Afrique économie

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  • Égypte: des obligations citoyennes pour financer la dette publique

    Le gouvernement égyptien a récemment lancé « l'obligation citoyenne ». Il s'agit d'un bon du Trésor à destination des particuliers avec un taux avantageux. Accessible dans tous les bureaux de poste du pays, l'initiative est un succès pour un État qui cherche par tous les moyens à réduire son ratio de dette publique par rapport au PIB.

    Avec notre correspondant au Caire,

    Diversifier la dette publique à tout prix : c'est l'objectif affiché par Maï Adel, vice-ministre des Finances. Depuis son bureau au 15e étage du ministère, elle confie : « L'Égypte dispose d'une liquidité importante, mais notre principal obstacle sur le marché domestique est la concentration. Cette culture d'investissement direct dans les bons du Trésor, les obligations ou les titres publics n'est pas encore répandue dans le pays. »

    Pour y remédier, le gouvernement de Moustafa Madbouli a lancé en février une « obligation citoyenne ». Ce titre, d'une durée de 18 mois, offre un rendement annuel de 17,75% à l'ensemble de la population via les bureaux de poste. Ce grand succès a permis d'atteindre les populations sans comptes bancaires et les personnes en dehors de la capitale.

    La vice-ministre en fait un bilan positif : « Nous avons constaté un fort engouement de la part des clients, et beaucoup de gens ont même commencé à se demander ce qu'était une obligation lors de cette première opération qui n'a duré que trois semaines. Puis, nous avons ouvert et clôturé à la mi-mars. Le montant total s'est élevé à 5,6 milliards de livres égyptiennes. »

    Un succès toutefois à relativiser

    La dette publique égyptienne atteint aujourd'hui 84% du PIB, rappelle Mohammed Ramadan. Selon l'économiste au sein d'une ONG locale, il faut relativiser ce succès : « Beaucoup de personnes ont participé, mais le montant total collecté par le gouvernement reste encore très faible. » Pour lui, cette initiative s'inscrit dans une stratégie plus large, la recherche de financement en dehors du secteur bancaire par le gouvernement.

    « Les bureaux de poste constituent traditionnellement une épargne pour les Égyptiens les plus modestes. La plupart des comptes ou portefeuilles sont de petits montants, 10 000 ou 50 000 livres. L'objectif est simplement de mobiliser cet argent à moindre coût », souligne-t-il.

    Malgré ces limites, le ministère des Finances entend poursuivre sur cette lancée. Fort du succès de l'opération, il a déjà annoncé une nouvelle émission d'obligations citoyenne à la mi-avril.

    3 min
  • Centrafrique: Baoro, un pôle de développement grâce au retour des rapatriés

    À Baoro, petite ville de l'ouest de la République centrafricaine, située à environ 200 kilomètres de la frontière camerounaise, la vie reprend progressivement son cours après plusieurs années de crise. Grâce au retour progressif de la paix, de nombreux réfugiés centrafricains ont pu regagner leur terre natale. Aujourd'hui, Baoro s'impose comme l'une des principales localités d'accueil des rapatriés. La ville a été désignée, il y a un an, comme pôle de développement, une zone stratégique choisie pour accueillir et stimuler des projets socio-économiques.

    Avec notre envoyé spécial à Baoro,

    Alignés le long des enclos ou éparpillés dans les pâturages, les bœufs broutent paisiblement une herbe verte. À leurs côtés, quelques veaux, encore fragiles et hésitants, restent près des vaches. À leur retour au pays, ces réfugiés ont reçu quelques têtes de bétail. Aujourd'hui, leur troupeau compte une centaine d'animaux au sein du groupement « Mo ba tè », ce qui signifie « Mène ta vie ».

    Le regard attentif, Simplice Ngaya, chef du secteur de l'élevage à Baoro, accompagne ces réfugiés rapatriés depuis six ans : « L'élevage est très bénéfique pour cette communauté retournée. Il leur permet de subvenir à leurs besoins, notamment lors de la rentrée scolaire, en vendant quelques têtes de bétail pour payer la scolarité de leurs enfants, ou encore de faire face aux dépenses en cas de problème de santé. » La vente d'animaux qui peut rapporter de 20 000 à 100 000 francs CFA.

    L'élevage, mais surtout l'agriculture, est cœur de cette dynamique. À quelques pas de là, sous un soleil brûlant, une centaine d'hommes et de femmes s'activent sans relâche dans une vaste plantation. Leurs vêtements, marqués par la poussière et la sueur, témoignent de l'effort quotidien. Parmi eux, Doui Dieudonné, 43 ans, réfugié rapatrié après dix années d'exil au Cameroun. « Notre groupement est composé de réfugiés retournés. Nous cultivons le haricot rouge, la courge, l'arachide, la patate douce, le maïs, l'igname ainsi que divers légumes, témoigne-t-il. La crise nous a fait tout perdre : nos maisons, nos proches, nos activités économiques et nos moyens de subsistance. L'agriculture représente pour nous une source de reconstruction économique. »

    75 000 Centrafricains réfugiés déjà retournés

    Au marché de Baoro, les étals réapparaissent progressivement, témoignant d'une reprise de la vie économique. Les petits commerces se diversifient à nouveau : produits alimentaires, articles électroniques, biens ménagers, objets artisanaux et vêtements retrouvent leur place dans les allées du marché. « La plupart de ces commerces sont tenus par des rapatriés revenus s'installer. Mais j'avoue que ce pôle de développement met en place des programmes importants. Je constate la création d'emplois, la réhabilitation des habitations et le développement des infrastructures », assure Marcelin, un habitant de la localité. 

    Depuis le début de la crise, environ 75 000 Centrafricains réfugiés ont déjà regagné leur pays. « C'est le début du développement. Dans cette mission, nous cherchons à savoir quels réfugiés souhaitent retourner au pays, à quel moment et vers quelles localités. Nous faisons de notre mieux pour que, lorsqu'ils rentrent, nous soyons bien préparés à les accueillir. C'est pourquoi nous utilisons le rapatriement comme une opportunité pour développer les zones de retour et les transformer en pôles de développement. L'intégration locale s'appuie sur la formation professionnelle, l'éducation et les activités économiques, afin que les personnes retournées deviennent un atout pour le développement », explique Williams Chemaly, représentant du HCR .

    Un an après son lancement, les premiers résultats sont jugés encourageants par les observateurs. La vision portée par le gouvernement, en collaboration avec ses partenaires, consiste à mettre en place au moins quatorze pôles de développement répartis dans les différentes régions du pays, afin de faciliter la réinstallation des réfugiés dans leur pays d'origine.

    3 min
  • D'Ormuz au Darfour, la guerre au Moyen-Orient complique l'aide humanitaire en Afrique

    La guerre au Moyen-Orient complique les opérations humanitaires en Afrique. La perturbation des routes commerciales retarde l'acheminement des médicaments dans les zones de crise, comme au Soudan ou au Mali. Un véritable défi logistique et financier que doit relever l'ONG Alima, basée à Dakar et spécialisée dans la médecine d'urgence dans 13 pays du continent.

    De notre correspondante à Dakar,

    Point de passage essentiel pour acheminer les médicaments en Afrique, le détroit d'Ormuz relie Dubaï à Port-Soudan, à l'est du continent. Mais ces dernières semaines, les marchandises doivent être détournées par le cap de Bonne-Espérance. Une fois arrivées sur les côtes ouest-africaines, elles transitent par la route.

    « Pour les quelques bateaux qui continuent toujours à naviguer, ce contournement a un coût très élevé, explique le docteur Rodrigue Alitanou, directeur des opérations de l'ONG Alima, basée à Dakar. C'est plus de 2 000 euros d'ajout pour chaque conteneur. Donc ça a un impact sur nos retards de livraisons, mais aussi le nombre de bénéficiaires que l'on peut soigner. »

    Autre source de pression sur les capacités financières de l'ONG : la hausse du prix du carburant, alimentée par les tensions autour du détroit d'Ormuz. « Aujourd'hui, on est à 40% de hausse du prix du litre d'essence sur nos différents pays d'intervention en moyenne », affirme Rodrigue Alitanou.

    « L'accessibilité est déjà un défi »

    Résultat, une inflation du coût global des opérations humanitaires, comme au Soudan par exemple. « Aujourd'hui, le coût a presque triplé pour chaque camion qui arrive jusqu'à nous, regrette le docteur Haruna Tarfa, référent médical de l'ONG à Tawila dans le Nord-Darfour, où vivent plus de 630 000 déplacés. Ces prochains jours, nous risquons de manquer de kits maternels et de médicaments généralistes. Cela concerne aussi les enfants malnutris que nous soignons et qui ont besoin d'un traitement. »

    Le Soudan fait partie des zones de crise où les difficultés logistiques sont décuplées par le contexte international. « Au Nord-Darfour, l'accessibilité est déjà un défi, poursuit Haruna Tarfa. On a des options très limitées en termes d'acheminement des médicaments. Avec les événements en cours, les impacts seront tels qu'il sera très difficile pour nous de nous adapter. »

    Même crainte exprimée au Mali, où l'ONG a déjà dû ralentir ses activités. Avec l'embargo sur les importations de carburant décrété par les jihadistes du Jnim, « ce sont des dizaines de villages qui n'ont plus accès aux soins parce qu'on arrive plus à se mouvoir », explique Rodrigue Alitanou. Si d'ici trois mois, le contexte international n'évolue pas favorablement, l'ONG prévoit un important recul forcé de ses activités.

    À lire aussiSoudan du Sud: des centaines de milliers de déplacés entre janvier et fin mars 2026 selon l'ONU

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  • L’industrie sud-africaine de la noix de macadamia en quête de nouveaux débouchés

    En Afrique du Sud, la culture du macadamia est une filière agricole de niche, mais très rentable. Le pays est le premier exportateur et producteur au monde de cette noix considérée comme un produit haut de gamme, avec plus de 80 000 tonnes récoltées l’année dernière. Mais si le secteur a connu une belle progression ces dernières années, il doit désormais faire face à plusieurs obstacles. 

    De notre correspondante à Johannesburg, 

    La société Empire, dont les entrepôts sont situés dans une zone industrielle au nord de Johannesburg, commercialise les fruits à coques du pays, dont les macadamias. C’est une culture destinée principalement à l’exportation, puisque plus de 90% de la production du pays part à l’étranger. Les États-Unis sont le plus gros acheteur de macadamias décortiquées.

    Même si le secteur n’est désormais plus concerné, les barrières tarifaires instaurées par Donald Trump ont perturbé l’industrie. « Presque tout au long de l’année dernière, il y avait une taxe de 30 % appliquée, explique Pieter van der Westhuizen, l’un des propriétaires d'Empire. Heureusement, en décembre, l’administration Trump a réduit ces tarifs sur les macadamias et les agrumes, les remettant à zéro. Mais le problème, c’est que les habitudes d’achat en Amérique du Nord ont beaucoup changé à cause de l’incertitude. »

    À lire aussiDroits de douane: après la décision de la Cour suprême américaine, l'incertitude prévaut en Afrique du Sud

    Mieux valoriser la production

    Autre source d’inquiétude : la Chine, qui importe massivement des noix sud-africaines non décortiquées, a massivement planté des arbres ces dernières années, et voit sa production augmenter. « Les noix sud-africaines y sont achetées pour leur qualité, car traditionnellement, elle est supérieure », raconte Philip Moufarrige, à la tête de AmberMacs, une entreprise qui transforme les noix de macadamia des exploitants agricoles locaux. « Mais ils s’adaptent très rapidement, en plantant des arbres, et ils ont finalement obtenu une qualité compétitive l’année dernière, poursuit-il. Maintenant, les noix en coque sont achetées aux agriculteurs sud-africains pour être transformées en Chine, puis vendues aux clients en Europe et en Amérique, en proposant des prix plus bas. »

    L’industrie sud-africaine doit donc chercher de nouveaux marchés, et mieux valoriser sa production, à l’image de Philip Moufarrige qui a développé une marque de lait de macadamia. Une autre entreprise a également convaincu la marque Ferrero Rocher d’utiliser ses noix dans des tablettes de chocolat. De quoi réjouir Kerisha Raghunandan, représentante du Samac, le syndicat du secteur. Selon elle, « les partenariats avec des marques internationales haut de gamme sont un indicateur très positif de la réputation de l’Afrique du Sud en tant que fournisseur fiable et de qualité. Cela crée également beaucoup de confiance autour de nos noix de macadamia et c’est très prometteur en termes d’opportunités. »

    Mais alors que les récoltes pour cette saison se déroulent en ce moment même, la guerre au Moyen-Orient pourrait venir perturber les coûts de production et les exportations.

    À lire aussiL'Afrique du Sud surveille de près la production de noix de macadamia en Chine

    3 min
  • Raffinerie d'or en RDC: les espoirs de formalisation du secteur

    Depuis le début du mois de mars, la RDC s’est lancée dans la transformation de ses minerais avec l’installation de sa toute première raffinerie d’or dans la ville de Kalemie, dans la province du Tanganyika. Elle a une capacité de production mensuelle estimée entre 500 et 600 kg d’or. Autant la création de cette raffinerie suscite de l’espoir au niveau local, autant elle soulève des questions sur la chaîne d’approvisionnement.

    Avec notre correspondante à Lubumbashi,

    Objectif annoncé : approvisionner la raffinerie avec l’or des exploitations artisanales ainsi que celui de la petite mine semi-industrielle détenue par la société Mining Mineral Resources (MMR). Et contribuer ainsi à la formalisation du secteur. « Il n’y a pas de gros gisement comme c’est le cas dans la Province Orientale ou en Ituri avec [l’entreprise] Kibali Gold Mine », souligne Jules Mulya, le président du patronat à Kalemie. « Au Tanganyika, il y a de l’or partout mais en très faible quantité. Je ne crois pas beaucoup à la production de 500 à 600 kg par mois. Je m’attends peut-être à 100 kg ou 150 kg, même en éliminant complètement la fraude », suggère-t-il.  

    Malgré tout, son vœu est de voir cette usine proposer aux mineurs de meilleures conditions d’achat d’or qui les détourneraient du marché clandestin. « Les orpailleurs ont maintenant un marché. J'espère que la raffinerie aura des prix intéressants, où l’on pourra vendre en toute sécurité et être payé en toute sécurité. On va voir comment tout cela va se développer parce que le paiement est très important. Il ne faut pas qu'il y ait de retard. Il faut par contre un paiement cash », attend Jules Mulya.

    À lire aussiLa RDC salue la création d’une raffinerie d'or à Kalemie, la société civile demande de la transparence

    Assainir les chaînes d'approvisionnement

    Boniface Mbuyi, membre de la société civile locale, lui, appelle les autres entreprises minières à emboîter le pas pour la transformation locale des minerais : « C’est un pas, car ça va permettre à la province du Tanganyika de booster son développement grâce à l’exploitation de ses ressources naturelles. Que les entreprises qui exploitent du lithium implantent aussi leurs usines de raffinerie dans la province du Tanganyika. Cela va permettre la création d’emplois et la circulation de la monnaie. »

    Raffiner l’or à 99 %, oui, mais la priorité reste l’assainissement de la chaîne d’approvisionnement dans le secteur artisanal, estime Fabien Mayani, le directeur des programmes au Centre Carter en RDC : « Tout en saluant la création de la raffinerie, nous disons quand même qu’il y a des préoccupations liées à la formalisation, à la création des zones d’exploitation artisanale, à la mise en place de bonnes coopératives, aux questions de sécurité et des conditions de travail, mais aussi aux questions de la protection de l’environnement dans les zones d’exploitation de l’or artisanal. »  

    En 2024, la RDC a exporté plus de 27,9 tonnes d'or, dont 1,08 proviennent du secteur artisanal. La production de la province du Tanganyika était de 49 kg, soit 2,8% de la production nationale artisanale, selon le ministère des Mines.

    Réécoutez notre édition spécialeContrats miniers signés par la RDC: quelle situation et quelles perspectives pour le pays?

    3 min
  • Quels revenus pour la Guinée après le premier million de tonnes de fer déjà exportées de Simandou?

    Le minerai de fer guinéen de Simandou déferle sur le marché chinois. Depuis l’entrée en production du gisement en novembre dernier, près de 939 000 tonnes ont déjà été exportées. Conakry mise énormément sur ce projet, notamment en termes de retombées économiques. Avec ces premiers chiffres, une tendance commence à se dessiner.

    Cinq navires transportant le minerai de fer de Simandou ont déjà déchargé en Chine. En trois mois, 939 000 tonnes ont été livrées. Avec un prix mondial autour de 106 dollars la tonne, cela représente un chiffre d’affaires avoisinant les 100 millions de dollars.

    Mais quelle part revient réellement à la Guinée ? L’économiste Mohamed Camara détaille les mécanismes en jeu : « Pour ce qui revient à la Guinée, ce sont les impositions, les taxes qui sont imposées à ces entreprises-là. Et comme taxes, il y a d'abord une taxe à l'extraction, la taxe à l'exportation, mais aussi la taxe qui est prélevée par l'utilisation du chemin de fer et des ports. »

    Vers une montée en puissance des exportations ?

    Dans le même temps, la dynamique s’accélère : 745 000 tonnes supplémentaires sont en transit vers la Chine et plus d’un million de tonnes sont en route vers le port de Morebaya pour être chargées entre mars et avril. Une montée en puissance progressive, d’autant que le quai portuaire de l’un des opérateurs, l’Australien Rio Tinto, n’est pas encore en service.

    Malgré cette progression, atteindre l’objectif de 10 millions de tonnes exportées dès la première année semble ambitieux. Oumar Barry Totiya, directeur de l’Observatoire guinéen des mines et métaux, appelle à la prudence : « Après trois mois, on est encore à moins de 1 million de tonnes expédiées sur les ports en Chine. Donc, d'ici la fin de l'année, quand même, on sera relativement en dessous de ces prévisions initiales, ce qui est révélateur de la complexité logistique du projet. Mais également, cela peut avoir des impacts sur les revenus attendus de la Guinée pour cette année. La montée progressive de ce projet en capacité s'étalera sur des années. »

    À écouter dans Grand reportageSimandou: miracle ou mirage pour l'économie guinéenne?

    Des recettes attendues inscrites dans la loi de finances

    Le gouvernement, lui, reste discret sur ces premières livraisons. Mais le projet de loi de finances 2026, présenté récemment, évoque déjà les recettes attendues de Simandou : « On peut y lire un montant à peu près de 1 787 milliards de francs guinéens, environ 202 millions de dollars attendus, détaille Mohamed Camara. Ce sont des premières estimations. On peut dire que les recettes minières de l'État progressent de plus de 25%, Simandou étant le principal moteur de ce programme-là. »

    Reste une zone d’ombre de taille : les termes des contrats et conventions entre l’État guinéen et les sociétés minières n’ont toujours pas été rendus publics. De quoi compliquer toute évaluation précise des retombées économiques réelles du projet.

    À écouter dans Le grand invité AfriqueLancement de la mine de Simandou: «Un jour historique pour la Guinée», estime Bouna Sylla

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  • Égypte: au Caire, le marché des panneaux publicitaires en pleine progression

    Comment expliquer l'essor de la publicité extérieure en Égypte ? Chaque année, le secteur bat record sur record. Le paysage urbain du Caire et des grandes villes du pays est saturé par les panneaux publicitaires et la soif des annonceurs semble insatiable.

    De notre correspondant au Caire,

    On les distingue déjà par le hublot de l'avion, avant même d'atterrir à l'aéroport international du Caire. Ces immenses panneaux publicitaires – souvent plus de six mètres sur trois – envahissent la capitale égyptienne. Et cette expansion ne montre aucun signe de ralentissement.

    « D'année en année, le nombre de panneaux publicitaires augmente. Chaque année, on construit environ 300 à 400 panneaux supplémentaires. Le gouvernement installe des panneaux un peu partout, développe de nouveaux réseaux routiers. Plus le réseau routier s'étend, plus il y a de panneaux publicitaires », raconte Amr El Messidi, directeur commercial chez ADMazad, une entreprise spécialisée dans l'analyse de l'efficacité des campagnes d'affichage.

    Une expansion de l'affichage qui se traduit aussi par un essor du secteur publicitaire, selon Amr El Messidi. « Fin 2025, les dépenses annuelles en publicité extérieure s'élevaient à 12,7 milliards de livres. C'est environ quatre fois plus qu'en 2022. Le secteur est en plein essor et connaît une croissance d'année en année. L'immobilier a dominé le marché en termes de dépenses. L'année dernière, sur les 12,7 milliards de livres, l'immobilier représentait à lui seul une part de marché de 65% », détaille-t-il.

    Une source de revenus pour l'État

    Par « immobilier », il faut entendre « haut de gamme » : résidence fermée dans les quartiers huppés, appartements avec vue sur mer au bord de la Méditerranée ou villa avec piscine. Voilà le genre de projets qui se succèdent, le long des axes routiers du Caire.

    « C'est un secteur globalement ancré dans une logique de prestige. Le ciblage concerne les propriétaires de voitures particulières en Égypte, qui constituent le public visé pour ce type d'immobilier. Une bulle immobilière plane actuellement au Caire, mais cela ne pose pas vraiment de problème au gouvernement. D'un côté, l'État cherche à vendre davantage de terrains, à les transformer en marchandises, afin de générer des revenus. De l'autre, les promoteurs privés, en particulier les plus importants, soutiennent l'État dans ce projet », explique Mohamed Ramadan, économiste au sein d'une ONG égyptienne de défense des droits humains.

    Une source de revenus importante pour l'État, à laquelle s'ajoutent les loyers versés par les entreprises exploitant ces panneaux, rarement laissés inoccupés. Des montants qui, eux, restent confidentiels.

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  • L'unique champ pétrolier de Madagascar relance son activité à gros potentiel

    L'unique champ pétrolier de la Grande-Île a relancé son activité début mars 2026, après dix ans d'interruption. Selon Madagascar Oil, la société exploitante, le site de Tsimororo pourrait fournir du carburant à la Jirama. La société publique de production et de distribution d'eau et d'électricité de Madagascar en a besoin pour alimenter ses centrales thermiques.

    Le site de Tsimororo n'est resté actif que quelques mois, en 2016, avant que la production ne soit stoppée, officiellement à cause des faibles prix du pétrole, puis de la pandémie de Covid-19. Mais depuis début mars 2026, les 25 puits existants sont remis en service, et jusqu'à 150 puits supplémentaires seront forés d'ici fin 2027 selon Yanto Sianipar, nouvel administrateur général de Madagascar Oil, société exploitante détenue par le groupe américano-indonésien Benchmark.

    « Ce gisement présente un fort potentiel, avec environ 1,6 milliard de barils enfouis. Nous espérons qu'il permettra de répondre aux besoins nationaux, notamment ceux de la Jirama pour ses centrales électriques. Nous prévoyons de faire passer notre production d'environ 300 barils par jour aujourd'hui à 3 000 barils par jour d'ici deux ans », détaille-t-il.

    Une production relancée mais encore limitée

    Un volume de production assez proche, à terme, des besoins en carburant de la société nationale d'eau et d'électricité, estimés à 3 500 barils par jour. Mais Honoré Andriantaolo, directeur général de l'Office des mines nationales et des industries stratégiques (OMNIS), se montre prudent :

    « Je pense que la question demande une réflexion très sérieuse et que les trois parties, Madagascar Oil, la Jirama et l'OMNIS, devraient faire des études très pointues sur ce point. Tsimororo pourrait résoudre une partie de notre problème de dépendance extérieure, mais non pas tous les besoins énergétiques de Madagascar. Cela dépend de la compagnie productrice, de sa capacité technique et financière. »

    Relancer l'exploration pour attirer les investisseurs

    Pour réduire cette dépendance énergétique, les autorités de transition veulent relancer l'exploration pétrolière. « Le potentiel existe pour les grandes compagnies ici à Madagascar. Pour l'exploitation d'hydrocarbures en amont, nous disposons de 577 blocs offshore et 166 blocs onshore, libres », poursuit Honoré Andriantaolo.

    Des zones délimitées en mer, dans les eaux territoriales malgaches, et sur terre, où des systèmes pétroliers actifs ont été découverts. Mais la Grande-Île n'est pas encore assez attractive, estime Marcelle Dane, présidente de l'Association professionnelle du secteur pétrolier amont à Madagascar : « L'exploration pétrolière a commencé en 1900. Beaucoup de données existent, on ne part pas de zéro. Le seul problème jusqu'à présent qui a un peu arrêté les investisseurs – c'est pour ça qu'ils sont partis ​​​​​​​–, c'est la TVA qui est à 20% pour les sous-traitants. »

    En février, les autorités malgaches ont résilié 21 permis d'exploration. Un assainissement qui doit précéder l'adoption prochaine d'un nouveau code pétrolier.

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  • Sénégal: l'abondance de légumes fait chuter les prix et fragilise les maraîchers

    Chaque année, entre mars et mai, les marchés sénégalais sont envahis de légumes, et les prix s'effondrent. Et les maraîchers se retrouvent contraints de vendre à perte, victimes d'un calendrier de récoltes concentré sur quelques semaines, de l'absence de structures de stockage, et de la concurrence des grands groupes agro-industriels.

    Dans sa pépinière en banlieue de Dakar, Amy Ka surveille ses plants de légumes. Tout pousse bien… Trop bien, même. Les marchés de la capitale du Sénégal sont saturés, et les prix ont chuté. « Nous avons des soucis pour vendre nos produits à de bons prix. Tout le monde amène les légumes à Dakar. Le marché est inondé, même s'il y a beaucoup de consommateurs. Le cageot de tomates peut coûter jusqu'à 3 000 francs CFA alors que dans les bonnes périodes il peut monter jusqu'à 29 000 francs CFA », explique-t-elle.

    Le contrecoup touche aussi son activité de pépiniériste : quand les maraîchers vendent à perte, ils n'achètent plus de plants. « Les agriculteurs ont peur d'investir. Les aubergines, la tomate, presque tout a chuté », se désole-t-elle.

    Une production concentrée et une concurrence accrue

    La cause est structurelle. Au Sénégal, les semis se font massivement après les pluies, si bien qu'environ 80% des récoltes arrivent sur les marchés en même temps. À cette saturation s'ajoute la concurrence de groupes industriels comme l'indien Swati Agri, aux capacités de stockage et aux rendements bien supérieurs à ceux des petits exploitants. L'Agence de régulation des marchés dit avoir pris des mesures. « Le ministre du Commerce a pris une circulaire pour demander à tous les agro-business de suspendre leur mise en marché, explique son directeur général, Babacar Sembène. Cela a été fait pour éviter la concurrence entre les exploitations familiales et l'agro-business, qui va mettre toute sa production dans des chambres froides jusqu'à l'épuisement des stocks chez les petites exploitations. »

    Autre mesure : la suspension des importations de certains produits, et un appel à étaler les semis sur l'année pour lisser les arrivages. « La planification nécessite des semences adaptées. Soit des semences qui sont précoces et permettront aux producteurs de récolter tôt, au mois de janvier ou février. Ou bien des semences tardives », détaille Babacar Sembène.

    Transformer et mieux structurer la filière

    Pour l'économiste Amath Ndiaye, de l'université Cheikh Anta Diop, il faut aller plus loin afin de mieux connecter la production à la transformation locale. Des agropoles sont ainsi en projet dans plusieurs régions. « Il faut des débouchés industriels d'abord, insiste-t-il. C'est-à-dire qu'il faut que les produits maraîchers puissent être transformés de manière industrielle ou artisanale. Pour les solutions à long terme, il faut mettre en place des infrastructures de stockage intégrées. »

    Il préconise aussi de structurer la filière en coopératives, et de s'ouvrir davantage à l'export. Le Sénégal produit 450 000 tonnes d'oignons par an, pour des besoins de 350 000 tonnes. L'an dernier, 5 000 tonnes ont été exportées vers l'Espagne. Des discussions sont en cours avec la Côte d'Ivoire et le Cap-Vert.

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  • Le combat de l’Afrique du Sud contre la fièvre aphteuse qui contamine le bétail

    Les éleveurs sud-africains font face, depuis plusieurs mois, à une grande épidémie de fièvre aphteuse. Cette maladie sans traitement spécifique, non transmissible à l’humain, est très contagieuse pour le bétail, qui ne parvient plus à se nourrir à cause de blessures au niveau de la bouche et des sabots – d’où son nom en anglais, « foot and mouth disease ». Elle s’est déjà répandue dans toutes les provinces du pays et Pretoria a même déclaré l’état de catastrophe nationale. Les éleveurs subissent de plein fouet cette épidémie.

    Avec notre correspondante à Johannesbourg,

    C’est la deuxième fois en un an que cette ferme laitière, en banlieue de Johannesburg en Afrique du Sud, voit ses animaux contracter la fièvre aphteuse. Elle est désormais placée sous quarantaine. « Voici les vaches dont les pis sont touchés par l’infection. Donc elles sont traitées en dernier, puisqu'ensuite on doit jeter tout leur lait », explique Richard de Bufanos. Car les vaches malades sont sous antibiotiques pour éviter les infections secondaires : impossible donc de consommer leur lait. Le coût de l’épidémie est lourd pour l’exploitant. Entre les vaches qui sont mortes de la maladie et celles qui ont dû être euthanasiées, « nous pensons que nous aurons au total perdu environ 14% de notre troupeau ». Un manque à gagner très important : « Au niveau de notre ferme la moins touchée, la production s’est effondrée de 40%, et dans d’autres, jusqu’à 70%. On estime avoir jeté plus d’un demi-million de litres de lait au plus fort de la crise. »

    Le gouvernement tentait jusqu’à présent de contrôler les mouvements du bétail. Une stratégie inadaptée pour le pays et désormais une grande campagne de vaccination bat son plein. « Voici le produit, c’est celui importé d’Argentine. Nous allons injecter 2 mL par animal », décrit cette technicienne déployée par l’État.

    À lire aussiAfrique du Sud: importation massive de vaccins pour lutter contre l’épidémie de fièvre aphteuse

    « On aurait pu éviter beaucoup de choses »

    Le ministre de l’Agriculture, John Steenhuisen, supervise les opérations, comme ici dans la région du KwaZulu-Natal : « Nous opérons un changement à 180 degrés : au lieu de chasser la maladie à travers le pays, nous allons vacciner de façon proactive. Nous avons besoin de 28 millions de doses d’ici la fin de l’année. Et c’est pour cela que nous nous sommes organisés afin d'avoir un approvisionnement en dehors de notre fournisseur botswanais habituel. Nous allons avoir assez de vaccins pour traiter 14 millions d’animaux, et il faut ensuite un rappel, donc nous continuerons à en acquérir afin d’atteindre notre objectif d'immuniser 80% des troupeaux du pays et ainsi faire diminuer le nombre de contaminations de 70% ».

    Mais il doit faire face à une grande colère, et la gestion de la crise l'a, entre autres, poussé à ne pas briguer un nouveau mandat à la tête de son parti, l'Alliance Démocratique (DA). Beaucoup de fermiers comme Rob Strachan reprochent aux autorités de se réveiller trop tard. « Ma frustration vient du fait qu’on n’a pas arrêté de nous dire qu’il y a un plan, mais il n’a pas été mis en place jusqu’au moment où les fermiers ont été vraiment à bout. On aurait pu éviter beaucoup de choses », regrette-t-il. Certains pays, comme les voisins régionaux ou encore la Chine, ont bloqué les importations de viande bovine sud-africaine, pour empêcher une propagation de la maladie chez eux.

    À lire aussiFrance: face à la dermatose et l'abattage de bovins, la colère monte chez les agriculteurs

    3 min

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