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En France, l’arrivée potentielle de la plus grande ferme de saumons au monde fait polémique et relance le débat sur l’intérêt de l’aquaculture. Pour les partisans de ces élevages de poissons, l’objectif est d’assurer l’approvisionnement en protéines d’une population mondiale en constante augmentation, alors que la surpêche épuise la ressource à une vitesse vertigineuse. Mais pour ses détracteurs, l’aquaculture est une activité polluante qui ne permet pas de lutter contre la surpêche.
Parler d'aquaculture aujourd'hui, c’est se poser une question simple : comment sont nourris les poissons d’élevage ? Une question qui fâche car leur nutrition est le talon d’Achille de cette filière aquacole. Aujourd’hui encore, la plupart d'entre eux sont nourris avec des poissons sauvages qui finissent broyés pour faire de la farine ou de l’huile. Les grandes fermes d’Europe et d’Asie nourrissent donc leur production avec du poisson pêché bien souvent au large des côtes ouest africaines. Mansour Boidaha est le président de Zakaria, une ONG mauritanienne qui se bat pour la défense de l’environnement et le développement durable.
« Quand ils viennent pêcher en Mauritanie, ils pêchent du poisson pélagique alors que ce n’est pas autorisé, et du poisson frais. On parle de quantités énormes. Un bateau peut en pêcher jusqu’à 900 tonnes par jour. Or, il faut 5 tonnes de poissons frais pour faire une tonne de farine de poisson. Cela signifie que l’on perd 5 tonnes de poissons frais à la consommation. Et, pendant ce temps, les Mauritaniens crèvent de faim et de soif. C’est inacceptable », explique-t-il.
Greenpeace a calculé que, chaque année, un demi-million de tonnes de poissons frais est pêché au large des côtes africaines. Mais ce qui aurait dû permettre de nourrir 33 millions de personnes sur le continent se retrouve dans des fermes d’élevages.
À lire aussiSommet des océans: l'aquaculture peut-elle empêcher la surpêche?
L'aquaculture, une pratique polluanteLes fermes d’élevages intensifs sont très polluantes. Une forte densité de poissons signifie une grande quantité de déjections, ce qui provoque des destructions et des perturbations des écosystèmes marins. Mais les usines de transformations de poissons en farine sont également problématiques. Dans le viseur de Mansour Boidaha, celle implantée près de la réserve naturelle de la Baie de l’étoile à Nouadhibou, en Mauritanie.
« Ces usines suscitent de vives préoccupations pour l’environnement. Elles versent tous les déchets qui sortent de l’usine directement dans la baie. C’est très grave. Parfois la couleur de l’eau devient rouge. Et ces déchets ont provoqué l’arrivée d’une bactérie toxique qui tue le poisson. C’est dangereux ! », reprend celui-ci.
Malgré ce constat cependant, de nombreuses institutions préconisent de développer massivement l’aquaculture. C’est le cas de l’Ifremer par exemple, pour qui la production annuelle de poissons d’élevage doit passer de plus de 30 millions de tonnes aujourd’hui à plus de 70 millions de tonnes en 2050 pour assurer la sécurité alimentaire mondiale. Mais, précise l’Ifremer, cela doit être fait de façon durable et sans affecter les stocks de poissons sauvages. Un défi majeur qui permettrait de lever les doutes entourant cette activité controversée.
À lire aussiScénario sombre pour l'anchois et l'aquaculture qui s'en nourrit
By RFIEn France, l’arrivée potentielle de la plus grande ferme de saumons au monde fait polémique et relance le débat sur l’intérêt de l’aquaculture. Pour les partisans de ces élevages de poissons, l’objectif est d’assurer l’approvisionnement en protéines d’une population mondiale en constante augmentation, alors que la surpêche épuise la ressource à une vitesse vertigineuse. Mais pour ses détracteurs, l’aquaculture est une activité polluante qui ne permet pas de lutter contre la surpêche.
Parler d'aquaculture aujourd'hui, c’est se poser une question simple : comment sont nourris les poissons d’élevage ? Une question qui fâche car leur nutrition est le talon d’Achille de cette filière aquacole. Aujourd’hui encore, la plupart d'entre eux sont nourris avec des poissons sauvages qui finissent broyés pour faire de la farine ou de l’huile. Les grandes fermes d’Europe et d’Asie nourrissent donc leur production avec du poisson pêché bien souvent au large des côtes ouest africaines. Mansour Boidaha est le président de Zakaria, une ONG mauritanienne qui se bat pour la défense de l’environnement et le développement durable.
« Quand ils viennent pêcher en Mauritanie, ils pêchent du poisson pélagique alors que ce n’est pas autorisé, et du poisson frais. On parle de quantités énormes. Un bateau peut en pêcher jusqu’à 900 tonnes par jour. Or, il faut 5 tonnes de poissons frais pour faire une tonne de farine de poisson. Cela signifie que l’on perd 5 tonnes de poissons frais à la consommation. Et, pendant ce temps, les Mauritaniens crèvent de faim et de soif. C’est inacceptable », explique-t-il.
Greenpeace a calculé que, chaque année, un demi-million de tonnes de poissons frais est pêché au large des côtes africaines. Mais ce qui aurait dû permettre de nourrir 33 millions de personnes sur le continent se retrouve dans des fermes d’élevages.
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L'aquaculture, une pratique polluanteLes fermes d’élevages intensifs sont très polluantes. Une forte densité de poissons signifie une grande quantité de déjections, ce qui provoque des destructions et des perturbations des écosystèmes marins. Mais les usines de transformations de poissons en farine sont également problématiques. Dans le viseur de Mansour Boidaha, celle implantée près de la réserve naturelle de la Baie de l’étoile à Nouadhibou, en Mauritanie.
« Ces usines suscitent de vives préoccupations pour l’environnement. Elles versent tous les déchets qui sortent de l’usine directement dans la baie. C’est très grave. Parfois la couleur de l’eau devient rouge. Et ces déchets ont provoqué l’arrivée d’une bactérie toxique qui tue le poisson. C’est dangereux ! », reprend celui-ci.
Malgré ce constat cependant, de nombreuses institutions préconisent de développer massivement l’aquaculture. C’est le cas de l’Ifremer par exemple, pour qui la production annuelle de poissons d’élevage doit passer de plus de 30 millions de tonnes aujourd’hui à plus de 70 millions de tonnes en 2050 pour assurer la sécurité alimentaire mondiale. Mais, précise l’Ifremer, cela doit être fait de façon durable et sans affecter les stocks de poissons sauvages. Un défi majeur qui permettrait de lever les doutes entourant cette activité controversée.
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