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  • Musique: «Ce que j’aime, c’est la transformation du son en temps réel», confie Lucie Antunes

    Elle est actuellement en tournée pour présenter son dernier album, Amazing Carnaval. Cet été, Lucie Antunes a enchaîné les dates en festival : Papillons de nuit, Les Vieilles Charrues, le Paléo festival ou encore le Cabaret Vert. Et ce n'est pas fini, car la compositrice reprend sa tournée dès ce 13 septembre au soir à Boulogne-sur-Mer, et ce jusqu'en décembre 2024. Puis, elle travaillera sur la création d'un opéra.

    À lire aussi#SessionLive de Lucie Antunes «Carnaval» & Peter One «Come Back To Me»

    7 min
  • Jérôme Gence: «Les enfants sont-ils vraiment plus en sécurité sur les écrans qu'à l'extérieur ?»

    Interdire le portable à l'école, c'est l'expérience qui est menée dans 200 collèges français depuis le début de la rentrée scolaire. En moyenne, les adolescents passent 36 heures par semaines devant les écrans. Le fléau, qui s'est accentué après le Covid, est illustré dans une exposition photographique que l'on peut voir jusqu'à dimanche à Perpignan, au festival Visa pour l'image dont RFI est partenaire.

    Grandir dans la cour d'écrans, un photoreportage de Jérôme Gence exposé à l'église des Dominicains à Perpignan du 31 août au 15 septembre 2024 dans le cadre du festival Visa pour l'image.

    RFI : Pour votre travail photographique intitulé Grandir dans la cour d'écrans, vous avez sillonné la France pour montrer l'addiction des jeunes aux smartphones, aux jeux vidéo. C'est un fléau qui envahit l'espace familial, l'école dès le plus jeune âge. Vous parlez de génération d'enfants d'intérieur, que voulez-vous dire ?

    Jérôme Gence : Je me suis rendu compte à travers ces trois, quatre années de reportages que je photographie beaucoup à l'intérieur. Aussi bien dans les classes, mais aussi à la maison... Et, pour comprendre la relation d'addiction des enfants aux écrans, je pense qu'il faut se référer au monde réel. Ce succès des mondes virtuels chez les plus jeunes vient de deux choses. Parfois de l'addiction-même de leurs propres parents. Et aussi des maux de notre société. On est dans notre société où l'on essaie, à l'aide des nouvelles technologies, de limiter tous les risques. Bien souvent, chez les parents, il y a tout un discours qui tend à dire que les écrans sont à un endroit où on se sent plus en sécurité qu'à l'extérieur. Mais est-ce que c'est vrai ? C'est une question que je pose à travers ce reportage.

    Les parents ou l'école d'ailleurs, est-ce qu'ils font assez pour lutter contre ce fléau des écrans ?

    La grande majorité des parents que j'ai rencontrés m'ont dit qu'ils se sentent complètement impuissants et, en plus de se sentir impuissant, on nous culpabilise. D'un côté, vous avez ces parents qui me disent : « Si je donne un téléphone à mon enfant, c'est la porte ouverte à des choses que je ne pourrais contrôler. Mais si je ne lui donne pas, je prends le risque que mon enfant soit exclu d'un groupe à un âge où ils ont besoin d'appartenir, de se sentir identifiés à un groupe. » C'est vraiment un dilemme auquel les parents ont du mal à répondre.

    Vous avez illustré les dégâts psychiques sur les enfants. Quels sont-ils ?

    J'étais au 30 18, c'est le numéro d'appel où des psychologues aident des jeunes victimes de cyberharcèlement, de « Revenge porn », de chantage à la webcam. L'une des conséquences les plus néfastes, c'est que ces victimes ressentent une injustice. Outre le fait qu'elles vont être rejetées de leur famille, de leurs, de leurs amis, le cercle d'amis, elles se retrouvent toutes seules. Après, vient le problème de réparer le crime, le délit. La justice se retrouve totalement impuissante, la police se retrouve impuissante... Parce que, quand bien même l'on sait qui est derrière cette vidéo, encore fraudait-il trouver les preuves pour condamner les auteurs de ces crimes. Mais pour les victimes, il y a encore un autre problème – et là, je pense plus au chantage à la webcam –, c'est que ces vidéos, ces contenus filmés à leur insu, le sont à vie, comme une épée de Damoclès au-dessus de leur tête puisqu'elles peuvent ressurgir à tout moment dans leur vie future. Cela, pour un enfant, c'est quelque chose d'ultra-problématique. Comment voulez-vous vous construire dans un avenir qui déjà vous menace ?

    Je reviens sur l'école, en quelques mots, parce qu'on est en période de rentrée scolaire. Il y a des mesures pour interdire le portable au collège, ce qui est déjà un peu le cas, à vrai dire. Est-ce que c'est une bonne solution ?

    Je pense qu'interdire, c'est toujours la méthode la plus facile à court terme. Mais on est face à des plateformes technologiques ultra-puissantes, encore plus puissantes que des États. Surtout, on se rend compte, et c'est le cas par exemple au Népal où TikTok a été banni, que les gens, ils utilisent les VPN pour passer outre. Au final, on fait que contourner le problème et je pense qu'il faut une régulation aussi mondiale. Cela va être, je pense, un des plus grands défis des années à venir.

    À lire aussiÀ Visa pour l’image, trois photographes gazaouis lauréats des prix les plus prestigieux du festival

    4 min
  • Laetitia Dosch: «Le procès absurde d'un chien révèle notre lien de domination aux autres espèces»

    Depuis La Bataille de Solférino de Justine Triet, qui la révéla au grand public en 2013, Laetitia Dosch a trouvé une place à part dans le cinéma français. Elle passe désormais derrière la caméra avec son premier film, Le Procès du chien, une comédie enlevée où une jeune avocate abonnée aux causes perdues défend un chien qui a mordu une femme.

    RFI : Cette histoire, du procès d'un chien, est inspirée d'une affaire réelle ?

    Laetitia Dosch : Oui, c'est inspiré d'un fait réel. Le chien n'était pas accusé, comme dans mon film, parce qu'il est assimilé à une chose dans la loi, c'était son maître qui était accusé. Ce procès avait créé beaucoup de problèmes dans la ville, il y avait eu des manifestations, des pétitions. Ça m'a ouvert à d'autres histoires, par exemple celle d'un cas où la cheffe de la police de la région avait fait euthanasier le chien en douce dans la nuit, alors qu'il y avait un appel en justice en cours.

    Vous avez fait un véritable casting de chiens. Comment vous avez trouvé Cody, qui joue le chien Cosmos dans votre film ?

    C'était très important, il fallait un acteur-chien incroyable. J'ai vu plusieurs chiens dont Cody. Cody, si vous voulez, c'est un chien de rue, donc c'est un chien qui est un bâtard à 12 races, qui a dû passer son enfance à errer, à manger dans les poubelles, à se défendre. C'est un chien qui adore être avec les humains, qui est très joyeux, mais qui, par exemple, quand il joue avec sa dresseuse, aime bien aller dans la violence. Et il s'amuse bien comme cela. Il me fallait un chien qui puisse avoir toutes les couleurs, un spectre de jeu très large... J'allais dire comme un humain, mais ce n'est pas vrai... Juste beaucoup d'émotions différentes.

    Les spectateurs rient tout en se posant des questions.

    Oui. Par exemple, le chien vient du loup. Pendant 15 000 ans, on a changé le chien pour qu'il devienne notre ami parfait. Par conséquent, le procès de ce chien révèle notre lien aux autres espèces, notre lien de domination et d'exploitation. C'est pour cela qu'il est facile de faire un parallèle avec la condition féminine.

    Où le voyez-vous ?

    Le fait qu'il ait été modelé pendant 15 000 ans, qu'il doive répondre à des critères et qu'on le tue lorsqu'il mord ou qu'il développe un comportement qui lui vient du loup, un comportement ancestral qui ne nous convienne pas... Je vois des parallèles avec ce qu'on me demande en tant que femme. Moi aussi, j'ai l'impression de devoir répondre à beaucoup d'injonctions, de devoir être comme ceci, comme cela. Et si je ne suis pas comme ci, comme cela, je ne suis pas admise...

    Il y a des préjugés à déjouer ?

    Oui ! Beaucoup ! Vous me demandez ça à moi ? Énormément de préjugés, tout le temps ! Moi, ça m'inspire beaucoup comme attitude, de devoir me dire ne plus avoir de préjugés. C'est d'abord essayer d'aimer, de comprendre quelqu'un avant de le juger. Et c'est un exercice assez difficile, on n'est plus habitué à cela. Surtout avec les réseaux sociaux, même si c'est un peu un poncif de dire cela, mais c'est vrai !

    C'est un grand bonheur que de placer les gens face à leur contradiction tout en les faisant rire ?

    Oui, c'est un grand bonheur de les surprendre ! Avec ma monteuse, on a fait beaucoup de séances test quand on était en montage. On allait chercher des gens dans la rue, on les invitait en salle de montage, on se mettait derrière et on notait : quand ils riaient, quand ils ne riaient pas, ceux qui le comprenaient ou pas... On a vraiment essayé de faire en sorte que le film soit accessible à des gens qui ne sont pas forcément des cinéphiles. La comédie permet cela, poser des questions importantes tout en essayant de s'adresser à la grand-mère, au cousin, à tout le monde quoi !

    À lire aussiCannes 2024: avec «Le procès du chien», Laetitia Dosch plaide pour les opprimés

    4 min
  • Mati Diop: «Cette restitution révèle la persistance de l'histoire coloniale dans les imaginaires»

    Après être sorti en salles en Afrique de l'Ouest, Dahomey, le deuxième film de la Franco-Sénégalaise Mati Diop, est sur les écrans français cette semaine. Le film, qui a obtenu le prestigieux Ours d'Or au dernier festival de Berlin, suit le retour au Bénin de vingt-six trésors royaux pillés à la fin du 19e siècle par les troupes coloniales françaises.

    RFI : Votre second film, Dahomey, est consacré à la restitution de 26 trésors royaux de l'ancien empire du Dahomey, donc l'actuel Bénin, pillés par l'armée coloniale française en 1892. C'est un film pour la mémoire ?

    Mati Diop : Quand vous dites pour la mémoire, j'ai plus envie de dire contre l'amnésie. En tout cas, c'est un film qui, je crois, nous permet d'entrer en relation plus infra, plus profonde et plus sensible à une histoire qui tente trop systématiquement et trop structurellement de se minimiser, d'être effacée et dont les anciennes puissances coloniales refusent de prendre la responsabilité. C'est une histoire dont on essaie de se débarrasser, à tel point que, comme l'exprime avec beaucoup de lucidité et de sensibilité des étudiants béninois dans le film, toute une histoire coloniale, mais pas seulement africaine, ne leur est encore aujourd'hui pas suffisamment transmise.

    Dahomey est un film hybride, car vous filmez les préparatifs de départ du Musée du quai Branly à Paris, en France, et le retour au palais présidentiel à Cotonou. Il y a un aspect documentaire, mais vous faites aussi parler les œuvres, une en particulier qui parle à la première personne, en langue fon, une statue anthropomorphe du roi Guezo. Pourquoi cette statue-là particulièrement ?

    Il ne s'agit pas que d'une statue qui nous parle, ce ne sont pas seulement ces vingt-six œuvres qui nous parlent. C'est une communauté d'âmes bien plus large en réalité, et multiséculaire aussi, puisque cette communauté d'âme n'a pas d'âge. Elle nous parle du passé, du présent, du futur. Elle parle autant d'une diaspora, d'une jeunesse qui est en train d'entreprendre une démarche de retour vers ses origines africaines. Elle nous parle aussi d'une communauté d'âmes en référence à la traite, aux dépossédés de la colonisation. Cela brasse assez large, à travers une voix qui nous raconte son retour en pays natal, son odyssée de Paris jusqu'à Cotonou.

    Vous teniez à faire entendre les jeunes béninois d'aujourd'hui. Comme s'il y avait le cœur des œuvres, le cœur des ancêtres, et puis le cœur des jeunes gens, l'avenir de l'Afrique.

    Exactement. À la restitution, j'ai découvert en route que c'était une matière historique, politique, qui permettait d'évoquer le passé au présent, puisque ces étudiants en parlent aujourd'hui entre eux. Pour certains en tout cas, c'est précisément ce rapatriement, cette restitution qui leur a fait prendre conscience de ce qu'ils ne savaient pas précisément. Pour moi, c'était fondamental d'interroger cette jeunesse, en particulier ces étudiants béninois, qui ne sont pas toujours dupes des enjeux, quelque part de la supercherie diplomatique que cette restitution constitue aussi. L'idée, c'était justement de réunir des étudiants qui avaient un regard suffisamment singulier et contrasté sur la question pour restituer la complexité du sujet et interroger tout ce que cette restitution révèle du rapport à un passé, à une histoire non transmise, aux traces de l'histoire coloniale dans le présent, à sa persistance dans les imaginaires. Il me semblait important de se saisir de ce moment pour interroger tout ce que la restitution remue et révèle.

    À écouter aussi«Dahomey» de Mati Diop : retour au pays natal de 26 trésors pillés pendant la colonisation

    4 min
  • À Pointe-Noire, Gaël et les caïmans enflamme le festival Ponton Miziki

    À Pointe-Noire, sur la plage de la Côte sauvage, le festival de musique Ponton Miziki, organisé par l’Institut français du Congo, vient de se terminer. Marjorie Bertin y a rencontré le leader du groupe Gaël et les caïmans qui s’y produisait. Avant de lancer son groupe, ce multi-instrumentiste ponténégrin atypique avait connu la rue et notamment joué de la musique sur la plage, avant de collaborer avec Manu Dibango.

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  • Romain Pissenem: «Un show électro spectaculaire» pour la cérémonie de clôture des Jeux paralympiques

    Dimanche 8 septembre 2024, se tiendra la cérémonie de clôture des Jeux paralympiques au stade de France. Un grand show électro a été imaginé pour ce final avec 24 DJ représentant la variété des musiques électroniques françaises, un genre qui s'exporte dans le monde entier. C'est le producteur et metteur en scène Romain Pissenem, connu pour ses shows grandioses, qui a été chargé de traduire en spectacle l'énergie musicale des artistes. 

     

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  • Delphine Minoui, autrice du roman «Badjens»: «J’ai créé mon récit en respectant leurs langages»

    La journaliste et autrice franco-iranienne a publié fin août son dernier roman : Badjens (Espiègle) en français. C'est le surnom de l'héroïne, une jeune Iranienne de 16 ans au cœur du mouvement « Femme Vie Liberté », prête à brûler son foulard en public lors d'une manifestation à Chiraz. Inspirée par les destins tragiques de Mahsa Amini et Nika Shakarami, adolescentes martyres de la révolte, Delphine Minoui livre une transformation politique radicale, sous forme de monologue intérieur.

    Si vous souhaitez rencontrer Delphine Minoui, la soirée de lancement de Badjens se déroule ce soir, mercredi 5 septembre 2024 à Paris, à partir de  20 heures à la librairie Le comptoir des mots dans le XXème arrondissement.  

     

     

    À lire aussiDelphine Minoui, romancière: en Iran, «"Badjens", c'est le cri de la génération Z»

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  • Cinéma: «À son image» de Thierry de Perretti, portrait d'une femme et fresque d'une génération

    En ce mercredi 4 septembre, jour des sorties de nouveaux films en salles en France, coup de projecteur sur un long-métrage qui raconte, de façon romanesque, 20 ans de la vie d'une femme, une photographe de presse. Adapté d'un roman de Jérôme Ferrari, ce film intitulé À son image, réalisé par Thierry de Peretti, prend pour toile de fond les années 1980-1990 sur l'île de Beauté, et l'évolution du mouvement indépendantiste Front de libération nationale corse (FLNC), sa scission et les dérives de la lutte armée.

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  • Gaël Faye: composer des histoires pour permettre la discussion sur le génocide au Rwanda

    Huit ans après Petit Pays, son premier roman qui a connu un succès phénoménal, Gaël Faye, interprète et musicien franco-rwandais, publie son deuxième roman sous le titre Jacaranda, aux éditions Grasset. Le récit d'un jeune garçon né en France qui, en découvrant le génocide de 1994, décide d'en savoir plus sur ses origines rwandaises en allant sur place. Rencontre avec l'auteur qui vit désormais au Rwanda, où les commémorations des 30 ans du génocide ont eu lieu en avril.

    Retrouvez la version longue de l'interview de Gaël Faye dans Littérature sans frontières.

     

    À lire aussiGaël Faye: «Petit pays n’est absolument pas mon histoire»

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  • Catherine Sauvat écrit «Ils sont elles»: des autrices au pseudo masculin pour exister

    De Madame de Lafayette, autrice de La Princesse de Clèves, à George Sand, à l'œuvre prolixe, en passant par les sœurs Brontë, autant de femmes qui ont dû se faire passer pour des hommes pour publier leurs écrits en échappant aux préjugés contre « la littérature de femmes ». Ces parcours d'autrices, près d'une quarantaine, sont retracés dans l'ouvrage de Catherine Sauvat : Ils sont elles, paru aux éditions Flammarion.

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Du lundi au vendredi, un journaliste du Service Culture reçoit un acteur de la vie culturelle, pour aborder son actualité et réagir aux initiatives artistiques en France et dans le monde.

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