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Or
Quelques jours après leur offensive sur la capitale du Nord-Kivu, les rebelles du M23 « renforcent leur emprise sur la ville à travers des patrouilles et des fouilles de domiciles », c’est ce que pointe le porte-parole des Nations unies, dont les propos sont repris par le site congolais Actualité CD. « Des actes de pillage et l’occupation de résidences privées par le groupe armé ont été signalés, ainsi que des tentatives de saisie de véhicules, y compris ceux appartenant à des organisations humanitaires – ce qui constitue une violation du droit humanitaire international », a-t-il poursuivi. Toujours selon les Nations unies, « la situation humanitaire dans la ville reste critique. Les morgues sont saturées et les établissements de santé dépassés par l’afflux de blessés, tandis que la population continue de dépendre de l’eau non traitée du lac Kivu, augmentant les risques de maladies. »
D’après un dernier bilan fourni par OCHA, le bureau des Affaires humanitaires de l’ONU, les combats ont fait au moins 3.000 morts.
« Goma enterre ses morts dans l’anonymat, des centaines de corps mis en terre hier mardi », titre par ailleurs Actualité CD. C’est « la Croix-Rouge qui a procédé à ces inhumations, précise le site congolais. Contrairement aux cérémonies traditionnelles, ces enterrements se sont déroulés en l’absence des familles. Beaucoup de victimes sont en effet enterrées dans l’anonymat. Certaines dépouilles ont été conservées dans les morgues débordées de la ville, tandis que d’autres gisaient sur les routes depuis plusieurs jours, en plus exposées aux intempéries. La Croix-Rouge a dû accélérer le processus d’inhumation pour éviter une catastrophe sanitaire. »
Les camps de déplacés se vident…L’envoyé spécial du Monde Afrique a pu se rendre aux abords de la ville. Il constate que « les populations, installées aux portes de Goma, quittent les camps où elles étaient venues se réfugier après le début de l’offensive rebelle lancée en 2021 », et ce sur ordre des rebelles du M23. Les déplacés doivent regagner leurs villages d’origine. Toutefois, « aucun accompagnement n’a été prévu par les nouvelles autorités, précise Le Monde Afrique. Les ONG et autres agences onusiennes, quant à elles, sont plongées comme tout le monde dans le flou d’un nouveau pouvoir encore évanescent. (…) Le Programme alimentaire mondial doit auparavant reconstituer ses stocks pillés aux trois quarts juste avant l’assaut final. »
Avant-hier lundi, pointe encore Le Monde Afrique, « le M23 a unilatéralement annoncé un “cessez-le-feu“ prenant effet le lendemain “pour des raisons humanitaires“. Une déclaration qui laisse perplexe, commente le journal, tant les trêves annoncées ont été peu respectées depuis trois ans. »
Arrogance d’un côté, aigreur de l’autre ?Sur le plan diplomatique, les présidents congolais et rwandais doivent se rencontrer ce week-end en Tanzanie lors d’un sommet extraordinaire conjoint de la Communauté des Etats d’Afrique de l’Est et de la Communauté de développement de l’Afrique australe.
Alphonse Maindo, professeur en sciences politiques à l’université de Kisangani, interrogé par le site Afrikarabia n’est guère optimiste… « Ces types de sommets sont organisés pour l’apparat, déclare-t-il. Les vraies décisions se prennent en dehors de ces forums, au téléphone ou quand les dirigeants se rencontrent en privé. Dans la situation actuelle, la blessure est encore trop fraîche pour que ce sommet puisse faire avancer les choses. Nous avons d’un côté, affirme encore Alphonse Maindo, l’arrogance des vainqueurs de Goma, et de l’autre, nous avons juste de l’aigreur et de la rancœur. Cela va demander un peu de temps et beaucoup de pressions internationales pour ramener les belligérants à la raison. »
Un peu d’eau dans son vin…L’Observateur Paalga à Ouagadougou s’interroge : « la grande question est de savoir si le Rwandais Paul Kagamé et le Congolais Félix Tshisekedi effectueront le déplacement de Dar-es-Salaam, eux qui depuis bien longtemps maintenant ne parviennent plus à s’asseoir autour de la même table. Il faut pourtant qu’ils se parlent, s’exclame le quotidien burkinabé, même si leurs relations sont devenues tellement exécrables qu’on se demande ce qui pourrait bien en sortir. Kigali tient à ce que Kinshasa discute directement avec le M23, ce à quoi Tshisekedi ne veut pas se résoudre, arguant qu’il ne saurait justement parler à ceux qu’il considère comme des terroristes. Il faudra bien pourtant que de part et d’autre chacun des protagonistes mette un peu d’eau dans son vin, martèle encore L’Observateur Paalga, si on veut donner une chance à la paix. Pour le moment, on en est encore loin, même si les armes se sont tuent momentanément. »
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Quelques jours après leur offensive sur la capitale du Nord-Kivu, les rebelles du M23 « renforcent leur emprise sur la ville à travers des patrouilles et des fouilles de domiciles », c’est ce que pointe le porte-parole des Nations unies, dont les propos sont repris par le site congolais Actualité CD. « Des actes de pillage et l’occupation de résidences privées par le groupe armé ont été signalés, ainsi que des tentatives de saisie de véhicules, y compris ceux appartenant à des organisations humanitaires – ce qui constitue une violation du droit humanitaire international », a-t-il poursuivi. Toujours selon les Nations unies, « la situation humanitaire dans la ville reste critique. Les morgues sont saturées et les établissements de santé dépassés par l’afflux de blessés, tandis que la population continue de dépendre de l’eau non traitée du lac Kivu, augmentant les risques de maladies. »
D’après un dernier bilan fourni par OCHA, le bureau des Affaires humanitaires de l’ONU, les combats ont fait au moins 3.000 morts.
« Goma enterre ses morts dans l’anonymat, des centaines de corps mis en terre hier mardi », titre par ailleurs Actualité CD. C’est « la Croix-Rouge qui a procédé à ces inhumations, précise le site congolais. Contrairement aux cérémonies traditionnelles, ces enterrements se sont déroulés en l’absence des familles. Beaucoup de victimes sont en effet enterrées dans l’anonymat. Certaines dépouilles ont été conservées dans les morgues débordées de la ville, tandis que d’autres gisaient sur les routes depuis plusieurs jours, en plus exposées aux intempéries. La Croix-Rouge a dû accélérer le processus d’inhumation pour éviter une catastrophe sanitaire. »
Les camps de déplacés se vident…L’envoyé spécial du Monde Afrique a pu se rendre aux abords de la ville. Il constate que « les populations, installées aux portes de Goma, quittent les camps où elles étaient venues se réfugier après le début de l’offensive rebelle lancée en 2021 », et ce sur ordre des rebelles du M23. Les déplacés doivent regagner leurs villages d’origine. Toutefois, « aucun accompagnement n’a été prévu par les nouvelles autorités, précise Le Monde Afrique. Les ONG et autres agences onusiennes, quant à elles, sont plongées comme tout le monde dans le flou d’un nouveau pouvoir encore évanescent. (…) Le Programme alimentaire mondial doit auparavant reconstituer ses stocks pillés aux trois quarts juste avant l’assaut final. »
Avant-hier lundi, pointe encore Le Monde Afrique, « le M23 a unilatéralement annoncé un “cessez-le-feu“ prenant effet le lendemain “pour des raisons humanitaires“. Une déclaration qui laisse perplexe, commente le journal, tant les trêves annoncées ont été peu respectées depuis trois ans. »
Arrogance d’un côté, aigreur de l’autre ?Sur le plan diplomatique, les présidents congolais et rwandais doivent se rencontrer ce week-end en Tanzanie lors d’un sommet extraordinaire conjoint de la Communauté des Etats d’Afrique de l’Est et de la Communauté de développement de l’Afrique australe.
Alphonse Maindo, professeur en sciences politiques à l’université de Kisangani, interrogé par le site Afrikarabia n’est guère optimiste… « Ces types de sommets sont organisés pour l’apparat, déclare-t-il. Les vraies décisions se prennent en dehors de ces forums, au téléphone ou quand les dirigeants se rencontrent en privé. Dans la situation actuelle, la blessure est encore trop fraîche pour que ce sommet puisse faire avancer les choses. Nous avons d’un côté, affirme encore Alphonse Maindo, l’arrogance des vainqueurs de Goma, et de l’autre, nous avons juste de l’aigreur et de la rancœur. Cela va demander un peu de temps et beaucoup de pressions internationales pour ramener les belligérants à la raison. »
Un peu d’eau dans son vin…L’Observateur Paalga à Ouagadougou s’interroge : « la grande question est de savoir si le Rwandais Paul Kagamé et le Congolais Félix Tshisekedi effectueront le déplacement de Dar-es-Salaam, eux qui depuis bien longtemps maintenant ne parviennent plus à s’asseoir autour de la même table. Il faut pourtant qu’ils se parlent, s’exclame le quotidien burkinabé, même si leurs relations sont devenues tellement exécrables qu’on se demande ce qui pourrait bien en sortir. Kigali tient à ce que Kinshasa discute directement avec le M23, ce à quoi Tshisekedi ne veut pas se résoudre, arguant qu’il ne saurait justement parler à ceux qu’il considère comme des terroristes. Il faudra bien pourtant que de part et d’autre chacun des protagonistes mette un peu d’eau dans son vin, martèle encore L’Observateur Paalga, si on veut donner une chance à la paix. Pour le moment, on en est encore loin, même si les armes se sont tuent momentanément. »
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