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Or


Il y a cinquante ans, le 24 mars 1976, l’Argentine basculait dans la nuit. Un coup d’État militaire renversait la présidente Isabel Perón et installait une junte dirigée par le général Jorge Rafael Videla. Commençait alors ce que les militaires appelaient le « Processus de réorganisation nationale » : une dictature qui allait durer jusqu’en 1983 et faire près de 30 000 disparus, selon les organisations de défense des droits humains.
Arrestations clandestines, torture systématique, exécutions, vols de bébés, disparitions forcées — un système de terreur pensé pour effacer toute trace.
Au cœur de ce dispositif répressif, un lieu est devenu symbole : l’Escuela de Mecánica de la Armada, l’ESMA.
Officiellement École de mécanique de la Marine, en plein Buenos Aires. Officieusement, l’un des plus grands centres clandestins de détention et de torture du pays. Environ 5 000 personnes y auraient transité. La plupart n’en sont jamais revenues.
Aujourd’hui, l’ESMA est un site de mémoire. Un lieu de transmission, d’archives, de pédagogie. Mais cette mémoire est de nouveau contestée. Depuis l’arrivée au pouvoir du président Javier Milei, les politiques publiques de mémoire sont fragilisées, les financements réduits, et certains discours relativisent, voire nient, l’ampleur des crimes de la dictature.
Alors, que représente l’ESMA dans l’histoire argentine ?
Comment un lieu de terreur devient-il un lieu de mémoire ?
Pourquoi la bataille autour du passé est-elle redevenue si vive aujourd’hui ?
Pour en parler, nous recevons deux grandes spécialistes de ces questions, les historiennes et chercheuses Marina Franco et Claudia Feld, qui publient « Crimes contre l'humanité à ESMA. Anatomie d'un centre de détention clandestin en Argentine (1976-1983) », Éd. Anamosa.
Invitées :
Pendant longtemps, la Chine a raconté au monde une histoire simple : celle d’un pays qui sortait de la pauvreté, qui s’ouvrait au commerce, et qui retrouvait peu à peu sa place dans la mondialisation. Mais aujourd’hui, le récit a changé. La Chine ne parle plus seulement de développement ou de puissance. Elle parle de civilisation sous l’impulsion de Xi Jinping.
Pékin affirme que la Chine n’est pas simplement un État parmi d’autres, mais l’héritière d’une civilisation vieille de plusieurs millénaires, dotée de ses propres valeurs, de sa propre vision de l’ordre politique et de sa propre conception de l’harmonie sociale. Dans ce récit, la Chine aurait traversé les siècles sans rupture, et le pouvoir actuel serait le dépositaire d’une continuité historique et culturelle unique.
Comment la longue durée de la civilisation chinoise s'articule-t-elle avec celle, plus courte, de la nation, et dont l'histoire repose aussi sur des silences?
Que fait ce récit des épisodes les plus sensibles, comme le Massacre de la place Tiananmen ?
Comment intégrer la figure de Mao Zedong, à la fois fondateur de la Chine populaire et responsable de catastrophes humaines majeures ?
Et surtout, ce récit civilisationnel ne concerne pas seulement le passé.
Il s’inscrit dans un affrontement idéologique contemporain : Pékin contestant de plus en plus ouvertement l’universalité des valeurs politiques défendues par l’Occident. Ce récit civilisationnel est-il un projet de puissance ?
Un instrument de cohésion nationale ?
Ou le début d’une bataille mondiale des modèles politiques ?
Pour cette troisième émission en partenariat avec l’INALCO, l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales et son programme DECRIPT portant sur les transformations du système international et les effets politiques et institutionnels de ces récits civilisationnels qui ont émergé sur la scène mondiale.
Invités
Nous vivons dans une économie mondialisée où les capitaux circulent plus vite que les lois, où les entreprises peuvent choisir leur résidence fiscale presque comme on choisit un siège social sur une carte, et où les États, eux, restent ancrés dans des territoires, avec des budgets à équilibrer, des services publics à financer et des opinions publiques de plus en plus sensibles aux inégalités.
La fiscalité est devenue l’un des champs de bataille centraux de la compétition internationale. Entre États qui baissent leurs impôts pour attirer les multinationales, territoires qui prospèrent en organisant l’optimisation fiscale, cabinets spécialisés dans l’ingénierie de l’évasion, et organisations internationales qui tentent d’imposer des règles communes, le système fiscal mondial ressemble de plus en plus à un jeu sans arbitre.
Les États-Unis occupent une place singulière dans ce paysage. À la fois promoteurs de règles internationales via l’Organisation de coopération et de développement économiques, l'OCDE, et défenseurs assumés de leurs intérêts nationaux, ils utilisent aussi l’arme douanière comme instrument stratégique. Sous la présidence de Donald Trump, les hausses différenciées de droits de douane ont redessiné les rapports de force commerciaux, dans une logique mêlant allègement fiscal intérieur, réindustrialisation et sanctions ciblées.
En Europe, la question est tout aussi brûlante : concurrence fiscale interne, poids des « paradis fiscaux » au sein même de l’Union, difficulté à taxer les géants du numérique comme Google, Apple ou Amazon, tensions entre souveraineté nationale et intégration communautaire.
Alors, assistons-nous à un désordre fiscal mondial ? Ou à la recomposition d’un nouvel ordre où la fiscalité devient un instrument assumé de puissance ?
Pour cette édition en partenariat avec la revue Questions internationales, « Le désordre fiscal international », nos invités :
Deux semaines, qu’a démarré l’attaque israélo-américaine sur l’Iran. Pour l’Union européenne qui, depuis la pandémie de 2020, fonctionne sur le mode de la permacrise -la crise permanente- la guerre en Iran apporte une nouvelle salve de risques sécuritaires, énergétiques et économiques. Ce conflit oblige l’UE à accélérer sa réflexion sur sa place dans le monde et ses méthodes.
Une réflexion déjà engagée avec la guerre en Ukraine et le retour d’un Donald Trump hyper-agressif à la Maison Blanche. Des voix s’élèvent pour demander une Union européenne plus en phase avec les changements rapides qui se produisent. Une Union plus affirmée à même d’incorporer les questions de sécurité dans l’ensemble de ses moyens stratégiques et de ses politiques. Quelle voie pour l’Europe dans la guerre au Moyen-Orient ?
Invités :
Tension toujours aussi forte au Moyen-Orient : États-Unis, Israël et Iran sont entrés dans une dangereuse phase de confrontation directe, qui s’est étendue aux États du Golfe et au Liban. Cette escalade accroît le risque d’une guerre régionale plus large et pourrait entraîner d’autres acteurs -dont les pays européens- dans le conflit. Le point sur les derniers développements, les calculs stratégiques de chacun des acteurs et les possibles implications pour la région et au-delà.
Invités :
Plus d’une semaine que l’attaque sur l’Iran a démarré. Les fronts se multiplient, l’opération monte en intensité. La guerre d’Iran impacte l’économie mondiale au-delà du pétrole. Et le bien-fondé du conflit devient un vrai sujet aux États-Unis.
Invités :
L’attaque américano-israélienne sur l’Iran met fin à un tabou. Pendant de nombreuses années, les USA ont refusé d’intervenir malgré ce qui les oppose à l’Iran depuis plusieurs décennies. Longtemps, les USA ont combattu l’Iran de manière indirecte à travers des sanctions, des actions clandestines, des opérations cyber et des proxys armés. Mais, ils ont toujours évité d’attaquer le pays.
La réticence avait une logique : la crainte de représailles iraniennes, le risque de choc pétrolier et surtout la conscience que l’escalade est plus difficile à arrêter qu’à initier. Ce qui a changé, c’est cet alignement de planètes, avec le Premier ministre Benyamin Netanyahu. Israël qui, depuis quatre décennies, a la volonté d’en découdre avec l’Iran. Peut-on parler de convergence d’intérêts entre Washington et Tel Aviv ?
Un pari militaire risqué autant pour les Américains que pour les Israéliens.
Invités :
Les frappes menées par les USA et Israël contre des cibles iraniennes marquent un tournant majeur dans la confrontation avec l’Iran. Téhéran a riposté dans les heures qui ont suivi, visant non seulement Israël mais également des installations américaines dans plusieurs pays du Golfe. La décision de recourir à la force pose une série de questions stratégiques. Les USA ont-ils estimé que la diplomatie était arrivée à son terme ?
Ont-ils sous-évalué la probabilité d’une riposte régionale ? Au-delà des frappes et des représailles, c’est l’équilibre stratégique du Moyen-Orient qui est en jeu, avec des risques élevés d’escalade militaire.
Invités :
Nous vivons dans une économie mondialisée où les capitaux circulent plus vite que les lois, où les entreprises peuvent choisir leur résidence fiscale presque comme on choisit un siège social sur une carte, et où les États, eux, restent ancrés dans des territoires, avec des budgets à équilibrer, des services publics à financer et des opinions publiques de plus en plus sensibles aux inégalités.
La fiscalité est devenue l’un des champs de bataille centraux de la compétition internationale. Entre États qui baissent leurs impôts pour attirer les multinationales, territoires qui prospèrent en organisant l’optimisation fiscale, cabinets spécialisés dans l’ingénierie de l’évasion, et organisations internationales qui tentent d’imposer des règles communes, le système fiscal mondial ressemble de plus en plus à un jeu sans arbitre.
Les États-Unis occupent une place singulière dans ce paysage. À la fois promoteurs de règles internationales via l’Organisation de coopération et de développement économiques, l'OCDE, et défenseurs assumés de leurs intérêts nationaux, ils utilisent aussi l’arme douanière comme instrument stratégique. Sous la présidence de Donald Trump, les hausses différenciées de droits de douane ont redessiné les rapports de force commerciaux, dans une logique mêlant allègement fiscal intérieur, réindustrialisation et sanctions ciblées.
En Europe, la question est tout aussi brûlante : concurrence fiscale interne, poids des « paradis fiscaux » au sein même de l’Union, difficulté à taxer les géants du numérique comme Google, Apple ou Amazon, tensions entre souveraineté nationale et intégration communautaire.
Alors, assistons-nous à un désordre fiscal mondial ? Ou à la recomposition d’un nouvel ordre où la fiscalité devient un instrument assumé de puissance ?
Pour cette édition en partenariat avec la revue Questions internationales, « Le désordre fiscal international », nos invités :
Le 24 février 2022, la Russie lançait ce que le Kremlin continue d’appeler une « opération militaire spéciale » contre l’Ukraine. Quatre ans plus tard, la guerre s’est installée dans la durée, les lignes de front se sont figées par endroits, durcies ailleurs, et le conflit est devenu un fait structurant de l’ordre international.
Cette guerre, elle ne se joue pas seulement sur le terrain militaire. Elle se joue aussi sur le terrain des mots, des images, des récits. Deux narrations radicalement opposées s’affrontent.
Pour Kiev, il s’agit d’une guerre d’agression, coloniale, impériale, visant à nier l’existence même de la nation ukrainienne.
Pour Moscou, il s’agit d’une guerre défensive, existentielle, provoquée par l’expansion de l’OTAN, destinée à « protéger » les populations russophones et à corriger ce que Vladimir Poutine considère comme une erreur historique majeure : l’indépendance de l’Ukraine.
Derrière ces récits, des visions du monde.
Derrière ces visions, une lecture de l’histoire.
Et derrière cette lecture, un projet politique.
Quelle conception de la Russie, de son identité, de son rapport à l’Empire et à l’Occident a conduit Vladimir Poutine à déclencher cette guerre ?
Quel est le récit dominant produit par le Kremlin pour la justifier et pour en soutenir le prolongement ?
Comment ces récits varient-ils selon les publics : opinion russe, pays occidentaux, Sud global, membres des BRICS ?
Et surtout : comment distinguer un récit politique — toute guerre en produit — d’une entreprise de désinformation structurée ?
Dans ce conflit, l’absurde semble parfois le disputer au fatal.
Mais rien n’est laissé au hasard : la production du récit est organisée, institutionnalisée, stratégique. Car c’est bien au nom d’une vision politique et historique que Vladimir Poutine et quelques autres ont déclenché cette guerre.
Pour cette deuxième émission en partenariat avec l’INALCO, l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales et son programme DECRIPT portant sur les transformations du système international et les effets politiques et institutionnels de ces récits civilisationnels qui ont émergé sur la scène mondiale,
Invités :
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Géopolitique parcourt les grandes régions du monde auxquelles sont associés des enjeux majeurs. Marie-France Chatin invite au débat chercheurs et experts, afin que soient expliqués et mis en…
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