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Un diggeur passionné des Caraïbes talonné par un poète anglo-trinidadien qui slame la mémoire des afro-descendants.
Emile Omar est notre 1er invité pour présenter le 3e volume de la série Disques Debs International Mizik Maladi (Strut Record 2025). Une compilation concoctée par Emile Omar et Hugo Mendez.
Strut présente avec enthousiasme le troisième volume tant attendu de la série Disques Debs International, explorant plus en profondeur les archives de l’un des plus grands labels franco-caribéens, Disques Debs, basé en Guadeloupe. Fondé par le visionnaire Henri Debs à la fin des années 1950, le label et son studio ont fonctionné pendant plus de 50 ans, produisant plus de 300 singles 7” et 200 albums, faisant de Disques Debs un pilier de l’histoire musicale caribéenne.
Au début des années 1980, Henri Debs s’était déjà imposé comme un producteur prolifique, avec un catalogue de sorties inégalé en Guadeloupe et en Martinique. Parti d’un simple magnétophone deux pistes installé à l’arrière d’une boutique de vêtements, Disques Debs s’est transformé en une véritable institution, avec un studio ultramoderne en plein cœur de Pointe-à-Pitre, des magasins de disques et d’instruments de musique en Guadeloupe, en Martinique et à Paris, une discothèque au Gosier, ainsi que des accords de distribution internationale en Europe, aux États-Unis et en Amérique du Sud.
Disques Debs a joué un rôle essentiel dans l’évolution de la musique caribéenne moderne, créant un pont entre les genres traditionnels comme la biguine et le gwoka et les styles contemporains comme le cadence, le compas et le zouk. Ce dernier est devenu un phénomène mondial dans les années 1980 grâce à des groupes emblématiques comme Kassav’ et Zouk Machine. Durant cette période, le label a soutenu une nouvelle génération d’artistes tout en continuant à collaborer avec des figures légendaires des décennies précédentes.
Le volume 3 de cette série, compilé par Emile Omar et Hugo Mendez, met en lumière l’une des périodes les plus dynamiques et influentes du label, alors qu’il étendait son rayonnement international dans les années 1980. À travers deux vinyles, cette sortie propose une sélection soigneusement choisie de morceaux issus de l’univers Disques Debs, mettant en avant à la fois de jeunes talents et des artistes confirmés qui ont marqué cette époque.
Cette collection célèbre non seulement l’héritage inégalé d’Henri Debs, mais offre également un instantané de l’âge d’or de la musique caribéenne, confirmant Disques Debs comme une véritable institution culturelle.
► Titres joués
- Christian Yéyé – Misyé Zanndo
- Horizon – Neg Mawon
- Alex Rosa – L'Appel des champions
- Max et Henri – Sé Pou Demen
► Album Mizik Maladi, l'âge d'or des Disques Debs International (Strut Record 2025)
Bandcamp Volume 1
Bandcamp Volume 2 Cadence Revolution
Bandcamp Volume 3 Mizik Maladi
À écouter aussiSpéciale Disques Debs international avec Émile Omar
Notre 2nd invité est Anthony Joseph pour la sortie de l’album Rowing up River to Get Our Names Back.
L’origine africaine des OVNI, George Clinton en personne, n’aurait pas désavoué ce concept afro-futuriste dont Anthony Joseph avait fait le sujet de The African Origins Of Ufo’s, sa nouvelle écrite il y a bientôt vingt ans. Durant ce laps de temps, les albums du chanteur-poète de Trinidad se sont succédé, mais l’idée ne s’est pas évaporée. Après un travail de réflexion et de recherches artistiques avec le musicien-producteur Dave Okumu, il est même devenu l’axe de rotation de son nouvel album. Base des premiers titres élaborés en duo, la nouvelle est ensuite devenue la rampe de lancement de Rowing Up River To Get Our Names Back Vol 1 & 2. D’une aventure si dense qu’il a fallu la scinder en deux parties. Après avoir solidement assuré la connexion musicale de toute la diaspora caribéenne sur ses précédents albums, Anthony Joseph s’engage dans une fresque musicale aussi ambitieuse que fascinante : l’exploration de toutes ces strates qui constituent la longue et tumultueuse histoire de la musique noire. Ces couches créatives qui se sont superposées et additionnées, la nouvelle se nourrissant de la précédente pour, sans le savoir, préparer l’arrivée de la suivante. Cet immense puzzle où, reliées par une forte conscience politique, les différentes pièces ont noirci les portées de leurs notes les plus intenses. Sculpté dans la cire des œuvres si impérissables qu’elles ont rendu stériles toutes les tentatives d’altération des décennies qui se sont accumulées. Forme, fond, portée révolutionnaire, tout est resté intact. Y compris l’esprit de tous ces musiciens qui ne se sont exprimés que par la voix de leur instrument, la puissance de leur groove, la radicalité de leur démarche artistique.
Funk, P-Funk, soul, dub, free-jazz, jazz, afrobeat, blues, confrontant leurs deux visions musicales pour n’en former plus qu’une, c’est en binôme éclairé par les phares de leur créativité qu’Anthony Joseph et Dave Okumu ont façonné un afro-futurisme à l’esthétique mouvante et sans limites d’expansion. Stabilisée par cette volonté de raviver toutes les racines, l’exploration se conjugue à celle qui mène aux patronymes perdus. Ceux qui, entre le voyage depuis l’Afrique vers l’Amérique, se sont évaporés dans les flots de l’Atlantique et le claquement des fouets. Ceux dont ont été dépossédés les déracinés de force qui ont dû endosser celui du maître. Les peaux des batteries, le bois des baguettes et celui des percussions, le nylon de cordes, les métaux des saxophones et les trompettes, tout ce qui constitue l’arche organique dans laquelle ont embarqué les héros de la musique noire, révèle au moment du décollage un tableau de bord à l’électronique sophistiquée. Renforcer, voire supplanter certaines fonctions peut s’avérer utile tant la destination est lointaine. Elle est à des années-lumière d’ici. La rejoindre impose de connecter le présent avec le passé pour pouvoir l’emmener dans le futur. Dans l’afro futur. Là où, après avoir remonté la rivière, tous auront récupéré leurs noms et se seront réappropriés un pan de leur histoire.
► Titres joués extraits de l’album
- Satellite
- Tony
- Black History
- Churches of Sound
► Album Rowing up River to Get Our Names Back (Heavenly Sweetness 2025)
Site – Bandcamp – YouTube
Entre une légende du rap sud-africain et un poète angevin, mon cœur balance…
Notre 1er invité est Stogie T pour la sortie de l’EP Shallow
Vétéran du hip-hop sud-africain, Stogie T (Tumi Molekane) n'est pas un parolier classique. Son travail consiste à trouver un équilibre délicat entre différents mondes ; il a prouvé qu'il était la voix du peuple, mais il n'hésite pas à tendre un miroir à l'ensemble de la société, et le reflet est toujours plus complexe que les clichés bien-pensants du «rap conscient» et la nature stéréotypée et banale du «rap commercial».
Le message dominant de Shallow est la psychose collective. Le dernier EP publié par Stogie T depuis la pandémie mondiale contient des chansons percutantes qui reflètent une forme particulière de cynisme prévalant en Afrique. Le rêve différé, la perte d'espoir sous le poids écrasant d'un État de plus en plus défaillant. Stogie T a déjà parlé de cet état, mais cette fois-ci, il se penche sur les effets qu'il a sur ses habitants. Ce qu'il advient de la pensée des gens, de leurs dysfonctionnements et de leurs pathologies.
Stogie T (alias Tumi Molekane) est sur la voie de l'autoréflexion, de l'introspection, de l'évolution et de la restitution, tout en jouant la carte du progrès. Il s'interroge sur les valeurs et les règles qui régissent notre vie, sur les raisons de désespérer ou d'espérer d'un pays entouré d'un pillage flagrant, sur les raisons d'être cynique et sur les raisons de croire et de se soucier des autres.
Les chansons de cet EP ont été conçues et enregistrées pendant Covid et entre les moments d'anxiété intense dus au dysfonctionnement et au désordre sociétal, à la perte d'amis proches et de membres de la famille, et à la disparition tragique de ses pairs. En tant qu'artiste cherchant à trouver une voix dans le désordre et à s'élever au-dessus du bruit de la machine médiatique mondiale, Stogie T a trouvé du réconfort dans la tragédie et le traumatisme. Offrant un contrepoint à l'air du temps par le biais d'une poésie artistique nous rappelant, ainsi qu'à lui-même, qu'en tant qu'artiste, c'est son travail qui apporte de l'espoir pour l'avenir, mais qu'il doit faire preuve d'un grand discernement, d'espoir pour l'avenir, mais qu'il doit rester fidèle à lui-même, à sa famille et à sa communauté.
Titres interprétés grand studio
- Shallow Live RFI
- Zimkile feat Msaki, extrait album
- Too Late For Mama Live RFI.
Line Up : Tumi Molekane (voix), Shane Cooper (basse), Bonj (voix), Bokani Dyer (claviers, voix), Clem Carr (claviers)et Justin Badenhorst (batterie).
Traduction : Enora Louis
Son : Benoît Letirant, Mathias Taylor.
► EP Shallow (Sakifo Rd 2024).
Facebook - Youtube.
Puis la #SessionLive invite Lo’Jo pour la sortie de l’album Feuilles Mauves.
De leur Anjou natal à tous les continents, des instruments traditionnels au rock, Lo’Jo a toujours su passer de la feuille blanche à la poésie. La lumière et les mots de Feuilles Fauves magnifient une nouvelle fois l’insaisissable. Car si nous sommes Peu de choses, écrit Denis Péan, heureusement, « on peut faire chavirer le cœur le plus fané sur le tempo du chamamé ». Il y a de ces groupes qui ne sont enchaînés nulle part si ce n’est aux instruments du monde ou aux feuilles de papier. Sans chaîne ni code ni dogme, Lo’Jo sera toujours ces explorateurs de la musique, ces chercheurs des mots. Le collectif Lo’Jo continue avec Feuilles Fauves à puiser dans ce qu’il sait faire de mieux : ne rien se refuser. Pourquoi ne pas mêler le kamele n’goni, instrument acoustique malien au violon, pourquoi ne pas faire fusionner le piano au kayamn, sur toile d’électro, pour donner à ce disque, aussi, les couleurs des Mascareignes ?
Chaque disque est une réinvention : Feuilles Fauves n’y fait pas exception. Par ses traditions musicales absorbées lors de leurs innombrables voyages, comme par ses collaborations prestigieuses : de Robert Wyatt à Tony Allen, Robert Plant, Tinariwen, Erik Truffaz, ou encore Archie Shepp... l’utopie Lo’Jo a « le pouvoir d’hypnotiser et de ravir à chaque morceau » (Billboard).
Des feuilles de l’automne aux feuilles de papier Le titre Mandiego, qui ouvre ce nouvel album, aux notes de piano douces et enveloppantes, est une invitation bienveillante au nouveau voyage que nous offre Lo’Jo. Car « l’Homme est bien peu de choses mon ami. Si le soir il est hasard, le matin il est destin », écrit Denis Péan. Feuilles Fauves est brut, comme primitif et sauvage. Aidé par la réalisation de Clément Petit (entendu aux côtés de Piers Faccini ou Blick Bassy) et Alexandre Finkin, les voix pénètrent l’esprit, les instruments du monde régalent le corps avec une intensité vivante et organique. Parce que malgré le chaos du monde, Lo’Jo nous invite avec Feuilles Fauves à un périple solaire : grâce à cette langue inventée, au créole comme aux sons du monde et d’ailleurs. Grâce aux textes sensibles, parfois espiègles ou envoûtants. Grâce à l’étincelle de Jupiter & Okwess sur deux titres, à la malice de Mélissa Laveaux dans Julie, non plus en chanteuse mais en lectrice pétillante.
Feuilles Fauves nous emmène danser des Valses Étranges, s’attarde sur notre vanité, interroge sur Le temps (avec René Lacaille), « le thème favori des poètes » admet Denis Péan. Celui qui s’étend et qu’on pourra donc toujours écrire. En écoutant Aswar (« ce soir » en créole maison), on s’anime en terres argentines sur le tempo du chamamé, un genre musical traditionnel de la province de Corrientes. Grâce à Brother Barrett, on découvre la communauté rasta du Pinnacle, en Jamaïque. On apprend avec eux, leur humour et leur finesse d’esprit aussi à exprimer La Kolèr, dont les mélodies entêtantes prennent des allures chamaniques.
Titres interprétés grand studio
- La Kolèr Live RFI
- Aswar, extrait de l’album
- Joséphine Live RFI.
Line Up : Denis Péan (chant, harmonium), Yamina Nid El Mourid (chant percussions), Nadia Nid El Mourid (chant percussions), Richard Bourreau (violon) et Alex Cochennec (basse).
Son : Benoît Letirant, Mathias Taylor.
► Album Feuilles Mauves (Yotanka Rd 2024).
YouTube - Site.
(Rediffusion du 17 novembre 2024).
Le duo Aïta Mon Amour revisite le chant rural de la Aïta marocaine.
Aïta Mon Amour au Cabaret Sauvage + Justin Adams & Mauro Durante au 360 Paris Music FactoryWidad Mjama, pionnière du rap marocain et diplômée du Conservatoire de Casablanca (danse et art dramatique) est passionnée par les traditions orales ancestrales. Khalil Epi, multi-instrumentiste tunisien, fusionne musique classique arabe, jazz et sonorités mondiales (N3rdistan, Frigya, Dhamma, Seydou Boro, Deena Abdelwahed, arabstazy),
Ce projet est le fruit de leur fascination pour la Aïta, un genre musical incarné par les Chikhates, ces femmes chanteuses et gardiennes d'une pratique vieille de plusieurs siècles. Ce projet mêlant électronique et tradition nous transporte dans un voyage envoûtant à travers la culture marocaine.
En néo chikhate, Widad nous confie « La Aïta, c’est la poésie rurale. Le rap est une expression urbaine, et je me retrouve dans ces deux styles, car je fais partie de la première génération à être née en ville, toute ma famille vient de la campagne. Mes racines sont paysannes et mes fleurs sont citadines ».
Extraits du concert du 23 janvier au Cabaret Sauvage (Mixage Benoît le Tirant, Mastering Mathias Taylor)
L’wed L’wed, Kebet El Khayl et Heda Wiyet
► Album Abda (Shouka Rd 2025)
Bandcamp / Instagram / YouTube
Puis, nous nous rendons au 360 Music Factory où s’est tenu le Festival Au Fil des Voix, pour rencontrer Justin Adams qui présente le nouvel album Sweet Release en duo avec le violoniste et chanteur italien Mauro Durante
Quand Justin Adams, guitar hero et compagnon de route de Robert Plant, rencontre Mauro Durante, visionnaire héritier de la Taranta de sa région natale, les Pouilles, l’alchimie est immédiate. Le premier est habité par une approche post punk qu’il adoucit au contact du groove nord-africain en produisant des albums iconiques pour Tinariwen ou Rachid Taha. Le second, violoniste et percussionniste à l’énergie débridée, parcourt le monde avec le virtuose Ludovico Einaudi, partage la scène avec Ibrahim Maalouf, Goran Bregović ou Piers Faccini, puis reprend, après son père, la direction de l’ensemble perpétuant la taranta, cousine de la tarentelle napolitaine. Mais depuis cette rencontre musicale fortuite, et après Still Moving, un premier disque acclamé, ce projet, déroutant, tend à devenir une entité unique et fusionnelle qui elle-même se perpétue. Sweet Release, qu’ils présenteront pour la première fois au public parisien, en est la preuve. Entre vibrations ancestrales et esprit punk, ferveur du tamburello et riffs électriques, Justin et Mauro créent un son brut, dépouillé, qui émeut et envoute. Mauro étant grippé (se reposait pour assurer le concert du soir), nous avons parlé avec Justin Adams.
Extraits du concert du 30 janvier au 360 Paris Music Factory (Mixage Camille Roch, Mastering Mathias Taylor)
Djinn Pulse, Leuca et Cupa Cupa
► Album Sweet Release (Ponderosa Rd 2025)
Facebook / YouTube
(Rediffusion du 15 février 2025).
Pop liquide et folk et déclaration d’amour à Joni Mitchell.
Le 1er groupe invité est Frànçois & The Atlas Mountains pour la sortie de Âge FleuveLiquide, voilà comment on pourrait traduire l’odyssée musicale de Frànçois & the Atlas Mountains (F&AM). Il n’y a qu’à jeter un œil à son parcours de vie. Ayant grandi à Saintes sur les rives de la Charente, Frànçois a traversé la Manche pour poser ses valises au Royaume-Uni en 2003, dans la ville portuaire de Bristol. Assistant de français au départ, il finit par glisser vers la scène musicale indépendante qui fera office de laboratoire artistique et émotionnel pour le jeune homme. Une puissante inspiration créatrice : dessin, cinéma d’animation, musique... « Tu te pointais dans des lieux, tu prenais une guitare, un instrument de fortune, un instrument que tu as acheté à la brocante, et tu faisais une espèce d’arte povera de la pop », raconte le musicien à propos de ses années Bristol.
Fragilité, pudeur, délicatesse… Une voix qui rappelle aussi d’illustres contemporains, de Devendra Banhart à Vincent Gallo dont les inflexions vocales ressurgissent parfois derrière le timbre si singulier du français. Comme dans Fleuve des âges, morceau presque éponyme de son dernier album Âge fleuve. Un disque souriant et feutré, dernière mouture de la maison InFiné et sixième album studio de F&AM, ce disque souriant et feutré n’a rien à envier aux précédents. Pêle-mêle, Malik Djoudi et sa pop envoûtante, Thomas de Pourquery, le jazzman que tout le monde s’arrache, et la Britannique folk Rozi Plain sont venus prêter main-forte à F&AM. Trois collaborations délicieuses qui se marient à merveille avec les 10 titres qui composent l’album. Mais ce n’est pas tout… L’album s’est construit durant quatre longues années, marquées par la pandémie, où il aura reformé son groupe et navigué entre deux labels, Domino d’abord, avant de se tourner vers InFiné. Puis le décès de son père viendra tout bouleverser et redémarrer la machine désirante du souvenir, qu’il traduit à sa manière : « Depuis que j’ai perdu mon père pendant la pandémie, il y a cette question de l’origine qui s’est mise à ressurgir avec les souvenirs. » L’issue ? Âge Fleuve, donc.
► Titres interprétés au grand studio
Pas lents dans la neige Live RFI
Adorer, extrait de l’album
Le Fil Live RFI
Line Up : François Marry (chant guitare), Colin Russeil (batteur) et Laure Sanchez (bassiste)
Son : Benoit Le Tirant + Camille Roch, Benoît Le Tirant
► Album Age Fleuve (InFiné 2025)
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Puis, nous recevons Haïm Isaacs pour la sortie de Joni Mitchell in JerusalemCe sont les chansons de Joni Mitchell revisitées avec tendresse par Haïm Issacs.
Né à new York, grandi à Jérusalem, il a découvert Joni Mitchell chez sa voisine de palier à 15 ans. Son frère dit qu’il est né ce jour-là. La nuit, il rêvait d’elle. Le jour, arpentant les collines de Jérusalem, de Jéricho à Bethléem, il a chanté ses chansons comme des songlines aborigènes. À Paris, il célèbre la chanteuse américaine en 4tet. Après 4 années de tournée, les musiciens sont rentrés en studio. Le fantasme de l’éternité, gravant la musique dans la pierre, est merveilleusement impitoyable. Joni Mitchell In Jerusalem est l’album qu’il aspirait à faire depuis 20 ans.
► Titres interprétés au grand studio :
Slouching Towards Bethlehem Live RFI
Little Green, extrait de l’album
Chelsea Morning Live RFI
Line Up - Jules Lefrançois (percussions et chœurs), Yann-Lou Bertrand (contrebasse et chœurs), Maurao Basilio (violoncelle, oud), Haim Isaacs (chant et ShrutiBox)
Son : Benoît Le Tirant, Camille Roch
► Album Joni Mitchell in Jerusalem (Haïm Isaacs/ L’Autre Distribution 2025)
Site - Vidéos
Réalisation Hadrien Touraud
#SessionLive avec avec le groupe franco-burkinabé Kananayé et le percussionniste français Roscius pour la sortie No Fala B.
Nos premiers invités sont le groupe Kananayé pour la sortie de l’album KananayéDans les rues du Burkina Faso, résonne à tout bout de champ « ka nana ye », qui signifie « c’est pas facile », tout en sous-entendant que ça va aller. Avec l’album Kananayé, dont le titre reprend cette philosophie populaire, ça ne peut qu’aller. Son multiculturalisme fondateur, ses paroles conscientes, ses traditions enchevêtrées et son ancrage contemporain sont même des propriétés indispensables par les temps qui courent, alors que l’optimisme est devenu une vertu de survie. C’est pas facile, mais ça va aller. À condition de s’en donner les moyens bien sûr, en enjambant les frontières quand d’autres veulent les fermer. Clotilde Rullaud, Abdoulaye Traore, Achille Nacoulma, Seydou Diabate et Boubacar Djiga, les auteurs de Kananayé, s’y emploient.
Kananayé a été enregistré par Peter Soldan aux Dada Studios à Bruxelles, par Kaskade au Studio Hanou à Bobo-Dioulasso, puis mixé et masterisé à New York. Il est formé de sept compositions originales, en plus d’une reprise du traditionnel américain Sea Lion Woman que sublima Nina Simone. De la ballade à la transe, raffinées et lumineuses, ces chansons se projettent dans les musiques actuelles tout en étant profondément enracinées. Le projet tisse les fils de plusieurs traditions et tresse les pratiques rurales séculaires avec les tendances des grandes métropoles modernes. Tantôt vibrant, poignant ou festif, toujours solaire, l’album respire la joie que ses participants éprouvent de jouer ensemble. Mais le groupe est aussi foncièrement militant, puisque ses cinq membres proclament leur multiculturalisme et célèbrent la beauté des métissages. Ils revendiquent aussi la liberté des artistes du monde entier de se déplacer, de se rencontrer et de créer, à une époque où la délivrance des visas est entravée par des politiques nationalistes. Décidément, « ka nana ye » ! C’est pas facile, mais ça va aller.
► Titres interprétés dans le grand studio
Line Up : Seydou 'Kanazoe' Diabate (balafon, percussions, voix), Clotilde Rullaud (voix, flûte), Abdoulaye 'Debademba' Traore (guitares), Boubacar Djiga (kunde, percussions) et Achille Nacoulma (batterie, percussions, voix)
Son : Mathias Taylor, Benoît Letirant, Camille Roch
► Album Kananayé (TZIG'ART - Believe – Socadisc 2024)
Bandcamp - YouTube
Puis, nous recevons le percussionniste et compositeur Roscius, de son vrai nom William Serfass pour la sortie de No Fala BLe multi-instrumentiste William Serfass sort No Fala B sous le nom de Roscius (son nom quand il compose de la musique instrumentale). No Fala B c’est le titre d’une histoire d’amour. Un deuil s'ensuit souvent d'un coup de cœur, celui-ci, composé à coup de baguettes. Entre palindrome et anagramme, on peut comprendre « ne parlant pas le B » en mi-portugais-brésilien, mi-anglais. No Fala B comme miroir de BALAFON, cette percussion chromatique faite main au Burkina Faso à l'aide de « bois de sang » ou de « bois de cœur ». Instrument au centre de cette pièce musicale d'une heure, divisée en 13 morceaux instrumentaux, percussifs et cinématographiques. B, c’est donc la représentation de ce qui nous est étranger. On ne le comprend pas, on ne sait pas en jouer de manière traditionnelle, mais on en tombe quand même amoureux. On l’écoute, on se l’approprie. « No Fala », comme un coup de gueule, un coup de poing, c'est politiquement engagé, et avec B, on traverse les mondes, les genres, les styles, dans une acoustique vivante, on recherche, on expérimente, parfois, on trouve quelque chose, quelqu’un, c’est dur et fragile, comme la communication sans les mots. À moins que B soit en fait le prénom d’une personne… Dont on ne parle pas la langue…
Après une décennie passée entre Londres et des tournées internationales, à collecter des percussions rares et faites à la main ; et ces derniers temps concentré sur la composition de musique de film, séries et documentaires, l'artiste percussionniste non conforme Roscius est de retour, avec un disque instrumental entièrement créé autour d'un balafon chromatique. Un voyage musical mélancolique d'abord, une mélodie tribale, qui invite à la méditation, au mouvement, à la danse, puis envolée rythmique et cinématographique, transcendante, instrumentale, percussive et inspirante.
Titres joués : Burial, Grit, Stone Rose et Incelusive
► Album No Fala B (Nomadic Recordings 2025)
Roscius - YouTube - Bandcamp
Réalisation Hadrien Touraud
#SessionLive avec deux poètes de la chanson française : Mathieu Boogaerts pour Grand piano et Albin de la Simone pour Toi là-bas.
Notre premier invité est Mathieu Boogaerts pour la sortie de Grand Piano.
Note d’intention par Mathieu Boogaerts :
Mathieu Boogaerts, « Grand piano » ?
C'est le titre de mon neuvième album, et c'est un oxymore : « Figure de style qui vise à rapprocher deux termes que leurs sens devraient éloigner ».
« Grand » car je l'ai voulu ainsi : franc, épais, puissant, plus de matière, de volume que ses prédécesseurs... Plus âgé ? Une batterie, une basse électrique, une basse synthétique, une guitare électrique, une guitare acoustique, un synthétiseur, un saxophone, une flûte, un accordéon, un chœur, des percussions, un piano électrique et un piano droit : la gamme de couleurs qu'il m'a fallu pour dépeindre en détails les sentiments que je déploie dans mes douze nouvelles chansons.
Mais « Piano », car toujours sur le ton de la confidence, léger, fragile, doux, nuancé.
Comment ?
J'ai écrit et composé ce répertoire entre septembre 2020 et mars 2023 dans de nombreux lieux dont Londres, Paris, Istanbul, Amsterdam, Budapest, Plaisians, Risoul et les Landes. Le disque a été enregistré « de manière classique » entre 2023 et 2024 à La Frette Studios en région parisienne. Comme pour chacun de mes disques, Renaud Letang a ensuite élaboré le mixage, puis le duo de graphistes M/M (Paris) a conçu la pochette : ici une nature morte illustrant la facture, le geste, l'intention poétique de l'album.
Avant ?
Né en 1970 à Fontenay-sous-Bois. J'ai sorti mon premier « Ondulé » de clip-vidéo en 1995, suivi de l'album Super. Depuis : huit albums studio, trois albums live, plus de mille concerts à travers le monde, des chansons pour Camélia Jordana, Luce, Zaz, Vanessa Paradis... D'innombrables collaborations. En 2023, en pleine fabrication du disque, j'ai donné vingt concerts à Paris lors desquels je tirai au sort les chansons de ma discographie.
Après ?
Joie : l'écriture et la réalisation des clips-vidéo des morceaux. Les interpréter sur scène accompagné par mon tout nouveau groupe...
Le Grand piano ! Mon meilleur disque ? Oui !
Titres interprétés dans le grand studio
Ma Jeunesse Live RFI
Faut toujours écouter son corps, extrait de l’album
Dans une case Live RFI
Line Up : Mathieu Boogaerts, guitare voix
Son : Camille Roch, Jérémie Besset
► Album Grand Piano (Tôt ou Tard 2025)
Site internet - YouTube - Facebook
À lire aussiMathieu Boogaerts: «Grand piano», entre intimité et ambition musicale
Puis, nous recevons Albin de la Simone pour la sortie de Toi là-bas (disque) et Mes Battements (livre avec dessins chez Actes Sud)► Teaser MdM
Le Livre Mes battements
Rome, 30 septembre 2024. Il est 11h du matin, partie à 4h30 chez moi, j’arrive à la Villa Médicis qui me fait le beau cadeau de m’inviter en courte résidence pour finir le livre que vous tenez entre les mains. Donc, à l’heure où j’écris ces lignes, ce n’est encore qu’un tas de dessins et de textes plus ou moins ordonnés. J’ai du pain sur la planche. Car un premier livre de ce type, comme un premier disque, est un peu constitué d’une vie entière, et quand on a 50 ans passés, il y a du tri à faire. À partir du deuxième, si on a bien fait son boulot dans le premier, on part d’une page blanche ou, au pire, d’une page beige. Nous verrons.
L’album Toi là-bas
Paris, le 1er décembre 2024. Après quelques saisons très denses, j’ai ressenti à l’automne dernier le besoin imparable de me retrouver seul. Du moins face à moi-même. Je suis parti m’enfermer à la Villa Médicis où j’ai terminé d’écrire et de dessiner mon premier livre (Mes battements, paru en mars 2025 chez Actes Sud), un voyage intérieur qui depuis des mois me baladait loin dans le passé, mon village, mon enfance, mon adolescence. Je me suis amusé à reprendre quelques chansons de mes débuts comme Je te manque, Avril 4000 ou Non merci (2005), et j’ai remarqué que je leur donnais quelque chose que je ne voyais pas à l’époque. Je les habitais d’une nouvelle façon. J’ai tiré le fil, et d’autres chansons comme J’aime lire (2008) et enfin Pourquoi on pleure (2017) sont sorties naturellement de la pelote. Alors j’ai eu envie de les enregistrer à nouveau, comme de les photographier dans leur nouveau costume. Je me suis laissé aller sans faire de plans, sans pression, juste pour le jeu de la réinterprétation, pour le plaisir. Beaucoup de plaisir, musical autant que vocal. Les chansons en sont sorties plus sereines et plus sensuelles aussi, je crois. Boîtes à rythmes et basses profondes, synthétiseurs en halos suaves autour de mes instruments acoustiques chéris, comme mon piano Una Corda, et aussi cette incroyable Fender VI chère à The Cure ou Richard Hawley, une guitare électrique des années 60 accordée une octave plus grave, dont le son me retourne (écoutez le solo dans La valse des lilas). J’ai invité Alice on the Roof – avec qui je travaille pour son prochain album et que j’adore – à partager Pourquoi on pleure. Alice a accepté. La chanson en duo a pris un sens nouveau.
Je pensais faire un petit EP à sortir à l’occasion de la parution du livre, mais comme je fouillais dans le rétroviseur depuis des mois, j’ai croisé quelques autres chansons importantes dans ma vie. La très souchonesque C’est bien moi que j’ai chantée l’an passé en hommage à Françoise Hardy avec Sage. La sublime Valse des lilas de Michel Legrand dont j’ai tant aimé la version américaine Once Upon a Summertime par Blossom Dearie ou Miles Davis. Et le temps s’arrêtait, d’Adamo, que nous avions arrangée avec Julien Chirol et Renaud Létang en 2003 pour le grand Salvatore lui-même. Et surtout, Ma gueule, lourdeur de Johnny qui me renvoyait au pire de la préadolescence brutale et masculiniste, jusqu’à ce que je découvre en la chantant qu’elle pouvait m’aller comme un gant et m’émouvoir même. Puisque mon livre et mon disque sortent en même temps, puisque leurs visuels et leurs thématiques sont cousins, j’ai quand même eu envie d’écrire une chanson nouvelle pour faire le pont entre les deux. En laissant errer mon regard dans les arbres de la Villa Médicis, j’ai revu Laurence, Natalia, Maud, Sidonie, Ouria… premières amoureuses qui ne m'ont pas connu. Que j’ai aimées, follement, mais de loin. Que j’ai regardées, sans relâche, dont j’ai étudié les gestes, les habitudes, les vêtements, ne détournant le regard que si je sentais le leur se tourner vers moi. J’avais trop peur. Peur de quoi. J’ai aussi entendu dans les arbres les échos de Charlotte Sometimes des Cure, sur laquelle je pleurais ces amours à distance. Trois jours plus tard, j’ai terminé la première maquette de Toi là-bas. Ça n’est donc pas un EP, mais bien un album. Mon huitième.
Post-scriptum : Je ne résiste pas à repartir sur la route pour promener mes chansons et mon livre. Cette fois, je serai seul sur scène. Je chanterai et jouerai, je parlerai un peu, mais aussi je dessinerai. À moins d’un miracle anatomique, il est peu probable que je parvienne à faire tout cela en même temps.
Titres interprétés dans le grand studio
Pourquoi on pleure Live RFI
Toi là-bas, extrait de l’album
Quoi ma gueule Live RFI
Line Up : Albin de la Simone, piano, voix
Son : Benoît Letirant, Mathias Taylor, Camille Roch
► Album Toi là-bas (Tôt ou Tard)
Site internet - YouTube - Facebook
Réalisation : Hadrien Touraud
Dominante reggaeton : shatta et frafra pour Sophian et retour aux sources turques pour Selman.
L’émission ouvre avec la playlist mensuelle de Sophian Fanen.
Puis, nous recevons Selman Faris pour l’album Kaplan, voyage vers l’Est.
Après un premier EP (Neva) salué pour son groove méditerranéen singulier, le producteur et multi-instrumentiste Selman Faris présente un premier album pensé comme un grand voyage musical inspiré par l’Asie, de la Turquie au Japon, entre héritage et modernité. Le fils du flûtiste turc Kudsi Erguner, collaborateur de Nekfeu, Alpha Wann, Laylow ou encore dernièrement Aya Nakamura, Selman s’est imposé comme un compositeur et musicien incontournable de la scène française. Avec Kaplan, voyage vers l’Est (« Kaplan » signifiant « tigre » en turc), il élargit son horizon et tisse un récit sonore où les instruments traditionnels croisent des textures jazz, ambient et funk. Une œuvre ambitieuse, à l’image du tigre dont il suit les traces.
Titres diffusés extraits de l’album : « Ubud », « Ispahan », « Sehir Uzakta » et « Moshi Moshi ».
► Album Kaplan, voyage vers l’Est (Kiraz/Roche Musique)
YouTube - Instagram
La funk disco créole de Setenta face à la tarentelle arrangée punk rock de Maria Mazzotta.
Nos premiers invités sont les Parisiens de Setenta, pour la sortie du 6ème album Apollo Solar Drive.
Le groupe parisien Setenta approche de la célébration de son 20è anniversaire avec la sortie d’un sixième album, Apollo Solar Drive. Cet opus s’annonce comme le meilleur du groupe et correspond à la nouvelle étape d’une odyssée de découvertes artistiques. Setenta a toujours cherché l’illumination positive au fil des années, tout en explorant le côté sombre de la condition humaine. Comme le décrit le groupe, cet album est un hommage afro-latin rétro-futuriste au soleil. Si leur précédent album, Materia Negra, avait propulsé l’équipage du vaisseau Setenta à la découverte d’une matière noire aux aspects multiples, ils changent maintenant de cap et approchent vaillamment du soleil à pleine vitesse, nous emmenant de l’obscurité vers la lumière. Miraculeusement, Setenta parvient à embarquer à bord le matériel rythmique et harmonique qu’ils ont exploré sur Terre, tout en osant aller là où personne ne s’est encore rendu, se lançant le défi de pousser leur musique, et leur public, vers des dimensions inexplorées et de nouveaux horizons d'existence.
En harmonie avec les thèmes de Materia Negra, sélectionné par FIP en 2020, la sixième mission de Setenta pour explorer « l’au-delà » de « l’espace intérieur » porte judicieusement le nom d’Apollo Solar Drive, soulignant l’orientation du groupe vers la lumière vivifiante du soleil pour s’inspirer, tout en faisant un clin d’œil au chef-d’œuvre de latin funk et de critique sociale d’Eddie Palmieri, Harlem River Drive. L’ambiance générale est chaleureuse et positive, propulsée par l’énergie décuplée de rythmes funk intenses et d’arrangements étonnamment complexes, tout en restant d’une fluidité délectable, à l’image de votre cocktail tropical préféré ou d’un album classique de fusion jazz dance des années 1970. Bien sûr, cette délicieuse mixture est servie avec une touche spéciale propre à Setenta.
Cette fois-ci, Apollo Solar Drive célèbre la trajectoire unique du voyage interstellaire du groupe en adoptant un angle résolument jazzy et « funkadelic » dans leur musique afro-latine tant aimée. Les membres de Setenta expriment leur vérité en tant que collectif, avec un accent mis sur les sections instrumentales, se concentrant sur l’entrelacement de multiples claviers et guitares, tout en réduisant cette fois-ci les voix à des chœurs de groupe, à la différence des voix solo du passé. L’approche globale est plus futuriste dans sa conception et sa réalisation, des arrangements à l’ingénierie sonore, bien que la base rythmique reste ancrée dans les traditions afro-cubaines ainsi que celles d’autres nations caribéennes.
Titres joués dans le grand studio
- Ecuajey Live RFI
- Cd Sa Ki Taw, extrait album
- Apollo Solar Drive Live RFI.
Line up : Virgile Raffaëlli (basse), Octave Ducasse (batterie), Laurent Guillet (guitare, voix), Alexis Nercessian (claviers), Tchoubine Colin (timbales, voix), Fabien Hily (congas, voix), Osman Jr (percussions, voix).
► Album Apollo Solar Drive (Latin Big Note 2025).
Son : Jérémie Besset, Benoît Letirant, Mathias Taylor.
RFI Vidéos : Romain Ferré, Dominique Fiant, Cyrille Etienne.
Lien Youtube avec 3 titres : Ecuajey, Liberame et Apollo Solar Drive par RFI Vidéos
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Concert Paris : 27 mai 2025 au New Morning.
Puis nous recevons Maria Mazzotta pour la sortie de Onde.
L'interprétation viscérale de Maria Mazzotta rencontre les sons électriques du Post-Rock, créant ainsi un mélange original et profond. Le titre du nouvel album est Onde (Vagues), un album dans lequel Maria Mazzotta a choisi pour la première fois en vingt ans de carrière d'exprimer la force franche et vitale de la tradition paysanne à travers des instruments contemporains. Depuis 2020, année de la publication de son premier album solo Amoreamaro, elle a parcouru des milliers de kilomètres, plus de 200 concerts dans plus de 25 pays à travers l'Europe, l'Amérique latine et l'Asie. Onde est le fruit des rencontres et des influences et des réflexions sur la société moderne. La chanson La Fortuna («La chance») ouvre l'album et c'est celle où le trio de Maria Mazzotta affirme son son et son message. Un arrangement imprégné de Rock Psychédélique a été créé pour cette chanson folklorique de la tradition salentine, évoquant la sensation des vagues qui roulent et gagnent en force jusqu'à ce qu'une tempête en mer éclate. L'invitation au partage est toujours au cœur de Sula nu puei stare («Tu ne peux pas être seul»), avec la participation du premier de deux invités internationaux : Bombino, un guitariste et auteur-compositeur exceptionnel du Niger. Et le compositeur et trompettiste allemand Volker Goetze.
Titres joués dans le grand studio
- Navigar Non Posso Live RFI
- Canto E Sogno (Feat. Volker Goetz), extrait de l’album
- Sula Nu Puei Stare (Feat. Bombino) Live RFI.
Line Up : Maria Mazzotta (voix et percussions), Ernesto Nobili (guitare électrique baryton), Cristiano Della Monica (percussions).
Son : Benoît Le Tirant, Camille Roch.
► Album Onde (Zero Nove Nove / InOuïe Dist. 2025).
Site - YouTube - Bandcamp.
Réalisation : Hadrien Touraud.
Ballaké Sissoko et Piers Faccini en concert à la Philharmonie de Paris pour la sortie de l’album Our Calling.
19 mars 2025, Ballaké Sissoko et Piers Faccini présentent leur album Our Calling. RFI était là, morceaux choisis enregistrés par RFI Labo (sur le site rfi.fr) et entretien en loge.
Deux décennies après leur toute première collaboration, le chanteur-songwriter italo-britannique Piers Faccini et le virtuose malien de la kora, Ballaké Sissoko, reviennent avec un album enchanteur : Our Calling. Cet album offre un dialogue captivant entre un instrumentiste au sommet de son art et un auteur-compositeur orfèvre des mots. Ensemble, ils créent de nouvelles formes de chansons avec une délicatesse qui relie les continents et joue avec les traditions. Les graines de Our Calling ont été semées lorsque Ballaké Sissoko et Piers Faccini se sont croisés pour la première fois au sein de Label Bleu au début des années 2000, initiant une amitié au long cours et profonde.
Au fil des années, ils ont exploré ensemble de nouvelles passerelles entre les traditions mandingues et les formes de chanson folk britanniques et méditerranéennes. Sissoko avait d’ailleurs participé au deuxième album solo de Faccini, Tearing Sky, en 2005. En 2020, leur dialogue a trouvé un nouveau souffle grâce au label Nø Førmat!, lorsque Ballaké a invité Piers à chanter «Kadidja» en bambara sur son album Djourou. Plus tard, leur collaboration sur la chanson «The Fire Inside» a ravivé leur vision commune, et leur a donné l’envie de signer ce tout premier album en duo – enregistré par Frédéric Soulard (déjà présent sur le dernier album de Piers Faccini Shapes of the Fall) et réunissant une distribution exceptionnelle de musiciens invités, Vincent Segal (violoncelle), Badjé Tounkara (ngoni) et Malik Ziad (guembri). À travers dix morceaux finement ciselés, Our Calling est une ode sonore et narrative à la migration sous toutes ses formes : qu’elle soit végétale, telle une graine emportée par le vent, incarnée par des oiseaux, comme le rossignol migrant entre l’Afrique de l’Ouest et l’Europe au fil des saisons, ou humaine, à travers les siècles et les routes commerciales qui ont favorisé le partage des modes musicaux et des rythmes. Le dialogue entièrement acoustique des deux amis a été enregistré à Paris, côte à côte et en direct, en seulement cinq jours. Si l’album tire son originalité de sa profonde essence malienne, il est aussi subtilement imprégné de l’esprit propre à la chanson folk.
Our Calling est ainsi presque exclusivement chanté en anglais, à une seule exception : Ninna Ninna, un morceau traditionnel du sud de l’Italie, qui rappelle les racines de Piers Faccini et montre une fois encore comment le duo sait rassembler différentes traditions musicales, sans qu’aucune ne prenne jamais l’ascendant sur les autres. C’est là sans doute le fruit de vingt ans d’amitié et de jeu : les chansons du duo créent une alchimie musicale qui unit et fusionne, tout en gardant les deux voix distinctes et les traditions intactes, suffisamment entières pour pouvoir dialoguer librement. De nombreux moments de l’album en témoignent, comme Shadows Are qui commence par un solo de kora envoûtant, joué dans un mode traditionnel mandingue, avant de se transformer miraculeusement en une chanson rappelant presque un standard de jazz, de ceux que chantait Chet Baker. Mais ces chansons, tout en rendant hommage à une époque ancienne de la musique et du chant, appartiennent fermement au XXIè siècle. La nature de ce dialogue constitue son originalité même : à aucun moment la kora ne se plie ni ne s’adapte pour trouver une place dans une forme de chanson occidentale, comme cela a souvent été le cas lors de l’âge d’or des fusions musicales dans les années 90 et 2000. Dès le début, la promesse du duo était claire : ici, la langue musicale devait commencer et se terminer avec les traditions et les modes mandingues. Les chansons, bien que chantées en anglais, suivent cette ligne directrice. Les mélodies, construites et articulées selon des structures mandingues, en sont la preuve. Les grooves ternaires de North and South ou Mournful Moon reflètent l’intense recherche et exploration des deux artistes au fil des années. Et c’est peut-être la chanson If nothing is real qui évoque le mieux ce dialogue originel : un morceau qui trouve un chez-soi à la fois en Afrique et en Europe, et qui est aussi un hommage au rossignol (Sorofé kono en bambara), l’oiseau qui a inspiré les deux vieux amis et les a incités à enregistrer leur propre musique, leur propre appel.
Extraits choisis du concert (prise de son / mix : Mathias Taylor, Benoît Le Tirant (RFI Labo) :
Nanni Nanna, Borne on the Wind, Mournful Moon, Nothing is Real, Kadidja.
Un public attentif et de qualité pour applaudir ces deux magiciens.
🎥 teaser Fb
🎥 If Nothing is Real
- Bandcamp
- Site Ballaké Sissoko
- YouTube Piers Faccini.
Réalisation : Hadrien Touraud.
L’intégralité du concert à la Philharmonie est sur le site rfi.fr/musique.
Il a été enregistré par Mathias Taylor dans « La salle des concerts » de la Cité de la musique et mixé en Dolby Atmos par Benoît Le Tirant (RFI Labo). Le port du casque est conseillé afin de profiter pleinement de la qualité du son binaural immersif.
Des roucoulades électriques italiennes (et espagnoles) à la transe malgache, sans transition ! (Rediffusion)
Sophian Fanen propose sa sélection mensuelle de cinq nouveautés. En janvier 2025, les nommés sont :
- Andrea Laszlo De Simone, Un momento migliore (Hamburger Records, 2024)
- Soleá Morente, No temas nada (feat. Kiki Morente), tiré de l'album Mar en calma (Discos Probeticos, 2024)
- Mauricio Flores, No Funcionó (Palm Street Music, 2024)
- Ornella Vanoni, Sant'allegria (feat. Mahmood), tiré de l'album Diverse (BMG, 2024)
- Empress of, Someone I Know, tiré de l'album Like Someone I Know : a Celebration of Margo Guryan (Sub Pop Records, 2024).
Puis, nous recevons Loya dans la #Sessionlive pour la sortie de Blakaz AntandroyBlakaz Antandroy est un album innovant créé par Loya en collaboration avec la famille Remanindry, composée du père Remanindry et de ses enfants, Samba, Nindry, Isabelle et Adeline. Issus du peuple Antandroy, une communauté chamanique du sud de Madagascar, ces artistes utilisent leurs chants et instruments traditionnels pour invoquer les esprits « Kukulamp » et ainsi soigner les villageois, éloignés de toute médecine moderne. L’origine de ce projet unique remonte à une commande du Musée du quai Branly – Jacques Chirac, qui demandait à Loya de concevoir un concert pour accompagner une exposition dédiée à Madagascar, en s’inspirant des archives sonores du musée. C’est ainsi que Loya découvre la musique de Remanindry et en tombe sous le charme. En 2019, il se rend à Tuléar pour rencontrer ce musicien en personne, donnant lieu à une rencontre musicale d’une rare intensité. De cette alchimie est née l’idée de collaborer sur Blakaz Antandroy, un projet ambitieux qui marie la musique chamanique Antandroy à l’univers de la musique électronique.
Remanindry, comme Loya, est né dans l’océan Indien. Tous les deux grandissent en fréquentant des cérémonies faisant appel aux esprits. Les sons, les odeurs et les couleurs intenses lors des cérémonies spirituelles imprègnent profondément tous leurs sens. Loya arrive en Europe et s’initie aux instruments électroniques qu’il va maîtriser plus tard. Remanindry commence son apprentissage de la musique Antandroy sous la direction éclairée de sa belle-mère, elle-même percussionniste et chanteuse dans les cérémonies. Ancien lutteur, il découvre sa voix puissante qui résonne dans sa carrure imposante. Il apprend le lokanga (violon malgache) et intègre tout le répertoire de sa famille. Il pratique les cérémonies dans tout le sud de Madagascar et décide d’habiter à Tuléar lorsque sa famille s’agrandit. Il fait la rencontre d’autres musiciens malgaches, notamment Régis Gizavo qui découvre tout son talent exceptionnel. Il a été aussi membre du groupe Ny Malegasy Orkestra qui a porté l’étendard de la chanson malgache à l’international. De son côté, Loya commence son apprentissage en devenant ingénieur informaticien. Il apprend à maîtriser les machines et en parallèle entame un parcours d’apprentissage dans les musiques classiques et le jazz. Autodidacte dans les musiques électroniques, il développe son propre processus pour retranscrire les musiques traditionnelles de l’océan Indien sur ses machines.
Titres interprétés au grand studio
- Koulé Live RFI
- Be Sadia + Tokalava + Zilikala Ekarety, extraits de l’album
- Kukulamp Live RFI.
Line Up : Sébatien Lejeune alias Loya (machines).
Son : Jérémie Besset, Mathias Taylor et Camille Roch.
► Album Blakaz Antandroy (LZ Records 2024).
Site internet - YouTube - Facebook
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