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Le numéro d’été (juillet-août 2025) de la revue Esprit nous propose une plongée dans les ressorts idéologiques des mouvements autoritaires et d’extrême droite. Coordonné par Marc-Olivier Padis et Anne Dujin, la rédactrice en chef de la revue (notre invitée), le dossier intitulé «La convergence des haines» met en lumière une dynamique inquiétante : celle de la coalition des ressentiments. Anne Dujin et Marc-Olivier Padis en parlent au micro de Pierre-Edouard Deldique.
⇒ Revue Esprit : La convergence des haines.
Ce dossier complet se fonde sur les travaux de Daniel Lindenberg (Le Rappel à l’ordre, enquête sur les nouveaux réactionnaires, 2002), les auteurs montrent que les discours réactionnaires ne reposent pas sur une cohérence intellectuelle, mais sur une capacité à agréger des colères disparates. Qu’il s’agisse de rejet de l’autre, de nostalgie identitaire ou de frustration sociale, ces haines convergent dans un projet politique qui séduit par sa simplicité et sa radicalité.
Le dossier analyse le rôle de plusieurs penseurs et écrivains dans cette recomposition idéologique :
Face à cette montée des discours illibéraux, les auteurs appellent à une réaction politique forte. Il ne suffit plus de dénoncer : il faut reconstruire un projet démocratique et émancipateur, capable de répondre aux peurs sans céder à la tentation autoritaire.
La gauche en sera-t-elle capable ?
Ce numéro du magazine Esprit dont la devise est « comprendre le monde qui vient » ne se contente pas d’un constat. Il propose une cartographie des pensées réactionnaires. Il invite à repenser les conditions d’un débat public éclairé.
Dans un contexte où les passions l’emportent souvent sur la raison, cette enquête est une contribution précieuse à la défense de l’esprit critique.
À écouter absolument.
Site de la revue Esprit.
Programmation musicale :
Cinquième Saison - Cinquième Saison.
Dans son dernier livre, l’essayiste, observateur critique et amusé de son époque s’interroge avec pertinence sur le rôle des intellectuels et surtout sur leur lucidité. Il est l’invité de Pierre-Édouard Deldique dans un numéro estival du magazine IDÉES.
Samuel Fitoussi est un essayiste français, diplômé de HEC et de l’Université de Cambridge, qui s’est imposé comme une voix singulière dans le paysage intellectuel contemporain. Chroniqueur au Figaro, il s’est fait remarquer par son ton incisif et son goût pour la controverse argumentée.
Il est, sans nul doute, un des meilleurs observateurs du monde des idées en France aujourd’hui.
Après Woke Fiction (2023), où il dénonçait l’influence de l’idéologie de la diversité dans les œuvres culturelles, il revient en 2025 avec un essai percutant : Pourquoi les intellectuels se trompent (Éditions de l’Observatoire) qui est au cœur de notre conversation cette semaine.
Dans ce livre, Samuel Fitoussi explore les raisons pour lesquelles les intellectuels, malgré leur intelligence, adhèrent parfois à des idées absurdes ou nuisibles. Nourri par les pensées de George Orwell, Raymond Aron ou Jean-François Revel, il s’appuie sur des études en psychologie cognitive pour démontrer que l’intelligence ne protège pas de l’erreur — elle peut même y prédisposer.
Programmation musicale :
Gogo Penguin - Umbra
Pierre-Édouard Deldique reçoit cette semaine la journaliste, romancière, essayiste, Judith Perrignon qui, dans son dernier livre « L'autre Amérique » (Grasset) nous propose une évocation historique fondée sur la figure de Franklin Delano Roosevelt, le 32è président des États-Unis.
Au fil des pages, et dans l’émission, l’auteure explore les années de crise, les années 30, qui ont marqué l’Amérique — de la Grande Dépression à la Seconde Guerre mondiale — et la manière dont Roosevelt a tenté de redresser un pays à genoux grâce au New Deal, sa politique de réformes sociales et économiques.
À des années-lumière des années Trump.
Mais ce livre ne se contente pas de raconter l’histoire officielle. Il met surtout en lumière les tensions profondes qui traversent les États-Unis : la fracture raciale, les inégalités sociales, et les luttes de pouvoir entre les élites économiques et le gouvernement démocratique.
Au micro d’IDÉES, Judith Perrignon tisse des parallèles édifiants entre Roosevelt et l’Amérique contemporaine, celle de Donald Trump, soulignant que les combats d’hier résonnent encore aujourd’hui.
Penser le passé pour mieux appréhender le présent.
Elle évoque aussi les figures qui ont accompagné Roosevelt : Eleanor Roosevelt, femme engagée et visionnaire, et Henry Morgenthau Jr, son bras droit et secrétaire au Trésor, dont l’amitié et les convictions ont influencé les décisions du président. Les échanges épistolaires entre les deux hommes sont au centre du travail de l’auteur.
Ce livre est bien plus qu’une biographie : c’est un miroir tendu à notre époque, une invitation à réfléchir sur les fondements de la démocratie, les dérives du capitalisme et la force de conviction en politique.
Programmation musicale :
- Hezekiah Jenkins - The Panic is on
- Leo Reisman and his orchestra - Happy days are here again
- Woody Guthrie - Pastures of plenty
- Lead Belly - The Roosevelt song.
Dans ce nouveau numéro d’IDÉES, Pierre-Édouard Deldique invite Anne Alombert, maître de conférence en Philosophie contemporaine à l’Université Paris 8, membre du Conseil National du Numérique, afin d’évoquer la mémoire de Bernard Stiegler, un des grands penseurs de la technique.
Dans : Penser avec Bernard Stiegler (PUF), la philosophe - dont les travaux portent sur les rapports entre vie, techniques et esprit dans la philosophie ainsi que sur les enjeux anthropologiques, sociaux et politiques des technologies numériques et de l’intelligence artificielle - propose une plongée dans l’univers intellectuel de ce philosophe majeur à l’immense curiosité.
Ce livre nous aide à comprendre comment la technique transforme notre manière de penser. Pour Stiegler, un intellectuel hors normes, les outils technologiques — que ce soit l’écriture, la télévision ou les smartphones — ne sont jamais neutres. Ils façonnent nos mémoires, nos comportements et même notre attention. Il parle de « pharmakon », un mot grec qui désigne à la fois le poison et le remède.
Mais Bernard Stiegler ne se contente pas de critiquer : il propose une alternative : l’économie contributive. L’idée, c’est de favoriser le partage des savoirs, le temps long, l’engagement citoyen. Redonner du pouvoir à la pensée, pour qu’elle agisse sur le monde.
Ce qui est remarquable dans ce livre, c’est que l’autrice ne nous dit pas simplement «voici ce que Stiegler pense» — elle nous invite à penser avec lui. À prolonger ses idées, à les mettre en pratique face aux défis actuels : l’intelligence artificielle, l’éducation, la transition écologique…
En résumé, Penser avec Bernard Stiegler est un appel à faire de la philosophie une pratique vivante. Une manière de résister à l’abêtissement numérique, de reconstruire des sociétés fondées sur le désir de savoir, le soin de l’autre et l’invention collective.
Programmation musicale :
- Mulatu Astatke - Mascaram Setaba
- Mulatu Astatke & The Heliocentrics - Chinese New Year
- Robert Wyatt - Sea Song.
Sociologue mondialement reconnue, élève de Pierre Bourdieu, auteur d’une œuvre ample, riche en livres et en articles, Nathalie Heinich est l’invitée de Pierre-Édouard Deldique dans ce nouveau numéro d’IDÉES, à l’occasion de la sortie de son nouvel essai : « Penser contre son camp, itinéraire politique d’une intellectuelle de gauche » (Gallimard).
⇒ Nathalie Heinich sur CAIRN info.
Les propos qu’elle tient dans l’émission et cet ouvrage nous livrent quelques repères dans la grande confusion des idées que connaît notre époque.
« Querelle de l’art contemporain, neutralité des sciences sociales, mariage homosexuel, féminisme, islamisme, censure, wokisme, gauche radicale : autant de sujets qui, depuis une vingtaine d’années, ont beaucoup agité le monde intellectuel français et, en particulier, la gauche, de plus en plus éclatée, voire bouleversée, par des retournements rompant avec ses valeurs historiques – protection des plus faibles, universalisme, laïcité, rationalité, liberté d’expression », écrit Nathalie Heinich dans ce livre qui est au cœur de notre conversation.
Il s’agit d’un essai « qui propose un retour réflexif » sur ses prises de position depuis la fin du XXè siècle, « controversées par une partie de la gauche et qui, en cela même, témoignent de mutations allant bien au-delà d’opinions personnelles. Ne pas « penser comme nous » : telle est, parfois, la condition pour rester fidèle aux valeurs fondatrices d’une famille politique », note-t-elle.
Lucide, vive, parfois tranchante, Nathalie Heinich explique avec passion et clarté, à quel point la gauche s’est éloignée des traditions qui étaient les siennes.
« Je m’oppose au wokisme car je suis de gauche », dit-elle.
Courageuse, pourfendeuse des « ragots sociaux », cette combattante des idées nous propose un essai qui vient à point nommé.
Programmation musicale :
- Eric Watson Stitches
- Cinquième saison Tropical Taïga.
Dans une nouvelle édition de « Histoire et dialectique de la violence », un des grands livres de Raymond Aron, paru en 1973 (Calmann-Levy), la philosophe et professeure de philosophie, Perrine Simon-Nahum revient sur l’opposition des deux intellectuels.
Au micro de Pierre-Édouard Deldique, elle explique les divergences entre deux grands esprits du XXè siècle et montre que, finalement, il vaut mieux avoir raison avec Aron que tort avec Sartre...
Nés la même année 1905, condisciples à l’École normale de la rue d’Ulm, Aron et Sartre ont noué leur amitié dans l’étude des grands textes de la philosophie et l’horizon de la montée des régimes autoritaires du XXème siècle.
Pourtant, leurs chemins philosophiques divergent dès la fin des années 1930. Aron pressent le déclenchement de la guerre quand Sartre se projette dans la figure du grand écrivain.
La rupture va être consommée au début des années 1950.
Les deux philosophes s’opposent sur l’interprétation du marxisme et la question du sens de l’histoire. Aron reconnaît le génie de l’écrivain Sartre, mais il ne ménage pas ses critiques à l’égard de sa philosophie. « Histoire et Dialectique de la violence », résultat du grand cours qu’il consacre treize ans après sa parution en 1960 à la Critique de la raison dialectique, le dernier grand ouvrage philosophique de Sartre, marque le point d’orgue de ce « dialogue » philosophique.
Ce livre de Raymond Aron est au cœur de ce nouveau numéro d’IDÉES.
Perrine Simon-Nahum, directrice de recherches au CNRS et professeure attachée au département de Philosophie de l’ENS-Ulm, restitue le cadre de ces débats et éclaire toute leur actualité.
Programmation musicale :
Yeliz Trio : Artvax ; Winter Journey.
Invitée du magazine Idées, Agnès Callamard, spécialiste des droits humains, est secrétaire générale d’Amnesty International depuis 2021. Dans son livre Une enquêtrice à l’ONU, et au micro de Pierre-Édouard Deldique (dans une émission enregistrée avant la guerre entre Israël et l’Iran), elle revient sur les grandes enquêtes qu’elle a menées comme rapporteuse spéciale des Nations unies sur les exécutions extrajudiciaires entre 2016 et 2021.
Premier de ces dossiers, pour nous à RFI, il y a l’assassinat de Ghislaine Dupont et Claude Verlon, à Kidal, dans le nord du Mali. Au cours de l’émission, Agnès Callamard raconte comment elle s’est heurtée aux secrets d’État.
Avec d’autres, elle a aussi mené l’enquête sur l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi dans l’ambassade d’Arabie saoudite à Istanbul.
Volontaire, dynamique, défenseuse de la cause des femmes, cette femme engagée raconte aussi son parcours dans l’émission diffusée à une époque où les droits humains sont menacés. Dans son livre, comme dans l’émission, elle déplore « l’arrivée d'une nouvelle ère, caractérisée par l’annihilation du droit international ainsi que la décomposition des institutions et acteurs multilatéraux ». Triste anniversaire pour l’ONU qui, 80 ans après sa création ne peut que mesurer l’ampleur de son impuissance.
À écouter aussiAgnès Callamard, nouvelle secrétaire générale d'Amnesty International
Représentante française d’Amnesty International, Agnès Callamard écrit : « Je suis l’une des porte-voix de celles et ceux qui ont souffert. Je me bats contre les dictatures, les oppressions, les exactions. »
Agnès Callamard (avec Alexandre Duyck), Une enquêtrice à l’ONU chez Flammarion.
Programmation musicale :
Anouar Brahem
► Idées chaque dimanche à 21h10 heure française et en podcast dès le dimanche matin 7h00 heure française.
Dans le cadre du partenariat du magazine IDÉES avec la revue Esprit, Pierre-Édouard Deldique reçoit Anne-Lorraine Bujon, la directrice de la revue et l’anthropologue Véronique Nahoum-Grappe, membre de son comité de rédaction, de retour d’un voyage à Damas qu’elle raconte dans l’émission.
Le dossier est dirigé par deux spécialistes de la région, Joseph Bahout, professeur à l’Université américaine de Beyrouth et Hamit Bozarslan, directeur d’études à l’École des Hautes études en Sciences sociales, spécialiste des Kurdes (son dernier livre, Histoire des Kurdes. Des origines à nos jours, Cerf, 2025), plusieurs fois invité dans IDÉES.
Dans leur introduction, ils s’interrogent sur les conséquences de la guerre de Benyamin Netanyahu à Gaza et ses interventions dans le sud-Liban contre le Hezbollah. Sur les conséquences aussi du changement de régime à Damas après la chute de Bachar al-Assad. Ils soulignent d’autre part l’importance de l’année 1975 qui vit le début de la guerre civile au Liban. La page est-elle en train de se refermer ?
Au cours de l’émission, Anne-Lorraine Bujon détaille ce dossier et, en tant que spécialiste des États-Unis, revient aussi sur l’éditorial de ce numéro intitulé « Trump first » autrement le mélange des genres chez le président américain, entre affaires publiques et affaires privées.
De retour de Damas, Véronique Nahoum-Grappe, évoque, quant à elle, au micro de l’émission, le voyage qu’elle vient de faire parmi la population de Damas, la capitale syrienne. Elle en fait un compte-rendu humain et plein de couleurs qui nous permet de mieux comprendre l’état d’esprit des Syriens aujourd’hui.
Programmation musicale :
Naïssam Jalal & Rhythms Of Resistance - Lente impatience.
Journaliste et écrivain, Giuliano da Empoli est un des esprits les plus brillants du moment. L’auteur des Ingénieurs du chaos ou du roman Le mage du Kremlin est l’invité de ce numéro d’Idées pour parler des « prédateurs qui sont au pouvoir aujourd’hui sur tous les continents ».
Ancien adjoint au maire en charge de la culture à Florence, conseiller politique du président du Conseil italien Matteo Renzi, il a publié son premier livre en 1996, Un grande futuro dietro di noi à propos des difficultés rencontrées par les jeunes Italiens.
En tant qu'auteur et commentateur politique, il intervient régulièrement dans des émissions télévisées et radiophoniques en Italie et en France.
Il publie aujourd’hui L’heure des prédateurs chez Gallimard.
« Aujourd’hui, l’heure des prédateurs a sonné et partout les choses évoluent d’une telle façon que tout ce qui doit être réglé le sera par le feu et par l’épée. Ce petit livre est le récit de cette conquête, écrit du point de vue d’un scribe aztèque et à sa manière, par images, plutôt que par concepts, dans le but de saisir le souffle d’un monde, au moment où il sombre dans l’abîme, et l’emprise glacée d’un autre, qui prend sa place. », écrit-il dans ce récit.
Au micro de Pierre-Edouard Deldique, Giuliano da Empoli nous fait voyager de New York à Riyad, de l’ONU au Ritz-Carlton de MBS, « là où le pouvoir s’acquiert par des actions irréfléchies et tapageuses, où des autocrates décomplexés sont à l’affût du maximum de chaos, où les seigneurs de la tech semblent déjà habiter un autre monde, où l’IA s’avère incontrôlable ».
L’auteur qui a une parfaite connaissance du milieu politique regarde sans ciller : « L’union de la rage et des algorithmes ». Il préconise de « réinventer une propagande adaptée à l’ère des selfies et des réseaux sociaux » car « le moment que nous vivons est machiavélien ».
Idées, le magazine qui interroge ceux qui pensent le monde.
Programmation musicale : Edouard Ferlet – Herd instinct
Cette semaine, dans un nouveau numéro d’Idées, Pierre-Édouard Deldique s’intéresse au programme fondateur du CNR avec son invitée, Claire Andrieu, historienne, spécialiste de l’après-guerre, coordinatrice du livre intitulé « Conseil national de la résistance » paru dans la collection Folio Histoire (Gallimard). Un livre de référence désormais.
Devenu « mythique » avec les années, le Conseil national de la résistance a été fondé en 1943 alors que la France est placée sous le régime de Vichy. Sous l’autorité du général de Gaulle, les hommes qui le composent rédigent un programme des jours heureux, distribué clandestinement par le journal « Libération ». 200 000 exemplaires sont écoulés, et une fois la paix obtenue, certaines de ses mesures, comme la Sécurité sociale, sont mises en place.
Dans son nouvel ouvrage, Claire Andrieu aborde ce programme dans « l’espace et le temps ». Comment a-t-il impacté la France et ses voisins ? De quoi s’inspire-t-il ? Qu’en reste-t-il aujourd’hui ?
Autant de questions qu’elle aborde avec Pierre-Édouard Deldique durant ce nouvel épisode d’Idées, le magazine qui interroge celles et ceux qui pensent le monde.
Lien utile.
Programmation musicale :
- Ben Selvin and his orchestra - Happy days are here again
- Georges Gosset - Eh Hop On En Sortira.
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La parole à ceux qui pensent le monde. Chaque dimanche, Idées prend le temps d’écouter celles et ceux qui décryptent le monde contemporain. Lors d’un entretien de près d’une heure, mené par…

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