Le grand invité Afrique

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By RFI
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  • «Contrat du siècle» RDC-Chine: «C'est une bonne nouvelle que cet audit soit lancé»

    Vers un audit du « contrat siècle » entre la République démocratique du Congo et la Chine. Cet accord économique majeur, signé en 2008 sous la présidence de Joseph Kabila avec un consortium d’entreprises chinoises, repose sur un échange « ressources contre infrastructures » : le financement et la construction d’infrastructures (routes, voies ferrées, hôpitaux…) en échange d’un accès privilégié aux ressources minières congolaises. Un partenariat critiqué par plusieurs organisations de la société civile pour son déséquilibre et son opacité. Que peut-on attendre de cet audit ? Et pourquoi maintenant ? Elisabeth Caesens est la directrice exécutive de l'ONG Resource Matters qui plaide pour une meilleure répartition des richesses minières en RDC. Depuis Bruxelles, elle répond aux questions de Charlotte Idrac.

    RFI : Est-ce que l'annonce de cet audit vous surprend et son timing également ?

    Elisabeth Caesens : L'annonce nous surprend un peu parce que cet accord a été déjà renégocié il y a à peine deux ans. Et donc en fait, cet audit, on l'avait attendu avant cette renégociation initiale. Donc elle nous surprend un petit peu dans ce sens où on annonce en fait maintenant une potentielle nouvelle renégociation, alors que la précédente date d'il y a deux ans.

    Et a priori, cet audit couvrirait tous les aspects, mines, infrastructures, fiscalité. Quelles sont vos attentes ?

    Alors nous, si l'audit est bien fait et va jusqu'au fond, nous on s'attend à beaucoup d'évidence en fait, de détournement de fonds ou bien des projets surfacturés au moins, avec des routes qui ont coûté beaucoup plus cher que ce qu'elles n'auraient dû coûter et donc éventuellement un redressement à ce niveau-là. Pour l'instant, il n'y a pas encore eu de promesses que les résultats de l'audit seraient publiés, mais en tout cas, c'est une bonne nouvelle au moins que l'audit soit lancé.

    Vous l'évoquiez, tout à l'heure, il y avait eu une importante révision de cet accord en mars 2024 par le président Tshisekedi, en principe au bénéfice de Kinshasa. Quel bilan vous faites de cette révision de l'époque ?

    Alors, elle était pour notre part vraiment très, très décevante. C'était sûr qu'une révision devait être faite depuis très longtemps. Les promesses que cet accord apportait à l'époque, en 2008, étaient très importantes, on attendait des milliards de dollars d'infrastructures et en fait, en réalité, très peu a été décaissé.

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    Est-ce qu'on peut chiffrer justement les résultats ?

    Oui. Alors on s'attendait à des prêts de 3 milliards de dollars pour des infrastructures et au bout de plus de quinze ans de travaux ou de projets, moins d'un milliard avait été décaissé. Donc, c'était extrêmement décevant pour la partie congolaise. Et en plus, la qualité des infrastructures n'était pas toujours au rendez-vous. On espérait en fait que tout cela serait corrigé, mais en fait, cela n'a pas été complètement réglé. Les paiements auxquels le Congo a droit maintenant sont 100 % dépendant du cours du cuivre. Donc en gros, si le cuivre atteint un tel montant sur le marché international, le Congo recevra autant. Le premier grand problème, c'est que le montant que le Congo recevra ne dépend pas du tout de combien les Chinois exportent. Donc imaginez-vous que vous exportez 100 000 tonnes de cuivre, ou 400 000 tonnes de cuivre, vous allez payer la même chose. C'est un peu comme si un boulanger, s'il vend 500 pains ou 1000 pains, il paye les mêmes taxes. C'est un peu aberrant. Et puis le deuxième grand problème, c'est que, que le cours du cuivre soit à 8000 ou à 11 000, la partie chinoise paye la même chose. Donc imaginez toute la marge bénéficiaire qui se rajoute au-delà de 8000, c'est en fait pour l'investisseur, le Congo ne touche rien. Et nous on a fait des calculs, déjà rien que pour la première année de mise en œuvre de ce nouveau contrat, donc 2024, le Congo a perdu ainsi plus de 100 millions de dollars rien qu'à cause de cette clause qui dit que, que le cours soit à 8000 ou à 11 000, on paye la même chose.

    Dans quelle mesure cet audit annoncé entre, selon vous, dans le cadre d'une rivalité entre les États-Unis et la Chine ?

    Alors ça, ce n’est pas très clair. Comme je le disais, l'accord a déjà été renégocié entre 2022 et 2024. Et à cette époque-là, c'est clair que cette renégociation entrait quelque part dans une rivalité avec les États-Unis. Le président Tshisekedi voulait apparaître comme mettant la pression sur les partenaires chinois que l'ancien président Kabila avait accueilli au Congo, et il voulait voir en fait qu'il était quelque part dur avec les Chinois. Maintenant que ça a mené à un avenant négocié déjà, on se demande est-ce que c'est toujours cette rivalité qui joue ? C'est aussi possible qu’autre chose joue, c'est-à-dire le cours du cuivre est extrêmement élevé aujourd'hui et peut-être que la partie congolaise se dit il y a moyen d'attirer plus du jeu que ce que nous avons finalement négocié en 2024. Ce qu'il faut savoir aussi, c'est que lors des précédentes négociations, quelque chose qui nous a aussi vraiment choqué, c'est qu'on a découvert que la partie chinoise a fini par payer des jetons de présence, ce qu'on appelle en fait des primes de négociation à tous les acteurs qui étaient impliqués du côté congolais. Donc en fait, la partie chinoise a couvert les frais de négociation de la partie adverse, ce qui constitue en fait un conflit d'intérêts assez gigantesque. Est-ce que maintenant on se dit qu'il faut retourner à cette table de négociation dans l'espoir de toucher à nouveau des primes de négociation ? On espère vraiment que non. C'est pour ça aussi d'ailleurs que « Le Congo n'est pas à vendre » demande à ce que les frais des parties congolaises qui sont en train de faire cet audit, et puis surtout d'éventuellement renégocier une nouvelle fois l'accord, soient payés par le Trésor public congolais.

    Et dans cette révision, en mars 2024, il y a un point qui reste en suspens pour vous, ce sont les exemptions fiscales pour la Sicomines, le conglomérat Sino-congolais ?

    Il y a deux gros problèmes avec le projet Sicomines. Le premier problème, c'est combien la Sicomines paye à l'État congolais. Et le deuxième problème, c'est comment l'État congolais, par la suite, dépense l'argent reçu. Et en fait, les deux sont problématiques. L’État congolais ne touche pas assez de recettes dans ce projet. Et le deuxième problème, c'est que le peu d'argent qui est touché est dépensé de manière opaque. Et c'est surtout ce deuxième aspect que l'audit va essayer de vérifier.

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    6 min
  • Guerre au Moyen-Orient: «Nous sommes dans un mécanisme qui peut être très coûteux pour l’Afrique»

    Au onzième jour de la guerre au Moyen-Orient, les prix du pétrole ont flambé hier, lundi 9 mars, au-dessus des 100 dollars le baril. Quelles peuvent être les conséquences du conflit dans les pays africains ? Quels secteurs sont en première ligne ? Faut-il craindre un choc économique ? L'économiste bissau-guinéen Carlos Lopes a été le secrétaire exécutif de la Commission économique de l'ONU pour l'Afrique. Aujourd'hui, il enseigne à l'université du Cap, en Afrique du Sud. Il répond aux questions de Charlotte Idrac.

    RFI : Quel est l'impact de la hausse du prix du pétrole sur les économies africaines à ce stade ? Concrètement, est-ce que les prix à la pompe ont augmenté ? Est-ce qu'il y a des conséquences pour les industries, les transports ou les centrales électriques ?

    Carlos Lopes : D'abord, il y a la conséquence des prix pour les importations qu'on va faire dans l'avenir immédiat. On peut s'imaginer que les prix vont continuer à grimper. Un certain nombre de pays n'ont pas de réserves suffisantes pour pouvoir faire face aux difficultés logistiques qu'on va avoir, avec toute la demande qui est désorganisée, soit elle passait du point de vue de raffinage par les pays du Golfe, soit elle émanait des pays du Golfe. Donc, nous avons tout un tas de difficultés avec les assurances. Les transports maritimes sont dans une réorganisation complète. Toutes ces conséquences qui auront bien sûr un reflet dans le prix, dans les pompes. Mais nous avons aussi deux autres difficultés logistiques énormes, c'est-à-dire les exportations africaines qui passaient par le Golfe, notamment de l'or qui était en train d'aider pas mal de pays africains et se fait normalement en voie aérienne. Donc, il y a beaucoup de perturbations dans le trafic aérien. Il y a aussi un certain nombre de minerais qui passaient pour raffinage dans les pays du Golfe. Donc on aura des problèmes de trésorerie dans ces pays. Et nous avons aussi les fertilisants : Un certain nombre de fertilisants qui sont utilisés en Afrique viennent du Golfe. Et maintenant que le détroit d'Ormuz est pratiquement fermé, (donc) on aura des perturbations aussi dans les campagnes agricoles. Tout cela va augmenter l'inflation, va faire dégringoler la valeur des monnaies africaines, va nous amener à une situation, à mon avis, bien plus difficile que celle que nous avons connue pendant le début de la guerre en Ukraine. Nous sommes là dans un mécanisme qui peut être très coûteux pour l'Afrique, parce que dans les cinq dernières années, la plupart des investissements de grande importance étaient en provenance des pays du Golfe, notamment des Emirats arabes unis en particulier. Et donc tout cela va être extrêmement perturbé.

    Mais pour les pays qui disposent de réserves importantes comme le Nigeria ou l'Angola, pour les pays producteurs de pétrole, est-ce que la situation peut être à l'inverse perçue comme une opportunité ?

    Bien sûr que la montée des prix du pétrole va aider un certain nombre de pays producteurs. Mais à mon avis, ces pays vont souffrir beaucoup plus de l'importation d'inflation et d'autres difficultés, notamment logistiques, et donc les gains éventuels ne seront pas suffisants pour compenser les pertes.

    Sur la logistique, justement, la réorganisation du trafic maritime passe notamment par un contournement de l'Afrique par le Cap de Bonne-Espérance en Afrique du Sud. Est-ce que ça pourrait être favorable aux ports africains selon vous ?

    Théoriquement oui, mais disons, le grand avantage, c'est qu'ils puissent se ravitailler et notamment se ravitailler en combustible. Bien sûr, il y aura un apport en termes de demande, mais cette demande, elle sera quand même assez conditionnée sur des facteurs logistiques qui ne sont pas complètement maîtrisés par les ports africains. Par exemple, en Afrique du Sud, on avait déjà des problèmes de ravitaillement en combustible avec le trafic tel qu'il était. Il y a des pays comme la Namibie qui sont, disons, mieux organisés pour pouvoir bénéficier, par exemple, du contournement du cap de Bonne-Espérance. Nous avons des pays comme le Kenya qui peuvent éventuellement aussi bénéficier, avec le port de Mombasa. Djibouti certainement est bien préparé pour pouvoir absorber une partie du trafic. Mais il y a beaucoup de pays qui n'ont pas, disons, l'élasticité logistique pour pouvoir profiter de ces ravitaillements.

    À plus long terme, cette crise peut-elle être aussi un signal pour certains États, pour accélérer des décisions et des investissements, pour mieux faire face aux chocs énergétiques mondiaux ?

    Tout à fait. Et politiquement, il y a déjà une volonté de changer un peu la donne. Et donc maintenant, il va falloir accélérer parce que, avec tout ce qui est en train de se passer dans le monde de l'aide au développement, il y a une réalisation que l'Afrique doit s'occuper elle-même de ses problèmes, beaucoup plus que compter sur d'autres qui effectivement ont des priorités qui deviennent de plus en plus complexes vu l'état du monde.

    8 min
  • Visas pour la France: «Avec un déficit de communication, on a une machine à mécontentement»

    C'est une difficulté qui alimente les débats dans une bonne partie de l'Afrique francophone : le parcours du combattant pour les demandeurs d'un visa pour la France. Délais de traitement très longs, inefficacité des services consulaires, questions humiliantes et rejets réguliers des demandes sans motif et surtout sans remboursement des frais de dossier... Autant de problèmes qui créent de plus en plus de frustration et de colère sur le continent. Il y a trois ans, le président français Emmanuel Macron a commandé une évaluation de ces dysfonctionnements afin de les résorber. Cette mission a été confiée à un privé, Paul Hermelin, président du Conseil d'administration de CapGemini, spécialisée dans les services numériques. Après des visites au Sénégal, au Maroc et au Cameroun, il en a sorti un rapport très critique envers la politique française de délivrance des visas. Paul Hermelin est le Grand Invité Afrique de Sidy Yansané.

    Le rapport «Propositions pour une amélioration de la délivrance des visas»

    23 min
  • Queen Rima: «Je rêve de voir la musique guinéenne voyager encore plus loin dans le monde»

    « Conakry à Paris », c’est le titre du festival Africapitales qui se tient à Paris jusqu’au 15 mars. Avec des expositions, des conférences et une série de concerts. Et notre Grande Invitée Afrique ce samedi sera justement sur scène ce soir (7 mars à FGO-Barbara) ! Militante, puissante, touchante. La chanteuse guinéenne Queen Rima, lauréate du Prix Découvertes RFI 2025, répond aux questions de Guillaume Thibault.

    6 min
  • Kidnappings en Guinée: «Les populations ne demandent qu'à être sécurisées»

    Alors que le président guinéen Mamadi Doumbouya est censé rentrer ce vendredi 6 mars 2026 à Conakry, trois semaines après avoir été vu pour la dernière fois au sommet de l'Union africaine, les populations guinéennes vivent toujours au rythme des kidnappings. À date, près d'une vingtaine de personnes sont toujours portées disparues. Mardi dernier, c'est la mère et la soeur d'un ancien ministre en exil qui ont été enlevées en soirée, chez elles, par des hommes cagoulés et en uniformes militaires. Une enquête a été ouverte pour « enlèvements, séquestration de personnes et association de malfaiteurs ». Car désormais, les rapts visent les membres de la famille à défaut d'atteindre les opposants et militants en exil. Abdoul Sacko est le coordinateur national du Forum des forces sociales de Guinée. Lui-même a été kidnappé l'an dernier, torturé et abandonné dans la nature trois jours plus tard. Il vit désormais en exil, où il se soigne. Abdoul Sacko est notre grand invité Afrique, il répond à Sidy Yansané. 

    RFI : Il y a un peu plus de deux semaines, vous avez pris la parole pour, disons, commémorer l'enlèvement que vous avez-vous-même subi un an auparavant. Aujourd'hui, le général Mamadi Doumbouya est officiellement élu président. Comment décririez-vous la situation en Guinée aujourd’hui ?

    Abdoul Sacko : Je pense que c'est juste l'expression d'une tristesse qui dépasse les commentaires. Je suis attristé par rapport à l'image sombre que cette situation renvoie de la Guinée. Ce peuple, qui a pris son Indépendance avec maturité républicaine par le vote référendaire autour des principes de liberté et de dignité, voit aujourd'hui que la vie humaine est absolument insignifiante et que l'État n'a aucune possibilité de lui garantir ni justice ni sécurité à l'intérieur du pays. Ce qui m'attriste le plus, c'est le regret de constater que le peuple de Guinée n'a pas de partenaire véritable. Je veux parler de la Cédéao, de l'Union africaine, de la France, de l'Union européenne et d’autres avec lesquels nous avons en partage des valeurs et des vertus démocratiques. Seulement ces partenaires s'accommodent à toutes les formes de violations des droits humains dans le seul but de se procurer les ressources du pays. Au moment de leur coup d’État le 5 septembre 2021, ces jeunes officiers ont déclaré qu'ils voulaient rectifier les erreurs commises depuis l'Indépendance, cela a suscité de l'espoir. Mais au lieu de consolider les acquis démocratiques et renforcer les dynamiques de réconciliation nationale, cette gouvernance se transforme aujourd'hui en une forme d'aggravation des fractures mémorielles, c’est là aussi une dimension attristante.

    C'est suite au remaniement gouvernemental en mars 2024 que la série de disparitions forcées a vraiment commencé, notamment avec les militants du FNDC Foniké Menguè et Billo Bah, enlevés à leur domicile sous les yeux de leurs épouses et de leurs voisins. Désormais, on kidnappe les membres de la famille et même les enfants mineurs des citoyens en exil. Quelle atmosphère règne actuellement au sein des populations guinéennes ?

    Aucune catégorie socioprofessionnelle du pays ne se trouve épargnée. Les vieillards ne sont pas épargnés, les femmes, les enfants ne sont pas épargnés. Parfois des gens qui ne demandent absolument rien à l'État, sinon que d'être sécurisés, ceux-là également peuvent se coucher le soir avec la peur de ne pas se réveiller chez eux le matin ou sortir de la maison avec la peur de ne pas rentrer le soir. Vous voyez combien la situation est alarmante ! Et qu'est-ce que ça rapporte ? Nous sommes avec des dirigeants qui ne mesurent pas du tout les dégâts qu’ils causent. Aussi bien dans le présent, car aucun investisseur sérieux, ne serait-ce que pour sa sécurité, ne viendra investir dans cette situation. Mais mieux encore, qu'est-ce que l'avenir nous réserve ? Ce qui ne pourra jamais changer, c’est justement le changement. D'une manière ou d’une autre, dans un an ou dix ans, le changement interviendra. Et vu que toutes les lignes rouges sont franchies, nos autorités, au lieu d'être guidées par la raison, s’enfoncent davantage dans le déni. Il suffit de voir aujourd'hui la précarité économique et financière dans laquelle le pays vit. Même si vous avez de l'argent dans le compte bancaire, vous ne pouvez pas y avoir accès. C’est la paralysie totale au niveau du système bancaire.

    De nombreuses sources indiquent à RFI qu'il y a de plus en plus de Guinéens qui fuient le pays : entrepreneurs, universitaires, magistrats, artistes et même des militaires. Et ceux qui restent disent avoir installé leur famille dans les pays voisins. Vous constatez aussi ce genre de phénomène ?

    Bien sûr ! Mais le vrai paradoxe, c’est que ce sont surtout ceux qui gouvernent qui font sortir leurs familles du pays, car ils ont les moyens à leur disposition. Le réflexe principal aujourd'hui, lorsque quelqu'un est ministre, directeur ou a accès à une dimension de responsabilité publique qui lui permet d'avoir de l'argent, c'est de faire sortir sa famille et de la mettre à l'abri.

    Vous disiez que les partenaires de la Guinée s'accommodaient de ces violences. Vous mettiez ça sur le compte des ressources minières. Est-ce qu'il n'y a que cela finalement qui justifie ce silence assourdissant de toutes ces personnes ?

    Je vois aussi que le contexte mondial aujourd'hui met l'économie au centre des relations et les autres aspects à la périphérie. Mais je vais paraphraser simplement le président français Emmanuel Macron qui s’exprimait après l’assassinat de l'ayatollah iranien Khamenei : « L'Histoire ne regrette jamais les dictateurs qui massacrent leur peuple ». Donc je dis à tous nos partenaires : les peuples n'oublieront jamais les partenaires qui se sont accommodés de leurs souffrances au moment où ils avaient le plus besoin d'eux.

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    9 min
  • Nadia Fettah: «Le Maroc a toujours été attaché au dialogue et à la communauté des destins»

    Le succès de la CAN, la transition énergétique, la haute technologie, le Sahara occidental, le chômage des jeunes et le Conseil de la Paix lancé par Donald Trump. Ce matin, nous nous penchons sur les ambitions du Maroc en Afrique et dans le monde. La ministre marocaine de l'Économie et des Finances Nadia Fettah est la grande invitée Afrique de Sidy Yansané.

    RFI : Madame la ministre, depuis presque une semaine, le monde a les yeux rivés sur l'Iran et la guerre déclenchée par les États-Unis et Israël, deux grands alliés du Royaume du Maroc. Tout d'abord, quel est votre sentiment sur les événements en cours ?

    Nadia Fettah : Le Maroc entier est en consternation face à cette escalade, en pensant tout particulièrement aux civils qui payent toujours un lourd tribut en temps de crise. Cela dit, en qualité de ministre de l'Économie et des finances, je reste extrêmement attentive à ce qui est en train de se passer. Notre responsabilité est de gérer les impacts éventuels de cette crise sur notre pays, sur les populations et sur notre économie.

    Restons un peu au Moyen-Orient. Le Maroc fait partie des membres fondateurs du nouveau Conseil de la paix tel que voulu par le président américain Donald Trump. Les États-Unis qui exigent que le Royaume contribue à hauteur d’un milliard de dollars en faveur de ce Conseil de la paix. Ce milliard a-t-il été effectivement versé ? Et y a-t-il des perspectives économiques éventuelles à Gaza pour tout ce qui est chantier de reconstruction au bénéfice de l'économie marocaine ?

    Le Maroc n'a jamais cessé de participer à toutes les initiatives en faveur de la paix. C’est comme ça que nous abordons aujourd'hui le sujet, avec notre attachement au dialogue, à l’idée de communauté de destin et à trouver véritablement un avenir à des enfants, à des familles, à des populations qui ont trop longtemps souffert. Et c'est pour ça qu'on est là et qu'on participe en apportant nos solutions et notre pierre à l'édifice.

    Concernant le Sahara occidental, les produits issus du Sahara font désormais partie de l'accord commercial privilégié entre le Maroc et l'Europe. Y a-t-il déjà eu des discussions ou un accord signé avec le Front Polisario pour déterminer les détails de cet accord commercial ?

    Ce qui est très important à comprendre pour ces provinces du sud du Sahara, c'est qu'elles sont intégrées économiquement, socialement, politiquement, avec toutes les autres populations marocaines. La trajectoire globale de l'économie marocaine envers l'émergence s’appliquera partout, afin d'assurer des conditions de vie et de prospérité pour l'ensemble des citoyens marocains du Nord au Sud.

    Vous parlez beaucoup de nouvelles technologies. On peut notamment citer Safran, groupe d'entreprises françaises et spécialiste en aéronautique, qui, sur les quatre derniers mois, a annoncé deux gros investissements dans le Royaume, notamment un de 350 millions d'euros pour une usine d'assemblage de moteurs d'avions. Le Maroc devient également pour la Chine un point d'ancrage en Afrique du Nord et installe notamment des usines de fabrication de produits bas carbone comme les batteries électriques, les électrolytes, etc. Quels sont les plans du Royaume concernant les technologies du futur ?

    Le Maroc décline depuis 25 ans la vision de Sa Majesté le Roi : devenir une véritable plateforme industrielle et technologique. Quand on installe ces usines, ça veut dire qu'on nous fait confiance pour les dix, quinze prochaines années. C'est ce que le Maroc est en train de faire avec ses partenaires. Et derrières les usines, il y a des emplois, il y a un impact sur les populations, il y a de la véritable création de valeur.

    Si on reprend le cas de Safran, seuls 2 500 emplois seront créés pour les deux projets. RFI a parlé à des économistes marocains qui déplorent que les grands projets infrastructurels et industriels n'apportent que très peu d'emplois, justement car ils sont très techniques. Y a-t-il des plans pour répondre aux besoins des 36 % des 15-24 ans qui sont chômeurs au Maroc ?

    En 2025, notre économie a créé 250 000 emplois, essentiellement destinés à la jeunesse. Est-ce que cela résorbe le taux de chômage ? Oui, puisqu'il baisse. On était à 13,5 %, il est actuellement à 13 %. Est-ce que c'est suffisant ? Sûrement pas. Et c'est pour ça que toutes les politiques publiques que nous faisons, toutes nos stratégies sectorielles, ont pour premier objectif l'emploi. Et particulièrement celui des jeunes et celui des femmes. On veut leur laisser un Maroc encore plus fort pour qu'ils aillent un palier plus loin sur les prochaines décennies.

     

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    24 min
  • Thierry Vircoulon: «Washington met la pression sur Kigali pour faire respecter l'accord avec la RDC»

    Les États-Unis agissent finalement contre l'armée rwandaise. En début de semaine, lundi 2 mars, Washington a annoncé prendre des sanctions contre les Forces de défense du Rwanda « pour leur soutien opérationnel direct au M23 ». Quatre officiers supérieurs sont aussi visés, dont le chef d'état-major général des armées. Le département d'État américain reproche au groupe rebelle d'avoir pris le contrôle de la ville d’Uvira, et cela malgré l'accord de paix signé à Washington quelques jours plus tôt. Pour parler de ces sanctions inédites, Thierry Vircoulon, chercheur associé à l’Institut français des relations internationales (IFRI), est notre Grand Invité Afrique. Il répond à Sidy Yansané.

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  • Présidentielle au Congo-B: «C'est un non-événement qui ne trouve pas de solutions au quotidien des Congolais»

    Depuis samedi dernier, le Congo, capitale Brazzaville, est en campagne électorale avant d'élire leur président dans une quinzaine de jours (15 mars). Le président sortant Denis Sassou Nguesso, 82 ans, dont plus de 40 au pouvoir part grand favori. Il va affronter six autres personnes lors de ce scrutin, la plupart sans envergure. Pour cette présidentielle, les principaux partis d’opposition ne prennent pas part au scrutin. De quoi se poser la question sur le véritable enjeu dans cette élection. L'opposition et une partie de la société civile dénoncent un scrutin verouilllé et joué d'avance. Joe Washington Ebina est le président de la Fondation Ebina qui lutte en faveur des droits humains au Congo. Il est le grand Invité Afrique de Sidy Yansané.

     

    RFI : Le président Denis Sassou-Nguesso vise un cinquième mandat à 82 ans, après quatre décennies au pouvoir et sans réelle opposition. Question simple : ce cinquième mandat lui est-il déjà acquis, comme le disent ses partisans ?

    Joe Washington Ebina : Cette présidentielle se déroule dans un contexte politique et institutionnel vraiment fragile. Avec une concentration du pouvoir pendant 40 ans, l'opposition qui existe aujourd'hui est malheureusement muselée. Il faut préciser qu’il y a l'affaiblissement de l'opposition parce que depuis près de dix ans, il y a des prisonniers politiques comme le général Jean-Marie Michel Mokoko et Okombi Salissa, dont l'incarcération a non seulement réduit la capacité organisationnelle de l'opposition, mais aussi servi de moyen de pression politique. La grande question est existentielle et aussi économique. Tous les Congolais à l'heure actuelle vous parlent des difficiles conditions de vie ou de l’obtention d’un simple passeport. Cinq ans de plus amélioreront-ils tout cela ? Va-t-il y avoir l'électricité et l'eau potable ? Les conditions de vie seront-elles meilleures dans les hôpitaux et dans l'assainissement au niveau des villes et pour les retraités qui cumulent près de 50 mois d'arriérés de pensions ? Donc, pour nous, finalement, cette présidentielle est un non-événement, c'est la continuité d'un système qui, malheureusement, ne trouve pas de solutions au quotidien des Congolais.

    Deux des principales figures de l'opposition, le général Jean-Marie Michel Mokoko et Okombi Salissa, sont toutes les deux en prison. Ont-ils donné des consignes à leurs militants et à leurs électeurs ?

    Ce sont des prisonniers emblématiques au niveau du Congo. Cela fait près de dix ans qu'on entend très peu parler d'eux, donc il y a très peu de messages de leur part. Ce qu'il faut savoir, c'est que, en 2016, le général Jean-Marie Michel Mokoko avait été arrêté, incarcéré, après un procès dénoncé par l'Union européenne, puis confirmé dans son arrestation en 2018. Donc, cela fait aujourd'hui près de dix ans. C'était lors de la présidentielle de 2016. Donc, ils ont été arrêtés dans un contexte électoral. Ce sont des personnes qui gênaient le pouvoir, qui avaient une certaine confiance de la population. Cette aura dérangeait le pouvoir. Tout le monde a compris qu'ils ont été arrêtés suite à leurs revendications et suite à leur candidature malgré tout.

    Est-ce qu’il y a des consignes de boycott ou une décision du genre ?

    Nous n'avons pas entendu de leur part une consigne envers la population, mais nous comprenons très bien que ce sont des citoyens muselés qui sont aujourd'hui dans des conditions très précaires à la maison d'arrêt.

    Ces deux figures de l'opposition sont en prison, mais comment expliquez-vous l'absence quasi-totale de concurrents d'importance face à Denis Sassou-Nguesso ?

    Parce que c'est une instrumentalisation. Les Congolais se reconnaîtront. Nous sommes dans un théâtre de chez nous, c'est-à-dire qu'aujourd'hui tout est muselé. Les médias publics sont contrôlés par le pouvoir. Il y a le fameux découpage électoral qui a été dénoncé par les membres de l'opposition. Les grands ténors de l'opposition ne sont pas visibles, et vous constaterez très bien sur le terrain que le président de la République reste le maître de toute cette situation.

    Le rapport 2025 du Centre d'action pour le développement basé à Brazzaville pointe de multiples arrestations et détentions arbitraires. Diriez-vous que la répression contre les voix dissidentes s'est accrue ces dernières années ?

    Oui, il faut le dire. Il y a un climat délétère qui s'est installé depuis quelques temps, avec l'exécution de certains bandits. Mais dans le fond, ces exécutions ont créé un climat de peur. En ce qui concerne l'opinion nationale, on a eu l'impression quand même dans certains messages qu'il y avait un problème de liberté d'expression à certains niveaux.

    Vous parlez de l'exécution de certains bandits. À quoi faites-vous référence ?

    Ce climat délétère sans passer par la case de la justice a créé un climat de peur dans la population. Les acteurs politiques ont senti une certaine répression dans leur expression libre. La rencontre libre de certains partisans, de certains politiciens, telles que des réunions, telles que des rencontres pour travailler sur leurs partis politiques, ont été touchées par ce climat de peur. Climat de peur justifié par l’insécurité dans les grandes villes Brazzaville et Pointe-Noire. Le climat n'étant pas fiable à une expression libre, cela ne peut entacher une évolution simple d'une démocratie normale.

    Comment réagit la population congolaise à l'absence d'opposants et de rivaux de poids dans cette nouvelle course à la présidentielle ?

    Quelques soient les élections, chaque élection qui passe, le président de la République est toujours gagnant. Donc, ce n'est pas un enjeu populaire. Nous ne constatons pas d'engouement. Les grandes questions restent d'actualité. Est-ce que les prisonniers politiques seront libérés ? Les conditions de vie améliorées ? Nous, nous considérons que non, parce que ce qu'il n'a pas pu faire en 40 ans, il ne le fera pas avec cinq ans de plus. Donc, il n'y a pas d'espoir. La vérité, c'est celle-là : il n'y a pas d'espoir. Ce sont les mêmes dirigeants qui ont apporté la même sauce. Je suis plutôt pessimiste.

    ► Affiches de campagne des candidats à la présidentielle du 15 mars 2026 au Congo-Brazzaville

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  • La Cédéao active sa «Force en attente»: «Il faut qu'on ait un minimum de coopération pour accroître le projet»

    Les chefs d'état-major de la Cédéao ont annoncé vendredi 27 février que 2 000 éléments feront partie de la Force en attente. Réunis à Freetown, en Sierra Leone, les commandants des forces armées des pays membres affichent une nouvelle fois leur volonté de lutter contre les groupes jihadistes qui foisonnent, principalement dans le Sahel. L'annonce de la mise en place de cette Force en attente n'est pas nouvelle. L'Ivoirien Arthur Banga, consultant en défense et sécurité, et maître de conférences à l'université Félix-Houphouët-Boigny d'Abidjan, est le Grand Invité Afrique de Sidy Yansané.

     

    RFI : La Cédéao annonce une nouvelle fois la mise en place de la fameuse Force en attente. Les annonces de ce genre se sont succédées au fil des années. Cette fois ci, selon vous, ce sera la bonne ? 

    Arthur Banga : C’est vrai que la Cédéao l’a annoncé plusieurs fois, sans véritable succès. Mais n'oublions pas que la Cédéao est quand même la seule communauté économique régionale à avoir implémenté réellement cet exercice de force multinationale à travers l'Ecomog, qui a rencontré des succès au Liberia, en Guinée-Bissau, même en Sierra Leone. Aujourd'hui, il s'agit maintenant de passer un nouveau cap car il y a une véritable prise de conscience de la part des Etats. Il y a aussi la pression des populations, surtout la pression des groupes terroristes qui commencent à taper fort dans les pays côtiers, notamment le Nigeria, le Bénin, le Togo. Ca impose que les présidents de la Cédéao réagissent énergiquement.

    Hormis le contexte actuel et la prise de conscience, comme vous dites, notez-vous des nouveautés dans cette annonce par rapport aux précédentes ?

    Pas réellement. Peut-être qu'il y a plus de concret sur le nombre d'hommes qu'on veut mobiliser. On est plus concret sur la volonté et sur le fait d'inscrire dans la doctrine militaire nationale la nécessité de participer à des opérations internationales. Mais la vraie bonne raison d'espérer, c'est le fait que certains pays intègrent désormais la capacité de participer à des opérations extérieures dans leur composition. C'est le cas de la Côte d'Ivoire, du Sénégal, même du Ghana, qui sont des pays qui montrent qu'ils ont la volonté aujourd'hui de participer à des opérations menées par la Cédéao. Ce n'est plus la seule affaire du pays, comme le Nigeria, qui prenait en général le leadership. Et dans le contexte aussi, il ne faut pas oublier l'échec de l'intervention militaire au Niger, qui a renforcé l’AES et fragilisé la Cédéao. Ça aussi, c'est un élément de contexte qui fait qu’on peut espérer des choses plus concrètes cette fois-ci.

    On s'attend à un contingent de 2 000 éléments. Quand on sait que la force française Barkhane en comptait plus du double et qu'elle n'a pas pu enrayer les groupes armés terroristes en huit ans de mission dans le Sahel, vous croyez que ces 2 000 éléments issus de différentes armées de la région peuvent faire la différence ?

    Ce chiffre de 2 000 est révélateur des difficultés à mettre ce genre de forces en position, car il faut déjà avoir des armées nationales qui sont prêtes, qui ont pour habitude de s'entraîner, des armées nationales qui sont en partie taillées pour opérer en contexte international. Ce n'est pas trop le cas aujourd'hui dans les différentes armées ouest-africaines. Donc vaut mieux commencer avec des ambitions réalistes et réalisables. Ça peut expliquer le chiffre relativement bas, qui représente environ deux bataillons. Il s'agira de voir quelle mission on donne à ces deux bataillons pour être plus efficace. Je pense à des missions de renseignement, de coopération, de formation et puis aussi des missions d'intervention sur des espaces précis. C'est quand même difficile de ramener 2 000 hommes supplémentaires au Nigeria, ça ne sert pas à grand-chose. Mais sur des espaces comme le nord du Togo, le nord du Bénin, 2 000 hommes appuyés par une escadrille internationale, ça peut valoir son pesant d'or opérationnel.

    Il y a une question primordiale : comment la Cédéao peut rendre cette force efficace sans la participation des pays de l'AES que sont le Mali, le Burkina Faso et le Niger sécessionnistes ?

    Aujourd'hui, la Cédéao est obligée faire preuve de réalisme, d'avancer sans ces pays, sinon elle ne va pas avancer sur certaines questions. Maintenant, naturellement, sur des questions comme le terrorisme, sur des questions aussi transnationales, à défaut d'opérer ensemble, il faudrait que la Cédéao et l’AES trouvent des mécanismes pour coopérer, ne serait-ce que pour l’échange de renseignements, pour faire naître un minimum d'efficacité. Si vous prenez en chasse des terroristes, par exemple en Côte d'Ivoire qui traversent la frontière du Burkina Faso ou du Mali, si vous n'avez pas la capacité de les poursuivre sur des territoires ou ne serait-ce que d'échanger le renseignement avec les armées maliennes ou burkinabè, vous voyez que tout le travail que vous faites en Côte d'Ivoire devient quasiment nul. C'est la même chose en termes de renseignement. Donc oui, c'est une difficulté, mais elle n'est pas insurmontable. Il faut maintenant qu’on ait un minimum de coopération pour pouvoir accroître l'efficacité du projet de la Cédéao.

    5 min
  • Le «One Poet Show» du Sénégalais Souleymane Diamanka, entre humour et poésie

    L'humoriste et poète sénégalais Souleymane Diamanka joue en ce moment son spectacle à Paris : le « One Poet Show », création au croisement de la poésie et de l'humour. De sa voix grave, il nous éclaire de sa sagesse et nous conte l'origine du monde, son rapport à la culture hip-hop, à son père et à son village peul. Souleymane Diamanka est l'invité de Lisa Giroldini.

    Le « One Poet Show » de Souleymane Diamanka, à retrouver jusqu'au 28 mars au théâtre Le République à Paris.

    Samedi 28 février à 17:45

    Samedi 14 mars à 17:45

    Samedi 28 mars à 17:45

     

    11 min

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