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Or


Henry Laurens
Chaire Histoire contemporaine du monde arabe
Collège de France
Leçon inaugurale : Histoire du monde arabe contemporain
Date : 11 mars 2004
Résumé
Il y a plus d'un quart de siècle, alors que jeune chercheur je commençais mon travail sur les sociétés arabes contemporaines, faisait rage la controverse, relancée par Edward Said, sur la façon dont l'Occident avait créé dans des buts impérialistes la notion d'Orient. La domination imposée de l'extérieur serait relayée par un discours faisant des sociétés arabes et musulmanes des entités figées dans leur essence, dont le seul devenir positif nécessitait une intervention extérieure bénévolente chargée de les remettre dans le bon sens d'une évolution historique définie par d'autres. Il en était ainsi des disciplines à prétention scientifique comme de l'ensemble des représentations littéraires et artistiques concernant l'Orient.
Theodor Berchem
Chaire annuelle Européenne (2003-2004)
Collège de France
Leçon inaugurale : Tradition et progrès. La mission de l'Université
Date : 15 janvier 2004
Résumé
L'avenir de l'université a été, dès la création des premiers établissements au XIIe siècle, un sujet d'actualité qui a eu par la suite des conjonctures différentes. Depuis plusieurs années, on assiste à des impulsions importantes et nouvelles. D'une part, il s'agit de faire face aux changements fondamentaux intervenus suite aux événements de 1968 c'est-à-dire ouverture, démocratisation, université de masse… selon les interprétations des uns et des autres. D'autre part, l'internationalisation, notamment la comparaison internationale mais aussi la concurrence internationale, oriente les débats sur l'avenir de l'université.
Michael Edwards
Chaire Étude de la création littéraire en langue anglaise (2001-2008)
Collège de France
Leçon inaugurale : Étude de la création littéraire en langue anglaise
Date : 11 décembre 2003
Résumé
« Comme vous le savez, le projet directeur de la chaire est l'étude de la création littéraire. Cette approche est celle qui me vient spontanément, comme elle peut venir à qui, écrivant poèmes ou proses, est amené à s'interroger sur la source de ses écrits, sur les rapports les plus secrets entre sa vie et son œuvre, sur la modalité souvent énigmatique de son acte d'écrire, sur ce qui lui arrive et sur ce qui arrive au monde dès qu'il entre dans le domaine légèrement autre d'une parole en formation… »
Michael Edwards
Jayant Vishnu Narlikar
Chaire annuelle Internationale (2002-2003)
Collège de France
Leçon inaugurale - Jayant Vishnu Narlikar : Faits et spéculations en Cosmologie
Date : 20 novembre 2003
Résumé
Après avoir présenté une vision historique des efforts de l'homme pour comprendre l'Univers, la seconde partie de cette leçon passe en revue les aspects factuels et spéculatifs de la cosmologie moderne. Cette leçon commence par une description de l'histoire des essais entrepris par l'homme pour comprendre l'Univers. Les anciennes civilisations avaient leurs mythologies, entièrement spéculatives. Au fur et à mesure des progrès de la science, on a ressenti de plus en plus le besoin d'appuyer les spéculations sur des faits d'observation. Ainsi des théories hautement hypothétiques (comme l'anti-Terre des pythagoriciens, les orbites circulaires aristotéliciennes, ou les épicycles ptolémaïques) ont dû être abandonnées, parce qu'elles étaient contredites par les faits d'observation, de plus en plus nombreux, du fait de l'amélioration des techniques.
Un pas majeur dans la compréhension du cosmos a été fait au XVIIe siècle, avec la loi newtonienne de la gravitation. Bien que son point de départ ait été très intuitif, très spéculatif, plusieurs de ses applications à l'Univers ont été des succès, et ont assis sa crédibilité, en tant que théorie scientifique. Ainsi a-t-elle expliqué les mouvements de la Lune et des planètes, a-t-elle permis de prévoir le passage de la comète dite aujourd'hui de Halley, de découvrir la planète Neptune, etc. Un autre exemple de succès en astrophysique est la théorie de la structure interne des étoiles et de leur évolution, qui explique les propriétés observées des étoiles, ainsi que cela a été maintes fois vérifié. En vérité, une théorie scientifique doit, pour être acceptable, avoir subi des vérifications répétées de ses prévisions. Comment la cosmologie moderne se comporte-t-elle face à une telle épreuve ?
La cosmologie moderne date réellement de 1929, et de la découverte par Edwin Hubble de l'expansion de l'Univers. Mais, quelques années auparavant, Alexandre Friedmann avait proposé des modèles d'Univers, qui expliquaient une telle expansion, et qui conduisirent à la conclusion que l'Univers avait trouvé son origine dans une explosion gigantesque, ce qu'on appelle le « Big Bang ». Dans les années 40, George Gamow et ses jeunes collègues, Ralph Alpher et Robert Herman avaient extrapolé les modèles de Friedmann vers les époques les plus anciennes, alors que l'Univers était extrêmement chaud et en très rapide expansion. Ils ont pu expliquer l'origine des éléments légers trouvés dans l'Univers, synthétisés dans les quelques 2 à 3 minutes après le big bang. Alpher et Herman ont aussi prédit l'existence d'un rayonnement fossile de fond de ciel, signature en quelque sorte de cette époque extrêmement chaude. Un tel rayonnement a de fait été découvert ensuite en 1965. Ces travaux peuvent être vus comme des succès essentiels de cette cosmologie et lui ont conféré une incontestable crédibilité. Les travaux ultérieurs se sont concentrés sur l'étude de l'Univers des premiers instants, remontant à une… micro-micro-micro-micro-micro-micro seconde après le big bang. À ces époques, la nature de la physique est inconnue, et invérifiable. L'Univers lui-même ne peut être observé directement par les méthodes de l'astronomie. De plus les évènements supposés avoir alors eu lieu ne peuvent être répétés. Si bien que la prétention d'avoir obtenu quelque succès dans ces récentes recherches repose seulement sur un certain nombre d'hypothèses très spéculatives, qui ne peuvent qu'à grande peine satisfaire aux exigences que l'on est en droit d'imposer à une théorie scientifique.
Pierre-Louis Lions
Chaire Équations aux dérivées partielles et applications
Collège de France
Leçon inaugurale - Pierre-Louis Lions : Équations aux dérivées partielles et applications
Date : 22 mai 2003
Résumé
En quelques décennies, les simulations numériques sont devenues un outil privilégié dans de nombreux domaines scientifiques (physique, chimie, mécanique, météorologie, sciences de l'ingénieur, finance) et secteurs industriels (aéronautique, spatial, automobile, nucléaire, etc.). Elles ont pour but de reproduire par le calcul le comportement d'un système décrit par un modèle, très souvent constitué d'équations aux dérivées partielles. Une simulation numérique consiste à « résoudre ces équations » grâce aux ordinateurs.
Stuart Edelstein
Chaire annuelle Internationale (2002-2003)
Collège de France
Leçon inaugurale : Les mécanismes de la transduction du signal en biologie
Date : 27 février 2003
Résumé
« Mes recherches ont souvent touché à la génétique humaine et comme tous les chercheurs dans ce domaine, je suis très impressionné par le séquençage récent de notre patrimoine génétique. Aujourd'hui marque exactement cinquante ans depuis la découverte de la double hélice par Watson et Crick. Les 2,9 milliards de paires de bases sont maintenant largement déchiffrés et ont révélés quelques 31 000 gènes. On peut concevoir cette information comme la vaste partition d'un orchestre de 31 000 instruments qui jouent sans chef, ni musiciens. Chaque instrument se met à jouer lorsqu'il reçoit un signal, au moment approprié, venu d'un autre instrument. Quand les instruments jouent ainsi en harmonie, une biologie joyeuse est perçue. Les dissonances, en revanche, sont à l'origine de troubles pathologiques. Comme pour cet orchestre virtuel, la vie à tous les niveaux dépend de la réception de signaux et de leur transduction en actions physiologiques. Les biologistes n'ont pas encore compris dans tous les détails les mécanismes de la transduction du signal, mais plusieurs principes clés ont été dégagés… »
Stuart Edelstein
Mireille Delmas-Marty
Études juridiques comparatives et internationalisation du droit (2003-2011)
Collège de France
Année 2002-2003
Leçon inaugurale - Mireille Delmas-Marty : Études juridiques comparatives et internationalisation du droit
Date : 20 janvier 2003
Résumé
En associant une méthode – les études comparatives – à un processus en cours – l'internationalisation du droit –, cette chaire s'inscrit dans l'avenir, si incertain soit-il. Certes les événements présents soulignent tragiquement l'absence d'un véritable ordre juridique mondial : le système de sécurité collective de la Charte des Nations unies a montré sa fragilité et le droit n'a pas su désarmer la force. Mais à l'inverse la force ne peut empêcher cette extension du droit, sans précédent dans l'histoire, au point qu'aucun État ne saurait durablement s'en affranchir. Il n'est plus possible aujourd'hui de méconnaître la superposition de normes – nationales, régionales et mondiales –, ni la surabondance d'institutions et de juges – nationaux et internationaux –, à compétence élargie. Ces réalités nouvelles font évoluer le droit vers des systèmes interactifs, complexes et fortement instables. Plus que d'une défaite du droit, c'est peut-être d'une mutation qu'il s'agit, une mutation de la conception même de l'ordre juridique.
Edouard Bard
Collège de France
Chaire Évolution du climat et de l'océan
Année 2021-2022
Leçon inaugurale : Évolution du climat et de l'océan
Date : 7 novembre 2002
Résumé
Prononcée en 2002 à l'occasion de l'ouverture de la chaire Évolution du climat et des océans, la leçon inaugurale d'Edouard Bard n'a rien perdu de son actualité. Elle nous rappelle que le réchauffement climatique est une préoccupation de longue date d'une partie de la communauté scientifique, qui disposait déjà depuis des décennies de données nombreuses et étayées. À travers une description de l'histoire du climat, l'auteur croise les approches complémentaires de la paléoclimatologie, de l'océanographie et de la géologie pour mieux analyser et contextualiser le réchauffement global que subissent aujourd'hui le climat et les océans. Ce texte précurseur résonne comme un avertissement qui vient faire écho aux préoccupations contemporaines face aux grands enjeux climatiques de notre époque.
Christine Petit
Chaire Génétique et physiologie cellulaire (2001-2020)
Collège de France
Leçon inaugurale : Génétique et physiologie cellulaire
Date : 10 octobre 2002
Résumé
La physiologie du système auditif, en particulier celle des premiers relais de traitement des signaux sonores, est assez bien comprise. En revanche, les mécanismes cellulaires et moléculaires qui la sous-tendent échappaient encore à toute caractérisation, au début des années 1990. L'approche génétique que le laboratoire de la Professeure Christine Petit en proposa, a permis d'en initier le déchiffrage. Cette recherche adossée à l'identification des gènes dont l'atteinte est responsable de formes précoces de surdité chez l'homme, se développe sous la forme d'études multidisciplinaires. Elle éclaire les bases moléculaires de la formation et du fonctionnement de l'organe sensoriel auditif, notamment de ses cellules sensorielles ainsi que la pathogénie d'un vaste ensemble de surdités héréditaires du sujet jeune. Elle est aussi à l'origine de la découverte de nouvelles propriétés physiologiques du système auditif. L'objectif de la recherche s'est élargi depuis peu à l'élucidation de la pathogénie de la presbyacousie, surdité neurosensorielle liée à l'âge, et à une approche thérapeutique du syndrome Usher. Les cours de Christine Petit portent sur le système auditif, son fonctionnement et ses dysfonctionnements.
Pierre Rosanvallon
Chaire Histoire moderne et contemporaine du politique (2001-2018)
Collège de France
Année 2001-2002
Leçon inaugurale - Pierre Rosanvallon : Histoire moderne et contemporaine du politique
Date : 28 mars 2002
Résumé
Mon ambition est de penser la démocratie en reprenant le fil de son histoire. Mais il est tout de suite nécessaire de préciser qu'il ne s'agit pas seulement de dire que la démocratie a une histoire. Il faut considérer plus radicalement que la démocratie est une histoire. L'objet de l'histoire conceptuelle du politique est ainsi de suivre le fil des expériences et des tâtonnements, des conflits et des controverses, à travers lesquels la cité a cherché à prendre forme légitime. En retraçant la généalogie longue des questions politiques contemporaines, il s'agit de reconstruire la façon dont des individus et des groupes ont élaboré leur intelligence des situations, de repérer les récusations et les attractions à partir desquelles ils ont formulé leurs objectifs, de retracer la manière dont leur vision du monde a borné et organisé le champ de leurs actions. C'est pour cela une histoire qui a pour fonction de restituer des problèmes plus que de décrire des modèles. L'histoire ainsi conçue est le laboratoire en activité de notre présent, et non pas seulement l'éclairage de son arrière-fond. L'attention aux problèmes contemporains les plus brûlants et les plus pressants ne peut se dissocier pour cette raison d'une méticuleuse reconstruction de leur genèse.
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