes" concernant ce "Conseil de paix", en particulier sur sa compatibilité avec les Nations unies. Le Premier ministre croate le rejoint sur ce point : "Quelle est la position de ce Conseil vis-à-vis des structures existantes des Nations Unies ? Sommes-nous toujours dans le cadre de ce qui était prévu en accord avec les Nations unies, c’est-à-dire un suivi du plan de paix du président Trump pour Gaza ? Pour le moment, nous voyons une organisation internationale complètement nouvelle qui a pour objectif de promouvoir la paix. Nous continuons d'étudier ce document et ferons le nécessaire."
La Bulgarie et la Hongrie, quant à eux, ont rejoint ce "Conseil de paix", à contre-pied de la position des autres membres de l’UE. Andrej Plenkovic tempère ces deux exceptions : "Ça n'empêche pas les autres pays européens de former une position coordonnée, qui pourrait avoir comme objectif de faire un geste pour faciliter les relations transatlantiques. Cette nouvelle organisation va de toute façon commencer son travail, avec ou sans les Européens. Il faut essayer de préserver le plus possible l’unité européenne et en même temps participer à ce Conseil d’une manière acceptable en termes juridique et politique."
"L’application du Mercosur ne changerait pas grand-chose pour nous"
Le Parlement a saisi cette semaine la Cour de justice de l'UE pour vérifier la légalité du traité de libre-échange du Mercosur, ce qui suspend le processus de ratification pendant un an et demi. La Commission a tout de même le droit, dans l'intervalle, d’appliquer l’accord provisoirement. Si certains pays, comme la France, se réjouissent de la remise en question de l’accord, la Croatie soutient ce traité. Selon Andrej Plenkovic, "il y a beaucoup de mécanismes de protection des différents quotas", qui protègent les agriculteurs européens qui craignent que cela bouscule leur travail avec des produits importés moins chers et pas forcément respectueux des normes de l'UE : "Cette situation ne représente pas une difficulté pour la Croatie. S'il y a une application provisoire, ça ne changerait pas grand-chose pour nous."
"Les garanties pour l’Ukraine de Trump sont une participation constructive"
Volodymyr Zelensky, qui a rencontré Donald Trump à Davos, a assuré être parvenu à un accord sur les garanties de sécurité qui doivent être offertes par les États-Unis à l'Ukraine pour dissuader la Russie d'attaquer à nouveau après une éventuelle fin du conflit. Le Premier ministre croate salue cette avancée : "L'Ukraine est prête pour la négociation d'un accord de paix. [...] L’initiative politique du président Trump est une participation constructive aux côtés des alliés européens afin d’offrir des garanties de sécurité, mais aussi pour la reconstruction de l'Ukraine."
Il appelle cependant à la prudence : "Je dis au président Zelensky d'essayer de trouver un accord sans faire de concession de territoire ukrainien à la Russie. Le contraire serait un précédent qui posera des difficultés dans l'avenir pour beaucoup d'autres situations qui peuvent se passer. [...] Il ne faut jamais accepter le fait qu’une agression soit récompensée par l’acquisition du territoire de quelqu'un d'autre", conclut-il.
Émission préparée par Oihana Almandoz, Perrine Desplats et Isabelle Romero
Les Vingt-Sept se sont accordés sur un durcissement de la politique migratoire en validant la possibilité de renvoyer des migrants irréguliers vers des centres de retour situés hors des frontières de l'Union européenne.
Cette politique de renvoi est critiquée par des ONG, qui dénoncent une atteinte aux droits de l'homme, notamment en Italie, où Giorgia Meloni a déjà testé des centres implantés en Albanie.
Alors que la Commission européenne doit publier en février sa stratégie de gestion de l’asile et de la migration pour les cinq prochaines années, la question de l’immigration reste au centre des débats au sein de l'Union européenne.
Émission préparée par Isabelle Romero, Perrine Desplats et Oihana Almandoz
Retrouvez les informations sur la politique migratoire de l'Union européenne ici
Cette semaine, nous recevons Hadja Lahbib, commissaire européenne à la gestion des crises et à l’égalité. Guerres en Ukraine et à Gaza, manifestations en Iran ou tensions entre les Vingt-Sept et les États-Unis, elle commente les multiples conflits et crises face auxquels l’UE doit réagir.
L’Europe se trouve chamboulée par les manœuvres géopolitiques de Donald Trump qui remettent en cause l’ordre mondial d'après-guerre. Hadja Lahbib, commissaire européenne à la gestion des crises et à l’égalité, définit son rôle comme le fait "d'anticiper les crises, qu'elles soient provoquées par des catastrophes naturelles, par des guerres ou par des attaques cyber".
En guise d’exemple, elle pointe l’aide apportée par l’Union européenne (UE) après l’incendie meurtrier survenu la nuit du Nouvel an à Crans-Montana, en Suisse : "Nous avons immédiatement répondu présent." Bien que la Suisse ne fasse pas partie de l’UE ou du mécanisme de protection civile, les États membres ont décidé d'activer un "mécanisme de solidarité" en envoyant des experts sur place et en accueillant certains des blessés dans des pays de l’UE. "Tout cela, c'est la solidarité européenne en action, en situation de crise."
"Plus nous sommes préparés et plus nous dormirons tranquilles"Le commissaire européen à la défense, Andrius Kubilius, a évoqué l’idée de mettre en place une "force militaire européenne permanente de 100 000 hommes" afin de sécuriser le continent face à la menace russe et à la dégradation des relations avec les États-Unis, allié historique de l’Europe. Hadja Lahbib reste, quant à elle, prudente : "Il est bien que nous constituions cette force militaire, mais rappelez-vous de la pandémie de Covid-19. Si nous ne sommes pas capables d'arrêter un virus, que peuvent faire 100 000 militaires ou le meilleur armement ? [...] Il convient d'avoir une approche globale. Aujourd'hui, les crises sont multiples, elles ont des effets en cascade," explique Hadja Lahbib, également ancienne ministre des Affaires étrangères belge et membre du Mouvement Réformateur.
La Commission européenne souhaite que chaque État membre mette au point un kit de survie accessible aux citoyens, contenant de la nourriture, de l'eau et des copies de documents d'identité importants en cas de crise. "Ces kits de survie sont déjà répandus et acceptés dans des pays comme la Suède, la Finlande ou le Danemark. Dans d'autres pays, comme la France, la Belgique ou l’Espagne, c'est plus difficile. Cela a provoqué certaines questions. On m'a demandé si nous n’avions pas peur de semer la panique. Je dirais plutôt le contraire. Plus nous sommes préparés et plus nous dormirons tranquilles, car nous pourrons faire face, par exemple, à une fermeture pendant quelques heures de toute alimentation énergétique", détaille la commissaire européenne.
"L'objectif est de mettre à genoux la population"L’Ukraine est victime de coupures d'électricité quotidiennes à cause des frappes russes sur ses infrastructures énergétiques. "C'est une stratégie très claire poursuivie par les Russes. Cela enfreint les règles du droit de la guerre. Il y a des règles à respecter. On ne vise pas les infrastructures vitales même en temps de guerre. L'objectif est de mettre à genoux la population."
De nombreux habitants de Kiev se réfugient dans des trains afin d’avoir accès à des générateurs, notamment fournis par l’UE : "Depuis le début de la guerre, nous avons fourni à peu près 9 500 générateurs à l'Ukraine pour lui permettre de survivre. Depuis 2022, nous avons aidé l’Ukraine à hauteur d’environ 1,25 milliard d'euros. Et nous allons continuer", explique la commissaire, également en charge de l’aide humanitaire.
"C'est une crise qui nous concerne tous"Au début du mois, les États-Unis ont attaqué le Venezuela et capturé son président, Nicolas Maduro, l’accusant notamment de narcoterrorisme. Depuis, l’administration américaine travaille avec la présidente par intérim et entend prendre le contrôle des ressources pétrolières du pays. L’UE, qui prône l’intégrité territoriale et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, semble peu audible sur ce dossier.
Hadja Lahbib regrette l’attitude des États-Unis : "Pendant des décennies, ils ont incarné cette force pour la liberté, pour la défense de la démocratie. Évidemment, il y a beaucoup d'amertume aujourd'hui. [...] Ce n'est pas que Maduro avait une légitimité démocratique, certainement pas, mais ici, c’est le droit international et la Charte des Nations Unies qui sont remis en question." Elle en appelle à l’autodétermination des Vénézuéliens : "Ce qui est important aujourd'hui, c'est que les Vénézuéliens aient le dernier mot. [...] Ce sont eux qui m'intéressent. [...] Ce qui m'inquiète, c'est le régime qui sera mis en place et comment finalement le droit à l'autodétermination des peuples sera garanti."
Les Vénézuéliens représentent la deuxième nationalité à déposer le plus grand nombre de demandes d’asile dans l’UE. "Il faut réduire la crise. Nous contribuons à l'aide humanitaire aux Vénézuéliens, aux pays limitrophes qui accueillent beaucoup de réfugiés, mais aussi en Europe. [...] C'est une crise qui nous concerne tous."
"Nous serons auprès des Iraniens dans l'aide humanitaire"En Iran, la répression des manifestations par le régime au pouvoir a déjà causé des milliers de morts et plus de 10 000 arrestations. Si certains États membres ont convoqué les ambassadeurs iraniens pour demander le respect de la liberté d’expression, l’UE est jugée trop timide par certains dans la condamnation de cette répression. "Nous envisageons des sanctions. Nous en avons déjà pris beaucoup, entre autres contre les Corps des Gardiens de la Révolution islamique", se défend la commissaire européenne.
Elle appelle à écouter les Iraniens : "Ce qui nous importe, c'est que le premier et le dernier mot reviennent au peuple iranien. [...] Il y a une fatigue du régime qui étouffe les libertés fondamentales. [...] Il y a un ras-le-bol général même si toutes les régions ne sont pas concernées donc il faut être extrêmement prudent. [...] Nous demandons le droit à l'autodétermination des peuples [...] Nous serons auprès des Iraniens dans l'aide humanitaire."
"L'UE soutient le Danemark"Une autre crise frappe les Vingt-Sept de plein fouet : la volonté de Donald Trump de s'emparer du Groenland, territoire autonome danois, pour des raisons de sécurité nationale. Alors que le Premier ministre groenlandais a affirmé que son peuple ne souhaite pas faire partie des États-Unis, le Danemark, membre de l’UE et de l’Otan renforce sa présence militaire sur l’île.
"L'UE soutient le Danemark. Elle est en empathie et en solidarité avec le peuple groenlandais", réitère la commissaire européenne Hadja Lahbib. Elle appelle à la désescalade : "C'est une situation sans précédent. Il faut être à l'écoute du Groenland et éviter la surenchère."
"Pour l'accès à l'aide humanitaire, les Vingt-Sept sont alignés"L’Europe a apporté une aide financière humanitaire de 1,6 milliards d’euros à Gaza depuis le 7 octobre 2023. Au point de passage de Rafah en Égypte, aux portes de Gaza, l’acheminement de l’aide humanitaire est cependant fortement restreint par Israël : "Elle doit y parvenir sans entrave. C'est une obligation qui incombe à l'État israélien, la puissance occupante. C'est une obligation inscrite dans les conventions de Genève, dont Israël est partie prenante. C'est aussi le message qui a été adressé à plusieurs reprises par l'ensemble des 27 États membres. Si nous ne sommes parfois pas sur la même ligne quand il s'agit de ce conflit au Moyen-Orient, en ce qui concerne l'accès à l'aide humanitaire, nous sommes tous alignés."
Elle appelle Israël à laisser entrer cette aide humanitaire dans l’enclave palestinienne : "Le cessez-le-feu prévoyait le passage d’environ 600 camions par jour, nous en sommes très très loin. Il y a à peu près 250 camions qui entrent par jour à Gaza. C'est largement insuffisant. La crise humanitaire continue à s'aggraver. [...] Israël doit respecter ses obligations", affirme-t-elle.
"Une stratégie qui s'attaque au racisme structurel"Également en charge de l’égalité et de la lutte contre les discriminations, la commissaire présentera prochainement un grand plan contre le racisme au niveau européen. "Nous avons interrogé les citoyens européens. Deux tiers d'entre eux nous disent que, dans leur pays, le racisme est présent de façon très large, que ce soit sur les réseaux sociaux ou dans la vie. 47 % des citoyens européens d'origine africaine occupent des emplois qui ne correspondent pas à leurs qualifications. Ils sont sous-employés", précise-t-elle.
Selon elle, cette "régression des droits que l’on pensait acquis" pour certaines communautés vient notamment "d’outre-Atlantique". "Nous travaillons à mettre en place une stratégie qui s'attaque au racisme structurel."
Émission préparée par Isabelle Romero, Oihana Almandoz et Perrine Desplats
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Rendez-vous à Bruxelles pour un entretien avec une personnalité européenne de premier plan, suivi d'un débat entre eurodéputés. Le samedi à 11 h 10 (heure de Paris), puis 15 h 40.

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