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Dans ce nouveau numéro d’IDÉES, Pierre-Édouard Deldique reçoit Arnaud Teyssier, historien du gaullisme, pour évoquer la Constitution de la Vè République alors que la France traverse une crise politique inédite sans précédent depuis 1958.
Selon lui, la Constitution est solide, capable de faire face à cette crise. «C’est un édifice puissant d’une cohérence profonde et dressé contre la tentation du déclin», écrit-il dans sa monumentale biographie intitulée «Charles de Gaulle, l’angoisse et la grandeur» (Perrin).
Il l’explique dans ce nouveau numéro du «magazine qui interroge ceux qui pensent le monde».
Dans cet épais ouvrage, Arnaud Teyssier explore la vie exceptionnelle de Charles de Gaulle, en mêlant rigueur historique et profondeur philosophique. Loin d’une simple biographie, le livre propose une méditation sur la grandeur politique et les angoisses quasi-existentielles qu’a connues l’homme du 18 juin.
L’auteur, normalien et énarque, revient sur l’enfance de De Gaulle, marquée par une «fierté anxieuse» envers la France, selon les propres mots du général.
Il souligne l’influence qu’ont eue chez lui des penseurs et des écrivains comme Chateaubriand, Barrès, Péguy, Bergson ou Maritain, qui ont nourri la vision romantique et spirituelle de Charles de Gaulle qui apparaît comme un homme tiraillé entre la lucidité politique et une quête de transcendance, entre machiavélisme et idéalisme.
Le livre insiste sur la conception gaullienne de l’État : fort, souverain, garant de l’unité nationale, le général y est présenté comme profondément conscient du déclin de la France et de l’Occident, confrontés à une modernité sans repères, à une spiritualité affaiblie et à la mort des idéologies.
L’auteur montre comment De Gaulle, en bâtissant les institutions de la Vè République, cherchait à conjurer le chaos de juin 1940 et à préparer la France à affronter les défis du futur.
Dans l’émission, Arnaud Teyssier explique ce que Charles de Gaulle a voulu faire en créant le Vè République conçue pour lui survivre.
Programmation musicale :
Keith Jarrett, Sonate III en mi mineur - Vivace (Compositeur : Carl Philipp Emanuel Bach).
Cette semaine, dans le magazine IDÉES, Pierre-Édouard Deldique reçoit Sophie Nordmann. Philosophe et professeure agrégée de philosophie. Elle vient de publier un essai intitulé : « La vocation de philosophe, puissance de la mise en question » (Calmann-Lévy) dans les pages duquel elle explique que, selon elle, cet amour de la sagesse n’a pas pour vocation de produire des savoirs, mais de les bousculer. Elle en parle avec passion et précision dans l’émission.
« Comment ne pas suffoquer quand l’air est irrespirable ? Où reprendre son souffle quand l’atmosphère est saturée ? La pensée, elle aussi, a besoin de respirer pour se maintenir vivante », écrit Sophie Nordmann, alors elle propose une conception audacieuse du rôle de la philosophie dans notre monde contemporain.
Loin d’être une simple discipline académique, la philosophie y est présentée comme une pratique vivante de la mise en question, un geste qui libère la pensée des carcans idéologiques et des dogmatismes du moment.
Professeure à l’École pratique des Hautes Études, à Paris, référence dans sa spécialité, l’auteure qui nous parle au micro avec une grande clarté ne cherche pas à transmettre des doctrines ou des concepts figés. Elle invite plutôt à éprouver la capacité de la philosophie à créer un «appel d’air» dans les discours qui saturent nos sociétés.
Dans un monde plein de certitudes, le philosophe devient un empêcheur de penser en rond, à l’image de Socrate, Descartes, Kant ou Nietzsche, figures centrales du livre et précieux compagnons de vie.
L’ouvrage ne se veut pas une histoire de la philosophie, mais en effet une exploration du geste philosophique de quatre penseurs :
- Socrate : la maïeutique, ou l’art d’accoucher les esprits
- Descartes : le doute méthodique comme outil de discernement
- Kant : la critique comme fondement de la liberté
- Nietzsche : la pensée comme transgression et création
Spécialiste de la philosophie juive contemporaine, Sophie Nordmann insiste sur le courage qu’exige la pensée philosophique : celui de se déprendre de soi, de ses certitudes, pour ouvrir un espace critique et respirable.
Elle distingue clairement la philosophie de la science : là où la science cherche des réponses dans un champ donné, la philosophie n’a pas de champ, elle est quête de mise en question. Non pas pour nous déséquilibrer, mais pour voir la vie autrement.
Programmation musicale :
Naïssam Jalal, Robinson Khoury - Souffle #8.
Cette semaine, IDÉES reçoit Anne-Lorraine Bujon, la directrice de la revue «Esprit», partenaire de l’émission. Dans son numéro de septembre, cette revue de haut vol dont la devise est «comprendre un monde qui vient» consacre un dossier au socialisme aujourd’hui, au cœur de la conversation avec Pierre-Édouard Deldique.
«Barbarie ou socialisme», tel est le titre de ce numéro. Emprunté à Rosa Luxemburg, il résonne comme un cri d’alarme face aux dérives contemporaines.
L’expression «socialisme ou barbarie», forgée au début du XXè siècle, est ici inversée pour souligner une inquiétude : ne reste-t-il aujourd’hui que la barbarie ?
Dans leur introduction, les coordinateurs du dossier, Jonathan Chalier et Michaël Fœssel, font preuve d’une grande lucidité : «quelle que soit la manière dont on l’aborde (scientifique, utopique, démocratique ou morale), le socialisme ne s’impose plus comme une solution évident», écrivent-ils.
Pourtant, il existe selon eux une voix d’avenir avec les «projets écosocialistes» qui «associent une prise de conscience des impasses du productivisme et la nécessité d’y répondre par une transformation démocratique des rapports économiques et sociaux».
Il s’agirait de renouer avec une vision du socialisme qui articule, émancipation politique, transformation des rapports sociaux, refus de la logique prédatrice du capitalisme, réhabilitation du droit et de la solidarité.
Ce numéro s’inscrit dans la tradition critique de «Esprit », cette revue fondée en 1932, mêlant philosophie, sociologie et engagement.
Michaël Fœssel, Axel Honneth et Bruno Karsenti y proposent des analyses profondes sur les pathologies de la liberté, la reconnaissance et les impasses de la modernité politique.
À lire aussi l’éditorial du numéro qui est plaidoyer en faveur de l’Europe. Son titre ? «Cap sur l’Europe».
Il est question de tout cela dans ce nouveau numéro d’IDÉES en compagnie d’Anne-Lorraine Bujon.
Programmation musicale :
- Thiefs - Make a fist
- Ablaye Cissoko, Cyrille Brotto - Nina.
Dans son dernier livre en date, «De la bêtise artificielle» (Allia) notre invitée, Anne Alombert, s’inquiète. Selon elle, «la notion d’«intelligence artificielle» recouvre une nouvelle révolution industrielle, qui implique le risque de l’automatisation et de la prolétarisation de la pensée». Elle est l’invitée de ce numéro du magazine IDÉES.
Spécialiste de la pensée de Bernard Stiegler qu’elle est venue expliquer dans l’émission, professeure de Philosophie, spécialiste des nouvelles technologies et de leur impact anthropologique, Anne Alombert analyse à sa façon, claire et précise, notre servitude volontaire face à l’IA.
Selon elle, ce qui caractérisait notre époque, ce serait la naissance d’une forme de bêtise artificielle née de la prolétarisation de nos capacités expressives (écrire, parler, créer) par les machines. Le risque est l’appauvrissement de nos capacités intellectuelles.
En nous laissant croire à l’existence de «machines pensantes», le terme d’intelligence artificielle nous empêche de penser véritablement. Il dissimule l’idéologie des grandes entreprises qui se sont approprié ces technologies, leurs infrastructures et leurs modèles économiques.
L’usage massif des IA génératives entraîne une disruption des relations humaines et une délégation de l’expression à des systèmes algorithmiques. Cela conduit à une uniformisation et une perte de singularité dans nos échanges.
Plutôt que d’opposer machines et humains, la jeune chercheuse propose d’interroger leur évolution afin de comprendre les effets des automates sur nos esprits, nos cultures et nos sociétés.
Malgré ce constat critique, Anne Alombert ne fait pas montre de pessimisme. Elle affirme qu’il est possible de réorienter ces technologies pour les mettre au service de l’intelligence collective et de la démocratisation de l’espace médiatique, à condition de les concevoir comme des outils de contribution, et non d’imitation ou d’automatisation.
Cet essai est à la fois lucide et stimulant. Il invite à repenser notre rapport aux technologies et à préserver notre capacité à penser, créer et dialoguer en tant qu’êtres singuliers sous peine de devenir les esclaves consentants de la machine.
Ses explications au micro de Pierre-Édouard Deldique sont une forme d’avertissement. À nous de l’écouter.
Programmation musicale
Angel Brothers - Lost In The Loop.
Dans son dernier essai en date, « L’ère des impostures », Astrid von Busekist, professeure de Théorie politique à Sciences Po, propose une nouvelle fois une analyse précise de notre société occidentale en s’intéressant aux dérives contemporaines liées aux identités. À l’heure où chacun revendique le droit de se définir librement, l’auteure interroge les limites de cette liberté : peut-on vraiment choisir son origine, sa race, sa mémoire ?
Et que se passe-t-il lorsque cette revendication devient mensonge ? Ce sont les questions qu’elle traite au fil des pages de ce livre publié aux éditions Albin Michel. Elle est l’invitée d’IDÉES cette semaine.
À travers des exemples littéraires, historiques et médiatiques, Astrid von Busekist que nous retrouvons avec plaisir dans l’émission explore avec sa clarté et sa précision habituelles, le phénomène de l’imposture identitaire — ces cas où des individus s’approprient une histoire ou une appartenance qui ne leur revient pas.
De Coleman Silk, personnage de Philip Roth dans son roman « La tâche », aux faux rescapés de la Shoah, en passant par les controverses autour de figures se disant autochtones ou racisées, l’essai met en lumière une tension fondamentale : entre le désir d’émancipation individuelle et les exigences de vérité et de justice.
Mais « L’ère des impostures » ne se contente pas de dénoncer. Le livre invite à réfléchir sur la manière dont nos sociétés construisent et verrouillent les identités, parfois au détriment de la complexité humaine. La philosophe critique une vision « carcérale » de l’appartenance, où l’origine devient une frontière infranchissable, et où toute tentative de déplacement est perçue comme une trahison.
Astrid von Busekist interroge les fondements de notre rapport à nous-mêmes et aux autres. Son essai, à la fois philosophique et politique, s’adresse à tous ceux qui veulent comprendre les enjeux profonds de notre époque : entre quête de soi, mémoire collective et vérité partagée.
Elle en parle avec pertinence, clarté, et énergie au micro de Pierre-Édouard Deldique dans ce nouveau numéro d’IDÉES, le magazine qui interroge celles et ceux qui pensent le monde.
Programmation musicale
- Jowee Omicil - Cry 4 Help
- Arnaud Dolmen, Jowee Omicil et Michel Alibo - Silent Echoes.
Entre la fuite en avant et le principe de précaution, notre invitée, érudite, Catherine Van Offelen propose une voie médiane, subtile et audacieuse : celle de la phronesis, cette prudence antique qui n’a rien de timorée.
Dans son essai Risquer la prudence, elle exhume une vertu oubliée, à la fois pratique et courageuse, capable de guider l’action humaine dans l’incertitude.
Catherine Van Offelen en parle avec une précision rare dans ce nouveau numéro d’Idées au micro de Pierre-Édouard Deldique.
Contrairement à l’idée moderne de prudence – souvent associée à l’immobilisme ou à la peur du risque – cette jeune intellectuelle nous rappelle que la phronesis aristotélicienne est une forme de sagesse active. Elle ne consiste pas à éviter le danger, mais à l’évaluer avec justesse, à décider malgré l’ambiguïté, et à agir avec discernement. C’est une prudence qui ose, qui tranche.
L’auteure critique le règne du principe de précaution, devenu selon elle un dogme paralysant. Elle plaide pour une réhabilitation de la décision humaine, fondée sur l’expérience, le jugement et une forme de courage intellectuel.
Catherine Van Offelen, aux multiples références, puise dans les textes d’Aristote, mais aussi dans les traditions stoïcienne et chrétienne, pour montrer que la prudence n’est pas une faiblesse, mais une force. Elle est la vertu du capitaine dans la tempête, du médecin face à l’incertitude, du citoyen dans un monde complexe.
Dans un style limpide et rigoureux, elle tisse des liens entre philosophie antique et enjeux contemporains : écologie, politique, éthique médicale, intelligence artificielle.
Partout, la phronesis apparaît comme une boussole précieuse.
Risquer la prudence est plus qu’un essai philosophique : c’est une invitation à penser autrement notre rapport au risque, à l’action et à la responsabilité. En réhabilitant cette vertu oubliée, Catherine Van Offelen nous offre une clé pour naviguer dans l’incertitude sans renoncer à agir.
Son enthousiasme est roboratif. Il nous invite à être prudent, mais pas trop…
► Catherine Van Offelen, Risquer la prudence – Une pratique de la sagesse antique (Gallimard)
Programmation musicale :
- Brad Mehldau - Dear Prudence
- Yves Jamait - Ah ! la Prudence
- Louis Sclavis - Aboard Ulysses's boat.
Dans J’ai choisi la vie, Monique Lévi-Strauss, livre un récit intime et profond à travers une série d’entretiens menés par l’Académicien Marc Lambron. Ce livre est bien plus qu’une autobiographie : c’est une traversée du siècle, une plongée dans les souvenirs d’une femme qui a vécu les bouleversements majeurs du XXè siècle avec dignité, lucidité et une élégance rare. Pour IDÉES, Pierre-Edouard Deldique est parti à sa rencontre.
Née en 1926, fille d’une mère juive et d’un père belge, Monique Lévi-Strauss a connu l’horreur du nazisme en Allemagne, où sa famille s’est installée en 1939. Elle y a vécu dans la peur constante d’être dénoncée, une expérience traumatisante qu’elle partage avec une sincérité bouleversante. Après la guerre, elle part aux États-Unis avant de revenir en France, où elle rencontre Claude Lévi-Strauss, qu’elle épousera en 1954.
Monique n’est pas seulement la compagne du célèbre anthropologue. Elle est aussi une chercheuse reconnue, passionnée par les textiles anciens, notamment les châles, auxquels elle a consacré une partie de sa carrière. Elle a accompagné son mari dans ses expéditions, relu ses manuscrits, et participé activement à ses réflexions, tout en conservant son indépendance intellectuelle.
Le livre est construit comme une conversation à bâtons rompus entre deux esprits brillants. On y découvre les goûts de Monique pour l’art, la littérature, la nature, mais aussi ses réflexions sur les grands événements du siècle. Elle évoque avec tendresse et humour sa vie, son admiration pour les écrits de son mari, dont elle fut la première lectrice exigeante.
À ne pas manquer.
Programmation musicale :
- Jean-François Zygel, Antoine Hervé : Paris ; Sceaux.
Dans IDÉES ce dimanche, Pierre-Edouard Deldique vous propose en quelque sorte une traversée du désert avec son invitée, Marie Gautheron, spécialiste d’histoire de l’art. Dans son livre Désert, déserts, du Moyen-Âge au XXIè siècle (Gallimard), elle propose d’analyser le regard occidental sur le désert avec force images.
Marie Gautheron s’interroge dans son livre :
« Pourquoi et depuis quand les vastes pays arides fascinent-ils l’Occident ? Ce livre raconte l’histoire sensible, esthétique et politique de nos images de déserts, entre créations et stéréotypes, fantasmes et savoirs positifs. Car l’image du désert n’a pas toujours été celle de ces sables à laquelle nous l’identifions souvent aujourd’hui. Née dans l’Orient judéo-chrétien, c’est d’abord celle, paradoxale, d’une expérience intérieure, et de tout espace abandonné de Dieu et des hommes.
L’Occident médiéval la réinvente dans des clôtures ou des lieux d’ascèse et d’isolement, île ou forêt. Au fil des siècles, les déserts affreux de la verte Europe se muent en beaux déserts, tandis qu’un flux croissant d’Occidentaux parcourt les déserts d’Orient. Le vaste pays aride est alors promu paysage – sublime parfois, essentialisé souvent. Dans l’imaginaire hexagonal, la « pacification » du Sahara fait de l’empire du vide un champ de bataille, et une terre où rêver d’altérité. Espaces immersifs d’expériences extrêmes, les déserts sont l’objet d’enjeux géopolitiques majeurs au XXᵉ siècle, et le lieu de mutations radicales. Mondialisées, nos images de déserts s’ouvrent à de nouveaux lieux de mémoire. Figure de déréliction et d’exaltation, icône postmoderne de nos non-lieux, souvent déceptive et plus que jamais paradoxale, l’image du désert prête aux utopies, aux dystopies, et résonne encore d’antiques rémanences. »
Elle en parle avec passion dans ce nouveau numéro d’IDÉES le magazine qui interroge ceux qui pensent le monde.
Programmation musicale :
Journaliste et écrivain, Giuliano da Empoli est un des esprits les plus brillants du moment. L’auteur des Ingénieurs du chaos ou du roman Le mage du Kremlin est l’invité de ce numéro d’Idées pour parler des « prédateurs qui sont au pouvoir aujourd’hui sur tous les continents ». (Rediffusion)
Ancien adjoint au maire en charge de la culture à Florence, conseiller politique du président du Conseil italien Matteo Renzi, il a publié son premier livre en 1996, Un grande futuro dietro di noi à propos des difficultés rencontrées par les jeunes Italiens.
En tant qu'auteur et commentateur politique, il intervient régulièrement dans des émissions télévisées et radiophoniques en Italie et en France.
Il publie aujourd’hui L’heure des prédateurs chez Gallimard.
« Aujourd’hui, l’heure des prédateurs a sonné et partout les choses évoluent d’une telle façon que tout ce qui doit être réglé le sera par le feu et par l’épée. Ce petit livre est le récit de cette conquête, écrit du point de vue d’un scribe aztèque et à sa manière, par images, plutôt que par concepts, dans le but de saisir le souffle d’un monde, au moment où il sombre dans l’abîme, et l’emprise glacée d’un autre, qui prend sa place. », écrit-il dans ce récit.
Au micro de Pierre-Edouard Deldique, Giuliano da Empoli nous fait voyager de New York à Riyad, de l’ONU au Ritz-Carlton de MBS, « là où le pouvoir s’acquiert par des actions irréfléchies et tapageuses, où des autocrates décomplexés sont à l’affût du maximum de chaos, où les seigneurs de la tech semblent déjà habiter un autre monde, où l’IA s’avère incontrôlable ».
L’auteur qui a une parfaite connaissance du milieu politique regarde sans ciller : « L’union de la rage et des algorithmes ». Il préconise de « réinventer une propagande adaptée à l’ère des selfies et des réseaux sociaux » car « le moment que nous vivons est machiavélien ».
Idées, le magazine qui interroge ceux qui pensent le monde.
Programmation musicale : Edouard Ferlet – Herd instinct
Invité par Pierre-Edouard Deldique dans un nouveau numéro du magazine qui interroge ceux qui pensent le monde, Marc Crépon est inquiet. Philosophe, directeur de recherche au CNRS, professeur à l’École normale supérieure de Paris, ancien directeur du département de Philosophie de l’ENS, auteur notamment de La Vocation de l’écriture. La littérature et la philosophie à l’épreuve de la violence (2014), L’Épreuve de la haine (2016), Inhumaines conditions. Combattre l’intolérable (2018), Le Désir de résister (2022), Sept leçons sur la violence (2024), il nous propose cette fois « Le spectre du nationalisme » (Odile Jacob).
« Qu’est-ce qui a manqué au rêve européen et à la construction de l’Europe pour que ressortent des oubliettes de l’histoire les idéologies nationalistes qui font aujourd’hui un retour en force sur toutes les scènes politiques européennes, avec leur cortège de discours discriminants et d’incitations à la haine et à la violence ? » s’interroge Marc Crépon.
Dans ce livre, le philosophe reconnu tente de répondre en convoquant de grands intellectuels : Romain Rolland au lendemain de la Première Guerre mondiale, Julien Benda et Léon Blum, entre les deux guerres, Klaus Mann révélant dès 1933 l’emprise nazie sur la culture et l’éducation, Alberto Savinio dénonçant le discrédit de l’intelligence dans le fascisme italien, etc.
« Nous voici mis en garde contre le fond commun de toutes les formes du nationalisme, dont le spectre s’invite dans nos existences partagées, toutes nations confondues : son racisme constitutif, ses nostalgies impériales et coloniales, ses hantises démographiques.
Les valeurs qui ont fait l’Europe sont-elles encore porteuses d’une espérance suffisante pour contrer le retour d’une idéologie liée aux pages les plus sombres de son histoire ? » écrit-il.
À lire et à écouter en ces temps troublés.
Programmation musicale :
Roxane Elfasci, Baptiste Erard, Théo Lampérier - Étude No9 (Arr. for 2 Guitars and Drums by Roxane Elfasci, Baptiste Erard, and Théo Lampérier). Compositeur : Philip Glass.
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La parole à ceux qui pensent le monde. Chaque dimanche, Idées prend le temps d’écouter celles et ceux qui décryptent le monde contemporain. Lors d’un entretien de près d’une heure, mené par…

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