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Des tresses pour affirmer un statut social, son appartenance à un groupe ethnique. Des nattes pour dire ses émotions, pour communiquer. Les coiffures ancestrales parlaient, transmettaient des messages. Mais à partir du XVème siècle, quand les Africains ont été kidnappés et réduits en esclavage, puis avec la colonisation ils ont été contraints de rompre avec leurs traditions et leurs habitudes culturelles, notamment capillaires.
Afrique mémoires d’un continent s’intéresse cette semaine à la portée sociologique du cheveu afro, et le rapport au cheveu afro à travers les époques.
Avec la participation de :
- Juliette Sméralda, sociologue, autrice de « Peau noire cheveu crépu, l’histoire d’une aliénation » (éd. Jasor) et de « Cheveux d’appoint. Perruques, tissages, rajouts, de l’Égypte antique à nos jours » (éd. Assamala)
- Nsibentum, « cheveutologue ».
*********************************************************
Kpénahi Traoré : Qu'est-ce qui a mis fin aux pratiques séculaires que les Africains noirs avaient en rapport avec leurs cheveux ?
Juliette Sméralda : L'Africain avait ce qu'on appelle un temps culturel, consacrait à ses cheveux un temps culturel qui était très long. Ça veut dire que pour coiffer, démêler, recoiffer, sa coiffure pouvait demander jusqu'à plusieurs heures. Dans les lieux de déportation, l'Africain est considéré comme un meuble. Il est utilisé plus de 12 h, parfois 16 h en période de récolte par les esclavagistes qui n'ont aucun égard pour son hygiène corporelle. D'ailleurs, ils mettent beaucoup de temps avant de répondre à leur demande d'accessoires pour entretenir justement leurs cheveux, puisque le peigne afro n'a pas suivi la trajectoire des déportés. Pendant longtemps, le début de la colonisation et l'esclavagisme, les Africains auront le temps de se sentir sales, d'autant qu'on leur a montré que leur peau noire était pour les blancs symbole de saleté, etc. Donc petit à petit, le cheveu pousse et est en très mauvais état. On sait que ça va être un élément qui inscrira chez l'Africain un complexe, une perte de l'estime de soi. Parce que ils ont eu le temps de voir se dégrader leur corps, leur rapport à leur corps.
By RFI5
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Des tresses pour affirmer un statut social, son appartenance à un groupe ethnique. Des nattes pour dire ses émotions, pour communiquer. Les coiffures ancestrales parlaient, transmettaient des messages. Mais à partir du XVème siècle, quand les Africains ont été kidnappés et réduits en esclavage, puis avec la colonisation ils ont été contraints de rompre avec leurs traditions et leurs habitudes culturelles, notamment capillaires.
Afrique mémoires d’un continent s’intéresse cette semaine à la portée sociologique du cheveu afro, et le rapport au cheveu afro à travers les époques.
Avec la participation de :
- Juliette Sméralda, sociologue, autrice de « Peau noire cheveu crépu, l’histoire d’une aliénation » (éd. Jasor) et de « Cheveux d’appoint. Perruques, tissages, rajouts, de l’Égypte antique à nos jours » (éd. Assamala)
- Nsibentum, « cheveutologue ».
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Kpénahi Traoré : Qu'est-ce qui a mis fin aux pratiques séculaires que les Africains noirs avaient en rapport avec leurs cheveux ?
Juliette Sméralda : L'Africain avait ce qu'on appelle un temps culturel, consacrait à ses cheveux un temps culturel qui était très long. Ça veut dire que pour coiffer, démêler, recoiffer, sa coiffure pouvait demander jusqu'à plusieurs heures. Dans les lieux de déportation, l'Africain est considéré comme un meuble. Il est utilisé plus de 12 h, parfois 16 h en période de récolte par les esclavagistes qui n'ont aucun égard pour son hygiène corporelle. D'ailleurs, ils mettent beaucoup de temps avant de répondre à leur demande d'accessoires pour entretenir justement leurs cheveux, puisque le peigne afro n'a pas suivi la trajectoire des déportés. Pendant longtemps, le début de la colonisation et l'esclavagisme, les Africains auront le temps de se sentir sales, d'autant qu'on leur a montré que leur peau noire était pour les blancs symbole de saleté, etc. Donc petit à petit, le cheveu pousse et est en très mauvais état. On sait que ça va être un élément qui inscrira chez l'Africain un complexe, une perte de l'estime de soi. Parce que ils ont eu le temps de voir se dégrader leur corps, leur rapport à leur corps.

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