La marche du monde

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  • Les Pénélopes, une épopée féministe sur internet

    La Marche du monde vous invite cette semaine à découvrir Les Pénélopes, une épopée féministe sur internet, un nouvel épisode documentaire consacré aux Pénélopes, un média féministe créé par des Françaises dans le sillage de la 4è conférence mondiale sur les femmes à Pékin qui se tenait en septembre 1995, organisée sous l’égide de l’organisation des Nations unies (ONU).

     

    Pékin, septembre 1995, pendant 10 jours, des dizaines de milliers de femmes venues du monde entier, des déléguées gouvernementales, des représentantes d'ONG, des militantes féministes, étaient rassemblées pour travailler à la rédaction d’une plateforme d'action en douze points pour l'égalité femmes-hommes.

    En attendant la conférence suivante annoncée en 2000 à New York, des femmes ont décidé d’agir et de profiter de l’émergence d’internet pour travailler en réseau et relayer en ligne des informations produites par et pour des femmes.

    C’est le cas des Pénélopes, un groupe de Françaises qui créent sur le web des médias féministes à destination du monde entier.

    On s’est dit : les médias en France ne font pas leur travail. Il faut se mettre au travail, c’est à nous de le faire parce qu’il n’y aura personne d’autre pour le faire à notre place. […] On voulait du transversal, de l’horizontal, de l’international surtout. Donc on va faire notre magazine féministe international sur le web. Joëlle Palmieri, co-fondatrice des Pénélopes

    Alors qu’internet arrive à peine dans les foyers, et que les premiers sites d’informations voient le jour, les Pénélopes décident de leur emboîter le pas et de tisser leur toile féministe. Le site www.penelopes.org sera lancé en janvier 1997.

    Au programme : des articles en français, en anglais et en espagnol, sur la vie des femmes et sur les luttes des femmes à l’international, mais aussi la création d’une Web TV et d’une web Radio avec les moyens du bord, de la formation toute azimut auprès de nombreux collectifs de femmes, et enfin une présence à de nombreuses conférences et rendez-vous internationaux, de Séoul, à Dakar, en passant par Porto Alegre pour les premiers forums sociaux.

    Avec Pénélope, on faisait des choses qu’on n’avait jamais faites avant et rien n’était impossible. […] C’était rare de rencontrer des militantes féministes du monde entier ; il fallait récolter les témoignages et apprendre les unes des autres. Malin Bjork, membre des Pénélopes

    80 ans après la création de l’ONU, le 24 octobre 1945 à San Francisco, qui avait accordé une place importante aux droits des femmes, avec l’affirmation du principe d’égalité femmes-hommes dans le préambule de la Charte, et 30 ans après la conférence des femmes à Pékin en 1995, La marche du monde vous emmène à la rencontre des Pénélopes, ces pionnières du web féministe.

    Aux sons de leurs archives numérisées récemment par Bibliothèque nationale de France (BNF), Les Pénélopes, une épopée féministe sur internet, c'est un nouvel épisode de la Marche du monde signé Joëlle Palmieri et Maxime Grember, réalisé par Sophie Janin et produit par Valérie Nivelon.

     

    Avec les témoignages de :

    - Malin Bjork, membre des Pénélopes

    - Elsa Boulet, fondatrice des Pénélopes

    - Marie-Hélène Mottin-Sylla, partenaire des Pénélopes

    - Joëlle Palmieri, fondatrice des Pénélopes.

    Remerciements à :

    - Dominique Foufelle, fondatrice des Pénélopes

    - Lin McDewitt Pugh, partenaire des Pénélopes

    - Julie Guillaumot, cheffe du service vidéo à la BNF

    - Nicole Fernandez Ferrer, déléguée générale du Centre audiovisuel Simone de Beauvoir

    - Laurence Sarniguet et Eugénie Ducret de la Sonothèque de RFI.

    Musiques :

    - Computer Love, de Kraftwerk

    - Woman, de Neneh Cherry

    - People has the power, de Patti Smith.

    Ouvrages :

    - Les Pénélopes : un féminisme politique 1996-2004, de Dominique Foudelle et Joelle Palmieri, 2014

    Archives :

    - Journal France inter, 5 septembre 1995 (archives INA),

    - Émission Cyberfemmes du 28 avril 1999, «Spéciale Pénélopes»,

    - Émission Cyberfemmes du 4 juin 2000 à New York, «Pékin+5 : des femmes prennent les médias en main»,

    - Émission Cyberfemmes du 9 juin 2000 à New York, «La Francophonie en péril ?»,

    - Reportage du 16 décembre 2000 à Dakar pendant le sommet de la dette, 

    - Reportage du 26 janvier 2002 à Porto Alegre lors du 2e Forum social mondial, «Manifestation contre le sexisme et l’impérialisme»,

    - Reportage du 26 janvier 2001 à Porto Alegre lors du 1er Forum social mondial, «Manifestation pour l’avortement»,

    - Reportage du 13 avril 2002 à Paris sur le cinquième anniversaire du magazine en ligne des Pénélopes; concert du groupe Les Zarmazones.,

    Ressources :

    - Site internet des Pénélopes

    - Web radio, “Voix de femmes”

    - Émissions Cyberfemmes, Catalogue Bnf,

    - Exposition «Europes en partage» du 13 septembre 2025 au 6 septembre 2026 au musée de la Bnf, présentation d’extraits de l’émission Cyberfemmes du 6 octobre 1999, intitulée «L'Europe et les femmes».

    Carrousel photos

    49 min
  • Louise Mushikiwabo, une autre histoire de la Francophonie

    La Marche du Monde est aux Rendez-vous de l’Histoire de Blois, une émission enregistrée en public.

    Au son de nos archives, nous revisitons l’histoire de la francophonie avec Louise Mushikiwabo, élue secrétaire générale au XVIIè Sommet de la Francophonie à Erevan, en fonction depuis janvier 2019, et réélue à l’unanimité lors du XVIIIè Sommet de la Francophonie à Djerba en novembre 2022. Une histoire marquée par ses pères fondateurs, Senghor, Bourguiba, Diori, Sihanouk, et leur volonté de s’unir dans une communauté linguistique et culturelle.

    Si la culture et l’éducation sont au cœur de l’institution multilatérale francophone, le premier Sommet de la Francophonie sous François Mitterrand affirme sa dimension politique et en 1995, l’institution se dote d’un poste de secrétaire général et d’une Charte de la Francophonie dans laquelle les valeurs de paix, de coopération, de solidarité et de développement durable sont affirmés. À l’heure où des États fondateurs sont sortis de la Francophonie, où la démocratie, le droit et la liberté sont bafoués par nombre d’États membres, quel rôle politique peut encore exercer la secrétaire générale dans un monde où de l'Asie à l'Afrique, la Génération Z est dans la rue ?

    49 min
  • Robert Badinter au Panthéon

    Nommé ministre de la Justice en 1981, suite à l’arrivée de la gauche au pouvoir, Robert Badinter a su conjuguer ses convictions politiques à son approche humaniste. Écoutez ses plaidoyers contre la peine de mort, pour la captation audiovisuelle des procès historiques et pour la dépénalisation de l'homosexualité : les combats d’un avocat exemplaire. 

     

    Robert Badinter est entré dans l’Histoire le 9 octobre 1981 pour avoir obtenu l’abolition de la peine capitale, promesse de campagne de François Mitterrand. Pour le Garde des Sceaux, c’est l’aboutissement d’une longue lutte portée par de grandes figures intellectuelles telles que Victor Hugo, Alphonse de la Martine, Flora Tristan ou encore Albert Camus.

    Rappelons également l’engagement sans faille de Robert Badinter pour la dépénalisation de l’homosexualité en France et dans le monde. Robert Badinter a défendu la loi Forni, rapportée par la députée Gisèle Halimi. Le texte promulgué le 4 août 1982 abrogeait définitivement le «délit d’homosexualité». Sans oublier la loi autorisant les captations filmées des procès historiques promulguées le 11 juillet 1985. Un texte novateur permettant la constitution de sources audiovisuelles, pour les historiens et le travail de mémoire.

    Je tiens à remercier chaleureusement toutes celles et ceux qui ont largement contribué à la réalisation de ce documentaire inédit. Toute l’équipe des rendez-vous de l’Histoire de Blois et plus particulièrement Caroline Gomes, responsable des archives et des podcasts Badinter.

     

    À écouter : 

    Justice et histoire, Robert Badinter

    Robert Badinter, alors sénateur, avocat et ancien ministre de la Justice, traite des rapports complexes qu’entretiennent magistrats et historiens, en revenant sur le procès de Robert Faurisson ou bien sur les lois mémorielles. Conférence de clôture de l'édition 2010 des Rendez-vous de l'Histoire sur le thème «Faire Justice». 

    La dépénalisation de l'homosexualité

    En 2010, lors des Rendez-vous de l'histoire sur «La Justice», Robert Badinter, Louis-Georges Tin et Philippe Castetbon, sous la modération de Florence Tamagne, ont échangé au sujet de la dépénalisation de l’homosexualité. Ensemble, ils dressent un état des lieux du sujet en France, près de 30 ans après la suppression du «délit d'homosexualité» et 3 ans avant l'adoption du mariage pour tous, ainsi que l'ouverture de l'adoption aux couples homosexuels. Ils en appellent également à une mobilisation internationale pour obtenir la dépénalisation universelle de l'homosexualité.

    Remerciements également à notre partenaire le magazine Historia, dont le numéro d’Octobre consacre un article au maître Badinter, Historia que vous retrouverez également aux rendez-vous de l’Histoire de Blois à partir du 9 octobre 2025, jour de l’entrée au Panthéon de Robert Badinter !

    Robert Badinter est mort à l'âge de 95 ans, dans la nuit du 8 au 9 février. En 2001, il revenait pour Historia sur son combat pour la peine de mort dans un long entretien.

     

    «Robert Badinter au Panthéon», un évènement national à suivre sur les antennes de RFI le jeudi 9 octobre à partir de 17h10 TU.

    49 min
  • Radio Balkans, mémoires sonores du socialisme

    La marche du monde est au MuCem à Marseille. Le Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée accueille pour la 5ème édition le colloque Balkan Matters, un rendez-vous scientifique international où les cultures matérielles des Balkans sont à l’honneur ! Ici on s’intéresse à l’usage des objets en général et à l’usage de la radio en particulier ! Radio Moscou, Radio Sofia, Radio Bulgaria, chaque radio de l'Union des Républiques Socialistes Soviétiques diffuse ses propres programmes au temps de la guerre froide.

    Des archives méconnues, souvent perdues, des souvenirs d’auditeurs, des histoires sensibles, à la fois intimes et collectives sur lesquelles nos invités anthropologues ont longuement enquêté. Avec Aliki Angélidou, de l’Université Panteion des Sciences sociales et politiques à Athènes, nous réveillons la mémoire des réfugiés grecs de la guerre civile tandis qu'avec Olivier Givre, de l’Université Lumière Lyon 2, nous partons sur le terrain à la recherche d'un mystérieux poste de radio appelé Radiototchka !

     

    Tous nos remerciements

    - Au MucemLab et particulièrement à Anne Faure

    - À l'équipe de Balkan Matters et particulièrement à Olivier Givre

    - À l'équipe de RFI et particulièrement à Jad El Khoury et Sophie Janin

    - À découvrir, l'exposition de Alain Blum et Emilia Koustova «Sur les traces des lituaniens déportés par Staline». 

     

    Pour aller plus loin 

    Série «Les voix du goulag» sur RFI.

    49 min
  • Cap Vert, la culture de l’indépendance

    50 ans après l’indépendance du Cap Vert, La Marche du monde est en reportage dans la ville de Praia, à la recherche de celles et ceux qui ont participé à la construction de ce petit pays chanté par Cesaria Evora, ambassadrice aux pieds nus d’un archipel situé au large du Sénégal. Un archipel du Cap Vert devenu une référence démocratique pour le continent africain.

    Au fil des rencontres, nous interrogeons cette culture de l’indépendance, arrachée par les armes en Guinée-Bissau par le héros national Amilcar Cabral et ses guérilléros. Cabral, co-fondateur du PAIGC, le parti africain pour l’indépendance, Cabral assassiné en 1973 avant d’avoir pu traduire par les actes sa vision d’un peuple libéré du joug colonial portugais. Cabral l'agronome, défenseur d'un système éducatif capverdien et d'une agriculture adaptée à la géographie et au climat de sa terre. Des idées relayées par son fidèle commandante Pedro Pires afin d’accompagner la transition pacifique de la lutte armée jusqu'à la République du Cap Vert. Mais, 50 ans après l’indépendance, le développement du Cap Vert est conditionné par le défi environnemental imposé par le réchauffement climatique, un enjeu fondamental pour les 500 000 habitants de l'archipel dont les investissements sont largement soutenus par la diaspora. Une île où la jeunesse revendique sa langue cap-verdienne, fière de son identité créole !

    Avec :

    Pedro Pires, ancien président de la République de Cabo Verde entre 2001 et 2011, Premier premier ministre du Cap Vert de 1975 à 1991. Pedro Pires dirige la Fondation Amilcar Cabral ainsi que l'Institut Pedro Pires

    Instituto Pedro Pires for Leadership - Forming tomorrow's leaders

    Fundação Amílcar Cabral - Facebook

    Maria Fatima Fernandes, issue d’une des très nombreuses familles déportées par les Portugais pour le travail forcé, revenue au pays pour participer à son développement, vice-rectrice de l'Université Cabo Verde

    Amalia Lopez, présidente de l’association pour la défense de la langue cap- verdienne 

    José Arlindo Fernandez, Recteur de l’Université du Cap Vert 

    Arlindo Barreto

    AUF/Université du Cap Vert

    Arlindo Fortes, professeur d’Agronomie à l'École d'agronomie et d'environnement de l'UCV 

    Uni24k/Université du Cap Vert

    Mario Lucio, ancien ministre de la Culture et musicien célèbre, découvrez le titre phare de son album Indépendance.

     

    Pour aller plus loin :

    - l'émission La marche du monde : Amilcar Cabral et Maria Helena, de l'intime au politique

    - le webdoc RFI : Amilcar Cabral, lettres à Maria Helena - Dans l'intimité d'une icône africaine

    - l'émission Musiques du monde : Mario Lucio et Cotonete, du Cap-Vert à l'exil aux îles.

    49 min
  • Résistances affectives contre violences d’État

    Baltimore, Téhéran, Buenos Aires, Khartoum, aux quatre coins du monde, des communautés sont frappées de plein fouet par les violences d’État… jusqu’au jour où elles réagissent. D’abord en s’indignant, puis en bravant tous les interdits pour faire connaître la réalité des faits, les propager et les dénoncer. Des femmes et des hommes qui se retrouvent dans la rue à défier le pouvoir, à brandir les photos de leurs enfants disparus, à chanter et à danser, pour l’égalité des droits et pour la liberté !

    Mais pourquoi certaines morts soulèvent-elles des foules ? Qu’est-ce que nos émotions, de l’indignation à la colère, font à la politique ? En quoi les affections qui nous lient jouent dans nos réactions et nos actions ?

    Du mouvement Black Lives Matter aux États-Unis au soulèvement Femme, Vie, Liberté en Iran, en passant par la révolution au Soudan, notre invitée anthropologue Chowra Makaremi questionne nos résistances affectives. De l’intime au politique, elle livre un essai magistral aux éditions La découverte.

    Son titre ? « Résistances affectives. Les politiques de l’attachement face aux politiques de la cruauté ».

    Merci à l’Ina et à RFI pour les nombreuses archives diffusées dans cette émission.

    Pour découvrir le livre de Chowra Makaremi. 

    Les sites des mouvements de référence mentionnés dans l’émission :

    Black Lives Matter

    Colectivo Lastesis

    Abuelas de Plaza de Mayo

    Ni Una Menos.

     

    Programmation musicale :

    Baltimore, de Nina Simone.

     

    Pour aller plus loin :

    - Iran : Femme, Vie, Liberté»

    - Alaa Salah, icône de la révolution au Soudan: «il ne faut jamais se taire sur ses droits»

    - À Gaza, où se réfugier? Les civils entre attente et crainte d'un nouveau déplacement.

    49 min
  • Palestine, filmer pour exister

    La marche du monde vous invite à découvrir cette semaine Palestine, filmer pour exister, un épisode documentaire signé Maxime Grember à découvrir à l'occasion de la 80e session de l'Assemblée générale de l'Organisation des Nations unies (ONU), dont le lancement doit avoir lieu mardi 9 septembre, plusieurs pays ont annoncé vouloir reconnaître l'État de Palestine.

    Entre 1968 et 1982, le cinéaste palestinien Mustafa Abu Ali et d’autres professionnels du cinéma vont réaliser des dizaines de films sous l’égide de l’Unité cinéma, une structure de production audiovisuelle liée au Fatah. Passant du fusil à la caméra, ils vont raconter en images la lutte du peuple palestinien, diffuser leurs films dans les camps de réfugiés et tenter ainsi de construire une mémoire visuelle palestinienne.

    Mais quelle histoire se cache derrière cette filmographie militante née dans les mois qui ont suivi la guerre des six jours de 1967 ? Qu’est-ce que ces films nous racontent du mouvement révolutionnaire palestinien et de la guerre contre l'État d’Israël ? Et enfin, que nous disent-ils du rapport que le peuple palestinien entretient avec sa propre histoire ?

    Le 15 juin 1969, dans une interview accordée au journal britannique The Sunday Times, Golda Meir, alors cheffe du gouvernement israélien, déclare, deux ans après la guerre des Six-Jours qui avait donné à son pays le contrôle de l’ensemble des territoires palestiniens : « Les Palestiniens n’ont jamais existé. Comment pourrions-nous rendre les territoires occupés ? Il n’y a personne à qui les rendre. »

    En réponse à cette provocation, le cinéaste palestinien Mustafa Abu Ali réalise en 1974 le documentaire They do not exist, pour insister sur le manque de soutien et de visibilité de la part de la communauté internationale.

    L’histoire du cinéma palestinien pourrait véritablement prendre sa source dans ce déni d’existence, car c’est bel et bien à partir de 1968 qu’une Unité cinéma va se créer et que des hommes et des femmes vont documenter en images les luttes, les souffrances et les multiples déplacements que le peuple palestinien connait depuis la Nakba de 1948.

    « Il n'y avait plus de rues, plus de magasins, plus d'écoles. Tout avait été détruit. Donc, l'idée était de construire un film à partir de cette phrase de Golda Meir "They do not exist". Alors Mustafa s’est dit : s'ils n'existent pas, ceux que vous bombardez, ce sont des fantômes ? ». Khadijeh Habashneh, cinéaste et archiviste du cinéma palestinien, s’exprime au sujet du film They do not exist que Mustafa Abu Ali réalise en 1974.

    En 1973, Mustafa Abu Ali réalise Scène d’occupations à Gaza, un film emblématique de l’Unité cinéma. Ne pouvant pas se rendre dans la bande de Gaza, sous contrôle israélien depuis 1967, il va réaliser son film à partir d’un reportage fait pour la télévision française et pour lequel il arrive à se procurer les images. Avec son nouveau montage, il veut attester en images de la souffrance endurée par le peuple gazaoui.

    « Mustafa Abu Ali va utiliser les moyens que le cinéma met à sa disposition, c'est-à-dire qu'il va transformer la bande son, ajouter une voix off, de la musique. Il va figer l'image sur le regard d'un des hommes palestiniens qui est contrôlé, et rajouter en insert une image d'une grenade sur un fond rouge. À travers cela, il essaye de signifier que ce jeune homme porte en lui toutes les marques de la lutte. » Hugo Darroman, docteur en études cinématographiques, s’exprime au sujet du film Scènes d’occupation à Gaza que Mustafa Abu Ali réalise en 1973.

    À lire aussi1974, le discours historique de Yasser Arafat à l'ONU

    L'ensemble de ces films seront montrés dans les camps de réfugiés palestiniens, mais aussi à l’étranger, dans des festivals ou dans des réseaux de solidarité, afin de faire connaître la cause palestinienne et aussi mettre en place des coproductions, comme ce sera le cas en 1977 avec l’Italie pour le documentaire Tall-al-Zaatar consacré aux massacres ayant eu lieu dans le camp de réfugiés palestiniens dans l’est de Beyrouth.

    Au total, près d’une centaine de reportages et de documentaires seront produits par l’unité cinéma du Fatah, d’abord installé à Amman jusqu’en 1970, puis à Beyrouth jusqu’en 1982, où une cinémathèque s’était constituée autour de cette collection. Mais, en 1982, lors de l’invasion israélienne au Liban, une partie du patrimoine culturel palestinien va être spolié, et les archives filmiques, un temps cachées dans Beyrouth, vont également disparaître au milieu des années 80.

    Depuis les années 2000, Khadijeh Habashneh, déjà à l'œuvre à Beyrouth entre 1976 et 1982 aux côtés de son mari Mustafa Abu Ali, tente de remettre la main sur des copies de ces films, et de trouver les partenariats et les conditions nécessaires pour qu’ils puissent être conservés et à nouveau montrés au public.

    C’est finalement à la Cinémathèque de Toulouse, l’une des plus importantes de France, connue pour la richesse de ses collections venant du monde entier, qu’une partie des films palestiniens vont trouver refuge en 2023.

    Retour sur une production cinématographique méconnue, une histoire d'archives en exil, d'images manquantes, et d’une certaine idée du cinéma comme moyen de résistance et de représentation d’un peuple par lui-même.

    Palestine, filmer pour exister, un nouvel épisode documentaire de La marche du monde, signé Maxime Grember, produit par Valérie Nivelon, réalisé par Sophie Janin, aux sons des archives filmiques palestiniennes.

    Avec les témoignages de :

    • Samir Arabi, programmateur du festival Ciné-Palestine Toulouse-Occitanie
    • Hugo Darroman, docteur en études cinématographiques, auteur d’une thèse sur le cinéma de la révolution palestinienne
    • Khadijeh Habashneh, archiviste, cinéaste et psychologue
    • Franck Loiret, directeur de la Cinémathèque de Toulouse
    • Rona Sela, chercheuse en histoire visuelle à l’Université de Tel Aviv

    Remerciements à :

    Francesca Bozzano, Nicolas Damon, Victor Jouanneau et Franck Loiret de La Cinémathèque de Toulouse ainsi que leurs partenaires dans le projet de sauvegarde et de numérisation des films palestiniens : le ministère de la Culture palestinien, le Palestinian Cultural Fund, la Fondation Art Jameel et le Consulat Général de France à Jérusalem.

    Samir Arabi, Hugo Darroman, Khadijeh Habashneh, Rona Sela, Guilhem Delteil et Vanadis Feuille de RFI, Tarik Hamdan de MCD, Colette Berthès et Monica Maurer. Ainsi que Nathalie Laporte, Joe Farmer et Sophie Janin pour la voice-over.

    Musiques :

    • The urgent call of Palestine, Zeinab Shaat
    • Ounadikom, Ahmad Kaabour
    • From Gaza with love, Saint Levant

    Films :

    • Scène d’occupations à Gaza, Mustafa Abu Ali, 1973
    • They do not exist, Mustafa Abu Ali, 1974
    • Tall el-Zaatar, Mustafa Abu Ali, Adriano Pino et Jean Chamoun, 1977

    Documentaires :

    • Looted and Hidden - Palestinian Archives in Israel, Rona Sela, 2017

    Ouvrages :

    • La Palestine et le cinéma, de Guy Hennebelle et Khemaïs Khayati, Édition du Centenaire, 1977
    • Knights of Cinema, documentary narrative book on the story of Palestine Film Unit. From its beginning 1967 till 1982, de Khadijeh Habashneh, Alahlia Publishing house, 2020

    Articles :

    • Toulouse, refuge des archives palestiniennes, sur Orient XXI, 2024
    • Les Palestiniens: visibles / invisibles ? Plonger au cœur des archives pour rétablir l’histoire, de Asmaa Al-Atawna, revue 24 Images, 2025

    Table ronde :

    • Films palestiniens, archives en exil, organisée par la Cinémathèque de Toulouse et le festival Ciné-Palestine Toulouse-Occitanie en 2024

    Diaporama

    49 min
  • Le maloya, l'esprit créole de La Réunion

    Connaissez-vous le maloya ? Expression musicale poétique et poétique née sur le sol de La Réunion, et nulle part ailleurs. Mais que nous racontent ces femmes et ces hommes qui l’ont chanté sur un sol où ils ont été déplacés de force pendant la traite négrière puis colonisés ? Réponse dans notre nouvel épisode documentaire Le Maloya, l’esprit créole de La Réunion, à travers ses chants, sa langue et sa musique. (Rediffusion)

    Avec par ordre d’apparition les Réunionnais : Françoise Vergès, politologue, Fanie Précourt, ethnomusicologue, Danyel Waro et Anne O’Aro, chanteurs de maloya. Et les voix de Firmin Viry, Gran Moun Bébé et Paul Vergès... des archives rares.

    Un documentaire de La marche du monde proposé par Valérie Nivelon, Sophie Janin et Nadia Genet avec :

    ► Françoise Verges, politologue, écrivaine et militante réunionnaise

    ·     Le Ventre des femmes : capitalisme, racialisation, féminisme, Paris, Éditions Albin Michel, coll. « Bibliothèque Idées », mars 2017

    ·         Un féminisme décolonial, La Fabrique éditions, 208 p., février 2019

    ·         Une théorie féministe de la violence — Pour une politique antiraciste de la protection, La Fabrique éditions, novembre 2020

    ► Fanie Précourt, ethnomusicologue réunionnaise, chargée de la mission patrimoine du Pôle Régional des Musiques Actuelles de La Réunion, responsable du label Takamba et de la Phonothèque Historique de l’océan Indien.

    ► Danyel Waro, musicien et poète réunionnais, fabricant d’instruments et infatigable militant de la cause créole, un artiste de référence sur la scène des musiques du monde. Découvrez sa biographie sur le site de RFI.

    ► Ann O’Aro, chanteuse réunionnaise de maloya, auteure, compositrice, interprète.

    49 min
  • Kamtech. Le génocide perpétré par les Khmers rouges

    De 1975 à 1979, les Khmers rouges ont exterminé deux millions de femmes, d’hommes et d’enfants. Mais 50 ans après, qui s’en souvient ? (Rediffusion)

    Prétextant un futur bombardement américain, les Khmers rouges ordonnent d’évacuer Phnom Penh lorsqu’ils entrent dans la capitale du Cambodge le 17 Avril 1975. En réalité, la ville est vidée, et sa population déportée vers les campagnes devenues camps de travail et de rééducation. C’est le début du génocide cambodgien dans le nouveau Kampuchéa Démocratique où les mots de la langue khmère sont revus et corrigés. Kamtech ne signifie plus seulement tuer, mais détruire ou réduire en poussière sans laisser de trace.

    Alors comment faire pour se souvenir du passé et apaiser les morts ?

    Avec le témoignage du cinéaste Rithy Panh dont les films sont projetés dans le cycle « Qui se souvient du génocide cambodgien ? » au Forum des images à Paris.

    « Qui se souvient du génocide cambodgien ? » : la bande annonce.

    Et la participation de :

    - Soko Phay, professeure en Histoire et théorie de l’art à l’Université Paris 8, dont le livre, Cambodge, l’art devant l’extrême est à paraître aux éditions Naïma. Co-organisatrice, avec Pierre Bayard, du programme « Qui se souvient du génocide cambodgien ? » au Forum des images.

    Au Cambodge, environ deux millions de personnes – soit près du quart de la population – ont péri entre 1975 et 1979, à la suite de déportations, de meurtres de masse et de famines. Face au génocide perpétré par les Khmers rouges, l’art est un défi que les artistes doivent surmonter. Rithy Panh, Vann Nath, Séra, Svay Sareth ou encore, dans la seconde génération, Davy Chou, Vandy Rattana, Guillaume Suon, Jenny Teng n’ont eu de cesse de faire œuvre de mémoire, pour s’élever contre le déni et l’effacement des morts sans sépulture.

    Cinquante ans après le début des massacres dans son pays, Soko Phay revisite les relations entre le témoignage et la fiction et montre comment les œuvres mémorielles donnent à penser les séquelles profondes au sein de la société cambodgienne. La création, par ses ressources symboliques, permet de dévoiler ce qui a été dérobé au regard, tout en assurant le travail de transmission des événements non-inscrits dans l’histoire officielle.

    - Jean-Baptiste Phou, écrivain, metteur en scène, auteur du livre « 80 mots du Cambodge », à L’asiathèque. 80 mots qui sont autant d'histoires qui racontent le Cambodge et qui, en plus des racines des mots et de leur résonance dans le coeur des femmes et des hommes qui les utilisent, évoquent le lien particulier qu'entretient l'auteur avec le Cambodge, ses habitants et leur langue. La famille de Jean-Baptiste Phou est d’origine chinoise de l’ethnie Teochew, et a émigré au Cambodge. Les attaches chinoises de la mère restent fortes et Jean-Baptiste, qui a choisi de pratiquer la danse khmère et de s’installer au Cambodge, s’attache à approfondir les traditions du pays auquel il a décidé d’appartenir et en même temps nous fait part des difficultés qu’il rencontre pour comprendre le mode de vie et les réactions des gens et pour s’acclimater et s’insérer. Les mots sont souvent choisis en référence à son histoire personnelle.

    - Anne-Laure Porée, journaliste, anthropologue, pour son livre « La langue de l’Angkar, leçons khmères rouges d’anéantissement », aux éditions La Découverte. Comment bien torturer pour réussir un interrogatoire en bon révolutionnaire ? Comment présenter un dossier d'aveux qui satisfasse les dirigeants ? Voilà ce qu'enseigne Duch, le chef khmer rouge du centre de mise à mort S-21, aux interrogateurs qu'il forme de 1975 à 1978 à Phnom Penh. Ses leçons, qui dictent comment penser et agir au service du Parti communiste du Kampuchéa, ont été consignées avec soin dans un cahier noir à petits carreaux d'une cinquantaine de pages.

    Anne-Laure Porée décrypte ce document capital, plongeant le lecteur dans le quotidien des génocidaires cambodgiens. Elle identifie trois mots d'ordre au service de l'anéantissement : cultiver – la volonté révolutionnaire, l'esprit guerrier et la chasse aux « ennemis » –, trier – les « ennemis » à travers diverses méthodes, de la rédaction d'une biographie sommaire à la torture physique, en passant par la réécriture de l'histoire – et purifier – les révolutionnaires comme le corps social.

    Ces notions reflètent la politique meurtrière orchestrée par le régime de Pol Pot, au pouvoir à partir du 17 avril 1975, qui, en moins de quatre ans, a conduit un quart de la population cambodgienne à la mort. En prenant les Khmers rouges au(x) mot(s), La Langue de l'Angkar rend plus sensibles la logique organisatrice et les singularités d'un régime longtemps resté en marge des études sur les génocides.

    En partenariat avec RFI et le Forum des images, le numéro hors-série Historia retrace toute l’histoire du Cambodge, des rois bâtisseurs d’Angkor au régime de terreur de Pol Pot, en passant par le protectorat français et la déclaration d’indépendance.

    Pour en savoir plus : Cambodge : de la grandeur d'Angkor à la terreur khmère rouge ».

    49 min
  • Palais de Lomé, une histoire décoloniale

    Lorsque les gouverneurs allemands initient la construction du Palais de Lomé à partir de 1902, ils pensent à une architecture symbole du pouvoir colonial, une architecture dominante, imposante et visible depuis le large par les navires. Abandonné et livré à la forêt depuis les années 1990, l’ancien Palais est aujourd’hui restauré et rompt avec le passé. Ancien lieu d’exclusion, il ouvre ses portes aux visiteurs pour leur proposer un centre d’art et de culture où une nouvelle histoire se raconte, du point de vue togolais. (Rediffusion)

    Un nouvel épisode de La marche du monde signé Valérie Nivelon, Victor Uhl et Sophie Janin.

    À découvrir :

    Visitez le Palais de Lomé dirigé par Sonia Lawson, grâce à son site officiel

    Palais de Lomé est sur FB et insta Palais de Lomé (@palaisdelome) - Instagram.

    Tous nos remerciements aux participants :

    - les artistes Kugbe Koffi Apelete dit Kukoff, Akpaloo Abla Sika et Kodjovi Tessi.

    - le professeur d’histoire contemporaine Joseph Tsigbe.

    - les enfants de l’École Ndiaye Boubacar, leur instituteur Apéléte Kodjo Dagnissede et leur directeur Amah Amouzou

    - messieurs Akoli Hiheglo, chef de chantier et praticien en médecine traditionnelle, Eric Agbessy, docteur en Biologie et expert en Biodiverdité, Mike Hounsinou, représentant de l’African Bird Club (ABC).

    Spéciale dédicace à Sonia Lawson, directrice du palais de Lomé, à Joana Faye, chargée de la communication et à toutes les équipes du palais.

    Diaporama

    49 min

About La marche du monde

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Chaque semaine, La marche du monde vous propose de découvrir l’histoire de nos sociétés contemporaines. Sur les cinq continents, nous recherchons des témoignages, mais aussi des archives…

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