Revue de presse des hebdomadaires français

Revue de presse des hebdomadaires français

By RFI
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Revue de presse des hebdomadaires français episodes

  • À la Une: le témoignage d'un journaliste palestinien dans «Orient XXI»

    Il s’appelle Rami Abou Jamous et il écrit régulièrement un journal de bord pour Orient XXI. Dans sa dernière collaboration, explique le journal en ligne consacré au monde arabe et musulman, Rami Abou Jamous « dénonce la stratégie de l’armée israélienne consistant à bombarder des immeubles résidentiels pour assassiner une personne, maximisant ainsi le nombre de victimes civiles, ainsi que sa normalisation dans les esprits occidentaux ».

    Le journaliste explique ainsi que le 15 mai dernier, « lorsque les Israéliens ont assassiné le commandant des brigades Ezzedine-Al-Qassam, la branche armée du Hamas, ils ont bombardé un immeuble résidentiel de 5 étages. » « Tuer 200 personnes parce qu’il y a un homme du Hamas dans le bâtiment, est-ce "compréhensible" ? » demande Rami Abou Jamous.

    Il raconte sa conversation avec une amie, qui accuse cet homme du Hamas d’avoir mis des dizaines de personnes en danger. « En tant que journaliste, répond Rami Abou Jamous, je suis une cible. Et malgré cela, j’habite avec ma femme et mes enfants. Alors, selon toi, je suis coupable de vivre avec eux ? » « Non », lui répond son amie. « On ne peut pas comparer. Combattant et journaliste, ce n’est pas la même chose ». « Mais si », répond Rami Abou Jamous, « pour les Israéliens, c’est la même chose ». « Je sais que je suis sans doute condamné à mort », ajoute-t-il encore.

    « Elle sort de son couloir de nage »

    Les critiques accablent Ursula von der Leyen. « Celle que les Européens aiment détester », titre l’Express, qui fait sa Une avec un portrait d’Ursula von der Leyen et nous promet une « enquête sur la puissante présidente de la Commission européenne », « une présidente sans limites », accuse l’hebdomadaire, citant les déclarations « en coulisses » « de dirigeants et diplomates européens », selon lesquels Ursula von der Leyen « sort de son couloir de nage », « déborde les contours du coloriage ».

    Que lui reprochent-ils exactement ? De se comporter comme un chef d’État. « Elle agit comme si elle en était un, mais n’en a que les attributs protocolaires », remarque l’Express. « Elle est exposée politiquement sans avoir la légitimité d’un exécutif normal ni le mandat pour conduire la politique étrangère et de défense de l’Union [...] Plusieurs élus l’ont rappelée à l’ordre : "Qui êtes-vous pour décider seule de la position diplomatique de l’Union européenne ?" » Critique reprise par Michel Barnier, l’ex-négociateur du Brexit : « Tout le monde voit bien à Bruxelles que sa gestion est très solitaire à un moment où l’Europe a tant besoin de collégialité ».

    La vie après le Brexit

    C'est le dixième anniversaire du Brexit. Et il n’y a pas de quoi faire la fête si l’on en croit Le Point qui titre en Une : « Brexit, la gueule de bois. » Et l’on retrouve Michel Barnier, signataire d’une tribune sans ménagement : « Dix ans après le référendum sur le Brexit, dit-il, une vérité s’impose : contrairement aux promesses de ses promoteurs, la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne n’a ni restauré la prospérité britannique, ni permis un meilleur contrôle des frontières, ni renforcé la souveraineté du pays […] Aucun pays européen ne retrouvera seul sa souveraineté, dans le monde tel qu’il vient ».

    À quoi ressemble la vie, dix ans après le Brexit ? Le Point a choisi d’aller à Birmingham, la deuxième ville du pays qui, nous dit-il, « affronte une crise identitaire ». « À Sparkhill, quartier au sud de Birmingham [...] des femmes en burqa déambulent dans des artères bordées de bâtisses en brique rouge. Des commerces vendent des abayas et autres "biens islamiques" ». « Il souffle un vent mauvais à Birmingham, comme dans tout le royaume, en plein malaise identitaire », assure Le Point.

    « Le scandale des OQTF »

    Et en France, qu’en est-il ? Le Nouvel Obs livre un point de vue différent sur l’immigration, s’inquiétant de ce qu’il appelle « le scandale des OQTF ». OQTF, comme « obligation de quitter le territoire français ». Pour développer son point de vue, l’hebdomadaire prend l’exemple de Souleymane, jeune ivoirien « qui vit en France depuis dix ans. Il a des diplômes et un CDI, un contrat à durée indéterminée, il est inséré socialement, professionnellement ».

    Arrivé en France avec un visa touristique, « il a accompli les démarches pour obtenir son titre de séjour. En vain, car il est frappé d’une OQTF. » « Une absurdité française », accuse le Nouvel Obs, car nous dit-il, « loin de se concentrer sur les cas de délinquants étrangers dont le sigle OQTF a fini par devenir le sinistre synonyme [...] l'inflation des expulsions prononcées touche en réalité de plus en plus de gens qui, comme Souleymane, travaillent en France ». Pour Le Nouvel Obs, pas de doute : « Il est grand temps, à un an de l'élection présidentielle », « de poser ces questions » liées à l'immigration du travail, et « d'y répondre ».

    6 min
  • À la Une: la rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping à Pékin

    « Et à la fin, c'est la Chine qui gagne », titre L'Express. « Pour la première fois depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, nous dit l'hebdomadaire, l'Amérique fait face à un rival qui menace sa suprématie. »

    Les journaux reviennent tous sur l'intelligence artificielle, « mère de toutes les batailles » entre Pékin et Washington, glisse L'Express. Pour l'heure, poursuit le titre, « les États-Unis la mènent d'une courte tête grâce aux performances des modèles de langage de ChatGPT et Claude ».

    Mais une avance en forme de trompe-l'œil. L'économiste Benjamin Bürbaumer, interrogé dans les colonnes du Nouvel Obs, prévient : « Les États-Unis s'épuisent sur le front de l'innovation, tandis que [la Chine], placée juste derrière, bénéficie de l'aspiration. » « Les autorités politiques chinoises, nous dit l'Express, mobilisent massivement l'appareil techno-industriel pour faciliter la commercialisation des produits stratégiques. » D'autant que Pékin bénéficie d'une force de frappe que Washington n'a pas : chaque année, 1,3 million d’ingénieurs sortent de ses universités, contre 130 000 aux États-Unis.

    « Au même moment, croit savoir l'économiste Benjamin Bürbaumer dans Le Nouvel Obs, la Chine gagne en popularité. » « Au point que la Chine devienne même tendance, martèle L'Express. Sur TikTok, Instagram ou YouTube, le phénomène « Chinamaxxing » vante l'art de vivre à la chinoise. Une opération de propagande jamais vue depuis les années Mao. »

    Quant aux pays européens, les hebdomadaires sont unanimes : ils sont cantonnés au rôle de spectateur de ce duel. « L'Europe en est réduite à jouer les utilités. Voire les victimes consentantes », s'indigne Le Point.

    « L'effacement de l'Europe, poursuit le journal, est symbolisé par le sort réservé au Premier ministre Keir Starmer. Pour obtenir un entretien avec Xi Jinping, il a dû donner son feu vert à la construction d'une nouvelle ambassade chinoise au cœur de Londres. »

    Résultat ? s'interroge l'hebdomadaire. « Une concession dérisoire sur le whisky et une visite de la Cité interdite avec pour unique accompagnateur un guide local. L'image du Premier ministre britannique, errant les mains dans les poches au milieu de la foule, scelle le déclassement de l'ex-puissance coloniale de Hong Kong », sermonne Le Point.

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    Dans un an, l’élection présidentielle en France

    « Ça sent la naphtaline », s'amuse Marianne, qui titre : « Le retour en force des vieux ». Dans presque tous les titres, on évoque la stratégie de François Hollande pour tenter de s'imposer comme le candidat du Parti socialiste en 2027. « Voilà des années qu'il cherche le trou de souris – l'expression lui est presque consacrée », note L'Express.

    « Sa force, c'est qu'il a été président. Son handicap, c'est qu'il a été président », résume dans les colonnes du magazine Pierre Moscovici, qui fut ministre du dernier quinquennat socialiste. « Sa stratégie, c'est le bordel », résume pour sa part le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, dans L'Express, « et puis de réapparaître à la fin, fort de son expérience ».

    Pendant ce temps, plus au centre, un duel se profile entre Gabriel Attal et Édouard Philippe. Les deux hommes ont tous les deux été Premiers ministres et font valoir leur expérience, rappelle Marianne. « Attal est un bulldozer, pas une voiture-balai soucieuse de récupérer coûte que coûte les indécis et les critiques de son action », estime L'Express. « Edouard Philippe bénéficie d'une image de valeur sûre, de quelqu'un d'ultra compétent », juge pour sa part Marianne.

    La Tribune Dimanche assure que Gabriel Attal va annoncer officiellement sa candidature « dans les jours qui viennent ». « Tout va maintenant aller très vite », écrit le titre, qui publie une tribune de 500 élus locaux. Tous appellent l'ancien premier ministre à se présenter à l'élection présidentielle. « Parce que Gabriel Attal a montré ses qualités, qu’il a la force de l’expérience, l’audace de proposer et la capacité à agir : il est, pour nous, la personne dont notre pays a besoin » assurent les signataires.

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    79e édition du Festival de Cannes

    « Qui veut la peau du CNC ? », s'interroge M, le Magazine du Monde. Le Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC) est l'organe public chargé notamment de financer la création cinématographique, en reversant notamment les taxes perçues sur les ventes de tickets. « La France est dans le top 3 mondial dans trois secteurs, rappelle le patron de l'institution dans les colonnes du magazine, les exportations d'armement, le nucléaire, et le marché du cinéma. »

    « Le CNC est la définition même d'un outil de souveraineté », poursuit-il. « Une citadelle assiégée », s'inquiète pour sa part le M. Il est la cible « d'attaques répétées, venant notamment de l'extrême droite », « au prétexte, poursuit le journal, que le CNC dilapiderait l'argent des Français pour aider des navets et des films gauchistes pour une rentabilité nulle ».

    Le M décortique dans ce long papier le fonctionnement de l'institution, notamment les commissions mises en place pour attribuer des avances sur recettes, dont, s'amuse l'hebdomadaire, « le secret des délibérations [...] ferait pâlir d'envie une loge maçonnique ».

    Le Point, pour sa part, dévoile quelques coulisses de la Croisette. Derrière les paillettes, les robes de soirée et les rivières de diamants, le magazine s'est intéressé aux agents d'image, ces hommes et ces femmes chargés de négocier les contrats entre les acteurs et les maisons de haute couture ou de joaillerie.

    « Au cinéma cohabitent deux dialectes : celui de la cinéphilie et celui de l'argent », résume l'un de ces agents dans les colonnes du magazine. On apprend ainsi que pour un contrat « full égérie », certaines maisons déboursent « entre deux et trois millions d'euros par an pour une Française, davantage s'il s'agit d'une Américaine ». « Une actrice de niveau A peut facturer 50 000 euros le port d'une parure, 30 000 euros la présence à un dîner, de 15 000 euros à 100 000 euros pour assister à un défilé de mode », poursuit Le Point.

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    Enquête sur Reza Pahlavi

    Le Nouvel Obs s’est intéressé au fils du dernier shah d’Iran dans un long papier, intitulé « La fabrique d'un roi ». Le magazine s'interroge : comment cet héritier en exil « s'est-il imposé en trois ans comme un symbole de l'opposition iranienne ? »

    « L'histoire commence en février 2023 », raconte L'Obs, en plein mouvement « Femme, Vie, Liberté », puis se poursuit lors de la guerre des douze jours, en juin dernier. Le tout secondé par des interventions dans les médias, une stratégie sur les réseaux sociaux et « tout un écosystème aux financements opaques, où se croisent lobbys d'influence et réseaux politiques », écrit le titre. Le magazine décortique ainsi l'entourage de Reza Pahlavi, galaxie d'influenceurs et de personnages sulfureux qui frôle avec l'extrême droite.

    M, le Magazine du Monde, consacre lui un article au père de Reza Pahlavi, le dernier shah d'Iran. L’hebdomadaire s’est penché sur sa collection de montres, qui « affole les enchères ». « Des Rolex en platine, des Patek Philippe en or, des Audemars Piguet serties de diamants » qui s'envolent pour des centaines de milliers de dollars dans les salles des ventes.

    « Cette collection raconte un moment particulier de l'histoire de l'Iran, note le M, elle est le symbole parfait de cette dictature moderniste et pro-occidentale qui a précédé celle des mollahs. » La passion du shah pour les montres suisses, poursuit le magazine, « a finalement surtout nourri le procès en "occidentalité" instruit par son opposition religieuse, qui finit par le renverser. »

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    « Gaza, la vie d’avant », une exposition de photographies à Marseille

    Le magazine du Monde dévoile aussi quelques clichés d’une exposition qui se tient en ce moment dans la cité phocéenne. Le petit-fils du photographe Kegham Djeghalian, fondateur du premier studio photo de l'enclave palestinienne en 1944, expose quelques-uns de ces clichés au Centre photographique de Marseille.

    On y retrouve de sublimes images en noir et blanc d'enfants qui courent sur la plage, de pique-niques sur des nappes blanches, de mariages, de sourires, d'hommes qui fument le narguilé ou qui jouent au volley. Des photos « d'une bande de Gaza qui n'existe plus », écrit le M, qui rappelle que l'enclave est aujourd'hui « détruite à plus de 80 % ».

    5 min
  • À la Une: en Ukraine, continuer d'informer sous la menace des drônes

    Un reportage dans les pages du Nouvel Obs suit le quotidien de Vassyl Savych, rédacteur en chef du Bulletin de l’Aube, qui livre son hebdomadaire chaque semaine en ukrainien, à quelques kilomètres de la ligne de front avec l’armée russe.

    Au fur et à mesure que l’article se déroule, la tournée prend forme : « à l’arrière du véhicule, une cargaison inattendue : rien qui ne puisse sauver une vie, rien qui ne puisse en ôter une. » Des exemplaires de l’hebdomadaire local, que Vassyl distribue lui-même dans les villages de première ligne.

    « Le journal ne lui rapporte plus rien, explique le Nouvel Obs, mais pour les habitants qui n’ont pas fui, il s’agit parfois de la seule information fiable de la semaine ».

    Le rédacteur en chef se rend dans des villages proches du front,« désormais hors des circuits postaux et humanitaires. La plupart se trouvent dans la zone de la mort », raconte le Nouvel Obs, qui évoque les visages familiers, et les sourires fugaces des gens que Vassyl salue chaleureusement, avant de reprendre le volant, tout en scrutant le ciel pour vérifier qu’aucune drone russe ne patrouille.

    « Pour les quelques habitants de ces villages, résume l’article, sa venue vaut davantage que les nouvelles qu’il apporte : la preuve que le monde extérieur demeure, et que la guerre n’a pas tout englouti. »

    Matthieu Pigasse, le millionnaire de gauche qui s’impose dans le paysage politico-médiatique français

    « À un an de la présidentielle, l’homme d’affaire cherche à peser dans le débat, appelant au rassemblement de la gauche. Au point d’avoir des ambitions élyséennes ? » s’interroge La Tribune Dimanche, qui lui consacre un portrait dans ses pages. 

    « Sans invitation et sans mandat électoral, il se rêve un rôle d’influence à gauche, et pourquoi pas même un destin présidentiel. Dès lors, il multiplie les rencontres avec les cadres des partis : Olivier Faure, Clémentine Autain, et se vante d’être "copain" avec Mélenchon », précise le Point. 

    Mais « au sein des partis, peu connaissent réellement le personnage, tempère La Tribune Dimanche, tous le saluent de s’être engagé dans la bataille culturelle contre l’extrême droite. »

    Car c'est là le cœur de son action depuis plusieurs années :« Hanté par le 21 avril 2002, quand le leader du Front national Jean-Marie Le Pen s’était qualifié au second tour de l’élection présidentielle, le financier s’investit de plus en plus dans la lutte contre l’extrême droite et la droite radicale. Et met ses médias, dont Radio Nova, au service de ce combat », résume Le Nouvel Obs. 

    Le sommet Africa Forward s'ouvre ce lundi au Kenya

    « Pour la première fois, un sommet Afrique - France est organisé dans un pays non francophone, remarque Le Nouvel Obs, face au déclin de son influence au Sahel, puis en Afrique de l'Ouest, Paris mise sur les puissances anglophones. »

    « Le choix du Kenya ne doit rien au hasard, analyse l'hebdomadaire, le pays offre une stabilité politique, une économie dynamique, et surtout il représente l'avantage de ne pas avoir de passif colonial avec la France, et donc pas de contentieux mémoriel. »

    « Au-delà de l'économie, la France cherche à renforcer la coopération sécuritaire, tout en démilitarisant son approche. Après le traumatisme sahélien, l'heure est à une coopération de défense centrée sur la formation et le renseignement », poursuit le journal, avant de rappeler que Paris a signé un accord de défense en octobre 2025 avec Nairobi.

    Ces IA qui nous veulent du bien, parfois trop

    « L'IA, au moins, elle me comprend », voilà quelque chose que vous avez peut-être pensé en votre fort intérieur, s'il vous arrive parfois de vous confier à une IA conversationnelle. C'est aussi le ressenti partagé par l'une des personnes interrogés par La Croix hebdo sur le sujet, qui en a d'ailleurs fait le titre de son dossier. 

    Une retraité en froid avec sa famille, une jeune femme préoccupée par l'état de son couple, ou encore un trentenaire en proie à l'anxiété : tous utilisent l'IA comme une « béquille existentielle », constate le journal, en lui confiant quotidiennement leurs inquiétudes et leurs états d'âme. Et l'IA abonde toujours dans leur sens : « Elle m'écoute, elle n'est pas là pour me contrarier », raconte par exemple Monique, âgée de 92 ans. 

    « L’IA est programmée pour aller dans notre sens. À force d’échanger avec elle sur le mode de la confidence, on risque de désapprendre certains savoirs sociaux, met en garde la philosophe Anne Alombert dans les colonnes de La Croix, et notamment, le fait de savoir composer avec l’autre, avec sa différence, et surtout de savoir s’enrichir de cela. »

    « Le problème est que le chatbot valide des croyances potentiellement erronées et peut encourager des comportements à risques comme l'isolement social, au lieu d'orienter vers un professionnel de santé », s'inquiète Le Point. Plus grave, il peut fournir des informations inexactes. 

    « Plus on entraîne le chatbot à être chaleureux et amical, plus il a tendance à donner des réponses incorrectes, a du mal à corriger les fausses vérités, voire les théories du complot énoncées par l'utilisateur », précise à l'hebdomadaire Luc Rocher, auteur d'une étude sur le sujet. 

    Le Point conclut par une ultime mise en garde : « À trop vouloir confier ses états d'âme, on en oublie qu'une IA n'en a pas grand chose à faire, aussi chaleureuse soit-elle. » 

    6 min
  • À la Une: Israël est-il en train de devenir un état paria?

    Israël est-il en train de devenir un État paria ? La question est posée cette semaine dans le Nouvel Obs, qui titre en Une : « Crimes de guerre, colonisation, atteintes à la démocratie : la dérive d’Israël ». « Fondé pour être l’État refuge des juifs persécutés au lendemain de la Seconde guerre mondiale, Israël devient un état paria », estime Omer Bartov, universitaire israélo-américain, interrogé par le Nouvel Obs.

    Et l'hebdomadaire accuse : « Avec ses ministres messianiques et suprémacistes, le gouvernement israélien pratique une politique d’effacement des Palestiniens d’une violence inouïe et pilonne l’État de droit ». Le Nouvel Obs aligne les chiffres : « plus de 72 000 morts dont près de 30 000 enfants à Gaza, l’ouverture de six autres fronts : (Liban, Iran, Cisjordanie, Yémen, Irak, Syrie), et des frappes qui peuvent faire un carnage en quelques minutes comme à Beyrouth le 8 avril (350 morts et plus de 1200 blessés) ».  

    À Jérusalem-Est et Tel Aviv

    Le Nouvel Obs est allé à la rencontre des Israéliens et des Palestiniens. L’hebdomadaire s’est rendu à Silwa, quartier de Jérusalem-Est, en Cisjordanie occupée, où les habitants palestiniens de 150 maisons ont reçu des ordres de démolition, pour faire la place à des familles de colons. Destruction que les Palestiniens doivent effectuer eux-mêmes sous peine d’une amende de « dizaines de milliers de shekels ». C’est ainsi que Wassim Siam, « père de cinq enfants » est en train de démolir sa propre maison. « Les Israéliens ne veulent plus de nous ici », déclare-t-il au Nouvel Obs.  

    L’hebdomadaire s’est aussi rendu à Tel Aviv, où il a rencontré des Israéliens majoritairement favorables à la politique de Benyamin Netanyahou, comme cette jeune réserviste de l’armée israélienne qui déclare : « J’espère qu’on va reprendre Gaza. Ils doivent foutre le camp d’ici. Il y a plein d’état musulmans dans le monde, pourquoi on ne pourrait pas avoir notre petit bout de terre à nous ? » « L’immense majorité des médias israéliens, précise le Nouvel Obs, martèle désormais un discours nationaliste, guerrier et relaie la propagande gouvernementale ». Dans ces conditions, y a-t-il encore une opposition en Israël ?  « La gauche israélienne, encore favorable à une solution à deux Etats, se réduit comme peau de chagrin », reconnaît l’hebdomadaire. 

    Le pouvoir jusqu'au bout

    Le Point fait sa Une sur « Ces malades qui nous gouvernent ». Et la liste est longue, elle va de Georges Pompidou, François Mitterrand et Jacques Chirac en France, à Mao en Chine, en passant par Staline, à l’époque de l’URSS. Mais l’actualité, en la matière, nous conduit aux États-Unis. « Entre Joe Biden et Donald Trump, lequel est le plus atteint ? » interroge le Point, qui ne répond pas vraiment, mais qui publie une photo des deux hommes, chacun en public, semblant plongé dans un profond sommeil… ce à quoi l’actuel président américain a répondu « qu’on le prend en photo quand il cligne des yeux ».

    Le 13 avril dernier, « son médecin Sean Barbabella a publié un rapport décrivant sa santé comme "excellente", y compris sur le plan cognitif ». Mais « la majorité des Américains en doute », assure le Point, à l’appui de plusieurs sondages, dont l’un paru fin février, et selon lequel « 61 % des Américains pensent que Donald Trump est devenu "imprévisible avec l’âge" ».

    D’anciens soutiens du président en doutent aussi, ajoute l’Express, d’anciens soutiens qui invoquent le 25ème amendement, celui qui permettrait de chasser Donald Trump du pouvoir. Toutefois, rappelle le Point, « la révocation du président devrait être votée par le Congrès à la majorité des deux tiers. Assez peu probable », conclut l’hebdomadaire.

    Blocage d'Internet

    En Russie, plusieurs villes, dont la capitale Moscou, sont privées d’Internet, depuis plusieurs semaines, annonce l’Express, selon lequel « la grogne monte au sein de la population et des élites pro-pouvoir ». L’hebdomadaire raconte une scène courante : dans la rue, un Moscovite se bat avec un plan papier, « encombrant et chiffonné », faute de GPS. « Un comble, dans une des villes les plus digitalisées au monde », remarque l’Express, qui ajoute : « Aujourd’hui, les Russes font un grand bond en arrière. Pourquoi ? simplement par la volonté de Poutine. Plus exactement du FSB, successeur du KGB, aux manettes de cette vaste opération de censure (…) » Explications d’Alexander Kolyandr, chercheur au Centre d’analyse des politiques européennes : « Les services de sécurité russes veulent créer un goulag numérique car ils considèrent Internet comme une menace ».

    La tension est montée d'un cran, mi-avril, avec la vidéo d'une blogueuse, faisant partie "du cercle pro-poutine", comptant "13 millions d'abonnés", et ayant publié un post incendiaire, dans lequel « elle liste les problèmes qui s'accumulent en Russie, dont le blocage d'Internet ».

    Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a estimé que ce message abordait "des questions importantes", dont "aucune n'a été laissée sans réponse". C'est peu, mais aux yeux de l'Express, "c'est le signe d'une fébrilité au sein du pouvoir, à 5 mois des élections à la Douma". 

    6 min
  • À la Une: Donald Trump est-il en train de perdre la main?

    « Troisième mois de guerre au Moyen-Orient, et déjà, le parfum entêtant des impasses stratégiques (…) la posture du matamore a vécu. Elle se fracasse sur la réalité d’un régime iranien que l’on disait affaibli », remarque Bruno Jeudy, dans son éditorial pour la Tribune Dimanche, alors que cette semaine, les hebdomadaires français s’interrogent sur les capacités de Donald Trump à rebondir.

    « Trump, le début de la fin ? » interroge l’Express, qui compare la guerre au Moyen-Orient à la guerre du Vietnam.  « En un sens, c’est déjà bien pire », constate Jacob Heilbrunn, qui dirige la revue de géopolitique américaine The National Interest. « Car si le Vietnam était un problème isolé qui ne fragilisait ni l’économie mondiale, ni le leadership des États-Unis, les choses sont différentes avec l’Iran (…). Ce conflit annonce peut-être le déclin de l’impérialisme américain. »

    Le politologue Larry Sabato, lui aussi interrogé par l’Express, estime de son côté que « si la situation actuelle perdure jusqu’en septembre, l’addition sera salée pour les candidats républicains lors des midterms (les élections de mi-mandat) de novembre ». Dans le Nouvel Obs, Pierre Haski estime lui que « Trump a perdu la main ». « La belle mécanique s’est enrayée », souligne l’éditorialiste qui voit lui aussi arriver les élections de mi-mandat en novembre alors que, dit-il, « s’installe le sentiment que le président n’est pas imbattable ».

    L'élection présidentielle en France vue par les médias étrangers

    En France, l’élection présidentielle n’aura lieu que dans un an, mais Courrier international remarque que « la course pour 2027 passionne déjà la presse européenne ». Premier exemple, le Temps, en Suisse, voit « une France écartelée en quatre parts (si ce n’est plus) irréconciliables et bien définies », avec "des centres-villes sociaux-démocrates pour ne pas dire bobos" (bourgeois bohêmes) "des bourgeois de province conservateurs", "des lieux reculés ou délaissés, penchant à l’extrême droite et les banlieues à l’extrême gauche" ».

    En Suède, le Dagens Nyheter s’en prend particulièrement à Jean-Luc Mélenchon, le chef de la France insoumise, estimant qu’il est « l’un de ces vieux réactionnaires imperturbables qui glorifient leur époque dans l’extrême gauche et se comportent comme s’ils savaient toujours tout, mieux que tout le monde ».

    Aux États-Unis, The Nation remarque que « les électeurs progressistes semblent désirer ardemment une campagne qui associe des appels à des réformes de base et une dénonciation du statu quo ». Tout en ajoutant : « Une candidature commune semble peu probable ».

    Vincent Bolloré, « un prédateur »

    Le monde de l'édition est toujours en ébullition, en France, après l’éviction par Vincent Bolloré d’Olivier Nora, l’éditeur historique de la maison Grasset. À vrai dire, la polémique a désormais dépassé le simple monde de l’édition, et se retrouve cette semaine en Une du Nouvel Obs, avec ce titre : « Vincent Bolloré, le rapt de la culture » ou « comment le milliardaire resserre son emprise réactionnaire ».

    Le Nouvel Obs résume les faits en quelques mots : « Médias, cinéma, édition… Depuis dix ans, le milliardaire breton s’est lancé dans une croisade acharnée pour faire gagner les idées d’extrême droite. Dernière victime en date : Olivier Nora, PDG de Grasset, brutalement limogé. Solidaires, plus de 200 autrices et auteurs ont claqué la porte de la prestigieuse maison d’édition et revendiquent les droits de leurs œuvres ».

    Le Nouvel Obs énumère également les médias et les maisons d’édition dont Vincent Bolloré a pris le contrôle : « Canal + en 2015, I-Télé (devenue Cnews) en 2016, Europe 1 en 2021, Plon en 2021 également, Paris Match en 2022, puis le Journal du Dimanche en 2023 ». Et bien sûr les maisons d’édition Grasset, Fayard, et Prisma Presse, ces dernières années.

    Pour le Nouvel Obs, Vincent Bolloré n’est pas « un mécène éclairé », mais « un prédateur, décidé à fabriquer l’opinion avec, en tête, un agenda politique (…) Il s’est donné les moyens de peser sur l’élection présidentielle de 2027 ». 

    Un jeune coureur plein d'avenir

    Le Parisien Dimanche fait sa Une avec un visage juvénile et souriant. « Retenez bien son nom », s’exclame le journal. Il s’appelle Paul Seixas, et « à seulement 19 ans, le Français enchaîne les exploits et devrait être l’attraction du prochain Tour de France. En attendant, il va se mesurer ce dimanche au Slovène Tadej Pogacar, lors de Liège-Bastogne-Liège ».

    Il est, nous dit le Parisien Dimanche, « un prodige du cyclisme comme la France n’en espérait plus (…) celui qui effacera un jour des décennies de disette tricolore au palmarès du Tour de France ». Et ce ne sont pas les qualités qui manquent à celui qui vient de remporter la Flèche Wallonne : « Paul Seixas ajoute à son talent de cycliste une intelligence "situationnelle", explique le Parisien Dimanche, une maturité remarquable, une capacité à switcher du français à l’anglais ». Il est « la tête et pas seulement les jambes », s’exclame encore le journal pour lequel « Paul Seixas est l’ado qui va nous faire aimer le vélo ». 

    6 min
  • À la Une: quelles perspectives pour la défense européenne?

    À l’heure où les États-Unis prennent leurs distances avec l’Otan et l’Europe, la question de la défense européenne devient cruciale. L’Europe peut-elle voguer seule sans le soutien américain ? Rien n’est moins sûr, aux yeux de l’Express, selon lequel « la défense européenne est piégée par sa dépendance aux États-Unis. » La démonstration est vite faite : l’Allemagne, la Belgique la Finlande, les Pays-Bas, la Norvège ou encore la Pologne… Tous ces pays ont choisi le même avion de combat : le F-35 américain.

    « Un choix qui symbolise à lui seul la dépendance stratégique de l’Europe aux États-Unis », souligne l’Express. Et il faut aussi compter avec « les dépendances (liées à ce choix) industrielles, logicielles, en raison des mises à jour régulières que nécessite son système informatique (…) une fois en service, hors de question pour les pays clients de se fâcher avec les États-Unis, et ce, pour plusieurs décennies. »

    Et ce n’est pas tout, l’Express enfonce le clou : nombre de pays européens dépendent aussi des avions de surveillance Awacs, de missiles-radar ou encore de drones Reaper. Tous américains. « Le réveil est brutal pour les pays les plus atlantistes, dont la Pologne ou les pays baltes », conclut l'hebdomadaire.

    Téhéran sous les bombes

    Le Nouvel Obs a choisi cette semaine de donner la parole à un écrivain iranien qui vit à Téhéran. Il s’appelle Mohammad Tolouei, et tient « un journal de bord », dans lequel il a notamment relaté les bombardements sur la capitale iranienne, avant la trêve. Au jour 29, il décrit ainsi une journée calme, puis, « dès minuit, les bombardements qui reprennent ». « J’ai compté le nombre d’impacts, écrit Mohammad Tolouei, ça faisait quatorze, tout près de chez nous. Dès la deuxième attaque, l’électricité a sauté. Nous nous sommes réfugiés dans la salle de bains. C’est absurde, si une bombe tombe à côté, il ne restera rien de la maison. Mais c’est un réflexe, une manière instinctive de se protéger ».

    L’écrivain est sans illusion quant au résultat des bombardements israéliens et américains : évoquant les frappes ayant ciblé les infrastructures, il explique : « Pendant la guerre de douze jours, en juin, j’avais l’impression que chaque bombe engloutissait un morceau de moi. Là je me dis que si ces infrastructures sont détruites, nous pourrons les reconstruire après la guerre. Même si je sais que cette guerre ne nous apportera pas la liberté ».

    Qui succédera à Emmanuel Macron ?

    En France, à un an de l’élection présidentielle, des candidats déclarés ou susceptibles de se déclarer, font la Une de certains hebdomadaires cette semaine. Ainsi l’ex-ministre Gabriel Attal, à la Une du Point avec cette citation : « Je pense savoir comment il faut présider la France ». Celui qui fut aussi Premier ministre pendant quelques mois en 2024 publie un livre intitulé En homme libre, dans lequel, malgré son jeune âge (37 ans), il se pose en homme d’expérience et assure « qu’il a les idées claires pour la France. » Ancien disciple d’Emmanuel Macron, Gabriel Attal a rompu avec le président, mais il affirme « avoir du respect et de la reconnaissance pour lui ».

    Marianne de son côté, fait sa Une avec François Hollande, et cette citation de l’ancien président socialiste : « Je me prépare ». « Ira-t-il ou pas ? », demande Marianne. « Comment être utile aujourd’hui ? répond François Hollande. En me préparant, donc je me prépare ». Quand l’hebdomadaire lui oppose les autres candidats potentiels sociaux-démocrates tels que le député européen Raphaël Gluscksmann ou l’ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve, François Hollande répond : « IIs sont légitimes pour être candidats. Le sujet, c’est de réussir à être président ». Et visiblement, François Hollande y croit. 

    Une voix à part

    La presse du dimanche rend hommage à Nathalie Baye, l’actrice décédée à 77 ans, des suites d’une maladie neurodégénérative. Sa photo s’affiche en une du Parisien Dimanche, souriante, avec ces mots : « Quelque chose en nous de Nathalie ». Référence au « Quelque chose en nous de Tennessee » célèbre chanson de Johnny Hallyday, qui fut son compagnon pendant plusieurs années. Pour le Parisien Dimanche, « Nathalie Baye est l’actrice inoubliable de La Nuit américaine, Vénus beauté ou encore Le Petit Lieutenant ». « Elle a rayonné sur le cinéma français pendant près de cinquante ans, près de cent films et quatre César. Elle a joué autant les filles de la classe moyenne que les aristocrates, les provinciales que les Parisiennes, les prostituées que les fliquettes. »… 

    La Tribune Dimanche rend également hommage à l’actrice disparue. Avec un jeu de mots « Bye-bye Nathalie », sur une photo de Nathalie Baye, là encore tout sourire. Pour la Tribune Dimanche, elle était « le feu sous la glace (...) L’actrice aimée de tous et à la carrière exceptionnelle, cultivait sa singularité et son charme. Elle était une voix à part du 7ème art ».

    Les hommages sont nombreux. Le président Emmanuel Macron évoque « une comédienne avec qui nous avons aimé, rêvé, grandi » … Pour l'actrice Josiane Balasko, elle incarnait « une certaine idée de la femme française ». Enfin, le réalisateur François Ozon salue « une merveilleuse amie, attentive et généreuse : J'admirais, j'aimais l'actrice, autant que la femme ». 

    6 min
  • À la Une: la face cachée de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal

    L'écrivain de 81 ans « a été détenu pendant un an en Algérie », rappelle Le Parisien Dimanche. Il a été libéré en novembre dernier (après une forte mobilisation, diplomatique notamment), et a annoncé hier qu’il entendait « attaquer en justice » le président algérien. Pour cela, dit-il, « il va saisir la justice internationale ». Boualem Sansal dont l’attitude suscite bien des interrogations depuis quelques semaines. Depuis, notamment, qu’il a quitté sa maison d’édition historique Gallimard, pour rejoindre Grasset, « propriété du groupe Hachette, contrôlé par le milliardaire conservateur Vincent Bolloré », précise Le Parisien Dimanche. Ce que le Nouvel Obs, de son côté, appelle un « transfert sous influence ». Sous-entendu, sous l’influence d’Arnaud Benedetti, le fondateur de son comité de soutien. « Un homme de droite », nous dit le Nouvel Obs, « habitué des plateaux télé, notamment CNews et Europe 1, les antennes de la Galaxie Bolloré… ». 

    Et c’est à la Une d’une autre propriété de Vincent Bolloré, Le Journal du Dimanche, que s’affiche aujourd’hui Boualem Sansal, en compagnie de Philippe de Villiers, figure ultra-conservatrice, également habitué de CNews. Une photo accompagnée de ce texte : « L’académicien franco-algérien et le fondateur du Puy du Fou, préoccupés par la disparition programmée du peuple français, appellent refranciser la nation en puisant dans son socle historique, philosophique et culturel pour qu’elle retrouve son éclat d’antan ». Dans le Nouvel Obs, l’un des proches de Boualem Sansal se désole que « cet écrivain qui s’est toujours revendiqué "au-dessus des partis politiques" soit devenu "la mascotte de l’extrême droite" ». 

    Course contre la mort

    Éclipsée par le conflit au Moyen-Orient, la guerre n’en continue pas moins en Ukraine, où les journalistes sont particulièrement exposés. Exposés comme le sont bien sûr tous les civils, « le long de la ligne de front, raconte l’Express, des milliers de drones, souvent produits pour quelques centaines de dollars, attaquent tout ce qui bouge, y compris les journalistes ». Plusieurs d’entre eux l’ont payé de leur vie. Leur sécurité est donc un enjeu vital.

    C’est ainsi que la correspondante de L’Express à Kiev, Clara Marchaud, a suivi un stage organisé par une ONG ukrainienne « pour aider les reporters à affronter les attaques aériennes incessantes de la Russie ». « La première journée, explique-t-elle, porte sur les gestes de secours : stopper une hémorragie massive en moins de trois minutes, évacuer un blessé sur des centaines de mètres dans la forêt, en portant un gilet pare-balles de 15 kilos sur le dos ».

    Le deuxième jour du stage est consacré aux drones. Un instructeur détaille leurs particularités techniques et explique : « on vit avec l’idée que quelque chose peut nous tomber dessus à tout moment .» Dans ce qu’on appelle la « kill zone », c’est-à-dire « la ligne de front longue de 20 à 25 kilomètres », explique la journaliste de l’Express, « dès qu’un drone se fait entendre, il ne reste qu’une dizaine de secondes pour réagir. Se figer pour scruter le ciel est l’erreur fatale à ne pas commettre… Il faut se précipiter vers un abri solide, ou à défaut un fossé. Courir en zigzag, changer de direction tous les sept à dix mètres ». Une véritable course contre la mort… 

    « Improbable image pieuse »

    Le pape Léon XIV est attendu demain, lundi, en Algérie. Et c'est d’ailleurs, souligne La Tribune Dimanche, « le premier voyage d’un pape en Algérie ». L’occasion pour L’Express de mesurer l’aura de Léon XIV et de dessiner les contours de sa relation avec… Donald Trump.  « Tous deux sont américains, mais c’est là leur seul point commun », explique L’Express. Il faut dire que, côté religion, un fossé sépare les deux hommes.  L’hebdomadaire rappelle qu’au début de la guerre contre l’Iran, Trump s’est fait « filmer dans le bureau Ovale, entouré de pasteurs évangéliques priant pour lui donner la force de diriger la nation et pour la protection des troupes américaines. « Une improbable image pieuse », nous dit L’Express, à laquelle le pape a répondu à sa façon lors de la messe des Rameaux, citant le prophète Isaïe : « Même si vous faites beaucoup de prières, je n’écouterai pas. Vos mains sont pleines de sang ». 

    Interdiction restée lettre morte

    Enfin, retour sur une décision qui a fait couler beaucoup d’encre ces derniers mois : l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 16 ans en Australie. L’Australie qui n’était pas peu fière, il y a quatre mois, de mettre en place cette interdiction, mais qui doit reconnaître aujourd’hui que « ça ne fonctionne pas », comme nous l’explique Courrier International. En effet, la Commission australienne pour la sécurité en ligne, a découvert que « plus des deux tiers des adolescents étaient toujours sur les plateformes concernées par l’interdiction (Facebook, Instagram, Snapchat, TikTok et YouTube) ». Tout simplement, semble-t-il, parce que « les plateformes concernées n’ont pas demandé aux adolescents de se soumettre à une vérification d’âge ». Alors que d’autres « autorisent les utilisateurs à essayer plusieurs fois les contrôles de vérification de l’âge, jusqu’à ce qu’ils passent outre ». Il était peut-être un peu naïf d'espérer mettre au pas, aussi vite, les géants de la Tech... 

    6 min
  • À la Une: le racisme en France s’invite dans le débat politique et médiatique

    Une manifestation contre le racisme avait lieu ce samedi à Saint-Denis, au nord de Paris. Saint-Denis, dont le nouveau maire la France Insoumise Bally Bagayoko, a récemment été victime de propos racistes, tenus notamment sur la chaîne de télé CNews... La Tribune Dimanche le rappelle en quelques mots : « le psychologue Jean Doridot, interrogé sur le début de mandat de l’édile, a jugé bon de rappeler que l’être humain "faisait partie de la famille des grands singes" qui comme "dans toute tribu se cherche un chef" ».  

    Propos tenus donc sur CNews, propriété de Vincent Bolloré, le milliardaire qui possède également le Journal du Dimanche. Rien d’étonnant donc à ce que le JDD s’indigne aujourd’hui de ce qu’il appelle « la grande fabrique du mensonge » et « l’hystérisation du débat ». Le JDD s’emploie à défendre CNews qui serait « prise d’assaut » « par des responsables politiques », « pour appeler à la "fermeté" contre la chaîne d’information, voire à sa censure pure et simple ».

    Le Journal du Dimanche, s’abstient de citer les propos racistes tenus sur CNews, et juge que la chaîne « a une utilité précieuse » : celle de « simplifier le débat ». Elle serait même, accuse le journal, « une cible commode », « qui permet de canaliser les critiques et d’éviter le reste », « de détourner les regards de dossiers autrement plus embarrassants ». Bref, pas question de faire un « mea culpa », on en est loin…

    Machine à cash

    Le Point s’attaque cette semaine à ce dossier imposant : la fortune du président américain. « Donald Trump : le grand braquage », titre en Une l’hebdomadaire, ou « comment le président américain utilise son mandat pour s’enrichir ». « Les États-Unis seraient-ils en train de devenir une kleptocratie, un État basé sur les conflits d’intérêts si ce n’est la corruption ? » interroge le Point qui cite les politologues Alexander Cooley et Daniel Nexon, selon lesquels « Trump a instrumentalisé la politique étrangère des États-Unis pour accroître sa fortune personnelle, asseoir son prestige et favoriser un cercle restreint de proches, d’amis et d’affidés. La diplomatie américaine est désormais largement subordonnée aux intérêts privés du président et de ses obligés ».  

    Dans ce contexte, les conflits d’intérêt ne manquent pas et les cadeaux sont les bienvenus. Comme « ce Boeing 747 réaménagé offert par le Qatar au président », qui vaudrait « entre 150 et 180 millions de dollars » et « qu’il pourra conserver après son départ de la Maison-Blanche, selon les termes de l’accord ». Le Point cite également les nombreux projets immobiliers de Trump, « dans la péninsule arabique, au Vietnam ou en Roumanie. Depuis sa réélection, ils se sont multipliés ». Bref, pour l’hebdomadaire, pas de doute : « la Maison-Blanche est devenue la machine à cash du clan Trump ».

    Un modèle pour les populistes

    En Europe, l’attention se porte sur la Hongrie, avant les élections législatives de dimanche prochain. « L’élection qui va changer l’Europe », s’exclame l’Express, plein d’espoir, l’espoir de voir le Premier ministre Viktor Orban vaincu dans les urnes. « Saboteur en chef de l’Union européenne, (nous dit l’hebdomadaire) il pourrait, pour la première fois depuis seize ans, essuyer une défaite électorale. Une chute que Donald Trump et Vladimir Poutine font tout pour éviter » ajoute le Point, selon lequel « la chute du maître de la Hongrie provoquerait un séisme bien au-delà des frontières de ce pays de 10 millions d’habitants. En vingt ans de règne, dont seize consécutifs, Viktor Orban a inventé un oxymore ; la "démocratie illibérale" un modèle pour les populistes du monde entier ».

    Un modèle que les États-Unis soutiennent sans ambiguïté : le vice-président JD Vance est attendu à Budapest « autour du 7 avril ». « Ce vote, estime le politologue Péter Kreko, enverra un message crucial aux démocraties du monde entier. Si Orban échoue, cela portera un coup à la montée de l’autoritarisme populiste. Sa victoire, sonnerait au contraire comme celle du modèle adoubé par Trump et Poutine ».

    Résister à Trump

    Donald Trump qui est décidément partout.  « Trop, c’est trop », s’indigne le Nouvel Obs. C’est le titre d’un éditorial signé du journaliste Pierre Haski, qui s'interroge : « À chaque saillie injurieuse, à chaque discours qui sème le doute sur sa santé mentale et sa capacité à conduire la première puissance mondiale, je me pose la question : « Pourquoi nos pays ne disent-ils pas plus haut et fort que nous ne l’acceptons pas ? » « Notre prudence verbale, ajoute-t-il, « finit par nous rendre sinon complices, au moins victimes consentantes d’un apprenti despote ».

    Pierre Haski prend pour exemple « la guerre menée par les Etats-Unis aux côté d'Israël contre l'Iran » . « Le président américain n'a ni consulté ni même informé ses alliés supposés de l'OTAN avant de déclencher les hostilités ». Pierre Haski s'inquiète aussi d'un « complexe » que les Européens nourriraient à l'égard des États-Unis. « Il est temps de s'en débarrasser pour grandir », dit-il, et « de s'émanciper quand "le boss" déraille, avant qu'il ne nous entraîne dans sa chute ». 

    6 min
  • À la Une: la France tournée vers l’élection présidentielle de 2027

    Des municipales de 2026 à l’élection présidentielle de 2027, il n’y a qu’un pas, que franchissent allègrement, les responsables politiques et les médias. Hebdomadaires et journaux du dimanche tirent les leçons des municipales dont le 2ème tour avait lieu dimanche dernier, pour mieux anticiper la présidentielle de 2027. Et ce n’est pas une mince affaire, aucune tendance n’ayant marqué sa supériorité lors des municipales, et les candidats potentiels étant légion. Les grandes manœuvres ont donc commencé (ou recommencé).

    La Tribune Dimanche publie ce matin un « appel à l’union de 90 ministres et parlementaires pour un candidat unique de la droite et du centre en 2027 », dénonçant « le risque d’un second tour de l’élection présidentielle opposant Jean-Luc Mélenchon au candidat du Rassemblement National », autrement dit, « un aller simple vers le populisme, la démagogie et le communautarisme », estiment les signataires, parmi lesquels ne figure aucun poids lourd de la droite et du centre.

    Un poids lourd, comme l’ancien Premier ministre et déjà candidat à la présidentielle Édouard Philippe, par exemple. « Édouard Philippe, maintenant ou jamais », titre le Point, « après sa réélection au Havre, le candidat à la présidentielle veut prendre de vitesse ses concurrents », assure l’hebdomadaire, qui précise que « l’ancien juppéiste a pris des positions fortes sur une ligne de droite refusant toute alliance avec les extrêmes ».

    « Il ne faut rien exclure »

    L’alliance de la droite et du centre, c’est aussi ce que prône Gérald Darmanin, interrogé par le Parisien Dimanche. « Je pense, explique l’actuel ministre de la Justice, et potentiel candidat à l’élection présidentielle, qu’il faut un seul candidat de la droite et du centre, dans lequel une part des électeurs de la gauche républicaine, qui refuse les compromissions avec la France Insoumise, pourrait se retrouver ». « Le problème », lui oppose le Parisien Dimanche, « c’est que ni Édouard Philippe ni Gabriel Attal, (lui aussi ancien Premier ministre et potentiel candidat) ne veulent de primaire ». Ce à quoi Gérald Darmanin répond : « Je pense que la primaire est la meilleure chose, sauf si l’un d’entre nous s’impose naturellement. Aujourd’hui, celui qui semble être en dynamique en termes de sondage, c’est Édouard », assure Gérald Darmanin, qui toutefois n’exclut pas de se présenter lui-même, dit-il, « il ne faut rien exclure ». 

    Infréquentable

    Marianne de son côté, juge d’un œil sévère, les manœuvres des uns et des autres, en vue de l’élection présidentielle.  « C’est la ruée des médiocres », accuse l’hebdomadaire, qui s’indigne : « L’ensemble de la classe politique s’est tourné vers la présidentielle de 2027. Une obsession qui a de quoi désespérer, tant elle ignore les causes profondes de la désaffection des Français envers la chose publique ». Marianne n’en livre pas moins sa propre analyse : « la configuration bien particulière du pays, nous dit-on, entre le haut niveau du Rassemblement national, et l’extrême fragmentation du reste des forces, fait naître un fol espoir chez bon nombre d’ambitions : se qualifier pour le second tour avec un score assez bas, en profitant de l’éparpillement du vote, et jouer ensuite la carte du barrage républicain contre Marine le Pen ou Jordan Bardella ». 

    Marianne qui soupèse également les chances de la gauche à la présidentielle, au vu des municipales... L'hebdomadaire est catégorique : « La gauche sort en piteux état de ces municipales, après un second tour qui a révélé à quel point les alliances avec LFI, la France insoumise, et le Parti socialiste rebutaient nombre d’électeurs ».  « La France insoumise » accuse l’hebdomadaire, « qui en multipliant les invectives violentes à l’endroit des socialistes, en adoptant une ligne ouvertement communautariste, en commettant des dérapages antisémites (…) se rend infréquentable ».

    L'hommage à Lionel Jospin

    La France Insoumise qui, de fait, concentre les critiques. Le Nouvel Obs rappelle « qu’au soir du second tour, Olivier Faure, le Premier secrétaire du Parti Socialiste, a de nouveau ciblé Mélenchon, un "boulet" », a-t-il dit. Il n’en demeure pas moins que la gauche a remporté certaines villes, grâce à une alliance avec la France insoumise. La gauche qui, comme la droite, compte de nombreux candidats potentiels.

    Mais ce n'est peut-être pas là le plus important pour le Nouvel Obs, qui consacre sa Une et plus de 15 pages, à Lionel Jospin, l’ancien Premier ministre socialiste, mort dimanche dernier, et qui si l’on en croit l’hebdomadaire, « aurait certainement salué la capacité des électeurs de gauche à se mobiliser lors de ces municipales », lui qui fut éliminé au premier tour de l’élection présidentielle de 2002, devancé par le candidat du Front National, Jean-Marie Le Pen.

    Lionel Jospin reste toutefois un modèle aux yeux du Nouvel Obs, qui rend hommage à « l’homme des 35 heures, de la couverture maladie universelle ou encore du PACS ». L'hebdomadaire formule un espoir : que « la gauche réformiste », « non mélenchoniste », « se montre digne de l’héritage de Lionel Jospin ». 

    6 min
  • À la Une: l’ombre de Gaza plane sur le Liban

    Le sort des Libanais, attaqués par Israël en réponse aux tirs du Hezbollah, préoccupe la presse hebdomadaire. C’est « la guerre de trop » pour Le Point, ou encore « une guerre qui n’est pas la leur », comme le titre Le Nouvel Obs, qui ajoute : « À Beyrouth, comme dans les villages pris en étau dans le sud du pays, on commence à redouter que Tsahal "fasse comme à Gaza" ». Il faut dire que le ministre israélien d’extrême droite Bezalel Smotrich en a brandi la menace : « Très bientôt, Dahiyeh (banlieue sud de Beyrouth et bastion du Hezbollah, ndlr) ressemblera à Khan Younès », ville de Gaza rasée par l’armée israélienne.

    Le Nouvel Obs a rencontré le docteur Abu-Sittah, qui travaille à l’hôpital de Nabatieh, à une cinquantaine de kilomètres de Beyrouth. « À ses yeux, nous dit le Nouvel Obs, ce qui se passe au Liban s’inscrit dans la continuité de ce qu’il a observé à Gaza : « Il y a un schéma qui se répète. Les deux territoires sont pris au piège entre la mer, Israël d’un côté, et un régime hostile de l’autre ». « Sans compter, ajoute encore le docteur Abu-Sittah, que le massacre commis en Palestine a contribué à normaliser un niveau de brutalité extraordinaire. Tout ce qu’Israël fait au Liban paraîtra presque acceptable en comparaison de Gaza ». 

    Engrenage destructeur

    L’hebdomadaire Le Point s’est lui aussi rendu au Liban. Plus précisément à Dahiyeh, cette banlieue sud de Beyrouth, fief du Hezbollah, qu’Israël dit vouloir anéantir. Le Point précise d'ailleurs : « La menace de faire de Beyrouth un nouveau Gaza figurait noir sur blanc sur des tracts de propagande largués par avion le 13 mars, appelant la population libanaise à collaborer avec les services israéliens, pour mettre fin au piège tendu par le Hezbollah ». « Depuis que l’organisation chiite a repris les hostilités, le 2 mars, en soutien à son parrain iranien, poursuit l’hebdomadaire, l’angoisse d’un engrenage destructeur s’est emparée de Beyrouth ».

    Le Point a rencontré Walid Joumblatt, présenté comme « l’expérimenté chef de la communauté druze, longtemps à la tête du Parti socialiste progressiste » qui déclare : « Je ne vois aucune lueur d’espoir. Toute la population libanaise est prise en otage. Les chiites sont otages de cette faction irano-libanaise qu’est le Hezbollah ». Faisant allusion aux centaines de milliers de Libanais déplacés par cette nouvelle guerre, Walid Joumblatt ajoute : « Les distributions de tentes rappellent l’exode des Palestiniens en 1948 : cela devait durer deux semaines, cela fait soixante-dix-huit ans. »

    Croisade

    Le Nouvel Obs s’intéresse à celui qu’il appelle « le guerrier de Trump ». Autrement dit, Pete Hegseth, « ancien animateur de Fox News devenu le visage de l’offensive contre l’Iran », explique l’hebdomadaire, qui le décrit ainsi : « Machiste, belliqueux et inconséquent, le secrétaire américain à la Défense, auto-rebaptisé ministre de la Guerre, a entrepris de transformer l’armée des États-Unis pour en faire une machine à tuer ». L’hebdomadaire n’y va pas de main morte, mais il faut dire que Pete Hegseth, ancien militaire lui-même, aligne les déclarations guerrières sans sourciller.

    « Nous ne sommes plus des défenseurs, clame-t-il. Nous sommes des guerriers entraînés à tuer l’ennemi et à briser sa volonté. Fini les règles d’engagement correctes, place à une létalité maximale ». « Le patron de l’armée », poursuit le Nouvel Obs, estime « que les objectifs de démocratisation en Irak et en Afghanistan ont détourné les militaires de leur objectif : tuer l’ennemi ». Il s'agit « d'une croisade idéologique et religieuse », précise encore l’hebdomadaire. Outre « ses tatouages représentant notamment la croix de Jérusalem et la devise latine Deus Vult (Dieu veut) », « Pete Hegseth dirige régulièrement des séances de prières avant les frappes ». Donald Trump n’y trouve rien à redire et salue « un grand chef militaire, une source d’inspiration incroyable pour nos forces armées ».

    «Voilà, quoi...»

    Courrier International nous fait découvrir un article du Financial Times. Un article qui explique comment « parler parisien », écrit donc par un journaliste britannique, Simon Kuper, et ça ne manque pas d’humour. Le journaliste s’amuse ainsi de nos expressions « bouche-trous » comme « "voilà quoi", pour finir une phrase quand on n’a plus rien à dire. Ou "du coup", formule de remplissage qui veut dire "ainsi" ou "par conséquent". »

    Bien sûr, Simon Kupper a aussi remarqué que notre belle langue française ne manquait pas d’anglicismes : « burn-out, brainstorming, ou encore team et corporate ». Il remarque également que « le français emprunte depuis longtemps à l’arabe et aux langues africaines, et prend pour exemple le mot "baraka" », utilisé de longue date.  

    Il y a aussi bien sûr le verlan, le « renversement des syllabes ». « La plupart des Parisiens, hormis les vieux bourgeois, utilisent le verlan, en particulier dans les situations décontractées, remarque enfin Simon Kupper. "Femme" devient "meuf" et "un truc de fou", "un truc de ouf" ». 

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