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Il nous emmène en voyage entre la Terre et l'espace. Le oudiste franco-palestinien Osam dévoile son nouvel EP intitulé Mars. À la fois au oud électrique, aux machines électroniques mais aussi pour la première fois au chant, Osam déploie une musique cosmique et futuriste inspirée par Björk et Radiohead. Une fusion de rock, de musiques électroniques et de métal menée par un oud qui défie à la fois l'Orient et l'Occident.
RFI : Vous êtes issu d'une famille palestinienne. Vous portez forcément en vous cet héritage familial, fait d'exil et de résilience. En quoi cette histoire influence-t-elle votre musique ?
Osam : J'ai grandi comme cela, avec cette culture, avec cet instrument traditionnel que je joue, qui m'a été un peu "imposé". Je n'avais pas beaucoup de choix parce qu'on n'apprend pas la musique à l'école là où j'ai grandi. J'ai grandi au Qatar avec ma famille palestinienne d'exil, donc j'étais toujours à la recherche d'une clé pour m'ouvrir une porte, pour m'échapper, aller un peu ailleurs, chercher autre chose. Et c'était le oud, parce qu'il n'y avait pas beaucoup de choix. Aujourd'hui, le mélange entre ma vie à Paris et mes origines se fait naturellement dans ma musique. Je pense que cela s'entend dans la modernité, la manière dont je joue mon instrument traditionnel oriental, comment j'essaie de le twister, l'emmener vers autre chose, un peu plus électrique, plus moderne, chercher un peu plus loin et un peu plus poussé. Le faire accompagner par d'autres sonorités un peu plus électroniques, parfois rock, métal, etc.
Vous dites que vous n'avez pas vraiment choisi le oud. Comment êtes-vous tombé sur cet instrument ?
C'est l'instrument que l'on voit tout le temps. J'ai grandi au Qatar, on ne voit que cet instrument. Quand on fait de la musique, on a l'impression qu'il n'y a que cet instrument à faire. Je suis tombé sur cet instrument dans des petites rues, notamment en Jordanie, en vacances avec ma famille, en centre-ville, il y a toujours ces petits oud-jouets. J'ai commencé à m'entraîner dessus comme un jouet et cela a grandi petit à petit.
Vous chantez parfois d'une voix assez grave et sombre, mystérieuse. Et parfois vous montez dans quelque chose de beaucoup plus clair, mélodique, touchant. Qui vous inspire vocalement ? Vers quoi tendez-vous ?
C'est drôle car je pense à beaucoup d'inspirations. J'écoute beaucoup Björk. Pour les tonalités graves et aigues, je m'inspire pas mal de Woodkid. Il a cette capacité de changer entre graves et aigus en peu de temps. Je ne prétends pas être chanteur, mais je voulais relever ce défi d'essayer d'accompagner mon instrument. Parfois, je sentais qu'il fallait de la voix, parfois je voulais rajouter du texte, etc. Petit à petit, cela s'est fait naturellement. Je ne m'attendais pas à chanter dans mon album et c'est une nouveauté pour moi, mais j'en suis assez content.
Cet EP est un voyage initiatique entre la Terre et l'espace. Comment cette idée vous a-t-elle été inspirée ?
Je n'avais pas du tout cette image en tête et petit à petit, j'ai commencé à voir cet EP un peu comme une œuvre, comme un film qui se construit au fur et à mesure, comme un court-métrage. Cela vient de ma culture cinématographique. L'EP va se compléter par la suite du projet, qui va raconter la continuité de l'histoire, de ce voyage.
Sur le morceau « Space Rider », vous êtes en featuring avec le saxophoniste français Rémi Fox. Pourquoi lui ? Qu'est-ce qui vous a plu dans son univers, que vous avez trouvé compatible avec le vôtre ?
Déjà humainement on s'entend super bien, et musicalement c'est quelqu'un de très ouvert à plein d'univers musicaux. Techniquement, il est incroyable. Ce que j'essaye de faire avec le oud, il le fait avec le saxophone, avec ses pédales, la modernité, la recherche de son son. Il est venu chez moi enregistrer, en cinq minutes on a enregistré un solo. C'était le plus beau solo de ma vie. Incroyable, j'ai trop kiffé.
Osam Mars (Mad Rabbit) 2026
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Miryam Haddad, jeune artiste syrienne née à Damas et qui vit en France aujourd'hui, expose ses peintures à la galerie Art Concept dans le Marais à Paris. Des œuvres colorées, vivantes mais aussi intensément chargées, autant que l'histoire de son pays et de sa région, le Moyen-Orient.
Ces paysages où la terre, l'eau et le ciel se fondent dans des volutes laissent apparaître des signes, des figures géométriques, des visages, créant une œuvre envoûtante.
Miryam Haddad a signé il y a quelques années l'affiche du prestigieux festival de théâtre d'Avignon. Ses peintures figurent dans plusieurs collections, dont celle de l'Institut du monde arabe à Paris.
Une exposition à retrouver jusqu'au 18 avril 2026 à la galerie Art Concept à Paris.
À écouter dans De vive(s) voix«Et la terre se transmet comme la langue», variations autour de Mahmoud Darwich
Après deux années à sillonner les routes de France seule avec sa guitare, la chanteuse Dinaa dévoile son tout premier album, Maison vide. Elle qui transforme sa vie en chansons se confie sur une rupture amoureuse difficile qui a tout chamboulé. Elle y livre ses morceaux comme des confidences, entre le besoin de fuir et l'envie de tromper l'absence dans la fête pour anesthésier la douleur. Le champ de bataille qu'est sa Maison vide se révélera finalement être aussi son dernier refuge…
RFI : Vous avez commencé en chantant dans la rue avec votre guitare. Qu'est ce qui a changé aujourd'hui depuis cette période dans votre manière de créer et de vous raconter ?
Dinaa : Déjà moi quand j'ai commencé à chanter dans la rue, je ne chantais pas mes propres chansons. Je chantais beaucoup de reprises, etc. Donc déjà, il y a eu une grosse évolution sur la manière où j'arrive à me livrer aussi aux gens. Aujourd'hui, c'est plutôt fou de me dire que je joue maintenant en concert et que j'arrive à chanter mes chansons devant plusieurs personnes, alors que de base, les gens s'arrêtaient pas dans la rue pour me regarder ou quand il y avait deux personnes, j'étais super contente. Ça m'a beaucoup aidé. Je pense que sans cette étape là, je n'aurais pas réussi à me dévoiler et à partager mes propres sons. Comme je disais, le truc d'avoir des gens qui passent mais qui s'arrêtent pas vraiment, ça me permettait de réussir à chanter en public sans me sentir observée, d'avoir ce truc d'une foule qui te regarde droit dans les yeux. Et je pense que ça a été une étape hyper importante pour arriver à faire ce que je fais aujourd'hui.
Votre voix sur maison vide passe de quelque chose de très intime, parfois à des moments beaucoup plus puissants. Qu'est ce que vous avez exploré de nouveau vocalement sur cet album ?
Vocalement, je suis très contente parce que j'ai réussi à vraiment sortir ma voix. C'était un truc qui me frustrait un petit peu sur les autres projets. On me disait tout le temps en concert « Je n'avais pas compris que tu chantais aussi bien ! » Et en fait, je me rends compte que sur toutes mes chansons, je faisais des petites voix toutes mignonnes et j'avais besoin un peu de pouvoir montrer ce côté plus soul, ce côté plus poussé, plus porté sur des morceaux comme « Désolé pour le bruit » par exemple, où là je m'amuse vraiment vocalement.
Je suis très contente d'avoir réussi à un peu mélanger toutes ces tessiture vocale. Moi je suis quelqu'un qui aime bien chanter de plein de manières différentes. C'est pas facile parce qu'il faut quand même garder un fil conducteur. Mais je suis contente de ce que j'ai réussi à faire à ce niveau là sur le projet.
Dans plusieurs titres, vous évoquez la tristesse et la solitude, mais sur des prods quand même assez entrainantes, joyeuses presque. Pourquoi un tel contraste ?
Moi je suis quelqu'un de très solaire dans la vie et c'est quelque chose que j'avais envie de transmettre dans ma musique. J'ai pas envie que quelqu'un écoute le projet à la fin et qu'il soit juste dépité. Et je pense qu'il y a une manière un peu cool, comme Amy Winehouse par exemple - moi je suis très fan - ces musiques hyper entraînantes, ça donne le sourire, ça donne envie de faire la fête, ça s'écoute à n'importe quel moment. Et pour autant, elle aborde des thématiques graves. Et je pense que c'est important pour réussir à faire passer aussi toutes ces émotions qui sont très lourdes, de les amener avec un peu de légèreté parce que sinon ça devient très difficile quoi.
Dans « Nuits acides », vous abordez la question des drogues et de la fête comme échappatoire. Pourquoi c'était important pour vous d'en parler aussi frontalement ?
Moi déjà, j'ai eu un entourage très jeune où j'ai été confrontée à ce monde-là de la drogue, la fête, le monde de la nuit. C'est vrai que c'est quelque chose qui m'a beaucoup marqué. J'avais besoin de parler de tout ça et je pense que c'est des thématiques où je trouve qu'il y a une manière de le dire. Dans le morceau, je le dis : « La première prise était déjà de trop / Mais tout le monde s'en fiche / Ouais c'est rigolo / Askip détruire c'est la mode / Il y a la queue chez le dealer ». C'est une manière très simple de le dire. Mais c'est tellement réel.
J'ai 21 ans, j'ai des potes avec qui on discute, on parle de ça, ils sont là : « Non, mais c'est tranquille. J'ai 20 ans, je fais ma vie, je fais mes expériences et c'est ok. » Mais il faut faire hyper gaffe. Et je trouve qu'il y a des gens qui se détruisent tellement facilement sans se rendre compte du poids et de l'impact que ça peut réellement avoir sur eux. Et moi j'ai vu des gens se détruire avec ça et c'est vrai que je trouvais que c'était important d'en parler.
À écouter dans Bonnes pulsations du mondeLes femmes sont à l'honneur (Dinaa, Alsarah, Celia Wa, Queen Rima...) et NTM dégaine en live
L'histoire oubliée du football féminin, retracée en bande dessinée : dans Le Match du Siècle, la scénariste Julie Billault et le dessinateur Seb Piquet remontent dans le temps, jusqu'à la Première Guerre mondiale. Une époque où les femmes ont remplacé leurs maris partis au front à l'usine – et aussi sur les terrains de football. La pratique suscite l'engouement du public. Pourtant, à la fin de la guerre, elle est interdite, et ce jusque dans les années 1970. Une histoire méconnue et pourtant symptomatique des avancées des droits des femmes au siècle dernier.
RFI : Julie Billault, vous co-signez avec le dessinateur Sébastien Piquet la BD Le Match du siècle. De quoi parle cet ouvrage ?
Julie Billault : L'idée, c'est de raconter comment le football s'est imposé en Angleterre pour les femmes pendant la Première Guerre mondiale, puisqu'elles ont pris la place des hommes dans les usines, et comment cet engouement pour ce sport s'est fait de plus en plus fort. Jusqu'au retour des hommes où, peu de temps après, la Fédération anglaise édicte un ban, c'est-à-dire une interdiction peu ou prou pour les femmes de pratiquer le football. Et cette interdiction va durer 50 ans.
Le match du siècle, qui donne son nom à la BD, c'est cette rencontre du 23 mars 1920 entre l'équipe féminine de Liverpool et leurs adversaires écossais. En tout cas, c'est comme ça que c'est raconté dans la BD. Mais en réalité, après ce match, les footballeuses continuent de jouer, et la BD court jusque dans les années 1970. Pourquoi avoir choisi cette date du 23 mars 1920 ?
C'est ce jour-là que l'on va enregistrer la plus grosse affluence pour un match de football joué par des femmes pendant 100 ans. Il se déroule à Goodison Park, un stade où joue aujourd'hui l'équipe d'Everton. Le match se déroule à guichets fermés, avec plus de 50 000 spectateurs à l'intérieur et 15 000 à l'extérieur. Pour moi, c'était vraiment essentiel pour montrer l'engouement, presque six mois avant que ça soit totalement interdit. Ce n'est pas une interdiction qui est prononcée parce que l'intérêt décline ; c'est une interdiction qui est prononcée parce qu'il y a trop de concurrence.
Justement, d'où vient cette interdiction ?
Pour commencer, il y a de la concurrence avec les hommes, ce qui n'était pas prévu. On n'imaginait pas que ces femmes allaient poursuivre leur activité une fois la guerre terminée. Et puis, pendant la guerre, ces équipes ne sont pas vraiment dans une situation de professionnalisation. Elles font des matchs de charité, c'est-à-dire que les recettes sont reversées aux soldats qui sont sur le front. Bien évidemment, ces matchs de charité perdent leur raison d'être, en quelque sorte, après la guerre. C'est aussi une période d'une intense crise économique en Europe et notamment en Angleterre. Donc, ces femmes qui sont aussi ouvrières vont faire des matchs pour engranger des recettes afin de les reverser aux grévistes. C'est à partir de ce moment-là que la Fédération siffle en quelque sorte la fin de la partie et dit que c'est terminé. Elle prononce donc cette interdiction qui n'en est pas vraiment une, mais qui va vraiment marginaliser les joueuses.
La Fédération décrète qu'à partir de ce moment-là, les femmes ne peuvent plus utiliser les infrastructures de la Fédération, et plus personne ne peut les aider à pratiquer. De fait, cela leur interdit l'accès à tous les stades du pays, ou presque, ainsi qu'à tous les entraîneurs disponibles.
Ce ban va donc jusqu'au milieu des années 1970, soit 50 ans. Comment expliquez-vous que cela ait duré aussi longtemps ?
Cela correspond à un mouvement de fond. Car dans la foulée, d'autres interdictions vont suivre en Europe. Et peu à peu, la pratique tombe dans l'oubli. Avant les Coupes du monde pirates des années 1970, on a peu d'équipes, ça redémarre doucement, mais cela reste encore très à la marge. Donc, il n'y a pas de véritable nécessité de se pencher sur le ban. Et puis, quand les Coupes du monde arrivent, on réalise qu'il y a toujours beaucoup de public, une vraie attente, et des pratiquantes, donc cela devient une évidence.
Ce qui est aussi intéressant dans cette bande dessinée, c'est qu'au-delà de l'aspiration sportive, cette opportunité permet aussi, en toile de fond, une véritable lutte sociale pour les droits des travailleuses.
En rentrant dans les usines, les femmes deviennent ouvrières, découvrent et assument une nouvelle condition. Et elles sont, à l'instar des hommes, touchées par les mêmes problématiques. Donc, jouer au football, qui est un sport extrêmement populaire – au sens où il vient du peuple –, c'est aussi une façon d'appartenir à ce mouvement ouvrier.
Par ailleurs, ce qui m'a intéressée avec cette BD, c'est de montrer que ces femmes ne sont pas forcément activistes. Il y a plutôt l'idée d'un féminisme par la pratique, pas forcément assumé ni revendiqué ; il y a surtout une envie de jouer. C'est cela qui me plaisait aussi : dire que ces luttes sociales et pour les droits des femmes ne sont pas seulement l'apanage des femmes éduquées. Ces femmes arrivent à faire avancer les causes, en faisant.
Aujourd'hui, les équipes féminines de football ont pris de l'ampleur, mais il aura fallu quelques décennies. À la lecture de votre BD, on se rend compte que ce chemin avait déjà été parcouru par d'autres femmes il y a un siècle. Peut-on dire aujourd'hui que les choses ont changé ?
La question se pose. En tout cas, en France et en Angleterre, quand on est une petite fille, si on veut jouer au football, on peut y arriver plus facilement. Il y a des constitutions d'équipes, il commence à y avoir un peu de place dans tous les clubs, ou presque. En revanche, dès qu'on veut passer à un stade supérieur, ça reste encore un parcours semé d'embûches. Cela semble particulièrement difficile. Quand on pense que les actuels dirigeants des fédérations avaient 20 ans quand le ban a été levé... Ils ont grandi avec le fait que les femmes ne faisaient pas partie du paysage. À partir de là, c'est difficile d'avoir une action totalement inclusive.
Pour aller plus loin : Le football féminin
Il compte parmi les musiciens classiques les plus écoutés sur les plateformes. Né à Djibouti et formé en France, Raphaël Feuillâtre s'impose aujourd'hui comme le nouveau visage mondial de la guitare classique. Salué pour la subtilité de son jeu et l'ampleur d'un répertoire qui traverse les styles et les siècles, il sera le premier guitariste invité au Festival de Pâques d’Aix-en-Provence, où il se produira ce mardi 7 avril dans un programme qui relie les maîtres baroques français et allemands aux compositeurs espagnols et latino‑américains – de Bach à Piazzolla.
Dans son livre D'elle à moi, l'écrivaine et critique américaine Lucy Sante livre le récit bouleversant d'une transition de genre tardive. En 2021, à 67 ans, Luc Sante annonçait à ses proches son besoin de devenir Lucy. Son autobiographie retrace plus de six décennies de silence et d'identité réprimée, et entremêle sa trajectoire intime à son parcours d'immigrée belge aux États-Unis, dans le New York vibrant des années 1970 et 1980.
Mettre en musique un voyage vers l'Antarctique : c’est le pari de Graciane Finzi. À 80 ans, la compositrice française d’origine italienne signe un concert-récit immersif qui fait revivre l’expédition polaire menée en 1914 par le capitaine britannique Ernest Shackleton. Rencontre avec l’artiste qui met le cap sur Monaco où son spectacle accoste ce vendredi 3 avril pour trois représentations au festival du Printemps des Arts de Monte-Carlo.
À partir du journal de bord d'Ernest Shackleton et des photographies d’époque, L’Odyssée TransAntarctic retrace en une heure le naufrage du voilier L'Endurance et la survie spectaculaire de son équipage, resté plus de deux ans sur la glace.
Un voyage qui mêle instruments classiques et ambiances électroniques, archives historiques et paysages sonores arctiques.
À lire aussiL’altiste française Karine Lethiec
Biréli Lagrène manie la guitare depuis près de cinq décennies. Le jazz manouche, le blues, le jazz, la guitare classique. L'âge aidant, il aime revisiter les classiques du jazz américain, en compagnie d'un trio de musiciens. Ce sont peut-être eux les Elegant People dont nous parle l'album qui vient juste de sortir sur les plateformes.
Le guitariste français de jazz Biréli Lagrène aime surprendre ses fans, emprunter de nouveaux chemins, ou carrément ouvrir de nouvelles routes. Le guitariste qui, à 13 ans, épatait les gitans de Strasbourg, sa ville natale, fut un enfant prodige du jazz manouche, avant de devenir l'un des guitaristes les plus innovants et les plus recherchés de sa génération.
Admiré par Georges Benson, ami du regretté Sylvain Luc avec lequel il a collaboré à de nombreuses reprises, Biréli Lagrène est réputé pour son jeu inventif et désormais de plus en plus dépouillé. Des qualités qu'il met au service du répertoire de jazz américain sur son dernier opus Elegant People qui sort sous le label Pewee! Il y est en compagnie de Jean-Yves Jung, son pianiste et principal collaborateur, William Brunard à la contrebasse et Raphaël Pannier à la batterie.
À lire aussiBiréli Lagrène, passionné de Django Reinhardt, rend hommage à Loulou Gasté
L’exil, sa Guinée natale, la Bretagne où il a élu domicile, la beauté de la nature et toutes ses rencontres : dans son recueil Le Jardin des Flamboyants, paru fin février, le poète Falmarès (Mohamed Bangoura, de son vrai nom) raconte – ou chante, comme il le dit – sa vie. Les souvenirs de Koba, où il est né ; l’héritage de sa famille de griots ; la douleur du périple qui l’a mené en Libye, en Italie, puis en France ; mais surtout les petites joies du quotidien, qu’il ne faut jamais perdre de vue.
RFI : Vous venez de publier un recueil de poèmes, Le Jardin des Flamboyants. Comment, dans votre parcours, en êtes-vous arrivé à la poésie ?
Falmarès : J'ai rencontré la poésie sur ce périple difficile que j'ai effectué. Quand je suis arrivé en Italie, j'avais du mal à dormir, j'étais traumatisé par tout ce qui se passait. J'ai ressenti le besoin de la lecture. Comme tout était écrit en italien, je me suis mis à écrire en français pour me lire. Ensuite, à mon arrivée à Nantes, j'ai découvert les bibliothèques et je passais toutes mes journées à lire et à écrire. Et c'est comme ça que j'ai découvert la poésie, mais disons la littérature d'une manière générale.
Vous publiez un recueil très riche, plus d'une centaine de poèmes. Écrivez-vous tous les jours ?
Je n'écris pas tous les jours, mais je garde cette habitude-là d'écrire toutes les semaines. Cette régularité me permet d'apprendre davantage. Je me considère comme un apprenant permanent et comme quelqu'un de curieux, qui observe, qui aussi essaie de se souvenir. Parce que le poète, pour moi, c'est aussi quelqu'un qui se souvient. J'essaie de me souvenir aussi de Koba, à 200 km de Conakry, de mettre mon oreille au plus près du stylo pour écrire sur ça. Mais pour moi, mon écriture va au-delà d'une simple écriture d'exil.
Justement, que représente la poésie pour vous ? Un moyen d'exorciser, un refuge ?
La poésie, d'abord, c'est l'espoir. Le poète doit chanter l'espoir, chanter la beauté, même si parfois, certaines situations masquent cette part de beauté. Mais on doit la chercher, même si elle est loin.
Vous employez le terme de chanter. Quel est le rapport que vous faites entre la poésie et le chant, l'écriture et la musicalité ?
La poésie est un chant. Quand on parle, par exemple, du mandingue, les premiers poètes qui ont existé, ce sont des griots. Or les griots, ce sont des joueurs de kora, de musique. Même en Occident ! Les premiers poètes, Hésiode, Homère... c'étaient des aèdes, qui chantaient leurs poèmes. Donc, je ne peux pas dissocier la poésie de la musicalité. La poésie sans la musique s'arrête tout de suite.
Vous dites aussi dans l'un de vos textes que chaque poète a en lui ou en elle un langage à transmettre au monde. Quel est le vôtre ?
Le langage, c'est le langage poétique qui est universel. Il y a aussi la langue mandingue, cette parole des griots, de mes grands-parents... et cette rencontre avec le langage occidental. J'écris entre ces deux mondes-là.
Vous signez un recueil plein de vie, de douceur, de bonheur – même s'il y a aussi des textes plus sombres où vous racontez l'exil, la Libye, le périple. Considérez-vous la joie comme un acte de résistance ?
Nous ne devons pas oublier les petites choses. Dans une vie, il n'y a pas que des choses douloureuses. Moi, sur ce périple où j'ai failli mourir plusieurs fois, j'ai rencontré la poésie, j'ai rencontré des humains... Et puis il y a tout simplement la joie de vivre, d'avoir survécu. Donc, on ne doit pas oublier cette joie des choses simples de la vie. Je pense que je veux parler de ça surtout, de chanter les choses simples de la vie, le jardin, des plantes, une promenade. Je sais que ce n'est pas facile d'arriver à la simplicité, mais j'essaie, je tente.
À écouter dans Sur le pont des arts«Catalogue d’un exilé» de Falmarès, la poésie est un ailleurs
On la surnomme la « Queen of queer » (« Reine du queer »). L'autrice de bande dessinée Alison Bechdel vient de publier son dernier roman graphique, Lessivée, paru chez Denoël Graphic. Cette Américaine de 65 ans a connu un grand succès public et critique il y a 20 ans avec Fun home, récit autobiographique sur son enfance un peu particulière dans un salon funéraire. Dans Lessivée, elle s'invente un avatar qui vit dans une communauté progressiste et s'interroge sur son rapport à l'argent.
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Du lundi au vendredi, un journaliste du Service Culture reçoit un acteur de la vie culturelle, pour aborder son actualité et réagir aux initiatives artistiques en France et dans le monde.

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