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En 2007, l’élection présidentielle est d’abord un affrontement entre deux personnalités fortes, Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal. Un match Sarko contre Ségo, UMP contre PS. Un duel que le challenger du centre François Bayrou ne réussit pas à empêcher. C’est entre le « travailler plus pour gagner plus » de Nicolas Sarkozy et « l’ordre juste » de Ségolène Royal que les Français décident de choisir.
Dans moins d’un an, les Français choisiront un nouveau chef de l’État après dix ans de présidence d’Emmanuel Macron. Cette élection va donc tourner une page de l’histoire politique du pays. Avant de vous raconter la campagne pour 2027, le service politique de RFI replonge dans les cinq derniers scrutins présidentiels, de 2002 à 2022. Temps forts, enjeux, surprises. Tout ce dont il faut se rappeler.
Le 21 avril 2002, Jean-Marie Le Pen se qualifie contre toute attente pour le second tour de l’élection présidentielle. Le socialiste Lionel Jospin est éliminé. Le président du Front national affronte Jacques Chirac au second tour. Un séisme dans la vie politique française qui marque le début de l’ascension du parti d’extrême droite
Dans moins d’un an, les Français choisiront un nouveau chef de l’État après dix ans de présidence d’Emmanuel Macron. Cette élection va donc tourner une page de l’histoire politique du pays. Avant de vous raconter la campagne pour 2027, le service politique de RFI replonge dans les cinq derniers scrutins présidentiels, de 2002 à 2022. Temps forts, enjeux, surprises : tout ce dont il faut se rappeler.
On le sait maintenant, c'est Marine Le Pen qui va porter les couleurs du Rassemblement national à la présidentielle de 2027, Jordan Bardella reprenant son rôle de numéro 2 dans la campagne. Et ce n'est pas forcément une bonne nouvelle pour Gabriel Attal, qui espérait un duel avec le trentenaire du RN.
La veille de l'annonce de la décision de justice qui a permis à Marine Le Pen de finalement se lancer dans la course pour la présidentielle, Gabriel Attal appelait Jordan Bardella à entrer dans la campagne et lui proposait un débat, comme une incantation.
Le plan B du RN, une candidature de Jordan Bardella, était à ce moment-là le scénario le plus probable mais aussi le plus favorable pour le patron de Renaissance. Face à Jordan Bardella, Gabriel Attal pensait avoir des atouts à faire valoir. Un député centriste estimait ainsi que si Jordan Bardella était finalement le candidat du RN, cela pouvait « relancer Attal » face à Édouard Philippe, son concurrent pour devenir le candidat du bloc central en 2027.
Une manière de dire que l'hypothèse d'un retour sur le devant de la scène de Marine Le Pen était de fait une moins bonne option pour le macroniste.
Pourquoi un match avec Jordan Bardelle était-il plus favorable ?C’est une question de génération. Le profil de Jordan Bardella, présenté comme jeune et sans expérience, permettait à Gabriel Attal, ancien Premier ministre de quelques années son aîné, d'apparaitre plus solide, lui qui souffre d'un déficit de stature présidentielle par rapport au maire du Havre Édouard Philippe. Tout en jouant dans la même cour que Jordan Bardella en matière de communication, celle des réseaux sociaux, un terrain sur lequel Édouard Philippe est nettement moins à l'aise. Un autre atout de Gabriel Attal pour essayer de ringardiser son adversaire havrais.
Et puis Gabriel Attal avait l'avantage d'avoir déjà affronté Jordan Bardella lors de débats télévisés, notamment, et en avait tiré les enseignements. En résumé, il estimait savoir comment le prendre.
Marine Le Pen candidateAvec la figure historique de l'extrême droite française, on change de génération et donc de scénario. Alors Gabriel Attal a choisi de cogner tout de suite en l'accusant de mener « une guérilla judiciaire » et de « prendre la campagne en otage » puisqu'elle a choisi de se lancer malgré sa condamnation dans l'affaire des assistants parlementaires des députés européens du Front national.
Gabriel Attal a choisi l'angle de la morale pour discréditer la candidature de Marine Le Pen et lui recoller les casseroles de son passé dans l'espoir d'incarner le renouvellement. Car c’est lui qui est maintenant le plus jeune postulant dans la course présidentielle. Reste à savoir si les Français, qui avaient choisi la jeunesse avec Emmanuel Macron, ont envie de récidiver.
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En France, alors que le PS commence tout juste à y voir un peu plus clair sur sa stratégie, Jean-Luc Mélenchon, lui, poursuit sa campagne pour la présidentielle. Le leader insoumis était au Festival d'Avignon cette semaine. Une campagne en grande partie diffusée en ligne, ce qui illustre à la fois la maîtrise des outils numériques par LFI et sa volonté de ne pas dépendre des médias traditionnels, pour lesquels il affiche une forte défiance.
LFI est l'un des partis les mieux implantés sur Internet. Là où le PS peinait encore, il y a quelques semaines, à diffuser une conférence de presse sur son programme avec une bonne qualité audio, les conférences des Insoumis sont diffusées en direct, et sans accroc, sur les réseaux sociaux. Les comptes des députés sont alimentés quasiment en temps réel, avec de courtes vidéos et des visuels.
Et si les autres forces politiques, à gauche comme à droite, utilisent elles aussi ces armes de communication, LFI le fait de façon intense, et parfois originale. Un mini-jeu vidéo sur la France insoumise et une émission viennent par exemple d'être lancés.
Côté chiffres, le compte X de Jean-Luc Mélenchon est suivi par 2,5 millions d'abonnés. À titre de comparaison, c'est 940 000 abonnés pour Édouard Philippe, 286 000 pour Gabriel Attal. La seule qui rivalise vraiment, c'est Marine Le Pen, qui avoisine les 3 millions d'abonnés. Le fondateur de LFI est aussi beaucoup suivi sur YouTube, il a été l'un des premiers à investir massivement la plateforme. Il alimente aussi régulièrement un blog. Plus récemment, LFI a lancé des conférences de presse diffusées en direct avec ce que Jean-Luc Mélenchon appelle « les nouveaux médias ». Des créateurs de contenus souvent favorables au programme des Insoumis.
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Un rapport ambivalent avec les médias traditionnelsAutant d'énergie qui n'est pas dépensée pour les médias dits « traditionnels ». C'est une façon, pour Jean-Luc Mélenchon, à la fois de parler directement à ses sympathisants, mais aussi de contourner, en partie, des médias dont il a globalement une très mauvaise opinion. « Aucun intérêt d'aller sur TF1 dix minutes et de se prendre des polémiques », me confiait récemment un cadre du parti. « Journalisme de préfecture », « chiens de garde », « garde à vue médiatique » : la gauche radicale ne manque pas d'expressions fleuries pour exprimer une forte défiance envers la profession. « LFI ne subit pas le même traitement que les autres partis », m'affirmait un élu.
Mais dans le même temps, le parti n'est pas du tout absent des médias traditionnels. Comme toutes les forces politiques, LFI est très régulièrement invitée. Mais le mouvement insoumis répartit, en quelque sorte, le travail. Les principaux lieutenants vont défendre la ligne sur tous les médias, et, pendant ce temps, Jean-Luc Mélenchon se fait bien plus rare. « On va faire des plateaux télé, et Jean-Luc Mélenchon, lui, se place en hauteur », résume un proche.
Si le parti estime « ne rien devoir aux médias traditionnels », il joue donc sur les deux tableaux, sans doute conscient que ces médias sont toujours regardés et lus par une grande partie des Français.
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Drôle d'ambiance au Parti socialiste. À un peu moins d'un an de la présidentielle de 2027, les socialistes n'arrivent pas à se mettre d'accord sur les moyens pour désigner le candidat d'une potentielle primaire. Mardi 30 juin au soir, le Conseil national du parti aurait dû permettre de trouver une position commune, mais après plusieurs heures de débat, impossible de dégager une majorité.
Qui pourra voter à la primaire ? Les seuls militants ? Ou bien les sympathisants de gauche ? C'est cette question, en apparence technique, qui divise aujourd'hui le PS.
Deux courants s'affrontent au sein du parti. Celui d'Olivier Faure prônant pour une primaire élargie à la gauche hors-LFI et celui de Boris Vallaud, souhaitant une primaire réservée aux candidats du PS ou issus des rangs socialistes comme Raphaël Glucksmann ou Bernard Cazeneuve. Derrière ce débat se joue en réalité une bataille politique : une primaire ouverte pourrait avantager des figures comme Raphaël Glucksmann, tandis qu’un vote interne renforcerait les équilibres et réseaux du PS.
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Et alors que les socialistes se divisent, les candidatures à gauche se multiplientLes ambitions se font jour. Elles s'expriment encore avec prudence, mais elles sont bien là. Olivier Faure n'exclut pas une candidature. Boris Vallaud est régulièrement cité. Raphaël Glucksmann voudrait y aller. François Hollande se prépare. Jérôme Guedj, Philippe Brun ou encore Karim Bouamrane se sont déclarés.
Les militants devront désormais trancher le 9 juillet, mais ils ne choisiront pas encore leur candidat. Ils choisiront la façon de le choisir. Le choix du candidat, ce sera pour plus tard, au mois d'octobre vraisemblablement.
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Pendant ce temps, Jean-Luc Mélenchon fait campagne avec un parti en ordre de marche derrière lui, quand le PS est éparpilléÀ 75 ans, Jean-Luc Mélenchon se lance pour une quatrième candidature à l’Élysée et appelle la gauche à se rallier derrière lui.
Son meeting à Saint-Denis a relancé sa dynamique : le NPA le soutient désormais, tandis qu’il tente aussi de séduire une partie des écologistes autour de Sandrine Rousseau et certains élus communistes comme Stéphane Peu. Les divisions des socialistes pourraient ainsi jouer en sa faveur.
Face à lui, le PS et ses alliés doivent trouver un candidat unique capable de rassembler la gauche et une partie du centre contre l’extrême droite. Mais avant même de choisir un nom, le parti se déchire déjà sur les modalités. Au PS, la campagne a déjà commencé, mais elle se joue d'abord sur les règles du match.
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La campagne présidentielle est bel et bien lancée. Les candidats ont enchaîné les meetings ces dernières semaines : Gabriel Attal, Jean-Luc Mélenchon, Raphaël Glucksmann, Bruno Retailleau. Le dernier de la série estivale sera celui d'Édouard Philippe, le 5 juillet 2026. Un test de mobilisation mais aussi d'envie pour le maire du Havre.
Le point faible d'Édouard Philippe, c'est sa capacité à montrer aux Français qu'il veut vraiment devenir président de la République, à faire tout ce qu'il faut pour y parvenir, à mettre ses tripes sur la table pour convaincre les Français qu'il a envie d'avoir envie, car une élection présidentielle, ça ne se gagne pas uniquement sur la stature, la compétence, la responsabilité, reconnues à Édouard Philippe, mais sur la niaque. Une présidentielle, « il faut aller la chercher avec les dents », souligne un soutien de Gabriel Attal. Un candidat potentiel à la présidentielle enfonce le clou : « Les gens veulent savoir ce que vous avez dans le ventre. »
Le parallèle avec le mentor d'Édouard Philippe, Alain Juppé, revient souvent. Alain Juppé, le favori de la primaire à droite en 2016, finalement coiffé au poteau par François Fillon. Un souvenir dont une ancienne juppéiste tire les enseignements : « Édouard Philippe est devant depuis très longtemps, d'où la nécessité de prendre des risques, d'être neuf sur les propositions, la manière dont on veut les porter. Il faut qu'il se fasse violence ».
Mais qu'en pensent les proches d'Édouard Philippe ?Forcément, ils ne voient pas les choses de la même manière. Un de ses lieutenants reconnaît qu'Edouard Philippe est un homme « pudique, insondable » mais n'accepte pas le procès en dilettantisme que ses concurrents lui font. « Il a souvent donné l'impression de ne pas être investi mais il est là ». Pour preuve, dit-il, « Édouard Philippe va s'endetter personnellement et il n'y a pas beaucoup de mecs qui s'endettent personnellement s'ils n'ont pas envie », ajoutant « lui, il n'a pas hérité d'un parti, il l'a créé et c'est plus dur de se faire élire maire du Havre que député d'Issy-les-Moulineaux ». Un coup de griffe vengeur à Gabriel Attal.
Édouard Philippe a une occasion de faire mentir ses détracteurs avec son meeting. Un vrai test. Il va devoir fendre l'armure, montrer qu'il peut être charismatique et ne pas promettre que du sang et des larmes, par exemple sur les retraites. « Les 67 ans, est-ce que ça fait gagner ? », s'interroge un centriste. Un ministre va plus loin : « Il faut quelqu'un derrière le micro qui vous touche un petit peu au cœur. » Autrement dit, sans aller jusqu'à vendre du rêve ou raser gratis, Édouard Philippe doit au moins donner un peu d'espoir et montrer qu'il a faim.
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Candidat depuis bientôt deux mois, le LR Bruno Retailleau peine à faire décoller sa campagne présidentielle. Ce week-end, l’ancien ministre de l’Intérieur monte sur scène pour son premier grand meeting à Paris. L'unité affichée n'est que de façade.
Au début, ce devait être un événement majeur de la campagne. Le meeting du parc Floral était censé incarner l’unité affichée d’une famille politique, répondre à une attente réelle dans l’opinion et présenter une candidature capable de rivaliser avec les autres prétendants du bloc central. Pourtant, alors que Gabriel Attal est déjà monté sur les planches et qu’Édouard Philippe tiendra lui aussi un meeting le 5 juillet prochain, l’événement est désormais présenté de manière plus mesurée. Ce qui était initialement qualifié de « moment important » et de « rendez-vous incontournable » est devenu un simple « passage obligé », « pas nécessairement le point de bascule ».
Un rassemblement qui peine à se faireCette minimisation traduit une réalité plus inconfortable : rien ne se déroule pour l’instant comme espéré pour Bruno Retailleau. Le candidat reste scotché autour de 10 % d’intentions de vote dans la plupart des sondages publiés ces dernières semaines. Malgré le soutien des militants et le renforcement de son emprise sur le parti dans les fédérations locales, il ne parvient pas à rassembler derrière lui les grandes figures de la droite. Laurent Wauquiez et Xavier Bertrand seront ainsi absents du meeting de samedi. Le premier, rival déclaré, souhaite une primaire ouverte de la droite à l’extrême droite ; le second envisage lui aussi de se présenter et critique régulièrement les ambiguïtés de Bruno Retailleau vis-à-vis de l’extrême droite. Si Valérie Pécresse, Michel Barnier ou Gérard Larcher seront bien présents, ils plaident régulièrement pour un candidat unique de la droite et du centre, quitte à ce qu’il ne soit pas issu des Républicains. Cette situation reflète une inquiétude croissante : celle de voir Bruno Retailleau s’enferrer dans une candidature coûte que coûte, au risque d’éparpiller les voix du bloc central et d’ouvrir la voie à un second tour RN/LFI lors de la présidentielle de 2027.
Une stratégie à ajusterPour l’instant, l’intéressé refuse de quitter la course. Ce n’est pas une surprise. Avant l’été 2026, il est encore trop tôt, surtout pour un parti qui doit impérativement présenter un candidat. Mais la « route » que Bruno Retailleau entend tracer « droit devant lui » connaît déjà quelques ajustements. Sa mesure phare, la modification de la Constitution pour permettre un référendum sur l’immigration, ne sera finalement dévoilée qu’à la rentrée, et non ce mois-ci. Il publiera également un livre à la fin de l’été, avec l’espoir de décoller dans les sondages à l’automne. Le plan est désormais d’élargir un socle électoral perçu comme trop conservateur, qui lui offre un accès potentiel à l’Élysée, mais par un chemin jugé très étroit, voire trop étroit, de l’aveu même de l’un de ses proches soutiens.
La liste des prétendants à la présidence de la République ne cesse de s'allonger depuis quelques semaines. L'élection a lieu dans un an. Et l'incertitude et les divisions au sein de la gauche hors mélenchoniste favorisent la multiplication de ces candidatures, à l'instar de celle annoncée cette semaine par le maire socialiste de Saint-Ouen en région parisienne, Karim Bouamrane.
Sur France Inter, Karim Bouamrane s’est présenté comme un candidat capable de rassembler la gauche non mélenchoniste. Il rejoint une liste déjà fournie de prétendants, dont Raphaël Glucksmann, considéré comme l’un des favoris après son score de 14 % aux européennes.
Tous s’accordent sur la nécessité d’un candidat unique pour permettre à la gauche de se qualifier au second tour face au RN. Mais l’absence de leader naturel multiplie les ambitions.
François Hollande et Bernard Cazeneuve se préparent. Jérôme Guedj est officiellement candidat. Tandis qu'Olivier Faure et Boris Vallaud pourraient être tentés d'y aller, ainsi que plusieurs responsables de gauche comme Marine Tondelier, Clémentine Autain et François Ruffin, qui sont déjà sur la ligne de départ pour participer à une primaire programmée le 11 octobre.
Cette multiplication des candidatures et les hésitations du PS alimentent une impression de dispersion et de confusion à gauche.
Le rejet de la stratégie d’une double primairePour Olivier Faure, une primaire, dispositif souhaité par une majorité d'électeurs de gauche, est le meilleur moyen de désigner un candidat unique. « Si on sait que le jour J on a un mode de départage pour qu’il n’y en ait plus qu’un à la fin et que tout le monde se pliera à la décision, ça me va », explique-t-il. Mais cette stratégie est rejetée par ses principaux opposants, notamment Raphaël Glucksmann, qui mise plutôt sur sa dynamique dans les sondages.
Si sa dernière proposition d’une double primaire, d’abord interne aux sociaux-démocrates puis ouverte au reste de la gauche hors LFI, n’a pas suscité l'adhésion, les militants socialistes sont quand même invités à se prononcer le 9 juillet.
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Le leader insoumis Jean-Luc Mélenchon se frotte les mains ?Déjà lancé dans sa quatrième campagne présidentielle et avec des sondages qui le placent déjà autour de 14 %, il met la pression sur les écologistes et les communistes pour qu’ils se rangent derrière lui. « Nous, c’est carré », aime-t-il à répéter, par opposition au chaos du reste de la gauche.
Un chaos dont se gausse aussi l’extrême droite : « Le PS, c’est un peu le calendrier de l’Avent, tous les jours on ouvre une case, il y a un nouveau candidat », ironise le vice-président du RN Sébastien Chenu, jugeant qu’à la fin ils « se rangeront derrière Mélenchon ». Même le patron du Parti radical de gauche, Guillaume Lacroix, y est allé de son commentaire, s’étonnant de ne pas avoir été invité sur France Inter pour annoncer sa « non-candidature ».
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À la veille du meeting de Jean-Luc Mélenchon ce dimanche à Saint-Denis, RFI s'intéresse au concept de « Nouvelle France » mis en avant par La France insoumise (LFI) depuis plusieurs mois. Un concept « clivant » et « identitaire » pour une partie de la classe politique. Le leader insoumis lui assume un « concept hameçon ».
Déjà porté pendant les municipales, il sera sans doute un marqueur de la campagne présidentielle. Dans la lettre où il annonce sa candidature, Jean-Luc Mélenchon fait directement référence au concept de « Nouvelle France ». « L’heure du grand changement est venue, écrit-il. Faisons vivre une nouvelle France [...]. »
Ce n’est ni la première fois que Jean-Luc Mélenchon ou un Insoumis prononce ces mots, ni la première fois qu’un homme politique les prononce. On pourrait citer Valérie Pécresse, Arnaud Montebourg ou même Jacques Chirac. Mais dernièrement, les Insoumis ont été interrogés sur le sens précis de cette expression. « C’est la France telle qu’elle est aujourd’hui », défendent sur les plateaux télé les cadres insoumis. LFI explique parler de l’immigration et du fait que de nombreux Français aujourd’hui ont un grand-parent qui était immigré.
Mais le parti précise que cette « nouvelle France » englobe aussi le renouvellement des générations, le bouleversement de la condition des femmes — avec les familles monoparentales de plus en plus nombreuses — ou encore la généralisation, pour les travailleurs, du statut d’auto-entrepreneur.
Un concept pour « cliver et mobiliser un électorat qui se sent délaissé »Des explications loin de convaincre les adversaires et rivaux politiques, qui, pour beaucoup, voient là du communautarisme de la part de LFI. « Ce concept de nouvelle France est fondé sur l’origine étrangère et constitue la quintessence du racisme », s’indigne la cheffe de file du RN, Marine Le Pen. Un sénateur Les Républicains voit là une stratégie pour draguer un « électorat communautaire ». Et à gauche non plus, on n’est pas tendre. « Ce concept contribue à fracturer le pays entre une nouvelle France et une vieille France pas belle qu’il faudrait écarter », analyse le communiste Fabien Roussel, qui estime que LFI propose un concept « identitaire » et fait du communautarisme.
« Jean-Luc Mélenchon fait exprès de cliver et mobilise un électorat jeune et racisé qui se sent délaissé », analyse de son côté un cadre du Parti socialiste. Du scepticisme aussi, de façon plus surprenante, chez une députée écologiste : « Oui, la France évolue, mais vu l’élan conservateur qu’on observe aujourd’hui, au lieu de radicalement imposer l’étiquette “nouvelle”, il faut expliquer, rassurer, rassembler. »
« La Nouvelle France, c'est celle qui ne laisse personne sur le côté »Chez LFI, on se défend de tout clivage. Les Insoumis dénoncent une mauvaise compréhension. « Il n’y a pas d’explication racialiste. La nouvelle France, c’est celle qui ne laisse personne sur le côté et ne trie pas ses enfants », dit un député LFI. Interrogé sur le sujet récemment, Jean-Luc Mélenchon assume, lui, ce qu’il appelle un « concept hameçon » pour faire surréagir. Et un proche du leader LFI l’affirme : « Ce concept ne fait que commencer à vivre. »
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Ils sont désormais deux en compétition pour porter les couleurs du bloc central en 2027 : Édouard Philippe et Gabriel Attal. Deux anciens Premiers ministres d'Emmanuel Macron qui ont la même ambition : lui succéder à l'Élysée. Mais à la fin, il faudra qu'il n'en reste qu'un.
Édouard Philippe et Gabriel Attal le savent, ils ne pourront pas être deux sur la ligne de départ pour le premier tour de la présidentielle. D'ici le début de l'année prochaine, il faudra donc qu'ils se départagent, à coup de sondages vraisemblablement. Dans l'entourage du maire du Havre, on estime qu'à un moment « la pièce ne restera pas sur la tranche », traduire qu'une dynamique se dégagera, que des ralliements auront lieu et que l'un prendra indiscutablement l'avantage, sous-entendu pour eux Edouard Philippe.
Dans l'entourage de Gabriel Attal, on affirme ne pas se tromper d'enjeu : « Le combat c'est avec le RN, pas avec les candidats du même espace politique » et s'il y a un « risque avéré » de second tour RN-LFI, on s'engage à être responsable. En espérant que ce n'est pas Gabriel Attal qui devra se retirer de la course. Des deux côtés, on prend donc soin de rester fair-play. « Ils ne se haïssent pas », affirme un proche d'Edouard Philippe. « Ils sont tous les deux bien élevés », confirme l'entourage de Gabriel Attal.
Est-ce la promesse d'une campagne où tous les coups ne seront pas permis ?Aucun des deux n'a intérêt à sortir le bazooka car à la fin, pour rassembler et avoir une chance de gagner, il ne faut pas franchir certaines lignes rouges. De là à dire que l'affrontement se fera à fleuret moucheté, certainement pas. Propositions, style, la bataille Philippe-Attal aura bien lieu, elle a déjà commencé. Quand autour de Gabriel Attal on tente la comparaison avec le duel Chirac-Balladur en 1995, Attal dans le rôle du challenger Chirac, Édouard Philippe dans celui de Balladur gagnant au début-perdant à la fin, on rétorque fermement autour du maire du Havre en disant les « Chiraquiens », c'est nous et on promet de « cogner » si nécessaire, par exemple sur l'absence de bilan de Gabriel Attal à Matignon.
Et d'ici l'été, la bataille va aussi se jouer dans les meetings, le 30 mai avec Gabriel Attal, le 5 juillet avec Édouard Philippe : concours de muscles et démonstrations de force.
Emmanuel Macron peut-il les départager ?C'est toute la question sur l'influence potentielle d'Emmanuel Macron. Aucun des candidats ne croit que le président restera silencieux. Et à entendre les proches du chef de l'État, c'est Édouard Philippe qui a plutôt ses faveurs. Reste à savoir si être le « préféré » d'Emmanuel Macron sera un avantage ou un inconvénient pour creuser l'écart.
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Chaque semaine, les reporters du service politique de RFI proposent une chronique de la vie politique détachée de l’actualité immédiate. Une chronique de reportage ou bien de décryptage, issue de…

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