Politique, le choix de la semaine

Politique, le choix de la semaine

By RFI
Download on the App Store

Politique, le choix de la semaine episodes

  • Jordan Bardella reprend son poste de «futur» Premier ministre de Marine Le Pen

    À la faveur des événements tragiques du 17 octobre, les accusations d’antisémitisme portées par le journal Mediapart contre le président du parti Rassemblement national (RN) sont brusquement passées au second plan. Jordan Bardella semble peu à peu reprendre sa place dans la campagne de l'extrême droite.

    Il n’y a pas si longtemps, chez les observateurs mais aussi en interne, beaucoup se demandaient comment Jordan Bardella allait pouvoir tenir, si le congrès du parti - tenu samedi 24 et dimanche 25 octobre à Orléans - allait se dérouler comme prévu. Pourtant force est de constater qu’il finira ce week-end reconduit président du parti après le congrès d’Orléans, et qu’il reste toujours le futur « Premier ministre » de Marine Le Pen.

    L’affaire Mediapart reléguée au second plan

    « Plus personne n’en parle », se réjouit un élu RN, en pensant aux révélations de Mediapart imputant au député européen des propos antisémites tenus en 2013. Ce dernier ne cache d’ailleurs pas en avoir un peu assez, ces derniers temps, d’avoir à répondre systématiquement à des questions portant sur le chef du parti.

    Il est vrai que, depuis une semaine maintenant, l’intérêt médiatique pour l’affaire Bardella a nettement diminué, les émeutes du 17 octobre occupant une large partie du temps d’antenne. Et le RN, notamment Jordan Bardella, a été très actif sur ce sujet. Non seulement il fallait montrer qu’avec ou sans affaire, la campagne se déroulait normalement, mais bien évidemment occuper le terrain de la sécurité et de l’ordre, au cœur du projet RN.

    Jordan Bardella s’est démultiplié : un déplacement le lendemain des violences, une conférence de presse le lundi et un passage télé le jeudi. Jamais, au cours de ces trois sorties médiatiques, il n’a été interrogé sur les accusations d'antisémitisme. « Ça nous profite », résume un proche de la campagne, qui ajoute préférer parler de fond que de répondre à ce qu’il considère comme de « fausses accusations ».

    À lire aussiFrance: réuni à Orléans autour de Marine Le Pen, le RN cherche une démonstration de force en pleines tensions sociales

    Au RN, on tourne déjà la page

    D’ailleurs, au parti, désormais, beaucoup font de l’affaire de l’histoire ancienne. Cela a commencé par l’entourage de Marine Le Pen, qui se remet à préciser que Jordan Bardella sera Premier ministre en cas de victoire à la présidentielle. Ce n’était plus le cas depuis deux semaines.

    Un élu RN s’en persuade : « Mediapart n’a plus rien à révéler, après s’être fait manipuler par des néo-nazis », cite-t-il. Mais d’autres, notamment les plus chevronnés, restent prudents : « Il est probable qu’on nous réattaque d’ici au débat du second tour. » C’est le désavantage du favori de la présidentielle.

    Car avec ou sans affaire, avec ou sans émeutes, Marine Le Pen domine toujours dans les sondages. Il reste toutefois encore six mois avant le premier tour, et tout va très vite.

    3 min
  • La primaire, une machine à perdre?

    Le premier tour de la primaire de la gauche s'est ouvert ce vendredi. Quelque 140 000 électeurs choisissent leur candidat à la présidentielle parmi cinq prétendants, dont le favori, l'eurodéputé de Place publique Raphaël Glucksmann, et son challenger, le patron du PS Olivier Faure. Cette primaire est censée fabriquer de l'unité mais à gauche elle a souvent servi à exposer les divisions qu'elle était justement censée dépasser. Est-ce une machine à perdre les élections ?

    La formule n’est pas nouvelle. Elle a aussi bien été été utilisée à droite qu'à gauche, et dernièrement Raphaël Glucksmann lui-même l’avait employée au printemps pour dénoncer le principe d’une primaire de la gauche.

    Alors pourquoi cette primaire existe-t-elle encore ? Parce qu’à gauche, on cherche depuis des mois une manière de départager les ambitions sans reproduire les divisions. Cinq candidats se sont finalement lancés : Olivier Faure, Raphaël Glucksmann, Jérôme Guedj, Emmanuel Maurel et Ségolène Royal. Cinq personnalités, mais surtout plusieurs conceptions de ce que pourrait être la gauche en 2027.

    Et c’est là que le problème commence. Car une primaire est censée permettre de choisir un candidat. Mais avant même le vote, elle oblige les candidats à exposer leurs désaccords. Sur l’économie, le pouvoir d’achat ou les services publics, les convergences sont nombreuses.

    Mais dès qu’arrive la question des alliances, et notamment celle du rapport à La France insoumise et à Jean-Luc Mélenchon, les lignes se durcissent. Les trois débats de la campagne l’ont encore montré : cette question a occupé une place considérable dans les échanges entre les cinq candidats.

    Alors, machine à perdre ?

    L’histoire invite à la nuance 

    En 2006, c’est Ségolène Royal, favorite des sondages, qui l’emporte devant les éléphants roses Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn. La candidate, hélas, ne bénéficie pas ensuite d’un plein soutien de ses anciens rivaux… La défaite de Ségolène Royal en 2007 ne dissuade pourtant pas le PS d’organiser sa primaire ouverte en 2011. 2,8 millions d’électeurs participent au choix de François Hollande. Un record qui a permis à François Hollande de s’imposer et de créer une dynamique jusqu’à l’Élysée. 

    Mais en 2017, Benoît Hamon avait remporté la primaire avant de terminer cinquième au premier tour de la présidentielle. Et en 2022, la primaire populaire avait désigné Christiane Taubira, sans parvenir à rassembler la gauche derrière elle.

    Le problème n’est donc peut-être pas la primaire elle-même mais ce qu’on en fait après

    Les organisateurs ont obtenu un premier résultat : plus de 140 000 personnes se sont inscrites pour participer à cette primaire, davantage que l’objectif initial de 80 000 à 100 000 votants. La question sera donc moins de savoir si cette primaire aura permis de départager cinq candidats que de savoir si elle sera capable de transformer ce choix en rassemblement.

    C’est toute l’ambiguïté de l’exercice. Une primaire peut donner un candidat mais elle ne donne pas forcément une stratégie. Et à gauche, depuis plusieurs années, c’est peut-être justement cette stratégie qui manque le plus.

    Alors, machine à perdre ? Peut-être. Mais une chose est sûre : une primaire ne gagne jamais une présidentielle à elle seule. Elle ne fait que désigner celui ou celle qui devra ensuite essayer de rassembler

    À lire aussiPrimaire socialiste en France: l'enjeu de la participation pour un scrutin très encadré

    4 min
  • Édouard Philippe essaie de ne pas buter sur les retraites

    Édouard Philippe a enfin présenté cette semaine son projet de réforme des retraites. Le candidat Horizons à la présidentielle était très attendu sur cette question sensible depuis qu'il avait évoqué la possibilité de fixer l'âge de départ à 67 ans. Finalement, il place la barre à 65 ans mais sa réforme reste orientée vers la recherche d'économies avec des mesures difficiles, au risque de ne pas faire adhérer les Français.

    Ce que défend Édouard Philippe, c'est que son projet de réforme des retraites est « responsable pour tous, juste pour chacun ». Une manière de dire que tous ceux qui l'accusent de ne proposer que « du sang et des larmes » à ses concitoyens ont tort. L'ancien Premier ministre veut certes rester sur son créneau, celui du courage, et « dire la vérité » aux Français sur la nécessité de travailler plus longtemps pour permettre au système de retrouver l'équilibre et préserver les retraites des générations futures. Mais cela ne veut pas dire qu'il est prêt à prendre des risques inconsidérés en bousculant les Français au-delà de l'acceptable. Son choix de proposer un âge légal de départ à 65 ans plutôt que 67, comme il l'avait en effet envisagé, montre qu'il a écouté ceux qui le mettaient en garde contre un trop grand jusqu'au-boutisme et le risque d'une glissade irrécupérable dans l'impopularité. À commencer par Gérald Darmanin, qui veut être dans sa campagne le garant de la fibre sociale. Dans l'entourage d'Édouard Philippe, on le reconnait, le projet de réforme des retraites a été élaboré avec le garde des Sceaux.

    Le bon moment ?

    Était-ce le bon moment pour présenter son projet sur les retraites ? On peut se poser la question. Le candidat a fait ses annonces alors que l'espace médiatique était saturé par les révélations de Médiapart sur Jordan Bardella, au risque de passer sous les radars. Mais dans l'équipe du maire du Havre, on explique qu'Édouard Philippe « respecte son calendrier » pour pouvoir « avancer », traduction : il n'y a pas de bon moment pour les mauvaises nouvelles, il fallait trancher sur ce dossier sur lequel il était attendu.

    Quel impact sur sa campagne ?

    Cette séquence retraites est très organisée pour faire de la pédagogie dans les médias, faire prendre la lumière au candidat et tenter de dynamiser une campagne qui, à en croire plusieurs sondages, était en train de patiner. Mais un ministre s'interroge sur cette réforme des retraites qui n'apporte pas de rupture : « J'ai vu plus sexy comme entrée en matière. Donner des réglages, en mois, en années, c'est techno et ce n'est pas un techno qui sera président ». Une manière de dire qu'une réforme des retraites responsable, même bien expliquée, ça ne va pas faire rêver les Français qui attendent un projet de société.

    3 min
  • Le Rassemblement national 2027 est-il devenu pro-Ukraine?

    Certains y voient un nouveau revirement de ligne, d'autres pas du tout. Le RN, accusé d’être pro-russe par ses adversaires depuis longtemps, s’est distingué ces derniers jours en publiant un communiqué d’une inhabituelle fermeté à l’égard de Moscou.

    Il est signé de Marine Le Pen et Jordan Bardella. C'est un communiqué publié samedi 19 septembre, au lendemain d’une réunion à l’Élysée où les chefs de partis avaient été conviés par Emmanuel Macron pour évoquer, entre autres, la menace hybride russe. Les deux têtes du Rassemblement national ne mâchent pas leurs mots : « Nous ne tolérerons jamais que la Russie espère dicter la politique de notre pays par l’intimidation, la menace, la déstabilisation ou la pression psychologique. »

    Une rupture affichée avec le passé

    Cette prise de distance sonne comme une rupture pour un parti ayant emprunté à une banque russe dans un passé pas si lointain, et dont la candidate avait été reçue il y a dix ans par Vladimir Poutine. Cette réputation fâcheuse doit être effacée à l’heure où les portes de l’Élysée s’ouvrent en grand pour l’extrême droite française. « Au seuil d’une présidentielle, il faut être ferme », assume un très proche de Marine Le Pen, se félicitant des effets du communiqué. Notamment une réaction négative venue de Dmitri Medvedev, ancien président russe. Dans un tweet, celui-ci qualifie le parti de Le Pen de « parti européen ordinaire », l’accusant de « russophobie et de soutien aux nazis ukrainiens ». « C’est pas trop tôt », en vient même à se dire un membre du parti à la flamme. « Ça nous rend évidemment service », ajoute un autre.

    À lire aussiFrance : dans une volte-face singulière, le RN durcit le ton face à la Russie, qui nie toute «menace»

    Ambiguïtés, critiques et doutes

    Toutefois, cela ne convainc pas vraiment les opposants au RN. Beaucoup, surtout chez les macronistes, dénoncent un double langage et une ambiguïté. Ils s’appuient notamment sur le point presse de Jordan Bardella et Éric Ciotti à la sortie de la réunion à l’Élysée, au cours duquel ils ont très peu évoqué la menace russe, voire dénoncé une dramatisation de la part d’Emmanuel Macron. Les adversaires du RN pointent aussi un faux soutien à l’Ukraine, notamment parce que Marine Le Pen dit ne plus vouloir soutenir financièrement Kiev, tout en proposant de l’aide matérielle et en plaidant pour une grande conférence pour la paix. Une formulation, il est vrai, pas franchement claire. En interne aussi, le parti s’interroge sur cette stratégie. Un élu assure ne pas « comprendre la manœuvre incompréhensible », qui ferait selon lui du RN un parti « mainstream ». Interrogation à froid également à l’extérieur du parti. Un ancien ministre, dubitatif, résume : « À la fois les pro-ukrainiens ne les croiront pas, et les pro-russes vous qualifieront de traîtres. » Mais ce positionnement flou ne serait-il au final pas le but recherché ? Une sorte de clair-obscur… comme un refuge.

    À écouter aussiFrance : Marine Le Pen et le Rassemblement national, sous l'œil de Moscou et Washington

    4 min
  • Primaire de la gauche: le risque d'affaiblissement du futur vainqueur

    Cinq candidats s'affronteront lors de la primaire de la gauche au mois d’octobre. Pour le moment, Raphaël Glucksmann est en position de force dans les sondages. Mais entre rivalités internes et stratégies divergentes pour 2027, cette compétition pourrait surtout fragiliser son futur vainqueur.

    La primaire du pôle social-démocrate dont le premier tour aura lieu les 9 et 10 octobre, verra cinq candidats concourir. Cinq et pas six, après l’éviction in extremis du député Philippe Brun, visé par le signalement d’une ex-collaboratrice qui l’accuse de violences, ce qu’il dément. Cinq donc : le patron du PS, Olivier Faure ; l’eurodéputé Place publique Raphaël Glucksmann ; l’ancienne candidate Ségolène Royal ; le député Jérôme Guedj ; et le président du petit parti de la Gauche républicaine et socialiste, Emmanuel Maurel. Cinq concurrents pour un tour de chauffe petit format, avec, au mieux, 100 000 votants attendus. Mais l’affluence à une primaire n’est pas une garantie de succès. Il y a dix ans, deux millions d’électeurs s’étaient déplacés pour choisir Benoît Hamon qui avait récolté seulement 6% des voix à la présidentielle.

    Le risque premier reste l’affaiblissement réciproque des candidats. Les compétitions fratricides sont souvent les plus violentes, et ce sont celles qui laissent le plus de traces. Là, c’est le favori, Raphaël Glucksmann, qui a le plus à perdre. Il est déjà l’objet des tirs croisés d’Olivier Faure, mis en minorité au sein d’un parti dont il ne veut pas lâcher le manche, et d’une revenante, Ségolène Royal. Raphaël Glucksmann, est accusé par ses rivaux d’être libéral et même de séduire d’ex-macronistes.

    Raphaël Glucksmann joue la présidentielle, Olivier Faure l'avenir du PS

    Deux logiques s’affrontent : l'une présidentielle, l'autre partisane. Avec 10 à 14 % dans les sondages, Raphaël Glucksmann vise le leadership à gauche, voire le second tour. Il l'a déjà fait aux européennes de 2024. Olivier Faure, lui, mise sur l’orthodoxie socialiste et semble déjà préparer l’après-2027, en renouant avec Jean-Luc Mélenchon.

    Reste enfin la possibilité que cette primaire ne fasse que des victimes, avec un vainqueur fragile, aussitôt contesté et lâché. C’est le pari incertain d’un autre revenant, François Hollande, qui se rêve en recours.

    La primaire peut-elle produire un candidat commun sans laisser derrière elle une gauche plus divisée qu'au départ

    C'est tout l'enjeu. La primaire socialiste pourrait autant révéler les divisions de la gauche que favoriser son rassemblement. Les candidats divergent notamment sur la stratégie d’alliance et la place de LFI. Le scrutin d’octobre sera donc un test : au-delà du résultat, les perdants accepteront-ils de soutenir le vainqueur ? C’est toute la difficulté de cette primaire.

    3 min
  • Édouard Philippe osera-t-il proposer la retraite à 67 ans ?

    La campagne présidentielle est maintenant bel et bien lancée. Marine Le Pen est toujours en tête dans les intentions de vote. Jean-Luc Mélenchon progresse. Et dans l'espace central, Édouard Philippe essaie de maintenir son avantage sur Gabriel Attal et Bruno Retailleau dans les sondages. Mais il y a un sujet sur lequel le candidat Horizons est attendu au tournant, celui des retraites. Édouard Philippe est en terrain glissant car il avait proposé de placer l'âge légal de départ à la retraite à 67 ans.

    Ce chiffre « 67 », c'est comme un sparadrap qu'Édouard Philippe n'arrive pas à décoller depuis qu'il l'a évoqué en 2021. L'idée à l'époque, c'était de se présenter comme celui qui était capable de dire la vérité aux Français et qui n'avait pas peur de prendre des mesures jugées indispensables pour permettre la survie du régime de retraite par répartition. Mais c'était il y a cinq ans quand la campagne était encore loin, quand il lui fallait construire son personnage de candidat. Et il a réussi parce que cette phrase : « Il faudra un report de l'âge légal à 65, 66 ou 67 ans » est devenue son principal marqueur. Mais seuls les 67 ans sont restés gravés dans la mémoire collective.

    Confirmer ou pas ?

    Et maintenant, Édouard Philippe va devoir confirmer si c'est 67 ans ou pas, sans trop tarder. Il devrait, dit-on dans son entourage, présenter sa réforme des retraites de manière imminente. Jusqu'ici il s'est contenté de dire qu'il faudrait travailler plus longtemps sans préciser jusqu'à quand, mais en introduisant l'idée que toutes les carrières ne se valent pas, certaines étant physiquement plus dures que d'autres. Présage d'un recul sur l'âge ? Un de ses lieutenants ne déflore pas les arbitrages mais affirme que cette réforme « passe par beaucoup de courage et un peu de réalisme » puis ajoute à destination de Gabriel Attal qui préconise de ne plus fixer d'âge légal que cette idée « n'a aucun sens car il faut donner des horizons aux gens ». Quand un autre explique qu'il ne faut pas faire des 67 ans « un totem » car « beaucoup de gens travaillent déjà jusqu'à 67 ans ».

    Un pari risqué

    Rester droit dans ses bottes, c'est un pari risqué. L’âge pivot, c'est le sujet qui fâche les Français. Bien sûr, tout dépend de la manière de présenter les choses. Un député de droite veut croire qu'en disant que « tout le monde participe » aux efforts, ça peut passer. À voir. Édouard Philippe, qui a fait des retraites « un combat idéologique », est donc face à un choix stratégique. Oser placer la barre à 67 ans, c'est prendre le risque de l'impopularité, renoncer c'est donner l'impression d'avoir peur. Il n'a pas le droit à l'erreur.

    À lire aussiPrésidentielle 2027 en France: Édouard Philippe tend la main à la droite et au centre, Retailleau décline

    3 min
  • Présidentielle 2027: Marine Le Pen engage la «débardelisation» du Rassemblement national

    Depuis que la justice lui a permis de se présenter, la double finaliste de la présidentielle œuvre désormais à reprendre en main son parti, dirigé par celui qui devait la remplacer en cas d’empêchement : Jordan Bardella

    C’est un événement de coulisse loin d’être anecdotique. La semaine dernière, alors que Marine Le Pen débattait devant le Medef, l'organisation patronale, à Paris pour sa rentrée médiatique, on apprenait dans la presse le départ d’un certain François Durvye du Rassemblement national (RN). Ce nom ne vous dit sans doute rien. C’est un ex-patron très diplômé. Il venait d’être embauché comme conseiller économique de Jordan Bardella, du temps où ce dernier se préparait à candidater. François Durvye devait, et s’évertuait à, créer des ponts entre le RN et les milieux économiques. On lui doit notamment des rendez-vous et des dîners entre les deux têtes du RN et de grands chefs d’entreprise.

    Des divergences économiques assumées

    C’est aussi à lui qu’on doit les accents libéraux du discours de Jordan Bardella sur les retraites, notamment. Soit une divergence majeure avec Marine Le Pen. Elle vient d’annoncer défendre la retraite à 62, voire 60 ans, et donc de mettre gentiment à la poubelle les projets de capitalisation et d’abandon de l’âge légal évoqués du temps de l’incertitude sur l’identité du candidat RN. Marine Le Pen, interrogée sur le départ de François Durvye, a dit ne pas le déplorer, mais bien au contraire l’avoir souhaité.

    Une question de loyauté

    Et cela dépasse d’ailleurs les simples questions économiques. Car c’est l’autre révélation des derniers jours parue dans la presse : François Durvye aurait aussi suggéré à Jordan Bardella de présenter sa candidature dans l’après-midi du 7 juillet, alors que Marine Le Pen, fixée sur son sort, consultait ses avocats pour prendre sa décision. L’information lui serait remontée aux oreilles, et elle n’aurait évidemment pas apprécié. « On peut contredire Marine Le Pen, débattre avec elle, mais on ne peut pas être déloyal », résume un membre du cercle mariniste. Un groupe de fidèles qui, désormais, a repris en main la campagne de Marine Le Pen.

    Un programme « marinisé » et un message clair

    Cela transparaît d’ailleurs aussi dans un autre arbitrage du programme : le RN va défendre l’interdiction du port du voile islamique dans l’espace public. Une mesure à laquelle un certain Jordan Bardella était défavorable. Et l’on a vu d’ailleurs un assez grand malaise pour défendre la proposition en public. Jordan Bardella, très prudent, parlant d’un référendum, d’un grand débat, quand d’autres cadres du parti, comme Jean-Philippe Tanguy, apparaissent plus déterminés. Jordan Bardella, qui assure cependant officiellement être derrière Marine Le Pen et surtout dit aller bien… lui qui, au lendemain de la candidature de son mentor, faisait grise mine. Et dont on dit parmi ses proches qu’il a passé un été à digérer une déception, car, dit-on, il a « réellement cru » être candidat. Marine Le Pen le veut Premier ministre et lui demande loyauté. Elle a fait passer le message de façon on ne peut plus claire.

    À lire aussiPrésidentielle 2027: quel rôle pour Jordan Bardella au sein du RN, aux côtés de Marine Le Pen?

    4 min
  • Présidentielle 2022: le match retour Macron-Le Pen

    La présidentielle de 2022, c’est celle du match retour entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Les finalistes de 2007 se retrouvent au second tour de l’élection de 2022 après une drôle de campagne dans laquelle Emmanuel Macron n’est entré que très tardivement et s’est peu impliqué, se consacrant surtout à la guerre en Ukraine. Président protecteur, le candidat du « en même temps » de 2017 est devenu le candidat à mi-temps de 2022. Face à lui, Marine Le Pen a réussi à surmonter l’obstacle Zemmour pour assurer une nouvelle fois sa place dans le duel final.

    Dans moins d’un an, les Français choisiront un nouveau chef de l’État après dix ans de présidence d’Emmanuel Macron. Cette élection va donc tourner une page de l’histoire politique du pays. Avant de vous raconter la campagne pour 2027, le service politique de RFI replonge dans les cinq derniers scrutins présidentiels, de 2002 à 2022. Temps forts, enjeux, surprises. Tout ce dont il faut se rappeler.

     

    • Épisode 1 : 2002, le séisme FN
    • Épisode 2 : 2007, le duel Sarko-Ségo
    • Épisode 3 : 2012, la victoire du président « normal »
    • Épisode 4 : 2017, la « révolution » Macron
    • Épisode 5 : 2022, le match retour Macron-Le Pen
    4 min
  • Présidentielle 2017: la «révolution» Macron

    En 2017, Emmanuel Macron a surpris tout le monde. Et d’abord son mentor en politique, François Hollande, le président sortant qui n’a pas été en mesure de se représenter. La candidature et la campagne d’Emmanuel Macron, c’est l’histoire d’une ascension programmée en secret et d’une « révolution » annoncée dans un livre-programme. Candidat du dépassement politique, du « en même temps », Emmanuel Macron a réussi à incarner l’envie de renouvellement des Français.

    Dans moins d’un an, les Français choisiront un nouveau chef de l’État après dix ans de présidence d’Emmanuel Macron. Cette élection va donc tourner une page de l’histoire politique du pays. Avant de vous raconter la campagne pour 2027, le service politique de RFI replonge dans les cinq derniers scrutins présidentiels, de 2002 à 2022. Temps forts, enjeux, surprises. Tout ce dont il faut se rappeler.

     

    • Épisode 1: 2002, le séisme FN
    • Épisode 2 : 2007, le duel Sarko-Ségo
    • Épisode 3 : 2012, la victoire du président «normal»
    • Épisode 4 : 2017, la «révolution» Macron
    • Épisode 5  : 2022, le match retour Macron-Le Pen
    3 min
  • Présidentielle 2012: la victoire du président «normal»

    Il n’aurait pas dû être le candidat du Parti socialiste, mais François Hollande a finalement remporté l’élection présidentielle de 2012. Lui que l’on surnommait « Monsieur 3% », son score dans les sondages au début de la campagne, quand Dominique Strauss-Kahn incarnait les espoirs du PS, a trouvé le créneau pour affronter et vaincre l’hyper-président sortant, Nicolas Sarkozy, celui du « président normal ».

    Dans moins d’un an, les Français choisiront un nouveau chef de l’État après dix ans de présidence d’Emmanuel Macron. Cette élection va donc tourner une page de l’histoire politique du pays. Avant de vous raconter la campagne pour 2027, le service politique de RFI replonge dans les cinq derniers scrutins présidentiels, de 2002 à 2022. Temps forts, enjeux, surprises. Tout ce dont il faut se rappeler.

     

    • Épisode 1: 2002, le séisme FN
    • Épisode 2 : 2007, le duel Sarko-Ségo
    • Épisode 3 : 2012, la victoire du président « normal »
    • Épisode 4 : 2017, la « révolution » Macron
    • Épisode 5  : 2022, le match retour Macron-Le Pen
    4 min

About Politique, le choix de la semaine

From the publisher's feed

Chaque semaine, les reporters du service politique de RFI proposent une chronique de la vie politique détachée de l’actualité immédiate. Une chronique de reportage ou bien de décryptage, issue de…

More shows like Politique, le choix de la semaine

Dans la peau by RFI

Dans la peau

4 Listeners

Infos coronavirus by RFI

Infos coronavirus

1 Listeners

100 % création by RFI

100 % création

1 Listeners

8 milliards de voisins by RFI

8 milliards de voisins

13 Listeners

Afrique économie by RFI

Afrique économie

0 Listeners

Journal Monde by RFI

Journal Monde

25 Listeners

Le conseil santé by RFI

Le conseil santé

3 Listeners

Musiques du monde by RFI

Musiques du monde

2 Listeners

Le monde en questions by RFI

Le monde en questions

0 Listeners

Si loin si proche by RFI

Si loin si proche

0 Listeners

Priorité santé by RFI

Priorité santé

20 Listeners

Sur le pont des arts by RFI

Sur le pont des arts

0 Listeners

Reportage Afrique by RFI

Reportage Afrique

2 Listeners

Parents, enfants, d’ici et d’ailleurs by RFI

Parents, enfants, d’ici et d’ailleurs

4 Listeners

Le goût du monde by RFI

Le goût du monde

1 Listeners

Le coq chante by RFI

Le coq chante

4 Listeners

Les coulisses de la création by RFI

Les coulisses de la création

0 Listeners

Invité France by RFI

Invité France

0 Listeners

Ondes de choc by RFI

Ondes de choc

0 Listeners

07H15 by RFI

07H15

1 Listeners