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Promulgué début juin, le nouveau Code minier impose notamment une participation de 15 % de l’État dans tous les projets miniers et inquiète les professionnels du secteur.
De notre correspondante régionale,
La Chambre des mines du Mozambique redoute que cette nouvelle loi « nuise à l’attractivité du pays », explique Geert Kolk, son vice-président. Le nouveau Code minier interdit également l’exportation de minéraux bruts ou semi-transformés, sauf autorisation ministérielle exceptionnelle conditionnée à des projets de transformation locale. Mais encore faudrait-il que le gouvernement garantisse « un accès fiable à l’eau, à l’électricité, et aux infrastructures logistiques », ajoute Geert Kolk.
Minerais critiquesCe Code minier s’applique à toutes les ressources du sous-sol mozambicain, déjà connu pour ses réserves de gaz naturel, de charbon ou encore de pierres précieuses. Mais ce que la présidence mozambicaine vise avant tout, ce sont les ressources en minéraux essentiels à la transition énergétique.
D’après l’Institut géologique américain, le Mozambique est aujourd’hui le troisième producteur mondial de graphite derrière la Chine et Madagascar avec une production de 75 000 tonnes en 2024. Le graphite est un matériau essentiel à la production de batteries électriques notamment.
Le Mozambique dispose également d’un sérieux potentiel en terres rares. Selon une étude exploratoire du Britannique Altona Rare Earths, le projet de Monte Muambe dans la province de Tete, dans l'ouest du pays, peut fournir 15 000 tonnes de carbonate de terres rares mixte par an, pendant 18 années.
Le Mozambique entend donc capitaliser sur ces richesses, alors que la Chine et les États-Unis sont lancés dans une course à l’approvisionnement en ces matériaux essentiels. L'agence américaine de financement du développement a notamment accordé en 2024 un prêt de 140 millions de dollars à l’australien Syrah Resources pour l’exploitation de la mine de graphite de Balama, dans le Cabo Delgado, dans le nord du Mozambique. L’entreprise chinoise DH Mining a quant à elle inauguré en janvier une usine de transformation de graphite, à Nipepe, dans la province de Niassa, dans le nord-ouest du pays. Un investissement de 200 millions de dollars, qui doit produire 200 000 tonnes par an.
Une tendance africaineLimiter les exportations de matières premières brutes « est une tendance à l'échelle de l'Afrique, visant à accroître la valeur ajoutée à l'intérieur du pays, et c'est légitime », a concédé le vice-président de la Chambre des mines du Mozambique. Le Zimbabwe a récemment interdit l’exportation de son lithium. En marge du G7, le président du Kenya, William Ruto, a annoncé être proche d’un accord avec les États-Unis sur les minerais critiques à condition qu’ils soient transformés sur place.
By RFI5
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Promulgué début juin, le nouveau Code minier impose notamment une participation de 15 % de l’État dans tous les projets miniers et inquiète les professionnels du secteur.
De notre correspondante régionale,
La Chambre des mines du Mozambique redoute que cette nouvelle loi « nuise à l’attractivité du pays », explique Geert Kolk, son vice-président. Le nouveau Code minier interdit également l’exportation de minéraux bruts ou semi-transformés, sauf autorisation ministérielle exceptionnelle conditionnée à des projets de transformation locale. Mais encore faudrait-il que le gouvernement garantisse « un accès fiable à l’eau, à l’électricité, et aux infrastructures logistiques », ajoute Geert Kolk.
Minerais critiquesCe Code minier s’applique à toutes les ressources du sous-sol mozambicain, déjà connu pour ses réserves de gaz naturel, de charbon ou encore de pierres précieuses. Mais ce que la présidence mozambicaine vise avant tout, ce sont les ressources en minéraux essentiels à la transition énergétique.
D’après l’Institut géologique américain, le Mozambique est aujourd’hui le troisième producteur mondial de graphite derrière la Chine et Madagascar avec une production de 75 000 tonnes en 2024. Le graphite est un matériau essentiel à la production de batteries électriques notamment.
Le Mozambique dispose également d’un sérieux potentiel en terres rares. Selon une étude exploratoire du Britannique Altona Rare Earths, le projet de Monte Muambe dans la province de Tete, dans l'ouest du pays, peut fournir 15 000 tonnes de carbonate de terres rares mixte par an, pendant 18 années.
Le Mozambique entend donc capitaliser sur ces richesses, alors que la Chine et les États-Unis sont lancés dans une course à l’approvisionnement en ces matériaux essentiels. L'agence américaine de financement du développement a notamment accordé en 2024 un prêt de 140 millions de dollars à l’australien Syrah Resources pour l’exploitation de la mine de graphite de Balama, dans le Cabo Delgado, dans le nord du Mozambique. L’entreprise chinoise DH Mining a quant à elle inauguré en janvier une usine de transformation de graphite, à Nipepe, dans la province de Niassa, dans le nord-ouest du pays. Un investissement de 200 millions de dollars, qui doit produire 200 000 tonnes par an.
Une tendance africaineLimiter les exportations de matières premières brutes « est une tendance à l'échelle de l'Afrique, visant à accroître la valeur ajoutée à l'intérieur du pays, et c'est légitime », a concédé le vice-président de la Chambre des mines du Mozambique. Le Zimbabwe a récemment interdit l’exportation de son lithium. En marge du G7, le président du Kenya, William Ruto, a annoncé être proche d’un accord avec les États-Unis sur les minerais critiques à condition qu’ils soient transformés sur place.

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