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Nous recevons la réalisatrice portugaise et cap-verdienne Ana Sofia Fonsaca pour le film « Cesaria Evora, la diva aux pieds nus » et Oriane Lacaille pour l’album iViV dans la #SessionLive. (Rediffusion)
Cesaria est un mystère qui ne s’élucide pas d’après Lusafrica, lire la suite sur le site de son label.
Patrick Chamoiseau écrit :
Cesaria Evora est faite de cet humus dans le sec de ces sables. Ce n’est pas une biographie, c’est une révélation obscure, chargée de terre, de vie, de musiques, de simplicité, d’amitié, d’amour, d’interrogation et de lucidité. J’ai compris dans ces pages que Cesaria Evora est à elle seule une terre créole où la diversité des imaginaires et des hommes donnait naissance à une musique valable pour tous, là où la mélodie, l’harmonie et la polyrythmie ont rencontré les souffrances des hommes : creuset du blues, du jazz et de la morna. J’ai compris que Cesaria Evora est aussi une douleur, la sienne d’abord, celle de sa vie, de ses amours terribles, de cette ivresse destructrice qui suppléait aux bourgeons abîmés de l’espoir. Et cette vie familière des extrêmes parle à la nôtre en un direct sensible. Quand elle chante, elle vient avec une existence entière rescapée des bars sordides et des dorures factices de chez les grandes gens, dotores du Cap-Vert qui voulaient l’écouter. Elle vient aussi avec son exil immobile, ce but d’exil irrépressible qui maintenant gît en chacun de nous, îles en dérive dans le monde qui fait monde. Elle vient avec une incomparable tristesse envers le tout possible. Elle dit le bonheur perdu mais à portée de main. Elle dit la blessure nègre en absence et silence. Elle dit le souvenir en ses limons précieux. Elle dit la mort et l’oubli, la fidélité et la patience, la liberté offerte sur des vagues amères où l’on ose mettre le pied. Elle dit le monde ouvert des îles tellement peu clos, tellement livré aux métissages et aux souffles de la terre. Elle dit sous la fatalité, la joie, l’espoir, la force ronde, la patience aiguisée. Ses pieds sont nus, sa voix est nue, son cœur nu est offert dans la parure de toutes les grâces. Chez les êtres humains, Cesaria est une reine.
Texte écrit par Patrick Chamoiseau, paru dans Le Monde, à propos de la publication de la biographie écrite par Véronique Mortaigne, peu après la sortie de l’album « Cabo Verde » en février 1997.
En 2023, c’est au tour de la journaliste et réalisatrice Ana Sofia Fonseca de raconter la Cesaria Evora qu’elle a découverte pendant 5 ans en regardant des kilomètres d’archives privées.
« Mon film se compose d'images et de sons provenant de diverses sources, presque toutes issues d'archives privées. Grâce à ce film, j'ai rencontré des personnes exceptionnelles qui nous ont beaucoup aidés et nous ont fait confiance, en nous donnant accès à leurs souvenirs mais aussi à leurs archives. Je ne peux que les remercier. »
Dans ce documentaire, la journaliste et réalisatrice Ana Sofia Fonseca utilise de nombreux plans de coupe de paysages capverdiens.
« Je crois qu'il est nécessaire de comprendre l'environnement d'une personne pour la connaître. En ce qui concerne Cesária, il s'agit du Cap-Vert et plus particulièrement, de l'île de São Vicente et plus encore, de la ville de Mindelo. On ne parle pas seulement du sol sur lequel elle a marché mais de l'air qu'elle a respiré. Elle est cette mer bleue, ces montagnes arides, ce vent. On retrouve Mindelo dans sa personnalité, sa manière d'être, son humour... »
La traduction de Ana Sofia Fonseca est assurée par Elisabeth Perello.
Titres joués : Mar Azul, Lagrimas Negras Feat. Compay Segundo, Petit Pays, Sodade, Carnaval de São Vicente.
Sortie en salle le 29 novembre 2023, bande annonce.
Puis nous recevons Oriane Lacaille dans la #SessionLive pour la sortie de l’album iViV.
Oriane Lacaille était prête sans le savoir. Quand elle rembobine la genèse d'iViV, le premier album sous son nom, elle décrit une étincelle qui a allumé un feu de joie. Notez le graphisme du titre, avec ses « i » comme des allumettes et ses « V » comme des flammes : iViV (Ça vit, en créole) consume un héritage, deux identités, trois musicien(ne)s et une brassée de rencontres pour alimenter le brasier. La chaleur du foyer procure son réconfort, son halo suggère une spiritualité et on y danse autour. Le feu couvait depuis longtemps. Il trouve son origine dans une maison haut-savoyarde remplie d'instruments lointains. Oriane y a grandi, après que ses parents eurent quitté La Réunion à la faveur de la nomination de sa mère comme professeure de français dans un lycée d'Annemasse. Son père a suivi. L'accordéoniste René Lacaille forme, avec Alain Péters et Danyèl Waro, le triangle rénovateur des musiques insulaires dans les années 1970. Le triangle est aussi la première percussion dont Oriane – née en 1986 – s'empare quand elle est enfant. Suivent les maracas, la clave, le kayamb et tout ce qui lui tombe entre les mains. Mais elle rêve d'abord d'être chanteuse : dans la génération précédant la sienne, le métier de musicienne n'est pas encore accessible aux femmes réunionnaises et ses tantes n'ont pas le droit de toucher aux instruments que tous ses oncles pratiquent avec son grand-père. Oriane et ses cousines plus âgées avant elle, sont les premières qui, grâce aux changements de mentalités obtenues de haute lutte par leurs aînées, ont la chance de perpétuer la tradition familiale.
Dans le clan Lacaille, Oriane est le métronome : son sens du rythme est implacable et, dès ses 13 ans, elle devient le socle du groupe paternel. Durant les vacances scolaires puis à plein temps après son Bac, la percussionniste-choriste parcourt le monde avec son père qui improvise en intégrant des ingrédients avec la même générosité que quand il cuisine le cari ou le rougail dans ses marmites. Oriane, qui ne chante qu'en créole jusqu'à ses 20 ans, côtoie des artistes caribéens, africains, japonais ou indiens, intègre le jazz et les musiques de bal, sans dévier du ballant métronomique qui lui confère une sensation d'enracinement. Les racines d'Oriane Lacaille font le grand écart entre une mère métropolitaine et un père créole réunionnais. Elle se dit « Zoréol », moitié zoreil moitié créole, deux identités reliées par un fil sur lequel elle a longtemps cherché l'équilibre. De cette bâtardise assumée, elle embrasse aujourd'hui la richesse extraordinaire : ses deux cultures et ses deux langues sont au cœur d'iViV.
Titres interprétés au Grand studio
- iViV Live RFI
- Lam La Mer Feat. Loy Erhlich et René Lacaille, extrait album iViV
- Kaf Do Lo Live RFI.
Line Up : Oriane Lacaille : chant, ukulélé soprano, diatonique et baryton, aouicha, kayanm, tambour, Heloïse Divilly : chant, batterie, kayanm, percussions, Yann-Lou Bertrand : chant, contrebasse.
Son : Jérémie Besset & Mathias Taylor.
► Album iViV (Ignatub - MDC - Pias2023)
Réalisation : Hadrien Touraud.
Suite à la disparition de Toumani Diabaté, RFI rend hommage à ce grand maître malien de la kora, avec la rediffusion d’un numéro de Musiques du monde de 2014. Laurence Aloir y recevait en session Live Toumani Diabaté et son fils Sidiki Diabaté.
Toumani Diabaté est un grand maître de kora au Mali. Ses collaborations, ses rencontres sont un faisceau d'indices qui montre l'ouverture du musicien, le flamenco de la famille Ketama, Taj Mahal, Ry Cooder, Ali Farka Touré, Afrocubism, Arnaldo Antunes... Aujourd'hui, Toumani présente son fils Sidiki Diabaté avec l'album Toumani et Sidik», un jeune homme qui a intégré le répertoire traditionnel mandingue, que les griots s'enseignent de père en fils, tout en menant une carrière de beat maker avec son binôme rappeur Iba One.
À lire aussiBiographie de Toumani Diabaté
Page Facebook de Sidiki Diabaté
Playlist mensuelle de Sophian Fanen, qui chronique 5 albums de son choix et #SessionLive avec le groupe franco-argentin Cuarteto Tafi #RFI talent.
Playlist Sophian :
- Meryl et Jocelyne Béroard, Siwo, tiré de l'album Caviar 1 (Maison Caviar, 2024)
- Sages comme des sauvages, Répare ou pas, tiré de l'album Maison Maquis (Capitaine Records, 2024) clip
- Kankawa Nagarra, Wirlmarni, tiré de l'album Wirlmarni (Mississippi Records, 2024)
- Bedouin Burger, Ya Habibi Taala, tiré de l'album Ma Li Beit (PopArabia, 2024)
- Olof Dreijer et Diva Cruz, Acuyuye, tiré du EP Brujas (Rabid Records/Dekmantel Records, 2024).
Sophian Fanen : Instagram ; X.
Puis nous recevons le 4tet Cuarteto Tafi, artiste RFI Talent, pour la sortie du 5ème album El Infinito Y Un Amor
C’est lors d’un voyage en Argentine, sur les terres colorées et arides du Nord-ouest argentin, que ce quartette franco-argentin se retrouve pour la première fois. Perchés sur une montagne de 3 000 mètres, en arpentant les scènes ouvertes populaires, les musiciens décident d’appeler cette rencontre musicale et humaine el Cuarteto Tafi. Depuis ses débuts sur la scène française, le groupe a apporté sa touche personnelle et originale à la world music en mêlant du chant en espagnol poétique et engagé – douce nostalgie de l’exil argentin de la chanteuse – au son de la Méditerranée orientale du bouzouki grec, à la douceur et à la dextérité de la guitare flamenca et aux rythmes envoûtants des percussions afro-latines. Chacun avec son histoire et ses influences métal, salsa, flamenco, rock. De ces différentes personnalités et histoires musicales, ils ont réussi à créer une entité, 5 albums et une notoriété remarquée dans la scène nationale. Leur musique nous murmure le monde avec ses aigreurs, ses failles, ses injustices mais aussi ses beautés et ses bourgeons d’espoir, ses amours, ses combats.
El Infinito Y Un Amor, le nouvel opus de Cuarteto Tafi, est un nouveau chemin emprunté. Plus rêveur, plus méditatif et vagabond, cet album confirme le talent de composition du quatuor. Ils créent et varient les ruptures et contrastes en racontant des histoires et des états d'âme. Tel un horizon jamais atteignable mais qui nous fait avancer, il est composé de 11 chansons et d'autant d'hymnes à la vie que d’hommages aux grandes causes humanistes qui nous traversent et nous bouleversent.
Titres interprétés au grand studio, filmés par RFI Vidéos
- Un Jacaranda Live RFI
- Solo Le Pido a Dios, cover Mercedes Sosa voir clip
- Palomas Blancas Live RFI
Line Up : Leonor Harispe, chant, Ludovic Deny, bouzouki, choeur, Matthieu Guenez, guitare, oud et Frédéric Theiler, percussion choeur.
Son : Mathias Taylor, Benoît Letirant.
► Album El Infinito Y un amor (Daydream Music 2024).
Réalisation : Donatien Cahu.
Web - facebook - YouTube - Instagram.
Mini concert sur YouTube où le Cuarteto Tafi joue 4 titres du nouvel album.
Du Baiser Salé au lac Léman, en regardant le Brésil, l’Amérique du Sud ou le Cameroun, jazz à tous les étages ! Live ! (Rediffusion)
Notre 1er invité est le groupe Mr Mâlâ qui présente son 1er album Mr Mâlâ.
« My name is Monsieur MÂLÂ I’m not a human, I’m a machine. » Les paroles de Storyteller, qui introduisent le premier album de Monsieur MÂLÂ, font office de présentation : le quintet est une machine dont la conception serait empirique et la production organique, capable de nous raconter des histoires au moyen de musiques instrumentales. Ses rouages ont pour noms Nicholas Vella (piano, Fender Rhodes, claviers), Swaéli Mbappé (basse, guitares), Yoann Danier (batterie), Robin Antunes (violon, mandoline) et Balthazar Naturel (saxophone, cor anglais, clarinettes, flûtes). Ces fortes personnalités, dont les complicités sont anciennes, sont tous des leaders ou des sidemen reconnus dans la sphère du jazz et de ses satellites. Leurs bagages techniques, leurs influences cosmopolites et leurs âmes voyageuses touillent une décoction de funk et de rock, de musiques africaines et caribéennes, tout en ingérant les nouvelles tendances urbaines et électroniques. Ni fusion ni métissage : Monsieur MÂLÂ n’est que l’expression naturelle et assumée de cinq multi-instrumentistes composites. L’histoire s’est écrite entre deux pôles, l’académisme des formations en conservatoire et la liberté des jams en club. Nicholas Vella, Sicilien installé en France depuis une douzaine d’années, entré en 2012 au conservatoire à rayonnement régional de Paris, a accompagné Mayra Andrade, Paco Séry et Ibeyi. Mais sa première scène parisienne fut celle du Baiser Salé, rue des Lombards, déjà avec Swaéli Mbappé, un habitué des lieux puisqu’il y débuta à 15 ans. Enfant de la balle, passé par le saxophone et la batterie avant d’adopter l’instrument de son père, l’illustre bassiste Étienne Mbappé, Swaéli est devenu professionnel avec Blick Bassy avant d’accompagner Mamani Keita, Cheick Tidiane Seck et des artistes de variétés (Tal, Shy’m, Zaz).
Titres interprétés au grand studio
- Ai De Mim avec EU.CLIDES Live RFI
- Al Fayhaa, extrait de l’album Mr Mâlâ
- Fly Fly Live RFI.
Line Up : Robin Antunes : violon, mandoline ; Balthazar Naturel : saxophone, cor anglais, clarinette, flûte ; Nicholas Vella : piano, Fender Rhodes, claviers ; Swaéli Mbappé : basse, guitare ; Yoann Danier : batterie et EU.CLIDES : chant sur Ai De Mim.
Son : Mathias Taylor & Jérémy Besset.
► Album Mr Mâlâ (Art District Music 2024)
Chaîne Youtube.
Puis nous recevons le guitariste suisse Louis Matute pour la sortie de son 4ème album Small Variations From The Previous Day.
Euphorisante et douce-amère, la musique de Louis Matute ne ressemble qu’à lui. Partagé entre l’Europe qui l’a vu naître et l’Amérique latine qu’il a rêvé, cet enfant de la génération Z, trop entier pour la fiction du réel et trop sincère pour la fiction de soi, rouvre en grand les portes de son univers. Un son, un talent fou de raconteur, un folklore qui se dessine : dans ce superbe quatrième album, sa musique n’a jamais paru si proche et foisonnante. « Je n’ai jamais écrit de mélodie sans la chanter en même temps » confie-t-il. Teintées de pop et de saudade, celles-ci vous iront droit au cœur, laissant flotter dans l’air un brin de magie.
Tourné vers le Brésil et l'Amérique Centrale, nourri de jazz et d’une pop élégante, Small Variations from the Previous Day est un disque-monde, animé par un « Large Ensemble » toujours plus étoffé, catalyseur d'émotions.
Titres interprétés au grand studio
- Narcissus Live RFI
- Alma No Mar Feat Gabi Hartmann, extrait de l’album Small Variations From The Previous Day
- 2000 Years Live RFI.
Line Up : Léon Phal, saxophone ténor ;Zacharie Ksyk, trompette ; Andrew Audiger, piano, Rhodes ; Nathan Vandenbulcke, batterie ; Virgile Rosselet, contrebasse et Louis Matute, guitare électrique.
Son : Mathias Taylor, Benoît Letirant & Réalisation : Donatien Cahu.
► Album Small Variations From The Previous Day (Neuklang Big Wax Distribution 2024).
Du monde des esprits aux mondes du jazz, 2 groupes sont invités dans la #SessionLive Bab’L’Bluz et Akagera.
Entrer dans l'univers de Swaken, le très attendu 2ème album du power quatuor franco-marocain Bab L' Bluz, qui sortira le 10 mai sur Real World Records.
Swaken est composé de onze morceaux qui pétillent et pulsent avec une énergie cinétique. Suivez la spirale et trouvez votre centre. Bougez et tourbillonnez, headbangez et fouettez vos cheveux, dans un état qui est à la fois extérieur et intérieur, un état altéré où les esprits s'ouvrent, les frontières tombent et la confiance - dans les valeurs, les principes, nous-mêmes - est redécouverte, concrétisée. Swaken (origine : Moroccan Darija) - possessions, transcendance ou Esprits habitant les humains.
Il s'agit d'une musique enracinée aussi bien dans le blues psychédélique, le funk et le rock que dans les rythmes de transe du Maghreb nord-africain : Gnawa, Amazigh, Hassani et Houara.
Enregistré dans les studios Real World à Wiltshire, en Angleterre, écrit en partie au Maroc – lieu de naissance de la lead/chanteuse Yousra Mansour – et surtout au cours d'une tournée mondiale qui a renversé les salles et les festivals d'Adélaïde, de Barcelone et de New York à Essaouira au Maroc, à Lomé au Togo et à Dougga en Tunisie. La voix mélismatique de Mansour n'a jamais sonné avec autant de force, ni les riffs de son luth électrique awisha aussi puissants. Ses coéquipiers Brice Bottin, Ibrahim Terkemani, Jérôme Bartolome (aux claviers, flûtes, guembri électrique, batterie, chœurs et castagnettes qraqeb) interagissent avec ce qui pourrait être de la télépathie, leur jeu étant habile et serré.
Se perdre pour se retrouver est un principe central de Swaken, un album dont le son analogique chaleureux fait un clin d'œil à des icônes du rock des années 70 comme Jimi Hendrix, Led Zeppelin et Nass El Ghiwane, les Rolling Stones du Maroc, des guerriers de la justice sociale qui ont mélangé le rock et le folk occidentaux avec une esthétique de transe influencée - comme celle de Bab L' Bluz - par les lilas gnawa, les rituels de guérison nocturnes destinés à la possession d'esprits sacrés.
«Les tournées incessantes ont renforcé notre confiance et notre puissance», explique Mansour à propos du groupe qu'elle a cofondé en 2018 avec le guitariste français, joueur de luth guembri basse et multi-instrumentiste Brice Bottin, qui a coproduit Swaken avec Katie May, dans la Wood Room des studios de Real World Studios.
«Nous avons adapté notre son aux foules des festivals, nous l'avons rendu plus lourd, plus rock. Nous avons ajouté plus d'instruments. Plus de courage. Plus de feu.»
«Nous aimons l'énergie du rock», ajoute Bottin, qui manie également les sirènes dub et joue de la guitare, du banjo, des percussions et de la flûte peul d'Afrique de l'Ouest. «Vous branchez votre instrument et vous rendez les gens fous. Le rock est né du blues. Les deux sont liés à la musique de transe. On peut écouter attentivement, ou headbanger, et être complètement emporté».
La plupart du temps, Mansour écrit et chante en darija, son dialecte maroco-arabe, et la langue préférée du mouvement Nayda («nayda» signifie «haut» en darija). Sur Swaken, elle aborde des sujets controversés tels que les lois marocaines sur l'héritage, les disparités salariales entre hommes et femmes et l'augmentation des cas de suicide et de dépression, tout en appelant à l'unité, à la tolérance et à la gentillesse dans un monde de plus en plus fragile.
«Il arrive encore que nous soyons confrontés à des attitudes dépassées», déclare Mansour en haussant les épaules. «Ce qui ne fait que renforcer ma détermination à exprimer tout ce que je ressens. Je ne me censurerai pas. »
Titres interprétés au grand studio
- Imazighen Live RFI voir le clip
- Iwaiwa Funk
- Amma Live RFI.
Line Up : Brice Bottin, guembri, Yousra Mansour, awisha + mandole, Mehdi Chaib, flûtes et percus, Brahim Terkemani, batterie et spds.
Son : Jeremy Besset & Mathieu Dubois.
► Album « Swaken » (Realworld 2024).
Facebook - Instagram - YouTube.
Puis nous recevons le groupe Akagera pour la sortie du nouvel album Traverse
À l'automne 2018, peu après leur rencontre et leur premier concert, les musiciens d'Akagera entament l'écriture et l'enregistrement au Studio Prado de leur premier album Serpente, produit par le label Prado Records. Le nom du groupe est un hommage à l’album AKAGERA, produit en 1980 par le trio Humair, Jeanneau, Texier.
On notera l'exceptionnelle participation de Famoudou Konate sur le titre « Msafara », qui sera l'unique enregistrement du maître du djembe hors du champ des musiques traditionnelles guinéennes. L'album sortira en octobre 2019, et en janvier 2019 la release party aura lieu au Studio de l'Ermitage à Paris. Pour la première fois dans ce lieu mythique, le système de diffusion sonore sera complété par l'équipe de la société FLUX:: afin de proposer au public un concert immersif avec un son spatialisé. La même année, AKAGERA et FLUX:: ont inauguré la première salle parisienne équipée en son immersif, le 360 Paris Music Factory.
Malgré la pandémie de 2020 et son lot d'annulations (tournées en Colombie et au Congo), le trio a approfondi son travail de recherche sur le son bien particulier induit par son instrumentation atypique sans basse (vibraphone et marimba, trombone basse et batterie). Il a également poursuivi l'exploration des rythmes des continents africain et américain, en les associant aux harmonies issues du jazz et de la musique française du début du XXème siècle.
Renforcé par ce travail de consolidation, le trio a su rebondir en 2021. Depuis, il s'est produit en concert à 33 occasions, a participé au marché des professionnels du jazz «Jammin' Juan» et a multiplié les collaborations : Anbessa - L'hommage à Manu Dibango, l'Orchestre Symphonique d'Orléans et Jean-Charles Richard (concerto pour saxophones de Martial Solal), l'écrivain Arnaud Roi (livre « État Sauvage » paru chez l'Ecarlate), le trompettiste Alain Vankenhove, l'harmoniciste Olivier Goulet, le saxophoniste Olivier Zanot et le chanteur sénégalais Majnun.
En mars 2024 sort leur nouvel album Traverse. Composé à partir de séances d'improvisation, il reflète la diversité du parcours et des influences des trois musiciens : la musique classique et contemporaine pour Benoit, les métissages de l'Amérique du Sud et des Caraïbes pour Stéphane, les rythmes africains et grooves brésiliens pour David, tout en réaffirmant leur passion commune pour le jazz.
Titres interprétés au grand studio
- Tony Live RFI
- Traverse, extrait de l’album
- Loonie’s Lament Live RFI.
Line Up : David Georgelet (batterie), Benoît Lavollée ( vibraphone, marimba), Stéphane Montigny (trombone).
Son : Benoît Letirant & Mathias Taylor.
Réalisation : Donatien Cahu
► Album Traverse (Prado Rd 2024).
Site Akageramusic - Facebook - Instagram.
#SessionLive x 2 avec l’auteure, interprète, compositrice réunionnaise Ann O’Aro & la harpiste, chanteuse et cheffe de chœur Sophye Soliveau. (Rediffusion)
Notre 1ère invitée est Ann O’Aro pour la sortie de son 3ème album Bleu #SessionLive
Après le premier album éponyme (Ann O’Aro), un album tournant autour de l’intime et des violences familiales, et le second (Longoz), qui propulse son trio (Teddy Doris au trombone, Bino Waro aux percussions), voici BLEU, troisième opus de la Réunionnaise Ann O’Aro. qui joue ici du piano pour accompagner son chant. Le maloya de l’île de La Réunion respire toujours hors des sentiers battus avec l’arrivée de Brice Nauroy, un quatrième musicien qui embarque le son avec ses « machines ». Pour Ann O’Aro : « Le quartet esquisse des ports, sacs de riz sur les ponts, cancrelats et corsaires pris dans des estampes où le sang est laissé à sa seule qualité de fluide. Ostinato et bourdons sous le chant perçant la brume et les ressacs d’une mer fielleuse, relents pianistiques couleur boîte à musique, trombone stridulant, éclats de tôle et cris du fer bouillant le long du staccato continu du pikér, commérages de bord de nuit et temps de latence, harmonie révocable et restituée. Paysages grignotés par la fièvre du néant, nostalgie de l'enfance bleue arguant le branchage sec des arbres de la terreur dans la ouate blanche. »
Titres interprétés au grand studio
- Lanbordaz Live RFI
- Bouyon Lo Rosh, extrait Bleu
- Vane Lo Sor, extrait Bleu
- Lak Otab, Live RFI.
Line Up : Ann O’Aro : chant, piano, Teddy Doris : trombone, chœur, Bino Waro : percussions et Brice Nauroy : machines.
Son : Mathias Taylor, Benoît Letirant.
► Album Bleu (Cobalt 2024).
Réalisation : Donatien Cahu.
Puis nous recevons la harpiste et chanteuse Sophye Soliveau pour la sortie de son 1er album Initiation #SessionLive.
Sophye Soliveau est chanteuse, harpiste et cheffe de chœur, d’origine guadeloupéenne. Son amour des musiques afro-américaines, du R'n'b à la soul, en passant par le gospel, a pris racine dès son enfance, et elle a approfondi ses compétences en suivant un enseignement classique. Du détournement qui nourrit ses improvisations, la recherche de guérisons et l'apprentissage de la liberté, naît INITIATION, son premier album. La fougueuse célébration d'un R'n'b voluptueux. INITIATION se caractérise par son orchestration épurée. Les cordes vocales de Sophye et celles de sa harpe s’unissent, s’élèvent sur fond de chœurs aériens et d’une rythmique basse-batterie au groove précieux et subtil venant magnifier un répertoire original aux inspirations profondément soul.
Après un concert complet au festival Banlieues Bleues, la release party prévue le 26 avril 2024 à la Boule Noire est déjà complète ! Elle sera en tournée cette année dans toute la France.
Titres interprétés au grand studio
- Leave Live RFI voir le clip
- Extraits Alice Coltrane & Dorothy Ashby
- Can’t Sleep, extrait de Bleu voir le clip
- Simple Pleasures Live RFI.
Line up : Sophye Soliveau : harpe et voix, Eric Turpaud : basse et chœurs, Florian Mensah : batterie et chœurs.
Son : Mathias Taylor, Benoît Letirant.
► Album Initiation (Why We Sing 2024).
De la Guadeloupe au Brésil, MdM s’intéresse à la production monumentale des studios Debs à Pointe-à-Pitre et au nouvel et 5ème album de Flavia Coelho invitée de la #SessionLive.
Notre 1er invité est le réalisateur Miguel Octave pour son film documentaire « Studio Debs », la folle histoire d’Henri Debs et son rayonnement dans la culture guadeloupéenne et caribéenne.
Pour le réalisateur Miguel Octave, les Antilles sont une très importante zone de carrefours et de brassages culturels. Les musiques venues d’Afrique, d’Europe et des Amériques s’y croisent mais la grande force de cette région est qu’elle a généré de nouveaux genres musicaux : Gwoka, Biguine, Reggae, Calypso, Compas, Cadence, Salsa, etc.
Évoquer le STUDIO DEBS, c’est parcourir l’histoire de cette musique, de la Guadeloupe dont la famille DEBS était originaire, à la Martinique sans oublier la Dominique, Haïti, Porto-Rico et les autres îles de la Caraïbe...
Henri Debs fut un acteur majeur de ses musiques : il était musicien, auteur, compositeur, interprète, producteur et son domaine d'intervention couvrait l'ensemble de la région. Son frère George dit Jojo, installé en 1965 en Martinique, deviendra lui aussi un acteur incontournable de la vie culturelle locale en produisant des albums emblématiques comme ceux de Malavoi et Kassav, donnant ainsi à ses musiques, une dimension internationale.
Playlist
- Robertine, Henri Debs
- Tu as calé le moteur, Henri Debs
- Cuisse là, Les Aiglons
- A wi sa byen bon, Max Séverin et Henri Debs.
Projection du documentaire le 9 juillet au festival Les Suds d’Arles.
Web Miguel Octave web - Studio Debs - Studio Debs sur viméo.
Studio Debs à lire sur PAM.
Puis nous recevons Flavia Coelho pour la sortie de son nouvel et 5ème album Ginga
Ce cinquième album principalement chanté en portugais est dédié aux musiques de cœur qui ont rythmé son adolescence, autrement dit, le son du début des années 90 jusqu’aux années 2000, que Flavia Coelho écoutait en boucle et parfois même, en cachette de son père, sur le petit poste de radio qu'il lui avait offert pour l'aider à s'endormir. Au contraire, pour la petite Flavia, c'est tous les soirs la fiesta, éveillée jusqu'à 2h du matin, écoutant dans son lit, le transistor collé à l'oreille, les musiques de clubs internationaux, les dj sets, les remixes, les hits comme «The rhythm of the Night» de Corona, devenu l'hymne de Flavia, son disque de chevet.
Les années 90 représentent un grand bouleversement musical, mais aussi politique dans la vie de la chanteuse. De 1964 à 1985, le Brésil vit sous dictature militaire, Flavia Coelho qui est née en 1980, fait partie de la génération qui a pu profiter de toutes les musiques du monde entier avec l'arrivée des radios libres. Cette époque coïncide également avec une étape charnière et douloureuse dans sa vie intime. Le début de l'adolescence de la jeune Flavia a été particulièrement compliqué, marqué par le décès de sa mère à l’âge de 11 ans, et l’obligation de vivre avec son père. Ce père, ancien militaire, mélomane à ses heures, mais aux antipodes de l’esprit festif, du militantisme féministe et LGBT qu’incarnait sa mère, artiste maquilleuse-coiffeuse, reine de la nuit et des baile funk des cabarets brésiliens.
Toute la discographie de Flavia Coelho repose sur son évolution personnelle, de la fougueuse et rêveuse adolescente, à la pétillante jeune femme engagée. L’histoire de son album précédent par exemple, DNA, sorti en 2019, a commencé lorsqu'elle avait 38 ans, précisément l’âge qu’avait sa mère lors de sa disparition. Un album que Flavia Coelho a naturellement consacré à ce qu'elle décrit comme «l'oeuf», c'est-à-dire, ses origines, mais aussi la richesse du métissage, de l’acceptation de soi et de la transmission, faisant par la même occasion écho à la situation politique du Brésil sous Bolsonaro à l'époque. Aujourd’hui, Flavia Coelho poursuit son exploration de l’identité et sa quête d'authenticité, en abordant les thèmes de la reconstruction, du courage, et de la résilience, avec son fidèle producteur et arrangeur Victor Vagh-Weinmann, rencontré à ses débuts en France. Ensemble, ils ont initié et conçu tout le matériel de composition, les pads électro, orgues, claviers, guitares et percussions. Ces ingrédients mêlés aux mélodies entraînantes et à la sublime voix de l'envoûtante Flavia, ont donné vie aux dix pépites de GINGA. L’écriture de ce nouvel opus a commencé, il y a deux ans, après un déclic provoqué par une phrase-clé, entendue par l'artiste : « Nous vivons nos vingt premières années, puis les vingt suivantes servent à comprendre les vingt premières ».
À 43 ans, Flavia Coelho est précisément arrivée à cette étape de sa vie. Pour créer GINGA, la chanteuse s'est replongée dans toutes les musiques de sa jeunesse, notamment les chansons sud-américaines de télénovelas bien kitch confie-t-elle avec amusement, mais tellement importantes et fondatrices de son univers artistique. Puis Flavia a enregistré ses idées sur son dictaphone qui ne la quittait plus, elle s’est mise à écrire et réaliser ses titres en studio, entre Août et Décembre 2023, dans une urgence vitale, comme un défi personnel à relever et une saudade typiquement « coelhienne », gorgée d’émotions. Funk, house, latin american, samba, reggae ou amapiano, dans GINGA, Flavia Coelho fusionne les genres et les héritages, orchestrés avec divers grades de sensualités et de vibrations, fruit de plus d’une centaine d’heures d’enregistrements. Pour la première fois, Flavia Coelho a totalement donné sa confiance à des collaborateurs réputés pour le mixage, comme un besoin impérieux de confier son travail, et prendre du recul pour offrir un tout nouveau relief à ses chansons si proches d'elle. Ainsi, c'est à Tom Fire, Prince Fatty, Paul de Synapson ou encore Guts qu'est revenue la délicate mission du mixage final du disque. Flavia Coelho nous hypnotise dès l’ouverture du disque avec sa chanson « Mama Santa », comme un clin d’œil à sa mère. La Garota do Rio qui a pris d'assaut la scène musicale française en 2011 pour prouver à son père qu’elle était une vraie artiste, clôture son épopée avec « De vous à moi », une vibrante déclaration d’amour adressée à son pays d’adoption, la France. Flavia prend son envol et nous embarque dans un voyage, du Brésil à Londres en passant par la Provence, Paris et partout ailleurs. GINGA est un jeu de jambes affûté pour traverser le sound system de la vie de Flavia Coelho en continuant d’accompagner la nôtre.
Titres interprétés au grand studio
- Mais Amor Live RFI
- Mama Santa, extrait de l’album
- Bira Live RFI.
Line Up : Flavia Coelho, chant, Victor Vagh, claviers, Al Chonville, batterie et Caetano Malta, guitare.
Son Mathias Taylor et Benoît Letirant
► Album Ginga (Pias 2024).
YouTube - Instagram - Facebook - Tiktok.
Jazz, hip-hop, contemporain et chants pastoraux du pays basque, Julen Achiary et David Kiledjian sont nos invités.
Haratago signifie « au-delà » en basque. le groupe emmené par Julen Achiary révèle toute la puissance du Basa Ahaide, expression vocale des bergers montagnards du Pays Basque.
« Basa Ahaide »… Dans les montagnes souletines et plus particulièrement dans les Arbailles, les ancêtres, bergers, chantaient déjà ces chants liés à la nature, au monde sauvage… Les Basa Ahaide. Sans paroles, véritables calligraphies sonores, ils expriment le vol de l’aigle ou des chocards… mais aussi l’émerveillement et l’humilité de l’humain devant l’immensité de la nature. Les Basa Ahaide réclament du souffle, une force calme et profonde, de l’audace vers les cimes… pour que ces « chants longs », mélodies parmi les plus belles, prennent vie.
Traditionnellement chanté en solo et a capella, Julen Achiary, inspiré de ses rencontres avec des musiciens de Turquie et d'Azerbaïdjan, revisite ce répertoire ancestral au sein d'un quatuor à la distribution inédite, avec Nicolas Nageotte à la clarinette et au duduk, Bastien Fontanille à la vielle à roue et au banjo, et Jordi Cassagne au violone (contrebasse de viole de gambe).
Ces chants ancestraux, transmis de manière orale, retranscrivent l'émotion du berger chanteur devant la nature et sa vie en estive.
Depuis sa plus tendre enfance, Julen Achiary les a entendus, écoutés… Puis il les a chantés. D'abord pour lui, avant de désirer trouver la forme qui lui correspondait pour la partager avec le public.
Un projet où la voix, le violone, klarinet, duduk, amboès, vielle à roue ou banjo se croisent et s'entremêlent, chacun devenant tour à tour Aigle, ou son ombre furtive. Sur la terre, dans les espaces lumineux ou sombres des vallées et forêts montagnardes.
► Album Basa Ahaide (La Grande Folie 2024).
Site Haratago - collection Territoires - facebook - Suds Arles 10 juillet.
Puis nous recevons David Kiledjian dans la #SessionLive pour la sortie de The Otium Mixtape.
Créateur à l’initiative de différents projets (Fowatile, HILA ou le successful Dowdelin...), réalisateur par ailleurs des albums du pianiste arménien Tigran Hamasyan ou de la formation malienne BKO, et collaborateur de Talib Kweli, Piers Faccini, Miguel Atwood-Ferguson, Foreign Beggars, Mathieu Boogaerts, Vaudou Game ; le musicien et producteur lyonnais David Kiledjian signe The Otium Mixtape, un tout premier opus revendiqué sous son seul patronyme. Bâties autour de l’idée d’oisiveté active chère aux citoyens de la Rome antique, ces 10 plages dessinent des ponts entre langues et folklores des 4 coins du monde, jazz, hip-hop et avant-gardes électroniques.
Titres interprétés au grand studio
- Under The Stars, Live RFI
- Nioloti (La Nuit) Feat. Cindy Pooch, extrait de l’album, voir le clip
- Jenny, Live RFI.
Line Up : David Kiledjian, piano et sax, Judith Saurel, violon, chant et Claudine Pauly, violoncelle.
Son : Benoît Letirant & Mathias Taylor.
► Album The Otium Mixtape (Underdog Rd 2024).
Site Kiledjian/Underdog Rd - facebook - Tiny desk.
Une exploration des expressions contemporaines du taarab à Zanzibar avec Brain Boy, Siti Amina et l’équipe de la Dhow Countries Music Academy. Un reportage de Jeanne Lacaille en marge du Festival Sauti Za Busara (@sautizabusara). (Rediffusion)
Formé dans le creuset du métissage zanzibari au XIXè siècle, mêlant influences africaines, arabes et indiennes, le taarab est LA musique traditionnelle de l’archipel, sa bande-son par excellence. À l’image de Zanzibar, syncrétique et composite par essence, quelles sont les nouvelles mutations du taarab ? Que dit-il de Zanzibar aujourd'hui et quelle est sa fonction ? Quelles sont ses perspectives d’avenir dans un contexte local de sur-tourisme ? Intimement lié à l'histoire politique de l'île, le taarab a-t-il encore un rôle à jouer sur l'échiquier local ? Que reste-t-il de l'héritage des pionnières ? Après Siti Binti Saad et Bi Kidude, le taarab est-il toujours un vecteur d'émancipation pour les femmes ?
Nos invités :
>> Lauréat d'un Zanzibar Youth Award en 2022 pour son EP The Return of Zenzi Flavor, Brain Boy est une jeune pousse du Zenji Flavor, mouvement hip-hop né dans les années 90 à Zanzibar qui sample abondamment taarab & kidumbaki dans un geste créatif et identitaire. Son rêve ? Un Grammy Award pour le taarab ! Nous retrouvons le jeune artiste côté studio chez Stone Town Records, en marge de son ultime répétition avant son concert sur la scène du festival Sauti Za Busara.
>> Fondée en 2001 à Stone Town, la Dhow Countries Music Academy est à la fois une ONG et la seule école de musique de Zanzibar. Sa mission ? Préserver, transmettre et promouvoir les musiques traditionnelles de l’archipel, taarab en tête, à l’heure où toute la jeunesse tanzanienne n’a que deux mots à la bouche : singeli et afrobeats. Malgré ses quelques mécènes et sa trentaine d’élèves — qui pour certain.e.s viennent de loin pour étudier le taarab — l’avenir de la DCMA est menacé par le manque de soutien du gouvernement. Celui du taarab aussi ? Point sur la situation avec Halda sa directrice, le professeur Tryphon et deux jeunes élèves, Frank et Thureiya.
>> Comme Siti Binti Saad et Bi Kidude avant elle, Siti Amina a déserté mariage et violences conjugales pour se consacrer à la musique. Frondeuse et féministe, elle est aujourd’hui la chanteuse du groupe Siti & The Band qui a bien décollé depuis sa formation à la Dhow Countries Music Academy avec un taarab aux fondations traditionnelles enrichi d'éclats jazz, de grooves funk ou reggae, et de feats audacieux. Après son triomphe sur la scène du festival Sauti Za Busara, elle nous donne rendez-vous à Hifadhi Zanzibar Majestic Theatre, l’un des derniers lieux de musique live et de culture à Stone Town, l’un des rares bâtiments historiques de la ville à ne pas encore avoir été transformé en hôtel par les promoteurs de la surmise en tourisme de l’archipel.
Ce reportage pose les questions suivantes :
Quelles sont les nouvelles mutations du taarab ?
Que disent-elles de la société zanzibari ?
Quelle est la fonction du taarab aujourd’hui ?
Quelles sont les perspectives d’avenir dans un contexte de surtourisme ?
Que reste-t-il de l’héritage des pionnières Siti Binti Saad et Bi Kidude ?
Après elles, le taarab est-il toujours un vecteur d’émancipation pour les femmes ?
À lire sur PAM
Bi Kidude sur PAM.
Le oud et l’Égypte sont au cœur de cette double #SessionLive avec 2 virtuoses du luth : Tarek Abdallah et Mohamed Abozekry.
Notre 1er invité est Tarek Abdallah pour la sortie de l’album Ousoul.
Dix ans après le début de leur coopération pour leur premier album, Wasla (2015), Tarek Abdallah et Adel Shams El Din ont travaillé en complète harmonie pour bâtir ce nouvel opus. Leurs compositions se succèdent sur le modèle de la suite musicale proche-orientale, Wasla, qui enchaîne sur un même mode, maqâm, plusieurs formes chantées et instrumentales de cycles différents. Tout en gardant l’improvisation modale comme élément central (taqsîm mursal, non mesuré, et taqsîm muwaqqa’, mesuré), ils ont utilisé des cycles rythmiques traditionnels, dont certains étaient abandonnés, mais ils en ont aussi inventé de nouveaux.
Cet album se compose de cinq suites instrumentales basées sur cinq modes/maqâm différents : Nahâwand, Higâzkâr, Râst, Bayyâtî et Sîkâh. Cette dernière, la plus courte, ne contient qu’une seule œuvre vocale. En arabe, le mot usûl, pluriel de asl, signifie : « origine, racine, fondement, principe ou encore matrice ».
Tarek Abdallah est un compositeur, luthiste et musicologue égyptien, originaire d’Alexandrie, né en 1975. Il puise son inspiration dans l’âge d’or de l’art du oud égyptien en solo (1910-1930), qui est au centre de ses recherches musicologiques. Il grandit à Alexandrie et côtoie dès l’adolescence le milieu culturel local, et plus particulièrement celui du théâtre au sein duquel il débute la musique en autodidacte. C’est à 19 ans qu’il commence le oud, puis il rencontre Hazem Shaheen avec qui il fonde le groupe «Eskenderella» en 2000. En janvier 2005, la Maison du luth arabe du Caire lui décerne le diplôme de soliste et de professeur avec le prix d’excellence. Il reçoit parallèlement l’enseignement de plusieurs maîtres : le luthiste Hazem Shaheen et le grand compositeur et violoniste Abdou Dagher. Il se forme ensuite au chant marocain auprès de Saïd Chraibi et à la musique persane auprès de Darioush Tala’i. Depuis 2001, il vit à Marseille et obtient son doctorat en Musicologie à l’Université Lumière Lyon 2 en 2017. Tarek Abdallah multiplie les expériences liées à la transmission, à la diffusion et à la popularisation des savoirs liés au luth arabe à travers des créations, master-classes, conférences et ateliers dans toute la Méditerranée.
Titres interprétés dans le grand studio
- Agib Live RFI
- Ya Qalbahu chanté par Adel Shams El Din
- Nour Live RFI.
Line Up : Tarek Abdallah (oud), Christian Fromentin (violon) et Youssef Hbeisch (percussions).
Son : Benoît Letirant, Mathias Taylor.
► Album Ousoul (Buda Musique 2024).
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La #SessionLive se poursuit avec Mohamed Abozekry pour la sortie de Roh El Fouad.
Mohamed Abozekry. Né au Caire en 1991, compositeur franco-égyptien, virtuose du Oud, et chanteur. À 15 ans, il est diplômé de la maison du luth arabe au Caire et devient le plus jeune professeur de Oud au monde arabe. Deux ans plus tard, il remporte le premier prix au concours international de Oud de Damas en Syrie Après cette forte reconnaissance, Mohamed décide de prendre un chemin alternatif afin d’aller plus loin avec ses ambitions de jeune artiste. Il décide de partir en France à 18 ans, continuer ses études en musique classique et musicologie à l’Université de Lyon II. Ayant vécu à Lyon toutes ses années fondatrices, Abozekry fait partie de ces artistes qui ont quitté leur pays natal très tôt. Adopté en France à très bas âge, et c’est ainsi que sa carrière comme artiste a commencé de fleurir à l’international. Les allers-retours entre la France et l’Égypte lui permettent d’explorer de multiples pistes d’inspiration musicale. Il rencontre un grand nombre d’artistes et collabore avec différentes formations : groupes de jazz, de musiques des Balkans, orchestres classiques, mais aussi musiques traditionnelles extra-européennes ou musiques électroniques. En poursuivant son amour pour le cinéma et la composition musicale, Mohamed obtient un master de musique de film (MAAAV) à Lyon II, en 2019. Aujourd’hui, Mohamed Abozekry dédie une grande partie de son travail à la musique de film et présente deux nouveaux projets : le Duo avec Ersoj Kazimov aux percussions, et son quintet Jazz à Paris avec Camille Maussion au saxophone, Mark Priore au piano, Juan Villarroel à la basse, et Théo Moutou à la batterie.
Titres interprétés dans le grand studio
- Roh El Fouad Live RFI
- Mesh Hekaya, extrait de l’album
- Tarab Blues Live RFI.
Line Up : Camille Maussion (saxophone), Pierre Tereygeol (guitare), Marc Priore (piano), Théo Moutou (batterie), Juan Villarroel (contrebasse) et Mohamed Abozkry (oud, chant).
Son : Benoît Letirant, Mathias Taylor.
► Album Roh El Fouad - Âme de Cœur (Nile Waves 2024).
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De Mozart à Billie Eilish en passant par Tinariwen... C’est Le rendez-vous transmusical de RFI présenté par Laurence Aloir, avec des portraits, des reportages, des chroniques, les nouvelles…

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