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Abd el-Kader, l’Arabe des lumières, c’est le titre de l’ouvrage de Karima Berger. Avec elle, nous revenons sur cette figure emblématique de la résistance à la colonisation française de l’Algérie au XIXe siècle, mais surtout sur sa dimension spirituelle, lui qui était un mystique musulman, inspiré par le grand penseur soufi arabo-andalous Ibn Arabi (XIIe-XIIe siècle) enterré à Damas, où Abd el-Kader a passé les 28 dernières années de sa vie, tourné vers la lecture, la prière et l’écriture. Un mystique et un humaniste, une figure inspirante aujourd’hui, lui qui disait que l’ignorance était la principale cause des conflits et qui a consacré sa vie au vivre ensemble et à la résistance contre l’extrémisme et l’obscurantisme.
Invitée : Karima Berger, écrivaine, essayiste, vient de publier Abd el-Kader, l’Arabe des lumières (2025, éd. Albin Michel).
Autrice également de : Les Gardiennes du secret sur les femmes dans l’imaginaire musulman, Mektouba (2016, éd. Albin Michel), Les Attentives, un dialogue avec Etty Hillesum (2014, Ed. Albin Michel), L’enfant des deux monde (1998, éd. de l’Aube).
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C’est le cardinal camerlingue Kevin Farrell, désormais chargé de gérer les affaires du Vatican jusqu’à l’élection d’un nouveau pape, qui a annoncé la nouvelle : le pape François est décédé lundi 21 avril à 7h35 à l’âge de 88 ans, au lendemain de sa dernière apparition sur la place Saint Pierre. Très affaibli suite à une longue hospitalisation pour une double pneumonie, il a succombé à un accident vasculaire cérébral. Sa mort a suscité une grande émotion parmi les quelque 1 milliard 400 millions de fidèles catholiques mais aussi au-delà, lui qui tenait à tisser des ponts avec toutes les religions et croyances et qui avait mis les pauvres et les marginalisés au centre de ses discours.
Sur la place Saint Pierre à Rome devant l’imposante basilique du Vatican, la foule s’est pressée pour rendre un dernier hommage au 266è pape, l’Argentin Jorge Mario Bergoglio, celui qu’on était allé chercher « au bout du monde » comme il l’avait dit depuis le balcon de la basilique Saint Pierre le jour de son élection en mars 2013. En cette année de jubilé (année sainte tous les 50 ans pour l’Église catholique), Rome accueillait déjà de nombreux pèlerins, mais aussi des touristes du monde entier, dont certains ont décidé de rester jusqu’aux funérailles du pape François, qui a été inhumé samedi 26 avril dans la basilique Sainte Marie Majeure. Une basilique qui date du Vè siècle, symbole de l’adoration à la Madonna, la Vierge Marie, qui était si chère au pape François, qui souhaitait une pierre tombale simple : elle est en marbre avec une seule inscription, Franciscus, François en latin.
Les cardinaux du monde entier dont 108 nommés par le pape François continuaient d’arriver à Rome pour se réunir quotidiennement en congrégation générale, afin de prendre des décisions comme les funérailles ou le calendrier des célébrations spéciales pendant les jours de deuil et pour préparer le conclave. Seuls les cardinaux de moins de 80 ans (environ 133 – 2 ont annoncé qu’ils ne viendraient pas) pourront prendre part au vote à huis-clos. Le conclave sera présidé par le cardinal Pietro Parolin, désormais ancien secrétaire d'État au Vatican. Une étape majeure qui pourra commencer après la période de deuil, les « novemdiales » - neuf jours à compter du 26 avril 2025 – soit à partir du 5 mai prochain.
Le pape François est décédé ce lundi 21 avril 2025. Âgé de 88 ans, son état de santé fragile s’était aggravé. Son pontificat aura duré 12 ans un mois et huit jours au cours duquel le « Pape du Sud » sera allé aux confins du monde et aura activé une diplomatie axée sur la paix et le dialogue interreligieux. À cette occasion, nous vous proposons de réécouter l'émission Religions du Monde diffusée le 16 février dernier, sur la diplomatie du pape François, de Lampedusa à la RDC, l'Ukraine et le dialogue avec les musulmans : une émission dans laquelle Véronique Gaymard recevait François Mabille, auteur de Le Vatican, la papauté face à un monde en crise (Éditions Eyrolles).
Alors que le président américain Donald Trump entame son second mandat, le pape François multiplie les appels : plaidoyer pour les réfugiés, les migrants, la préservation de l’environnement… Il dénonce aussi le capitalisme financier et agressif des puissances occidentales, et veut replacer le rôle moral de l’Église sur les questions sociétales comme l’avortement ou la fin de vie.
Mais de quelle manière ce micro-État, qui a donc une nature à la fois religieuse et politique, peut-il peser face aux puissants ?
Invité : François Mabille, professeur de Sciences politiques, spécialiste des acteurs religieux dans les relations internationales, chercheur associé à l’Iris, où il dirige l’Observatoire géopolitique du religieux.
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Dimanche 20 avril, les chrétiens fêtent Pâques qui célèbre la résurrection du Christ, juste après la Semaine Sainte. Cette année 2025, la date de Pâques est commune à tous les chrétiens. Cette coïncidence des calendriers julien (orthodoxes) et grégorien (catholiques, protestants, anglicans…) se produit environ tous les cinq ans. Depuis plusieurs années, les Eglises notamment catholiques et orthodoxes tentent de se rapprocher, par des rencontres œcuméniques (de toutes les confessions chrétiennes).
Le pape François et le patriarche orthodoxe de Constantinople, Bartholomée Iᵉʳ, se sont rencontrés à plusieurs reprises. François a même annoncé en janvier 2025 que l’Église catholique était « disposée à accepter la date de Pâques que tous voudront faire, la date de l’unité », en cette année de jubilé (année sainte tous les 50 ans dans l’Église catholique) et de l’anniversaire des 1700 ans du Concile de Nicée (qui avait approuvé le Credo, la profession de la foi chrétienne, commune à tous).
► Reportages et décryptages auprès de catholiques et d’orthodoxes sur cette fête de Pâques qui constitue le cœur de la foi chrétienne.
Que signifie la notion de « civilisation judéo-chrétienne » ? C’est l’interrogation de l’historienne franco-tunisienne Sophie Bessis dans son essai qui vient de paraître La civilisation judéo-chrétienne. Anatomie d’une imposture (éditions Les Liens qui libèrent, 2025), dans lequel elle dénonce la récupération politique de cette expression apparue dans les années 1980 qui occulte deux millénaires d’antijudaïsme puis d’antisémitisme en Europe, qui exclut l’apport de l’Orient et qui efface l’islam des références culturelles.
Dans la réédition fin 2024 de son livre La double impasse. L’universel à l’épreuve des fondamentalismes religieux et marchands (éditons Riveneuve), Sophie Bessis analyse ces deux fondamentalismes qui veulent imposer une vision du monde exclusive et rigide, une lecture éclairante qui résonne dans la reconfiguration actuelle de l’ordre mondial.
► La civilisation judéo-chrétienne. Anatomie d’une imposture (Éditions Les Liens qui libèrent, 2025)
► La double impasse. L’universel à l’épreuve des fondamentalismes religieux et marchands (Éditions Riveneuve, réédité 2024) – Postface de Souleymane Bachir Diagne
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Quelle est la force spirituelle des musiques sacrées du monde ? Quel est leur pouvoir ? Dans cette émission, nous vous invitons à voyager à travers le monde en écoutant ces musiques où se croisent spiritualité, religion, culture et traditions, en compagnie de Gérard Kurkdjian, musicien, auteur du « Grand livre des musiques sacrées du Monde » paru en 2016 chez Albin Michel, et l’un des fondateurs du festival des musiques sacrées de Fès au Maroc qui existe depuis 1994, et de nombreux autres festivals, à Udaipur en Inde, à Erevan en Arménie, dont il est originaire.
Plongée dans la puissance spirituelle de la musique sacrée, avec notre grand invité, Gérard Kurkdjian.
Invité : Gérard Kurkdjian, musicien, spécialiste des musiques sacrées, co-fondateur du festival des Musiques Sacrées de Fès, auteur du « Grand Livre des Musiques Sacrées du Monde » (Éd. Albin Michel, 2016), « Méditations musicales : comment méditer avec les plus belles musiques du monde » (Éd. Dervy, 2019), « Abeilles de l’indicible – recueil de poésies » (Éd. Spinelle, 2021), « Raga de Nuit – Passions sur le Gange » (Éd. Spinelle, 2023), « L’Autre Monde – Poésies » (Éd. Complicités, 2024).
(Rediffusion)
Le ramadan s’achève pour les musulmans avec l’Aïd el-Fitr, selon le calendrier hégirien lunaire. Le ramadan est l’un des cinq piliers de l’islam, et commence à l’heure de la nouvelle lune (à Paris, le début avait été fixé au samedi 1er mars).
Un jeûne depuis l’aube jusqu’au coucher du soleil, sans manger ni boire, sans fumer, sans rapports charnels. Mais aussi et surtout pour se mettre en retrait, méditer, travailler sur soi et se tourner davantage vers Dieu et vers les plus nécessiteux.
Certains, au cours de ce mois sacré pour les musulmans, ont tenu à partager des repas de coupure du jeûne, au coucher du soleil, avec des représentants d’autres religions ou de simples citoyens, malgré le contexte international de guerre, notamment à Gaza.
Ramadan, entre recueillement et partage… Reportage en banlieue parisienne.
Reportage à Ris-Orangis, avec l’imam de la mosquée Mouloud El Ouassia et des fidèles de la mosquée, le rabbin de la synagogue Michel Serfaty qui avait organisé un iftar, avec le « couscous du rabbin ».
Reportage à Stains : repas citoyen / iftar sur le thème de la paix, en présence de représentants des cultes musulman, catholique, juif, protestant... et de nombreux citoyens de la ville.
Entretien avec Kahina Bahloul, l’une des rares femmes imames en France, sur la portée et la signification du ramadan dans le contexte de tension internationale.
En images
La chute du régime de Bachar el-Assad – dont le clan a exercé un pouvoir sanglant pendant 53 ans - a suscité beaucoup d’espoir parmi les habitants et les millions de réfugiés et de déplacés qui avaient fui les combats et les exactions.
14 ans après le début de la révolution syrienne en mars 2011, le pays est exsangue, avec plus de 6 millions de réfugiés qui avaient fui la guerre, plus de 8 millions de déplacés à l’intérieur du pays : une révolte contre la brutalité du régime qui s’est transformée en guerre civile, avec une répression sans merci par la dictature de Bachar el-Assad, l’émergence de groupes armés dont des djihadistes, un conflit qui en 14 ans a fait plus de 500 000 morts et des milliers de disparus.
Dans cette émission, nous nous focalisons sur la mosaïque confessionnelle qui caractérise la Syrie dans cette région complexe, pour tenter de comprendre ce qui se joue pour l’avenir du pays, après l’élan suscité par la chute du régime Assad, mais assombri par des massacres contre les alaouites ces dernières semaines.
Invité en studio :
Joseph Maïla, professeur de relations internationales à l’Essec (Paris), ancien recteur de l’Université catholique de Paris et ancien vice-doyen de la Faculté des Lettres et des Sciences humaines de l’Université Saint-Joseph de Beyrouth, ancien directeur de la Prospective du Quai d’Orsay (création du pôle « Religions » ).
Intervenants :
- Aghiad Ghanem, docteur en relations internationales à Sciences Po, Franco-syrien, spécialiste des alaouites
- Vincent Gelot, directeur Syrie-Liban pour l’Oeuvre d’Orient, auteur avec Edmond Baudouin de la BD « Syrie, des pierres et de la vie » (Éd. Gallimard BD, 2025).
Reportage dans la région de Lattaquié et Tartous / Mohamed Errami (correspondant de RFI en Syrie).
+ Sons d’archives / sonothèque de RFI.
Alors que le ramadan, l’un des cinq piliers de l’islam, marque ce mois sacré pour les musulmans, nous revenons sur une grande figure du soufisme, Jalal al-Din al-Rûmî, poète mystique musulman du XIIIè siècle (1207-1273), qui continue aujourd’hui encore à drainer des foules vers son mausolée à Konya, en Turquie, où il est enterré.
Jalal al-Din Mohammad Balkhi, connu comme Mevlana (ou Mawlana en persan) qui signifie le Maître, dit Rûmî (du pays de Rum, l’Anatolie au XIIIè siècle), fut un grand maître de l’islam spirituel et un très grand poète de la littérature persane. Il aurait composé plus de 60 000 vers, notamment après sa rencontre décisive avec un derviche errant, Shams de Tabrîz, - shams qui signifie soleil en persan - en qui Rûmî aurait trouvé l’incandescence de Dieu. Une quête et une expérience de l’amour divin, que Rûmî a déclinées dans d’innombrables écrits, dont le fameux « Mathnawi », une exégèse du Coran, et un véritable parcours spirituel.
Invités en studio :
Reportage de notre correspondante Anne Andlauer à Konya, en décembre 2024, lors des célébrations de l’anniversaire de la mort de Rûmî.
Extraits de l’interview réalisée à Istanbul avec Nur Artiran, maître soufie, fondatrice et présidente de la «Rûmi and Sefik Can Foundation for education and culture». La mission de Nur Artiran est de transmettre le message de Rûmi, celui de l’Amour inconditionnel. Autrice de Rûmî, l’épreuve de l’amour (traduit en français aux Éd. Bayard 2020).
Comment se reconstruire lorsqu’on a été victime d’agressions sexuelles par une personne représentant l’Église catholique, des actes irréparables et destructeurs ? C’est un processus long et douloureux, qui commence par l’écoute et la reconnaissance des violences subies. Pour la première fois, une journée mémorielle était organisée à Paris, le 1er mars 2025, entre jésuites de la Compagnie de Jésus, et victimes, agressées par des prêtres jésuites.
Ce temps mémoriel a été organisé collectivement, entre prêtres jésuites et personnes victimes d’agressions sexuelles de France et de Belgique, un collectif d’une douzaine de personnes dont certaines victimes sont restées murées dans le silence pendant plus de 30 ans, n’osant parfois que très récemment donner le nom de leurs agresseurs.
« Nous avons eu peur, nous avons eu honte », a déclaré une de ces personnes victimes, « aujourd’hui il faut que la peur et la honte changent de côté ».
Des témoignages forts et un partage d’émotions et de récits qui peuvent aider à la libération de la parole d’autres victimes.
Avec :
Victimes d’agressions sexuelles par des prêtres jésuites :
- Jean-Marc Turine (Belgique), auteur de « Révérends pères », paru en 2022 (Esperluète éditions), victime de prêtres jésuites qui étaient professeurs au Collège Saint-Michel, alors qu’il était jeune adolescent
- Christine (France), victime du prêtre jésuite Jean Fournier, lors de retraites spirituelles
- Beemal (Belgique), victime d’un prêtre en Belgique, Marc de Clercq, alors qu’il était enfant
- Roland (France), victime d’un prêtre jésuite en France alors qu’il était enfant, Louis Mouren (décédé en 1985), qui fut responsable de l’association « Les liens Brisés », dont la Compagnie de Jésus a lancé un appel à témoin en février 2025 pour tenter de retrouver d’éventuelles autres victimes.
Compagnie de Jésus :
- Thierry Dobbelstein, supérieur provincial des jésuites d’Europe occidentale francophone (France, Belgique, Grèce, Maurice)
- Agnès Delépine, laïque, responsable de la cellule écoute et prévention des abus (Compagnie de Jésus, Province d’Europe occidentale).
- Contact pour la cellule écoute en cas d’abus sexuels par des jésuites.
- Lien vers Lutte contre les abus sexuels : où en sont les jésuites ? - Jésuites.
- Fédération Protestante de France : numéro national (France) d’appel pour victimes et témoins de violences au sein du protestantisme (opérationnel depuis mars 2025): +33 1 80 52 33 89.
- Livre « Comprendre et lutter contre les violences en protestantisme » (publié mars 2025) : Comprendre et lutter contre les violences en protestantisme – Éditions Bibli'O.
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Religions du monde traite de l’actualité des religions et croyances autour du monde, de sujets de société, la recherche spirituelle, la religion sur Internet, les pratiques religieuses... Des…

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