Après deux ans de guerre, Gaza n’est plus qu’un champ de ruines. Son économie s’est effondrée de plus de 80 %, la majorité de la population est au chômage et dépend de l’aide humanitaire. En Israël, la facture budgétaire de la guerre dépasse les 50 milliards de dollars, mais la résilience du pays reste étonnante. Entre ruines et rebond, le contraste est saisissant.
Deux ans de guerre, et Gaza est dévastée. Les images aériennes parlent d’elles-mêmes : neuf bâtiments sur dix sont touchés, dont trois sur cinq entièrement rasés. 80 % des infrastructures sont détruites, la moitié des hôpitaux ne fonctionnent plus, les écoles sont en ruines et les routes impraticables. Presque plus aucune terre n’est aujourd’hui cultivable : près de 98 % des champs sont endommagés ou inaccessibles.
L’économie, elle, est à terre. Huit habitants sur dix sont au chômage. Le PIB s’est effondré de plus de 80 % l’an dernier, poursuivant sa chute début 2025. La Banque mondiale parle de "l’un des pires désastres économiques jamais enregistrés" dans la région.
La quasi-totalité des habitants dépend de l’aide humanitaire, qui arrive de manière irrégulière. Les prix ont flambé, puis chuté avec la trêve : un sac de riz valait parfois plusieurs dizaines de dollars. Et comme les banques sont détruites, les Gazaouis utilisent désormais des portefeuilles électroniques : plus de 530 000 comptes mobiles recensés.
La reconstruction, elle, s’annonce titanesque : plus de 50 milliards de dollars selon la Banque mondiale, dont 20 milliards à mobiliser dans les trois prochaines années. C’est trois fois le PIB annuel combiné de Gaza et de la Cisjordanie. Même avec une paix durable, le PIB par habitant ne retrouverait son niveau d’avant-guerre avant 2038.
En Israël aussi, la guerre a bouleversé l’économie. Traumatisée par le 7-Octobre, la société reste marquée : chaque famille a eu un proche mobilisé, un autre décédé ou otage. Sur le plan budgétaire, plus de 50 milliards de dollars ont été dépensés pour l’effort de guerre. Le déficit public a bondi à près de 7 % du PIB l’an dernier, et devrait rester au-dessus de 5 % en 2025. La dette dépasse désormais 70 % du PIB, un niveau inédit pour le pays.
S’ajoute un isolement international : Israël a été la cible de nombreux boycotts, jusqu’au monde de la culture où concerts et films ont été déprogrammés. Et pourtant, l’économie tient debout.
Le high-tech résiste, le gaz naturel continue d’être exporté et la consommation redémarre. La croissance est attendue à + 2,5 % cette année, et pourrait grimper à + 4,7 % en 2026, selon la Banque d’Israël. Un rebond qui, s’il se confirme, marquerait peut-être le début d’un véritable “dividende de la paix".