La marche du monde

La marche du monde

Download on the App Store

La marche du monde episodes

  • Hitler et les nazis : comment la haine est arrivée au pouvoir ?

    Comment Hitler et les nazis sont-ils arrivés au pouvoir en 1933 ? Était-ce inéluctable ? Pourquoi Hitler a-t-il été nommé chancelier alors que son discours était anti-démocratique, inégalitaire et haineux à l’égard des juifs ? (Rediffusion)

    Était-ce inéluctable ? Qui sont « les irresponsables » qui ont porté Hitler au pouvoir ? C’est le titre de l’enquête historique de Johann Chapoutot menée dans les archives des années 20 et 30 en Allemagne qui reconstitue minutieusement les rôles joués par le président Hindenburg, son entourage et le chancelier Von Papen. L’un des plus grands spécialistes du nazisme fait rimer le mot histoire avec le mot espoir en démontrant qu’un autre scénario aurait pu aboutir, épargnant au monde l’horreur de la Shoah et de la Deuxième Guerre mondiale.

    Quelle langue parlaient les nazis et comment la décrypter ? C’est toute la réflexion menée par Olivier Mannoni, traducteur de l’édition critique du livre Mein Kampf intitulé Historiciser le mal aux éditions Fayard.

    Comment cette violence des mots s’est-elle traduite en actes ? C’est ce que nous dit Ulrich Baumann, directeur adjoint et scientifique du Mémorial aux Juifs assassinés d'Europe à Berlin.

    Dans cet épisode, nous remettons en question les idées reçues selon lesquelles Hitler serait arrivé au pouvoir par les urnes dans une république de Weimar qui se serait suicidée.

    C’est tout le contraire, nous dit Johann Chapoutot dans son enquête historique Les irresponsables parue aux éditions Gallimard.

    « Cette histoire se déroule en Allemagne, entre mars 1930 et janvier 1933. Elle repose sur une lecture des archives politiques, des journaux intimes, correspondances, discours, articles de presse et mémoires des acteurs et témoins majeurs. Elle révèle non pas la progression irrésistible de la marée brune, mais une stratégie pour capter son énergie au profit d’un libéralisme autoritaire, imbu de lui-même, dilettante et, in fine, parfaitement irresponsable. »

    À lire aussiLa propagande nazie au quotidien: appauvrir la langue pour contrôler la pensée

     

     

     

    49 min
  • Le wax au fil de l’histoire

     « Mon pied, ton pied », « L’œil de ma rivale », « Alphabet », « Fleurs de mariage », autant de dénominations qui correspondent à des motifs de wax, tissu emblématique du continent africain. Le wax est un coton imprimé sur les deux faces grâce à l’usage de la cire qui se dit justement « wax » en anglais ! Mais connaissez-vous l’histoire longue de ce tissu inspiré par le batik indonésien de l’île de Java dont les motifs et les couleurs ont traversé les frontières et les siècles ? (Rediffusion)

    Émerveillés par sa finesse et sa qualité, les marchands néerlandais qui découvrent le batik à la fin du XIXè siècle veulent industrialiser son processus de fabrication pour inonder le marché indonésien… sans succès. Ce seront dans les cours royales du Royaumes de Bénin, l’actuel Nigeria ou du Dahomey, l’actuel Bénin, que les élites africaines se montreront sensibles à ces nouveaux tissus venus d’Indonésie. Africanisés par les marchands européens, puis commercialisés et popularisés par les revendeuses africaines, le wax va devenir un tissu très prisé par les femmes et les hommes du continent au tournant des indépendances. Incarné par l’épopée économique et politique des nana benz (nana signifie maman en langue fongbé), le succès du wax hollandais en Afrique va exploser dans les années 60. Marqueur colonial pour les uns, marqueur de l’identité africaine pour les autres, l’histoire de ce tissu fabriqué par les Blancs et porté par les Noirs est paradoxale !

    Avec Manuel Martin, Historien des arts africains et anthropologue, Soloba Diakité, historienne de l’art, Dalé Hélène Labitey, docteure en droit et Soalinane Thérèse Tchintchan, historienne.

    À voir si vous êtes de passage à Paris : l’exposition Wax.

    Playlist du jour :

    - Ozane avec David Tayorault : Ton pied mon pied 2022

    - Beyoncé et ses invités : Brown skin Girl 2019.

     

    Pour aller plus loin :

    La marche du monde sur RFI : Portrait de Lomé des nana benz aux yéyés.

     

    À lire :

    - «Wax Stories, histoires de pagnes», publié par la Fondation Zinsou

    - «Wax paradoxe», de Justine Sow.

    49 min
  • Marie-Cécile Zinsou, pionnière de l’art contemporain au Bénin

    Transmettre l’art contemporain aux enfants, offrir aux artistes la possibilité de créer sur le continent africain, c’est l’histoire pionnière incarnée par Marie-Cécile Zinsou et toute l’équipe de la Fondation devenue Musée à Ouidah au Bénin. L’amazone de l’art a été la première à exposer Romuald Hazoumé ou Cyprien Tokoudagba inconnus dans leur propre pays, la première aussi à montrer les œuvres d’artistes internationaux comme Jean-Michel Basquiat ou Joël Andrianomearisoa. (Rediffusion)

    Et c’est justement avec Joël Andrianomearisoa, son complice de toujours, que l’exposition Promesse célèbre 20 ans d’engagement et de restitution. Restitution des trésors royaux du Dahomey mais surtout restitution de l’histoire et de l’identité des Béninois, sans faire abstraction de leurs émotions. Esprit libre, Marie-Cécile Zinsou reste fidèle à la promesse faite à son grand-oncle le Président Zinsou : Changer le monde !

     

    À découvrir :

    - Le site de la Fondation

    - L’histoire de la Fondation

    - L’exposition Promesse pour les 20 ans de la Fondation

    - Les publications de la Fondation

    - Le Studio Joël Andrianomearisoa

     

    Album de famille de la Fondation (Diaporama)

    Du fond du cœur, je remercie toutes les équipes de la Fondation Zinsou :

    Marie-Cécile Zinsou, présidente ; Halima Moumouni-Jeanjean, directrice générale ; Choubine Houngbo, responsable production ; Josué Agbo, adjoint technique ; Laura Fagbohoun, manager cafétéria-boutique et Claude Akotome, responsable site Ouidah sans oublier toute l’équipe des guides culturels du Lab de Cotonou et du Musée de Ouidah.

    Je tiens également à remercier l’artiste Joël Andrianomearisoa pour avoir accepté ma présence pendant l’accrochage de son exposition, et toute son équipe du studio Joël Andrianomearisoa.

    Spéciale dédicace à Sophie Douay, directrice de l’association Contemporary A, responsable de la médiation culturelle, commissariat, éditions, gestion de la collection de la Fondation Zinsou.

    Sans oublier tous les artistes rencontrés sans lesquels je n’aurais pu réaliser ce documentaire : Ishola Akpo

    Jérémy Demester ou l’oeuvre de Cyprien Tokoudagba.

     

    Pour aller plus loin, le podcast.

    Le podcast « Le mystère du 27è trésor », signé Pierre Firtion, revient sur le trésor qui manque à l’appel quand la France restitue au Bénin le 10 Novembre 2021, 26 œuvres pillées dans les palais royaux d’Abomey par le colonel Dodds en 1892. La mémoire de cet objet manquant, un tabouret sacré qu’on appelle « kataklé », s’est en fait perdue au fil des années. L’historienne de l’art Marie-Cécile Zinsou est à l’origine de cette découverte.

    49 min
  • Le procès Pétain de l’été 1945

    80 ans après la libération de la France, nous revisitons le procès historique du Maréchal Pétain lors de l’été 1945. « C'est un vrai procès, avec un vrai débat », déclare l’historien Julian Jackson dans les lieux même où il s’est déroulé, au sein du Palais de justice de Paris, sur l’île de la Cité. Julian Jackson est spécialiste de l’histoire de France au XXème siècle et il nous propose de revivre le procès de l’ancien chef du gouvernement de Vichy, une expérience inédite enregistrée par RFI et partagée avec notre invité Denis Salas, président de l’Association française de l’Histoire de la justice et ancien juge.

    Revenons justement à l’Occupation de la France par les nazis et à cette photographie qui a tellement choqué les Français : le Maréchal Pétain, héros de la Première guerre mondiale, serrant la main de Hitler, le 24 Octobre 1940. Une photo symbole de la collaboration. C’est à la radio que le Maréchal Pétain explique alors son choix.

    « Français j’ai rencontré le Chancelier du Reich. Cette première rencontre entre le vainqueur et le vaincu marque le premier redressement de notre pays. C’est dans l’honneur et pour maintenir l'unité française que j’entre aujourd’hui dans la voie de la collaboration. (…) L’armistice au demeurant n’est pas la paix (…) la France est tenue par des obligations nombreuses vis-à-vis du vainqueur, du moins reste-t-elle souveraine. Cette politique est la mienne, mes ministres ne sont responsables que devant moi. C’est moi seul que l’Histoire jugera. » C’est également à la radio que Charles de Gaulle, Chef de la France libre a fait connaitre son choix. « Un jour, la France libérée punira les responsables de ces désastres et les artisans de sa servitude. » Comme l’avait déclaré le Général De Gaulle en 1940, il s’agit en 1945 de punir Pétain mais aussi de le juger.

    Le Maréchal Pétain s’est rendu à la France depuis la Suisse, fin Avril 1945 et que c’est en prison à Montrouge dans le sud de Paris, qu’il attend son procès. Un procès qui a lieu au sein de la première Chambre d’appel de la Cour de Paris du 23 juillet au 15 Août 1945. Et c’est dans cette même salle que Julian Jackson nous raconte les trois semaines du procès. Si la première semaine est marquée par le silence de Pétain, le grand évènement de la deuxième semaine, c’est l’arrivée de Pierre Laval. Joseph Kessel écrit sur « sa laideur fascinante, avec ses énormes oreilles et ses yeux reptiliens », il serait le mauvais génie de Pétain. Si l’accusation réclame la peine de mort, l’avocat principal Fernand Payen joue la carte de la sénilité tandis que le jeune et brillant Jacques Isorni, partage les valeurs de son client et met en scène une défense de rupture en assumant la collaboration de Vichy. Tous les protagonistes sont conscients que le verdict de la peine de mort sera commué en prison à vie. Mais ce procès pour l’Histoire écrit-il toute l’histoire de la collaboration de Vichy avec les nazis ? « Certainement pas, nous dit Denis Salas, il y a un moment de justice avec ce procès de 45, qui a été prolongé et complété par la suite par d’autres moments de justice (Entre 1987 et 1998, la justice française a jugé Klaus Barbie, Paul Touvier et Maurice Papon) qui ont prouvé la participation active et déterminante du régime de Vichy à la déportation des juifs de France.

    À lire aussiProcès de Klaus Barbie: 30 ans après, les archives ouvertes aux chercheurs

     

    À lire aussiL'Argentine retire à Maurice Papon une distinction reçue pendant la dictature

    À lire :

    Le procès Pétain. Vichy face à ses juges par Julian Jackson.

    À découvrir :

    Le site de l’association française pour l’Histoire de la justice présidée par Denis Salas.

    49 min
  • Miriam Makeba et Stokely Carmichael à Conakry, un amour panafricain

    Le saviez-vous ? En 1968, Miriam Makeba, la chanteuse africaine la plus célèbre au monde fait le choix de quitter les États-Unis pour s’installer à Conakry avec son révolutionnaire de mari Stokely Carmichael, le leader du mouvement Black Power. Le couple panafricain va servir la révolution socialiste de Sékou Touré !

    Cette histoire aussi fascinante que méconnue est documentée par Elara Bertho, chargée de recherche au CNRS au sein du Laboratoire Les Afriques dans le monde (LAM). Historienne de la littérature, elle revisite les années 70 marquées par une extrême violence envers les noirs, que ce soit aux États-Unis ou en Afrique du Sud, mais depuis Conakry, capitale de la Guinée indépendante dirigée par Ahmed Sékou Touré depuis 1958 et son célèbre « Non » à la communauté française proposée par le Général de Gaulle. Une indépendance immédiate, en rupture avec la France, et un choix politique clair : celui du socialisme. Anticolonialiste, panafricaniste, Sékou Touré soutient les luttes de libération et accueille combattants clandestins et réfugiés politiques.

    Pour Stokely Carmichael, théoricien du Black Power et de la colonialité, des millions de Noirs sont justement devenus des réfugiés politiques à l’époque. « Dans le monde entier, il y a des centaines de milliers, je dirais même des millions de réfugiés politiques noirs, et nous devenons des réfugiés politiques dans le monde. Et nous n'avons absolument rien à voir avec les luttes politiques qui se déroulent, les luttes politiques des Blancs. Mais ce sont des luttes politiques blanches pour le contrôle des Noirs, et nous sommes pris au milieu. Chaque fois qu'il y a un coup d'État dans un pays africain, qui est provoqué par les forces impérialistes occidentales blanches, des milliers de Noirs doivent alors fuir. Prenons l'exemple du Congo. Au Congo, il y avait (Moïse) Tshombe, Mobutu et Lumumba. Lorsque les forces impérialistes blanches ont tué Lumumba, des dizaines de milliers de Noirs vivant au Congo ont dû fuir le pays à la recherche d'un refuge politique dans les pays environnants, affirme-t-il au micro de Hayward Henry aux USA en 1968 (Archive Afro-Marxist). Et des milliers de personnes ont dû fuir lorsque Nkrumah a été renversé, ce sont les forces blanches qui contrôlent les richesses. Ma femme (Miriam Makeba) est une réfugiée politique de son propre pays, née et élevée en Afrique du Sud. Certains envahisseurs blancs viennent expulser les Noirs de leur propre terre et leur disent qu'ils ne peuvent pas y retourner. Nous avons des milliers de réfugiés politiques d'Afrique du Sud, du Mozambique, d'Angola, de Guinée-Bissau, toute l'Afrique est inondée de réfugiés politiques noirs, et maintenant les États-Unis complotent pour déplacer ce phénomène dans les Caraïbes. Et enfin, bien sûr, vers les États-Unis.»

    Lors de ses différentes visites à Conakry, Miriam Makeba, infatigable militante contre l’apartheid en Afrique du Sud, s’est vue plusieurs fois proposer l’accueil de la Guinée. C’est ainsi qu’en 1968, après leur mariage le 29 Avril à New-York, Miriam Makeba et Stokely Carmichael s’envolent pour Conakry et s’engagent au service de la révolution culturelle lancée par Sékou Touré… un récit aux sons de nos archives sonores et musicales !

    À lire :

    Un couple panafricain par Elara Bertho, aux éditions ROT-BO-KRIK.

     

    À voir :

    Le diaporama des photos du livre.

    Programmation musicale :

    - Miriam Makeba / Kilimanjaro Live 1971 Guinée

    - Harry Belafonte / Give Us Our Land (Mabayeke)

    - Miriam Makeba / Pata Pata (Strut Records)

    - Miriam Makeba / Sékou Famaké (SYLLART RECORDS)

    - Miriam Makeba / Kadeya Deya (SYLLART RECORDS).

    49 min
  • Amilcar Cabral et Maria Helena, de l’intime au politique

    50 ans après l’indépendance du Cap-Vert, La marche du monde est en reportage dans la ville de Praïa, à la recherche des lettres adressées par Amilcar Cabral, l’icône de la lutte de libération nationale, à Maria Helena Atalaide Vilhena Rodrigues, sa première compagne portugaise. Des lettres conservées avec amour par Iva, leur première fille, jusqu’à ce qu’elle décide de les publier puis de les confier à la Fondation Cabral.

    Une archive précieuse pour comprendre comment Amilcar, jeune Africain brillant venu poursuivre des études à Lisbonne dès 1945 est devenu Cabral, le co-fondateur du PAIGC, le parti Africain de l’Indépendance de la Guinée-Bissau et du Cap-Vert.

    C’est dans le quartier de Terra Branca sur les hauteurs de Praïa que je retrouve Maria Benedita Basto, spécialiste des textes de Cabral. Ensemble nous avons souvent rêvé de venir rendre visite à Iva Cabral afin de comprendre pour quelles raisons elle a souhaité porter à la connaissance du grand public la correspondance de ses parents.

    « Ces lettres me tiennent à cœur, pas seulement parce que ce sont des lettres de mes parents où ils démontrent les sentiments mutuels, mais principalement parce que ça démontre qui ils étaient », nous confie Iva Cabral en français, « qui étaient ces jeunes gens dans une époque très difficile (N.D.L.R. L’empire coloniale portugais sous la dictature de Salazar). J'ai compris que c'était deux jeunes qui s'aimaient. J'ai vu que c'était des jeunes qui voulaient augmenter leur poids dans la société, voulaient changer quelque chose, oui, c'est ça que Cabral veut dire dès les premières lettres. À partir d'un certain moment, il commence à s'engager et il fait que ma mère s'engage aussi. Je parle de libérer leur patrie, la patrie de mon père qui était le Cap-Vert et la Guinée-Bissau, de finir avec le colonialisme, mais pas seulement dans sa terre, mais aussi dans l'Afrique. »

     

    Un documentaire signé Valérie Nivelon.

    Conseillère scientifique : Maria Benedita Basto

    Réalisation : Sophie Janin.

    Tous mes remerciements à Iva Cabral, au président Pedro Pires et à la Fondation Cabral, à Filinto Elisio et Marcia Souto des éditions Rosa de Porcelena et à Maria de Fatima Fernandes de l’Université du Cap-Vert.

     

     

    Pour découvrir les lettres adressées par Amilcar Cabral à Maria Hélèna, et traduites pour la première fois en français, RFI vous propose un long format inédit.

    Le webdocumentaire

    56 min
  • Congo-Océan, un chemin de fer et de sang

    En 1921, la construction de la ligne «Congo-Océan» est lancée pour relier Brazzaville à Pointe-Noire afin d’exporter les richesses de l’Afrique Équatoriale française vers la métropole. Pour mener à bien ce gigantesque projet, les concessionnaires épuisent leur main-d’œuvre fournie par l’État français.

    Travail forcé, maltraitance, punition des récalcitrants… les descendants des ouvriers en témoignent. Ce chantier de treize ans fut l’un des plus meurtriers du continent, entraînant la mort de près de 20 000 hommes, réquisitionné du Congo jusqu’au nord du Tchad ! C’est ce que nous racontent la réalisatrice Catherine Bernstein, avec son film documentaire Congo-Océan, un chemin de fer et de sang, et l’archiviste et producteur Hassim Tall Boukambou, directement concerné par cette histoire partagée entre la France et le Congo. Avec la participation de Maylis Bouffartigue du festival Histoire de se rencontrer.

    Découvrez le film Congo-Océan : un chemin de fer et de sang, diffusé le mercredi 24 juillet 2024 à 20.50 sur Histoire TV.

    Émission initialement diffusée le 19 juillet 2024.

     

    Le film «Congo-Océan» en images

    49 min
  • Palestine, filmer pour exister

    Après Palestine, le discours historique de Yasser Arafat à l'ONU, La Marche du monde vous invite à découvrir cette semaine Palestine, filmer pour exister, un nouvel épisode documentaire signé Maxime Grember. 

    Entre 1968 et 1982, le cinéaste palestinien Mustafa Abu Ali et d’autres professionnels du cinéma vont réaliser des dizaines de films sous l’égide de l’Unité cinéma, une structure de production audiovisuelle liée au Fatah. Passant du fusil à la caméra, ils vont raconter en images la lutte du peuple palestinien, diffuser leurs films dans les camps de réfugiés et tenter ainsi de construire une mémoire visuelle palestinienne.

    Mais quelle histoire se cache derrière cette filmographie militante née dans les mois qui ont suivi la guerre des six jours de 1967 ? Qu’est-ce que ces films nous racontent du mouvement révolutionnaire palestinien et de la guerre contre l'État d’Israël ? Et enfin, que nous disent-ils du rapport que le peuple palestinien entretient avec sa propre histoire ?

    Le 15 juin 1969, dans une interview accordée au journal britannique The Sunday Times, Golda Meir, alors cheffe du gouvernement israélien, déclare, deux ans après la guerre des Six jours qui avait donné à son pays le contrôle de l’ensemble des territoires palestiniens : « Les Palestiniens n’ont jamais existé. Comment pourrions-nous rendre les territoires occupés ? Il n’y a personne à qui les rendre ».

    En réponse à cette provocation, le cinéaste palestinien Mustafa Abu Ali réalise en 1974 le documentaire They do not exist, pour insister sur le manque de soutien et de visibilité de la part de la communauté internationale.

    L’histoire du cinéma palestinien pourrait véritablement prendre sa source dans ce déni d’existence car c’est bel et bien à partir de 1968 qu’une Unité cinéma va se créer et que des hommes et des femmes vont documenter en images les luttes, les souffrances et les multiples déplacements que le peuple palestinien connait depuis la Nakba de 1948.

    «Il n'y avait plus de rues, plus de magasins, plus d'écoles. Tout avait été détruit. Donc, l'idée était de construire un film à partir de cette phrase de Golda Meir «They do not exist». Alors Mustafa s’est dit : s'ils n'existent pas, ceux que vous bombardez, ce sont des fantômes ?». Khadijeh Habashneh, cinéaste et archiviste du cinéma palestinien, s’exprime au sujet du film They do not exist que Mustafa Abu Ali réalise en 1974.

    En 1973, Mustafa Abu Ali réalise Scène d’occupations à Gaza, un film emblématique de l’Unité cinéma. Ne pouvant pas se rendre dans la bande de Gaza, sous contrôle israélien depuis 1967, il va réaliser son film à partir d’un reportage fait pour la télévision française et pour lequel il arrive à se procurer les images. Avec son nouveau montage, il veut attester en images de la souffrance endurée par le peuple gazaoui.

    «Mustafa Abu Ali va utiliser les moyens que le cinéma met à sa disposition, c'est-à-dire qu'il va transformer la bande son, ajouter une voix off, de la musique. Il va figer l'image sur le regard d'un des hommes palestiniens qui est contrôlé, et rajouter en insert une image d'une grenade sur un fond rouge. À travers cela, il essaye de signifier que ce jeune homme porte en lui toutes les marques de la lutte.». Hugo Darroman, docteur en études cinématographiques, s’exprime au sujet du film Scènes d’occupation à Gaza que Mustafa Abu Ali réalise en 1973.

    L'ensemble de ces films seront montrés dans les camps de réfugiés palestiniens, mais aussi à l’étranger, dans des festivals ou dans des réseaux de solidarité, afin de faire connaître la cause palestinienne et aussi mettre en place des coproductions, comme ce sera le cas en 1977 avec l’Italie pour le documentaire Tall-al-Zaatar consacré aux massacres ayant eu lieu dans le camp de réfugiés palestiniens dans l’est de Beyrouth.

    Au total, près d’une centaine de reportages et de documentaires seront produits par l’unité cinéma du Fatah, d’abord installé à Amman jusqu’en 1970, puis à Beyrouth jusqu’en 1982 où une cinémathèque s’était constituée autour de cette collection. Mais, en 1982, lors de l’invasion israélienne au Liban, une partie du patrimoine culturel palestinien va être spolié, et les archives filmiques, un temps cachées dans Beyrouth, vont également disparaître au milieu des années 80.

    Depuis les années 2000, Khadijeh Habashneh, déjà à l'œuvre à Beyrouth entre 1976 et 1982 aux côtés de son mari Mustafa Abu Ali, tente de remettre la main sur des copies de ces films, et de trouver les partenariats et les conditions nécessaires pour qu’ils puissent être conservés et à nouveau montrés au public.

    C’est finalement à la Cinémathèque de Toulouse, l’une des plus importantes de France, connue pour la richesse de ses collections venant du monde entier, qu’une partie des films palestiniens vont trouver refuge en 2023.

    Retour sur une production cinématographique méconnue, une histoire d'archives en exil, d'images manquantes, et d’une certaine idée du cinéma comme moyen de résistance et de représentation d’un peuple par lui-même.

    «Palestine, filmer pour exister», un nouvel épisode documentaire de La marche du monde, signé Maxime Grember, produit par Valérie Nivelon, réalisé par Sophie Janin, aux sons des archives filmiques palestiniennes.

    Avec les témoignages de :

    • Samir Arabi, programmateur du festival Ciné-Palestine Toulouse-Occitanie,
    • Hugo Darroman, docteur en études cinématographiques, auteur d’une thèse sur le cinéma de la révolution palestinienne,
    • Khadijeh Habashneh, archiviste, cinéaste et psychologue,
    • Franck Loiret, directeur de la Cinémathèque de Toulouse.
    • Rona Sela, chercheuse en histoire visuelle à l’Université de Tel Aviv.

    Remerciements à :

    Francesca Bozzano, Nicolas Damon, Victor Jouanneau et Franck Loiret de La Cinémathèque de Toulouse ainsi que leurs partenaires dans le projet de sauvegarde et de numérisation des films palestiniens : le ministère de la Culture palestinien, le Palestinian Cultural Fund, la Fondation Art Jameel et le Consulat Général de France à Jérusalem.

    Samir Arabi, Hugo Darroman, Khadijeh Habashneh, Rona Sela, Guilhem Delteil et Vanadis Feuille de RFI, Tarik Hamdan de MCD, Colette Berthès et Monica Maurer. Ainsi que Nathalie Laporte, Joe Farmer et Sophie Janin pour la voice-over.

    Musiques :

    • The urgent call of Palestine, Zeinab Shaat
    • Ounadikom, Ahmad Kaabour
    • From Gaza with love, Saint Levant.

    Films :

    • Scène d’occupations à Gaza, Mustafa Abu Ali, 1973
    • They do not exist, Mustafa Abu Ali, 1974
    • Tall el-Zaatar, Mustafa Abu Ali, Adriano Pino et Jean Chamoun, 1977.

    Documentaires :

    • Looted and Hidden - Palestinian Archives in Israel, Rona Sela, 2017

    Ouvrages :

    • « La Palestine et le cinéma », de Guy Hennebelle et Khemaïs Khayati, Édition du Centenaire, 1977
    • « Knights of Cinema» Documentary Narrative Book on the story of Palestine Film Unit. From its beginning 1967 till 1982 », de Khadijeh Habashneh, Alahlia Publishing house, 2020.

    Articles :

    • Toulouse, refuge des archives palestiniennes, sur Orient XXI.
    • Les Palestiniens: visibles / invisibles ? Plonger au cœur des archives pour rétablir l’histoire, de Asmaa Al-Atawna, revue 24 Images, 2025

    Table ronde :

    • Films palestiniens, archives en exil, organisée par la Cinémathèque de Toulouse et le festival Ciné-Palestine Toulouse-Occitanie en 2024.

    Diaporama

    49 min
  • Palestine, le discours historique de Yasser Arafat à l’ONU

    Le 13 Novembre 1974, le leader de l’O.L.P Yasser Arafat est invité pour la première fois à la tribune de l’ONU où il prononce le discours historique qui va faire basculer l’opinion publique internationale en faveur de la reconnaissance de la cause palestinienne.

    « Aujourd’hui, je suis venu porteur d’un rameau d’olivier et d’un fusil de combattant de la liberté. Ne laissez pas le rameau d’olivier tomber de ma main. Je vous le répète : ne le laissez pas tomber de ma main. » Pointant du doigt l’assemblée de l’Onu, Yasser Arafat va en réalité répéter trois fois sa dernière phrase et déclencher un tonnerre d’applaudissements.

    Quel leader est Yasser Arafat, coiffé du keffieh noir et blanc, symbole du nationalisme palestinien lorsqu’il est invité à l’ONU ? Quels sont les arguments du représentant de l’OLP ? Et que représente ce discours dans l’histoire et la mémoire du peuple palestinien ?

    Plus de 50 ans après la reconnaissance du droit des Palestiniens à l’auto-détermination votée le 22 Novembre 1974 par l’ONU à une majorité écrasante, RFI et MCD s’associent pour donner accès à une archive essentielle pour la compréhension de l’histoire du conflit israélo-palestinien. 

    De larges extraits du discours traduits en français s'articulent avec les témoignages de Anwar Abou Aïsha, ancien ministre palestinien de la Culture ; Hala Qodmani, journaliste spécialiste du Proche-Orient ; Elias Sanbar, historien ettraducteur ; Leïla Shahid, ex-déléguée générale de la Palestine en France et Yousef Zayed, musicien et professeur de oud.

    Un documentaire signé Valérie Nivelon RFI avec la collaboration de Tarik Hamdan MCD.

    Réalisation : Sophie Janin avec Adrien Landivier, Nicolas Falez et Nicolas Pichon-Loevenbruck.

    Émission initialement diffusée le 9 novembre 2024.

    À lire : 

    - « La dernière guerre ? » Palestine, 7 octobre 2023-2 avril 2024 par Elias Sanbar.

    Collection Tracts (no56) Gallimard

    - « Comment la Palestine fut perdue et pourquoi Israël n’a pas gagné, Histoire d’un conflit », de Jean-Pierre Filiu aux éditions Seuil

    - « Israël/Palestine Anatomie d’un conflit », de Vincent Lemire et Thomas Snégaroff aux éditions Les Arènes

    - « Les grands discours à l'ONU. De Harry Truman à Greta Thunberg », par Chloé Maurel, aux éditions du Croquant. 

    49 min
  • Le Paris noir pluriversel de Bernard Dadié

    De l’Afrique aux Amériques en passant par la Caraïbe, les œuvres de 150 artistes noirs sont montrées en 2025 au Centre Pompidou à Paris. L’exposition s’appelle Paris Noir, circulation artistique et luttes anticoloniales et l’onde de choc qu’elle suscite n’a d’égal que son succès public. Un public renouvelé, curieux de découvrir des artistes des années 50 aux années 2000... dont les œuvres ont rarement été diffusées en France.

    Une exposition mais aussi un salon de lecture auxquels RFI et la Bibliothèque-archives Bernard Binlin Dadié se sont associés en écho à Paris Noir. En complicité avec Franck Hermann Ekra, critique d’art et curateur, nous recevons la scénariste Marguerite Abouet, le plasticien Hamedine Kane, l’écrivain Mohamed Mbougar Sarr, le comédien Sidiki Bakaba, le metteur en scène Koffi Kwahulé et la réalisatrice Bintou Diarra.

    Dès l’entrée de l’exposition, la première image inscrit l’exposition dans l’histoire des luttes anticoloniales dont Paris est l’un des carrefours. En référence à la capacité d’agir des Africains dans la capitale de l’A.O.F et A.E.F (Afrique occidentale Française et Afrique équatoriale française), dans l’après Deuxième Guerre mondiale. Sous la forme d’un immense collage, des couvertures emblématiques des livres de la maison d’édition Présence Africaine fondée par Alioune Diop… que ce soit le Docker noir de Sembene Ousmane, Nation nègre et culture de Cheikh Anta Diopou encore Un nègre à Paris de Bernard Dadié. Expression d’une conscience africaine multiforme, l’œuvre de Bernard Dadié est une œuvre émancipatrice, un contre-récit dont les écrits de prison sont un véritable journal de bord de la lutte pour la liberté et la dignité en Côte d’Ivoire, dès la fin des années 40, puisque Dadié a été arrêté en 1949 avec ses camarades militants dont Matthieu Ekra, le grand-père de Franck Hermann Ekra, initiateur de ce salon de lecture.

    Tous nos remerciements à Alicia Knock, commissaire de l’exposition Paris Noir, circulation artistique et luttes anticoloniales ainsi qu’aux équipes du Centre Pompidou et aux équipes du Centre Wallonie Bruxelles.

    Découvrir l’exposition

    Écoutez le premier épisode proposé par RFI et la Bibliothèque-archives Bernard Binlin Dadié

    52 min

About La marche du monde

From the publisher's feed

Chaque semaine, La marche du monde vous propose de découvrir l’histoire de nos sociétés contemporaines. Sur les cinq continents, nous recherchons des témoignages, mais aussi des archives…

More shows like La marche du monde

Le Cours de l'histoire by France Culture

Le Cours de l'histoire

120 Listeners

Le fil de l'histoire by France Inter

Le fil de l'histoire

84 Listeners

Affaires sensibles by France Inter

Affaires sensibles

238 Listeners

Les Pieds sur terre by France Culture

Les Pieds sur terre

223 Listeners

Cultures monde by France Culture

Cultures monde

55 Listeners

LSD, La série documentaire by France Culture

LSD, La série documentaire

96 Listeners

Une histoire particulière, un récit documentaire by France Culture

Une histoire particulière, un récit documentaire

18 Listeners

Conflits, géopolitique by Conflits revue de géopolitique

Conflits, géopolitique

6 Listeners

Storiavoce, un podcast d'Histoire & Civilisations by Storiavoce

Storiavoce, un podcast d'Histoire & Civilisations

34 Listeners

Dans la peau by RFI

Dans la peau

4 Listeners

100 % création by RFI

100 % création

0 Listeners

8 milliards de voisins by RFI

8 milliards de voisins

13 Listeners

Afrique économie by RFI

Afrique économie

0 Listeners

Journal Monde by RFI

Journal Monde

25 Listeners

Le conseil santé by RFI

Le conseil santé

3 Listeners

Musiques du monde by RFI

Musiques du monde

2 Listeners

Si loin si proche by RFI

Si loin si proche

0 Listeners

Géopolitique by RFI

Géopolitique

29 Listeners

Priorité santé by RFI

Priorité santé

21 Listeners

Sur le pont des arts by RFI

Sur le pont des arts

0 Listeners

Reportage Afrique by RFI

Reportage Afrique

2 Listeners

Parents, enfants, d’ici et d’ailleurs by RFI

Parents, enfants, d’ici et d’ailleurs

4 Listeners

Le goût du monde by RFI

Le goût du monde

1 Listeners

Le coq chante by RFI

Le coq chante

4 Listeners

Ondes de choc by RFI

Ondes de choc

0 Listeners

07H15 by RFI

07H15

1 Listeners

Au fil de l'Histoire by Initial Studio

Au fil de l'Histoire

12 Listeners

Liste de lecture by Ambre Chalumeau

Liste de lecture

16 Listeners

La fabrique du mensonge by France Télévisions

La fabrique du mensonge

0 Listeners

Complorama by franceinfo

Complorama

12 Listeners

Face à l'histoire by France Inter

Face à l'histoire

31 Listeners

Les mots des JO by Français Facile - RFI

Les mots des JO

0 Listeners

La fabrique des fake news by RFI

La fabrique des fake news

0 Listeners

Cinéastes d’Afrique by RFI

Cinéastes d’Afrique

0 Listeners

Invité Afrique Midi by RFI

Invité Afrique Midi

0 Listeners