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Or


Le 4 avril 2025, la Une du magazine britannique The Economist a été très remarquée . On y voyait en gros plan un Donald Trump vociférant sous l’œil d’un Xi Jinping au sourire impénétrable pour illustrer cette petite phrase : « N’arrêtez jamais votre ennemi quand il est en train de commettre une erreur... »
Depuis le début de la guerre lancée contre l’Iran par Israël et les États-Unis, le 28 février 2026, la Chine observe avec beaucoup de retenue les tensions autour du détroit d’Ormuz, et le piège dans lequel Donald Trump s’est enferré. À l’inverse d’un président américain qui change d’avis en permanence, insulte ses alliés, promet d’anéantir la civilisation iranienne, et déclenche une crise énergétique qui affecte toute la planète, le président chinois renforce son image de dirigeant responsable, réaffirme ses liens avec l’Iran sans lui apporter officiellement d’aide militaire directe, dénonce un monde régi par la loi de la jungle et reçoit avec les honneurs à Pékin aussi bien le Premier ministre espagnol Pédro Sanchez, virulent critique de Donald Trump, que le prince héritier d’Abou Dhabi, alors que les Émirats arabes unis essuient des attaques iraniennes après chaque frappe américaine…
Alors quels bénéfices économiques, stratégiques et politiques, la Chine espère-t-elle tirer de la situation chaotique dans le golfe ? Peut-on dire que la Chine sort gagnante de cette guerre menée contre l’Iran ?
Avec
- Emmanuel Véron, géographe, spécialiste de la Chine contemporaine, chercheur associé au centre de géopolitique de HEC
- Didier Chaudet, géopolitologue spécialiste de l’Iran, de l’Afghanistan, du Pakistan et de la politique chinoise au Moyen-Orient et en Asie du Sud, co-fondateur de l'Observatoire de la Nouvelle Eurasie.
À écouter aussiChine: la patience selon Xi Jinping
Ils sont devenus depuis 2022 l’emblème de la guerre en Ukraine en permettant à Kiev de contrer la supériorité de l’armée russe. Faciles à produire, d’un rapport coût/efficacité imbattable, ils occupent désormais une place de choix dans l’arsenal militaire de bon nombre de pays, de l’Europe au Moyen-Orient, de l’Afrique à l’Asie... Ils sont également très prisés d’acteurs non étatiques, notamment des groupes jihadistes au Sahel.
Drones de surveillance ou de reconnaissance, drones navals, drones tueurs ou kamikazes, leurs noms sont presque devenus familiers tant ils sont cités dans les reportages de guerre : du drone iranien Shahed au turc Bayraktar, en passant par l’américain Reaper.
Alors les drones ont-ils révolutionné la guerre moderne ? Et quel type de guerre ? Peuvent-ils vraiment redessiner les équilibres régionaux ou leur prête-t-on un trop grand rôle ? Qu’appelle-t-on la diplomatie du drone ? Quel avenir pour ces drones militaires de plus en plus performants ? Et comment s’en protéger ?
Deux invités :
- Étienne Marcuz, chercheur associé à la Fondation pour la recherche stratégique (la FRS), analyste sur les questions de dissuasion et d’armement stratégique
- Guillaume Lasconjarias, historien militaire et professeur associé à Sorbonne Université.
À lire aussiIran: les images artificielles de drones Shahed au cœur de la propagande en ligne
Il y a une semaine, des élections législatives se tenaient en Hongrie. Elles ont vu Viktor Orban fortement et franchement désavoué. Un choix des électeurs hongrois qui dépasse largement les portes de la Hongrie. Un pouvoir illibéral a été défait et avec lui un discours eurosceptique dissimulé derrière un patriotisme qui interroge.
La défaite est aussi celle de Donald Trump et de son idéologie MAGA qui ont tenté d’interférer dans l’élection. Les ingérences russes et américaines dans le scrutin ont été mises en échec. Et au-delà dans un contexte international marqué par la guerre en Ukraine, l’affirmation de la Russie comme une menace durable pour l’Europe et un engagement américain incertain sur le Vieux Continent, les interrogations autour de l’avenir du lien transatlantique se multiplient, ravivant les incertitudes européennes quant à leur architecture de sécurité.
Invité :
Thierry de Montbrial, membre de l’Académie des sciences morales et politiques. Fondateur et président de l’Institut français des relations internationales. Également fondateur et président de la World Policy Conference.
Depuis la fin de la guerre froide, une idée s’est imposée pour expliquer les tensions du monde : celle d’un affrontement entre civilisations. Une idée popularisée par l’Américain Samuel Huntington, selon laquelle les conflits ne seraient plus idéologiques ou territoriaux, mais culturels, religieux, presque identitaires.
Le regard sur le Moyen-Orient est particulièrement intéressant tant on y assiste à l’effritement progressif des grands pôles de civilisation arabo-musulmane contemporains incarnés par l’Irak, la Syrie, et potentiellement l’Égypte. Effritement que d’aucuns décrivent comme l’une des tragédies géopolitiques majeures du XXIè siècle. Là où naquirent jadis les premières cités-États, le droit codifié et les empires fondateurs, nous assistons aujourd’hui à une fragmentation sans précédent qui remet en question la pérennité de ces berceaux de l’humanité. Aux côtés de l’effritement, il y a aussi l’embrasement. Depuis l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023 et la riposte israélienne, le feu ne s’arrête plus au Moyen-Orient. Destruction presque totale de Gaza. Maintenant le Sud Liban, conjointement à l’attaque israélo-américaine sur l’Iran. Une situation particulièrement suivie par la Turquie qui célébrait en 2023 son 100ème anniversaire et dont le narratif civilisationnel est particulièrement développé. Les paradigmes de civilisation sont en hausse dans le monde entier et la compétition accrue pour l’exercice hégémonique du pouvoir. Nostalgie de l’empire. Critique de la modernité.
Émission en partenariat avec l’INALCO, l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales et son programme DECRIPT portant sur les transformations du système international et les effets politiques et institutionnels de ces récits civilisationnels qui ont émergé sur la scène mondiale.
Invités :
Longtemps, la raison d’État a prévalu sur la justice, les règlements diplomatiques des guerres prenant le pas sur l’exigence d’éthique de réparation des victimes. Longtemps aussi, on a choisi l’amnistie en croyant qu’elle mènerait à l’amnésie, et avec elle à l’effacement des souffrances.
Il a fallu la Seconde Guerre mondiale et ses atrocités pour que se mettent progressivement en place les composantes d’une justice internationale avec le procès de Nuremberg, les Tribunaux spéciaux pour l’ex-Yougoslavie et le Rwanda, et la création de la Cour pénale internationale.
Récent donc, l’édifice est également fragile face aux coups de boutoir des régimes autoritaires mais aussi des démocraties en proie à la montée des nationalismes et populismes. Notre système mondial est aujourd’hui en proie à la destabilisation et au retour en force de l’impunité au mépris de tout droit international.
Jean-Paul Chagnollaud est notre invité. Professeur émérite des Universités et président d’honneur de l’IREMMO, il publie « Oublier ou punir ? Justice pénale internationale et politique », aux éditions le Cavalier Bleu.
Élections législatives ce dimanche (12 avril 2026) en Hongrie, pays de 10 millions d’habitants, qui pourraient marquer un tournant historique. Après seize années au pouvoir, le Premier ministre Viktor Orbán fait face à son défi le plus sérieux depuis son retour en 2010.
Celui qui a théorisé la « démocratie illibérale » a profondément transformé le pays : réforme du système électoral, contrôle accru des médias, affaiblissement des contre-pouvoirs. La Hongrie est aujourd’hui régulièrement accusée par les institutions européennes de dérive autoritaire, au point que certains eurodéputés estiment qu’elle n’est plus une démocratie à part entière. Mais le contexte a changé. L’économie ralentit, l’inflation a marqué les esprits ces dernières années, et surtout, les fonds européens sont en partie gelés en raison de préoccupations liées à l’État de droit. Face à lui, un homme inattendu : Péter Magyar, ancien proche du pouvoir devenu opposant. À la tête du parti Tisza, il incarne une alternative conservatrice mais pro-européenne, centrée sur la lutte contre la corruption et la restauration des institutions. Selon les sondages, il est même donné en tête. La campagne a été marquée par un climat particulièrement tendu : accusations d’ingérences étrangères, usage de désinformation, instrumentalisation de la guerre en Ukraine. Orbán fait campagne contre Bruxelles et contre Kiev, affirmant que ses adversaires entraîneraient la Hongrie dans la guerre. Au-delà de la Hongrie, c’est un scrutin à forte portée internationale. Car Viktor Orbán est aujourd’hui le seul dirigeant européen à entretenir à la fois des liens étroits avec Vladimir Poutine et à être soutenu par Donald Trump. La Hongrie peut-elle tourner la page Orbán ? Ou bien son système est-il désormais trop solidement installé pour être renversé ?
Invités :
C’est un globe-trotter qui, depuis un demi-siècle, raconte ou décrypte les soubresauts du monde, de Johannesbourg à Pékin en passant par Jérusalem… Il a été témoin du massacre des écoliers noirs de Soweto en 1976 sous l’apartheid. Il a assisté au retour de Yasser Arafat sur sa terre de Palestine en 1994 et observé l’incroyable essor de la Chine dans les années 2000… Et depuis huit ans, il tente d’analyser chaque matin sur France Inter la bascule du monde.
Ce monde issu de la Seconde Guerre mondiale, dont la boussole était le droit international, qui est en train de disparaître, piétiné par des autocrates en mal d’empire ou à l’égo surdimensionné. Quelles leçons tirer du passé pour éviter le pire ? Serons-nous capables de construire demain un nouveau monde, meilleur et plus équitable ? Ces deux questions sont au cœur du dernier livre de Pierre Haski, La fin d'un monde : Comprendre notre époque.
Invité :
Pierre Haski, journaliste, chroniqueur Géopolitique à France Inter et au Nouvel Obs, président du conseil d'administration de Reporters sans frontières, auteur de La fin d'un monde : Comprendre notre époque aux éditions Stock.
Plus de 1300 morts, près de 4000 blessés, 1 million de déplacés : c’est le bilan d’un mois de guerre menée par Israël au Liban… L’escalade a commencé le 2 mars quand le Hezbollah a lancé une attaque sur l’État hébreu pour venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei. La riposte israélienne a été massive : pluie de bombes sur les fiefs du mouvement chiite, assassinats ciblés jusqu’au cœur de Beyrouth, incursion terrestre de quatre divisions, envoi de centaines de drones qui quadrillent en permanence le ciel libanais…
Israël a revendiqué hier 3500 frappes depuis le 2 mars sur le Liban. Alors jusqu’où l’État hébreu est-il prêt à aller pour désarmer le Hezbollah ? Veut-il vraiment réoccuper le Sud-Liban, 26 ans après en être parti, chassé par le mouvement chiite soutenu par l’Iran ? L’État hébreu peut-il répéter ce qu’il appelle « le modèle Gaza », c’est-à-dire raser les villages frontaliers pour empêcher le retour de centaines de milliers d’habitants de la région ? L’armée libanaise a-t-elle les moyens de contrer pareil scénario ? Quelle est la stratégie du Hezbollah, accusé par le gouvernement libanais d’avoir entrainé le pays dans la guerre ?
Invités :
À mesure que la confrontation régionale s'est durcie autour de l'Iran, une vieille périphérie revient brutalement au centre des discussions ; le Kurdistan iranien. Cette bande montagneuse de l'ouest du pays adossé à l'Irak et la Turquie où se mêlent depuis longtemps marginalisation, répression, politisation kurde et présence de partis armés.
Et les groupes kurdes d'Iran sont face à un dilemme risqué : pris entre l'affaiblissement relatif du régime sous les frappes, les signaux contradictoires venus de Washington et le risque d'être activés comme levier sans qu'aucune fin politique claire ne leur soit garantie... peuvent-ils devenir un acteur de la guerre ? Ou bien sont-ils la surface de projection d'un imaginaire stratégique extérieur ?
Avec
- Adel Bakawan, directeur de l'Institut européen pour les études sur le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord
- Myriam Benraad, professeure à l'Université d'Exeter, autrice de Jihad la métamorphose d'une menace, au Cavalier Bleu.
Des noms minuscules sur les cartes, mais des effets immenses sur la planète. Ormuz, Bab el-Mandeb, Suez ou encore Malacca : ces détroits bien plus que de simples passages maritimes sont des points de compression du commerce mondial, de l'énergie et des stratégies militaires. Dans le contexte de la guerre iranienne, Ormuz apporte la démonstration spectaculaire que, dans le monde contemporain, contrôler un détroit c'est déjà peser sur l'ordre international...
Avec
- Guillaume Ancel, ancien officier, auteur de Petites leçons sur la guerre, comment défendre la paix sans avoir peur de se battre ?, aux éditions Autrement
- Emmanuel Hache, adjoint scientifique à IFP Énergies nouvelles et directeur de recherche à l’IRIS. Dernier ouvrage : Géopolitique des matières premières, Éditions Eyrolles, 2025
- Nicolas Mazzucchi, docteur en géographie économique, directeur de recherche au Centre d'études stratégiques de la marine.
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Géopolitique parcourt les grandes régions du monde auxquelles sont associés des enjeux majeurs. Marie-France Chatin invite au débat chercheurs et experts, afin que soient expliqués et mis en…
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