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Or


Le Théâtre 14 organise du 1er au 11 avril 2025, le Festival Woke avec comme sous-titre : « Ça va bien se passer », histoire de réunir tout le monde ! Mais quelle histoire se cache derrière le mot « woke » ?
Cabarets, théâtre, lectures, conférences, documentaires... Le festival Woke au Théâtre 14 met en avant depuis le 1er avril les minorités et les œuvres qui parlent en leur nom, une programmation qui « affirme joyeusement et collectivement le droit à être et à raconter. »
Le mot « woke » est né aux États-Unis de manière un peu confidentielle entre militants des droits civiques dans les années 1970. C'est un mot qui veut dire « éveillé », volontairement mal utilisé grammaticalement. Il devrait se dire « awaken », c'est un parler de rue, un dialecte populaire. Ce n'était pas à l'origine un mot militant, mais juste un mot qui signifiait de rester vigilant face aux discriminations.
Je ne pense pas qu'on puisse être "woke". Il s'agit plutôt d'une attitude, d'une vigilance générale, d'un principe éthique qui doit accompagner une action et une façon d'être. Cela devient une identité, dès lors que c'est mis dans la bouche de ses ennemis. Un "label" pour l'extrême droite, un principe éthique pour les gens de gauche qui renvoient à une diversité d'attitudes .
Le mot est né de nouveau, il y a quinze ou vingt ans suite aux attaques d'extrême droite, mais aussi d'une certaine gauche... Ce mot est devenu péjoratif avec le temps…« Le but de ce festival est de vider ce mot de sa substance négative et de se le réapproprier » nous dit Mathieu Touzé.
Invités :
► Le festival Woke a lieu jusqu'au 11 avril au Théâtre 14 à Paris.
Et la chronique de Lucie Bouteloup La puce à l'oreille nous invite cette semaine à découvrir l'expression « se monter le bourrichon » avec Sylvye BRUNET et la complicité des élèves de l'école primaire Léon Maurice Nordmann à Paris.
Programmation musicale :
L'artiste Sam Sauvage avec le titre« Les gens qui dansent (j'adore) »
« La Cerisaie, c'est une tragédie pour certains personnages, mais pas pour d'autres. Ce qui est certain, c'est que chaque comédienne et comédien ne peut pas y faire l'économie de lui-même. Chez Tchekhov, on est obligés de faire avec ce qu'on est, et on ne peut pas tricher. C'est sans doute pour cela qu'il est si difficile à jouer. »
La Cerisaie, achevée en 1904, est la dernière pièce et la plus emblématique d’Anton Tchekhov. Le dramaturge veut montrer les tiraillements de la fin d'une époque : la chute de l'aristocratie russe après l'abolition du servage en 1861 et les mutations sociales qui s'ensuivent dans la Russie du début du XXe siècle. Lioubov Ranevskaïa [Florence Viala] refuse de vendre sa cerisaie familiale, mais est rattrapée par la réalité lorsque Lopakhine [Loïc Corbery], riche marchand et fils d’un ancien moujik, finit par racheter la propriété aux enchères et détruire le verger pour y construire des datchas.
Je ne conçois pas la vie sans la cerisaie, et, s’il faut la vendre, qu’on me vende avec elle…
Invité(e)s :
♦ Clément Hervieu-Léger est acteur et metteur en scène. En février, il a été nommé administrateur général de la Comédie-Française, à compter d’août 2025, succédant à Eric Ruf. Formé au Conservatoire du Xe arrondissement de Paris, il fait ses premiers pas à la Comédie-Française en 2000 dans L’Avare de Molière par Andrei Serban, a intégré la Troupe en 2005 et en est devenu le 533e sociétaire en 2018. Sa carrière a été marquée par des rôles notables comme Robespierre dans La Mort de Danton et Günther von Essenbeck dans Les Damnés. Il a joué sous la direction de plusieurs metteurs en scène renommés comme Robert Wilson, Marcel Bozonnet ou Denis Podalydès. Il fut également un disciple de Patrice Chéreau, qu'il a accompagné sur de nombreux projets. Il enseigne aussi le théâtre à l’école de danse de l’Opéra national de Paris et préside, depuis 2021, la Société d’histoire du théâtre.
♦ Florence Viala incarne Lioubov Andreevna Ranevskaïa dans La Cerisaie. Ancienne élève du Conservatoire national supérieur d'art dramatique à Paris, elle rejoint la Comédie-Française en 1994 et en devient la 503e sociétaire en 2000. Elle a fait ses débuts dans la salle Richelieu avec le rôle de Cyprienne dans Mille Francs de récompense de Victor Hugo, mis en scène par Jean-Paul Roussillon et sa performance dans Occupe-toi d'Amélie de Georges Feydeau, sous la direction de Roger Planchon, a contribué à la faire connaître du public et de la critique. En parallèle de sa carrière théâtrale, Florence Viala a également tourné dans plusieurs films et téléfilms, dont Guermantes de Christophe Honoré et Une jeune fille qui va bien de Sandrine Kiberlain. La Cerisaie n'est pas sa première collaboration avec Clément Hervieu-Léger : elle a interprété le rôle de Dorimène dans Le Petit-Maître corrigé de Marivaux (en 2016) et celui d'Arsinoé Le Misanthrope de Molière (en 2014 puis pour sa reprise en 2022) sous sa direction.
► Créée le 13 novembre 2021, la reprise de la Cerisaie de Clément Hervieu-Léger se joue jusqu'au 1er juin 2025 salle Richelieu à la Comédie-Française.
Programmation musicale : Pandémonium – Vald
Dans ce roman, l'auteur Antoine Laurain aborde avec tendresse et humour cet exercice redoutable qui traverse les générations et qui a traumatisé plus d'un élève : la dictée !
Benjamin rate régulièrement des dictées. Pour prouver que les adultes commettent aussi des fautes, ses parents décident d’organiser un grand jeu familial à l'occasion d'un grand pique-nique pendant lequel ils plancheront sur la dictée de Mérimée.
La dictée de Mérimée a été écrite en 1857 par Prosper Mérimée (1803-1870) à la demande de l'impératrice Eugénie, femme de Napoléon III. Les dictées étaient alors très populaires, elles étaient considérées comme des jeux. Cette dictée est considérée comme étant l'une des plus difficiles de la langue française. Napoléon III aurait fait 75 fautes, l'écrivain Alexandre Dumas, vingt-quatre !
Pour parler sans ambiguïté, ce dîner à Sainte-Adresse, près du Havre, malgré les effluves embaumés de la mer, malgré les vins de très bons crus, les cuisseaux de veau et les cuissots de chevreuil prodigués par l'amphitryon, fut un vrai guêpier.
Extrait de la Dictée de Mérimée
Invité : Antoine Laurain. Écrivain français né en 1972. Il a écrit une dizaine de romans dont La femme au carnet rouge sorti en 2014 et traduit en vingt-deux langues.
Son dernier ouvrage, La dictée est publié chez Flammarion.
Reportage dans une école dans le nord de Paris : Éléonore Coupet
Et si vous êtes mordu de dictée, sachez que vous pourrez participer à la Grande dictée de Paris qui aura lieu le vendredi 11 avril au Petit Palais ! Trois textes (niveau débutant, intermédiaire et expert) inédits écrits par les autrices Emma Green, Tatiana de Rosnay et Leïla Slimani seront lus. Retransmission vendredi 16 avril sur France TV.
Cette semaine, la chronique Ailleurs nous emmène à Brazzaville en République du Congo où Mariusca La Slameuse, artiste, nous parlera de la 4e édition de Slamouv dont elle est la directrice générale. Slamouv, c'est le Festival international de poésie urbaine : des racines et des ailes.
Programmation musicale : l'artiste Mariusca La Slameuse avec le titre Kaka yo.
Pour ce septième roman, l’écrivain camerounais Max Lobe nous raconte son pays au travers de trois générations d’hommes dans une langue inventive et swingante.
Il définit son roman comme un roman de «saudadegie», un souvenir lumineux d'une enfance passée quelque part...
C'est un roman dédié à son père, aux pères : mais quels pères ? Ils sont nombreux. Tout d'abord le père, le géniteur, le «daron» puis, il y a aussi le père ancêtre, l'arrière-grand-père, Wolfgang, mais aussi le premier père du Cameroun, le père des Indépendances en 1960, Ahmadou Ahidjo, surnommé «le président berger».
"Le roman, c'est une œuvre d'art, et comme toute autre œuvre d'art, s'inscrit dans quelque chose d'infiniment plus grand que Max Lobe. On vient, on vit, on meurt et au milieu de tout ça, il y a la danse de la vie."
Il y a aussi l'histoire familiale et intime. Par la voix de Benjamin Muller, le narrateur et double de l'auteur. Max Lobe raconte la conflictuelle relation entre son père et son fils. Adoré, puis rejeté, parce qu'homosexuel, «neuf mois pour rien» dans une société très traditionnelle axée sur la famille.
Comme le personnage principal, l'auteur a fui son pays natal pour la Suisse : un véritable «exil psychiatrique»..
Invité : Max Lobe est né en 1986 à Douala, au Cameroun, dans une famille de sept enfants. Arrivé à Genève il y a presque vingt ans, il fait des études de communication et de journalisme à Lugano avant de se mettre à l'écriture en 2011 - date du décès de son père. Ses romans, très souvent axés sur l'histoire du Cameroun, sont principalement aux éditions Zoé. Son dernier roman «La danse des pères» est paru en février 2025.
Programmation musicale :
Dandyguel, Beau et fort.
Dans ce documentaire, les réalisatrices-teurs Lucie Lahoute et Stéphane Miquel ont exploré les origines de la rature !
À l'origine, il y a cette peur que nous avons toutes et tous connue : celui de raturer, car on nous apprend à l'école, qu'écrire beau, c'est écrire bien. Les ratures, c'est moche et ça fait brouillon !
Pourtant, pour le philosophe et critique littéraire Roland Barthes : « La littérature, c’est la rature... ».
Ce documentaire prend cette définition au mot ! Et explore les origines de toute œuvre littéraire. Les réalisateurs nous plongent dans les trésors de l'IMEC (l'Institut Mémoires de l'Édition Contemporaine), une association française créée en 1988. Dans cet institut situé dans une ancienne abbaye en Normandie, se trouvent les fonds de centaines d'écrivains contemporains qui sont venus déposer leurs archives, de leurs manuscrits, de leurs correspondances. On peut y trouver les archives d'une centaine d'autrices et d'auteurs tel-le-s que Marguerite Duras, d'Edgar Morin, Violette Leduc, Jean Genet.... et même Erik Satie. Chaque année, de nouveaux auteurs y déposent leurs fonds dans le but de conserver la mémoire de leurs brouillons, leurs écrits, genèse du travail d'écrivain.
En la rature, se trouvent toutes les métamorphoses du texte, toutes les bifurcations possibles. C'est toute la richesse de la création littéraire. La rature, c'est le symbole de la vivacité d'une œuvre en train de s'écrire. Dans une rature, il y a toute l'intimité de l'auteur"
Gustave Flaubert, par exemple, auteur de Madame Bovary a modifié la fin de son manuscrit, la toute dernière phrase. Puis, il a modifié la première phrase en y mettant un mot qui fait du livre une œuvre éminemment politique.
Lucie Lahoute, réalisatrice du documentaire Éloge de la rature. À voir sur la plateforme France Télévisions.
Et cette semaine, dans Façon de parler, Lucie Bouteloup retourne au collège pour entendre le parler des adolescents !
Programmation musicale :
L'artiste Yoa, Princesse chaos.
Le metteur en scène Jean Bellorini revisite le thème d'Antigone avec l'Afghan Girls Théater. Une adaptation de la pièce de Sophocle en langue dari, l'une des deux langues officielles d'Afghanistan.
Lorsque les Talibans prennent le pouvoir en Afghanistan en août 2021, la performeuse Kubra Khademi lance un appel pour aider les artistes qui cherchent à fuir le pays. L’Afghan Girls Theater Group, compagnie de neuf jeunes comédiennes, sont parmi les dernières personnes à fuir le pays en 2021. Elles sont alors accueillies par Joris Lacoste (directeur du Théâtre Nouvelle Génération) et Jean Bellorini, qui les font alors travailler sur une adaptation de la pièce de Sophocle, Antigone.
C'était un véritable acte de résistance pour ces femmes de faire du théâtre en Afghanistan
La figure d'Antigone est un symbole de résistance. Dans la mythologie grecque, Antigone est la fille née de l'union incestueuse d'Œdipe et de sa mère, Jocaste. Elle est aussi la sœur d'Etéocle et de Polynice qui se sont entre-tués lors de la guerre des Sept chefs. Le Roi Créon, également oncle d'Antigone, refuse une sépulture à Polynice qu'il juge responsable de cette guerre fratricide, il se veut intraitable et menace de mort quiconque transgresserait cette loi. Antigone va pourtant braver cette interdiction et sera condamnée à mort par son oncle.
Un véritable message de résistance pour leurs consœurs restées à Kaboul...
Invité : Jean Bellorini, directeur du TNP (Théâtre national Populaire de Villeurbanne). Le TNP est une institution centenaire de la scène de théâtre française fondé par Firmin Gémier en 1920. C'était, à l'origine, un théâtre ambulant qui avait à cœur de rendre le théâtre populaire.
Depuis 2002, Jean Bellorini adapte des textes de grands auteurs tels que Victor Hugo, Alexandre Pouchkine, Rabelais, Proust. En 2023, il met en scène Les Messagères, une adaptation de la pièce Antigone de Sophocle.
À voir au théâtre des Bouffes du Nord du 4 au 13 avril 2025.
Programmation musicale :
L'artiste Gabi Hartmann, Salinda la fille aux yeux de sel.
L'Institut français a confié à l'entreprise de sondage IPSOS une enquête sur la perception de la langue française à l'étranger. Ce sont près de 25.000 personnes dans douze pays qui ont été sondées.
Les résultats de cette enquête ont été publiés à l'occasion de la semaine de la francophonie qui a eu lieu fin mars.
Réalisée dans douze pays pilotes (États-Unis, Colombie, Nigeria, Liban, Maroc, Pologne, Corée du Sud, Chine, Ouzbékistan, Vietnam, Arabie Saoudite et Allemagne), elle avait pour objectif de percevoir comment les habitants non francophones des pays sondés percevaient la langue française afin de susciter davantage « l’envie d’apprendre en français » et d'attirer de nouveaux publics.
Selon l'enquête, une personne sur trois estime que la maîtrise de la langue française est "essentielle". Quant à la langue française, elle est bien perçue par huit sondés sur dix mais elle est perçue comme une langue plutôt difficile à apprendre.
L'aspect utilitariste de la langue (partir travailler ou étudier en France, voyager plus facilement) est mis en avant par les personnes interrogées.
Invités : Fédérico Vacas, directeur du Département Opinion chez IPSOS, et Stéphane Ré, directeur du Réseau à l'Institut français. L'Institut français est l'établissement public chargé des relations culturelles extérieures de la France.
Connaissez-vous le lien entre la langue française, le numérique et l'Estonie ? La chronique "Ailleurs" nous emmène aujourd'hui à Tallinn en Estonie et c'est Emmanuel RIMBERT directeur de l'Institut français d'Estonie et conseiller de coopération et d’action culturelle qui nous parlera de la conférence de Mathieu Goux, Numérique et langue française.
Programmation musicale :
L'artiste Weekend Affaire avec le titre Ton appel
Dans ce roman, l'autrice Minh Tran Huy s'adresse à sa grand-mère décédée et qui l'a en partie élevée. Elle revient alors que le silence qui entoure son histoire familiale.
Elles ne parlaient plus la même langue. En grandissant, l'autrice, s'est éloignée du vietnamien tandis que sa grand-mère n'a jamais vraiment parlé le français.
Minh Tran Huy l'appelait «Bà» ce qui signifie «grand-mère» en vietnamien. Elle l'appelait Con ce qui veut dire enfant.
En vietnamien, il n'existe pas de pronoms personnels comme «je» ou «tu» pour se désigner ou désigner son interlocuteur.
Dans ce roman, elle restitue l'histoire tragique de «Bà» qui a connu le deuil, l'exil. Un livre au présent pour comprendre le passé qu'elle a recomposé grâce aux fragments laissés par sa grand-mère et son père, mais aussi par ses propres souvenirs d'enfance. C'est également un hommage à cette «Bà» qui n'a vécu que pour se dévouer aux autres.
Invitée : Minh Tran Huy, autrice française d'origine vietnamienne née en 1979. Elle a notamment écrit La Double vie d'Anna Song, mais aussi Un enfant sans histoire, consacré à son fils autiste. Son dernier roman «Ma grand-mère et le pays de la poésie» est publié chez Flammarion.
Programmation musicale :
Les artistes Marion Rampal et Naïssam Jalal avec le titre Cantilène.
La nouvelle exposition temporaire accueillie à la Cité des sciences et de l’industrie invite à une réflexion sur notre rapport au silence et au bruit, deux phénomènes qui structurent notre quotidien.
Comment parler du silence ?
C'est une exposition immersive qui commence avec beaucoup de douceur. On est accueillis, casque aux oreilles, avec le bruit d'un homme qui marche sur la neige. Mais c'est quoi le silence ? Le silence absolu existe-t-il ? Il n'y a que l'Espace où il semble exister. En effet, il y a trop peu de matière pour que le son puisse se propager. Le Big Bang est donc le feu d'artifices le plus silencieux de tous les temps...
Se taire ne créé pas pour autant du silence. D'autres bruits se font entendre : les sons des pensées ou celui de la nature... Saviez-vous, par exemple, que les harengs du Pacifique font du bruit lorsqu'ils pètent dans l'eau ? Que les poissons-clowns grinçaient des dents ? Ou que le chant des grillons peut parfois atteindre les 90 décibels ?
Le silence a aussi son histoire : les premiers bouchons d'oreille pour se protéger du bruit ont été inventés par une société allemande au début du vingtième siècle lorsque naissait la Première Révolution Industrielle. Le bruit devenait alors gênant, les populations qui commençaient alors à s'installer dans les villes et cherchaient à se préserver.
De nos jours, deux personnes sur trois affirment être gênées par le bruit.
Le silence peut aussi inspirer les artistes. Le musicien John Cage a composé 4'33, une œuvre musicale de quatre minutes et trente-trois secondes de silence. De silence ? Pas si sûr…
Invité : Mark Read, commissaire de l'exposition. Silence est à découvrir à la Cité des Sciences et de l'Industrie à Paris jusqu'au 31 août 2025.
Et cette semaine, dans La Puce à l'Oreille, Lucie Bouteloup nous invite à l'oisiveté et nous incite à "coincer la bulle". Avec les explications de Géraldine Moisnard, lexicographe aux éditions Le Robert.
Programmation musicale :
L'Artiste Spill Tab avec le Morceau Assis
Entre le roman et l'essai, Profaner Ananda est avant tout la construction d’un mythe autour de l'écrivaine mauricienne Ananda Devi, dont l'œuvre est célébrée à travers le double regard de Sami Tchak et d'Annie Ferret, et avec la complicité de l'intéressée. Ils unissent leurs voix pour livrer une fiction torride et hors-norme, plus qu'un hommage : un accaparement.
Profaner Ananda raconte entre autres la rencontre entre l'écrivaine Ananda vieille de plusieurs siècles, et Ananda, disciple du Bouddha qui a l'éternité derrière lui. Ils vont cheminer ensemble, jusqu'à l'extase. Un livre pour dire l'importance d'Ananda Devi et surtout celle de la littérature.
Écrivaine et poétesse, née à l'île Maurice de parents d'origine indienne, ayant vécu au Congo, l'anthropologue de formation Ananda Devi est l’auteure d’une œuvre foisonnante récompensée par de nombreux prix, dont notamment Eve de ses décombres (prix des Cinq Continents, prix RFO, 2006), Le Sari vert (prix Louis Guilloux, 2009), et Le Rire des déesses (prix Femina des lycéens, 2021). Elle a reçu le prix international de littérature Neustadt 2024 pour l’ensemble de son œuvre.
Sami Tchak a d'abord eu un coup de foudre pour l'œuvre, avant de rencontrer la personne. Une rencontre puissante qui lui a inspiré cette fiction, comme un hommage, hors-norme et teinté d'érotisme. Mais alors pourquoi profaner ce qu'on admire ? Pour Sami Tchak, la profanation n'est pas la destruction. Pour que profanation il y ait, il faut d'abord avoir sacralisé.
« Quand on parle de profanation, ça signifie qu'on a d'abord sacralisé. » Sami Tchak
Mais s'arrêter au sacré, c'est rester passif, dans un lien vertical. Alors que pour Sami Tchak, la lecture d'une grande œuvre se doit d'être un échange où le lecteur, actif, projette ses propres expériences dans ce qu'il lit, dans un rapport d'horizontalité. Il s'agit en fait d'accaparement, de fusion, et c'est dans cette fusion que la vraie rencontre lecteur-auteur peut advenir.
Invité : Sami Tchak est un écrivain né au Togo en 1960, installé en France depuis 1986. Il a publié plusieurs essais et une douzaine de romans dans lesquels il explore principalement le thème de la sexualité et ses diverses expressions transgressives ou socialement réprimées. Depuis Cuba où il se rend en 1996 pour y mener des recherches sur la prostitution, il découvre le continent et la littérature sud-américains, où se dérouleront nombre de ses romans. À partir de 2011, Sami Tchak se tourne vers l'Afrique, avec son roman Al Capone le Malien (Mercure de France). Il a obtenu de nombreux prix littéraires et publie aujourd'hui Profaner Ananda.
Profaner Ananda, de Sami Tchak et Annie Ferret, est paru chez Gallimard dans la collection Continents noirs.
Programmation musicale :
Keren Ann - La sublime solitude.
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Une émission consacrée à la langue française dans le monde et aux cultures orales. Un rendez-vous quotidien du lundi au jeudi, pour rendre plus vivant notre rapport à la langue, et être la vitrine…

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