Ici l'Europe

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By FRANCE 24
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Ici l'Europe episodes

  • Les Vingt-Sept en panne de croissance et de compétitivité : UE endettée cherche relance

    Notre union des Vingt-Sept doit à la fois composer avec des pays surendettés et relancer sa croissance et sa compétitivité en investissant massivement. Une équation difficile à trouver. Dans le club des mauvais élèves, sept pays se distinguent, placés en procédure de déficit excessif car dépassant le seuil de 3 % du PIB fixé par le pacte de stabilité. Parmi eux, la France frôle dangereusement les 6 %, conduisant le gouvernement Barnier à promettre un retour dans les clous au plus tôt en 2029.

    Dans le même temps, l'ancien patron de la Banque Centrale européenne Mario Draghi a rendu un rapport choc sur la compétitivité de l’Union. Il estime que les Vingt-Sept devraient investir environ 800 milliards de plus chaque année, soit 5 % du PIB européen. Sans quoi, prévient-il, l'Europe décrochera de la course mondiale à l’innovation et sera promise à une lente agonie.

    Seulement, le budget de l’Union européenne n’est pas extensible et est pour l’heure cantonné à 1 % du PIB. Alors comment trouver de nouvelles ressources ? Faut-il passer par un emprunt en commun sur les marchés ? Les pays frugaux comme l’Allemagne se récrient déjà.

    Une émission préparée par Perrine Desplats, Luke Brown et Isabelle Romero

    18 min
  • Jean-Claude Juncker : "Il est indécent qu'un pays comme la France ait un budget si peu présentable"

    Nous accueillons cette semaine un invité de marque, Jean-Claude Juncker, ancien président de la Commission Européenne (2014-2019). Au menu d'un échange riche et dense : le nouveau gouvernement français et les défis qui attendent son premier ministre, Michel Barnier, que notre invité connait bien depuis ses années de négociateur du Brexit ; la menace posée par l'état des finances françaises ; la politique de plus en plus hostile aux migrants en Europe et la décision allemande de restreindre la liberté de mouvement à ses frontières ; les choix de sa successeure au Berlaymont pour sa Commission Ursula von der Leyen 2.

    Interrogé sur la position de la France en Europe, Jean-Claude Juncker affirme que Michel Barnier fera un excellent Premier Ministre : "Ce n'est pas un désavantage pour un Premier ministre français de bien connaître l'Europe. La France gagnerait beaucoup à mieux connaître l'Europe [...]. Je ne crois pas que Michel Barnier sera l'esclave du Rassemblement national."

    Mais il est néanmoins inquiet de la rhétorique anti-migrants en France : "J'ai toujours considéré qu'il ne faut pas transiger sur les grands principes avec l'extrême droite, que si les familles politiques classiques – les socialistes, les démocrates-chrétiens, les libéraux, les Verts – commençaient à les imiter en disant la même chose que l'extrême droite, l'extrême droite sortira renforcée de ces imitations qui n'ont pas lieu d'être. C'est pourquoi l'extrême droite, il ne faut pas la suivre."

    À voir aussiLe RN met le gouvernement de Michel Barnier sous pression

    Sur les déficits français excessifs, il y a urgence, selon Jean-Claude Juncker : "Il n'est pas convenable ni décent qu'un des grands pays européens soit si peu présentable en matière budgétaire. Et donc je veux croire que le gouvernement Barnier mettra de l'ordre dans les finances publiques. C'est nécessaire. Le déficit français, si jamais il devait s'élever à 6 %, ce qui sera probablement le cas, correspondra exactement au PIB de la Hongrie !"

    Condamnation du "dérapage" allemand

    Concernant la fermeture des frontières allemandes pour six mois, il se récrie : "Il y a au Luxembourg 200 000 frontaliers, dont 50 000 travailleurs allemands. Le Luxembourg est un pays qui connaît un taux d'immigration de 49 %. Quel serait le résultat de madame Le Pen en France si le taux d'immigration était de 49 % ? Donc, nous sommes assez sensibles aux mauvais comportements comme celui adopté par le gouvernement allemand. Mais je crois que nous courons le risque que l'exception, c'est à dire l'accord de Schengen permettant de prévoir des contrôles aux frontières, devienne la règle si l'on ne prête pas attention à ce dérapage."

    Que dire de la Commission von der Leyen 2, qui a offert une vice-présidence à un parti radical, celui de Giorgia Meloni, les Frères d'Italie ? "Je ne l'aurais pas fait", cingle-t-il.

    La guerre en Ukraine reste prioritaire Jean-Claude Junker, mais sa vision de Vladimir Poutine a changé : "Je me suis lourdement trompé. Je l'ai souvent vu en aparté entre quatre yeux, sans interprète. Je reste abasourdi par le comportement dangereux de Vladimir Poutine, qui met en cause le système sécuritaire de l'Europe et la géométrie sécuritaire de l'Europe en violant les frontières et en attaquant sans gêne et sans raison ses voisins directs."

    Mais l’UE doit s’occuper aussi des autres conflits et peser dans le monde : "Il faudra que nous donnions au Liban, pays malheureux parmi tous les pays nobles, vu la qualité de ses habitants, une chance à la diplomatie !"

    Une émission préparée par Isabelle Romero, Luke Brown, Perrine Desplats et Elitsa Gadeva

    18 min
  • Présidence hongroise polémique : Orban-UE, les rendez-vous manqués

    Nous sommes à Strasbourg, où Viktor Orban, le Premier ministre hongrois ultraconservateur, se fait attendre depuis des mois. Depuis juillet et pour six mois, la Hongrie occupe la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne. Son discours devant le Parlement européen a été reporté à deux reprises : d'abord en juillet pour ne pas gêner la nomination du nouvel exécutif européen, puis en septembre, lorsque Viktor Orban a finalement décidé de rester dans son pays, touché par de violentes inondations. Ces rendez-vous manqués en disent long sur les relations tendues entre Bruxelles et le dirigeant hongrois, éternel trublion dans ce club européen des Vingt-Sept.

    La Commission européenne a souvent frappé la Hongrie au portefeuille pour son non-respect de l'État de droit : régression de la liberté de la presse, des droits des ONG, des minorités ethniques et sexuelles, perte d’indépendance de la justice.

    Sur le conflit ukrainien, Viktor Orban a souvent menacé d'opposer son veto à l’aide à l’Ukraine, et en juillet dernier, à peine arrivé à la tête de Conseil de l’UE, le dirigeant hongrois est allé à Moscou serrer la main de Vladimir Poutine et à Pékin rencontrer Xi Jinping pour parler de paix. Une initiative individuelle critiquée par ses partenaires européens.

    À lire aussiLe Pen, Orban et les "Patriotes pour l'Europe" : détricoter l'Union européenne de l'intérieur ?

    Une émission préparée par Isabelle Romero, Perrine Desplats, Luke Brown et Elitsa Gadeva

    18 min
  • Arancha Gonzalez Laya : "La France doit vite se mettre au travail sur le budget"

    Une semaine d’actualité chargée à Paris et à Strasbourg : la nomination du gouvernement Barnier, dans la foulée de l’annonce de l’équipe de Commissaires du deuxième mandat d'Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission Européenne. Pour en parler, nous accueillons cette semaine Arancha González Laya, l’ancienne ministre espagnole des Affaires étrangères, et l’actuelle doyenne de l’École d‘affaires internationales (PSIA) de Sciences-Po Paris.

    Avec un déficit de 5,6 % en France – bien au-dessus des limites requises par Bruxelles – le nouveau Premier ministre français, Michel Barnier, a déjà alerté sur l’état "très grave" des finances publiques. Pour Arancha Gonzalez Laya, "la France doit vite se mettre au travail sur le budget, à la fois sur les revenus et sur les dépenses", car "plus on fait de la dette aujourd'hui, plus on endette les générations futures et moins on donne de l'agilité à nos économies". En effet, selon l'ancienne ministre, la période qui s’ouvre est cruciale pour l’Union européenne, "il ne s'agit pas simplement de l'économie française et de la capacité de la France de projeter son économie à l'international, mais aussi de la grande bataille pour le budget européen qui commencera l'année prochaine et qui doit permettre à l'Union européenne de se doter des moyens nécessaires aux ambitions de la présidente von der Leyen lors de sa nomination."

    Pour Arancha Gonzalez Laya, les priorités européennes sont claires : "Économie, économie, économie. Nous avons un problème de retard économique. Nous avons un déficit de croissance et nous sommes en train de décrocher par rapport aux États-Unis et à la Chine. Ensuite, "nous avons un continent qui est entouré de guerres et de conflits. Il faut donc renforcer la sécurité en Europe". Des enjeux de taille, pour lesquels il faut s’armer financièrement car, "pour mener à bien cet agenda, il nous faut des ressources. Et cette bataille budgétaire sera très importante parce qu'il faut décider ce que l'on fait ensemble."

    Le nouveau collège de Commissaires européens ? Après la surprise du retrait du candidat français, Thierry Breton, sur fond de conflit avec la présidente von der Leyen, le poste revient à Stéphane Séjourné, en charge de la Prospérité et de la Stratégie Industrielle : "ce portefeuille sera au centre de l'agenda de ces cinq prochaines années, avec l'économie et en particulier la macroéconomie." L’ex-ministre des Affaires étrangères du gouvernement Attal "va devoir travailler main dans la main avec Teresa Ribera, qui a aussi un gros portefeuille économique, car elle a comme mandat de faire en sorte que la compétitivité – c'est à dire la macro et microéconomie – soit alignée avec les objectifs de décarbonation de l'Union européenne et avec la justice sociale. Donc ces deux gros portefeuilles sont les plus importants à mon avis pour ces cinq prochaines années." Pour elle, les eurodéputés pourraient récuser plusieurs Commissaires après leurs auditions, notamment l’Italien et le Hongrois : "si leurs réponses devant le Parlement européen ne sont pas convaincantes, ils ne passeront pas !"

    Pour la doyenne de PSIA, le risque n’est plus de voir certains pays "sortir de l'Union européenne, mais rester et la détricoter de l'intérieur. Détricoter l’état de Droit, ce n’est pas européen. Donc aux autres d'être très vigilants, aux autres de mettre des lignes très claires – il faut être clair [et savoir] là où 'détricoter' entre en collision avec ce qu’est l'Union européenne, ce que sont les valeurs européennes, ce que sont les principes de l'Europe."

    Les questions migratoires sont toujours au cœur de l’actualité : aux Pays-Bas, le gouvernement dirigé par le parti d’extrême droite PVV de Geert Wilders a annoncé vouloir demander une dérogation aux règles européennes d’asile. Pour Arancha González Laya, "c'est un divorce entre faits et perceptions. C'est le jeu des populistes en Europe. Mais pour un continent comme l'Europe, qui a un déficit démographique énorme, il faut à la fois changer les discours et réconcilier fait et perception, sinon on va droit dans le mur [...] Nous devons avoir une politique migratoire à la fois sur la migration régulière dont on a besoin parce qu'on a un déficit démographique, mais aussi sur l'immigration irrégulière où nous devons aussi avoir des règles claires et nous devons les appliquer".

    L’Union européenne est en danger de décrochage vis-à vis des États-Unis, entre autres maux. Le retour d’un Donald Trump à la Maison Blanche accroitrait les incertitudes diplomatiques : "cela devrait pousser l’Europe à davantage d’autonomie vis-à-vis de son allié. Vu ce qui se passe de l'autre côté de l'Atlantique, vu le manque de clarté, vu la possibilité de l'arrivée de Donald Trump, faisons ce que nous pouvons faire sur les plans de l'économie, de la sécurité et de la défense et donnons-nous les moyens de nos ambitions à travers un budget européen conséquent", conclut-elle.

     

    Émission préparée par Perrine Desplats, Luke Brown, Elitsa Gadeva et Isabelle Romero

    18 min
  • L’Allemagne ferme ses frontières : tensions en Europe sur l’immigration

    Le Parlement européen fait sa rentrée en séance plénière dans l’hémicycle de Strasbourg, avec une actualité très intense sur les questions migratoires, marquées par des drames humains. Dernièrement, dans la Manche, au large des côtes françaises, huit personnes sont décédées en tentant de rallier la Grande-Bretagne. L’Allemagne, qui a longtemps été un grand défenseur de la liberté de circulation à l’intérieur de l’espace Schengen, vient de réintroduire des contrôles à toutes ses frontières. Cette décision, prise par le gouvernement social-démocrate d’un Olaf Scholz fragilisé par des attentats terroristes et la montée de l'extrême droite, génère du mécontentement parmi ses huit pays voisins, comme la Pologne du libéral Donald Tusk.

    La nouvelle Commission européenne présentée par Ursula von der Leyen cette semaine et très à droite politiquement, met d'ailleurs l’accent sur les questions migratoires, avec la création d’un portefeuille de Commissaire à la Méditerranée, en plus de celui dédié à la Migration, ce qui laisse entrevoir la multiplication d’accords bilatéraux avec des pays tiers du Sud pour créer des centres de rétention des migrants hors de l’Union européenne. 

    Émission préparée par Isabelle Romero, Luke Brown et Perrine Desplats

    18 min
  • Elio Di Rupo : "les socialistes pourraient voter contre cette nouvelle Commission très à droite"

    Semaine très riche en actualité pour l’Union européenne et ses États membres. La France s'est dotée d'un Premier ministre bon connaisseur des affaires européennes en la personne de l’ancien commissaire et négociateur du Brexit Michel Barnier, tandis que la Commission européenne poursuit sa constitution, que les prévisions économiques sont alarmistes et que la guerre gronde toujours à notre porte, en Ukraine. Pour en parler, nous recevons Elio Di Rupo, l’ancien Premier ministre belge qui a été nouvellement élu député européen dans le groupe des Socialistes et Démocrates.

    La France vient de sortir de trois mois de crise gouvernementale avec la nomination du Premier ministre Michel Barnier, qu’Elio Di Rupo a connu à Bruxelles lorsque le Français était commissaire européen en charge de la politique de cohésion. Le socialiste salue ses capacités de négociation, "notamment avec le Brexit, et négocier avec les Britanniques n’est pas facile", mais il reste selon lui "un homme ancré à droite avec un profil très affirmé. Je ne peux pas oublier qu’il a voté conte la dépénalisation de l’homosexualité et qu’il a voulu très récemment que la France sorte de la Cour européenne des Droits de l’Homme". L’ancien patron des socialistes belges, qui a lui-même été nommé Premier ministre de son pays en 2011 après une crise politique de 541 jours, souligne "l’intelligence de la gauche française de s’unir, de faire bloc" lors des élections législatives où elle est arrivée en tête le 7 juillet dernier. Il s’étonne donc du choix du président Emmanuel Macron de ne pas avoir nommé "une personnalité modérée dans ce groupement du Nouveau Front populaire pour essayer de dépatouiller un peu la situation et voir s'il ne pouvait pas trouver une majorité". 

    La France est sous surveillance de Bruxelles en raison d’un déficit qui pourrait atteindre les 5,6 % en 2024, bien loin des 3 % prévu par les accords. Mais la Belgique n’est pas loin derrière, avec un déficit de 4,4 % de son PIB, et connaît également une crise politique car aucun gouvernement n’a été formé depuis les élections législatives. Elio Di Rupo le concède : "le 9 juin, la droite a gagné les élections. Du côté francophone, c'est plus net. Du côté de la Flandre, les socialistes flamands de Vooruit ont fait un excellent résultat. Et tous ces vainqueurs sont en train de tenter de former un gouvernement. Laissons-les travailler." Quant au déficit de la Belgique, pour lui, la question importante est de savoir comment le résorber : "pour le socialiste que je suis, on ne peut pas toucher aux soins de santé, on doit protéger nos concitoyens. (...) Où va-t-on chercher les moyens financiers ?” Il ne se dit pas particulièrement attaché à la taxation à tout prix, mais "il y a des entreprises, des personnes, qui ont des gains astronomiques et par rapport à ces gains astronomiques, ne contribuent pas assez à la société. (...) Et donc il est normal qu'on demande à celles et ceux qui ont des épaules plus larges de contribuer davantage que celles et ceux qui ont des épaules plus étroites."

    D’élection en élection, on assiste à une montée de l’extrême droite populiste en Europe, fortement axée sur un discours anti-migrants. Selon l’eurodéputé, "le Parlement européen et les institutions européennes, doivent regarder la situation à l'aune de la nature humaine : les citoyens ont besoin d'être rassurés, sécurisés, d'avoir des perspectives pour eux-mêmes et pour leurs enfants, un pouvoir d'achat qui soit suffisant pour vivre dignement. Il fustige par ailleurs les fausses informations qui circulent sur les réseaux sociaux et ont selon lui "plus d’impact que les informations précises, pédagogiques, positives". Mais il l’affirme : "en tout cas, moi, j'ai la volonté de travailler avec mon groupe social démocrate pour contribuer à combattre sans relâche l'extrême droite".

    L’Allemagne a annoncé la mise en place de l’extension des contrôles migratoires à l’ensemble de ses frontières dès le 16 septembre et pour une durée de six mois, mesure qu’elle juge nécessaire pour la "protection de la sécurité intérieure contre les menaces actuelles du terrorisme islamiste et de la criminalité transfrontalière", deux semaines après l'attentat de Solingen revendiqué par le groupe État islamique. "Je pense que l’ont doit être sans pitié avec ces criminels, ces fondamentalistes religieux, ces terroristes", nous dit Elio Di Rupo. Et c’est dans ce contexte d’insécurité qu’il analyse cette décision de Berlin : "il y a eu des drames, avec des morts, et une réaction du gouvernement”, même si "bien entendu, dans l'Europe que nous voulons construire, fermer les frontières est un acte qui n'est pas dans l'esprit de l'Union européenne". Quant à la question plus large de l’immigration, Elio Di Rupo "demande depuis le début des règles claires pour savoir si oui ou non on accepte des migrants. Il y a bien sûr les réfugiés, que nous sommes obligés d’accueillir par des conventions internationales que nous avons signées. Et il y a tous les autres migrants, dans quelles conditions on peut les accepter, pour quoi faire ? Et ça n'est pas encore clair. Bien entendu, il ne faut jamais oublier que derrière cette question, il y a des drames humains terribles".

    L’Allemande Ursula von der Leyen, qui a été réélue à la tête de la Commission européenne en juillet, doit présenter son collège de commissaires. Une Commission très à droite "avec même des commissaires d’extrême droite" et Elio Di Rupo s’insurge : "ce qui est assez insupportable, c'est que le groupe socialiste est le deuxième groupe le plus important du Parlement européen et, personnellement, je ne me retrouve pas dans la Commission européenne à due proportion de ce que nous représentons". Les commissaires seront auditionnés par le Parlement européen et s’ensuivra un vote pour confirmer ou non la mise en place de cette nouvelle Commission. "Le fait que nous n'ayons pas un minimum d'équilibre par rapport aux sociaux démocrates est quelque chose qui pourrait nous conduire à voter contre", met-il en garde. 

    Alors que la Hongrie du très conservateur Viktor Orban tient la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne depuis le 1er juillet, Elio Di Rupo rappelle l'importance de "continuer à se battre pour défendre les minorités, la démocratie, les libertés. (...) On doit continuer à ne pas considérer que notre système démocratique de liberté et de défense des minorités est acquis pour toujours et à se battre, à nourrir et à chérir cette démocratie".

    Mario Draghi, ancien président de la Banque centrale européenne, pointe du doigt dans un récent rapport que Washington et Pékin ne respectent plus les règles du commerce international, et que sans investissements publics massifs, l'Union européenne est promise à une "lente agonie". Elio Di Rupo "partage entièrement le contenu de ce rapport" : "nous avons un retard terrible par rapport aux États-Unis et à la Chine", c’est pourquoi "il faut que l’Union européenne ait ses propres ressources financières" pour construire une Europe de la défense qu’il appelle de ses vœux. Car pour Elio Di Rupo, l’Union européenne n’est pas à la hauteur en ce qui concerne la guerre en Ukraine : "il est fondamental d'essayer d'aller le plus rapidement possible vers un cessez-le-feu et une négociation. Mais on ne peut pas laisser Poutine gagner parce que s’il gagne, nous sommes nous-mêmes, Européens, en danger. Nous avons besoin d'une Europe de la défense, non pas pour aller nous battre ailleurs, mais pour être capable de nous défendre nous-mêmes au sein de l'OTAN", conclut-il.

     

    Émission préparée par Perrine Desplats, Isabelle Romero et Luke Brown

    18 min
  • L’Ukraine au cœur de la rentrée européenne : escalade ou solution de paix ?

    La guerre en Ukraine dure malheureusement depuis plus de deux ans et demi. Ce conflit n’est-il pas en train de connaître un basculement, et dans quel sens ? Vers une guerre plus intense, alors que l’armée ukrainienne a réalisé cet été une percée dans le territoire russe, dans la région de Koursk, et que les drones russes s’invitent de plus en plus dans l’espace aérien européen et de l’OTAN, en Lettonie, en Roumanie et en Pologne ? L'Iran est par ailleurs soupçonné de livrer des missiles balistiques à la Russie. Mais est-ce que ce conflit pourrait, au contraire, basculer plus vite que prévu vers la paix ? Le président ukrainien Volodymyr Zelensky souhaite que la Russie participe au prochain sommet pour la paix cet automne, et au sein de l’Union européenne, le chancelier allemand Olaf Scholz a demandé une accélération des pourparlers.

    Émission préparée par Perrine Desplats, Isabelle Romero et Luke Brown

    18 min
  • Bartjan Wegter : "Je suis impressionné par le dispositif de sécurité des JO de Paris"

    Notre invité, Bartjan Wegter, récemment nommée coordinateur de l'UE pour la lutte contre le terrorisme, nous détaille les réalisations et les défis de son rôle. Depuis la création de ce poste en 2004, après les attentats de Madrid, de nombreux progrès ont été accomplis dans la coordination entre les États membres de l'UE, essentielle pour contrer les menaces terroristes transfrontalières.

    "La sécurité, cela demeure une compétence des États membres. C'est logique parce qu’il s’agit de sécurité nationale", commence Bartjan Wegter, coordinateur de l’UE pour la lutte contre le terrorisme, avant de rapidement souligner l'importance de la coopération européenne, en particulier dans le partage des renseignements et la collaboration entre les procureurs. "Le terrorisme, c'est un défi, c'est un phénomène transfrontalier", explique-t-il.

    "On a établi des banques de données, des bases de données gérées en Europe. On partage des informations. On a établi des politiques spéciales destinés aux victimes d'attentats terroristes. On a aussi renforcé nos infrastructures, les rendant plus résilientes, protégées contre des attaques terroristes" rappelle-t-il. "L’Union européenne a beaucoup investi dans les relations avec les pays tiers, justement pour affronter cette menace terroriste qui vient souvent hors de nos frontières, mais pas exclusivement. […] Si l'on regarde les menaces d'aujourd'hui et les menaces que l'on a vu ces dernières années, presque toutes ont leur origine hors de nos frontières, ou bien sont amplifiées par les développements qui ont lieu hors de nos frontières. Du coup, il faut beaucoup travailler avec les pays tiers", déclare-t-il.

    À quelques heures du coup d’envoi des Jeux olympiques de Paris 2024, Bartjan Wegter réitère sa confiance dans les mesures de sécurité mises en place. "Un pays qui est bien placé pour justement mener à bien ce genre d'événement, c'est la France. Et je dois complimenter les autorités françaises. Je suis impressionné par le dispositif de sécurité mis en place qui est considérable", se réjouit-il, même s’il reste lucide sur la question de la sécurité : "Il n'existe pas de risque zéro. Cela ne veut pas dire qu'il faut avoir peur, au contraire, il faut être vigilant. Et la vigilance, c'est une chose dont nos citoyens sont très conscients. […] C'est une responsabilité pour tout le monde."

    Liberté ou sécurité ?

    Les défis posés par la désinformation en ligne, exacerbée par les conflits en Ukraine et à Gaza, sont un autre sujet majeur abordé par le coordinateur de l’UE pour la lutte contre le terrorisme. Il évoque la propagation du "djihadisme mutant" via les réseaux sociaux, une stratégie adoptée par des groupes comme l’organisation Etat islamique (EI) pour diffuser leur propagande. "La menace principale actuelle en Europe, c'est toujours le terrorisme djihadiste", affirme Bartjan Wegter. L’EI "a beaucoup investi justement dans les plateformes de réseaux sociaux et dans tout ce qui est en ligne pour diffuser sa propagande. Et c'est une stratégie assez efficace parce que l'on voit énormément de contenu terroriste qui circule en ligne... Nous avons pris des mesures en Europe pour faire face à cela".

    Sur la question de la radicalisation dans les prisons, Bartjan Wegter souligne la vulnérabilité de nos institutions face à ce phénomène. L’Union européenne a donc créé un grand réseau d'experts : "Il y a 6500 personnes qui se partagent les bonnes pratiques, s'échangent des stratégies pour éviter que la prison soit un vecteur de radicalisation."

    L’occasion aussi pour le coordinateur de l’UE pour la lutte contre le terrorisme de rappeler que les lois antiterroristes ne doivent pas empiéter sur les libertés publiques : "Quand il s'agit de nos valeurs, de nos libertés fondamentales, on ne fait jamais de concessions", rappelle-t-il. "Parce que pour l'Europe, c'est essentiel. C'est notre société, c'est qui l’on est. Cela dit, il faut aussi savoir que pour pouvoir profiter de nos libertés, il faut aussi avoir une certaine sécurité".

    Une émission préparée par Isabelle Romero, Perrine Desplats et Sophie Samaille.

    18 min
  • Les nouveaux visages des institutions européennes et les temps forts de la dernière mandature

    Dans cette dernière émission avant la trêve estivale, nous vous proposons de revenir sur les nouveaux visages des institutions européennes, ainsi que sur les temps forts de la dernière mandature.

    Le 18 juillet dernier, les 720 députes de l'Hémicycle de Strasbourg ont reconduit dans leurs fonctions la présidente du Parlement, la Maltaise Roberta Metsola, et Ursula von der Leyen à la tête de la Commission européenne. C'est l'Estonienne Kaja Kallas qui dirigera la diplomatie européenne et l'ancien Premier ministre portugais Antonio Costa, le Conseil européen.

    Si ces dernières années, la politique européenne a été marquée par la crise du Covid-19, elle a tout de même édicté des directives fortes sur la transition écologique, la question migratoire et surtout la guerre en Ukraine. Des enjeux qui restent plus que jamais d'actualité.

    Reportages en Irlande, en Estonie et en Ukraine de Clovis Casali, Johan Bodin et Luke Brown. Motions design de Sophie Samaille

    Une émission produite par Perrine Desplats et Isabelle Romero

    18 min
  • Manon Aubry : "Dès qu’on laisse un bout de terrain à l’extrême droite, elle progresse"

    Cette semaine, le Parlement européen à Strasbourg a été le théâtre de moments forts marquant la rentrée parlementaire. Les 720 nouveaux élus ont notamment reconduit Ursula von der Leyen à la présidence de la Commission européenne avec 401 voix pour et 284 contre. Une autre figure importante, la maltaise Roberta Metsola a elle aussi été reconfirmée à la présidence du Parlement européen, consolidant ainsi son leadership. Mais au milieu de ces événements, des voix dissonantes se sont élevées pour critiquer la situation politique actuelle, tant en France qu'au sein de l'Union européenne. Parmi elles, Manon Aubry, coprésidente du groupe La Gauche au Parlement européen, a livré une analyse incisive.

    Interrogée sur la situation politique française, Manon Aubry n'a pas mâché ses mots. "On a une forme de monarque républicain", a-t-elle déclaré à propos du président Emmanuel Macron. Selon elle, le président français a utilisé des "combines politiciennes" pour maintenir son gouvernement malgré les élections législatives défavorables à sa majorité. Elle a critiqué la récente élection de Yaël Braun-Pivet à la présidence de l'Assemblée nationale, soutenue selon elle par "des manœuvres politiques douteuses et l'appui de ministres démissionnaires : cela pose une question fondamentale de séparation des pouvoirs entre l'exécutif et le législatif. au final, le sentiment que ça donne, c'est de s'être fait voler l'élection. Les Françaises et les Français ont voté à trois reprises pour défaire Emmanuel Macron lors des élections européennes et lors des deux tours des élections législatives. Ils se réveillent un mois plus tard. Ils ont le même gouvernement et ils ont une présidente de l'Assemblée nationale qui est macroniste alors que les Français n'en veulent plus".

    Manon Aubry a également abordé les critiques adressées au Nouveau Front populaire, l'incapacité à désigner un candidat au poste de Premier ministre. Elle a rejeté la responsabilité sur Emmanuel Macron, l'accusant de confisquer le résultat des urnes : "C'est un coup de force antidémocratique, sans précédent qui doit ne réveiller aujourd’hui pas seulement les électrices et les électeurs du Nouveau Front populaire, mais tous les démocrates de ce pays qui sont attachés à ce que la voix qu'on exprime dans les urnes parle et soit suivie d'effets. Sinon à quoi bon aller voter ?" s’insurge-t-elle. Pour elle, former une coalition avec les macronistes ou l'extrême droite était inconcevable, soulignant les divergences profondes sur des sujets clés comme la réforme des retraites et les droits sociaux. "C’est désormais la responsabilité d'Emmanuel Macron d'appeler les responsables politiques du Nouveau Front populaire et de revenir à la raison plutôt que de passer en force comme il le fait", estime-t-elle.

    En ce qui concerne la réélection d'Ursula von der Leyen à la présidence de la Commission européenne, Manon Aubry et son groupe ont voté contre. La co-présidente de La Gauche au Parlement européen a critiqué le bilan d'Ursula von der Leyen : "Elle a réimposé l'austérité budgétaire qui se traduit par des coupes sans précédent dans nos services publics et notre protection sociale. C'est, dans le cas de la France, plus de 25 milliards d'euros, alors qu'une procédure pour déficit excessif vient d'être lancée par l'Union européenne", argumente-t-elle. Manon Aubry a également dénoncé une politique internationale à deux vitesses, avec un soutien ferme à l'Ukraine mais une indulgence vis-à-vis de Benjamin Netanyahu et de ses actions à Gaza : "À aucun moment, Ursula von der Leyen n'a pris les mesures qui s'imposaient, c'est à dire des sanctions à l'égard du gouvernement de Benjamin Netanyahu, un embargo sur l'envoi d'armes et la suspension de l'accord d'association entre l'Union européenne et Israël, alors qu'elle n'hésite pas une seconde à prendre des sanctions, là aussi à raison, contre le régime russe. Vous voyez ce deux poids, deux mesures ? Il est insupportable", déplore Manon Aubry.

    Manon Aubry a aussi pointé du doigt l'opacité au sein des institutions européennes, illustrée par l'affaire des SMS entre Ursula von der Leyen et le patron du géant pharmaceutique Pfizer concernant les contrats d'achat de vaccins. "Quand nous avons demandé l'accès public à ces contrats, on se souvient tous. On a eu des documents qui étaient largement barrés en noir et donc l'information n'était pas publique. Et la Cour de justice européenne, à juste titre, demande des comptes à la présidente de la Commission européenne et a jugé que la non divulgation de ces contrats était contraire au droit européen", rappelle-t-elle. "Et en cela, je l'ai dit très clairement, la place d'Ursula von der Leyen n'aurait pas dû être à cet instant, devant les députés européens à se présenter, puisqu'elle venait tout juste la veille de demander le report de ce vote par la Cour de justice européenne", explique Manon Aubry, rappelant par la même occasion que selon elle, les institutions n’ont pas appris du Qatargate, ce scandale de corruption qui a bousculé le Parlement européen en janvier 2023. "Tout est encore comme avant", assure-t-elle.

    Enfin la présidence tournante du Conseil de l'Union européenne par la Hongrie de Viktor Orban pose également problème selon la co-présidente de La Gauche au Parlement européen. "Elle est utilisée pour servir son projet d'extrême droite qui est, en beaucoup de points, similaire à celui de Jordan Bardella en France, qui siège désormais dans le même groupe au Parlement européen. Ça doit nous interroger collectivement sur la stratégie de résistance aussi contre l'extrême droite", alerte-t-elle, alors que pour la première fois deux vice-présidents du Parlement européen sont désormais issus du groupe de droite radicale ECR. "Je vois la tentation de la droite, mais aussi d'une partie des libéraux et même parfois de la gauche, à vouloir finalement se dire que, bon, ce sont des opposants politiques comme les autres et qu'on doit les traiter comme les autres […] Eh bien, à chaque fois qu'on laisse même une once de terrain, ce tout petit bout d'ongle à l'extrême droite, et bien l'extrême droite continue de progresser", conclut-elle.

     

    Emission préparée par Sophie Samaille, Perrine Desplats, Isabelle Romero et Elitsa Gadeva

    18 min

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Rendez-vous à Bruxelles pour un entretien avec une personnalité européenne de premier plan, suivi d'un débat entre eurodéputés. Le samedi à 11 h 10 (heure de Paris), puis 15 h 40.

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