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En Ukraine, malgré la transparence du champ de bataille et la guerre de position, les chars de combat demeurent la pierre angulaire des combats de haute intensité. Mais désormais de nouveaux rôles sont assignés aux blindés indique une étude menée par Léo Péria-Peigné, chercheur à l’Ifri.
Les chiffres sont vertigineux et rappellent que le char de combat demeure un matériel hautement consommable. Depuis le début de l’invasion, l’armée russe en a perdu plus de 4 000, elle a même été contrainte pour étoffer ses rangs, de remettre en route d’antiques T-62. En 2025, les pertes se réduisent, pointe Léo Péria-Peigné, tout simplement car sur le front, les chars se font discrets, « On les voit moins. Tout simplement parce que vous avez à faire, au tout début de la guerre, à deux armées pour lesquelles le char était vraiment le pion de base. Ils en avaient énormément, ils l'utilisaient énormément. Ils apparaissent moins aujourd'hui, car le nombre de chars a effectivement été réduit par des pertes qui sont importantes et une industrie qui n'arrive pas à suivre. Néanmoins, il serait faux de penser qu'on ne les voit plus. Ils ont toujours une utilité. On en a par exemple beaucoup vu à Koursk. Quand le champ de bataille change et qu'on passe d'une guerre de position qui est très défavorable aux chars à cause des drones, à une guerre de mouvement où là le char redevient indispensable ».
Les chars comme transport de troupesEn 2025, si la moitié des chars détruits l’a été par des drones, la machine n’est pas pour autant devenue obsolète, ses missions en revanche ont évolué et plusieurs tendances se dégagent : « L'usage du char pour une mission d'abord antichar, il est extrêmement limité. Il est extrêmement rare. Les rencontres chars contre chars sont en fait très rares. Et de ce que disent les Ukrainiens eux-mêmes, ils disposent maintenant de bien suffisamment d'autres armes pour les détruire. Ce qui fait qu'ils n'ont pas besoin d'un outil aussi spécialisé qu'un char spécialisé en antichar. Le char va être utilisé pour d'autres choses. Il va être utilisé pour des assauts. Il va être utilisé pour des missions de tir indirect, comme une sorte de palliatif à l'artillerie. Il va être utilisé aussi pour beaucoup de missions comme du déminage, du dépannage et aussi du transport, plutôt du côté russe pour le coup, avec une transformation des chars qui parfois n'ont plus de tourelle, ou un canon qui est inopérant, en transport de troupes surblindé. Les fameux chars tortue qui ont un air qui peut paraître un petit peu ridicule au premier abord, mais le fait qu'on en voit depuis maintenant plus d'un an et que leurs apparitions se multiplient montrent qu'ils ont une pertinence sur le champ de bataille, ils ont une utilité. Les Ukrainiens eux même disant que ces véhicules sont tellement durs à détruire, qu’il faut 50 ou 60 drones et donc le temps de déployer 50 ou 60 drones pour les immobiliser, ça leur donne une vraie utilité en transport de troupes ».
La Russie ne retrouvera jamais le niveau de stocks de chars de la guerre froideTrès résilient, le char de bataille est aussi une plateforme très adaptable, doté d’une grande mobilité et d’une importante puissance de feu, mais il est disponible en faible quantité. Les stocks colossaux de l’ex-Union soviétique appartiennent au passé, souligne Léo Péria-Peigné, « Il y a une chose qu'il faut vraiment avoir en tête, c'est que la Russie ne retournera jamais au niveau de stock qu'elle avait avant la guerre. Elle a vraiment consommé dans la guerre en Ukraine son pain blanc, qui étaient les stocks soviétiques et qui étaient énormes. Aujourd'hui, on estime qu'elle produit entre 150 et 250 chars vraiment neufs par an. C'est très important. C'est bien plus que ce qu'on produit en Europe. Néanmoins, ça rend difficile de reconstituer des stocks. On voit aussi qu'il y a une idée de relance de la production de chars plus anciens, comme le T-80, alors qu'aujourd'hui, il n'y a que le T-90 dans sa dernière version qui est produit. Mais à côté de ça, des programmes plus futuristes, plus ambitieux comme le T-14 Armata qui avait été présenté en 2015, ont l'air d'avoir été purement et simplement suspendus pour une durée indéterminée, en expliquant qu'ils sont trop chers, trop complexes pour être produits en masse. Or, la Russie garde un besoin de masse, elle a fait son choix dans l'arbitrage entre quantité et qualité. Ce qui fait que ces réflexions-là, elles doivent aussi nous interroger sur notre propre rapport à l'innovation et au changement de génération dans nos plateformes ».
Alors qu’il était en déclin depuis la fin de la guerre froide, on assiste à un regain d’investissement dans ce segment en Europe. Le char de combat, solidement taillé pour la guerre de haute intensité, est aussi l’apanage des grandes puissances militaires, c’est bien simple : toutes les armées en veulent résume Léo Péria-Peigné.
À lire aussiL’importante attrition des chars de combat ukrainiens
By RFIEn Ukraine, malgré la transparence du champ de bataille et la guerre de position, les chars de combat demeurent la pierre angulaire des combats de haute intensité. Mais désormais de nouveaux rôles sont assignés aux blindés indique une étude menée par Léo Péria-Peigné, chercheur à l’Ifri.
Les chiffres sont vertigineux et rappellent que le char de combat demeure un matériel hautement consommable. Depuis le début de l’invasion, l’armée russe en a perdu plus de 4 000, elle a même été contrainte pour étoffer ses rangs, de remettre en route d’antiques T-62. En 2025, les pertes se réduisent, pointe Léo Péria-Peigné, tout simplement car sur le front, les chars se font discrets, « On les voit moins. Tout simplement parce que vous avez à faire, au tout début de la guerre, à deux armées pour lesquelles le char était vraiment le pion de base. Ils en avaient énormément, ils l'utilisaient énormément. Ils apparaissent moins aujourd'hui, car le nombre de chars a effectivement été réduit par des pertes qui sont importantes et une industrie qui n'arrive pas à suivre. Néanmoins, il serait faux de penser qu'on ne les voit plus. Ils ont toujours une utilité. On en a par exemple beaucoup vu à Koursk. Quand le champ de bataille change et qu'on passe d'une guerre de position qui est très défavorable aux chars à cause des drones, à une guerre de mouvement où là le char redevient indispensable ».
Les chars comme transport de troupesEn 2025, si la moitié des chars détruits l’a été par des drones, la machine n’est pas pour autant devenue obsolète, ses missions en revanche ont évolué et plusieurs tendances se dégagent : « L'usage du char pour une mission d'abord antichar, il est extrêmement limité. Il est extrêmement rare. Les rencontres chars contre chars sont en fait très rares. Et de ce que disent les Ukrainiens eux-mêmes, ils disposent maintenant de bien suffisamment d'autres armes pour les détruire. Ce qui fait qu'ils n'ont pas besoin d'un outil aussi spécialisé qu'un char spécialisé en antichar. Le char va être utilisé pour d'autres choses. Il va être utilisé pour des assauts. Il va être utilisé pour des missions de tir indirect, comme une sorte de palliatif à l'artillerie. Il va être utilisé aussi pour beaucoup de missions comme du déminage, du dépannage et aussi du transport, plutôt du côté russe pour le coup, avec une transformation des chars qui parfois n'ont plus de tourelle, ou un canon qui est inopérant, en transport de troupes surblindé. Les fameux chars tortue qui ont un air qui peut paraître un petit peu ridicule au premier abord, mais le fait qu'on en voit depuis maintenant plus d'un an et que leurs apparitions se multiplient montrent qu'ils ont une pertinence sur le champ de bataille, ils ont une utilité. Les Ukrainiens eux même disant que ces véhicules sont tellement durs à détruire, qu’il faut 50 ou 60 drones et donc le temps de déployer 50 ou 60 drones pour les immobiliser, ça leur donne une vraie utilité en transport de troupes ».
La Russie ne retrouvera jamais le niveau de stocks de chars de la guerre froideTrès résilient, le char de bataille est aussi une plateforme très adaptable, doté d’une grande mobilité et d’une importante puissance de feu, mais il est disponible en faible quantité. Les stocks colossaux de l’ex-Union soviétique appartiennent au passé, souligne Léo Péria-Peigné, « Il y a une chose qu'il faut vraiment avoir en tête, c'est que la Russie ne retournera jamais au niveau de stock qu'elle avait avant la guerre. Elle a vraiment consommé dans la guerre en Ukraine son pain blanc, qui étaient les stocks soviétiques et qui étaient énormes. Aujourd'hui, on estime qu'elle produit entre 150 et 250 chars vraiment neufs par an. C'est très important. C'est bien plus que ce qu'on produit en Europe. Néanmoins, ça rend difficile de reconstituer des stocks. On voit aussi qu'il y a une idée de relance de la production de chars plus anciens, comme le T-80, alors qu'aujourd'hui, il n'y a que le T-90 dans sa dernière version qui est produit. Mais à côté de ça, des programmes plus futuristes, plus ambitieux comme le T-14 Armata qui avait été présenté en 2015, ont l'air d'avoir été purement et simplement suspendus pour une durée indéterminée, en expliquant qu'ils sont trop chers, trop complexes pour être produits en masse. Or, la Russie garde un besoin de masse, elle a fait son choix dans l'arbitrage entre quantité et qualité. Ce qui fait que ces réflexions-là, elles doivent aussi nous interroger sur notre propre rapport à l'innovation et au changement de génération dans nos plateformes ».
Alors qu’il était en déclin depuis la fin de la guerre froide, on assiste à un regain d’investissement dans ce segment en Europe. Le char de combat, solidement taillé pour la guerre de haute intensité, est aussi l’apanage des grandes puissances militaires, c’est bien simple : toutes les armées en veulent résume Léo Péria-Peigné.
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