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Pour leur dernière publication de l’année, le Point et le Nouvel Obs ont eu la même idée et proposent cette semaine un numéro double, dont une grande partie est consacrée à la Chine. « L’empire qui sidère le monde », titre le Point, alors que le Nouvel Obs évoque « l’irrésistible expansion d’un empire ».
Le Nouvel Obs qui consacre une cinquantaine de pages à la Chine et à son histoire, depuis le premier empereur, en 221 av. J.-C., jusqu’au président Xi Jinping, au pouvoir depuis 2012. Une histoire riche, souvent méconnue alors que, nous dit l’hebdomadaire, « pour comprendre son avenir, il ne suffit pas de comprendre son propre passé, il faut aussi étudier celui des autres ». Et sur ce point, les Occidentaux se sont laissé surprendre. « Notre aveuglement aurait-il été si total si nos experts avaient pris la peine, il y a 25 ans, d’ouvrir quelques livres d’histoire chinoise ? En aspirant à être la première puissance mondiale, explique le Nouvel Obs, la Chine ne cherche pas à conquérir une place jamais atteinte. Elle entend retrouver celle qui fut la sienne pendant des siècles. »
Une Chine méconnueUne analyse que ne dément pas le Point qui lance : « Offrons un voyage en Chine à nos députés », que visiblement l’hebdomadaire pense bien mal informés. « Laissons nos députés voir cela !, s’exclame-t-il. Le silence de ces villes aux voitures électrifiées, les nombreux parcs dévolus à la robotique – la Chine "emploie" déjà cinq fois plus de robots industriels que les États-Unis – et ces universités où des milliers d’ingénieurs sont formés en vue de conquérir la suprématie mondiale en matière d’intelligence artificielle ».
Le Point a interrogé l’écrivain canadien Dan Wang, d’origine chinoise, et lui a demandé « si l'Occident devait s’inspirer d’une partie du modèle chinois pour redevenir compétitif ». « Je crois que l’essentiel tient à une attitude, à une foi, à une conviction, répond Dan Wong. Tous les pays veulent se présenter comme des puissances technologiques, mais les Chinois y croient vraiment. »
Angelina Jolie en Une de la première édition de Time FranceNouveau venu dans le monde des magazines français, Time France publie son premier numéro. Inspiré bien sûr du célèbre Time Magazine américain, « Time est de plus en plus une voix qui compte », nous dit l’éditeur Dominique Busso. « Time s’est associé à Time France pour vous raconter la France et le monde, tout en étant attentif aux bouleversements qui écrivent l’histoire moderne. » Résultat : un beau magazine de presque 200 pages, richement illustré, qui propose aussi bien un reportage sur le front du Donbass en Ukraine, qu’une enquête sur le trafic d’art... ou encore une longue interview d’Angelina Jolie, qui fait la Une de ce premier numéro français.
Time France déroule le tapis rouge à l'actrice américaine et la décrit ainsi : « D’une beauté à se damner (…) elle est portée par un corps que l’on croirait fragile si l’on oubliait qu’il a été forgé par plus de 20 années de révolte et de combats pour défendre les plus opprimés. »
Mais si Angelina Jolie prend la pose, torse nu, une main couvrant son sein, c’est pour porter un message de prévention contre le cancer. À destination des femmes qui, comme elle, sont porteuses d’un gène lié au cancer du sein. S’il est dépisté à temps, comme chez Angelina Jolie, une mastectomie peut sauver la vie d’une femme. C’est ce qu’a fait l’actrice. « Chaque femme, dit-elle, devrait toujours pouvoir déterminer son propre parcours de santé et disposer des informations nécessaires pour faire ses choix. » Notez que Time France ne paraîtra que tous les trois mois, contrairement à son homologue américain qui, lui, est hebdomadaire.
Un monde romanesqueTous les auditeurs de RFI le savent, c’est aujourd’hui le coup d’envoi de la CAN 2025 au Maroc. Et à cette occasion, le Parisien Dimanche donne la parole à Leïla Slimani, la romancière marocaine qui « s’apprête à vibrer pour la Coupe d’Afrique des Nations » se déroulant dans son pays natal. Aux yeux de l’écrivaine, le Maroc sera sans aucun doute « en finale » le 18 janvier.
La lauréate du prix Goncourt 2016 ne cache pas son enthousiasme et se décrit elle-même lorsqu’elle regarde un match : « Je suis très nerveuse, dit-elle, un peu hystérique, et cela doit être assez insupportable pour les autres (…) Parfois, avec mes copains qui sont un peu partout dans le monde, explique Leïla Slimani, on est en même temps sur des groupes WhatsApp, donc on se retrouve à tous hurler simultanément. »
Mais le football est avant tout un « monde romanesque », estime Leïla Slimani : « Une coupe du Monde, c’est comme un petit roman avec des personnages secondaires qui deviennent des personnages principaux, ou l’inverse, et du suspense. Tout ce qu’il faut pour un bon livre. »
Tapis rouge dans le Point, cette semaine. Nicolas Sarkozy, souriant, est en Une, avec ce sous-titre : « Nicolas Sarkozy, le grand entretien ». Une longue interview, d’une dizaine de pages, dans laquelle celui qui vient de passer vingt jours en prison, et qui raconte ce séjour dans le Journal d'un prisonnier, est interrogé sur l’âge de la retraite, le pouvoir judiciaire, ou encore le christianisme.
C’est Franz-Olivier Giesbert, l’éditorialiste du Point, qui mène l’interview avec enthousiasme et commence par cette question inattendue : « Aujourd’hui, dans votre situation, la solution la plus logique pour vous ne serait-elle pas de vous présenter à l’élection présidentielle afin de laver dans le suffrage universel l’affront de votre détention ? ». Nicolas Sarkozy répond que « techniquement, c’est impossible ». Il est en effet inéligible. Après cette interview, le Point revient d'ailleurs en détail sur « les batailles judiciaires » de l'ex-président. « Son procès en appel dans l'affaire libyenne s'ouvrira en mars », rappelle l'hebdomadaire, qui constate : « La promotion de son livre pourra le divertir, mais le répit sera de courte durée. Nicolas Sarkozy n'en a pas fini avec les juges, qui auront le dernier mot ».
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« J'ai prié »Le Canard enchaîné a lui aussi lu le Journal d’un prisonnier, et en livre un compte-rendu beaucoup plus caustique. « Merci, saint Nicolas ! », titre l’hebdomadaire satirique. « Nicolas Sarkozy, ironise le Canard, est sur le chemin de la sainteté. C’est ce qu’on comprend en lisant son Journal d’un prisonnier, qui raconte sa rédemption et la nouvelle vie qu’il compte mener désormais, loin des équipées chez Kadhafi, loin de ses liens sulfureux avec le Qatar, loin de l’affairisme pratiqué frénétiquement depuis son départ du pouvoir ». Le Canard enchaîné ne semble donc pas convaincu par les propos de Nicolas Sarkozy, qui dans son livre raconte notamment son rapport à la foi, quand il était en prison : « J’ai prié, assure l'ancien président, je priais pour avoir la force de porter la Croix de cette injustice ». Déclaration dont l’hebdomadaire satirique s’amuse en ces termes : « Dieu est partout à la prison de la Santé et il n’oublie pas la brebis égarée ».
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Ancien ministreEn France, la fast-fashion est sur le banc des accusés. Et, cette fast-fashion se résume en un mot : Shein. C’est à la Une du Nouvel Obs cette semaine. L’hebdomadaire nous parle d’une « affaire d'État » et nous promet des « révélations sur un lobbying secret ». Car avant de faire office d’ennemi public numéro 1, en France en tout cas, « la plateforme qui reçoit un million de commandes par jour » a courtisé députés et ministres.
Le Nouvel Obs s’en offusque : « Les dirigeants de l’enseigne de fast-fashion ont décroché de discrets rendez-vous à Matignon, pour faciliter leurs affaires en France. Plus dérangeant encore : des représentants bien introduits dans les cercles du pouvoir – l'ex-ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner en tête – ont été grassement rémunérés pour défendre les intérêts du dragon de la mode instantanée ». « Que vient faire un proche du chef de l'État dans ce dossier alors que le Parlement est en train de légiférer ? », interroge le Nouvel Obs. En effet, en mars 2024, les députés sont appelés à se prononcer « sur une proposition de loi, déposée par le groupe Horizons, visant à réguler l'ultra fast-fashion ».
BHV et taxe SheinToutefois, le lobbying en faveur de Shein se heurte à la réalité. Avec tout d’abord, la désastreuse installation de la plateforme chinoise au très chic BHV à Paris, installation qui a fait fuir les marques de luxe, mais aussi les clients. Et, ce n'est pas tout : « La riposte s’organise enfin », s’exclame le Nouvel Obs : « L'État demande devant le tribunal judiciaire de Paris, la suspension du site pendant trois mois, pour avoir commercialisé des poupées à caractère sexuel d’apparence enfantine. Et, dans le cadre du chaotique débat budgétaire, les députés ont adopté une "taxe Shein" de deux euros ciblant les petits colis d’origine extra-européenne ». La partie n’est pas terminée pour autant. Shein s’active dans les coulisses à Bruxelles, « un ancien commissaire européen est à la manœuvre, l’allemand Günther Oettinger », explique le Nouvel Obs, qui reste méfiant et qui soupçonne Ursula von der Leyen de manquer de cran sur la question de la fast-fashion. La présidente de la Commission européenne serait « tétanisée à l’idée de provoquer une guerre commerciale avec la Chine ».
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Plaider l'humanitéEnfin, l’Express s’inquiète pour Christophe Gleizes. Le journaliste sportif français, récemment condamné, en appel, à 7 ans de prison en Algérie, ne semble pas avoir bénéficié de l’éclaircie entre Paris et Alger, entrevue à l’occasion de la libération de l’écrivain franco-algérien, Boualem Sansal, le 12 novembre. « Alger a manifestement opté pour le cynisme », accuse l’Express, qui poursuit : « en se délestant de ses deux prisonniers politiques, le régime algérien se serait privé d’un levier utile dans ses négociations, notamment migratoires et mémorielles, avec la France ». « Tout espoir n’est pas perdu », assure toutefois l’Express : « La possibilité d’une grâce demeure entre les mains du président Abdelmadjid Tebboune. Il faudra plaider l'humanité ; Christophe Gleizes aimerait revoir sa grand-mère Georgette. Elle a bientôt 102 ans.»
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C’est à un duel au grand jour que se livrent France Télévision et Radio France et les médias du milliardaire Vincent Bolloré, la chaîne CNews, Europe 1 et le Journal du Dimanche, qui s’accusent mutuellement de partialité. Ce matin, la Tribune Dimanche braque ses projecteurs sur l’audiovisuel public. « En pleine zone de turbulences, nous dit-on, les PDG de France Télévision et Radio France seront auditionnées à partir de mercredi par une commission d’enquête parlementaire, voulue par le groupe UDR, allié du Rassemblement National ». Cette commission est chargée de « faire toute la lumière sur d’éventuels dysfonctionnements au sein du service public ».
La Tribune Dimanche publie un sondage dont elle conclut « qu’il révèle un attachement réel – transversal de gauche comme de droite – aux chaînes et stations publiques ». Mais, souligne le journal, « cet attachement n’efface pas les enjeux : un budget de près de 4 milliards d’euros, avec un déficit croissant pointé par la Cour des comptes, et des attentes fortes en matière de pluralisme, d’efficacité et de rigueur dans l’information ». Interrogé, le directeur de l’information de France Télévision Alexandre Kara, assure « qu’aucun programme n’est utilisé à des fins partisanes ». Précisions apportées après la diffusion d’une enquête de France 2, sur CNews. Enquête qui a fait couler beaucoup d’encre… « On traite tous les sujets, affirme Alexandre Kara, mais l’écho n’est pas le même ».
Immigration et insécuritéLe Nouvel Obs se penche lui sur le cas de CNews et de Pascal Praud, son présentateur vedette. « Pascal Praud, profession propagandiste », titre l’hebdomadaire qui détaille : « Omniprésent sur CNews, Europe 1 et le Journal du Dimanche, l’ancien journaliste sportif polarise le débat sur l’immigration et l’insécurité, jusqu’à devenir un porte-parole de l’extrême droite. Comment en est-il arrivé là ? Par conviction ou pour plaire à son patron Vincent Bolloré ? » interroge le Nouvel Obs, qui en veut pour preuve « l'accueil de VIP », réservé au président du Rassemblement National Jordan Bardella, à l’occasion de la sortie de son livre « Ce que veulent les Français ».
« Vingt-six minutes, sur CNews, durant lesquelles Jordan Bardella n’est presque jamais interrompu, tandis que la couverture de son livre occupe la moitié de l’écran ». « Une interview promotionnelle en bonne et due forme », accuse le Nouvel Obs, qui ajoute : « L’accueil réservé à Bardella sert la stratégie arrêtée au sommet du groupe par Bolloré lui-même. À dix-huit mois de la présidentielle, le propriétaire de CNews, Europe 1, Le JDD ou encore du groupe Hachette s’affaire à réaliser l’union des droites, en réalité la fusion entre la droite et l’extrême droite. Seule capable à ses yeux de réagir, pendant qu’il est encore temps, au péril civilisationnel que feraient courir à la France, l’immigration, l’islam et la gauche ».
Hommage douloureuxM, le supplément du Monde, a assisté aux funérailles de l’un des derniers otages du Hamas. « Be'eri a fini d’enterrer ses morts », nous dit M. « Situé à 5 kilomètres de Gaza, le village a payé le plus lourd tribut humain des attaques du 7 octobre 2023, avec 102 victimes. Le 30 novembre, les funérailles de Dror Or, ont réuni plusieurs milliers de personnes ». « Dror Or, poursuit le magazine, faisait partie des trois derniers otages défunts, encore retenus dans la bande de Gaza ». Cet homme de 48 ans avait été tué le 7 octobre 2023, et son corps avait « été emmené dans l’enclave palestinienne ». M a interrogé Sharon Shmuel, amie d’enfance du défunt. Elle explique : « Dror est le dernier de sa communauté à revenir sur sa terre, quelque chose se clôture enfin aujourd’hui ».
Sont venus ce jour-là, « des proches, des familles de victimes du massacre, d’anciens otages libérés (…) des bénévoles d’associations, des anonymes, qui affluent et forment peu à peu un cercle de silence autour de la tombe de l’otage défunt », raconte M. « Sa mère et ses trois enfants désormais orphelins, son frère et ses plus proches amis clament "l’incompréhension et la douleur de la perte"(…) le drame des uns réveille celui des autres, et ravive la conscience qu’une tragédie collective s’est produite ici, il y a deux ans et deux mois ».
Une drogue bon marchéLe Nouvel Obs s'intéresse aux ravages du captagon, en Syrie. « Le trafic de cette drogue de la famille des amphétamines déployé par l’ancien régime de Damas a plongé de nombreux syriens dans la dépendance », explique l’hebdomadaire, qui a visité « à Afrin, près de la frontière turque, un centre de réhabilitation, appelé le Hope Center ». Là-bas, Le Nouvel Obs a rencontré Ali. Le jeune homme de 21 ans, consomme du captagon, et explique sa situation : « J’ai détruit ma vie et fait souffrir mes proches. Je dois 7 000 dollars à ma famille. Les dealers venaient chez moi réclamer leur dû : soit je payais, soit ils me tuaient ». Ali est loin d'être le seul, qui aujourd'hui encore consomme cette drogue « bon marché ». Le Nouvel Obs cite « les anciens soldats, les étudiants, les combattants de tous bords (...) qui faute d'échappatoire, prennent des pilules pour refouler leur trauma ».
« Léon XIV au défi de la paix », titre le Parisien-Dimanche, qui précise qu’après trois jours en Turquie, le souverain pontife arrive ce dimanche à Beyrouth. « Un voyage très attendu, dans une région meurtrie par les guerres », ajoute le journal. Pourtant, « nul ne s’attend à ce que le pape fasse la paix au Proche-Orient, de telles rodomontades n’appartenant qu’à Trump », remarque le Parisien-Dimanche selon lequel, à Beyrouth, « Léon XIV s’adressera peut-être autant au Hezbollah, dont le désarmement est le sujet crucial au Liban, qu’à Israël qui poursuit ses bombardements. Au-delà, dans cette région essentielle à ses yeux – la Terre sainte – l’Église de Rome prône avec constance une solution à deux états, Israël et Palestine, avec un statut international pour Jérusalem ».
Et ce n’est pas rien. Aux yeux du Parisien-Dimanche, « les paroles du natif de Chicago, plutôt discret depuis mai dernier, loin du tumulte des années François, n’ont jamais été aussi attendues dans un monde chaotique où prime la loi du plus fort, où la culture du clash attisée par les réseaux sociaux mine l’espace public et où grandit le spectre d’une troisième guerre mondiale ».
« Perdre ses enfants »Le spectre d’une troisième guerre mondiale agite les pays européens et notamment la France. Emmanuel Macron a annoncé cette semaine le retour du service militaire en France, sur la base du volontariat, sur fond de guerre en Ukraine et de pression croissante de la Russie, après la déclaration très remarquée du chef d’état-major des armées, le général Fabien Mandon : « Si notre pays flanche parce qu’il n’est pas prêt à accepter de perdre ses enfants (…) alors nous sommes en risque ». Il n’en faut pas plus à Marianne pour décréter en Une que « Macron nous prépare au pire ». « En marche vers la guerre », clame l’hebdomadaire, avec la photo de Vladimir Poutine en toile de fond.
S’ensuivent les déclarations alarmistes du général Vincent Desportes, ancien directeur de l’École de guerre, qui affirme : « Si l’Ukraine tombe, puis la Moldavie, alors nous ne sommes plus rien ». Un autre général, le général Christophe Gomart, député les Républicains au Parlement européen estime, lui, que « le président Macron instille la peur, pire ennemi d’une nation ». Il n’en déclare pas moins « qu’il faut montrer notre détermination et nous réarmer massivement en munitions, chars, avions, frégates, drones. La dissuasion est d’abord une question de crédibilité ». Et il ajoute : « N’oublions jamais que le réarmement dissuadera toute attaque, créera un rapport de force crédible, et surtout, préparera la guerre pour préserver la paix. »
Plan de paix et corruptionEn Ukraine, la guerre est bien réelle. Et elle est l’objet d’une correspondance entre deux sœurs ukrainiennes, régulièrement publiée par M, le supplément du Monde. L’une, Sasha, vit à Kiev, l’autre Olga vit à Paris. Cette semaine, Olga confie « qu’elle a eu un haut-le-cœur en découvrant "le plan de paix de Trump". Ce pseudo-plan n’est, à mon avis, qu’une façon de dire à Zelensky : " Rends-toi maintenant, ne tarde pas" ». « Cela signifie-t-il aussi que les États-Unis ne vont plus du tout donner d’armes à l’Ukraine ? » interroge Olga. « Qu’ils nous laissent tomber définitivement ? Je n’arrive pas à croire que la première puissance du monde se comporte comme une autruche » conclut-elle.
À Kiev, sa sœur Sasha, elle, s’indigne du scandale de corruption qui frappe l’entourage du président Zelensky. Elle cite Timur Mindich, accusé « d’être le cerveau d’un système de rétrocommissions dans des contrats liés à Energoatom, la compagnie nucléaire d’État ». « L’histoire me fait vomir », ajoute Sasha, « quand je lis que cet homme a quitté le pays quelques heures avant les perquisitions, quand je regarde les photos de ses sacs remplis de dollars et d’euros, quand je découvre les toilettes en plaqué or de son appartement ». « Un appartement qui se trouve dans le même immeuble que celui de notre président. Nausée ! s’exclame Sasha, qui ajoute même : On aimerait penser que Zelensky n’y est pour rien, mais ça va contre le bon sens ».
EndorphinesCourrier International s’intéresse cette semaine à notre santé mentale. « Votre médecin veut que vous fassiez la fête, et certains prescrivent même des concerts », titre l’hebdomadaire, qui s’est promené à travers le monde pour voir ce qu’il en est. On apprend ainsi qu’au Canada, « les médecins peuvent désormais prescrire à leurs patients des billets pour des concerts de musique classique ». C’est la chaîne canadienne CBC qui l’a annoncé. Pourquoi une telle prescription ? « Parce qu’écouter de la musique libère des endorphines, qui sont des antalgiques et des régulateurs d’humeur naturels, ainsi que de la dopamine, l’hormone du bien-être liée au plaisir (…) ». Et pourquoi pas une visite dans un musée ? C’est ce que recommande le Japon : « un bain muséal », une étude assure en effet « que le taux de mortalité des personnes fréquentant régulièrement des musées, serait plus faible que celui des personnes qui n’en ont pas l’habitude. »
C’était hier une journée d’hommage à Mehdi Kessaci, à Marseille. Mehdi, 20 ans, assassiné le 13 novembre dernier, était le frère d’Amine Kessaci, jeune militant écologiste engagé contre le narcotrafic dans les quartiers Nord de la ville. Un assassinat interprété comme un « crime d’avertissement ». Hier, plus de 6 000 personnes se sont rassemblées à Marseille, dont de nombreuses personnalités politiques. Le Parisien-Dimanche a choisi une photo où l’on voit la mère des deux jeunes hommes, portant un foulard blanc, éplorée, soutenue par son fils Amine. Elle s’est adressée aux assassins de Mehdi, abattu par deux hommes à moto : « Assassins », leur a-t-elle dit, « vous m’avez déjà tuée, mais vous ne tuerez jamais mon amour, celui que j’ai pour mes enfants ». Dans la foule, une maman témoigne : « On craint pour notre vie, pour notre famille. Il faut briser le silence, sortir de l’omerta et couper la tête de ces mafias ».
La vie dans les quartiersLa Tribune Dimanche a, elle aussi, rencontré des Marseillais venus participer à ce rassemblement. C’est le cas de Béatrice, une enseignante d’une quarantaine d’années qui raconte : « Dans les quartiers, il n’y a plus aucun service public, à part l’école. Même les médecins ont fui. Il ne reste plus que la drogue et la mort. C’est comme si on ne voulait pas que les pauvres s’en sortent ». Dans son éditorial, Bruno Jeudy appelle, lui, à faire front contre le narcotrafic : « Plus personne ne doit baisser les yeux » dit-il, « ni les élus, ni les forces de l’ordre, ni les magistrats, ni surtout les citoyens. Luttons contre cette pieuvre qui étouffe la République, brise des vies et fabrique la mort ».
Netanyahu sur la corde raideL'Express se penche sur l’avenir de Benyamin Netanyahu. A l’approche de nouvelles élections, l'année prochaine, l’hebdomadaire soupèse les chances du Premier ministre israélien, 76 ans. « Cerné de toutes parts, donné perdant, il devra mener une campagne des législatives à haut risque. » D’autant que, ajoute l’hebdomadaire, « depuis le 7 octobre, Netanyahou a perdu deux de ses principaux atouts : il s’était toujours vendu comme "Monsieur Sécurité", capable de protéger Israël, et il se disait le seul capable de défendre les intérêts israéliens, en particulier vis-à-vis des Etats-Unis. Or, il ne peut plus rien refuser à Trump ». Pour autant, Netanyahu ne part pas perdant, précise l’Express : « Même si les sondages ne le placent pas très haut, toute personne suivant la politique israélienne sait qu’il reste une force majeure et qu’il fera tout ce qui est en son pouvoir pour survivre politiquement. »
Retour en FranceL'écrivain franco-algérien Boualem Sansal est en France et à la Une du Point. Boualem Sansal, libéré le 12 novembre après avoir passé un an en prison en Algérie. Il a finalement été gracié par le président algérien, à la suite d’une médiation du président allemand. Avant de revenir en France, cette semaine, Boualem Sansal a passé plusieurs jours en Allemagne. En Une, le Point nous promet « ses premières paroles d’homme libre », paroles recueillies par son ami Kamel Daoud, écrivain franco-algérien lui aussi, qui a pu joindre Boualem Sansal, alors qu’il était encore en Allemagne. « Veux-tu que j’écrive une phrase précise ? », lui demande Kamel Daoud. « Bonjour la France, Boualem revient, on va gagner ! » répond Boualem Sansal. L’écrivain raconte également qu’en prison, il n’a pas pu écrire. « J’étais comme coupé du monde » dit-il.
DiscrétionOn n’en saura guère plus. Car depuis qu’il est rentré en Europe, en Allemagne, puis en France, Boualem Sansal n’a fait aucune apparition publique, n’a répondu à aucune question de journaliste. Une discrétion toute diplomatique, qui a sans doute été négociée en même temps que la libération de l’écrivain, et alors que les relations semblent se réchauffer entre la Paris et Alger. Ce qui donne un peu d’espoir pour un autre détenu en Algérie. Le Point rappelle que le journaliste français Christophe Gleizes, accusé notamment « d’apologie du terrorisme », « condamné en juin dernier à 7 ans de prison, sera jugé en appel, le 3 décembre prochain ».
Boues industriellesL’eau potable manque dans certaines régions du nord-est de la France. C’est le Nouvel Obs, qui s’est penché sur la question et nous explique « que les habitants de plusieurs communes ont interdiction depuis l’été de consommer l’eau du robinet, en raison de taux de polluants éternels supérieurs à la norme », les fameux PFAS, qui font si peur... En cause, notamment, des boues industrielles, « épandues sur des parcelles agricoles ». Pour les habitants, contraints d’utiliser l’eau en bouteille, l’heure est à l’inquiétude. « Depuis combien de temps boivent-ils une eau contaminée ? Des mois, des années, voire des décennies ? » interroge le Nouvel Obs. Chacun craint pour sa santé. Une habitante, qui a même renoncé à l'eau du robinet pour faire ses lessives, le dit franchement :« Cette eau, je la vois maintenant comme du poison ».
« Je crois être apprécié en Algérie » : une petite phrase signée Laurent Nunez, le ministre français de l’Intérieur, que n’aurait certainement pas prononcée son prédécesseur Bruno Retailleau, très remonté contre l’Algérie. Laurent Nunez, interrogé par La Tribune Dimanche, après la libération cette semaine de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal. « Cette libération a-t-elle été facilitée par le départ de Bruno Retailleau ? », lui demande d’emblée La Tribune Dimanche. « Je ne dirais pas ça, répond diplomatiquement Laurent Nunez, ce qui a permis de renouer avec l’Algérie, c’est d’abord notre volonté affichée, au sein du gouvernement, de rediscuter ».
« Vos liens personnels ont-ils pu jouer dans le changement d’attitude d’Alger ? », demande encore le journal au ministre de l’Intérieur qui répond : « Peut-être. J’ai des origines pieds-noirs et je crois être apprécié en Algérie, pays avec lequel j’ai toujours beaucoup travaillé. » Peut-on alors parler de « normalisation » des relations avec l’Algérie ? Évoquant la libération de Boualem Sansal, le ministre parle d’un « geste d’humanité » et « d’un geste d’apaisement ». Évoquant aussi, la situation du journaliste français Christophe Gleize, toujours emprisonné en Algérie, Laurent Nunez explique que « son souhait le plus fort est qu’il soit, lui aussi, libéré ».
Résister à Vladimir Poutine« Les résistants de l’ombre » : c’est ainsi que L’Express appellent celles et ceux qui résistent encore au régime de Vladimir Poutine. Pas question toutefois d’aller à leur rencontre et de les interviewer sur place. « Les conversations, nous dit L’Express, ont eu lieu par la messagerie cryptée Signal. » Deux de ces résistants, « ont préféré garder leur caméra éteinte, au moment de témoigner. Tous ont relu, avant publication, leur interview, pour s’assurer qu’il n’y restait aucune information risquant de les identifier ».
L’Express a ainsi interrogé Sofia, une activiste qui a rejoint l’ONG Mémorial, désormais dissoute… mais toujours vivante. Après l’invasion de l’Ukraine, raconte Sofia, « j’ai pensé à quitter le pays, puis je me suis dit : "C’est important de continuer à protester depuis la Russie. Si tout le monde s’en va, qui va agir ici ?" » « Avec Mémorial, raconte encore Sofia, j’organise des envois de lettres aux prisonniers politiques, je cherche des personnes prêtes à travailler avec nous, et je fais de l’activisme mémoriel. Cela consiste à afficher la mémoire dans la rue. » Par exemple, « apporter des fleurs à la pierre des Solovki », dédiée aux victimes du totalitarisme. Ceci étant, Sofia ne se berce pas d’illusions et reconnaît « qu'il est peu probable que l'État russe s'effondre bientôt. »
Pagaille« Ailleurs aussi… C’est le bordel », titre l’hebdomadaire Marianne, « l’instabilité gouvernementale et le désordre parlementaire ne touchent pas seulement Paris. La vie politique à Madrid, à Berlin, à Londres ou à la Haye, apparaît tout aussi tumultueuse ». En France, rappelle Marianne, « les députés français s’écharpent à coups d’amendements et d’invectives, menacent à chaque séance de renverser le quatrième gouvernement depuis septembre 2024, montent et démontent des coalitions plus ou moins baroques au gré des lois proposées. »
Mais ce n’est guère mieux ailleurs, estime Marianne, qui prend pour exemple « le blocage budgétaire en Espagne », ou encore « les négociations qui s’étirent pendant des mois, aux Pays-Bas ou en Autriche, pour former des gouvernements stables ». Alors comment expliquer cette instabilité ? L’hebdomadaire rappelle d’abord que « depuis une quarantaine d’années, le continent européen vit à l’heure du néolibéralisme. » Et pour Marianne, pas de doute : « Le refus de prendre en compte les préoccupations de la majorité populaire, diabolisée, a abouti en Europe à l’émergence de forces politiques populistes qui ont remis en cause le traditionnel bipartisme gauche-droite ». D’où une instabilité croissante.
InsaisissableCourrier international nous conseille la lecture d’un article du journal colombien El Malpensante, au sujet d’un célèbre voleur de livres. « John Alexander Cordona Peluza est connu comme le loup blanc à Bogota, raconte Courrier international. Voleur de livres en plein jour, pratiquement au vu et au su de tous, il tient un commerce clandestin d’ouvrages qui questionnent la société et prônent la rupture. » El Malpensante le décrit comme un homme « au cuir épais tanné par la rue », avec « aux oreilles deux anneaux en métal » et « un double piercing à la bouche ». Alors pourquoi cet homme vole-t-il des livres ? Selon le journaliste d’El Malpensante qui s’est penché sur la question, « il ne vole pas par conviction idéologique. Il ne se voit pas en justicier de la culture, en grand saboteur du système. Les témoignages que j’ai recueillis concordent (précise le journaliste). Pour lui, le vol est une farce conçue au millimètre près. Un mélange de calcul, d’invisibilité et d’adrénaline ». Bref, un voleur littéralement insaisissable...
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Le Nouvel Obs les appelle « les résistantes de l’ombre ». « Dans les territoires occupés par les Russes », nous dit l’hebdomadaire, « l’opposition s’organise et les femmes sont en première ligne. Et la répression est inouïe ». Elle vise parfois de simples gestes : comme « porter un vernis à ongles jaune et bleu (les couleurs de l’Ukraine) ou un post anti-russe sur Instagram, un partage de pétition ou encore des slogans griffonnés sur un mur ». « Sur ce front qui ne dit pas son nom », poursuit le Nouvel Obs, « les femmes sont en première ligne. Parce qu’elles connaissent les rues, les visages, les habitudes des habitants. Parce qu’on se méfie moins d’elles. Mais surtout parce qu’elles refusent la soumission ».
Certaines agissent seules, d’autres se sont organisées en réseau et « mènent clandestinement des actions non-violentes ». Il s’agit parfois de « transmettre des coordonnées GPS » ou « d’observer des convois militaires ». Le Nouvel Obs a rencontré l’une de ces résistantes ukrainiennes, Aliona Romanenko, arrêtée et torturée par les Russes, et désormais réfugiée à Kiev, « en zone libre ». Elle évoque ces moments de captivité où « on la forçait à creuser sa propre tombe ». « J’étais surtout triste pour mes proches », dit-elle, « mais j’étais en paix avec moi-même. J’ai fait ce qui devait l’être. Je le referai sans hésiter ».
Otages d'AlgerLa presse s'intéresse également au sort de deux Français, un écrivain et un journaliste, emprisonnés en Algérie. La photo de Boualem Sansal s’affiche en Une du Journal du Dimanche, avec ce titre : « Un an déjà. Un an après l’emprisonnement de l’écrivain franco-algérien, âgé et malade, la mobilisation ne faiblit pas pour réclamer la libération de "l’otage d’Alger" ». Pour Le Journal du Dimanche, Boualem Sansal est certes un écrivain, mais surtout « un lanceur d’alerte qui aura foré et révélé ce totalitarisme qui vient, le totalitarisme islamiste. Sansal dérange autant à Alger qu’à Paris, il tient en effet un langage de vérité dont on sait par expérience qu’il n’est pas toujours bon à tenir ».
Le Nouvel Obs de son côté, a choisi de mettre en avant celui qu’il appelle « l’autre otage du régime algérien » : le journaliste Christophe Gleize « dont le nom est moins connu que celui de Boualem Sansal, mais le sort, aussi inquiétant. Entré en Algérie en mai 2024, afin de réaliser un reportage sur le club de football JS Kabylie, le journaliste français purge une peine de sept ans de prison pour "apologie du terrorisme". Son procès en appel se tiendra le 3 décembre », nous explique le Nouvel Obs.
Pour Le Journal du Dimanche, les deux hommes, Christophe Gleize et Boualem Sansal, « sont les prisonniers d’une relation exécrable entre la France et l’Algérie », « otages innocents d’un régime de plus en plus crispé envers la France ». Les parents de Christophe Gleize, eux, se veulent « optimistes » et le Nouvel Obs met en avant les quelques signes qui pourraient changer la donne. Avec notamment, le remplacement au ministère français de l'Intérieur de Bruno Retailleau, « très virulent contre le régime algérien », par Laurent Nunez. L'hebdomadaire espère visiblement que celui-ci sera plus diplomate.
Traducteur ou maçonQue nous réserve l'Intelligence Artificielle ? « Avec l’IA, la fin des cadres », annonce Marianne, annonce illustrée par un dessin, où l’on voit un robot penché sur un ordinateur, alors qu'un humain passe l’aspirateur à ses pieds. Selon l’hebdomadaire, le phénomène a déjà commencé : Marianne évoque « des charrettes d’où débordent des cols blancs et des Bac + 5 ». Marianne qui a réalisé à partir de plusieurs études, un petit tableau, avec d’abord « les 10 professions les plus menacées ». Arrivent en tête, traducteur, historien, mathématicien, et même, en dixième position, journaliste…
Dans les professions qui devraient être épargnées, on trouve, notamment, les ouvriers du bâtiment, les femmes de ménage ou les dentistes. C’est tout simple, nous explique l’ingénieur en IA Aymeric Roucher : « Seuls les métiers où l’intervention humaine est indispensable résisteront ». Reste évidemment à savoir ce que l’on entend par « intervention humaine ». Aymeric Roucher nous donne son point de vue sans hésiter : « Tous les métiers qui peuvent se faire en télétravail, et qui sont donc des métiers numérisables seront assez vite transformés en profondeur par l’IA… ». Quant à ce qui restera indéniablement lié à l’humain, l’ingénieur évoque « la main d’un artiste », « la conscience d’un juge », ou encore « la sollicitude d’un soignant. Ce sont autant de parts humaines qu'on ne remplacera pas par des IA » ajoute-t-il. Une concession qui ne suffit pas vraiment à envisager l'avenir avec optimisme...
« De la Tyrannie en Amérique ». C’est la couverture du Nouvel Obs cette semaine. Un dossier sur les débuts du second mandat de Donald Trump, élu le 5 novembre 2024, il y a un an. Et ce titre « De la Tyrannie en Amérique » évoque la fracture du système démocratique américain ébranlée depuis le retour au pouvoir de Trump, bien loin du célèbre ouvrage d’Alexis de Tocqueville De la démocratie en Amérique, publié au XIXè siècle. Ainsi, commente le Nouvel Obs, le président américain « transforme la plus vieille démocratie du monde, en régime illibéral ».
Dès janvier dernier, le Financial Times avait pu voir clair sur l’avenir du pays, le jour de l’investiture : « Le contraste entre Trump et ses prédécesseurs signale plus un changement de régime qu’un simple transfert de pouvoir ». Et depuis, les péripéties ont été nombreuses depuis le retour du Roi à la Maison Blanche, comme résume une manifestante du mouvement « No Kings » (« Pas de roi en Amérique ») avec ces quelques mots : « Louis XVI a dit "L’État, c'est moi". C’est exactement comme ça que Trump voit les choses ».
Louis XVI et « La doctrine du Gangster »Le Nouvel Obs revient sur ce qu’il appelle « La doctrine du Gangster ». Ainsi, Trump « s’est servi d’Elon Musk comme d’un idiot utile, en le nommant à la tête d’un département à l’Efficacité gouvernementale pour licencier des dizaines de milliers d’employés fédéraux et fermer des agences telles que l’USAID, chargée de l’aide étrangère. Il a imposé le nationalisme chrétien blanc comme la nouvelle idéologie nationale, interdit les termes "diversité", "équité", "inclusion", (…) a attaqué ses opposants, mais amnistié ses amis, à commencer par les émeutiers du Capitole. »
Que dire des droits humains et des minorités sur le sol américain ? Le président a également « asphyxié l’audiovisuel public, instrumentalisé la culture, réécrit l’histoire » Le Nouvel Obs s’intéresse aussi aux antivax au pouvoir. En fait, souligne le magazine, « Quand la réalité ne lui plaît pas, il la change. » Les États-Unis sont par ailleurs sortis de l’Accord de Paris sur le Climat et de l’Organisation mondiale de la Santé.
Et ce n’est pas fini… Dernièrement, l’assassinat de Charlie Kirk, érigé en martyr national, a lancé une nouvelle phase dans la consolidation du pouvoir Trumpien. « Objectif : rendre l’opposition inopérante avant les midterms. Une vaste opération de redécoupage a été lancée (…) pour priver les démocrates de futurs sièges aux Congrès » Ainsi, « L’adversaire désigné, c’est "l’extrémisme de gauche", "les antifas", des appellations assez floues – Vous l’aurez compris – pour s’en prendre à toute l’opposition, accusée de promouvoir la violence politique responsable de la mort de Charlie Kirk. »
Et ceux en travers de sa route, ont fini par se faire inculper. L’ex-directeur du FBI James Comey, la procureur générale de New York Laetitia James, son ancien conseiller à la sécurité nationale James Bolton. Reste cette question : Ira-t-il jusqu’à déclencher l’Insurrection Act autorisant le déploiement de l’armée dans le pays ? Trump a déjà envoyé la garde nationale dans les bastions démocrates : Washington, Portland, Chicago…
Washington, devenu un « laboratoire de la dictature » détaille dans un nouvel article Le Nouvel Obs : Trump montre qu’il peut « soumettre une ville ayant voté à 92 % contre lui et repousser les limite du pouvoir exécutif en profitant de sa vulnérabilité » car la capitale n’est pas un État et n’a pas de représentation au Capitole, ni de contrôle sur son budget. Trump veut même rebaptiser la scène culturelle en « Trump Kennedy Center »… il en a déjà pris la présidence et a placé ses proches au conseil d’administration.
Sur sa politique internationale, l’hebdomadaire souligne : « l’admirateur de Vladimir Poutine et de Xi Jinping a abandonné son rôle de rempart contre le despotisme. Au contraire, il a assis sa puissance sur le rapport de force, par le chantage aux droits de douane ou par les armes, comme en Iran. »
Kim Jung-un ou « la résurrection d’un paria », sur fond de guerre en UkraineEt justement, protégé par Moscou et Pékin, un dictateur est scruté de près par Donald Trump. Il s’est même rendu indispensable à Vladimir Poutine depuis le début de la guerre en Ukraine. Kim Jung-un ou « la résurrection d’un paria » titre l’Express, qui analyse à quel point l’invasion russe en Ukraine a été une bénédiction pour le leader nord-coréen. Lui qui était reparti les mains vides de son second sommet avec Donald Trump à Hanoï.
« Dès le début du conflit en Ukraine, Kim comprend qu’il peut tirer profit de la situation. (…) Avec la Syrie, il est le seul à reconnaître les Républiques de Louhansk et Donetsk, annexées par la Russie. Manquant désespérément de devises (…) il livre jusqu’à 40 % des munitions tirées par les Russes » entre octobre 2023 et avril 2025. Ajoutez à cela plus d’une centaine de missiles pour la seule année 2025, la signature d’un traité de défense mutuelle en juin 2024, puis 10 000 soldats nord-coréens pour aider les Russes à reprendre les zones de la région ukrainienne de Koursk. Des soldats traités comme de la chair à canon.
Conséquences : « Les livraisons à Moscou sont ensuite montées en gamme, grâce à l’afflux de devises russes, qui permet à Pyongyang de relancer sa production d’armes ». De quoi inquiéter les occidentaux car « Moscou pourrait en effet permettre à Kim de réaliser son rêve : développer un sous-marin lanceur d’engin à propulsion nucléaire ».
Quoi qu'il en soit, c’est un immense succès diplomatique pour la Corée du Nord. Sachant que la Russie avait voté les sanctions du Conseil de Sécurité de l’ONU contre son voisin à la suite de son premier essai nucléaire en 2006. Pyongyang « mise ainsi sur la volonté de Pékin et Moscou de bousculer l’ordre mondial dominé par les États-Unis. »
« Son but est de devenir une puissance nucléaire comparable à celle de la France », souligne un chercheur. Ainsi, un ex-diplomate nord-coréen qui a fait défection en 2016 analyse la stratégie de Kim Jung-un dans l’Express : « La Corée du Nord est convaincue que si elle prouve que ses armes nucléaires peuvent détruire le territoire américain, les États-Unis finiront par venir à négocier. Pyongyang pourrait alors proposer de démanteler les installations capables de cibler les États-Unis. En échange, ceux-ci retireraient leurs troupes de Corée du Sud et leurs sanctions. »
La Finlande face à PoutineMoscou et Pyongyang se sont donc rapprochés à l’occasion de la guerre en Ukraine, tandis que la Finlande, elle, se prépare au pire. Au pire, c’est-à-dire à la guerre contre la Russie. Membre de l'Otan, la Finlande partage la plus longue frontière terrestre avec Moscou. Un envoyé spécial du Point raconte l’état d’esprit des Finlandais qui peuvent notamment apercevoir le paysage russe depuis leur maison. « S'ils envoient des drones, ma maison sera la première à exploser » témoigne une certaine Saara Wilhems, depuis son cottage en bois. Après avoir entendu un hélicoptère tournoyer toute une nuit, elle raconte qu'au matin, en ouvrant sa voiture, elle comprend qu'une présence étrangère rodait : le siège de sa voiture est baissé. Pour elle, c'est sûr, une personne « cherchait à se cacher ». Elle « connaît la rumeur. Cette fois, elle est convaincue que des agents russes pénètrent en Finlande par les forêts et les lacs. »
La Finlande, disposerait de près d'un million de réservistes, « parmi lesquels 280 000 hommes équipés et prêts à combattre. Un record en Europe pour une nation de 5 millions et demi d'habitants ». Le service militaire connaît un certain succès. Il est obligatoire pour les hommes, volontaire pour les femmes, et un tiers de la population se dit favorable au service universel. La Finlande dispose aussi du plus vaste réseau de bunkers en Europe, de quoi accueillir 87 % de la population.
« Arrêté en 2024 à Moscou, le chercheur français, conseiller d’une ONG, est accusé d’espionnage par les services secrets et risque vingt ans de prison », raconte le Nouvel Obs, qui a rencontré ses parents, Brigitte et Alain Vinatier. Des parents « qui avancent à l’aveugle, inquiets de commettre un faux pas, de dire le mot de trop qui pourrait nuire à leur fils », explique l’hebdomadaire, qui précise : « longtemps les deux septuagénaires sont restés discrets, pour ne pas nuire aux pourparlers diplomatiques. Mais aujourd’hui, ils estiment n’avoir plus rien à perdre et n’ont qu’une crainte : " que l’on oublie Laurent " ». « Initialement interpellé pour un mobile administratif qui lui a valu une première condamnation à trois ans de prison, poursuit le Nouvel Obs, Laurent Vinatier est désormais soupçonné d’espionnage et risque vingt ans d’incarcération. Le procès doit avoir lieu en novembre ».
Avec, en filigrane, cette question que pose l’hebdomadaire : « Laurent Vinatier est-il une victime collatérale des tensions diplomatiques entre la Russie et la France depuis l’invasion de l’Ukraine ? » C’est en tout cas, « ce que redoutent ses parents ». Que peut-il se passer maintenant ? interroge encore le Nouvel Obs, pour lequel, « selon toute vraisemblance, le chercheur pourrait être utilisé comme monnaie d’échange par le Kremlin, dans le cadre d’un troc de prisonniers entre la Russie et l’Occident ». Ce serait alors une issue favorable, comme celle qu’a connue le journaliste américain Evan Gershkovich, libéré en août dernier lors d’un échange de prisonniers.
85 millions d'otagesLui aussi a connu la prison, à l’étranger, avant d’être libéré… aujourd’hui, il témoigne. « Benjamin Brière a passé trois ans dans les geôles iraniennes », rappelle le Point. Benjamin Brière, accusé d’espionnage (lui aussi) et devenu otage. C’était en 2020, alors qu’il voyageait en van en Iran. Il ne sera libéré qu’en 2023. Aujourd’hui, il publie un livre Azadi, dans lequel il raconte sa captivité, « transbahuté d’interrogatoire en interrogatoire, de cellule en cellule. » « Vous écrivez, lui dit le Point, qu’il ne fait malheureusement aucun doute qu’il y aura d’autres otages ». « Je peux le dire aujourd’hui, même si cela me déchire le cœur : " n’allez pas en Iran ". Cécile Kohler et Jacques Paris sont détenus dans des conditions dramatiques (…) Là-bas, la liberté ne se joue pas dans une cour de justice », ajoute Benjamin Brière qui tient à préciser : « Il ne faut pas faire l’amalgame entre les Iraniens, les Iraniennes et la République Islamique. L’Iran, ce sont 90 millions d’habitants, dont 85 millions d’otages. Tout ce que je souhaite, c’est que les Iraniens et les Iraniennes aient la possibilité de choisir librement leur avenir ».
Que veut Trump ?Venons-en à la politique musclée de Donald Trump vis-à-vis du Venezuela. Le président vénézuélien Nicolas Maduro est « sous la pression de l’Oncle Sam », nous dit l’Express, « un parfum de guerre froide plane sur les Caraïbes, où le Pentagone a déployé une immense flotte navale ». Pour l’Express, « la vraie question est : que veut Trump ? ». « Assassiner Maduro au moyen de frappes ciblées ? Pas sûr que l’idée, mise en œuvre contre le Hezbollah et le Hamas, soit géniale », estime l’Express qui avance une autre « option » : « obtenir le consentement de Maduro pour qu’il soit exfiltré vers Moscou, le Qatar ou Istanbul ». Hypothèse, qui ne serait guère réaliste, selon un interlocuteur de l’Express, qui nous amène vers ce qui semble être l’enjeu principal. « Derrière tous ces calculs », explique l’hebdomadaire, « se cache un autre enjeu : l’or noir. Autrefois surnommé " Venezuela saoudite ", le pays pétrolier abrite toujours d’extraordinaires réserves de pétrole lourd ».
Une femme engagéeMarianne rend hommage à la primatologue Jane Goodall, disparue le premier octobre à l’âge de 91 ans. Pour évoquer le souvenir de celle qui a fait découvrir au monde les chimpanzés et leurs innombrables aptitudes, l’hebdomadaire a interrogé une autre primatologue, la Française Sabrina Krief, qui « suit les chimpanzés en Ouganda ». Elle nous rappelle « qu’en quelques mois seulement, Jane Goodall, par l’observation des chimpanzés qui n’étaient jusqu’alors pas étudiés, a été capable de mettre en évidence des comportements permettant de mieux comprendre nos plus proches parents (…) » C’était au début des années soixante.
À la question : « comment expliquez-vous le succès de Jane Goodall ? » Sabrina Krief répond : « Ses découvertes sont très accessibles : elle a montré que les chimpanzés utilisent des outils, ressentent des émotions, peuvent faire la guerre, mais sont aussi capables d’une immense tendresse ». Jane Goodall, une femme engagée, nous dit aussi Sabrina Krief. Elle nous rappelle « qu’à partir de 1986, la primatologue s’est lancée dans des actions de conservation (…) et qu’elle était animée par un engagement extrêmement sincère : quand elle imitait les chimpanzés, ou parlait de ses expériences de terrain, cela sonnait vrai. » La photo qui illustre cette interview, photo célèbre, montre d'ailleurs Jane Goodall « parlant » avec un chimpanzé. Sans doute la meilleure manière de lui rendre hommage.
Qui sont les visionnaires ? La question est posée par l’Express, qui publie un numéro spécial sur ces « visionnaires » d’hier et d’aujourd’hui. En photo en Une : Giuliano da Empoli, essayiste et auteur du Mage du Kremlin, ouvrage qui donnait à voir l’ascension de Vladimir Poutine, de l’intérieur. Pourquoi Giuliano da Empoli est-il un visionnaire ? Parce que, nous dit l’Express, il avance l’idée que « nous avons besoin d’une nouvelle génération de leaders, prêts à en découdre et à insuffler une énergie politique dans le projet européen ». « Nous vivons aujourd’hui, dit-il, comme ce fut le cas à d’autres moments de l’Histoire, dans une société qui donne la primauté à l’agresseur. »
« Conquistadors de la tech »Parmi les « prédateurs politiques », Giuliano da Empoli, cite Donald Trump ou encore Mohammed ben Salman. Pourquoi sont-ils à ses yeux si dangereux ? Parce que, assure-t-il, « ces dirigeants qui n’obéissent qu’à une seule loi, l’action, se sont alliés avec un nouveau type de prédateurs, plus nouveaux et plus contemporains : les seigneurs de la tech ». Or, remarque Giuliano da Empoli, « ces conquistadors de la tech », « ont intérêt, comme les prédateurs politiques, à combattre la démocratie libérale et ses contre-pouvoirs, tels les médias traditionnels et l’université… ». Bonne nouvelle, toutefois, selon l’auteur du Mage du Kremlin, il y a encore de l’espoir : « le défi est de démontrer que les problèmes – pouvoirs d’achat, criminalité, immigration – que les prédateurs prétendent régler à coups de miracles peuvent se traiter de façon plus efficace et durable dans le cadre de l’État de droit. »
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La méthode TrumpDonald Trump fait la Une du Parisien-Dimanche. Avec une photo où on le voit, poing levé, le regard déterminé. « C’est le maître du monde », assure le Parisien-Dimanche. « Libération des otages », mais aussi « guerre en Ukraine », « toute la semaine, le président des États-Unis s’est montré omniprésent sur la scène internationale (…) son retour à la Maison-Blanche force les dirigeants du monde entier à composer avec ses humeurs ».
Et cela ne semble pas déplaire au journal : dans son éditorial, Nicolas Charbonneau s’exclame : « Quoi qu’on en pense, les résultats sont là. Et même si le cessez-le-feu à Gaza est fragile, Trump aura réussi à faire libérer tous les otages retenus depuis le 7 Octobre, en faisant pression sur Netanyahu et en menaçant de l’apocalypse les terroristes du Hamas ». « Sa méthode peut-elle s’appliquer en Ukraine ? », interroge encore le Parisien-Dimanche, qui avoue son scepticisme : « Le dossier est plus délicat », remarque le journal, « celui qui devait arrêter la guerre en vingt-quatre heures n’a finalement jamais clairement pris position entre Kiev et Moscou ».
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Nicolas Sarkozy incarcéré dans 48 heuresLa Tribune Dimanche a choisi pour sa Une, une photo de Nicolas Sarkozy. Un Nicolas Sarkozy, les bras croisés, presque souriant, qui affirme : « Je n’ai pas peur de la prison (…) je n’ai demandé aucun privilège ». L’ancien président pour lequel la Tribune Dimanche prend fait et cause, a été condamné le 25 septembre dernier à cinq ans de prison, dans l’affaire des soupçons de financement libyen de sa campagne électorale de 2007. Il doit être incarcéré mardi. Dans son éditorial, Bruno Jeudy, le directeur délégué de la rédaction, s’insurge contre cette incarcération décidée par le tribunal, avant que Nicolas Sarkozy ait pu faire appel. « Pourquoi cette précipitation, cette rigueur sans délai ? Dans un pays déjà fracturé politiquement, estime Bruno Jeudy, cette décision jette de l’huile sur le feu. La France n’avait pas besoin de ça ».
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Colère et indignationUn avis que ne partagent sans doute pas les familles des victimes de l'attentat du DC 10 d'UTA en 1989. Familles qui publient une tribune dans le Nouvel Obs, intitulée : « Nous avons été trahis par celui qui aspirait à présider la France ». En effet, rappellent ces familles, le principal condamné pour l’attentat du DC 10 d’UTA (jugé en son absence en 1999) « est Abdallah Senoussi, chef des services secrets libyens et beau-frère du dictateur Mouammar Khadafi ».
Or, précisent encore les familles, Nicolas Sarkozy et ses collaborateurs Claude Guéant et Brice Hortefeux « ont œuvré clandestinement » « afin de répondre aux exigences » des deux hommes « au lieu de contribuer à nous rendre justice et à rendre justice à la France, véritable cible de l'attentat du 19 septembre 1989 ». Les familles des victimes se disent également « choquées et outrées des propos de Nicolas Sarkozy (qui clame toujours son innocence) et de ses soutiens à l’issue du jugement prononcé par le tribunal correctionnel de Paris ». « La position victimaire » de l’ancien président, disent-elles encore, « est inique, infondée et offensante pour les familles des victimes décédées dans l’attentat du DC-10 d’UTA ».
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Les opinions, les points de vue et les avis souvent divergents des éditorialistes et des commentateurs sur l'actualité française et internationale dans les hebdomadaires français. Une revue de…

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