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En sept ans, c’est devenu le point de rendez-vous incontournable avec le cinéma africain au village international du Festival de Cannes. Cette année encore, le Pavillon Afronova s’est installé à quelques pas du Palais des Festivals et de la Croisette. Son objectif : porter haut les couleurs des cinémas africains et de la diaspora. Et surtout, soutenir la croissance économique des marchés du continent. Karine Barclais est la fondatrice du Pavillon, elle est l’invitée de Léa Boutin-Rivière.
Direction Cannes, dans le sud de la France, où s'ouvrira ce soir le 79ᵉ festival de cinéma. RFI vous fera vivre pendant deux semaines cette grande fête internationale du septième art. Pierre Salvadori est le réalisateur du film d'ouverture projeté hors compétition – également en salles dès le mercredi 13 mai – La Vénus électrique, comédie romantique et ode à l'illusion, avec Anaïs Demoustiers dans le rôle d'une fausse voyante, et Pio Marmaï qui joue un peintre endeuillé dans le Paris des années 1920.
La Vénus électrique, comédie romantique de Pierre Salvadori, avec Anaïs Demoustiers, Pio Marmaï, Gilles Lellouche et Vilama Pons, sortie le mercredi 13 mai 2026, 2h02.
La 61ᵉ Biennale d'Art de Venise s'est ouverte ce week-end sous tension. Manifestations, sit-in et prises de parole ont en effet jalonné la préouverture en raison de la présence des pavillons russe et israélien. Le jury ayant démissionné la veille de l'ouverture, refusant d'évaluer les artistes de pays accusés de crimes de guerre, soit Israël et la Russie. Cette année, 111 artistes sont réunis dans l'exposition centrale autour de laquelle se déploient une centaine de pavillons nationaux. Le Sénégal en fait partie. Il a pris place dans un palais vénitien, le Palazzo Navaggero, le long du Grand Canal, non loin des Giardini, le cœur battant de la Biennale. RFI y a rencontré l'artiste Caroline Gueye qui représente le Sénégal cette année.
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À 80 ans, Llewellyn Xavier n'a rien d'un monument figé. Le pionnier de l'art contemporain caribéen reçoit dans son atelier de Sainte-Lucie cette petite île anglophone, État à part entière, nichée près de la Martinique avec une sérénité qui contraste avec la densité de son œuvre. Musique indienne en fond, ambiance zen à l’intérieur. Dehors, la 34ᵉ édition du festival de Jazz & Arts de Sainte-Lucie bat son plein.
L'homme a pourtant tout d'un colosse. Du MoMA new-yorkais au Smithsonian de Washington, son travail a traversé les institutions les plus puissantes du monde occidental sans jamais s'y dissoudre. Sa peinture reste un champ de bataille autant qu'une source de lumière : politique, organique, obstinément vivante. Face à face avec un géant discret, dans son atelier où tout commence.
À écouter dans L'Invité cultureÀ la Biennale de Venise, l'artiste Michael Armitage dépeint la réalité crue de son quotidien
L’invité culture aujourd’hui est le cinéaste Fabien Gorgeart, dont le nouveau film est en salles depuis ce mercredi 6 mai 2026. C’est quoi l’amour ? explore les liens familiaux, et les recompositions amoureuses, à travers Marguerite et Fred interprétés par Laure Calamy et Vincent Macaigne. Ces deux là ont divorcé, et comme Fred veut épouser sa nouvelle compagne à l’Église, il doit prouver que ce mariage précédent n’a jamais existé : procédure d’un autre siècle, qui va mettre les anciens époux à l’épreuve.
Quand les peuples disparaissent, leur parole demeure. Le film documentaire Ressacs : une histoire touarègue, qui sort ce 6 mai en salles, immortalise les récits, les légendes, et surtout le mode de vie des Touaregs. Le mode de vie de ce peuple nomade, en exil depuis les années 1980, est aujourd'hui menacé – par l'insécurité, par l'instabilité politique, par la sécheresse, par la sédentarisation. Peu à peu, les Touaregs voient leurs coutumes et leurs traditions s'effacer. Le réalisateur Intagrist el Ansari a choisi de les immortaliser avant qu'il ne soit trop tard.
RFI : Intagrist el Ansari, bonjour. Vous dévoilez un documentaire sur la communauté touareg et son histoire, intitulé Ressacs - c'est un mot qui désigne le roulement des vagues sur elles-mêmes. Pourquoi avoir choisi ce titre ?
Ce titre, pour moi, il résonne avec ce que les touaregs vivent, c'est-à-dire cet exil récurrent qu'ils vivent depuis une trentaine d'années maintenant, si ce n'est plus. Et, de manière métaphorique, symbolique, pour nous, la mer est une frontière infranchissable. Si on est à la mer, c'est qu'on ne peut pas aller plus loin.
Vous dites avoir fait ce film en raison d'une forme d'urgence, et vous le dédiez à votre fils. Avez-vous ressenti le besoin de transmettre quelque chose, avant qu'il ne soit trop tard ?
J'ai été marqué par ce monde nomade qui est en train de disparaître. Je suis un enfant du campement : jusqu'à la fin des années 1980, je n'ai connu que ce monde-là. J'ai donc une certaine nostalgie à le voir disparaître. Et il y avait aussi cette nécessité de le mettre à l'image. J'avais l'intention de mettre à l'écran cette génération de touaregs qui sont nés dans les années 1920-1930. Donc, à un moment donné, j'ai compris que j'avais un rôle de passeur entre cette génération et celle des enfants qui eux, ne le connaîtront pas. Je sais que mon fils, et de manière plus large, tous les enfants de cette génération qui sont nés en exil , dans un mode touareg dispersé, vont finir par se poser des questions sur qui ils sont. Sans avoir la prétention de répondre à cette question, le film donne des indications.
Le nomadisme est une dimension essentielle de la vie touarègue. Or, aujourd'hui, les touaregs sont soit obligés de s'installer dans des camps de réfugiés, soit ils s'installent en ville, à Tamanrasset par exemple. Est-il possible d'être touareg tout en étant sédentaire ?
A en croire mon ami Abdallah, de Tinariwen, qui est un des personnages de ce film, c'est non seulement possible, mais en plus, c'est clairement l'avenir des touaregs. Ce qui est évident, c'est que les touaregs ne pourront plus avoir ce rapport, dans leur majorité, avec le monde saharien. Mais les générations à venir continuent d'être qui ils sont. Ils sont reliés à un imaginaire, qui leur a été transmis. C'est assez étonnant d'ailleurs, parce que vous avez des jeunes enfants qui n'ont pas du tout connu ce monde-là, et, rien que par la musique, ils se revendiquent de ce monde qu'ils n'ont pas connu. Mais force est de constater que, de toute évidence, le monde touareg tel qu'il a été jusqu'à une période assez récente, au moins jusqu'aux années 80, tel que moi je l'ai connu, ne pourra plus perdurer sous cette forme-là. Et c'est regrettable.
Comment fait-on pour entretenir ce lien avec l'environnement, avec l'imaginaire, avec les mythes, quand on est coupé de ce mode de vie ?
Pour l'ancienne génération, c'est ce que je disais tout à l'heure, ils vivent et ils nagent complètement dans ce monde-là encore. Prenez ma mère : c'est une femme de plus de 85 ans aujourd'hui, et pour elle, la vie est toujours celle du campement, alors même qu'elle vit dans une grande ville. Donc ça montre la force de cet imaginaire.
Dans ce film, vous explorez aussi les raisons qui ont amené tous ces bouleversements. L'une d'entre elles étant la colonisation. De quelle manière a-t-elle progressivement dispersé la communauté touareg ?
Il y a une fracture du monde touareg. Le monde touareg du nord a été coupé du monde touareg du sud pendant la colonisation, parce qu'il y avait une nécessité de réorganiser l'Afrique, entre l'Afrique du nord et l'Afrique de l'ouest, pendant la conquête coloniale. Et cette fracture s'est aggravée avec la décolonisation, les tracés des frontières entre les pays nouvellement créés. Alors que cette génération d'anciens pensait que la décolonisation permettrait de reprendre les frontières de ce qu'était l'Afrique à la fin du 19e siècle, c'est-à-dire des communautés qui vivaient en coexistence.
Par ailleurs, avant l'arrivée des colons, la région était le théâtre d'un commerce transsaharien florissant, qui faisait la richesse de la communauté touareg. Pourquoi les colons ont-ils démantelé ce commerce ?
Pour une raison assez simple : le commerce transsaharien n'était pas en faveur du principal motif de la conquête coloniale, qui est avant tout une conquête pour les ressources. Il fallait donc couper ce qui faisait le lien entre l'Afrique du Nord et l'Afrique subsaharienne.
Et puis il y a un autre facteur, la sécheresse. Comment impacte-t-elle le mode de vie traditionnel touareg ?
Le monde touareg, après cette grande épopée du commerce caravanier, a reposé essentiellement sur le monde animal, c'est-à-dire l'élevage. Or, la région du Sahel et du Sahara a été la première à être touchée de manière évidente par les changements climatiques. Surtout, et c'est là la conséquence majeure pour le monde touareg, les troupeaux ont été littéralement décimés. Sans troupeaux, on met les touaregs au chômage, puisqu'il n'y a plus besoin de suivre la transhumance.
A la fin du film, vous avez cette phrase, vous dites « les peuples disparaissent, leur légende reste ».Est-ce que ça signifie que pour vous, aujourd'hui, la communauté touareg est vouée à disparaître ou est-ce que c'est simplement le mode de vie traditionnel que vous pensez voué à disparaître ?
C'est une résonance aussi à la phrase qui est un peu plus loin, d'Ibrahim Al-Kouni, qui dit qu'après « la perte de la souveraineté, la perte du royaume », c'est le chant - donc l'imaginaire - qui prend le relais d'une certaine façon et qui continue à nous relier à ce que nous sommes. Pour moi, "le monde touareg disparaît, mais la légende reste", c'est une façon de dire à mon fils et à cette génération que même si le monde touareg n'existe plus sous la forme physique nomade, il continuera encore peut-être à subsister dans vos esprits.
Il n'y a pas que la biguine en Guadeloupe : on y danse aussi le quadrille. Une danse de l'Hexagone, la danse de Louis XVI, qui s'est créolisée comme la religion chrétienne avec l'arrivée des colons. Aujourd'hui, le quadrille de Guadeloupe est inscrit au patrimoine immatériel de la France. Un long combat pour Isabelle Calabre, spécialiste de danse. Elle vient de sortir par ailleurs un ouvrage pour jeune public : Moi aussi je danse le classique qui fait suite au livre Moi aussi je danse le quadrille (éditions Caraïbéditions).
À écouter dans Musiques du mondeLes musiques nées de l'esclavage par Bertrand Dicale
C'est une figure majeure mais discrète du cinéma américain : James L. Brooks est l'un des grands maîtres de la comédie romantique. Il est aussi l'un des créateurs de la série culte Les Simpson. Après une longue absence, il revient au cinéma avec Ella McCay, l'histoire d'une jeune femme politique propulsée à la tête d'un État, rattrapée par ses conflits familiaux et affectifs. Le film est déjà disponible sur Disney+. Il sort exceptionnellement en salles en France les 14 et 15 mai. Interview de James L. Brooks.
Après le Mozambique en 2023, c’est au tour du Sénégal d’accueillir pour la première fois la Biennale de la danse en Afrique. Pendant cinq jours, 25 compagnies africaines et de la diaspora vont se produire à 60 kilomètres au sud de Dakar, à Toubab Dialao, petite ville côtière qui abrite également l’École des Sables, fondée par la chorégraphe sénégalo-béninoise Germaine Acogny. Gacirah Diagne, co-directrice artistique de cette biennale, répond aux questions de notre correspondante à Dakar.
La Biennale de la danse en Afrique se tiendra jusqu'au 3 mai à Toubab Dialao.
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Le pianiste martiniquais Mario Canonge dévoile un nouvel album intitulé Caldeira. Une rencontre entre l'improvisation savante du jazz et la transe des musiques populaires antillaises. Ici, le pianiste s'entoure du Martiniquais Michel Alibo à la contrebasse et du Guadeloupéen Arnaud Dolmen à la batterie pour former un trio d'exception, où chacun des musiciens s'inspire des sonorités caribéennes pour célébrer l'énergie de leurs terres volcaniques respectives.
RFI : Mario Canonge, vous avez toujours bâti des ponts entre la biguine, le zouk, le jazz. Aujourd’hui, vous évoquez un besoin d’extérioriser le feu qui vous anime, qui vient nourrir votre musique. Comment vous définiriez ce feu ?
Je suis ce feu. Je parle du feu parce que je suis un garçon assez speed, mais en même temps, j’aime aller au bout des choses. Je parle de feu parce que l’album s’appelle Caldeira. C’est autour des volcans, puisque je viens d’une région où les volcans sont présents dans toutes les îles des Antilles.
Je parle de ce feu parce que je sais que, lorsque je compose, par exemple, je commence une composition et je la termine tout de suite. Et en même temps, je peux être à feu doux, parce que je peux également laisser les compositions de côté un certain temps, puis y revenir pour certains détails, pour essayer de parfaire ces compositions.
Vous l’avez dit, ce nouvel album s’intitule Caldeira. C’est le nom des dépressions circulaires qui se forment au cœur des volcans après les éruptions. Qu’est-ce qui vous a plu dans le fait d’intituler votre album comme ce phénomène précisément ?
Quand on parle des volcans, on ressent d’abord une certaine crainte. Mais en même temps, la vie vient également des volcans. Il faut remarquer qu’aux abords des volcans, les terres sont très fertiles.
Pour moi, les volcans, c’est la crainte, mais en même temps, c’est une espèce de force pour la population, parce qu’il y a cette montagne imposante que l’on respecte.
Sur cet album, vous vous êtes entouré de Michel Alibo à la contrebasse et Arnaud Dolmen à la batterie. Comment avez-vous trouvé votre équilibre tous les trois ?
Là, vous parlez déjà de deux autres volcans. Arnaud Dolmen, lui, est de la Guadeloupe et Michel Alibo de la Martinique. Nous avons grandi dans une culture caribéenne. Nous avons en plus en commun cet amour du jazz, d’un jazz large, c’est-à-dire de toutes les musiques qui viennent du monde, qui nous permettent d’exprimer pleinement notre envie d’explorer dans notre musique.
Les thèmes existent évidemment, mais l’essentiel, c’est cette communication que nous avons entre nous dans le jeu, dans l’improvisation, et que nous essayons de partager avec le public.
Vous avez invité le saxophoniste haïtiano-américain Goodwin sur plusieurs morceaux. Est-ce que c’était pour vous une manière de confronter deux visions de la Caraïbe, deux jeux différents, influencés par vos traditions respectives ?
La culture haïtienne est très proche de la nôtre et on se comprend. On peut parler créole entre nous. Goodwin est américain, d’origine haïtienne, mais américain. Quand on se parle, on parle créole pour se comprendre, parce que j’ai un anglais qu’il vaut mieux éviter.
Ce qui me plaît chez lui, c’est son son. Il a un son qui me rappelle vraiment celui de la musique antillaise que j’ai connue quand j’étais gamin, celui des grands saxophonistes que j’ai connus. Un chant un peu sucré, quelque chose qui apaise et qui vous emmène. Et en plus, c’est un virtuose de son instrument, un musicien extraordinaire.
À écouter dans L'épopée des musiques noiresKareen Guiock-Thuram et Mario Canonge, deux âmes sensibles et complices
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Du lundi au vendredi, un journaliste du Service Culture reçoit un acteur de la vie culturelle, pour aborder son actualité et réagir aux initiatives artistiques en France et dans le monde.

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