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Comme l'Afrique du Sud et l'Égypte, le Sénégal a connu cette année une fréquentation accrue de la part des touristes français (+18 % en 2025-2026). Ils se sont reportés vers les destinations africaines, face aux risques liés à la guerre au Moyen-Orient. Mais avec un million et demi de touristes en 2025, le Sénégal est loin de son objectif de 2 millions et demi de visiteurs annuels. Face à l'essoufflement du tourisme balnéaire, le pays de la Téranga veut diversifier son offre et sa clientèle.
Dans le tourisme depuis plus de 40 ans, Boubacar Sabaly, directeur général de l'hôtel Bougainvillées à Saly-Portudal, sur la Petite Côte, au sud de Dakar, observe que beaucoup d'hébergements balnéaires ont fermé. « Dans notre zone, nous avons perdu 2 000 lits. Nous avons eu la fermeture de l'hôtel Aldiana, 300 chambres, la fermeture également du Domaine de Nianing, 300 chambres, liste ce professionnel de l'hôtellerie. Nous avons perdu deux hôtels Savana, 216 chambres. Nous avons perdu l'hôtel Teranga, 75 chambres. Nous avons perdu également l'hôtel L'Espadon… Ça fait beaucoup. »
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Plus d'immersion culturelleDiversifier l'offre touristique du Sénégal est impératif, reconnaît Malick Mbaye, le secrétaire général de l'Agence sénégalaise de promotion touristique, et c'est l'objectif des États généraux du tourisme, qui se poursuivront jusqu'à la fin de l'année. « Le Sénégal est malheureusement positionné comme une destination "soleil d'hiver balnéaire", alors que le potentiel culturel que nous avons est beaucoup plus important que ce que nous avons sur le balnéaire, martèle-t-il. Et c'est ça qui fait l'originalité d'une destination. Les touristes d'aujourd'hui cherchent des expériences aussi bien sur la culture que sur la nature. Le Sénégal a un potentiel très important. »
Le Sénégal cherche à mieux vendre ses rendez-vous culturels, Festival de jazz et Fanal de Saint-Louis, Biennale de Dakar, Festival des minorités, mais aussi à promouvoir l'immersion des touristes dans la culture et le mode de vie sénégalais. Et c'est ce qu'Oumy Sall, directrice de production de l'agence sénégalaise Sahel Découverte, veut proposer de plus en plus aux tour-opérateurs. « Nous faisons découvrir Saint-Louis à travers des programmes immersifs. Pendant le festival de jazz, c'est le développement économique, social, touristique et culturel de Saint-Louis. Il y a aussi les îles du Saloum, où nous avons la possibilité de faire des ateliers d'initiation aux foyers améliorés, de plantation de la mangrove, décrit-elle. En Casamance, on propose des ateliers dans les rizières ou des ateliers de transformation de la noix de cajou. Même à Saly, réputée station balnéaire, on a de l'immersion, avec des ateliers de batik sur la plage et on fait découvrir comment se passent les mariages. »
Jeunes de la diasporaEn recevant les Jeux olympiques de la jeunesse dans un peu plus d'un mois, le Sénégal veut prouver qu'il peut accueillir des événements d'ampleur et développer le tourisme d'affaires, mais aussi miser sur l'appétit culturel des nouvelles générations de la diaspora africaine, avec, en projet avec l'Unesco, une future scénographie ludique des grands héros d'Afrique au musée Théodore Monod de Dakar. Une plateforme numérique « Le Sénégal en un clic » devrait d'ici la fin de l'année rassembler toute l'offre touristique du pays et mobiliser les influenceurs.
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Au Cameroun, la direction générale des douanes a collecté entre avril et début septembre 2026 1,8 milliard de FCFA (environ 2,7 millions d’euros) de droits de douanes et taxes sur des téléphones, tablettes et terminaux numériques importés, grâce au nouveau mécanisme de collecte en vigueur. Avant l’entrée en vigueur de la réforme, le dédouanement des téléphones approvisionnait les caisses de l’État d’à peine 100 millions de francs par mois. Ce mécanisme fait grincer les dents chez certains importateurs alors que la douane dit poursuivre des objectifs fiscaux, sécuritaires et économiques.
Avec notre correspondant à Yaoundé,
Le lieu-dit avenue Kennedy à Yaoundé grouille de monde. C’est le principal point de vente des téléphones portables importés au Cameroun. Seydou, un importateur de téléphones d’occasion, dit avoir quelques soucis avec le nouveau mécanisme de déclaration et de dédouanement : « On importe les téléphones d’occasion qui sont vendus ici entre 20 000 et 25 000 francs CFA. Ils sont dédouanés à l’aéroport, mais les douaniers n’enregistrent pas leur numéro de série. Quand on les vend aux clients, ils reviennent nous dire qu’ils reçoivent tout le temps des messages qu’on va bloquer leurs téléphones. »
Depuis le 1er avril dernier, les prix des téléphones ont augmenté selon ce revendeur. « Les clients ne sont pas intéressés à acheter les téléphones non dédouanés, mais ils ne peuvent pas non plus payer le prix des téléphones dédouanés. Donc cela nous cause beaucoup de préjudices », témoigne Gérard Fontem. Ce dernier vend désormais ses téléphones plus chers, pour certains les prix ont presque doublé, passant de 45 000 à 85 000 francs CFA.
« Ceux qui estiment que le prix du téléphone a augmenté, ce sont ceux qui ne payaient pas »De 68 euros à 129 euros environ, pour Paul Olivier Libii, inspecteur principal des douanes et point focal de la réforme à la direction générale des douanes à Yaoundé, les importateurs sont loin d'être asphyxiés : « Ceux qui estiment que le prix du téléphone a augmenté, ce sont ceux qui ne payaient pas [leurs taxes], parce que pour ceux qui payaient sur la base de la valeur transactionnelle à 66 %, le prix du téléphone va plutôt diminuer. Mais ceux qui ne payaient pas utilisaient le droit de douane comme variable d'ajustement pour mettre à mal ceux qui payaient. Le nouveau mécanisme va venir mettre tout le monde au même niveau. »
Ce nouveau mécanisme n’est pas une nouvelle taxe, mais plutôt un nouveau système de collecte qui est fondé sur la digitalisation, soutient Paul Olivier Libii : « La valeur transactionnelle a été divisée par quatre, voire par sept. Nous avons huit catégories de collecte qui vont de 5 000 à 400 000 francs CFA. Ensuite le taux global est passé de 67 % à 33,33 %, donc ce sont des méthodes de facilité. » Environ cinq millions de téléphones échappaient encore au système, des téléphones qui seront retrouvés, promettent les services des douanes.
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Le commerce entre pays africains progresse, mais l’intégration économique du continent reste confrontée à un problème très concret : faire circuler les marchandises plus rapidement et à moindre coût. En Afrique de l’Ouest, le corridor Abidjan-Lagos permet de mesurer ces avancées. Les procédures se numérisent, les temps de passage diminuent à certains postes-frontières.
Plus de 1 000 kilomètres de route et plusieurs postes-frontières jalonnent cet axe stratégique, avec des temps de passage encore très variables. Malgré ces difficultés, les échanges intra-régionaux entre le Nigeria et la Côte d’Ivoire ont progressé de plus de 20 % l’an dernier. La progression est également marquée avec le Togo.
Des temps de traversée plus courts contribuent à rendre le corridor plus compétitif. « Plus qu’une route, c’est une colonne vertébrale », résume Youssouf Sangaré. Cet enseignant-chercheur travaille depuis 25 ans sur la digitalisation des corridors commerciaux. « Il concentre plus de 75 % des activités commerciales de la Cédéao et relie des aires majeures comme Abidjan, Accra, Lomé, Cotonou et Lagos. Nous sommes passés d'une vision purement infrastructurelle à une vision de corridors économiques intégrés ».
Le corridor Abidjan-Lagos représente une part majeure du commerce régional et constitue également un terrain d’expérimentation pour la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf), notamment sur les règles d’origine et les tarifs préférentiels.
Les frontières restent le principal point de frictionPour Paul Akandé, chargé de programme à la Commission de la Cédéao, le corridor peut servir de modèle à l’échelle régionale. « La Cédéao, en tant qu’organisation régionale, facilite ce processus. Elle est en discussion sur le réseau routier qui relie Abidjan à Lagos, avec éventuellement une évolution vers le ferroviaire. Ce sont aussi ces initiatives qui permettent d’accélérer les échanges et le trafic entre les pays traversés par ce corridor. C’est donc un très bon modèle. »
Le principal obstacle à la compétitivité du corridor reste toutefois ce que les spécialistes appellent les « coûts de friction » : les dépenses supplémentaires, les pertes financières et les retards logistiques provoqués par les obstacles sur les routes et aux frontières.
Une récente étude menée par l’Organisation du Corridor Abidjan-Lagos (OCAL) montre que les temps de traversée observés sur une dizaine de postes-frontières vont de 2 à 47 heures. L’étude relève également la persistance de barrages routiers, notamment au Nigeria, ainsi que des paiements informels signalés par près des trois quarts des chauffeurs routiers interrogés.
De fortes disparités entre les postes-frontièresLa situation s’améliore néanmoins, estime Youssouf Sangaré, notamment grâce à la digitalisation des procédures : « Le système interconnecté de gestion des marchandises en transit de la Cédéao progresse. Les déclarations répétitives à chaque frontière, ce que j’appelle ici les coûts de friction, se réduisent. Un chargeur ivoirien n’a plus à tout recommencer à zéro à chaque poste-frontière, comme c’était le cas il y a dix ans. »
Mais l’interconnexion reste encore incomplète. À Noé-Elubo, entre la Côte d’Ivoire et le Ghana, la ressaisie manuelle des informations constitue toujours un point de friction. L’OCAL présente le poste de Noé-Elubo comme celui ayant enregistré la baisse la plus nette de son temps de passage : il serait passé d’environ 27 heures à 10 heures.
Les performances restent en revanche beaucoup plus contrastées ailleurs sur le corridor. C’est notamment le cas à Kraké, entre le Nigeria et le Bénin, ou encore à Kodjoviakopé, à la frontière entre le Togo et le Ghana.
Les investissements directs étrangers (IDE) reçus par un pays profitent-ils à son économie et à ses habitants ? Ce n'est en tout cas pas une évidence comme le montre l'exemple guinéen. La Guinée est arrivée en tête des IDE reçus l'année dernière, en Afrique. Le pays a reçu plus de 7,7 milliards de dollars, une somme essentiellement liée au lancement de la mine de fer de Simandou.
Le projet gigantesque de mine de fer de Simandou a connu une accélération en 2025 avant d'entrer en production en novembre. Mais l'achat d'équipement et les gros travaux de construction du chemin de fer et du terminal portuaire de Moribaya n'ont pas profité aux entreprises locales, explique Oumar Barry Totiya, directeur de l'Observatoire guinéen des mines et métaux : « Simandou, c'est surtout des acteurs étrangers qui ont capté ces investissements, la construction des rails et du port a bénéficié à des entreprises chinoises, les travaux d'ingénierie lourde dans la mine ont profité à des entreprises portugaises ».
Le secteur guinéen a hérité lui de quelques contrats de sous-traitance dans le domaine de la sécurité, de la restauration et de petits travaux de terrassement. Mais c'est loin d'être assez pour Chérif Mohamed Abdallah Haïdara, président du Groupe organisé des hommes d'affaires (GOHA) international : « Moi personnellement, je n'ai rien reçu, ni un marché, ni une proposition, ni un courrier d'invitation [à répondre à un marché], et je ne suis pas le seul. Nous invitons donc l'État à nous appuyer pour que les compagnies étrangères ne soient pas les seules à profiter. Nous ne les rejetons pas, mais si dans presque tous les domaines ce sont eux qui récupèrent les marchés, c'est compliqué »
Une économie nationale encore en retrait face à l’ampleur des investissementsTous les constats se rejoignent : la capacité de l'économie guinéenne à capter les investissements étrangers est encore trop faible. Le secteur bancaire est tout aussi concerné, explique l'économiste Bella Bah : « Si vous prenez les sept milliards de dollars d'investissements directs étrangers, à peine un milliard a été viré sur les comptes en Guinée. La Guinée est un pays qui vit de l'importation, avoir un important flux de devises nous permet de valoriser le franc guinéen et cela a un impact sur le prix des produits importés comme le riz, la farine et le sucre. »
Avoir suffisamment de devises permet notamment d'éviter tout retard de paiement, et de livraison, un facteur de stabilité des prix sur les marchés locaux. Bella Bah précise qu'il reste entre 13 et 15 milliards de dollars à investir dans le cadre du projet Simandou et espère qu'ils profiteront beaucoup plus à l'économie guinéenne.
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Le secrétaire d’État américain aux Affaires africaines, Franck Garcia, s’est rendu le 6 septembre dernier sur le chantier du futur aéroport international de Bishoftu, à une quarantaine de kilomètres d’Addis-Abeba. Une visite durant laquelle Washington a pu manifester son intérêt pour la méga-infrastructure, qui sera à terme le plus grand aéroport d’Afrique. L’occasion, aussi, de se positionner face au concurrent chinois.
De notre correspondante à Addis-Abeba,
Depuis la pose de la première pierre du futur aéroport en janvier 2026, les États-Unis et la Chine se livrent une bataille d’influence autour du financement du méga projet. Coût total estimé : plus de 12 milliards de dollars.
D’après Abdou Rahim Lema, politiste à l’université d’Ottawa et spécialiste des relations Chine-Afrique, Pékin, premier investisseur étranger en Éthiopie, a une longueur d’avance : « Ce n'est pas surprenant que la Chine soit en train de s'impliquer. Elle a déjà financé et construit beaucoup de projets. Aussi bien des projets d'infrastructures, mais aussi pour la transition énergétique, et aujourd'hui elle porte un discours sur les infrastructures digitales. Donc, l'implication de la Chine en Éthiopie est quand même bien ancrée. »
En avril, la Banque de Chine s’est entretenue avec Ethiopian Airlines et le ministère éthiopien des Finances. Des discussions similaires ont eu lieu un mois plus tôt, à Pékin, cette fois avec la Banque d'import-export et la Banque de développement de Chine. Mais les États-Unis, de leur côté, ne sont pas en reste, affirme Mesfin Tasew Bekele, PDG d’Ethiopian Airlines : « Le gouvernement des États-Unis nous a fait savoir qu'il soutenait ce projet », assure-t-il.
L'Éthiopie se positionne à l'international« La U.S. Development Finance Corporation (DFC) et l'Exim Bank ont également apporté leur soutien et ont commencé à travailler sur le dossier. Elles procèdent actuellement à l'évaluation du projet et à l'examen des études de faisabilité », poursuit le patron. Il affirme également que des banques commerciales américaines telles que JP Morgan et Citibank ont aussi commencé à travailler sur le projet d’aéroport. « L'intérêt des États-Unis est donc considérable », met en avant Mesfin Tasew Bekele.
Le département d’État américain a en effet confirmé à RFI « étudier la possibilité de soutenir le projet grâce aux instruments de financement du gouvernement ». Ce partenariat vise à prioriser une collaboration technique : le département d’État souligne que « les entreprises américaines sont synonymes de haute qualité et de normes de sécurité […] comme en témoignent les partenariats de longue date entre Ethiopian Airlines et Boeing ».
Pour Abdou Rahim Lema, cette guerre commerciale montre la position stratégique d'Addis-Abeba à l'international. « L'importance de l'Éthiopie fait que tous ces pays voudraient quand même avoir leur mot à dire, si on peut le dire de la sorte, et prendre une place au sein du processus de développement du pays. Parce qu’il est certain que ne pas s'impliquer voudrait dire qu'on est en train de perdre du terrain », analyse le chercheur. D’autres pays ont manifesté leur intérêt pour l’aéroport. D’après Mesfin Tasew Bekele, le Royaume-Uni, l’Allemagne et la France se sont aussi positionnés.
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Avec un objectif de 26 millions de visiteurs en 2030, année de la Coupe du monde de football coorganisée avec l’Espagne et le Portugal, le Maroc affiche des ambitions touristiques parmi les plus élevées au monde. Le royaume attire chaque année près de trois millions de visiteurs supplémentaires.
L'attractivité du Maroc semble pour l'heure résister aux crises géopolitiques. Les prix des billets d'avion à destination du royaume ont même baissé malgré l'augmentation du prix du kérosène. Au premier semestre 2026, la croissance du nombre de visiteurs a toutefois légèrement ralenti, passant d'une progression à deux chiffres à une croissance à un chiffre. Les recettes touristiques ont, elles, bondi de 15 %. Achraf Fayda, directeur général de l'Office national marocain du tourisme (ONMT), se félicite du maintien de cette dynamique : « Malgré le contexte géopolitique global qui a ralenti un petit peu cette croissance, on est passé d'une croissance à double chiffre à une croissance à un seul chiffre. Mais on est content quand même de pouvoir maintenir la croissance tout en sachant que les recettes sont en train de croître à double chiffre, chose qui nous rassure quant à notre capacité de pouvoir attirer dans un contexte relativement fragile et difficile. »
Pour Vanguelis Panayotis, président du cabinet MKG spécialisé dans le tourisme et l'hôtellerie, cette performance est le résultat d'une stratégie planifiée sur le long terme, accompagnée d'importants investissements en amont de la Coupe du monde 2030 : « Ça permet de donner une impulsion. On voit qu'on a beaucoup de choses qui sont faites dans la santé, dans les transports, avec cette connexion en train grande vitesse qui part de Marrakech et qui remonte sur Casablanca, Rabat, détaille-t-il. Ce sont des éléments structurants qui permettent de mettre en marché de façon touristique une destination et de ne plus avoir uniquement une ou deux destinations phares comme peut l'être Marrakech, mais de permettre le développement et l'irrigation économique sur l'ensemble du territoire de cette opportunité d'activité touristique. »
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L'Espagne, un point de vigilance depuisUne ombre au tableau tout de même : les événements de Ceuta, fin juillet. Des dizaines de milliers de migrants ont tenté d'entrer illégalement dans l'enclave espagnole, à pied ou à la nage depuis le Maroc. S'en est suivie une crise diplomatique entre Rabat et Madrid.
Les réservations des touristes espagnols pour l'automne accusent depuis un net recul, selon Vanguelis Panayotis : « La clientèle espagnole faisait partie des clientèles qui étaient parmi les plus fortes augmentations. Là, effectivement, on l'observe, il y a un coup d'arrêt parce qu'il y a ce contexte-là, admet l'expert. S'il ne perdure pas et que les choses se normalisent, on est assez confiant que dans un an, tout ça sera loin derrière tout le monde. »
L'Office national marocain du tourisme ne confirme pas cette baisse des réservations espagnoles et mise sur la diversification des marchés et des destinations. « Presque 70 % du chiffre est concentré sur trois destinations, donc trois destinations et trois expériences, explique Achraf Fayda. D'ici 2030, on veut évoluer vers les douze régions qu'on veut mettre en avant, des destinations touristiques, et dix expériences. »
Dernier exemple de cette stratégie : Dakhla, au Sahara occidental, qui attire bon nombre de kitesurfeurs français depuis l'ouverture d'une liaison aérienne directe il y a un an.
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À la campagne comme à la ville, les gony malagasy, ces grands sacs tissés en polypropylène, sont devenus des objets du quotidien. Ils servent aujourd’hui à transporter et stocker toutes sortes de récoltes. Ces sacs sont fabriqués et commercialisés localement depuis 50 ans par une entreprise familiale qui n'a cessé de s’adapter pour rester leader sur le marché de l’océan Indien.
De notre correspondante à Antananarivo,
Dans l’immense hangar d’Enduma, les métiers à tisser tournent à plein régime. Ces machines tubulaires à six trames produisent 24/24, dans un vacarme assourdissant. Il y a quelques minutes, ce n’étaient encore que de minuscules granulés de plastique. Les voilà transformés en sacs. Des sacs devenus familiers dans tout le pays. « Notre sac emblématique, c'est le "Miaka-bokatra", explique ce salarié. Littéralement, "la pleine saison". C'est le sac qu'on trouve un peu partout à Madagascar, qui marque le commencement de la saison des récoltes du riz, du paddy, qui donne une image à Madagascar. »
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Des sacs au rythme des récoltes malgachesDécorés d’une charrette tirée par deux zébus, ces grands gony blancs peuvent transporter jusqu’à 250 kilos de denrées. À l’origine, ils ont été conçus pour remplacer les sacs en jute, plus lourds et perméables. Ils sont depuis devenus incontournables dans l’industrie, mais plus encore auprès des agriculteurs. Aujourd’hui, 75 % du chiffre d’affaires d’Enduma est réalisé à Madagascar, principalement pendant les saisons agricoles.
« Il y a une utilisation industrielle qui nous fait travailler tout au long de l'année, pour des filières comme l'agroalimentaire, comme les industries minières, comme les industries de chaux, de farine, de ciment, du sel, etc. Ensuite, il y a également une utilisation du gony malgache dans l'agriculture ; nous accompagnons les différentes filières agricoles dans leur saison de récolte, explique Hassanein Hiridjee, le petit-fils du fondateur et PDG du groupe Trimeta, avec un début d'année dédié principalement au riz, puis à la campagne de vanille, de grains secs, de pois du Cap, de sel. Et donc c'est cet enchaînement de filières agricoles à Madagascar qui permet à notre division agricole de pouvoir fournir et s'adapter aux filières tout au long de l'année. »
Plus les récoltes sont bonnes, plus l’entreprise vend de sacs. Sa croissance est intimement liée à la santé de l’agriculture malgache, à la météorologie et à ses effets de bord.
Concurrence des sacs asiatiquesComme beaucoup d’industries du pays, Enduma doit également composer avec les coupures d’électricité récurrentes. Autre difficulté : l’importation massive de copies asiatiques (en provenance de Chine et d'Inde) de sacs tissés, de qualité inférieure, dépourvus de traçabilité et de certificat de « contact alimentaire », vendus, évidemment, moins chers. Pour faire face à cette concurrence, l’entreprise a décidé de diversifier ses activités. « Là, nous sommes dans l'atelier de transformation recyclage, poursuit Hassanein Hiridjee, ici, ce sont des déchets issus de la production, dus à des problèmes de courant, dus à des changements de trames, de bobines, etc. Nous pouvons ensuite retransformer ces déchets propres en granules qui redeviennent des matières premières, utilisées pour la plupart pour faire des bassines, des seaux, ce genre de choses. »
Enduma fêtera ses 50 ans à la fin de l’année. Toujours 100 % familiale, l’entreprise aspire à changer d’échelle. Et elle mise sur son gony pour accélérer son développement régional et exporter son savoir-faire malgache vers l’océan Indien et le continent africain.
À écouter dans Un jour au villageÀ Madagascar, produire des semences locales adaptées au climat et améliorer la sécurité alimentaire
124 milliards de dollars : c’est le montant des transferts d’argent qui ont été effectués vers l’Afrique en 2025. C’est une hausse de 86 % par rapport à il y a 10 ans, révèle une étude du Fonds international de développement agricole (Fida) publiée en ce début de semaine. Cinq pays (Égypte, Nigéria, Maroc, Éthiopie, Kenya) reçoivent les trois quarts des transferts. Cependant d’autres régions, l’Afrique de l’Ouest en particulier, ont enregistré un boom important.
Dans la Goutte-d'Or à Paris pullulent les officines de transfert d’argent. Dans cette petite boutique de la rue Doudeauville, le guichet ne désemplit pas. Les habitudes sont rodées. Pièce d’identité, numéro de téléphone, Mohamed sort un billet de 50 euros. Il transfère chaque mois de l’argent vers le Sénégal. « Pas beaucoup d’argent », estime-t-il. Pour ce boucher, arrivé il y a 10 ans à Paris, la question de faire des transferts d’argent à la famille ne se pose même pas. « Il y a des gens au bled qui sont malades. On envoie de l'argent pour des médicaments. C'est ça le but. S'il y a des problèmes, ils nous le disent et [on essaie] de régler ça. C'est un peu dur mais on les soutient parce qu'on est là pour eux. On travaille pour la famille », témoigne Mohamed.
Les flux d’argent de la diaspora en Afrique de l’Ouest ont explosé ces dernières années. +65 % au Sénégal, +417 % en Côte d’Ivoire. Plusieurs raisons à cela, selon Luc Kpenou, consultant en systèmes de paiement et service digital. « Le mobile money, forcément, a ramené de la proximité. On n'est plus limité simplement au fait qu’on n'est pas bancarisé. Et la faiblesse des agences bancaires a été remplacée par le maillage des distributeurs de mobile money qui sont un peu partout. Donc déjà, cette proximité, cette facilité d'usage est vraiment l'un des critères les plus importants », explique l’expert. Autre facteur, la concurrence qui s’est faite dans la région.
« C'est plutôt un facteur stabilisateur »« Plusieurs acteurs ont été obligés de réajuster leur modèle économique pour s'aligner un peu sur les nouveaux entrants qui sont venus et qui étaient quand même assez agressifs en termes de tarification. Ça a été profitable pour les usagers. Quand le transfert coûte moins cher, forcément vous avez tendance à transférer un peu plus et plus souvent », poursuit Luc Kpenou. Autre facteur, les corridors de travailleurs saisonniers dans la région qui dynamisent ces flux financiers.
Ces transferts d’argent représentent parfois près d’un quart du PIB des États, c’est le cas aux Comores, par exemple, en Gambie ou au Liberia. Pour Frédéric Ponsot, expert du Fida, cette dépendance aux flux de la diaspora n’est pas une fragilité. « C'est plutôt un facteur stabilisateur, assure-t-il. Dans le même temps, comme vous le savez, l'aide au développement a beaucoup diminué. Et puis les investissements directs étrangers sont assez erratiques. Quelles que soient les crises économiques, 2007, Covid… On a constaté en fait qu’au moment où il y a des crises, des crises économiques, ce qui se passe, c'est que les migrants, quelle que soit la situation dans laquelle ils se trouvent, ils regardent la situation dans laquelle leurs familles se trouvent et ils font les sacrifices nécessaires », détaille Frédéric Ponsot.
Reste le défi de l’interopérabilité – car l’essentiel des flux migratoires sont intra-africains. Il s’agit de fluidifier les envois entre pays et de faire baisser les coûts des transferts d’argent. Ils atteignent en moyenne 7 % et font du continent la région la plus chère dans le domaine.
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À Maurice, le secteur des centres d’appels et de l’externalisation traverse une zone de turbulences. Concentrix, l’un des principaux opérateurs présents dans l’île, vient d’annoncer son intention d'arrêter ses activités. Une décision qui ravive les inquiétudes sur l’avenir d’un secteur important pour l’emploi et l’économie mauricienne, confronté à des difficultés structurelles et à une concurrence internationale accrue.
Avec notre correspondant à Port-Louis,
En six ans, Concentrix dit avoir perdu sept de ses principaux clients et ses effectifs sont passés de 870 à moins de 320 salariés. Pour les syndicats, le cas de cette entreprise intervient dans un contexte où les suppressions de postes se multiplient dans les centres d’appels. Reaz Chuttoo, président de la Confédération des travailleurs des secteurs public et privé et représentant syndical des employés du secteur, estime que le phénomène mérite désormais une réponse des autorités. « Depuis quelques temps, on remarque que des travailleurs, surtout dans des centres d’appels, sont sujets à des comités disciplinaires ou sont forcés de quitter leur travail. Auparavant, on le voyait avec des compagnies qui employaient moins de 100 personnes, mais là, ce qu’on voit avec Concentrix confirme nos doutes », alerte-t-il.
Une partie de l’explication se trouve au-delà des frontières mauriciennes. Le marché français est très important pour les opérateurs de l’île mais de nouveaux règlements dans l’hexagone interdisent désormais du démarchage commercial non-sollicité et cela pourrait rendre certaines prestations à distance moins attractives.
Comment repositionner l'industrie mauricienne ?Pour les professionnels du secteur, cette vulnérabilité ne s’explique toutefois pas uniquement par la demande française. Jenny Chan, présidente de l’Outsourcing and Telecommunications Association of Mauritius (OTAM), qui représente les centres d’appels, identifie plusieurs facteurs qui pèsent désormais sur les opérateurs : « Les difficultés qu’ont évoquées Concentrix, notamment la pénurie de talents, la hausse des coûts d’exploitation, la compétitivité internationale et surtout l’impact de l’IA... Ce sont des défis auxquels sont confrontés de nombreux opérateurs dans ce secteur, surtout dans le domaine des BPO ».
L’enjeu est donc de repositionner l’industrie mauricienne plutôt que de miser uniquement sur son avantage historique de coût et sur une main-d’œuvre relativement qualifiée. L’OTAM préconise de renforcer la productivité grâce aux nouvelles technologies, de faciliter l’accès aux compétences étrangères et de développer des services numériques à plus forte valeur ajoutée : « Ce qu’il faut faire pour éviter d’autres départs, c’est premièrement renforcer la compétitivité-coût de Maurice et surtout la productivité, et c’est là où également l’IA peut nous aider. Il faut aussi, pour pallier la pénurie de talent, faciliter l'accès aux talents étrangers spécialisés, surtout lorsque les compétences ne sont pas disponibles localement. Et surtout, en troisième lieu, c’est surtout accélérer notre montée en gamme vers des services numériques à plus forte valeur ajoutée. »
Le gouvernement assure avoir engagé des discussions avec les représentants du secteur afin d’identifier des mesures de soutien. Pour les syndicats, la priorité est de limiter l’impact social des restructurations. Reaz Chuttoo réclame un mécanisme pour une mise en relation plus rapide des salariés licenciés avec les entreprises qui recrutent.
Le sommet international de l’espace à Paris a été l’occasion pour les acteurs de se réunir. Les géants du secteur (Airbus, Thales, Amazon etc.) étaient présents. Mais pas question pour le continent africain de rester à l’écart. De fortes délégations africaines ont fait le déplacement. En jeu : beaucoup de réseaux et parfois des contrats.
Un protocole d’accord a été par exemple signé entre la start up Leoblue et l’Agence sénégalaise d’études spatiales pour une solution d’alerte précoce. Cette solution doit apporter une réponse à des problématiques très concrètes : alerte aux pêcheurs en haute mer pour prévenir une tempête, gestion des foules pour la sécurité urbaine lors de grands événements, information sur une urgence sanitaire... Sous la coupole du Grand Palais, Yaya Silla se réjouit. Il est à la tête de Sah Analytics International – une entreprise ivoirienne qui propose des solutions autour de l'analyse des données spatiales. Pour lui, il n’y a pas de doute, il fallait être présent. « Vous voyez l'engouement qu'il y a autour. Cet engouement, ce n’est pas pour rien », lance-t-il enthousiaste. Il est important pour lui que des investissements soient réaliser pour permettre de faire des contrepoids aux géants comme Starlink en développant des produits dans le Sud et en Afrique.
Dans le domaine, la Côte d’Ivoire, le Rwanda mais aussi le Sénégal ont engagé un développement important du secteur. Maram Kaire, le directeur général de l'Agence sénégalaise d'études spatiales, plaide pour une approche globale. « Nous sommes dans une dynamique à long terme et ça passe par plusieurs actions. D'abord, la mise en place des infrastructures. Il faut que les infrastructures existent et que les jeunes qui s'intéressent au secteur spatial puissent le faire dans leur propre pays. Deuxièmement, il faut que les jeunes puissent être formés au niveau national. Et il s'agit maintenant de programmes spatiaux : développer des satellites avec ces infrastructures, de pouvoir le faire sur place. Donc, c'est tout un ensemble », détaille-t-il. « Nous ne cherchons pas une action ponctuelle - lancer un satellite par exemple - nous cherchons à créer toute une nation spatiale », résume Maram Kaire.
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Rationnaliser les budgets, coordonner les intiativesDifficile pour des économies parfois contraintes. Pour le Dr Tidiane Ouattara, le président du conseil de l’Agence spatiale africaine, l’effort d’investissement devrait être réparti dans les différents ministères. « On pense qu'il faut prioriser l'espace à part et qu'il faut un budget à part. Je dis non. Il faut regarder cela de façon sectorielle et thématique », partage-t-il. « Si par exemple, la problématique de l'eau est une priorité pour un pays, ils vont trouver les moyens pour financer le secteur de l'eau. Mais le secteur de l'eau ne peut aller de l'avant qu'avec des données fiables, avec des infrastructures et des équipements fiables. C'est en cela que l'espace vient contribuer », poursuit-il rappelant les domaines d’application multiples (transport urbain, pollution marine, érosion côtière, agriculture etc). « L'espace n'est pas une fin en soi. L’espace est un moyen pour aider les décideurs à aller dans le bon sens dans leurs domaines respectifs. L'espace n'est pas une chose à part qu'il faut financer. Il faut le financer à l'intérieur des programmes de façon structurée », assure-t-il.
Difficile pour des économies parfois contraintes. « Pour un pays qui n'a pas beaucoup de moyens, je pense que la chose importante, ce serait de de former des ingénieurs pour pouvoir traiter les images et datas qui sont gratuites et accessibles à tous, comme Copernicus », estiome Sekou Ouedraogo à la tête de l’African Aeronautics & Space Organisation. Pour le Dr Tidiane Ouattara, le président du conseil de l’Agence spatiale africaine, l’effort d’investissement devrait être réparti dans les différents ministères. « On pense qu'il faut prioriser l'espace à part et qu'il faut un budget à part. Je dis non. Il faut regarder cela de façon sectorielle et thématique », partage-t-il. « Si, par exemple, la problématique de l'eau est une priorité pour un pays, ils vont trouver les moyens pour financer le secteur de l'eau. Mais le secteur de l'eau ne peut aller de l'avant qu'avec des données fiables, avec des infrastructures et des équipements fiables. C'est en cela que l'espace vient contribuer », poursuit-il, rappelant les domaines d’application multiples (transport urbain, pollution marine, érosion côtière, agriculture, etc.). « L'espace n'est pas une fin en soi. L’espace est un moyen pour aider les décideurs à aller dans le bon sens dans leurs domaines respectifs. L'espace n'est pas une chose à part qu'il faut financer. Il faut le financer à l'intérieur des programmes de façon structurée », assure-t-il.
Surtout, il est important que les États africains travaillent ensemble. La coordination, l’une des missions de Tidiane Ouattara. « L'Angola, cette année, a signé un accord avec l'Afrique du Sud. L’Angola est très puissant en télécommunications par satellite, mais s’est lancé dans l'observation de la Terre. Or, l'Afrique du Sud est très forte en observation de la Terre. Les deux vont se compléter pour éviter des duplications. Et l'Égypte a signé un protocole d'accord avec beaucoup d'autres. Le Rwanda, pareil », donne-t-il en exemple, même s’il concède que ces partenariats sont encore « timides ». « On n'a pas le choix de faire cela. Parce qu’un seul pays, un seul individu ne peut pas aborder l'espace qui est multidimensionnel et qui coûte cher », insiste-t-il. Charge également aux États de se rendre attractifs aux acteurs privés, en présentant précisément leurs besoins, et ainsi proposer des réalisations concrètes aux populations propose encore Sekou Ouedraogo.
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