La marche du monde

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La marche du monde episodes

  • La révélation de Yewhe Yeton, collectionneur de sons

    Musicien de père en fils, rappeur et producteur, Yewhe Yeton a le gout de l’archive. Passionné par l’histoire musicale du Bénin dont il collectionne les rythmes hérités de la tradition, il nous révèle le sens caché des chants du Dahomey enregistrés en 1931 lors de l’exposition coloniale.

    Nous sommes à Abomey Calavi, à la périphérie de Cotonou, capitale économique du Bénin. Fils de chanteur, petit-fils de chanteur, chanteur lui-même, Yewhe est venu interroger son héritage familial. Son père lui raconte en langue gun-gbé comment son grand-père a séduit sa grand-mère en évinçant tous ses prétendants : « Il était le chanteur vedette du groupe musical du village ! » Évoquant sa personnalité éloquente et militante, le père et le fils discutent du sens des paroles des chansons au fur et à mesure que je les enregistre. Témoignage de la culture religieuse vodoun, mais aussi critique sociale du pouvoir des puissants.

    Son goût de l’archive, il nous révèle à l’instar des chants dahoméens découverts par Cécile Van Den Avenne, enregistrés lors de l’exposition coloniale de Paris en 1931. Qui sont les chanteurs enregistrés, que chantent-ils et d’où viennent les rythmes joués ? Autant de révélations remises en circulation par Yewhe Yeton dans ses boucles musicales où un tirailleur dahoméen nommé Hounsou fait face aux blancs qui ne le comprennent pas, en leur chantant : « Mède Mi Wá. Nous ne sommes pas des prisonniers, nous aussi sommes des hommes ».

    À écouter aussiFinaliste Prix Découvertes RFI 2025 : le rappeur béninois Yewhe Yeton

    ► Un documentaire de Valérie Nivelon avec l’artiste Yewhe Yeton et la chercheuse Cécile Van Den Avenne.

    Cécile Van Den Avenne, directrice d'études de l'EHESS. Institut des mondes africains - IMAF, Campus EHESS Marseille, CeRCLEs - Centre de recherche sur les circulations, les liens et les échanges. Chaire : Pratiques langagières. Afrique-Europe (XIXe-XXIe siècle)

    ► Découvrir sa page de recherche

    Finaliste du prix Découverte RFI 2025, Yewhe Yeton nous présente son album Loko :

    Un album entre mémoire collective et vibrations intimes

    Loko est une cartographie sonore et intellectuelle, un espace où se croisent les aspirations d’un artiste et les résonances d’un peuple. Yewhe Yeton y explore le passé pour mieux s’inscrire dans l’avenir. Il y affirme avec force une identité plurielle, hybride et insoumise. En mêlant technicité, engagement et profondeur esthétique, il signe une œuvre inaugurale d’une densité interpellante, qui pose les bases d’un parcours musical prometteur. Quels sont les atouts qui font de cet album une œuvre évocatrice et pérenne ?

    L’orchestration musicale comme matrice identitaire

    Dès les premières mesures de Loko, Yewhe Yeton annonce la couleur : un projet hybride, à la croisée des esthétiques, où les polyphonies africaines se déploient avec une subtile virtuosité et tissent un canevas sonore à la fois ancestral et résolument moderne. Il fait de la fusion musicale une déclaration d’intention : rythmes traditionnels, hip-hop et éclats de rock s’entrelacent dans une alchimie ténue, entraînante, donnant naissance à une imagerie afro-métissée, expressive et méticuleuse. Entre polyphonie et polyrythmies, ce patchwork esthétique se veut être la résultante fusionnelle des chœurs africains dans leur déploiement de masse qui se fait continuité de l’état d’esprit culturel de la consolidation par le lien collectif. En cela, chaque chanson se construit comme une mosaïque, une superposition minutieuse de textures sonores qui illustrent la complexité des héritages culturels que l’artiste porte et réinterprète.

    Le message comme mission d’émancipation

    Au-delà de la performance musicale, Loko est un manifeste. Les dix titres de l’album résonnent comme un appel à l’autodétermination, une profession de foi inscrite dans le respect des valeurs communautaires ancestrales. Yewhe Yeton inscrit son art dans une tradition orale de transmission de valeurs, à se réapproprier et à réinvestir. Afin de faire de chaque vers ponctué, accentué, cadencé, scandé une passerelle de sens entre les vertus du passé et les urgences de l’avenir. De fait, son propos se porte notamment sur les enjeux de la vie et la nécessité de s’accomplir avec prudence, sur des clés-pratiques du vivre-social, sur la cosmogonie locale, autant que sur les ambiguïtés humaines que l'on peut rencontrer.

    C’est aussi un album dans lequel Yewhe Yéton se plaît à se raconter, comme dans un processus.

    Les refrains comme portail vers l’intemporel

    Les refrains de Yewhe Yeton dégagent un paradoxe fascinant. Ils installent une impression de transcendance, tout en touchant à une forme d’insaisissable. À travers eux, l’artiste convoque une mémoire sensorielle partagée, un relent d’anciennes litanies qui viennent se mêler à la modernité de sa proposition musicale. Cette tension entre ancrage et dépassement donne à l’album une résonance particulière, une capacité à faire vibrer quelque chose de profondément enfoui en l’auditeur. Cette familiarité est combinée à la sensation de toucher à une altérité, à une antériorité qui nous dépasse, qui est profondément ancrée en nous. Dans ce sens, les refrains de Yewhe Yéton parviennent ainsi à créer un paradoxe émotionnel, où le connu et l'inconnu se mêlent pour produire un effet puissant et marquant. Ils opèrent comme des incantations modernes, où la répétition et la mélodie deviennent des vecteurs d’une puissance évocatrice inédite. Cette liaison – entre immédiateté et profondeur mystique – confère à Loko une charge émotionnelle qui pourrait garantir aux œuvres de Yewhe Yéton des statuts de classiques en devenir.

    La langue fon comme laboratoire sonore et anthropologique

    Le choix du fongbé semble soigné et réfléchi. En plus d’être médium linguistique et marqueur identitaire, il devient un véritable terrain de recherche. Yewhe Yeton joue avec la musicalité intrinsèque de la langue, explore ses aspérités rythmiques, sa plasticité poétique. Son travail sur l’assonance et l’allitération forge un phrasé percussif qui s’imprime dans l’oreille. Ce choix linguistique participe de la volonté d’ancrer Loko dans une continuité patrimoniale, d’autant qu’il choisit d’explorer un fon qui n’est pas usuel pour s’approprier celui qui appartient au registre de langue soutenu, énigmatique, codifié. En l’abordant ainsi, le rappeur dépoussière par une modernité audacieuse. Il en fait le terreau d’une recherche musicale et anthropologique. À travers ce fon quasi-élitiste, il interroge les structures de la pensée, les subtilités de la transmission orale et les sonorités.

    ► Lien d'écoute sur Sound Cloud

     

    49 min
  • Comment Malika Rahal est-elle devenue historienne de l’Algérie ?

    Dans « Mille histoires diraient la mienne », Malika Rahal revisite à la première personne son chemin de vie. Un récit émancipateur, en toute impudeur, où sont convoqués celles et ceux qui ont fait ce qu’elle est devenue : une historienne du temps présent.

    Sur ce chemin reparcouru, on croise Malika enfant et sa famille improbable, on croise Malika étudiante et ses chers professeurs Pierre Vidal Naquet et Benjamin Stora, on croise Malika en écriture de ses livres, l'enquête sur l’assassinat de l’avocat Ali Boumendjel et l’histoire populaire de l'indépendance de l’Algérie en 62, et on croise aussi Malika en Algérie à la recherche des familles des disparus de la guerre coloniale. Des émotions, des réflexions, des interrogations et des chansons pour  comprendre comment Malika Rahal est devenue historienne de l’Algérie !

    Livres :

    Mille Histoires diraient la mienne, aux éditions EHESS

    Algérie 1962 - Malika Rahal - Éditions La Découverte

    Malika Rahal, historienne, chargée de recherche au CNRS, est spécialiste de l'histoire contemporaine de l'Algérie. Elle dirige, depuis 2022, l'Institut d'histoire du temps présent (IHTP). Elle est l'auteure de plusieurs ouvrages, notamment d'une biographie d'Ali Boumendjel, avocat et militant nationaliste assassiné en 1957 (Belles Lettres, 2011 ; réed. poche : La Découverte, 2022) et d'Algérie 1962. Une histoire populaire (La Découverte, 2022).

    Ali Boumendjel : Une affaire française, une histoire algérienne.

     

    Sites internet : 

    - Le site de Malika Rahal et Fabrice Riceputi sur les enlevés, détenus clandestinement, torturés et parfois assassinés par l’armée française en Algérie 

    - Le site de Benjamin Stora

    - Le site de Mohamed Rebah, rescapé de la bataille d'Alger, historien.  

     

     

    Programmation musicale :

    - Cheb Khaled / Bakhta

    - Robert Johnson / Terraplane blues

    - Hachemedi Guerouabi / Houz Malta.

    51 min
  • Les masques de Frantz Fanon

    « La première chose que l’indigène apprend, c’est de rester à sa place, à ne pas dépasser les limites. C’est pourquoi les rêves de l’indigène sont des rêves musculaires, des rêves d’actions, des rêves agressifs.» Ainsi écrit Frantz Fanon dans Les damnés de la terre.

    Fanon l’Antillais, Fanon l’Algérien, Fanon l’Africain, chacun de ses masques raconte comment s’est forgée la pensée du psychiatre, en évolution permanente. Car avant d’être un révolutionnaire, Fanon était un thérapeute, et sa réflexion sur la société coloniale a pris forme dans l’enfermement. Dans les hôpitaux, dans les asiles, mais aussi dans ce qu’il considère être la prison de la race.

    Avec Adam Shatz, pour sa biographie « Frantz Fanon, une vie en révolutions », parue aux éditions La Découverte. Au son des archives sonores et musicales de l’INA et de RFI.

    Émission initialement diffusée le 31 mars 2024.

    49 min
  • L’autre 8-Mai, les Algériens massacrés

    Tandis que le monde célébrait la fin de la Seconde Guerre mondiale, combien d'Algériens, qui avaient pourtant combattu pour la France, ont été massacrés à Sétif, Guelma et Kherrata ? Mais que s’est-il réellement passé ce jour-là alors que le général de Gaulle venait à peine d’annoncer la capitulation de l’Allemagne nazie à la radio ? De quelle façon les nationalistes algériens se sont-ils manifestés dans les rues ? Et pour quelles raisons les autorités coloniales ont-elles déclenché des représailles sanglantes dans toute la colonie, dont les victimes s’élèvent à plusieurs dizaines de milliers de morts ? 

    Avec Olivier Le Cour Grandmaison, politiste et blogueur, auteur de Racismes d’État, États racistes aux éditions Amsterdam, Coloniser. Exterminer aux éditions Fayard. ► Blog

    Et Alain Ruscio, historien, auteur de La première guerre d’Algérie aux éditions La Découverte, Nostalgérie aux éditions La Découverte. 

    À écouter aussiMassacres du 8 mai 1945 en Algérie: «Cette histoire demeure très peu enseignée»

    Remerciements 

    • Maylis Bouffartigue, coordinatrice du festival Histoire(s) de se rencontrer
    • M'hamed Kaki, metteur en scène de la pièce L’autre 8 mai 1945, je me souviens
    • Marie-Myriam Lagny et Leila Khaly, comédiennes
    • Abed Abidat, photographe et auteur du livre : 8 mai 1945 – Tragédie dans le Constantinois Sétif, Guelma, Kherrata

     

    Reportage de Maxime Grember au festival «Histoire(s) de se rencontrer» au Mas d'Azil. 

    À lire aussiAlgérie : l’autre 8 mai 1945 et les impasses de la mémoire

    49 min
  • Hitler et les nazis : comment la haine est arrivée au pouvoir ?

    Comment Hitler et les nazis sont-ils arrivés au pouvoir en 1933 ? Était-ce inéluctable ? Pourquoi Hitler a-t-il été nommé chancelier alors que son discours était anti-démocratique, inégalitaire et haineux à l’égard des juifs ?

    Était-ce inéluctable ? Qui sont « les irresponsables » qui ont porté Hitler au pouvoir ? C’est le titre de l’enquête historique de Johann Chapoutot menée dans les archives des années 20 et 30 en Allemagne qui reconstitue minutieusement les rôles joués par le président Hindenburg, son entourage et le chancelier Von Papen. L’un des plus grands spécialistes du nazisme fait rimer le mot histoire avec le mot espoir en démontrant qu’un autre scénario aurait pu aboutir, épargnant au monde l’horreur de la Shoah et de la Deuxième Guerre mondiale.

    Quelle langue parlaient les nazis et comment la décrypter ? C’est toute la réflexion menée par Olivier Mannoni, traducteur de l’édition critique du livre Mein Kampf intitulé Historiciser le mal aux éditions Fayard.

    Comment cette violence des mots s’est-elle traduite en actes ? C’est ce que nous dit Ulrich Baumann, directeur adjoint et scientifique du Mémorial aux Juifs assassinés d'Europe à Berlin.

    Dans cet épisode, nous remettons en question les idées reçues selon lesquelles Hitler serait arrivé au pouvoir par les urnes dans une république de Weimar qui se serait suicidée.

    C’est tout le contraire, nous dit Johann Chapoutot dans son enquête historique Les irresponsables parue aux éditions Gallimard.

    « Cette histoire se déroule en Allemagne, entre mars 1930 et janvier 1933. Elle repose sur une lecture des archives politiques, des journaux intimes, correspondances, discours, articles de presse et mémoires des acteurs et témoins majeurs. Elle révèle non pas la progression irrésistible de la marée brune, mais une stratégie pour capter son énergie au profit d’un libéralisme autoritaire, imbu de lui-même, dilettante et, in fine, parfaitement irresponsable. »

    À lire aussiLa propagande nazie au quotidien: appauvrir la langue pour contrôler la pensée

     

     

    49 min
  • Kamtech. Le génocide perpétré par les Khmers rouges

    De 1975 à 1979, les Khmers rouges ont exterminé deux millions de femmes, d’hommes et d’enfants. Mais 50 ans après, qui s’en souvient ?

    Prétextant un futur bombardement américain, les Khmers rouges ordonnent d’évacuer Phnom Penh lorsqu’ils entrent dans la capitale du Cambodge le 17 Avril 1975. En réalité, la ville est vidée, et sa population déportée vers les campagnes devenues camps de travail et de rééducation. C’est le début du génocide cambodgien dans le nouveau Kampuchéa Démocratique où les mots de la langue khmère sont revus et corrigés. Kamtech ne signifie plus seulement tuer, mais détruire ou réduire en poussière sans laisser de trace.

    Alors comment faire pour se souvenir du passé et apaiser les morts ?

    Avec le témoignage du cinéaste Rithy Panh dont les films sont projetés dans le cycle « Qui se souvient du génocide cambodgien ? » au Forum des images à Paris.

    « Qui se souvient du génocide cambodgien ? » : la bande annonce.

    Et la participation de :

    - Soko Phay, professeure en Histoire et théorie de l’art à l’Université Paris 8, dont le livre, Cambodge, l’art devant l’extrême est à paraître aux éditions Naïma. Co-organisatrice, avec Pierre Bayard, du programme « Qui se souvient du génocide cambodgien ? » au Forum des images.

    Au Cambodge, environ deux millions de personnes – soit près du quart de la population – ont péri entre 1975 et 1979, à la suite de déportations, de meurtres de masse et de famines. Face au génocide perpétré par les Khmers rouges, l’art est un défi que les artistes doivent surmonter. Rithy Panh, Vann Nath, Séra, Svay Sareth ou encore, dans la seconde génération, Davy Chou, Vandy Rattana, Guillaume Suon, Jenny Teng n’ont eu de cesse de faire œuvre de mémoire, pour s’élever contre le déni et l’effacement des morts sans sépulture.

    Cinquante ans après le début des massacres dans son pays, Soko Phay revisite les relations entre le témoignage et la fiction et montre comment les œuvres mémorielles donnent à penser les séquelles profondes au sein de la société cambodgienne. La création, par ses ressources symboliques, permet de dévoiler ce qui a été dérobé au regard, tout en assurant le travail de transmission des événements non-inscrits dans l’histoire officielle.

    - Jean-Baptiste Phou, écrivain, metteur en scène, auteur du livre « 80 mots du Cambodge », à L’asiathèque. 80 mots qui sont autant d'histoires qui racontent le Cambodge et qui, en plus des racines des mots et de leur résonance dans le coeur des femmes et des hommes qui les utilisent, évoquent le lien particulier qu'entretient l'auteur avec le Cambodge, ses habitants et leur langue. La famille de Jean-Baptiste Phou est d’origine chinoise de l’ethnie Teochew, et a émigré au Cambodge. Les attaches chinoises de la mère restent fortes et Jean-Baptiste, qui a choisi de pratiquer la danse khmère et de s’installer au Cambodge, s’attache à approfondir les traditions du pays auquel il a décidé d’appartenir et en même temps nous fait part des difficultés qu’il rencontre pour comprendre le mode de vie et les réactions des gens et pour s’acclimater et s’insérer. Les mots sont souvent choisis en référence à son histoire personnelle.

    - Anne-Laure Porée, journaliste, anthropologue, pour son livre « La langue de l’Angkar, leçons khmères rouges d’anéantissement », aux éditions La Découverte. Comment bien torturer pour réussir un interrogatoire en bon révolutionnaire ? Comment présenter un dossier d'aveux qui satisfasse les dirigeants ? Voilà ce qu'enseigne Duch, le chef khmer rouge du centre de mise à mort S-21, aux interrogateurs qu'il forme de 1975 à 1978 à Phnom Penh. Ses leçons, qui dictent comment penser et agir au service du Parti communiste du Kampuchéa, ont été consignées avec soin dans un cahier noir à petits carreaux d'une cinquantaine de pages.

    Anne-Laure Porée décrypte ce document capital, plongeant le lecteur dans le quotidien des génocidaires cambodgiens. Elle identifie trois mots d'ordre au service de l'anéantissement : cultiver – la volonté révolutionnaire, l'esprit guerrier et la chasse aux « ennemis » –, trier – les « ennemis » à travers diverses méthodes, de la rédaction d'une biographie sommaire à la torture physique, en passant par la réécriture de l'histoire – et purifier – les révolutionnaires comme le corps social.

    Ces notions reflètent la politique meurtrière orchestrée par le régime de Pol Pot, au pouvoir à partir du 17 avril 1975, qui, en moins de quatre ans, a conduit un quart de la population cambodgienne à la mort. En prenant les Khmers rouges au(x) mot(s), La Langue de l'Angkar rend plus sensibles la logique organisatrice et les singularités d'un régime longtemps resté en marge des études sur les génocides.

    En partenariat avec RFI et le Forum des images, le numéro hors-série Historia retrace toute l’histoire du Cambodge, des rois bâtisseurs d’Angkor au régime de terreur de Pol Pot, en passant par le protectorat français et la déclaration d’indépendance.

    Pour en savoir plus : Cambodge : de la grandeur d'Angkor à la terreur khmère rouge ».

    49 min
  • Mission Dakar-Djibouti, une contre-enquête avec les Africains

    De quoi la Mission Dakar-Djibouti est-elle le nom ? Partie de France le 19 mai 1931 pour traverser d’est en ouest le continent pendant presque deux ans, la mission menée par Marcel Griaule, jeune ethnologue de 33 ans, est un périple transafricain d’exploration scientifique doublé d’une vitrine médiatique dont l’objectif est d’« archiver dans l’urgence les cultures africaines en voie de disparition ». Résultat des courses : une collection de 3 600 objets, 6 000 spécimens zoologiques ou botaniques et 370 manuscrits éthiopiens dont le Musée du Quai Branly décide un siècle plus tard d’interroger la provenance. Autrement dit : ont-ils été offerts, achetés ou volés ?

    Si le secrétaire archiviste de la Mission Michel Leiris a décrit précisément les méthodes de collecte dans son livre journal de bord, L’Afrique fantôme, son récit invisibilise néanmoins totalement la multitude d’africaines et d’africains indispensables à la réalisation de la mission. Une Afrique fantôme, c’est le titre de son récit qu’il s’agit de réincarner à partir d’une contre-enquête initiée par le Musée du Quai Branly. Son principe ? Retourner sur le terrain africain de la Mission Dakar-Djibouti pour interroger la mémoire des lieux et de ses habitants afin d’établir la réalité des faits et la fonction des objets. Une contre-enquête avec les premiers concernés interrogés par six chercheurs africains dont les pays ont été traversés par la mission : le Bénin, le Cameroun, l’Éthiopie, le Mali, le Sénégal et bien-sûr Djibouti.

    Mais la Mission Dakar-Djibouti contre-enquêtes propose-t-elle un contre-récit ? C’est toute la question !

    ► Avec la participation de :
    • Gaëlle Beaujean, Commissaire générale de l’exposition Dakar-Djibouti Contre-enquêtes et responsable de Collections Afrique au Musée du quai Branly

       

    • Mame Magatte Sène Thiaw, Historienne et cheffe du service médiation Culturelle au Musée des Civilisations noire de Dakar

       

    • Didier Houénoudé, Professeur à l’Université d’Abomey-Calavi au Bénin

       

    • Eric Jolly, directeur de recherche au CNRS et directeur de l’ouvrage qui accompagne l’exposition

       

    • Emmanuel Kasarhérou, Président du Musée du Quai Branly Jacques Chirac

     

    49 min
  • « Si tu veux la paix, prépare la guerre »

    À l’heure du retour de la guerre, « il faut relancer le projet d’une armée européenne et en débattre » nous dit l’ancien officier français et chroniqueur de guerre Guillaume Ancel tandis que l’historien spécialiste de la Première Guerre mondiale et des violences extrêmes Stéphane Audoin-Rouzeau s’approche toujours plus près de l’expérience combattante à travers les objets de l’Historial de Péronne… Une approche intelligente et sensible de la guerre ou bien une banalisation du fait guerrier ?

    En 1951, quelques années à peine après la Seconde Guerre mondiale… celles et ceux qui ont survécu à l’horreur des combats, aux bombardements massifs, à la déportation et aux camps d’extermination nazis aspirent profondément à la paix. Il faut s’unir pour construire une Europe économique, mais aussi une Europe de la défense, plaide la France en proposant un traité.

    Ce même traité, ratifié par la République fédérale d’Allemagne, la Belgique, le Luxembourg et les Pays-Bas, institue la Communauté européenne de défense, mais il est finalement rejeté au Parlement par les députés français le 30 août 1954. Plus de 70 ans après, la question de la défense de l’Europe est plus que jamais d’actualité.

    À lire :

    • Petites leçons sur la guerre de Guillaume Ancel aux éditions Autrement
    • Les armes et la chair de Stéphane Audoin-Rouzeau aux éditions Armand Colin

    À découvrir :

    • Le blog de Guillaume Ancel : Ne pas subir 
    • L’Historial de la Grande Guerre 

    Pour aller plus loin :

    • Guillaume Ancel, rompre le silence
    • Guillaume Ancel, écrire pour ne pas subir
    • Sortir du confinement, sortir de la guerre ?

     

    49 min
  • Rwanda : quand la parole répare les vivants

    Plus de 30 ans après le génocide des Tutsi, nous vous proposons de découvrir l’itinéraire d’une rescapée, Émilienne Mukansoro, l’une des initiatrices des premiers groupes de parole dédiés aux femmes victimes de viols et de mutilations pendant les trois mois des massacres, en avril, mai et juin 1994.

    Formée auprès du professeur Naason Minyandamutsa, psychothérapeute pionnier du Rwanda, elle poursuit son œuvre en créant les premiers groupes de parole dédiés aux bourreaux.

     

    À écouter aussiDocumenter le génocide des tutsi du Rwanda

     

    À écouter aussiRwanda: face au génocide, dans les archives d’Ibuka

     

    À écouter aussiAu tribunal, face au génocide des tutsi

     

     

    49 min
  • Université de Caen, premier campus de France

    Détruite le 7 juillet 1944 des suites de l'opération Charnwood menée par les troupes alliées, la nouvelle université de Caen est inaugurée en juin 1957. Un cortège d'universitaires étrangers défile pour l'occasion dans la ville, et ce sont près de 4 000 étudiants qui investissent les nouveaux locaux. Cette démonstration de solidarité internationale en dit long sur la volonté de construire la paix par l'éducation et la culture dans les années d'après-guerre.

    Massivement bombardée par l'aviation alliée, la ville de Caen a été partiellement détruite pour permettre la reconquête du territoire français occupé par les Allemands. Près de 20 000 civils ont péri lors de bombardements aériens ou d’artillerie. Un lourd tribu payé par les Français pour leur libération. Le 9 Octobre 1944, c'est le retour de la France libre, incarnée par un certain Général De Gaulle, dont on connaît la voix grâce à la BBC mais dont personne ne connait encore le visage, lorsqu’il vient prononcer son discours dans la ville de Caen libérée. 

    Toutes sortes d’initiatives solidaires voient alors le jour. La radio nationale française lance une grande campagne de soutien pour soutenir les survivants du village d'Epron, symbole du martyr des Normands, où les 225 habitants ont été pilonnés par 200 000 obus. Le Ministère de la Reconstruction et du Logement se mobilise pour édifier de nouveaux immeubles, modernes, lumineux et aérés. 

    En ce qui concerne l'Université, fondée en 1432 par Jean de Lancastre, 1er duc de Bedford et régent du royaume de France alors que la région était anglaise, elle a été totalement détruite par les bombardements alliés. Dans les années 50, sa reconstruction est confiée à l'architecte Henry Bernard, grand prix de Rome. Pour la première fois en France, l'Université est conçue comme un campus, un espace paysager au cœur duquel étudiants, enseignants et habitants se rencontrent et bénéficient d'un jardin, d'une piscine, d'un cinéma et d'une bibliothèque dirigée par Madeleine Dupasquier qui œuvre vaillamment à reconstituer et enrichir le fonds des livres et revues. Le mobilier de l'Université est signé par le designer Jacques Quinet et l'artiste Louis Leygue crée la sculpture emblématique de la renaissance de l'Université et de la ville : un Phénix !

    Un épisode de La marche du monde enregistré à l'occasion des journées  de l'Histoire du millénaire de Caen.

     

    Avec la participation de

    - Louise Daguet, responsable du Département des ressources documentaires de l’Université et de la bibliothèque

    - Jean-Luc Leleu, historien au CNRS et enseignant chercheur à l’école de guerre à Paris

    - Christophe Manoeuvrier, directeur de la Maison de la Recherche en Sciences Humaines

     

    Sources bibliographiques :

    - Histoire de l'Université de Caen, 1432-2012 par Jean Quellien et Dominique Toulorge aux Presses universitaires de Caen

    - L'histoire de l'Université de Caen

    - Le débarquement de l'évènement à l'épopée sous la direction de Jean-Luc Leleu aux Presses Universitaires de Rennes

     

    - L’Université de Caen dans la cité, 1944-1957

    • Par Bertrand Hamelin.

     

    Programmation musicale :

    - Nat King Cole / Nature Boy / Capital records / 1947

    - Pierre Dieuzey et son orchestra, écoutez ce morceau Little Lawrence, tribute to Jelly Roll Morton interprété lors de l’un des tout premiers bals des étudiants de l’Université de Caen à la fin des années 50.

     

    En images

    49 min

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Chaque semaine, La marche du monde vous propose de découvrir l’histoire de nos sociétés contemporaines. Sur les cinq continents, nous recherchons des témoignages, mais aussi des archives…

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