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Une nouvelle stratégie des États-Unis vis-à-vis des pays de l’AES – l’Alliance des États du Sahel ? Nick Checker, haut responsable du bureau des affaires africaines du département d’État américain, s’est récemment rendu au Niger et au Burkina Faso, après un passage au Mali en février. Après des années de froid diplomatique sous l’administration Biden, Washington cherche à renouer le dialogue avec les juntes militaires au pouvoir soutenues par la Russie. S’agit-il d’un repositionnement américain ? Quels intérêts de part et d’autre ? Andrew Lebovich est chercheur américain à l’institut néerlandais Clingendael et spécialiste du Sahel. Depuis Washington, il est l’invité de Charlotte Idrac.
RFI : Depuis sa nomination en janvier dernier, le diplomate américain Nick Checker multiplie les signaux d'ouverture avec les pays de l'AES. Est-ce que c'est, selon vous, un virage stratégique de l'administration Trump ?
Andrew Lebovich : Je ne vais pas dire exactement qu'il s'agit d'un changement stratégique, mais plutôt, ce qui marque la politique américaine au Sahel, c'est qu'il n'y a pas une seule politique, mais plusieurs politiques. Il y a aussi des centres de pouvoir qui ont des visions différentes de comment il faut travailler avec les pays de l'Afrique de l'Ouest ou du Sahel. Certainement, les parties de l'administration qui s’intéressent aux questions géopolitiques et sécuritaires dans le Sahel, ne sont pas les mêmes qui prennent les décisions par rapport, par exemple, aux questions de visas, aux questions de la migration. Il y a une partie de l'administration, autour de Nick Checker et autres, qui veulent recommencer, redémarrer les relations et la coopération avec les États du Sahel.
Alors, en février déjà, les États-Unis avaient levé leurs sanctions contre plusieurs officiers maliens accusés d'avoir facilité l'implantation du groupe russe Wagner. L'objectif américain aujourd'hui est-il selon vous avant tout sécuritaire ?
Oui, il y a plusieurs intérêts. Il y a aujourd'hui un otage américain qui est toujours au Sahel, qui a été enlevé au Niger en octobre. Il y a surtout un intérêt de trouver les moyens de chercher plus efficacement et peut être essayer de libérer l'otage américain. Mais je crois que c'est l'intérêt sécuritaire qui est primordial pour l'administration pour le moment.
Et comment pourrait se concrétiser cette coopération sécuritaire à l'avenir ? Relancer pleinement la coopération en matière de renseignement, voire réinstaller à terme une base militaire dans la région ?
Je pense qu'on est assez loin de cette question parce qu’il y a plusieurs étapes à suivre. Il y a déjà une coopération sur le renseignement, assez limitée, mais qui existe et qui a toujours existé. Mais, certainement, il y a un intérêt à approfondir la coopération sur les questions du renseignement, le partage de renseignements. Peut-être, comme ça a été rapporté dans la presse, un accord sur le vol des avions de renseignement…Peut-être le fait de chercher les moyens de baser, même temporairement, des soldats dans la région. Mais je vais mettre l'accent sur le fait qu'on est assez loin de ça et ça va prendre du temps pour reprendre pas seulement les moyens de coopérer ensemble, mais aussi la confiance.
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Sur la coopération plus économique, Donald Trump fait-il dans ce cas-là aussi de la diplomatie commerciale avec des vues par exemple sur l'or et le lithium au Mali ou sur l'uranium au Niger ?
Oui et non. La diplomatie économique, l'emphase sur les questions minières, c'est une pierre angulaire de la politique étrangère de l'administration Trump. Oui, il y a des tentatives d’aider les compagnies américaines à s'implanter dans la zone, mais ce sont des tentatives assez minimes pour le moment, comme c'est une région qui n'est pas très connue aux États-Unis et aussi, comme le risque est très élevé.
Et du côté des pays de l'AES, quels sont les intérêts de renouer, de relancer le dialogue avec les États-Unis, ces pays qui affichent pourtant un discours anti-impérialiste et anti-occidental ?
L'intérêt, c'est surtout de chercher d'autres partenaires parce que les pays de l'AES ont montré qu'ils voulaient surtout diversifier leur partenariat sécuritaire. Et aussi de chercher peut-être à mettre la pression sur d'autres partenaires qui sont déjà sur le terrain.
Mais ça veut dire que, selon vous, ces pays de l'AES ne sont pas pleinement satisfaits de leur coopération avec les Russes ?
Ça veut dire qu'ils regardent la situation sécuritaire et regardent que ça n'avance pas comme prévu.
Est-ce que ce rapprochement du point de vue des pays de l'AES pourrait expliquer la discrète condamnation par ces pays de l'intervention américaine en Iran, qui est pourtant un allié de l'Alliance des pays du Sahel ?
Oui, je pense qu'on peut dire discrétion, mais surtout la subtilité et la nuance de la réponse. Par exemple, le fait d'avoir condamné la mort d'Ali Khamenei, sans, surtout, condamner explicitement la guerre contre l'Iran.
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La cinquième édition du Salon du livre africain de Paris s'ouvre à Paris samedi 21 mars. 150 éditeurs et 400 auteurs africains et afro-descendants seront présents pour défendre une littérature et un écosystème littéraire en pleine croissance. Souleymane Gueye, éditeur jeunesse sénégalais, fondateur des éditions Saaraba, est le grand invité Afrique de RFI.
RFI : On s'aperçoit que les gens lisent de moins en moins en France. Aux États-Unis, seuls 40 % des Américains lisent un livre chaque année. Est-ce le cas au Sénégal ? Constatez-vous de la part des Sénégalais un engouement pour la lecture ?
Souleymane Gueye : Le Sénégal n'échappe malheureusement pas à ce phénomène qui est mondial, avec l'attractivité des écrans. Ce combat se traduit chez nous par la volonté de réussir à produire de la qualité et à organiser des activités autour du livre pour maintenir les gens attachés au format papier. Mais nous avons ces mêmes difficultés. Surtout dans un pays où la lecture a souvent été associée à la contrainte et à l'obligation de la lecture scolaire. Nous menons un combat pour que le plaisir de la lecture revienne au premier plan.
La plaisir de la lecture se développe-t-il dans le public et notamment le jeune public sénégalais ?
Je pars toujours du principe qu'avant de tirer des conclusions, il faut se poser la question. Que faisons-nous en faveur du livre ? Que faisons-nous pour que ce livre soit à la portée de tous, accessible aux populations et surtout qu'il ait un attrait ? Cela veut dire faire de beaux livres et les faire vivre. Il ne suffit pas de faire des livres, il faut des animations, que les auteurs puissent rencontrer le public, développer les bibliothèques, les clubs de lecture. Tous ces lieux, ces endroits où le livre peut être vivant, vont favoriser l'adoption de cette pratique.
Le développement des bibliothèques est quelque chose d'important. Cela dépend souvent des politiques publiques. Existe-t-il une politique publique du livre au Sénégal ? Est-elle suffisante?
Bien sûr, il y a une politique publique du livre, qui est portée par le ministère de la Culture via la direction du livre et de la promotion de la lecture. Elle œuvre notamment sur le réseau des Clac, les centres de lecture et d'animation culturelle, qui sont assez nombreux et permettent un maillage du territoire. On peut toujours estimer qu'il faut aller plus loin. Mais en tout cas, ils font déjà ce travail, qui est à saluer. Maintenant, il faut le compléter, l'État tout seul ne peut pas tout faire. Il faut que les initiatives privées viennent s'additionner en complément.
Dans quelle langue lit-on au Sénégal ? Le jeune public lit-il toujours en français ou a-t-il accès désormais à des livres en wolof ?
Le jeune public lit majoritairement en français aujourd'hui, mais le wolof – et les langues nationales de manière générale –, sont en train de se développer. Il y a une prise de conscience au niveau du grand public et aussi au niveau des institutions et des organisations, qu'il faut écrire et lire correctement le wolof. Depuis quelques années, les langues nationales ont été introduites dans le système scolaire en phase de test. Le combat désormais, c'est au delà du scolaire, de faire toute cette production qui va accompagner le reste de la vie. Parce qu'il ne suffit pas d'apprendre la langue à l'école, il faut en dehors, dans le cadre de la lecture-plaisir, avoir du contenu, de la production. Des maisons d'édition se sont spécialisées dans les livres bilingues en français – wolof, en français – pulaar. Nous sommes en train de sortir des imagiers pour les un à trois ans, Mes premiers mots en wolof. Il faut offrir au public de quoi adopter la lecture et faciliter la lecture dans les langues nationales.
Les éditeurs font face à des équations économiques compliquées. Comment faites-vous concernant la question économique des intrants, le prix du papier, les frais de distribution? Est-ce une équation économiquement viable, aujourd'hui, au Sénégal ?
C'est une équation compliquée. La distribution, c'est un problème. D'un côté, nous avons ceux qui produisent, qui sont les éditeurs. De l'autre, les libraires qui commercialisent. Entre les deux, il manque un pont qui est celui de la distribution, qui facilite la circulation des œuvres. Aujourd'hui, c'est quelque chose qui n'existe pas ou qui n'est pas développé comme en France. Les publications dont vous en avez parlé ont subi, sur tous les continents et dans tous les pays, le prix du papier, le prix du transport. Ce qui fait que l'impression locale est chère et ce qui implique aussi des prix de vente qui sont relativement chers et inaccessibles au public. Nous essayons de trouver des moyens de baisser les prix, dans le choix des ouvrages, dans les choix de fabrication. Faire un livre souple coûtera beaucoup moins cher qu'un livre cartonné. Nous réfléchissons à la manière dont le livre soit le moins cher possible et le plus accessible aux clients, mais en maintenant aussi cette équation, à savoir qu'il faut que cela reste économiquement viable aussi pour la maison d'édition.
La maison d'édition Saaraba est adossé à un grand groupe – Editis, pour ne pas citer. Une petite maison d'édition qui s'associe à un grand groupe, un schéma que l'on connaît bien en France. Pour vous, c'était le chemin obligatoire pour réussir ?
Dans le projet Editis, ce qui m'avait séduit – par rapport à d'autres projets de ce type –, c'est qu'ils avaient fait le pari de faire des livres adaptés au contexte africain, produits par une équipe locale. Souvent, ce qui se fait, ce sont des livres qui sont produits ici en France et qui sont exportés vers l'Afrique. On ne peut pas trouver mieux pour justement restituer les histoires qui vont vraiment parler au public cible. Être adossé à un grand groupe, ça permet beaucoup d'avantages. Cela permet de bénéficier d'une certaine expertise, des services supports qui sont en France. Lorsque nous rencontrons une difficulté, on sait qu'on peut se tourner vers d'autres personnes qui ont des années d'expérience. Il y a une expertise, un conseil, un accompagnement. Et, quoi que l'on puisse dire, il y a aussi une assise financière, une trésorerie qui permet d'aller beaucoup plus vite qu'on ne le ferait en étant seuls.
Mais vous êtes indépendants sur le choix éditorial. Vous publiez les auteurs que vous avez envie de publier sans que la décision soit prise à Paris pour vous.
Exactement. On est libre d'un point de vue éditorial. Le groupe nous fait entièrement confiance.
Le cinquième salon du livre africain de Paris se déroule à la halle des Blancs-Manteaux du 20 au 22 mars 2026.
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Le français est la quatrième langue la plus parlée dans le monde, selon le rapport de l’OIF publié à l’occasion de la journée mondiale de la francophonie ce vendredi 20 mars. D’après l’organisation - qui utilise une nouvelle méthode de comptage -, 396 millions de personnes le parlent dans le monde, dont 65% en Afrique. Et selon les tendances, à l’horizon 2050, neuf locuteurs sur dix vivront sur le continent africain. Le français, langue en recul, institutionnelle, dans l’ombre des algorithmes ? Pas pour Nimrod. Le poète, romancier et essayiste né au Tchad, qui vit et travaille en France, est l’invité de RFI.
RFI : Pour commencer, est-ce qu'il y a un mot en particulier que vous aimez dans la langue française ?
Nimrod : Le mot « douceur ». L'attaque « dou », c'est un peu sombre, comme fermé. Et ça s'ouvre à la fin « ceur », « douceur ». Il y a comme un petit cheminement très très subtil, très très délicat. Et écrire, c'est ça, c'est faire en sorte que les mots s'accordent.
Est-ce que vous êtes fier d'écrire en français ?
C'est une question qui tombe sous le sens. J'ai toujours estimé qu'on écrit une langue parce qu'on l'aime, parce qu'on en est vraiment passionné. C'est la plus grande maîtresse qu'on aurait jamais. Je pourrais même dire que c'est ma première langue, alors que c'est une langue apprise à partir de l'âge de six ans. Mais ça a fait toute ma vie parce que tout ce que je peux dire de subtil, de plus secret, de plus grand, dans cette langue-là, je peux assurer mon identité.
Vous avez déjà dit par le passé que c'est votre passeport cette langue française ?
Oui, mais oui !
Et la francophonie alors ? Est-ce que ça a un sens pour vous ?
Senghor disait : On parle de francophone, mais on ne parle pas d' « anglophonie ». Il dit que la francophonie, « c'est le français tel qu'il se parle dans le monde ». « Le français, Soleil », et il écrit soleil avec grand S, « qui brille hors de l'Hexagone ». Dans cette phrase, il y a vraiment tout. D'une certaine manière, il dépossède la France et il ne reconnaît le français que pour nous autres périphériques. Et donc la francophonie, oui, très bien, mais personne ne parle le francophone. Il y a un français tchadien, un français camerounais, un français sénégalais, mais c'est toujours le français. Ce n'est pas le francophone.
Comment est-ce que vous percevez dans votre pays natal, le Tchad, le recul du français ou du français tchadien, comme vous venez de le dire, au profit de l'arabe de langue maternelle ?
Je crains que ce soient des choses vraiment idéologiques, pour ne parler que du Tchad. De mon temps, dans les années 1980, avec la guerre, le français était à un bon niveau et l'école aussi était à un bon niveau. Aujourd'hui, c'est complètement catastrophique. Tout est déstructuré. On parle l'arabe, mais qui parle l'arabe ? Nous parlons un dialecte. C'est vrai, nous adorons notre arabe tchadien qui est une variante de l'arabe soudanais, mais ce n'est pas le grand arabe, l'arabe littéraire, l'arabe du Coran. Non, non, le français diminue parce que l'école est très très mauvaise. L’université est très très mauvaise. Et si nous voulons que nos langues deviennent « concurrentielles » – c'est d'ailleurs un très mauvais mot – ou du moins collaborent à d'autres grandes langues impériales, mais il faudra s'en donner les moyens. Et d'ailleurs, si le français ne tient pas la route, ça vient de quoi ? Ça vient de ce qu'il n'y a pas des industries culturelles qui vont avec. J'aurais bien voulu écrire dans ma langue maternelle. Mais si je l'écris, surtout que je viens d'un peuple de 15 000 âmes sur les 20 millions de Tchadiens... Purée !
Dans son dernier rapport, l'OIF, l'Organisation de la Francophonie, indique que la francophonie se trouve à un tournant stratégique de son histoire et indique que la survie d'une langue passe désormais aussi par son adaptation aux algorithmes. Sachant que très peu de contenus en ligne sont en français, 3,5 % selon l'OIF, c'est un enjeu. Y a-t-il vraiment une question de survie, selon vous ?
Pas du tout. Ceux qui nous parlent d'algorithme, ils voient leur économie tout simplement. Ce n'est pas parce que nos référencements ne dépassent pas 3 % que ça nous enlève quelque existence que ce soit. Ça fait plus de 40 ans que je vis en exil, mais quand je reviens au Tchad, c'est toujours cette diversité qui s'embrasse, qui se traduit entre elle, qui « mouvoit ». Qui a jamais référencé tout cela ? Personne. Ce sont des idéologies économiques. Mais l'économie réelle, elle se fait ailleurs.
Au Congo-Brazzaville, la Cour constitutionnelle doit désormais confirmer les résultats annoncés par les autorités : Denis Sassou-Nguesso a été proclamé vainqueur de l’élection présidentielle organisée le 15 mars 2026. Le président sortant est crédité de près de 95% des voix, avec une participation de plus de 84%. Des résultats « qui ne reflètent pas la réalité » selon la plateforme de la société civile Capged, qui avait déployé des observateurs dans les bureaux de vote. Son porte-parole, Bertrand Menier Kounianga, est l’invité de Charlotte Idrac.
RFI : Vous parlez d'une « élection Nintendo ». Qu'est-ce que ça veut dire ?
Bertrand Menier Kounianga : Une « élection Nintendo », c'est une élection qui a été manipulée de bout au bout par la personne qui a tenu les manettes. Des opérations préparatoires jusqu'au vote, nous avons observé que rien n'était crédible. Et rien ne pouvait rassurer les populations.
Cette élection a été marquée par une coupure totale des communications le jour du vote. Internet et téléphone. Qu'est-ce que ça a entrainé comme difficultés pour les électeurs, les candidats et les observateurs ?
Pour les candidats, ça a été quand même une affaire très grave parce que ça les a empêchés de coordonner les opérations avec les équipes qui étaient sur place. Et ça a eu pour incidence que la quasi-totalité des candidats de l'opposition n'avaient presque pas d’observateurs ou de délégués dans les bureaux. Maintenant, pour nous, les électeurs, c'était très grave parce que, en même temps que le vote se déroule, nous avons des communications à passer avec nos parents et nous avons observé des cas de maladie, des gens qui sont tombés malades, ils n'ont pas pu appeler l'ambulance et c'est inadmissible.
Les associations citoyennes du Capged, avaient déployé des observateurs dans 49 centres de vote de la capitale, Brazzaville. Sur le déroulement des opérations de vote, quels sont les principaux constats qui ressortent des observations sur le terrain ?
La majorité des candidats, en dehors du président de la République, n'avaient pas de représentants dans les bureaux de vote. Et la deuxième chose, c'est que les bureaux de vote ont, dans la quasi-totalité, ouvert en retard et fermé plus tôt que prévu. Et nous avons constaté qu'il n'y avait pas d'engouement. Dans plusieurs bureaux, nous avons observé que les gens n’étaient pas motivés. D'ailleurs, le jour de la publication des résultats, il n'y a pas eu une liesse dans la ville, alors que le président de la République a fait un plébiscite.
Les autorités ont pourtant annoncé un taux de participation de plus de 84 %. Qu'est-ce que ça vous inspire ?
Les taux publiés par les autorités ne traduisent pas ou ne reflètent pas la réalité sur le terrain. Parce que la plupart des médias ou encore des témoins qui étaient sur le terrain vous diront qu'il n'y avait pas d'engouement. Et le taux de participation, tel que nous l'avons vu, ne pouvait pas dépasser 10 %.
Cette participation qui est impossible à chiffrer de manière indépendante en raison justement de la coupure des communications… Sur les autres constats, qu'est-ce que vous avez pu observer ? Il y a une problématique de vote multiple, c'est ça ?
Oui, il y a une problématique de vote multiple et dans certains bureaux de vote, il nous a été reporté que des militaires qui avaient voté le 12 ont encore voté dans certains bureaux de vote. Et puis les agents publics qui étaient chargés de distribuer les cartes d'électeurs ont fait la rétention de ces cartes. Et ces cartes se sont retrouvées dans les QG du candidat de la majorité. Et le jour du vote, des personnes venaient voter à la place des autres. Et ça fait des doublons. Et ces actes se sont répétés. Il y a eu des bourrages des urnes dans certains centres, nous avons pu les documenter.
Et sur la surveillance du dépouillement après les opérations de vote, qu'est-ce que vous avez constaté ?
Nous avons constaté qu’il y a eu des bureaux où le dépouillement ne s'est pas effectué sur place. Après la clôture de vote, les agents de l'ordre et les agents de l'administration ont pris les urnes et les ont emportées. Et ça, ça ne peut pas rassurer. Pourquoi ? Parce que ces urnes peuvent être bourrées là où ils sont partis. Et puis notamment, toujours sur le dépouillement, dans beaucoup de centres de vote que nous avons observé, les résultats n'ont pas été publiés. Ce sont des irrégularités graves parce que, à ce moment-là, on se contentera simplement des résultats publiés par les autorités alors que les gens devraient avoir des preuves.
Quels sont les points positifs à retenir sur l'organisation de ce scrutin ?
Le scrutin s'est déroulé en tout cas sans incident, dans la tranquillité. Par rapport aux autres élections, nous n'avons pas pu documenter des cas de brutalités.
Le Capged, dans son communiqué, indique que l'élection n'a été « ni juste, ni équitable, ni transparente ». Est-ce qu'il y aura une suite après cette conclusion ?
Nous allons demander un dialogue. Parce que lorsque les autorités sont élues à l'issue d'une élection qui n'est ni crédible ni transparente, ces autorités ne peuvent pas avoir de légitimité. Et donc nous allons demander pendant tout le mandat de convoquer le dialogue. Et pourquoi pas aller vers une transition…
Ce n'est plus le Sénégal mais le Maroc qui remporte la Coupe d'Afrique des nations de football 2025. Le jury d'appel de la Confédération africaine de football, qui s'est réuni le mardi 17 mars, a décidé de conforter l'appel introduit par la Fédération marocaine de football après la finale perdue 1-0 à Rabat contre les Lions de la Teranga. Pour rappel, les Sénégalais avaient quitté le terrain pendant plusieurs minutes, à la suite d'une décision arbitrale. Hervé Penot, journaliste à L'Équipe et spécialiste du football africain, revient sur cette décision du jury d'appel de la CAF. Il répond aux questions de Sophiane Amazian.
RFI : On l'a appris hier, le jury d'appel de la Confédération africaine de football a décidé de retirer la victoire du Sénégal lors de la finale de la dernière CAN et de donner la victoire à la sélection marocaine sur tapis vert. Victoire 3-0 des Marocains qui remportent donc la Coupe d'Afrique des nations à domicile. Êtes-vous surpris par cette décision du jury d'appel ?
Hervé Penot : Ah, surpris, c'est le moins qu'on puisse dire ! Là, c'est un véritable séisme pour le football africain. Vous vous rendez compte que c'est la première fois qu'on voit ça ? Qu'une finale de ce calibre-là a un résultat qui est inversé ! Ça paraît assez invraisemblable.
En revanche, il y a la surprise, l'effet de stupéfaction, mais d'un autre côté, on sait que se tramaient depuis des semaines, depuis la fin de cette finale, plein de tractations en coulisses pour justement essayer d'inverser le résultat. Car il faut bien comprendre que les Marocains, depuis cette finale perdue et la manière dont ils l'ont perdue, ont en tête de pouvoir remporter la CAN sur tapis vert. Parce qu'ils se disent que la manière dont les Sénégalais ont quitté le terrain n'était pas normale.
C'est peut-être ça qui a fait que Brahim Diaz qui rappelons le, a eu un penalty en fin de match, l’a raté. C'est peut-être lié à ce manque de concentration, à tout ce qui s'était passé. Et surtout pour eux, ça fait partie du règlement.
À partir du moment où une équipe est sortie du terrain, elle n'avait pas la possibilité de revenir et donc ils devaient gagner sur tapis vert. Même si aujourd'hui vous retrouvez le Maroc contre le reste de l'Afrique - parce que tout le monde va être un petit peu scandalisé par cette décision - d'une certaine manière, ce n'est pas leur problème. Eux ce qu'ils voulaient, c'était récupérer ce qu'ils considéraient être comme un bien.
Est-ce que la temporalité de cette décision du jury d'appel vous interpelle ?
Oui et non. Elle n'interpelle pas parce que de toute façon, il fallait qu'il y ait déjà une première décision. Après, ils ont fait appel de cette décision et les Sénégalais feront appel évidemment devant le TAS [le Tribunal arbitral du sport, NDLR], ils ne peuvent pas laisser ça comme ça. Donc ça a suivi un chemin « normal ».
Mais ce qu'il faut savoir en revanche, c'est qu'il y a eu des pressions très fortes [...] sur la CAF dans son ensemble, notamment via la CAN féminine. [Celle-ci] devait se dérouler au Maroc et, au dernier moment, a été décalée car du côté des Marocains, on a mis une pression très forte pour qu'elle ne soit pas ailleurs, qu'elle reste peut-être chez eux en attendant les décisions du jury d'appel et éventuellement du TAS... Vous vous rendez compte, d'une certaine manière, cette CAN féminine a été prise en otage pour ces décisions là. C'est assez incroyable.
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Vous parliez il y a quelques instants de possibilité de recours au Tribunal arbitral du sport. Est-ce que d'ores et déjà, on est en train de travailler du côté de la Fédération sénégalaise pour trouver des solutions et retrouver ce trophée ?
Évidemment. Il y a d'abord l'effet de sidération, parce que personne ne s'attendait à ça. Ça a pris un peu tout le monde de court. Maintenant, dès qu'ils vont recevoir une notification de la sanction, ils vont faire appel devant le TAS. Ils ont 21 jours pour pouvoir le faire.
Ainsi, d'une certaine manière, on saura quel est le vainqueur de la CAN que dans quelques temps. Le TAS, c’est la dernière juridiction sportive. Je ne sais pas si après vous pouvez aller encore plus loin, puisque de toute façon, du côté du Sénégal, il n'est pas question de rester les bras croisés.
Est-ce que cette décision peut écorner l'image de la Coupe d'Afrique des nations et plus globalement du football africain ?
Oui, d'une certaine manière, ça écorne l'image du football africain : que vont dire les personnes qui ne suivent pas d'habitude cette compétition ? Au départ, elle était très bien organisée, ça se passait très bien, mais quand on voit une finale dans un tel chaos et un vainqueur qui n'est toujours pas décidé plusieurs mois après la fin de la compétition, le résumé classique, ça va être : « en Afrique, c'est toujours un peu différent. » Non, en Afrique ce n’est pas différent.
En Afrique, il y a des règles et elles devraient être respectées par tout le monde de la même manière. Malheureusement, aujourd'hui, l'image du football africain va être entachée parce qu'une nouvelle fois, on va trouver des choses à redire sur une épreuve qui était magnifique, qui avait un très beau vainqueur - une des plus belles CAN depuis très longtemps en termes de jeu et de qualité de jeu.
Au final, on va se souvenir d'une chose, c'est de la polémique qu’a engendré cette finale et maintenant des sanctions qui sont absolument incroyables et qui provoquent un séisme.
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Une parabole blanche qui permet de se connecter n’importe où : au Sahel, les groupes armés utilisent de plus en plus le système internet satellitaire Starlink, d’Elon Musk, dans des zones non couvertes par le réseau classique. Un véritable trafic s’est organisé, selon Fiacre Vidjingninou, chercheur associé à l’institut Egmont de Bruxelles. Un défi pour les gouvernements et armées de la région. Il est l’invité du jour.
RFI : Comment ça fonctionne un kit Starlink et combien ça coûte ?
Fiacre Vidjingninou : C'est très simple. Un kit Starlink, c'est une antenne que vous reliez à un émetteur de signal wifi. Vous le déployez et puis c'est parti sur une zone dégagée. Vous avez la connexion à peu près dans les cinq minutes qui suivent. En Afrique de l'Ouest, en tout cas, pour ce que je sais, au Bénin, au Niger, c'est entre 350 et 400 000 francs CFA, environ 600 €.
À quelles fins les groupes armés en particulier utilisent-ils cette technologie ?
Pour ce qu'on a pu documenter, essentiellement, ils essaient d'échapper aux circuits de suivi des communications mis en place dans les pays par les forces loyalistes qui essaient de contrôler, par différents systèmes de décryptage de communications, les appels ou via les messageries, même dites cryptées.
Et donc ça permet à ces groupes de faire de la coordination, de la communication interne, de la propagande également ?
C'est utilisé à toutes ces fins là que vous venez de citer. Vous pouvez alors communiquer entre les différentes équipes sur le terrain. Déjà en juin 2025, on l'a documenté avec le Jnim et l’EIGS au Mali, qui ont fait des offensives coordonnées sur trois fronts simultanés près du camp de Boulkessi, l'assaut de Tombouctou et l'assaut de l'aéroport. La coordination des équipes n'a été possible que grâce au système de communication par messagerie cryptée. Après, de n'importe où, ils peuvent envoyer des vidéos sur leurs différents sites grâce toujours à cette connexion.
Vous avez cité le Jnim, l’EIGS… Comment ces groupes se procurent-ils ces kits Starlink ? Comment ça circule ?
Le plus gros du lot des kits Starlink qui sont vendus aujourd'hui dans le Sahel, ça vient du Nigeria. Il y a les douaniers, il y a les policiers ici et là, on leur glisse quelques billets de banque et c'est cela qu'ils vendent après, à 400 000 francs CFA. Mais le gros du business, en réalité, c'est après avoir vendu le kit. Il y a la connexion tous les mois qu'il faut payer, l'abonnement…. C'est ça le vrai business.
Concrètement, ça veut dire que les trafiquants contrôlent la connexion et « facturent » leurs clients ?
Voilà, c'est-à-dire qu’ils ont des cartes bancaires pour faire les abonnements et c'est ça qu'ils vendent. Au lieu par exemple de 30 000 francs CFA une connexion, ils peuvent vendre soit à 60 000, soit à 80 000.
Et en face, alors, que peuvent faire les États, les armées nationales, voire la Cédéao ?
Alors malheureusement, rien sur la connexion via satellite. C'est très compliqué de pouvoir faire des interceptions de signal si ce n'est de collaborer avec Starlink, si SpaceX leur permet de couper par zone. Ce qui quand même fait sourire, c'est que les pays du Sahel ont tout le temps crié « indépendance, indépendance » et aujourd'hui, ils sont face à une situation qui les oblige à parler avec les Américains, éventuellement pour trouver des solutions à cette histoire.
Plusieurs pays africains ont autorisé le déploiement de Starlink sur leur territoire. Il y a par exemple le Mali, le Niger, le Tchad également. Qu'est-ce que ça change ? Est-ce que cette légalisation permet d'atténuer l'utilisation du système par des groupes jihadistes par exemple ?
Je peux vous dire que, même quand le Bénin n'avait pas autorisé, il suffisait de de se localiser au Nigeria par exemple pour avoir une connexion. Le fait de légaliser l'utilisation de Starlink dans un pays ne permet pas, en tant que tel, de contrôler ce qui est transmis ou ce qui est reçu. Pas du tout. Et Starlink est devenu sans le vouloir un acteur de ce conflit-là.
Et quels scénarii vous imaginez pour les années à venir ? Est-ce qu'on se dirige vers plus de régulation, une surutilisation accrue de cette technologie avec de possibles alternatives à Starlink comme la constellation du groupe Amazon ?
Il y aura beaucoup plus d'offres très prochainement avec cette nouvelle constellation proposée par Amazon. Qui dit beaucoup plus d'offres : les coûts vont sûrement baisser et il y aura une plus forte utilisation. Et du côté de la lutte contre le jihadisme, il va falloir réfléchir à trouver des solutions par rapport au contrôle de ce qui est envoyé et ce qui est reçu.
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Au Tigré, au nord de l'Éthiopie, le climat est toujours plus tendu entre le TPLF, le Front de Libération du peuple du Tigré, la force politico-militaire la plus importante au Tigré et le gouvernement fédéral éthiopien. Les déclarations agressives se multiplient dans les deux camps qui s'accusent mutuellement de vouloir une nouvelle guerre. Le TPLF reproche au gouvernement de ne pas avoir appliqué les accords de paix de Pretoria signés en novembre 2022, qui ont mis fin au conflit de deux ans entre les deux parties. De son côté, le gouvernement reproche au TPLF de s'allier à l'Érythrée. En janvier, des combats ont opposé les troupes fédérales aux forces tigréennes dans la région, une première inquiétante depuis la fin de la guerre. Les habitants fuient en nombre la région de peur d'un nouveau conflit. Sabine Planel est chargée de recherche à l'IRD, l'Institut de recherche pour le développement, elle répond aux questions de Clothilde Hazard.
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Aujourd’hui, 14 mars, c’est la Journée internationale des mathématiques. La date n’a pas été choisie au hasard : 3,14 est une approximation du nombre Pi, l’un des nombres les plus célèbres en mathématiques. Le 14 mars est aussi la date de naissance du grand physicien Albert Einstein, né en 1879. Pour le mathématicien RD Congolais Jonathan Mboyo Esole, les mathématiques sont essentielles pour l’avenir scientifique et économique de l’Afrique. Il est l'invité de Christina Okello.
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Il y a dix ans, la station balnéaire de Grand Bassam, située à une cinquantaine de kilomètres d’Abidjan, était ébranlée par une attaque terroriste. Ce jour-là, trois hommes armés ont ouvert le feu sur la plage tuant 19 personnes et blessant 33 autres. Comment le pays a-t-il tiré les leçons de cette attaque ? Pourquoi depuis 2021, la Côte d’Ivoire n’a-t-elle pas connu d’autre attaque de cette ampleur ? Le grand invité Afrique est William Assanvo, chercheur principal à l’Institut d’études et de Sécurité. Il répond aux questions de Bineta Diagne.
RFI : William Assanvo, dix ans après l'attentat qui a touché Grand-Bassam, qu'est-ce qui a changé sur le plan sécuritaire en Côte d’Ivoire ?
William Assanvo : Il y a eu un certain nombre de mesures qui ont été apportées, des mesures d'un point de vue légal, avec des ajustements apportés à la loi de lutte contre le terrorisme. En termes aussi de lutte contre le financement du terrorisme, il y a des efforts qui ont été initiés. Il y a eu la judiciarisation de cette menace avec le procès de l'attentat de Grand-Bassam. Il y a aussi, bien entendu, du point de vue de la réponse militaire et sécuritaire, des efforts qui ont été fournis pour renforcer le dispositif militaire et sécuritaire dans le nord du pays. Il y a eu aussi des mesures socio-économiques qui ont été apportées pour réduire les fragilités des populations face aux risques d'association avec ces groupes.
Comment expliquez-vous le fait que, par rapport aux autres pays côtiers, la Côte d'Ivoire soit plus ou moins épargnée des attaques actuellement ?
Je pense que c'est en partie dû à l'efficacité des différentes mesures qui ont été apportées. Donc, les mesures que j'évoquais précédemment : militaires, sécuritaires, socio-économiques. Il y a aussi le fait que les groupes terroristes n'ont pas forcément pour objectif d’ouvrir des fronts partout. Il y a une stratégie des groupes de pouvoir sans doute faire profil bas. Et donc, de ce point de vue, c'est aussi un élément à prendre en compte.
Est-ce qu'on peut émettre l'hypothèse que la menace, finalement, même si on ne la voit pas, elle a changé de forme ?
On ne peut pas l'exclure parce que, généralement, avant les attaques, il y a souvent une présence des groupes qui se manifestent d'une manière ou d'une autre et qui poursuivent des objectifs qui peuvent être par exemple, d'établir des zones refuges ou alors des zones où ils peuvent générer des ressources, des ressources financières, ou bien recruter. Donc, généralement, en parallèle des attaques, il y a ce type d'action des groupes qui sont menées. Et après, en l'absence d'attaques, on peut aussi ne pas exclure le fait que la menace ait changé de forme. J'ai déjà évoqué les incursions qui sont souvent rapportées. Donc, ça aussi, c'est une manifestation de la menace qu'il ne faut pas aussi négliger.
Un des maillons de la lutte contre le terrorisme, ce sont aussi les populations locales. Est-ce qu'aujourd'hui vous avez l'impression que les populations sont suffisamment outillées, sensibilisées, éveillées, par rapport à tous les « signaux faibles », qui peuvent conduire à penser qu'on est face à des groupes extrémistes armés ?
Il y a eu effectivement des actions de sensibilisation qui ont été menées dans le nord de la Côte d'Ivoire par rapport à cette menace, par rapport à la nécessité d'être vigilant, par rapport à la nécessité de pouvoir attirer l'attention des autorités lorsque les populations observent des individus qu’elles n'ont pas l'habitude de rencontrer ou des attitudes. Donc, de ce point de vue, il y a des efforts qui ont été menés, mais je crois qu'il est toujours nécessaire de continuer à poursuivre ce travail de sensibilisation. Parce que, aussi, en face, ce sont des groupes qui adaptent également leur mode opératoire à la réponse. Donc, il faut toujours conserver de la vigilance.
On a assisté l'année dernière à la condamnation définitive de quatre personnes dans le cadre du procès contre les attentats de Grand-Bassam. Il y a actuellement le procès des attaques de Kafolo. Est-ce que la judiciarisation de ces attaques contribue également à la lutte contre le terrorisme ?
Bien entendu, il y a une dimension dissuasive, mais c'est aussi un message à l'endroit des populations et à l'endroit de ceux qui seraient tentés de pouvoir s'engager dans ces activités, de leur montrer que, derrière, ils devront répondre de leurs actes. Et puis, généralement aussi, les procès donnent lieu, bien entendu, à des investigations qui permettent de comprendre un peu aussi les modes opératoires, d'identifier les vulnérabilités, les fragilités, justement au niveau des sociétés que ces groupes peuvent exploiter pour pouvoir s'implanter, pour pouvoir opérer, mener les activités, recruter également. Donc, c'est aussi de ce point de vue important d'avoir ces différents processus judiciaires pour pouvoir apporter des éclaircissements sur la nature de la menace et comment est-ce qu'elle fonctionne.
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Au Congo-Brazzaville, les militaires votent aujourd’hui, jeudi 12 mars, par anticipation pour l’élection présidentielle. Les autres citoyens ont rendez-vous aux urnes ce dimanche 15 mars. Le président Denis Sassou Nguesso est en lice, après plus de 40 années cumulées au pouvoir. En face, six autres candidats. Mais pas de poids lourds de l’opposition, éclatée et muselée. Quels sont les enjeux de ce scrutin et que disent-ils de la vie politique congolaise ? Etanislas Ngodi est enseignant-chercheur à l’Université Marien Ngouabi de Brazzaville. Il est l’invité de Charlotte Idrac.
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