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Or


Jean Rouxel
Chaire Chimie des solides (1997-1998)
Collège de France
Leçon inaugurale - Jean Rouxel : Chimie des solides
Date : 9 juin 1997
Jean-Christophe Yoccoz
Chaire Équations différentielles et systèmes dynamiques (1996-2016)
Collège de France
Année 1996-1997
Leçon inaugurale - Jean-Christophe Yoccoz : Équations différentielles et systèmes dynamiques
Date : 28 avril 1997
Javier Teixidor
Chaire Antiquités sémitiques (1995-2001)
Collège de France
Leçon inaugurale - Javier Teixidor : Antiquités sémitiques
Date : 1er avril 1996
Igor Mel'Čuk
Chaire annuelle Internationale (1996-1997)
Collège de France
Leçon inaugurale - Igor Mel'Čuk : Vers une linguistique sens-texte
Date : 10 janvier 1997
Pieter Westbroek
Chaire annuelle Européenne (1996-1997)
Collège de France
Leçon inaugurale : Géophysique : Esquisse d'une nouvelle science de la Terre
Date : 4 octobre 1996
Armand de Ricqlès
Chaire Biologie historique et évolutionnisme (1995-2010)
Collège de France
Leçon inaugurale - Armand de Ricqlès : Biologie historique et évolutionnisme
Date : 6 mai 1996
Les recherches d'Armand de Ricqlès portent sur l'histoire de la vie, les mécanismes sous-jacents à cette histoire et les interprétations successives qui en ont été faites.
Il est porteur d'une théorie révolutionnaire, peu répandue, qui bouleverse la pensée classique appliquée à la classification des espèces. Le cladisme vient s'opposer à la systématique traditionnelle gradiste, anthropocentrique et finaliste qui forme encore la base des connaissances du grand public et des décideurs.
Cela met de la clarté et du rationnel dans les conceptions et les méthodes des naturalistes de telle sorte que la bio-diversité est, et sera, mieux comprise. L'enjeu est de taille à notre époque.
Klaus Rajewsky
Chaire annuelle Européenne (1995-1996)
Collège de France
Leçon inaugurale : Mutagenèse chez la souris
Date : 19 février 1996
Harris Memel-Fotê
Chaire annuelle Internationale (1995-1996)
Collège de France
Leçon inaugurale : L'esclavage lignager africain et l'anthropologie des droits de l'homme
Date : 18 décembre 1995
Résumé
Cette leçon établit d'abord les sociétés lignagères dans le cadre théorique universel. Comme toutes les sociétés humaines, les sociétés lignagères qui sont en cause ne possèdent pas seulement des systèmes de droit positif, ainsi que l'a établi l'anthropologie juridique, mais elles possèdent également un noyau minimal de droits de l'homme en même temps qu'elles violent des droits de l'homme suivant des modalités particulières.
Ensuite, cette leçon élucide les fondements indigènes des droits avant d'énoncer les droits. Si, pour le philosophe moderne, la dignité qui fonde les droits réside dans le caractère infini en valeur de la liberté métaphysique, pour l'homme des sociétés lignagères ici considérées cette dignité que désignent l'esprit et le nom a deux sources : l'une, religieuse, renvoie à la personne en tant que figure et messager de la divinité ; l'autre, morale, est la volonté absolue du bien et du mal — gozê, gu, ag-n — dont le possesseur peut mésuser comme c'est le cas du gozêgnon, gugnon, agnu — appelé sorcier de façon incorrecte.
Les droits qui reviennent à cette dignité chez tous sont des droits humains, sociaux, économiques, culturels avant d'être des droits politiques. Tels sont le droit à la vie, le droit à la vie humaine (alimentation, logis, vêtement, santé, éducation, jeu), le droit à la paternité, à la maternité et à la filialité et le droit à la fraternité ou à la sororité. Tels sont les droits au mariage, à la maison, à la famille, au patrimoine, au matrimoine. Tels les droits de participation à la vie publique, au partage des biens communs, à la belle mort et l'inviolabilité des enfants, des femmes, des personnes âgées dans la guerre.
Enfin, cette leçon introduit les concepts analytiques de l'esclavage du point de vue de cette anthropologie. En fonction de cette possession de droits qui constitue la plénitude sociale, on distingue en effet deux niveaux de dépossession de droits ou de déchéance. Le premier niveau est celui des hommes et des femmes libres. Tels sont les captifs et captives de guerre que l'on peut racheter ; tels sont les criminels ou délinquants dont la peine peut venir à terme.
Le second niveau de déchéance ou dépossession est celui qui atteint les esclaves. Par la vente qui finalise en effet une captivité, une excommunication sociale ou une condamnation, une femme ou un homme déchu bascule définitivement dans l'esclavage. Là, tant que le sort le préserve en vie dans les rapports de reproduction, de production, et d'instrument politique, sa déchéance reste inachevée. Le jour où le sort le destine à une immolation et au sacrifice, sa déchéance s'achève et sera parfaite. Les survivants qui entrent en résistance ou en contestation participent au cycle de la repossession des droits perdus ou de la réhabilitation. Les uns connaissent une réhabilitation subjective, s'ils sont acteurs et sujets de la repossession ; par la réhabilitation objective au contraire, d'autres bénéficient d'une rédemption ; le plus célèbre et le plus heureux rédimé reste le bel esclave kweni racheté pour sa beauté par un chef bété, libéré pour son savoir médical et devenu chef de village, successeur de son maître : Guédé Titiku « le Noir ».
Cette anthropologie des droits nous libère de deux illusions. Tout d'abord il n'y a pas de table rase : les sociétés lignagères ont produit et vécu des droits humains. Mais ces droits restent marqués de deux tares : ils sont limités par l'androcentrisme et la séniocratie et ils comportent des contradictions avec leurs principes. Ensuite l'abolition juridico-politique n'est pas la fin de l'esclavage du point de vue anthropologique.
Jacques Bouveresse
Philosophie du langage et de la connaissance (1995-2010)
Collège de France
Leçon inaugurale - Jacques Bouveresse : Philosophie du langage et de la connaissance
Date : 6 octobre 1995
Résumé
Le langage nous importe en philosophie parce que la réalité nous importe. Si, comme il est dit dans les Recherches philosophiques, on doit se garder en philosophie contre la tentation constante de prédiquer de la chose ce qui réside dans le mode de représentation, c'est bien parce que ce qui nous intéresse est la réalité elle-même, et non ce que le langage nous oblige apparemment à supposer ou à croire à son sujet.
J'entends ici par « réalisme » la conviction qu'entre la pensée ou le langage, d'une part, et la réalité, d'autre part, il n'y a pas de distance plus fondamentale et plus préoccupante que celle qui consiste dans la possibilité qu'ont les pensées et les propositions d'être fausses. Ce que dit sur ce point Wittgenstein est tout à fait opposé à l'idée bergsonienne que la pensée elle-même a déjà introduit par essence une distance entre la réalité et nous, et que seule l'intuition directe serait capable de nous livrer des faits.
Jean Guilaine
Civilisations de l'Europe au néolithique et à l'âge du bronze (1995-2007)
Collège de France
Leçon inaugurale - Jean Guilaine : Civilisations de l'Europe au Néolithique et à l'Âge du Bronze
Date : 15 mai 1995
Dans son enseignement au Collège de France, Jean Guilaine a traité de divers problèmes généraux concernant les sociétés de la protohistoire (du Néolithique à l'âge du fer) en les éclairant par la diversité des exemples et par la documentation de ses propres recherches. Les thèmes traités ont été : l'historiographie du Néolithique, les représentations humaines et le genre, symboles et sociétés de la Préhistoire récente, l'hypogeïsme méditerranéen, la protohistoire ancienne de la Méditerranée : îles et continents. Les séminaires ont permis des mises au point sur les derniers développements de la recherche touchant aux berceaux mondiaux de l'agriculture, à l'émergence des mégalithismes, à l'usage de certains matériaux dans le codage symbolique et le fonctionnement social, aux processus de chalcolithisation, aux impacts humains sur l'environnement, aux rites funéraires comme témoins de la hiérarchisation sociale. Ces séminaires ont fait l'objet de onze ouvrages publiés par les éditions Errance.
Les analyses théoriques de Jean Guilaine ont porté sur divers sujets : le concept d'arythmie dans la diffusion du Néolithique européen, la nécessité d'une archéologie environnementale et les processus d'anthropisation, la violence et la guerre préhistoriques, la diversité des mégalithismes et hypogéïsmes, le phénomène campaniforme, l'iconographie néolithique et le genre, les rythmes de l'histoire méditerranéenne sur le temps long, les thésaurisations métalliques et les réseaux ouest-méditerranéens à l'âge du fer. Plusieurs de ces thèmes ont été synthétisés dans divers ouvrages.
Homme de terrain, Jean Guilaine a dirigé ou codirigé des chantiers de fouilles à Chypre, Grèce, Italie du Sud, France méridionale, Andorre, Espagne. Ces interventions ont donné lieu à la publication de monographies pluridisciplinaires qui constituent autant d'études de cas éclairant la protohistoire de la Méditerranée du Xe au Ier millénaire avant notre ère.
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