C'est une affaire qui continue de faire du bruit. Du bruit, oui, mais pas assez, estime, dans la Tribune Dimanche, le comité de soutien à l’écrivain franco-algérien emprisonné en Algérie depuis le 16 novembre, Boualem Sansal. La justice algérienne vient de requérir contre lui 10 ans de prison, alors qu'il a 80 ans et souffre d’un cancer.
« La stratégie de dialogue discret n’a pas donné de résultat tangible », constate donc le comité de soutien à Boualem Sansal, qui « appelle à un rassemblement, mardi, à Paris ». Alors que la tension entre la France et l’Algérie est particulièrement vive ces derniers mois, « l’écrivain est devenu, bien malgré lui, l’otage de cette relation tourmentée entre Paris et Alger », écrivent ses soutiens, qui fustigent « un pouvoir algérien décidé à réprimer toute parole indépendante », et qui s’inquiètent des réquisitions du procureur d’Alger réclamant dix années de prison.
« Ce qui équivaudrait tout simplement, si elles étaient confirmées, à une condamnation à mort » écrit le comité de soutien à Boualem Sansal. Ce dernier appelle « à contrarier ce funeste dessein, et à se mobiliser encore plus massivement, pour « exiger la libération immédiate » de l’écrivain franco-algérien ». D’où cette « grande manifestation » annoncée ce mardi, à Paris, 2 jours avant que la justice algérienne fasse connaître son verdict.
Constance et détermination
Dans la presse hebdomadaire également, un Vladimir Poutine plus menaçant que jamais. Le président russe est à la Une du Point, en treillis, avec ce titre : « L'étrangleur, comment le piège tendu par Poutine se referme ». C’est bien sûr de la guerre en Ukraine dont il est question, une guerre que Vladimir Poutine « n’a aucun intérêt immédiat » à cesser, estime l’hebdomadaire : « Bien au contraire, la logique militaire l’encourage à maintenir la pression sur l’armée ukrainienne. (…) Il a pour lui l’initiative, l’objectif, la stratégie, les moyens, et une fine compréhension de la psychologie de Donald Trump ».
Donald Trump, ajoute le Point, « étale ses cartes, affirme sa prééminence, multiplie les ballons d’essai. Poutine au contraire est un artiste du marchandage. Il cache son jeu, dit l’inverse de ce qu’il pense, avance ses pions l’air de rien, mais avance avec constance et détermination ». Acceptera-t-il un cessez-le-feu ? S’il le faut, il le fera, anticipe le Point, « mais non sans avoir obtenu le maximum de concessions en échange ».
Éminence grise
De son côté, l’Express se targue d’avoir interviewé « l’homme qui a fabriqué Poutine ». Interviewé, mais sans le rencontrer, car Vladislav Sourkov est plus que discret, il a donc répondu aux questions par écrit. C’est toutefois, nous dit l’Express, « sa première interview politique depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie ». L’hebdomadaire le présente comme « un redoutable politicien, celui que l’on peut considérer comme l’architecte du système russe ». Avant de tomber en disgrâce, « Vladislav Sourkov a servi Vladimir Poutine durant deux décennies, (…) éminence grise, faiseur de roi ».
Et s’il a pris ses distances avec Vladimir Poutine, il n’en partage pas moins certaines de ses positions. « Il considère », nous dit le Point, « l’Ukraine comme une entité politique artificielle ». Et quand on lui demande quelle issue pourrait être considérée comme une victoire pour Moscou, il répond : « l’écrasement militaire ou militaro-diplomatique de l’Ukraine ». Et quand on l’interroge sur les frontières russes, il s'enflamme : « le monde russe n’a pas de frontières. Il est partout où l’on trouve une influence russe sous une forme ou sous une autre (…) nous nous étendrons donc dans toutes les directions aussi loin que Dieu le voudra et que nous en aurons la force ». Des propos que Vladimir Poutine ne renierait certainement pas.
Abattu dans la rue
Autre point chaud du Globe, la Syrie. « Massacres en Syrie, la mort en face », titre le Nouvel Obs , qui rappelle que « près de 1 500 personnes, dont trois quarts de civils, essentiellement alaouites, ont été tuées dans la région de Lattaquié. Les violences les plus meurtrières depuis l’installation du nouveau régime ».
Le Nouvel Obs a interrogé un jeune homme de 29 ans, Anas, qui a survécu. Ses parents et son frère aussi. Mais, raconte l’hebdomadaire, « à une minute près, ils auraient pu finir comme leur voisin, que les milices alliées au pouvoir en place ont traîné hors de sa maison et ont abattu, là, dans la rue, à quelques mètres de leur fenêtre, comme un chien. Anas a tout vu, à travers les rideaux clairs du salon de la maison où toute la famille est restée cachée pendant trois jours ».
« La famille d’Anas », poursuit le Nouvel Obs, « est alaouite ». « Ce qui ne l’empêche pas d’être résolument opposée au régime du clan de Bachar el Assad. » Samir, le père d’Anas, « a été arrêté et emprisonné dix ans dans une prison à Tartous, comme opposant politique ». Un argument qui ne pèse pas lourd à l’heure des règlements de compte. Quand les assaillants, « kalachnikov en bandoulières » ont débarqué, Anas a compris « qu’ils étaient résolus à mettre la ville à sac »