Revue de presse des hebdomadaires français

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By RFI
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Revue de presse des hebdomadaires français episodes

  • À la Une: Emmanuel Macron, en pleine crise politique

    « Monsieur le président sortez la tête haute ! ». C'est le titre de la couverture du Point cette semaine. Selon le magazine, c'est un triple effondrement qui se joue en ce moment : économique, social et politique, et seule une démission et une présidentielle anticipée en mai 2026 pourraient permettre de sortir ce cette crise. « Aujourd'hui, le président de la République concentre tous les pouvoirs mais n'en exerce aucun » écrit un avocat essayiste, « Emmanuel Macron parade et pérore mais n'agit pas, chef d'un État obèse et impuissant dont la faillite financière s'affirme comme un risque existentiel pour notre pays ». L'essayiste attire notamment l'attention sur deux choses : d'abord, la France n'a plus aujourd'hui ni gouvernement pour conduire la politique de la nation, ni de Parlement pour voter les lois et contrôler l'exécutif. Une présidentielle en mai 2026 laisserait le temps nécessaire pour travailler sur des projets crédibles pour relever le pays. En résumé, pour Le Point : Emmanuel Macron « doit partir et laisser les français reconstruire ce qu'il a détruit ».

    Le magazine Marianne, consacre aussi un dossier entier sur Macron cette semaine, et le surnomme « Le Forcené de l'Élysée ». Il décrit un président qui perd la raison et qui est surtout « désynchronisé ». Ce qui faisait sa force - rester calme dans la tempête - est devenu sa faille... « Glorieuses ou désastreuses, les crises sont son décor préféré : Macron aime quand l'Histoire se referme sur lui. Sa présidence n'est plus une fonction, mais une identité (...). Il ne démissionnera pas : ce serait abolir la tension sans laquelle il ne respire pas. (...) Certains rois n'ont eu d'autre projet que d'être rois. Emmanuel Macron est de ceux-là. Reste la question : à quoi bon ? »

    Et puis cette autre interrogation qui ressort : « Et si nous arrêtions de nous regarder le nombril ? » demande le directeur de la rédaction de L’Express dans un Edito. Il décrit : « Au Portugal, en Grèce, en Espagne ou en Italie, les mêmes maux ont semé les mêmes doutes. Fin de la comparaison. Car de Madrid à Athènes en passant par Rome ou Lisbonne, les gouvernements ont su établir - parfois dans la douleur - les bases du redressement. Suivons leur exemple, avant que, faute d'action, les portes du pouvoir s'ouvrent aux extrêmes ». La priorité, c'est donc de « relever la tête, d'adopter un budget et de redonner aux français l'envie du politique. Retrouver de la grandeur d'âme, celle qui a prévalu en juillet 2024 » au moment des JO.

    Le vainqueur du Vendée Globe 2024 Charlie Dalin en lutte contre un cancer

    C'est « le Destin » qui se joue diront certains... « La Force du Destin » c'est d’ailleurs le nom d'un livre qui fait parler : celui du vainqueur du Vendée Globe 2024 - Charlie Dalin. Dans un portrait plein d'espoir dans le Nouvel Obs, que le navigateur se livre : il raconte son combat contre le cancer, à 41 ans, et comment il a pu gagner le Vendée Globe, tout en luttant contre la maladie : une tumeur gastro intestinale.

    Les premiers symptômes remontent à 2023 avec « des maux de ventre, qui passent avec un Spasfon, mais reviennent » et des douleurs qui s'intensifient et qui persistent. Charlie Dalin constate dans la foulée qu'il a perdu 4 ou 5 kilos. Après des analyses, un médecin lui annonce que sa tumeur mesure 15 centimètres. Il en informe son équipe et son partenaire - la Macif. « Il y a vingt ans on en mourrait » raconte-t-il « ça me glace rien que d'en parler ». Son traitement consiste à avaler un comprimé par jour, et passer la douleur, la course en solitaire finit par s'inviter dans son esprit. « Le 10 Novembre 2024, il est sur la ligne de départ ». Il se livre : « C'était inespéré ! Je pense que j'étais le plus détendus des 40 candidats, tellement j'étais simplement heureux d'être là ».

    La suite on la connaît : la victoire, mais l'euphorie est de courte durée, car la tumeur a regrossi pendant la course. Opéré en Mars, le cancer semble revenir, mais un autre traitement est proposé à Charlie Dalin. Aujourd'hui, son état est stable. Et comme beaucoup de malades il « a appris à vivre, au jour le jour ».

    L’art africain contemporain, un intérêt et des prix en hausse

    Et après ce beau portrait, direction justement les galeries d'art. Cette semaine dans l'Express, l'Art africain contemporain est mis en valeur au sens propre comme au sens figuré. À l'image de l'immensité du continent Africain, les artistes sont nombreux, tout comme l'offre... Collage, dessin, gouache, peinture, textile, matériau de récupération et photos abondent au cœur de cet art.

    « L'art contemporain est essentiellement figuratif » explique une spécialiste d'Artcurial dans les colonnes de l'Express : « La représentation de l'homme, la femme et des enfants est partout présente dans les tableaux et les photographies » mais, « Leur image est originale. Les artistes s'inspirent des canons occidentaux de la peinture ancienne pour les retranscrire à la mode africaine ».

    Et tout ça attire les curieux, les amateurs et les collectionneurs d'art. Un intérêt verni d'une hausse des prix. La palette financière est variée comme les couleurs : à partir de quelques milliers d'euros pour des belles pièces comme celles de l'Ivoirien Saint-Etienne Yeanzi. Et ça peut aller jusqu'à 30 000 à 100 000 euros pour des peintres reconnus comme le Congolais Chéri Samba ou l'Ivoirien Aboudia. Un conseil, si vous voulez investir : mieux vaut miser sur des artistes « présents dans les musées et les fondations privées » car « leur production devrait se valoriser au fil du temps ».

    5 min
  • À la Une: Robert Badinter au Panthéon

    L'avocat de l'abolition de la peine de mort va entrer au Panthéon. « Le dernier "saint de la République" », titre Le Nouvel Obs. Ministre de la Justice, président du Conseil constitutionnel, sénateur : le magazine explore ce qui fait de lui une « figure morale incontestable » en rappelant, au-delà de son combat contre la peine de mort, son « rôle décisif dans la dépénalisation de l'homosexualité » et son « souci constant des détenus dont il rappelait qu'ils demeuraient avant tout des citoyens ».

    « Robert Badinter n'est pas un personnage fade et consensuel, sans angles ni aspérités, qui ne suscitait aucun conflit », ajoute auprès du Nouvel Obs l'ancienne Garde des Sceaux, Christiane Taubira, figure de la gauche, tout comme l'était Robert Badinter, même si ses valeurs d'universalisme et d'humanisme sont parfois appréhendées, souligne le magazine, de différentes façons au sein de son propre camp. « Chacun projette en Badinter sa propre vision de la République », résume Le Nouvel Obs, qui est donc persuadé que « cette panthéonisation, l'une des dernières de la présidence Macron, ne divisera pas ». « Très rares sont ceux qui, en 2025, contestent » l'héritage de Robert Badinter.

    5 objets symboliques au Panthéon

    Un an et demi après sa disparition, à 95 ans, cet avocat « nourri de l'esprit des Lumières et de Condorcet », rappelle Le Nouvel Obs, va donc rejoindre le Panthéon, jeudi 9 octobre. Plus précisément, indique L'Express, ce sont 5 objets symboliques qui seront déposés dans un cénotaphe, un tombeau élevé à la mémoire d'un mort, mais qui ne contient pas son corps. Une robe d'avocat, une copie du discours de Robert Badinter devant l'Assemblée nationale, le 17 septembre 1981, au moment de l'abolition de la peine de mort, et trois livres dont un de Victor Hugo, les Choses vues, dans lequel est écrite cette résonnante phrase : « Heureux si l'on peut un jour dire de lui : En s'en allant, il emporta la peine de mort ».

    Cette panthéonisation est « une récompense magnifique », se réjouit sa femme, Elisabeth Badinter, dans les colonnes du Point. « Celle de la France à l'égard de ce petit Juif issu d'une famille très modeste. » Robert Badinter dont le père, Simon, a été arrêté à Lyon en 1943 par Klaus Barbie, pour être déporté puis gazé au camp de Sobibor, en Pologne. La résurgence de l'antisémitisme depuis l'attaque du Hamas le 7 octobre 2023, ce fut donc « un choc » pour lui, témoigne sa femme dans Le Point, qui publie justement un extrait d'un livre de Robert Badinter qui vient de paraître, Sur l'épreuve de l'antisémitisme.

    Une société israélienne « traumatisée »

    Ces mots résonnent particulièrement à l'approche du 7 octobre, et des deux ans de guerre entre Israël et le Hamas. Dans le même magazine (imprimé avant la réponse du Hamas au plan de paix proposé par Donald Trump) : cet article d'une correspondante à Tel-Aviv qui écrit qu'une « grande partie de la société israélienne redoute qu'une nouvelle déception ne vienne à nouveau doucher ce début d'espoir ». « Une société traumatisée », rapporte Le Point, qui a rencontré plusieurs psychologues israéliens dont les cabinets ne désemplissent pas depuis l'attaque du Hamas, le 7 octobre 2023. « Plusieurs études estiment à environ 3 millions le nombre d'Israéliens souffrant de troubles plus ou moins importants. » « Le Centre israélien sur la toxicomanie et la santé mentale évoque une hausse de 25 % de la consommation de drogue. »

    Malaise perceptible, aussi, dans les pays étrangers, de la France aux États-Unis. Le Point cite d'abord cette Parisienne de 56 ans qui « demande à son gendre d'ôter sa kippa quand il sort », et qui ressent « une haine, une défiance s'installer » à son travail. Elle envisage de rejoindre Israël avec sa fille d'ici l'été. Plus de 2 000 Français sont partis en 2024, soit le double de l'année précédente. À New York, aussi, « la sérénité a disparu », témoigne un autre Français installé dans cette ville pourtant vue, depuis plus d'un siècle, rappelle Le Point, « comme un refuge pour la population juive persécutée ». La probable arrivée de Zohran Mamdani à la mairie de New York inquiète une partie de la communauté, braquée par certaines déclarations du candidat démocrate et musulman.

    Visite dans un mémorial du 7-Octobre

    Une société israélienne « qui se radicalise », aussi, observe Le Nouvel Obs, « et qui ne cesse de revivre l'attaque la plus meurtrière de son histoire ». En témoigne ce reportage à Réïm, à la frontière avec Gaza, sur le site de la fête techno Nova, où le Hamas a assassiné des centaines de jeunes, le 7 octobre 2023. Un mémorial a été installé, accueillant, chaque jour, « de nombreux cars » et « des groupes de visiteurs ». Ils se recueillent devant les photos des victimes, mais aussi face au « cimetière de voitures calcinées avec, à chaque véhicule, un QR code qui envoie sur le téléphone l'histoire tragique de ses occupants ». Non loin, dans le kibboutz Nahal Oz, une partie de la population revient. « Il y a des tractopelles un peu partout, décrit Le Nouvel Obs, ça construit, ça rénove. Les jardins sont luxuriants ; des familles avec des poussettes se promènent, imperturbables quand retentit le son des explosions. » « Les gens comprennent, dit une habitante, que c'est important que nous, Juifs, habitions cet endroit, près de la frontière. Pour la sécurité de notre pays. »

    « Évidemment, il y a d'abord eu le choc et le deuil après le 7-Octobre, se souvient la rabbin Delphine Horvilleur auprès du Nouvel Obs. Et puis, très vite, la sidération face au manque d'empathie pour les victimes israéliennes. Mais j'ai également senti ce moment où certains des miens ont aussi vrillé, où la radicalité à l'intérieur de ma communauté est allée croissant. La difficulté pour la rabbin que je suis, dit-elle, est que je dois accompagner mon peuple dans la consolation et la quête de sécurité auxquelles il a pleinement droit et, simultanément, que je dois l'accompagner dans son questionnement sur lui-même, dans sa possibilité de critiquer le gouvernement du seul Etat-refuge dont il dispose. Et par moments, je ne sais plus si je dois tendre un miroir ou tendre les bras aux miens. »

    Sébastien Lecornu coincé entre les socialistes et la droite

    À la Une, également : la fin du compte à rebours pour la composition du nouveau gouvernement français. Ce sera aujourd'hui, 5 octobre, selon La Tribune Dimanche ; dans les 48h, d'après le JDD. Le Journal du dimanche anticipe « 24 ministres grand max » et révèle déjà son casting : la présence de la droite « devrait être renforcée » autour de Bruno Retailleau, maintenu ministre de l'Intérieur, tout comme Gérald Darmanin à la Justice. Sur le flanc gauche, en revanche, « seul Manuel Valls conserverait les Outre-mer ».

    Il faut dire qu'avec les socialistes, le chef du gouvernement « semble toujours dans une situation très précaire », observe La Tribune Dimanche, qui se demande si le PS décidera, ou non, immédiatement de censurer Sébastien Lecornu à l'issue de sa déclaration de politique générale, mardi 7 octobre. Le Premier ministre a pourtant accédé à une revendication des socialistes en renonçant au 49.3, mais ils « insistent sur la suspension de la réforme des retraites », chose dont la droite « ne veut pas entendre parler »... Les Républicains qui, eux, avancent, d'après La Tribune Dimanche, « sans enthousiasme vers une participation gouvernementale ». Tout cela, résume le journal, permet à Sébastien Lecornu « d'appréhender un peu plus les limites du défi auquel il est confronté à une époque où seule la radicalité paie et le compromis est vu comme une faiblesse ».

    6 min
  • À la Une: la contre-attaque de l'ancien président Nicolas Sarkozy

    Une photo qui circule ce matin sur de nombreux sites d’information, particulièrement celui du Parisien-Dimanche. Photo de Nicolas Sarkozy samedi soir, au Parc des Princes, dont l’ancien président est un habitué, et où le Paris-Saint-Germain (PSG) recevait Auxerre. « Derniers instants de liberté », commente le journal, alors qu’un peu plus tôt, l’ancien président s’est confié au JDD, l’ultra-conservateur Journal du Dimanche. Une interview-fleuve, dans laquelle l’ancien président revient sur sa condamnation à cinq ans de prison, dans l’affaire libyenne.

    Dans cette interview, Nicolas Sarkozy dénonce une décision qui selon lui « viole l’État de droit », « je m’attendais à tout, mais pas à cela », assure-t-il, précisant aussi qu’il ne s’avoue pas vaincu : « Je suis persuadé que je finirai par gagner, je ne plierai pas face au mensonge, au complot et à l’insulte. » À la question : « Espérez-vous une grâce du président Macron ? » Il répond : « En aucun cas. Pour être gracié, il faut accepter sa peine et donc reconnaître sa culpabilité. Jamais je ne reconnaîtrai ma culpabilité pour quelque chose que je n’ai pas fait ».

    Sévérité rare

    La Tribune-Dimanche revient, elle aussi, sur la condamnation de Nicolas Sarkozy à de la prison ferme. Dans son éditorial, le directeur délégué du journal Bruno Jeudy parle d’un « coup de tonnerre judiciaire ». Il s’exclame : « La France, sidérée, regarde l’un de ses anciens chefs d’État faire face à l’incarcération pour association de malfaiteurs dans l’affaire libyenne, une peine lourde. Inédite. Sans précédent dans l’histoire contemporaine de notre démocratie ».

    Bruno Jeudy se défend de « vouloir contester la décision de justice dans son principe » : « Une décision qui soulève malgré tout de nombreuses interrogations : aucun flux financier n’a été établi, trois des quatre chefs d’accusation sont tombés, mais la condamnation est ferme, immédiate, sans appel ou presque. Une sévérité rare, presque brutale, qui jette le trouble, sinon sur la justice, du moins sur sa lisibilité », estime Bruno Jeudy. En page intérieure, la Tribune-Dimanche, précise qu’après l’énoncé du jugement, Nicolas Sarkozy a reçu de nombreuses marques de sympathie. Y compris de la part du premier ministre Sébastien Lecornu, qui « l’a appelé pour prendre de ses nouvelles ainsi que de celles de sa famille ».

    L'échange entre les jeunes israélienne Michelle et palestinienne Tala

    La presse hebdomadaire se penche également sur la reconnaissance de la Palestine par la France. « Palestine, la reconnaissance et après ? » interroge, en Une, le Nouvel Obs. « Le geste est symbolique, il n’en est pas moins historique », remarque l’hebdomadaire, qui craint toutefois « que cette décision ne change pas grand-chose sur le terrain ».

    Le Nouvel Obs qui a par ailleurs interrogé Michelle et Tala, une jeune israélienne et une jeune palestinienne de Gaza qui dialoguent régulièrement par correspondance, lettres publiées par l’hebdomadaire. Chacune d’entre elles tente de comprendre l’autre. Et à les lire, on voit que l’exercice n’a rien d’évident. Michelle explique ainsi « qu’elle n’avait jamais parlé et écrit à quelqu’un de Gaza, même si elle vit tout près de ce territoire ». Tala, elle, raconte : « J’avais peur de trahir les miens, mais j’ai décidé de le faire pour documenter ce qui se passait à Gaza, raconter notre vie, les enfants que je voyais, et leur donner une voix. »

    À la question : « Que souhaiteriez-vous qu’on retienne de votre correspondance ? » la Palestinienne Tala répond : « Qu’on ne peut rester figées d’un seul côté, sans prendre le temps d’écouter l’autre ». L’israélienne Michelle, elle, aimerait « que ceux qui se considèrent comme les amis d’Israël dans le monde, arrêtent de penser que parler avec des Palestiniens ou chercher à les comprendre, c’est antisémite ou anti-Israël ». 

    Taxe Zucman

    Enfin, le Point affiche en Une cette question : « Pourquoi la haine des riches ? » Le magazine nous promet de nous révéler « les origines historiques d’une passion triste », dans un long dossier de quatorze pages. Où il est une nouvelle fois question de la fameuse taxe Zucman, du nom de cet économiste français qui propose de « créer un impôt plancher de 2 % sur les patrimoines supérieurs à 100 millions d’euros ». « Une incroyable opération qui méritera de figurer dans tous les manuels d’enfumage politique », fulmine Etienne Gernelle, le directeur de l’hebdomadaire.

    Nicolas Baverez assure que « cette taxe porterait le coup de grâce à notre pays exsangue ». L'essayiste ajoute même : « cette taxe est l’expression la plus aboutie de la préférence pour l’impôt, de l’ignorance de l’entreprise et de la haine des riches. » Et ce n'est pas tout : les Français n'y comprendrait tout simplement pas grand chose, car selon le Point, « ils restent parmi les plus incultes d'Europe en économie ».

    Un peu plus loin, l'hebdomadaire parle même de « nullité crasse ». Ce n'est peut-être pas la meilleure manière de lutter contre « la haine des riches ».

    5 min
  • À la Une: le déplacement forcé des Palestiniens de Gaza

    Difficile actuellement de savoir ce qui se passe dans la ville de Gaza, que les Palestiniens sont sommés d’évacuer vers le sud, par l’armée israélienne. Difficile, parce qu’Israël interdit toujours à la presse internationale de se rendre dans la bande de Gaza et de témoigner de ce qui s’y passe. On dispose donc de peu d’informations, actuellement, sur la situation à Gaza. Mais les journalistes palestiniens continuent de faire leur travail, au péril de leur vie. Et parmi les rares articles parus ces derniers jours, on a trouvé celui du site égyptien Mada Masr, repris par Courrier international, qui nous explique que fuir Gaza coûte cher, et devient parfois « impossible, faute de moyens ». Un obstacle de plus.

    1 000 à 1 500 dollars la tente

    C’est une réalité à laquelle sont confrontés les Palestiniens, raconte Thaer Abu Aoun, l’auteur de l’article. « Même une simple tente, le seul toit dont disposent des milliers de familles coûte désormais très cher, de 1 000 à 1 500 dollars, selon la taille et la qualité », explique le journaliste. « Et une fois qu’on l’a acquise », poursuit-il, « il faut encore trouver un terrain disponible pour la monter. Or, les terrains sont contrôlés par des gangs armés, qui louent chaque parcelle au prix fort ». Israël assure pourtant avoir mis à disposition des Palestiniens « des zones vides à Al Mawasi où il est possible de s’installer ». Mais selon Philippe Lazzarini, Commissaire général de l’Office de secours et de travaux de l’UNWRA, l’Agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens, Al Mawasi est « un immense camp en pleine expansion qui concentre des Palestiniens affamés et désespérés ». Les difficultés sont telles que certains renoncent à quitter la ville de Gaza. D’autant, explique le journaliste Thaer Abu Aoun, « que beaucoup de Gazaouis considèrent que la totalité des zones de la bande de Gaza sont soumises aux bombardements, y compris les zones prétendument "humanitaires" ». 

    Un geste diplomatique fort

    C’est dans ce contexte, que la France s’apprête à reconnaître la Palestine. « Emmanuel Macron va reconnaître demain à l’ONU l’État Palestinien » annonce en Une la Tribune Dimanche, avec ce titre : « Le défi de l’histoire ». En illustration, la photo d’Emmanuel Macron et de Benyamin Netanyahu, ensemble mais la mine sévère, elle date de leur dernière rencontre à Jérusalem le 24 octobre 2023. La reconnaissance de l’État palestinien, c’est, pour la Tribune Dimanche, « un geste diplomatique fort pour dire stop aux massacres dans la bande de Gaza et porter l’espoir d’une paix entre Israéliens et Palestiniens, en relançant la solution à deux États ». 

    Mais, se demande le journal, « comment mettre en œuvre une telle feuille de route, alors qu’Israël vient de se lancer dans la conquête de la ville de Gaza et qu’en Cisjordanie, l’Autorité Palestinienne est plus affaiblie que jamais ? ». « Il y a dix jours », poursuit la Tribune Dimanche, Benyamin Netanyahu l’a encore affirmé : « Il n’y aura pas d’État palestinien ». Interrogé, l’un de ses prédécesseurs, Ehud Olmert, lui, ne s’y oppose pas, mais se demande : « La reconnaissance d’un État qui n’existe pas, est-elle plus constructive qu’un effort de la communauté internationale pour forcer dirigeants israéliens et palestiniens à s’assoir autour d’une table et mener un dialogue qui contribuerait à la création d’un État palestinien dans le cadre d’une solution globale ? ».

    « Plaie toujours ouverte »

    Un autre des prédécesseurs de Benyamin Netanyahu, Ehud Barak, est lui aussi interrogé, mais cette fois-ci par l’hebdomadaire le Point. Ehud Barak qui est franchement opposé à la reconnaissance de la Palestine. « La décision de la France renforce le Hamas » assure-t-il, estimant « qu’une paix durable ne peut être imposée de l’extérieur ». Ehud Barak rappelle encore « que le 7 octobre est une plaie toujours ouverte, une déflagration qui continue de résonner dans chaque foyer israélien ». De son côté, Marianne a rencontré le militant pacifiste israélien Ofer Bronchtein, c’est lui qui aurait convaincu Emmanuel Macron de reconnaître la Palestine. « Reconnaître la Palestine c’est, dit-il, combattre les extrémismes ». « S’il y avait eu un État palestinien, poursuit-il, le 7 octobre ne se serait pas produit (…) S’il y avait une souveraineté palestinienne, la responsabilité viendrait avec : le Hamas n’est pas une organisation responsable, c’est l’ennemi des Palestiniens ».  

    Avant qu'il soit trop tard

    Enfin, comment les Israéliens accueillent-ils la reconnaissance de la Palestine par la France ? Selon le Point « l’initiative française suscite un rejet massif et transpartisan ». L’hebdomadaire cite également une « source officielle israélienne », selon laquelle « S’il n’y avait pas eu le 7-Octobre, il n’y aurait pas eu de reconnaissance de l’État palestinien ».

    C’est dans le Point, également, que l’on peut lire l’interview de l’ex-négociateur palestinien Ghaith al-Omari. Et rares sont les responsables palestiniens interviewés par les hebdomadaires français cette semaine. Comment Ghaith al-Omari interprète-t-il l’initiative de la France ? « Il voit dans cette décision, le signe d’une inquiétude profonde, celle de voir s’évanouir, peut-être définitivement, la perspective d’une solution à deux États ». Une décision qui, dit-il également, « repose surtout sur une conviction : si rien n’est fait, il sera bientôt peut-être trop tard ». 

    6 min
  • À la Une: les chances du nouveau Premier ministre français

    « Opération Lecornu : peut-il y arriver ? » s’interroge en Une le Point. « Bonne chance, Monsieur Lecornu », s’exclame en tout cas, non sans ironie, Etienne Gernelle dans son éditorial, avant de s’interroger : « Sébastien Lecornu parviendra-t-il à extraire la France de ce cycle infernal où se répondent la hargne – et souvent la bêtise - des discours politiques et la rage sourde qui court dans la société, le tout sur fond de douce sécession individuelle ».

    Le nouveau Premier ministre est prévenu, mais si l’on en croit le Point, il a ses chances. L’hebdomadaire le décrit comme « discret et fin manœuvrier ». Pour un proche d’Edouard Philippe, il est « un grand talent de la politique, capable de parler à la droite et à la gauche ». Pour un autre, un intime, c’est « un démerdeur de situations complexes ». Du côté de ses détracteurs, on murmure « qu’il sera la voix de son maître ». Autrement dit, Emmanuel Macron. Mais, selon « un stratège », interrogé par le Point, « Lecornu rapproche le danger pour le président. S’il tombe, le prochain sur la liste, c’est lui ». 

    Taxer les plus riches

    C’est dans ce contexte que les hebdomadaires s’interrogent et se demandent comment relancer la France… Pour le Nouvel Obs, pas de doute : il faut faire payer les plus riches. Emmanuel Macron, nous dit l’hebdomadaire, « doit ouvrir les yeux : son refus obstiné de toucher au cœur du macronisme – ne pas augmenter les impôts des plus riches ni la fiscalité des grandes entreprises – met désormais en péril le pacte social ».

    Et ce n’est pas tout. Deux journalistes du Nouvel Obs, Matthieu Aron et Caroline Michel-Aguirre ont mené l’enquête et selon eux, « les Français financent – sans en avoir conscience – des aides publiques devenues massives pour les grandes entreprises, et qui expliquent en partie l’ampleur de la dette ». Selon les deux journalistes, ce sont environ « 270 milliards d’euros » qui sont ainsi « chaque année transférés vers les plus riches et les entreprises ». À titre d’exemple, le Nouvel Obs cite les déductions fiscales qui, tel le crédit d’impôt recherche, permettent « aux grands groupes de rafler la mise ».

    La taxe Zucman

    L’hebdomadaire Marianne, lui aussi, a sorti la calculette… Et c’est un autre chiffre qui est mis en avant : 268 milliards d’euros. C’est, selon Marianne, « la somme que les dix familles plus riches du pays, ont amassé au cours des six dernières années ». « Un sacré gisement de recettes fiscales », remarque l’hebdomadaire, qui pose cette question  : « Et si on essayait la taxe Zucman ? » Du nom de ce jeune économiste franco-américain, professeur à la prestigieuse université de Berkeley, qui propose « de prélever un impôt plancher de 2% sur les patrimoines supérieurs à 100 millions d’euros ».  

    Une proposition dans l’air du temps, mais que François Bayrou, il y a encore peu Premier ministre, balayait (comme beaucoup) d’un revers de main, estimant que « c’était une menace sur les investissements en France ». Pourtant, fait remarquer Gabriel Zucman dans le Nouvel Obs, une récente étude du Conseil d’Analyse économique (rattaché à Matignon), « conclut à un très faible risque d’exil fiscal des ultra-riches (de l’ordre de 0,1 à 0,2 %) ».

    Mobilisation patronale

    La taxe Zucman serait-elle donc la recette miracle ? Pas si sûr… en tout cas, des protestations s’élèvent dans le camp des principaux concernés. Tel Patrick Martin, le patron des patrons, dans les colonnes du Parisien-Dimanche. « Il refuse toute hausse d’impôts et monte au créneau pour torpiller les propositions budgétaires des socialistes, notamment la taxe Zucman », explique le journal. « Cette taxe », assure Patrick Martin, « serait un frein terrible à l’investissement et à la prise de risque pour les entreprises ». Patrick Martin qui brandit la menace d’une « grande mobilisation patronale » « si les impôts augmentent ». 

    Amour et DRH

    Enfin, dans l’Express la philosophe Julia de Funès, s’intéresse au cas d’un grand patron, celui de Nestlé, qui vient d’être licencié. Licencié, oui, mais pas pour des raisons économiques ni pour une faute professionnelle. Il a été licencié « pour avoir entretenu une relation privée non-déclarée avec une subordonnée ». Pour Julia de Funès, « il ne s’agit pas là d’une simple péripétie RH (des Ressources Humaines) croustillante, mais un révélateur. Révélateur d’un déplacement inquiétant : celui du pouvoir des entreprises, qui ne s’arrête donc plus aux performances, aux comptes ou aux résultats, mais qui s’étend désormais dans la sphère la plus intime des individus ».

    « Autrefois, poursuit la philosophe, on murmurait ses fautes à voix basse dans un confessionnal ; aujourd’hui, il faut exposer ses amours aux patrons, ses liaisons au DRH et sa vie privée aux chartes de conduite ». Quelle est la morale de l'histoire ? « Nestlé peut délocaliser, spéculer sans trembler ; mais que son dirigeant aime en secret là où il ne faut pas, et le couperet tombe », observe Julia de Funès, qui remarque malicieusement que « Roméo et Juliette n'auraient pas survécu trois semaines à une charte de conformité ». 

    5 min
  • À la Une: la France entre interrogations et inquiétude

    C’est une semaine décisive qui s’annonce, avec, demain, le vote de confiance à l’Assemblée nationale, qui selon toute vraisemblance, verra le Premier ministre François Bayrou perdre la main. Mercredi, le 10 septembre, la journée de protestation « Bloquons tout ».

    Deux rendez-vous qui inquiètent les hebdomadaires. Le Nouvel Obs et Marianne, parlent même d’une « crise de régime ». « Après une réélection sans élan en 2022, des législatives sans majorité, une dissolution suicidaire en 2024 et une vraie défaite aux législatives qui ont suivi, voici Emmanuel Macron bientôt contraint de nommer son cinquième Premier ministre en trois ans », constate le Nouvel Obs. Il se demande si « cette crise inédite est le signe d’une Vème République à bout de souffle ou de l’échec d’une classe politique incapable d’inventer une autre pratique du pouvoir ».

    De son côté, Marianne s’interroge « sur le blocage total et la défiance généralisée qui posent la question de la survie du régime à court terme ».  

    Procrastinations

    C’est dans cette atmosphère plutôt pessimiste que la presse tente d’envisager l’avenir. Pour ce qui est du prochain gouvernement, les socialistes, et particulièrement leur Premier secrétaire Olivier Faure, ont fait savoir qu’ils étaient intéressés.

    « Olivier Faure a vocation à revendiquer le pouvoir », estime François Hollande dimanche 7 septembre dans la Tribune Dimanche. Pas tendre avec son successeur, l'ancien président socialiste estime que « si le gouvernement de François Bayrou tombe demain, les procrastinations d’Emmanuel Macron ne peuvent plus avoir cours. Il doit nommer vite un Premier ministre et lui laisser la plus grande des latitudes pour assurer la présentation d’un budget dans les délais constitutionnels. Il ne peut être question de poursuivre la politique menée depuis 2017. »

    François Hollande ne va toutefois pas jusqu’à réclamer la démission du président : « Ayant occupé cette charge, sachant combien nos institutions doivent être respectées, je ne serai jamais de ceux qui appellent à la démission du président de la République ».

    Dette publique

    Quant à la situation économique, elle n’engage pas non plus à l’optimisme. L’Express, notamment, se désole de voir la France endettée jusqu’au cou. « Un médecin parlerait sans doute de déni. Ou de fuite en avant », nous dit l'hebdomadaire, « Il dresserait le diagnostic d’un patient incapable d’appréhender le réel. Le réel, c’est celui d’une société française, malade de sa dette publique et de ses déficits qui s’empilent méthodiquement depuis 1973, au gré des alternances politiques ».

    Le 8 septembre, poursuit l’Express, « François Bayrou va jouer son avenir politique, et surtout la crédibilité de la France, sur un chiffre : 44 milliards d’euros, la facture nécessaire pour commencer à infléchir la tendance et permettre enfin au pays de respecter les engagements pris à Bruxelles ».

    Et l’Express ironise sur ceux qui ne partagent pas ce point de vue, tel Olivier Faure. « Pour le patron du PS, le problème du déficit français ne serait pas celui d’une dépense publique obèse, mais de recettes faméliques en raison des cadeaux fiscaux accordés depuis 2017 » affirme l’Express, qui poursuit : « Pire, au cœur des revendications du nébuleux mouvement "Bloquons tout", cette phrase reprise par Jean-Luc Mélenchon (le leader de la France Insoumise) : "cette dette n’est pas la nôtre". » 

    « Bloquons tout »

    Alors, précisément, ce mouvement qui appelle au blocage pour la journée de mercredi, est-il aussi nébuleux que l’affirme l’Express ? Pas vraiment si l’on en croit le Nouvel Obs, qui a fait la rencontre de celle qui, selon lui, a lancé le mouvement un soir de colère.

    Christelle 46 ans, ancienne « gilet jaune », habite dans le sud de la France, et selon le Nouvel Obs, elle veut rester anonyme. C’est elle qui, avec l’aide de ChatGPT, a écrit « cette lettre ouverte au peuple de France », dans laquelle elle s’exclame notamment : « Stop aux injustices, stop aux abus. Stop à ce système qui broie les humains pour nourrir les profits. Ce jour-là, nous ne sortirons pas : Pas de travail, pas d’école, pas d’achat. Pas de train, pas de métro… ».

    Une vidéo postée sur TikTok qui connaît un succès immédiat. « Le lendemain, raconte Christelle, je vois que la vidéo a fait plus de 300 000 vues, puis très vite 600 000. » Sur les réseaux sociaux, « on se dispute la paternité de l’appel », extrême droite et extrême gauche « s’étripent », nous dit le Nouvel Obs, qui cite également un sondage de la Fondation Jean Jaurès, selon lequel « 80 % des soutiens au mouvement se situent dans la gauche radicale ». Des soutiens auxquels le Parisien-Dimanche savonne la planche, évoquant « un caravansérail de revendications sans grande cohésion, parfois même contradictoires mais qui se retrouvent dans un même fond de sauce : le ras-le-bol. De quoi ? D’un peu tout, une exaspération toute française », estime le journal.  On en saura sans doute plus, le 10 septembre ! 

    6 min
  • À la Une: François Bayrou et la chute annoncée du gouvernement

    Le Premier ministre français est à la Une de l’Express et du Point, qui titre : « la tragédie française ». « En demandant un vote de confiance à l’Assemblée le 8 septembre, François Bayrou met le feu à la rentrée politique. Pendant ce temps, la France se rapproche chaque jour du chaos financier ». Le Point n’est en effet guère optimiste.  « Voilà le pays de nouveau plongé dans l’inconnu et saisi de stupeur à l’annonce du rendez-vous du 8 septembre ». Car, sauf imprévu, l’Assemblée ne votera pas la confiance au Premier ministre, auquel l’hebdomadaire ne jette toutefois pas la pierre. « En battant le rappel sur la dérive de nos comptes publics et le fol endettement, François Bayrou a fait œuvre utile. Mais faut-il que survienne un accident majeur pour qu’enfin la France et la classe politique se réveillent ? Une brutale hausse des taux d’intérêt ? Une mise sous tutelle ? » interroge Le Point.

    L’Express, lui aussi, distribue les bons points au Premier ministre. « François Bayrou dit vrai », assure l’hebdomadaire. « Personne ou presque, ne l’écoute. Tragique issue (…) Le Premier ministre s’inquiète du péril qui menace la France. Un péril sournois, abstrait, mais parfaitement documenté pour qui veut se donner la peine de lire les chiffres : la dette ».

    Le quinquennat mis en péril

    La presse du dimanche, elle aussi, s’inquiète, mais elle est moins indulgente avec le Premier ministre.  « Nous voilà de nouveau à l’arrêt politique, institutionnel, économique. Pendant combien de semaines encore ? », se désole le Parisien Dimanche, qui n’épargne pas François Bayrou. « S’il a cru qu’il avait trouvé la martingale avec ce vote du 8 septembre, le voilà englué dans ses calculs, à priori ratés… » La Tribune Dimanche, elle, a choisi de mettre Emmanuel Macron, l’air soucieux, en Une. Avec ce titre : « Retour à la case départ. Emmanuel Macron cherche déjà son nouveau premier ministre (…) le chef de l’État va se retrouver en première ligne avec la démission programmée de François Bayrou ». Le Premier ministre que la Tribune Dimanche soupçonne d’agir pour son propre intérêt : « À vouloir cultiver sa stature pour l’Histoire - chuter au nom de la défense de ses valeurs – le Premier ministre sacrifie le présent et met en péril la fin du quinquennat »... estime le journal.

    « Comment arrêter cette guerre » ?

    Nous ouvrons à présent le Nouvel Obs, qui s'interroge sur le rôle de l'Europe dans la guerre entre la Russie et l'Ukraine. Le Nouvel Obs qui est allé à la rencontre de Josep Borrell, l’ex-chef de la diplomatie européenne. Interrogé sur la visite des dirigeants européens à Washington, le 18 août dernier, Josep Borrell estime « qu’à travers ce théâtre des chefs de petits pays reçus en audience par le grand Manitou pour le flatter, les Européens ont quand même réussi à empêcher le pire (…) ils ont réussi à imposer le sujet des garanties de sécurité, empêchant pour l’instant de mettre sur la table celui des cessions territoriales ».

    Pour autant, Josep Borrel ne se berce pas d’illusions. « La vraie question, à laquelle personne n’est capable de répondre (dit-il) c’est de savoir comment arrêter cette guerre. On ne peut pas négocier sous les bombes, et Vladimir Poutine n’arrêtera pas d’attaquer l’Ukraine pour nous faire plaisir ».

    Pas optimiste non plus, Giuliano da Empoli, l’auteur du Mage du Kremlin, s’exprime ainsi, dans le Point : « ce que je trouve très inquiétant, c’est que pour l’animal de pouvoir qu’est le président russe, la séquence, au fond, n’est pas déplaisante. Même si l’invasion de l’Ukraine ne s’est pas passée comme prévu, il en a fait, trois ans plus tard, un processus qui consolide son pouvoir de l’intérieur. Le fait est que tout processus de paix pourrait, en réalité le gêner », conclut Giuliano da Empoli. 

    Appels au secours

    En France, l’État est mis en cause dans certains féminicides. « L’État sur le banc des accusés », titre le Point, qui explique : « le service public se voit demander des comptes dans des affaires où les dysfonctionnements ont une issue tragique ». L’hebdomadaire nous raconte ainsi l’histoire de Sandra, assassinée le 2 juillet 2021 par son ex-compagnon. Alors qu’elle avait maintes fois sonné l’alerte et demandé de l’aide. Dans une lettre adressée au Procureur de la République de Bordeaux et au chef de l'état, la jeune femme écrivait ainsi quelques mois avant sa mort : « on me dit devoir attendre que mon ex-conjoint pénètre dans mon domicile pour porter plainte. Est-ce vraiment normal de me faire agresser pour me faire entendre ? On me conseille de faire appel aux forces de l’ordre chaque fois que je me sens en danger. Dois-je appeler tous les jours ? »

    Les parents de Sandra ont « déposé plainte contre l’état pour faute lourde. » « Les actions de cet ordre restent rares », explique l’hebdomadaire, « mais elles s’accroissent, portées par la prise de conscience collective de l’ampleur des violences conjugales et des mécaniques à l’œuvre dans les féminicides ». 

    6 min
  • À la Une: l'Europe face à Vladimir Poutine et Donald Trump

    Après le sommet Trump-Poutine, après la visite de Volodymyr Zelensky et des dirigeants européens à Washington, où en est-on aujourd'hui  ?  À en croire le Point, les Européens peuvent se féliciter. « Unis, ils ont su se faire entendre du président américain », assure l’hebdomadaire. « Ils ont d’abord obtenu l’engagement américain de travailler avec eux sur les garanties de sécurité », alors que quelques semaines plus tôt, « Donald Trump prônait le désengagement américain et renvoyait l’Europe à ses responsabilités ». « Deuxième victoire, plus subtile », poursuit Le Point, « Emmanuel Macron et les Européens ont imposé leur vision sur la séquence de négociation ». À savoir, « on ne peut pas (…) discuter sous les bombes ».

    Hors-jeu

    Le Point, plutôt enthousiaste donc, enthousiasme que ne partage pas Marianne. C’est le moins que l’on puisse dire : « l’Europe brutalisée », s’exclame l’hebdomadaire. « Trump et Poutine ont mis l’Europe hors-jeu (…) la visite des Européens à Washington n’a pas effacé une réalité abrupte : les dirigeants du vieux continent semblent être devenus les figurants d’une histoire internationale qui se joue ailleurs, et notamment, entre Donald Trump et Vladimir Poutine ». « Les concerts de flagorneries, les rodomontades devant les micros et les visioconférences en cascade ne suffisent pas à dissiper le malaise », estime Marianne, qui concède toutefois « que les dirigeants européens, ont réussi, à force d’insister, à ne pas être totalement mis à l’écart des négociations autour d’une guerre qui se déroule à leur porte ».

    Mères porteuses sous les bombes

    Une guerre qui se poursuit, mais qui n’empêche pas la vie de continuer. Le Nouvel Obs publie cette semaine un grand reportage intitulé « Mères porteuses sous les bombes ». « L’Ukraine, qui autorise la gestation pour autrui depuis 2002, est devenue en vingt ans l’un des tout premiers « hubs » en Europe », explique l’hebdomadaire qui ajoute : « la guerre n’y a pas mis fin, bien au contraire ». Le Nouvel Obs s’interroge. « Combien sont-ils, ces parents en mal de bébé, à entamer cette folle aventure dans un pays où les alertes appellent à descendre aux abris quasiment toutes les nuits ? » On ne connaît pas leur nombre, mais ils sont Allemands, Espagnols, Brésiliens ou encore Australiens.  Et tous, déterminés. L’hebdomadaire a rencontré un couple de jeunes allemands, « ils ne quittent pas des yeux le couffin où dort leur « petite merveille » Malenka-Rosa, née d’une mère porteuse dans une clinique de Kiev ». « En quelques heures », raconte le Nouvel Obs, « ils ont tout oublié, les sirènes et les tirs de missiles, les doutes et la peur ».

    Les femmes, qui décident de porter l’enfant d’un autre couple, elles, sont de plus en plus nombreuses. « Malgré, et sans doute à cause de la guerre, les candidates à qui on propose de 15 000 à 20 000 euros, une petite fortune dans un pays où le salaire minimal n’atteint pas les 200 euros, se bousculent pour devenir mères porteuses », explique le Nouvel Obs qui a rencontré l’une de ces femmes : « Helena, enceinte de 24 semaines pour un couple de Brésiliens ». « Personne ne fait cela par plaisir, dit-elle, c’est la vie qui nous y oblige ». 

    Au bord du vide 

    En France, à présent, la rentrée politique se prépare. « La rentrée ou la sortie », comme le remarque ironiquement la Tribune Dimanche. Rentrée politique et éventuelle sortie du Premier ministre François Bayrou, toujours assis sur un siège éjectable. François Bayrou, « au bord du vide », « dos au mur », nous dit la Tribune Dimanche. « Il tiendra demain une conférence de presse sur le budget, toujours rejeté par les oppositions. La menace de censure va planer tout l’automne ».  De son côté, le Parisien-Dimanche a interrogé le Premier ministre. « Il nous confie », précise le journal,  « sa certitude que les Français prendront conscience de la nécessité de serrer la vis de la dépense publique. » Toutefois, poursuit le Parisien-Dimanche, « il y a cet appel à bloquer le pays, le 10 septembre, appel relayé par les dirigeants de gauche ». Qu’en pense François Bayrou ? Il se moque en quelques mots : « le pays est devant de grands risques, tiens, nous allons le bloquer. Comment défendre ça ? » a répondu le premier ministre au Parisien-Dimanche. 

    Tabou religieux

    Enfin, dans le Point, un article consacré à la militante féministe et LGBT marocaine Betty Lachgar. Arrêtée et emprisonnée pour avoir porté un « t-shirt noir barré d’un slogan en lettres blanches « Allah est lesbienne ». « Depuis des années », nous explique la journaliste et essayiste Peggy Sastre, « elle le porte lors de rassemblements ou dans ses publications, sans jamais se cacher. Mais il aura suffi d’une énième campagne de harcèlement sur les réseaux sociaux (…) pour que la justice finisse par s’en emparer », « dans un pays où l’apostasie reste taboue et où les relations homosexuelles sont criminalisées ».  « Un geste qui coûte cher », ajoute Peggy Sastre : « planter un drapeau sur un tabou religieux en sachant qu'il peut devenir un linceul ». 

    5 min
  • À la Une: la conquête de la planète rouge

    « Objectif Mars », « Mars, la nouvelle frontière de la conquête spatiale », titre le Nouvel Obs, avec en Une, une splendide photo, celle d’une planète où se mêlent harmonieusement l’orange et le rouge. Un peu comme dans un rêve, mais ne rêvons pas trop longtemps, car la réalité se mesure en termes de puissance et d’argent. « La planète Mars est aujourd’hui le Graal intersidéral, nous dit le Nouvel Obs, le terrain des grandes puissances, avec la Chine comme nouvel acteur. L’Amérique de Trump en a fait son nouveau fétiche, promettant les premiers pas de l’homme sur Mars d’ici à 2029, avant la fin du mandat du président. »  Qu’importe si tous les scientifiques s’accordent à dire que c’est parfaitement impossible.

    Donald Trump y croit-il lui-même ? En tout cas, il mène le jeu comme n’importe quelle autre affaire commerciale. « Trump et ses amis de la tech mettent en danger les programmes de la Nasa basés sur la coopération internationale, pour privilégier les progrès strictement nationaux, nous explique le Nouvel Obs. « Derrière les accents triomphants annonçant la colonisation de Mars pour les prochaines années (…) se cache la captation des crédits publics par quelques "entreprises amies", celles des barons de la tech qui ont soutenu la campagne de Trump, avec en tête Elon Musk avec Space X et Jeff Bezos avec Blue Origin. ».Les passionnés, qui regardent la planète rouge avec des yeux d’enfant, en seront pour leurs frais.

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    La fin de la guerre ?

    Après l’annonce d’une rencontre entre Trump et Poutine le 15 août en Alaska, le Journal du Dimanche (JDD) pose la question : « Et si la guerre se terminait la semaine prochaine ? », question faussement innocente, car l’analyse qui suit tend plutôt à démontrer le contraire. « Personne ne peut croire que la paix soit l’issue de ce tête-à-tête », estime le JDD.

    La Tribune Dimanche, de son côté, met l’accent sur ce qu’elle estime être l’ambition première de Donald Trump : « le président américain se rêve en prix Nobel de la paix, et multiplie les initiatives pour y parvenir. Le sommet du 15 août avec Vladimir Poutine est un pas de plus sur le chemin de son ambition ». À la question « le sommet du 15 août pourrait-il accoucher du plus grand succès diplomatique de la seconde présidence Trump ?  David Salvo, analyste au German Marshall Fund, interrogé par la Tribune dimanche, répond : « Washington sous-estime à quel point le Kremlin veut continuer à mener cette guerre, la légitimité et le sort du régime poutinien ne dépendent pas seulement de la fin de ce conflit aux conditions dictées par la Russie, mais à sa prolongation jusqu'à nouvel ordre, avec une économie entièrement consacrée à cette guerre ».  

    Bref, personne ne croit vraiment à un miracle pour le 15 août.

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    L'appétit du géant russe

    La guerre en Ukraine que les pays baltes suivent avec une attention particulière. L'Express s’est rendu en Estonie, le plus petit des trois pays baltes qui comptent aussi la Lettonie et la Lituanie. L’Estonie (avec moins d’1,35 million d'habitants) qui partage « 300 kilomètres de ligne de démarcation avec la Russie », « une frontière de tous les dangers, explique le Nouvel Obs, face à ce grand voisin avide de conquêtes. »

    « L’Otan pourrait être testée sur sa capacité à réagir "d'ici à cinq ans", répète son secrétaire général Mark Rutte », nous rappelle l’Express, qui a aussi consulté une récente étude de la Revue nationale stratégique française, « jugeant plausible une guerre majeure de haute intensité en Europe ».  Cette étude souligne aussi « que le renforcement de l’armée russe se poursuit de façon accélérée pour recompléter de nombreux matériels détruits en Ukraine, mais également pour développer de nouvelles capacités et renforcer son arsenal d’ici à 2030 ».

    L’Estonie, elle, ne peut guère compter que sur ses 4 000 militaires de métier et ses appelés. Et puis bien sûr, il y a l’Otan. Un officier américain, dont le régiment s’entraîne en Estonie, témoigne : « Nous sommes ici pour changer les calculs de l’adversaire, le dissuader d’une agression et respecter notre engagement de l’article 5 de l’Otan. » Article qui stipule « qu’une attaque contre un État appartenant à l’Alliance atlantique est une attaque contre tous. Et qu’elle ne restera pas sans réponse. »

    Mais cette perspective arrêtera-t-elle Vladimir Poutine ? Rien n'est moins sûr. « À quelle échéance les Russes pourraient-ils passer à l'action ? », interroge l'Express, qui cite une source sécuritaire, selon laquelle « les Russes n'ont pas besoin d'arrêter la guerre en Ukraine, il leur suffit d'amasser des unités à la frontière, puis de prendre une décision politique ». Une perspective effrayante pour l'Estonie, mais aussi la Lettonie et la Lituanie.

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    5 min
  • À la Une: l'Ukraine recrute dans les prisons pour envoyer des soldats au front

    Le pays peine à mobiliser trois ans après l’invasion russe, alors écrit Marianne le Parlement a autorisé il y a un an le recrutement dans les prisons. Et depuis, c'est parmi 37 000 détenus que l’armée peut aller chercher de nouvelles recrues. C’est le cas dans une prison de la région de Kiev. Les soldats recruteurs s’y rendent pour rencontrer une dizaine de prisonniers volontaires au milieu des murs rose pastel d’une bibliothèque aux rayonnages qui débordent de livres. « Je vais être clair, chez nous, il y a des règles strictes qu’il ne faut pas enfreindre sinon la sanction est sévère : pas d’alcool, pas de drogue, pas de désertion », peut-on lire dans les colonnes de Marianne. Et le recruteur de poursuivre « vous vous ferez bombarder fort, ce qu'on vous propose, c'est une excellente formation et du sérieux ». Parmi les prétendants ce jour-là, Sasha, 35 ans, qui a tué une femme qui tenait des propos pro-russes en 2024. Mais il n’a pas purgé le tiers de sa peine de neuf ans et ne pourra donc pas intégrer l’armée. 100 000 morts en trois ans, un conflit qui n’en finit pas de durer. En un an, 8 500 prisonniers ont été recrutés de la sorte. Combien rentreront chez eux en vie ? Difficile à dire, mais les surveillants de prison font de la résistance, poursuit Marianne, pas fan du dispositif, car s’il y a moins de prisonniers il y aura moins de postes de matons et donc plus de chances qu’ils soient, eux aussi, envoyés sur le front…

    Le Nouvel Obs s’intéresse aussi à un ancien prisonnier des geôles ukrainiennes entré dans l’armée. Mais son parcours est nettement plus atypique, pour ne pas dire chaotique, parce qu’il a été soldat russe avant. Pour V, il préfère l’anonymat, tout commence en 2023 détaille le Nouvel Obs, il se fait arrêter pour fraude fiscale, et est emprisonné. Et c’est là qu’en premier lieu l’armée russe s’intéresse à lui. « Soit tu vas te battre et tu touches la prime d’engagement, un million de roubles, 11 000 euros et 200 000 roubles par mois, 2200 euros. Soit, tu rempiles pour huit ans de prison ». Le choix est vite fait et le jeune homme se retrouve en camp d’entraînement avant de rejoindre le « hachoir à viande ». C’est le terrible surnom donné aux lignes d’assaut, un taux de survie très faible, les soldats envoyés en première ligne servent de chair à canon.

    Il se souvient que sur le front de nombreux corps de soldats russes morts pourrissent, jamais ramassés par les autorités qui évitent ainsi de devoir dédommager les familles des morts au combat. V. finit par s’échapper, poursuit le Nouvel Obs. Il se rend aux Ukrainiens, devient prisonnier de guerre, étonné du relatif bon traitement que lui réservent les soldats de Zelensky, il finit par s’engager à leur coté. « Mon rêve, c'est de faire venir ma mère et mon frère en Ukraine, conclut-il, je ne veux plus rien avoir à faire avec la Russie ».

    Les coulisses du G7 

    Au-delà des photos soigneusement préparées et des prises de paroles millimétrées, l’écrivain Emmanuel Carrère a suivi Emmanuel Macron dans les coulisses de ce sommet des plus puissants des puissants. À la mi-juin, au Canada, « l’exercice d’un tel sommet, c'est de se faire entendre sans donner l’impression qu’on fait la nique à Trump » rapporte Carrère dans le Nouvel Obs. Son récit, c’est celui des coulisses, des tractations silencieuses, des protocoles qui pèsent, des volontés de ne froisser personne. Costumes sombres et cravates pour les hommes, tailleurs stricts pour les femmes. Ils sont 1 500 dans les délégations à arpenter les salons d’un hôtel façon Shining flanqué au beau milieu de nulle part dans les plaines du Canada. Et le romancier de poursuivre « au bout d’une heure et demi, on est donc comme prévu arrivé à rien ».

    Dans Le Point, on s'intéresse au phénomène Meloni

    Qui s’affiche tout sourire en Une avec un petit village de Ligurie en fond, carte postale et géopolitique un combo toujours gagnant. Et on y lit qu’en mille jours la cheffe du gouvernement a su « imposer son pragmatisme ». Arrivée au pouvoir en septembre 2022, son gouvernement est rentré dans le top 5 de ceux avec le plus de longévité. Alors comment caractériser le style Meloni ? Le Point parle donc d’un « pragmatisme » revendiqué, d’une chef de gouvernement qui a su « imposer son équilibre politique de haute lutte », dans un pays habitué au chaos. Et même dans les rangs de la droite européenne, on salue son sérieux : elle devient « une partenaire sérieuse, crédible et raisonnable », là où on l’attendait isolée. Le Point rappelle que ses adversaires se font rares. À mi-mandat, aucun contre-projet ne perce, aucune figure n’émerge. Et quand elle parle, elle imprime. Exemple : au Conseil européen de février 2023, elle revendique l’introduction de « sept à huit propositions italiennes » sur l’immigration, et parle d’une « grande victoire pour l’Italie ». Une sortie qui avait laissé « un peu souffler » les diplomates français. Trois ans après son arrivée au pouvoir, Giorgia Meloni est toujours là, plus centrale que jamais. Elle agace, mais elle avance. Et, comme l’écrit Le Point, elle pourrait bien, d’ici 2027, doubler la mise.

    5 min

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