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Il y a 15 jours, la Cour des comptes sénégalaise rendait son verdict après dix mois d’audit : l’encours de la dette du pays représentait 99,67 % du PIB fin 2023 et le déficit budgétaire 12,3 % du PIB. Des chiffres bien plus élevés que ceux présentés par les anciennes autorités, sous la présidence de Macky Sall, au pouvoir jusqu’en avril 2024.
Alors, relève Le Soleil à Dakar, « si ces chiffres peuvent sembler éloignés du vécu des Sénégalais, ils traduisent pourtant des réalités tangibles : des hôpitaux qui manquent de médicaments, des écoles sans matériel de base et des infrastructures inachevées qui freinent le développement local. Le lien entre une gestion budgétaire insuffisante et la qualité de vie des populations est indéniable, et ce rapport de la Cour des Comptes vient rappeler que chaque erreur ou irrégularité dans l’utilisation des fonds publics se répercute directement sur les services sociaux et les conditions de vie des citoyens. »
La note souveraine dégradée…Conséquence de ce rapport : lundi, l’agence de notation Moody’s a dégradé la note souveraine du Sénégal pour la deuxième fois en quelques mois, l’abaissant à B3.
Le quotidien 24 Heures, toujours à Dakar, s’emporte contre ces agences internationales de notation… « Qui donne le droit à une agence occidentale biaisée de juger la solvabilité de pays dont elle ne contrôle ni les richesses ni l’avenir ? Les pays riches en or, en gaz, en pétrole, en fer, en uranium et en lithium tous classés à risque. Des pays riches en ressources considérés comme pauvres, tandis que ceux qui vivent de leurs richesses notés AAA. Quelle supercherie ! »
En tout cas, concrètement, précise le site d’information Seneplus, « cette dégradation de la note de crédit aura des répercussions majeures sur l’économie sénégalaise. L’accès au financement deviendra plus difficile, car le Sénégal devra faire face à des coûts d’emprunt plus élevés sur les marchés internationaux, ce qui pourrait limiter sa capacité à financer des projets d’infrastructure et des programmes sociaux essentiels. Les investissements étrangers risquent également de diminuer, une note plus basse pouvant dissuader les investisseurs, craignant une instabilité économique accrue et un risque de défaut de paiement. À court terme, relève encore Seneplus, le gouvernement devra probablement adopter des mesures d’austérité pour tenter de stabiliser les finances publiques. À moyen et long terme, des réformes structurelles seront nécessaires pour restaurer la confiance des investisseurs et remettre l’économie sur une trajectoire de croissance durable. »
Le gouvernement maintient la baisse des prixEn attendant, malgré sa faible marge de manœuvre, le gouvernement sénégalais a annoncé vendredi dernier une deuxième vague de baisse des prix des denrées de première nécessité.
Attention, prévient Walf Quotidien, « cocktail explosif pour l’industrie locale » : « si l’Etat n’accorde pas des subventions, il lui serait difficile d’obtenir de la part des entreprises une seconde baisse consécutive en sept mois. Ce qui pourrait être pour ces entreprises de l’agroalimentaire la dernière piqûre mortelle. (…) Vouloir demander à nouveau un effort à ces entreprises équivaudrait à tuer la vache et à ne plus avoir à la traire le lendemain pour se faire son petit lait. (…) Tout le monde se rappelle, pointe encore WalfQuotidien, du désarroi des meuniers, boulangers, huiliers, de la Compagnie sucrière sénégalaise, usines et autres producteurs agricoles, après les baisses de juillet qui avaient été mal digérées, au point que certains d’entre eux avaient carrément décidé d’arrêter leurs productions. Seront-ils encore les agneaux du sacrifice pour satisfaire l’amélioration du pouvoir d’achat des Sénégalais ? Mystère et boule de gomme. »
L’atout pétrolierPour en revenir à la situation économique globale du pays, elle « est compliquée, mais rien ne sert d’être alarmiste. » Des propos tenus dans les colonnes du Monde Afrique par Mamadou Lamine Ba, économiste spécialisé dans l’investissement. En effet, pointe le journal, « la Banque mondiale table sur une croissance de 9,7 % en 2025 au Sénégal. La puissance publique peut aussi se reposer sur une nouvelle manne financière : la compagnie pétrolière australienne Woodside a annoncé le 17 février la vente de 12,9 millions de barils de pétrole issus du champ de Sangomar entré en exploitation en juin dernier, pour des revenus estimés à 950 millions de dollars. L’État devrait en retirer entre 15 et 40 %. »
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Il y a 15 jours, la Cour des comptes sénégalaise rendait son verdict après dix mois d’audit : l’encours de la dette du pays représentait 99,67 % du PIB fin 2023 et le déficit budgétaire 12,3 % du PIB. Des chiffres bien plus élevés que ceux présentés par les anciennes autorités, sous la présidence de Macky Sall, au pouvoir jusqu’en avril 2024.
Alors, relève Le Soleil à Dakar, « si ces chiffres peuvent sembler éloignés du vécu des Sénégalais, ils traduisent pourtant des réalités tangibles : des hôpitaux qui manquent de médicaments, des écoles sans matériel de base et des infrastructures inachevées qui freinent le développement local. Le lien entre une gestion budgétaire insuffisante et la qualité de vie des populations est indéniable, et ce rapport de la Cour des Comptes vient rappeler que chaque erreur ou irrégularité dans l’utilisation des fonds publics se répercute directement sur les services sociaux et les conditions de vie des citoyens. »
La note souveraine dégradée…Conséquence de ce rapport : lundi, l’agence de notation Moody’s a dégradé la note souveraine du Sénégal pour la deuxième fois en quelques mois, l’abaissant à B3.
Le quotidien 24 Heures, toujours à Dakar, s’emporte contre ces agences internationales de notation… « Qui donne le droit à une agence occidentale biaisée de juger la solvabilité de pays dont elle ne contrôle ni les richesses ni l’avenir ? Les pays riches en or, en gaz, en pétrole, en fer, en uranium et en lithium tous classés à risque. Des pays riches en ressources considérés comme pauvres, tandis que ceux qui vivent de leurs richesses notés AAA. Quelle supercherie ! »
En tout cas, concrètement, précise le site d’information Seneplus, « cette dégradation de la note de crédit aura des répercussions majeures sur l’économie sénégalaise. L’accès au financement deviendra plus difficile, car le Sénégal devra faire face à des coûts d’emprunt plus élevés sur les marchés internationaux, ce qui pourrait limiter sa capacité à financer des projets d’infrastructure et des programmes sociaux essentiels. Les investissements étrangers risquent également de diminuer, une note plus basse pouvant dissuader les investisseurs, craignant une instabilité économique accrue et un risque de défaut de paiement. À court terme, relève encore Seneplus, le gouvernement devra probablement adopter des mesures d’austérité pour tenter de stabiliser les finances publiques. À moyen et long terme, des réformes structurelles seront nécessaires pour restaurer la confiance des investisseurs et remettre l’économie sur une trajectoire de croissance durable. »
Le gouvernement maintient la baisse des prixEn attendant, malgré sa faible marge de manœuvre, le gouvernement sénégalais a annoncé vendredi dernier une deuxième vague de baisse des prix des denrées de première nécessité.
Attention, prévient Walf Quotidien, « cocktail explosif pour l’industrie locale » : « si l’Etat n’accorde pas des subventions, il lui serait difficile d’obtenir de la part des entreprises une seconde baisse consécutive en sept mois. Ce qui pourrait être pour ces entreprises de l’agroalimentaire la dernière piqûre mortelle. (…) Vouloir demander à nouveau un effort à ces entreprises équivaudrait à tuer la vache et à ne plus avoir à la traire le lendemain pour se faire son petit lait. (…) Tout le monde se rappelle, pointe encore WalfQuotidien, du désarroi des meuniers, boulangers, huiliers, de la Compagnie sucrière sénégalaise, usines et autres producteurs agricoles, après les baisses de juillet qui avaient été mal digérées, au point que certains d’entre eux avaient carrément décidé d’arrêter leurs productions. Seront-ils encore les agneaux du sacrifice pour satisfaire l’amélioration du pouvoir d’achat des Sénégalais ? Mystère et boule de gomme. »
L’atout pétrolierPour en revenir à la situation économique globale du pays, elle « est compliquée, mais rien ne sert d’être alarmiste. » Des propos tenus dans les colonnes du Monde Afrique par Mamadou Lamine Ba, économiste spécialisé dans l’investissement. En effet, pointe le journal, « la Banque mondiale table sur une croissance de 9,7 % en 2025 au Sénégal. La puissance publique peut aussi se reposer sur une nouvelle manne financière : la compagnie pétrolière australienne Woodside a annoncé le 17 février la vente de 12,9 millions de barils de pétrole issus du champ de Sangomar entré en exploitation en juin dernier, pour des revenus estimés à 950 millions de dollars. L’État devrait en retirer entre 15 et 40 %. »
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