Les dessous de l'infox, la chronique

Les dessous de l'infox, la chronique

By RFI
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Les dessous de l'infox, la chronique episodes

  • Guerre en Ukraine: une vague de faux journaux TV alimente la désinformation

    En Ukraine, la Russie a tiré jeudi 28 août plus de 620 drones et missiles sur Kiev, tuant au moins 23 personnes. Vladimir Poutine préfère « continuer à tuer plutôt que de mettre fin au conflit », a déclaré le président ukrainien. Dans ce contexte, des rumeurs d’extension du conflit se propagent actuellement sur les réseaux sociaux. Engagement direct de l’Otan, mobilisation aux États-Unis : les fausses informations se propagent notamment à travers le détournement de journaux télévisés.

    À en croire une vidéo mensongère vue plus d’un million de fois ces dernières heures, « le monde entier viendrait de basculer dans la guerre ». À l’image, un extrait de journal télévisé défile. On reconnaît la journaliste de la chaîne française TF1, Audrey Crespo-Mara.

    Côté son, une voix féminine affirme, à tort, que la Troisième Guerre mondiale viendrait d’éclater. On y entend également que des explosions auraient retenti dans plusieurs grandes villes européennes, dont Bucarest et Varsovie.

    Évidemment, tout est faux. La Troisième Guerre mondiale n’a pas commencé. La Russie n’a pas bombardé la Roumanie ni la Pologne. L’Otan n’a pas non plus déclaré la guerre à Moscou. Cette vidéo est fausse sur le fond, mais aussi sur la forme puisque la rédaction de TF1 n’est pas à l’origine de cette publication.

    La mode des faux journaux TV

    Ce type d’infox se multiplie sur les réseaux sociaux ces derniers mois, à commencer par TikTok où ce mode opératoire est particulièrement à la mode. Il faut dire que la recette est plutôt simple. Une bande son générée par intelligence artificielle est apposée sur un vieil extrait de journal télé.

    Certains y ajoutent d’autres images sorties de leur contexte, une musique angoissante, et le tour est joué. Ce procédé peut se répéter à l’infini. Il est simple à mettre en œuvre et le nombre de vues montre malheureusement que ces infox touchent quotidiennement des millions de personnes.

    Parmi ceux qui diffusent ces faux journaux TV, on retrouve souvent des comptes uniquement dédiés à ce genre de pratique. Ils diffusent chaque jour de nouveaux faux journaux en usurpant l’identité de différents médias comme TF1, CNN ou France 24. Leur activité consiste à désinformer avec des contenus sensationnels pour faire le plus de vues possible. Leur popularité leur permet ensuite de gagner un peu d’argent, en monétisant leur audience, en vendant leur compte ou en diffusant des publicités.

    Perte de confiance dans les médias

    Cette désinformation de masse est particulièrement nocive. Ce flot d’infox participe en effet à éroder la confiance accordée aux médias. Certains en viennent à douter de l’authenticité de contenus authentiques produits par des rédactions reconnues. Enfin, il y a aussi l’impact sur la réalité des faits puisque ces fausses informations invisibilisent les vraies productions journalistiques.

    Pour se protéger efficacement de ces fausses informations, le meilleur moyen, en cas de doute, c’est d’abord de consulter les sites internets et les réseaux sociaux officiels des médias en question. De plus, si une infox de ce type arrive dans votre fil d’actualité, n’hésitez pas à bloquer le compte qui en est à l’origine. L’algorithme de recommandation devrait finir par comprendre que cela ne vous intéresse pas.

    4 min
  • Incendies en Espagne: les flammes attisent les théories complotistes

    L’Espagne est toujours confrontée à une vague inédite de feux de forêt. Les pompiers, appuyés par l’armée, combattent encore une vingtaine d’incendies dans l'ouest et le nord-ouest du pays. Sur les réseaux sociaux, cette catastrophe n'échappe pas à la désinformation. Des dizaines d’infox sèment la confusion, notamment sur l’origine de ces méga-feux.

    À en croire une rumeur mensongère diffusée sur les réseaux sociaux, un des incendies en cours en Espagne aurait été « provoqué intentionnellement par l’armée espagnole ». Cette fausse information s’appuie sur une photo, vue près de deux millions de fois en seulement 48 heures. On y voit un départ de feu en pleine forêt et un rayon lumineux juste au-dessus des fumées. Les commentaires parlent d’un « rayon laser tiré par un drone militaire ».

    Un départ de feu aux États-Unis

    Vérification faite, cette image n’a rien à voir avec la vague d’incendies qui frappe le pays. Grâce à une recherche par image inversée, on sait qu’elle n’a pas été prise en Espagne, mais aux États-Unis, dans le parc national de la forêt de Klamath, dans l’Oregon. Le cliché a été publié par le compte Twitter officiel du service des forêts, le 24 mai 2018.

    Depuis, cette image a été détournée à de nombreuses reprises : en 2019, dans le contexte des incendies en Amazonie, mais aussi en Europe en 2022.

    Effet d'optique en raison d'une trace de graisse sur l'appareil photo

    Dans les faits, cette photo ne montre ni un drone militaire, ni un pseudo-rayon laser destiné à lancer des incendies. Ce faisceau lumineux est un simple effet d'optique provoqué par une trace de graisse sur l'objectif de l’appareil photographique. Un test qui peut être fait à la maison : si l'on prend une photo dans un environnement très lumineux et après avoir essuyé le capteur avec le doigt, des traînées lumineuses verticales peuvent apparaître, exactement comme sur notre photo.

    En 2018 déjà, un journaliste américain s’est plié à l’exercice pour démystifier les théories les plus farfelues.

    Théories complotistes

    Parmi ceux qui propagent cette infox, on retrouve principalement des comptes adeptes des théories complotistes. Certains affirment, à tort, que le gouvernement de Pedro Sánchez « provoquerait ces incendies dans les régions contrôlées par la droite ». D’autres parlent de « feu contrôlé pour exploiter des zones contenant des terres rares ». Ces théories, inventées de toutes pièces, sont populaires auprès d’un public d'une sensibilité politique particulière.

    À cela s'ajoutent aussi les images générées par intelligence artificielle. Pour faire de l’audience, certains n’hésitent pas à diffuser massivement des fausses images en les faisant passer pour des photos de presse. Le dernier exemple en date est une image censée montrer des pompiers espagnols à bout de force. La photo est émouvante, mais elle fausse puisqu’elle a été générée par une IA.

    Reconnaître une image générée par IA

    Pour reconnaître une image artificielle, le meilleur conseil consiste à analyser tous les détails visuels. L’intelligence artificielle peine encore parfois à représenter fidèlement certaines parties du corps et à intégrer du texte dans l’image. Dans notre cas, un pompier semble avoir deux bras gauches et l’inscription dans son dos ne veut rien dire.

    Ces images, même proches de la réalité, sont nocives, car elles participent directement à invisibiliser les vraies photos de cette catastrophe.

    3 min
  • Comment la désinformation alimente les discours xénophobes en Europe

    Le détournement d’images destiné à attiser le sentiment anti-immigration en Europe est un mode opératoire particulièrement à la mode sur les réseaux sociaux ces derniers mois. Le dernier exemple en date est une vidéo mensongère censée montrer l’arrivée de centaines de migrants sur les côtes italiennes.

    Ce clip, filmé à la tombée de la nuit, dure précisément dix-neuf secondes. On y voit des centaines d’hommes et de femmes en train de débarquer d’un bateau de couleur bleu. La rampe d’accès n’a même pas entièrement touché le sol que des dizaines de passagers se ruent sur le quai. Un message en majuscule, accompagné d’un panneau attention, est apposé sur ces images : « Voilà comment l'Europe est en train d'être conquise ». Plusieurs utilisateurs parlent de « demandeurs d’asile » arrivant sur le sol italien.

    Un ferry kényan

    Vérification faite, cette vidéo n’a rien à voir avec l’Italie ni même avec l’Europe, puisque ces images proviennent en réalité du Kenya. Pour savoir exactement où se déroule la scène, nous nous sommes intéressés à ce bateau très caractéristique. Grâce à une recherche par image inversée, nous l’avons retrouvé. Il s’agit du Likoni, un ferry utilisé au Kenya dans la ville de Mombasa.

    Ce navire ne transporte pas de passagers en Europe. Le ferry fonctionne uniquement entre l’île de Mombasa et le quartier Likoni. La géolocalisation des images, grâce aux arbres visibles en arrière-plan, confirme que la scène se passe du côté de Mombasa.

    La vidéo originale a d’ailleurs été publiée par un compte TikTok kényan le 13 mars 2025, avant d’être détournée par des utilisateurs mal intentionnés.

    De détournement en détournement

    Par ailleurs, ce n’est pas la première fois que cette vidéo est sortie de son contexte. Ce même extrait a déjà été détourné pour illustrer, à tort, l’arrivée de migrants en Allemagne, en Grèce ou encore en Espagne. À chaque fois, la vidéo, accompagnée de messages xénophobes, cumule rapidement des millions de vues sur les réseaux sociaux.

    Dans notre cas, c’est sur X et Instagram que les indicateurs de viralité sont les plus alarmants. Malgré les vérifications et les alertes de certains utilisateurs, la vidéo circule toujours.

     

    Alimenter les discours xénophobes

    D’après nos recherches, on retrouve tout un écosystème de comptes européens d'extrême droite à la manœuvre. Leur activité numérique se résume à la diffusion massive d’images de faits divers, sans contexte, en jetant la faute sur l’immigration. Sur les réseaux sociaux, ces contenus, clivants, souvent spectaculaires, sont automatiquement mis en avant par les algorithmes de recommandation. C’est particulièrement le cas sur X, ex-Twitter, depuis le rachat d’Elon Musk.

    Ce mode opératoire répond à un double objectif : alimenter les discours xénophobes, tout en polarisant les opinions publiques. Une stratégie relativement efficace si l’on en croit les échanges tendus et les messages racistes dans les commentaires.

    3 min
  • Les images spatiales n’échappent pas à la désinformation

    La tendance s’affirme de plus en plus sur les réseaux sociaux : la diffusion de fausses images satellites. Le plus souvent, il s’agit de vues aériennes retouchées de manière à tromper le public. Parfois, des procédés plus complexes sont employés via l’intelligence artificielle (IA).Un phénomène problématique, car les images satellites, sont régulièrement employées par les fact checkers dans le cadre de leur travail de vérification. Les manipulateurs l’ont bien compris…

    Plusieurs images satellites falsifiées ont attiré votre attention ces derniers mois. Premier exemple lors des raids indiens sur le Pakistan en mai dernier. Il y a eu une très forte désinformation, autour de ces opérations aériennes. Nous vous en parlions ici. 

    A la veille du déclenchement des hostilités, des comptes mettaient en ligne de prétendues photos satellites montrant des avions de combat Rafale prêts à entrer en action. Selon les commentaires, ces avions de chasse indiens avaient été surpris par les caméras d’un satellite sur une base non identifiée. Cette image était une infox. Cela n’avait pas échappé à certains utilisateurs. 

    Rafale de désinformation

    Après vérification, il s’agissait d’un trucage. Pour schématiser, quatre petits avions gris, étaient copiés-collés sur une photo satellite pour faire croire à une preuve. Cette infox devait contribuer à préparer l’opinion à l’entrée en guerre de l’Inde avec ses Rafale. L’avion français fut dans les jours suivant l’objet d’une vaste campagne de désinformation orchestrés par le Pakistan et la Chine. Ailleurs dans le monde, les images satellites ont été largement utilisées pour documenter les résultats du spectaculaire raid ukrainien contre des bases stratégiques russes début juin. Ce fut aussi l'occasion de détecter de fausses vues aériennes destinée à amplifier les dégâts.   

    Des images trop nettes pour être honnêtes.

    Autre exemple, les fameuses images de la frégate nord coréenne endommagé lors de la cérémonie de lancement devant le dictateur Kim Jong Un. Très vite des photos du chantier naval de Chongjin ou a eu lieu l’accident ont été diffusée. Pour masquer l’ampleur du désastre, des grandes bâches bleues avaient été disposées sur la coque du bateau. Suite à une défaillance du système de mise l’eau, le navire s’était couché, à moitié dans le port, à moitié sur le quai. Quelques heures plus tard, des photos, encore plus précises, ont été diffusées sur les réseaux. A priori, il s’agissait de la même scène :  une vue verticale, même orientation, même angle, mais ces images avaient été améliorées par IA pour les faire passer pour des photos en HD.

    Résultat :  l’IA avait oublié certains éléments, comme l’un des portiques du chantier tout simplement effacé, ou avait exagéré d’autres éléments afin de produire une image plus spectaculaire. Cette image a donc été altérée, et qui ne peut pas constituer une base de travail pour les fact-checker, ni un élément probant. Image qui ne portrait aucune mention annonçant l’utilisation d’un outil d’intelligence artificielle.

    Comment détecter les  images satellites entièrement générés par IA ? 

    Comme ces clichés récents, censés montrer un important déploiement de troupes russes dans la région de Briansk proche de l’Ukraine ou encore les dégâts causés par de récentes frappes de drones à Kiev. A première vue, ces images sont très réalistes, mais elles ne sont pas authentiques. Alors comment savoir ? Il existe bien des détecteurs d’IA, toutefois ils ne sont pas fiables à 100%. 

    Comme à chaque fois en pareil cas, il convient d’effectuer une recherche par image inversée pour voir si les photos douteuses apparaissent t sur des publications sérieuses et dans quel contexte. Il faut aussi rechercher la source de ces images. Assez facile, car les fournisseurs d’images spatiales,  (des agences publiques ou des entreprises privées), ne sont pas très nombreuses. Rfi travaille régulièrement avec Airbus Space, Planet-Labs et Maxar. Par ailleurs, ces entreprises sont très soucieuses de leur réputation compte tenu des enjeux commerciaux. Elles sont donc vigilantes et peuvent coopérer avec les modérateurs ou les médias afin d’améliorer la traçabilité des images. 

    L’utilisateur pourra aussi comparer des images douteuses à des images fiables, même si elles sont plus anciennes, par exemple, en utilisant Google Earth. Enfin, il convient de rechercher les incohérences graphiques assez caractéristiques des images produites grâce à l’intelligence artificielle générative. Vérifier par exemple la symétrie des bâtiments, les proportions, ou encore les murs et les fenêtres d’un immeuble qui peuvent « pencher » et qui visuellement s’inscrive mal dans la géométrie de l’ensemble.

    Prudence donc, car à l'avenir, pour chaque image authentique, il pourrait y avoir plusieurs contrefaçons « convaincantes » et cela risque de réduire la confiance du public dans l'imagerie spatiale. 

    5 min
  • Infox et bataille d’images autour de la famine à Gaza

    Les images de la famine à Gaza ont suscité des réactions d’indignations depuis la semaine dernière. Le Programme alimentaire mondial (Pam), évoque un risque de famine généralisé. Sur les réseaux sociaux, la diffusion de photos d'enfants malnutris a donné lieu à une virulente contre-attaque des comptes de la sphère nationaliste israélienne. Dans leur viseur : les journalistes qui ont témoigné de la situation humanitaire dans le territoire palestinien.

    L’infox qui a retenu notre attention, a l’apparence d’un fact-checking (un exercice de vérifications de faits). Dès la publication du journal Libération daté du 24 juillet, la photo à la une du quotidien a été visée. On y voit un enfant de dos. Il n’a plus que la peau sur les os. Le journal titre « Gaza, la Faim ». Aussitôt, de nombreux comptes ont accusé, à tort, ce quotidien de gauche, d’avoir sorti cette image de son contexte.

    Un ancien président départemental du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), en Provence, martèle dans un post rageur que  « cette photo est celle d’un enfant yéménite, prise dans un hôpital d’Al Hodeïda en 2016 ». Il parle de : « mensonge et de manipulation ». Après vérifications, il apparait que la photo a bien été prise à Gaza, mais sur X, le post mensonger de ce militant a été vu plus de 800 000 fois et n’a été ni modéré, ni modifié, au moment où nous mettons en ligne cet article.

    À lire aussiÀ la Une: à Gaza, la famine se poursuit et s’affiche sur les écrans du monde entier

    Une photo facilement identifiable

    Pour savoir précisément d’où provient cette photo, nous sommes remontés à la source. La rédaction de Libération mentionne le nom du photographe auteur du cliché : il s’agit du photo-reporter Omar El-Qattaa, qui travaille pour l’AFP, il est d’ailleurs l’un des derniers journalistes à encore pouvoir faire son travail dans l’enclave palestinienne.

    La rédaction de Libération explique que l’enfant sur la photo s’appelle Yazan, qu’il est âgé de deux ans et qu’il a été photographié le 23 juillet dans le camp de réfugiés d'Al-Shati, à Gaza. On retrouve d’ailleurs ce cliché sur le site internet de l’Agence France-Presse, avec le reportage complet d’Omar El Qattaa, sur la famine à Gaza. Des images également mises en lignes sur les comptes personnels du photographe sur Facebook, Instagram et X.

    Une nouvelle fois, Grok se trompe

    Rappelons-le ici, l’intelligence artificielle d’Elon Musk n’est pas infaillible et surtout ce n’est pas un outil de fact-checking. Ainsi, après la diffusion des contenus dénigrants le travail de journaliste de Libération, Grok a assuré que « la photo était prise au Yemen et était le fruit d’une manipulation pour illustrer Gaza ».

    Mais un peu plus tard, Grok a changé d’avis, pour donner cette fois-ci une réponse correcte, comme le souligne Libération dans son fact-checking. La meilleure manière de vérifier la photo aurait été de faire une recherche par image inversée. (voir ici comment faire). Aujourd’hui, cette image renvoie sur des dizaines de comptes évoquant la famine Gaza, et le 23 juillet au moment de sa publication, son analyse aurait au moins permis de dater de cliché, et de déduire qu’il n’avait rien à voir avec le Yémen en 2016.

    Une autre image fait polémique

    Toujours à Gaza, une autre photo d’enfant squelettique a été pointé par les comptes pro-israéliens. Cette image a fait la une du New York Times et a donné lieu à une levée de boucliers de la part de comptes ouvertement favorables à la politique jusqu'au-boutiste du Premier ministre Benyamin Nétanyahou, ainsi que sur des comptes officiels comme celui de l’ambassade d’Israël en France.

    Dans son reportage, le journaliste précise que l’enfant sur la photo est né durant la guerre à Gaza, et souffre depuis toujours d’une malformation. D’après des témoignages, faute de soins et d’une alimentation adaptée, son état de santé n’a fait qu’empirer. Pour mes comptes pro-israéliens, cette image a été volontairement sortie de son contexte, afin de mieux accuser les autorités israéliennes et disculper le mouvement islamiste armé « Hamas » mis en cause dans le détournement de l’aide alimentaire.

    La documentation de la famine à Gaza suscite depuis quelques jours une véritable bataille d’images, sur fond de propagande, mais aussi de manque d'information sur ce qui se passe à Gaza. Toutefois, la position gouvernementale israélienne a évolué ces derniers jours avec l’autorisation de la reprise des largages d'aide humanitaire, et une pause des combats dans certains secteurs.

    Gazawood en ordre de bataille

    Cela étant, les comptes les plus radicaux, ont mené ces derniers jours une large compagne destinée à minimiser les souffrances des palestiniens.  On retrouve notamment les comptes de la galaxie Gazawood dont on vous a déjà parlé dans cette chronique.  

    Le narratif de ces comptes est toujours le même. Ils prétendent à tort qu'« il n’y a pas de famine à Gaza » et des vidéos humiliantes détournant des images de palestiniens et des palestiniennes en surpoids, parfois en train de manger des gâteaux, ou de préparer des plats de la cuisine orientale. Il ne s’agit pas de comptes parodiques, encore moins de plateformes de fact-checking, mais bien d’outils de désinformation de masse, aux mains de la mouvance d’extrême droite israélienne. Une situation dénoncée par certains fact-checkers israéliens. 

    4 min
  • En Moldavie, la cause LGBTQ+ utilisée comme vecteur de la désinformation anti-UE

    À l’approche des élections législatives moldaves de septembre, les attaques informationnelles se multiplient dans ce pays. Sur les réseaux sociaux, on ne compte plus les faux articles ou les vidéos mensongères qui s’en prennent à la présidente Maia Sandu qui œuvre à l’intégration de son pays à l’Union européenne. Une désinformation de longue haleine, derrière laquelle se cache la main de Moscou.

    Dernier épisode, en date, cette vidéo qui vise la communauté gay du pays, afin de mieux s’en prendre au processus de rapprochement avec l’UE. Il s’agit d’un clip d’ 1 min 40 sec. Sur une musique de fond, une voix-off prétend à tort que la fondation du milliardaire américain George Soros a versé 10 millions de dollars au pouvoir en place dans le but de promouvoir la cause LGBTQ+ en Moldavie.

    Plus largement, selon ce narratif, cette aide viendrait favoriser l'intégration de la Moldavie dans l’Union européenne grâce à une série de réformes, dans l’éducation et la santé, permettant,  « de transformer rapidement la Moldavie en paradis pour les homosexuels ». Après vérification, tout cela a été inventé de toute pièce. Il n’y a aucune trace d’un tel versement, aucune prise de position sur le sujet par la part de présidente Maia Sandu, et aucun résultat correspondant à une telle activité sur le site internet de la fondation Soros en Moldavie.

    La présidente pro-européenne de Moldavie, Maia Sandu, réélue en 2024, a déjà été visée par une série d’infox au mois de juin, pour nuire à sa carrière politique et dénigrer son travail à la tête de la Moldavie, petit pays européen enclavé entre la Roumanie et l’Ukraine. Il s’agissait de fausses informations faisant partie d’une opération d’ingérence russe, en amont des élections moldaves.

    Les attaques à son encontre continuent donc avec ce narratif autour d’un soutien aux minorités sexuelles - sujet très sensible en Moldavie, pays catholique et orthodoxe. Globalement, il y a une forte augmentation du ciblage depuis plusieurs mois de la Moldavie via des modes opératoires informationnels pro-russes en amont des élections de septembre.

    Cette infox est apparue le 21 juillet, elle a été vue des milliers de fois rien que sur le réseau X. Elle s’appuie sur un faux site internet présenté comme la source de cette vidéo. Baptisé Proud Europe (Europe Fière), il est, selon nos recherches, l’œuvre d’une agence de marketing digital, qui l’a conçu le 15 juillet dernier, donc spécialement pour cette opération de désinformation visant la Moldavie.

    La technique employée et le schéma de diffusion sont très proches de ceux suivis par la propagande du Kremlin. Les spécialistes ont immédiatement noté les similitudes avec le système de baptisé Storm 15-16.

    Depuis 2023, on retrouve ce mode opératoire dans des opérations de désinformation visant les pays européens, notamment en détournant l’identité de publications connues et sérieuses. Cette fois, c'est un site internet « bidon » qui a été utilisé. Il mélange de fausses informations et des articles récupérés sur des sites authentiques sous la bannière d’un prétendu site d’actualité destinée à la communauté LGBTQ+.

    Sans surprise, dans les heures qui ont suivi la diffusion de l’infox sur la Moldavie, la vidéo a été relayée par les comptes complotistes des sphères russes et MAGA - Make America Great Again, le fameux slogan ultra-conservateur nord-américain. En fin de semaine, l’infox est apparue aussi sur quelques comptes panafricanistes.

    Objectif : alimenter l’euroscepticisme, affaiblir l’Europe, et jouer sur les émotions du public moldave et de sa diaspora autour des sujets liés à la famille et aux valeurs traditionnelles, en prévision des élections…

    Concernant enfin Georges Soros, il est une cible de choix pour les complotistes anti-progressiste L’homme d’affaires est souvent visé, par les ultra-conservateurs aux États-Unis qui veulent lui faire payer son soutien aux idées démocrates. Mais d’une manière générale, on peut dire que ce philanthrope d’origine juive incarne, dans l’imaginaire complotiste, la figure fantasmée du milliardaire américain qui cherche à influencer la marche du monde.  

    5 min
  • Mauritanie: fausse rumeur de soulèvement après la visite de Mohamed Ould Ghazouani à Washington

    Une semaine après la rencontre entre Donald Trump et cinq chefs d'État africains à la Maison Blanche, ce sommet continue d'agiter la toile. Sur les réseaux sociaux, ces échanges ont été marqués par plusieurs polémiques et surtout par un flot de désinformation sur tout le continent, et particulièrement en Mauritanie.

    Du 9 au 11 juillet, les présidents sénégalais, libérien, gabonais, mauritanien et bissau-guinéen ont été reçus par Donald Trump à la Maison-Blanche. Depuis ce sommet, une fausse rumeur de soulèvement populaire en Mauritanie est devenue virale sur le continent. Selon une vidéo mensongère vue plusieurs millions de fois, une manifestation d’ampleur aurait récemment eu lieu à Nouakchott.

    Durant quinze secondes, on y voit des centaines de personnes défiler devant le siège de la Société nationale industrielle et minière (Snim). La légende parle d’une déclaration polémique du président Mohamed Ould Ghazouani devant Donald Trump qui aurait provoqué la grogne des Mauritaniens.

    En réalité, aucun soulèvement de ce type n’a eu lieu en Mauritanie. La vidéo en question a été sortie de son contexte. Grâce à une recherche par image inversée, on sait qu’elle a été publiée sur TikTok le 25 mai 2025, soit bien avant le sommet des chefs d'État africains à Washington qui s'est déroulé du 9 au 11 juillet.

    Le correspondant de RFI en fulfulde, Oumar Elhadj Thiam, présent en Mauritanie confirme qu’il n’y a pas eu de manifestation dans le pays demandant la démission du président.

    Manifestations en soutien à Gaza

    Pour savoir ce que montre réellement cette vidéo, nous nous sommes appuyés sur deux éléments visuels. D’abord, 95 % des manifestants sont des femmes. De plus, on retrouve plusieurs drapeaux palestiniens dans le cortège. En cherchant dans les médias mauritaniens, on retrouve bien la trace d’une manifestation de femmes en soutien à la cause palestinienne, le 24 mai 2025, soit la veille de la publication de la vidéo sur TikTok.

    Une analyse comparative avec des photos prises par des journalistes montrent qu’il s’agit bien de cette marche organisée pour Gaza, à Nouakchott. À noter que d’autres images décontextualisées circulent également sur les réseaux sociaux. L’une d’entre elles montre encore des manifestants dans une rue de la capitale mauritanienne.

    Cette fois, ce sont presque uniquement des hommes. Certains portent des drapeaux palestiniens. Là encore, cette photo a été prise bien avant la visite de Mohamed Ould Ghazouani à Washington. Nos recherches nous ont permis de la retrouver dans plusieurs médias locaux il y a près de deux ans, en octobre 2023. Quelqu’un a donc recyclé ces images pour faire croire, à tort, à un soulèvement populaire en Mauritanie.

    Comptes maliens

    Si on ne sait pas précisément qui est derrière cette campagne de désinformation, l’analyse de la propagation de cette infox montre l’implication directe de comptes pro-maliens. Cet écosystème, déjà impliqué dans plusieurs campagnes de désinformation régionales, s’attaque régulièrement au pouvoir mauritanien. Les relations étant déjà compliquées entre les deux voisins, ce type d’infox attise encore les tensions.

    À lire aussiEntre le Mali et la Mauritanie, la désinformation attise les tensions

    4 min
  • Togo: la désinformation ajoute à la confusion avant les municipales

    Au Togo, les tensions sont encore vives à moins de dix jours des élections municipales. Le pays a été marqué fin juin par des manifestations d’ampleur contre le régime de Faure Gnassingbé. Selon plusieurs partis d’opposition et des organisations de la société civile, la répression de ce mouvement de contestation a fait au moins sept morts et des dizaines de blessés. Sur les réseaux sociaux, de fausses déclarations de personnalités politiques africaines et européennes ajoutent à la confusion.

    Si vous suivez de près l’actualité au Togo, vous avez probablement vu passer cette déclaration attribuée, à tort, au capitaine burkinabè Ibrahim Traoré. Dans une vidéo mensongère devenue virale ces derniers jours, on pense l’entendre apporter son soutien aux mouvements de contestation au Togo.

    Cet audio, long d’une minute et dix-huit secondes, a été écouté plus de 3 millions de fois sur TikTok et Facebook. Les comptes qui partagent cet extrait évoquent un « discours historique ».

    Une déclaration fabriquée de toutes pièces

    En réalité, le capitaine Ibrahim Traoré n’a jamais prononcé ces mots. L’extrait en question a été entièrement généré par un outil d’intelligence artificielle. Plusieurs internautes burkinabés signalent que le timbre de la voix d’Ibrahim Traoré est trop grave. Malgré tout, le résultat est assez bluffant, à tel point que les détecteurs d’IA que nous avons utilisés se trompent. Il s’agit là d’une nouvelle preuve que les outils de génération progressent plus vite que les outils de détection.

    Pour vérifier cet audio, nous avons d’abord cherché l’origine de cette prétendue déclaration. Sur les divers canaux officiels de communication du pouvoir burkinabè, ainsi que dans les médias locaux, ce discours est introuvable.

    En multipliant les recherches par mots clés, nous avons fini par retrouver le primo-diffuseur, le compte à l’origine de cette bande son. Il s’agit d’une chaîne YouTube, active depuis plus d’un mois. L’auteur précise qu’il est question d'un discours fictif, généré par intelligence artificielle, dans le but « de soutenir le peuple togolais ». Ce message d’avertissement a été volontairement ignoré par des comptes mal intentionnés.

    L’IA s'en mêle

    Ce discours artificiel d’Ibrahim Traoré n’est pas le seul à circuler à propos de la situation en cours au Togo. Avant lui, c’est la voix d’Emmanuel Macron qui avait été détournée. Cette opération de désinformation usurpait l’identité de RFI avec notre logo apposé sur cette fausse déclaration du président français.

    Plus récemment, l’image de la cheffe de la diplomatie de l'Union européenne, Kaja Kallas, a également été manipulée. Dans une vidéo de huit secondes, on pense la voir mettre la pression sur le gouvernement togolais.

    Dans les faits, cette vidéo a été générée via l’outil d’intelligence artificielle de Google : Veo III. La durée, huit secondes, ainsi que le petit logo Veo en bas à droite de l’image le confirment. On remarque, de plus, plusieurs incohérences visuelles, comme les drapeaux du Togo et de l’Union européenne qui ne collent pas avec les originaux.

     

    Là encore, cette déclaration est introuvable sur les canaux de communication de l’UE et dans les médias, d’où l’importance de consulter des sources fiables.

    4 min
  • Pays de l’AES: la réalité derrière les images de logements flambant neufs

    Dans les pays de l’Alliance des États du Sahel, les politiques de construction de logements font régulièrement l'objet de fausses informations. Au Burkina Faso, au Mali et au Niger, ces infox voudraient faire croire que d'innombrables quartiers d'habitations luxueux seraient sortis de terre depuis les coups d'État. Le mode opératoire consiste à diffuser des images sorties de leur contexte, en affirmant, à tort, qu’elles auraient été filmées au Sahel.

    Le dernier exemple en date concerne le Burkina Faso. Une vidéo, mensongère, vue plus de 4 millions de fois sur les réseaux sociaux, prétend montrer la construction récente de centaines de logements neufs dans le pays. Durant onze secondes, on y voit des immeubles luxueux, à perte de vue. « Ce ne sont pas les États-Unis, mais le Burkina Faso », indique, à tort, une voix anglophone dans la bande son. Les comptes à l’origine de cette vidéo, parlent de « maisons distribuées gratuitement par le capitaine Ibrahim Traoré aux citoyens burkinabés ».

    Vérification faite, ces images n’ont absolument rien à voir avec le Burkina Faso.

    Un projet immobilier en Chine

    Pour géolocaliser cette vidéo, nous avons d’abord effectué plusieurs recherches par image inversée. Cela nous a permis de retrouver le même extrait diffusé par des comptes asiatiques. La légende parle d’un projet immobilier baptisé « Jinan's Ma Shan New Village », en Chine, dans le centre Ouest de la province du Shandong.

    En parcourant la zone sur des outils de cartographie satellite, comme Google Earth ou Yandex Maps, on retrouve bien nos immeubles, construits au nord de la localité de Feicheng. La vidéo a donc été filmée à 11 000 km du Burkina Faso.

    Un mode opératoire à la mode

    Ce type d’infox se compte par dizaines ces derniers mois. Des images de projets immobiliers du monde entier, de l’Algérie, aux États-Unis, en passant par le Maroc, sont sorties de leur contexte et diffusées au Sahel avec des légendes mensongères. Le phénomène concerne aussi d’autres types d’infrastructures, comme des gares, des ponts ou des stations de métro.

    Ce mode opératoire est particulièrement populaire au Mali et au Burkina Faso. Pour cause, ces infox sont simples à fabriquer, elles deviennent souvent virales et sont, à l’inverse, parfois difficiles à vérifier.

    Un écosystème de comptes de propagande à la manœuvre

    À l’origine de cette désinformation, on retrouve tout un écosystème de comptes actifs sur Facebook, X, WhatsApp et TikTok. Ce réseau d’influence, déjà impliqué dans plusieurs campagnes de désinformation régionales, diffuse quotidiennement la propagande des pouvoirs en place dans l’AES. Les indicateurs de viralité montrent que leurs contenus touchent une large audience.

    Dans les faits, des projets de construction de logements existent dans les pays de l’AES. Au Burkina Faso par exemple, le gouvernement a pour ambition de construire 50 000 logements à travers le pays d’ici à 2029. À ce stade, on ne sait pas combien ont été construits ni à quel prix ils seront vendus. Pour autant, les vidéos qui circulent en ligne sont loin de la réalité.

    4 min
  • Israël-Iran: l’intelligence artificielle renforce la désinformation au Sénégal

    Alors que le cessez-le-feu déclaré mardi 24 juin semble tenir entre l’Iran et Israël, le conflit qui a opposé les deux ennemis jurés se poursuit toujours sur les réseaux sociaux. Une véritable bataille informationnelle se joue en ligne, sur tous les continents. Au Sénégal, la désinformation autour de cette guerre au Moyen-Orient sème le trouble, et polarise l’opinion publique. Un phénomène amplifié par des infox toujours plus crédibles grâce à la démocratisation de l’intelligence artificielle.

    C’est notre rédaction en langues locales à Dakar qui a lancé l’alerte. À en croire une vidéo diffusée sur Facebook et TikTok, une manifestation historique en soutien à la cause iranienne aurait eu lieu au Sénégal ces derniers jours. Durant exactement huit secondes (information importante), on y voit une foule de personnes à perte de vue, réunie sur un boulevard, en centre-ville. Certains portent des drapeaux iraniens ou sénégalais. En tête de cortège, un homme scande un slogan en wolof : « Senegal moy iran, Iran moy Senegal », « L’Iran, c'est le Sénégal, le Sénégal, c'est l’Iran » en français. Cette formule est reprise par des centaines d’internautes.

    En réalité, cette manifestation n’est pas réelle. Cette vidéo, vue plus d’un million de fois, a été entièrement générée par intelligence artificielle. Aucune manifestation pro-iranienne de cette ampleur n’a eu lieu au Sénégal. Visuellement, plusieurs indices mettent la puce à l’oreille. La foule est beaucoup trop compacte et le boulevard est trop large. Certaines pancartes sont également illisibles. Un drapeau du Sénégal est aussi mal représenté. L’étoile verte au centre est remplacée par une sorte de croix noire.

    En zoomant sur l’image, on remarque, de plus, plusieurs incohérences au niveau des yeux et de la bouche de certains manifestants.

    Une vidéo décontextualisée

    En cherchant l’identifiant TikTok visible sur certains extraits, nous avons retrouvé le premier compte qui a diffusé cette vidéo. Dans sa biographie, il se décrit comme un « créateur de contenu artificiel ».

    Nous l’avons contacté et il confirme que c’est bien lui qui a généré ce clip. Certains utilisateurs mal intentionnés ont partagé sa vidéo sans mentionner l’utilisation de l’IA, à des fins de désinformation.

    Polarisation et tensions

    Les débats dans l’espace commentaire de ces publications montrent que ces fausses informations participent à la polarisation de l’opinion publique sénégalaise sur le soutien ou non à la cause iranienne. Certains utilisateurs, trompés par cette vidéo artificielle, se félicitent pour la tenue de cette fausse manifestation : « Je suis fier d’être sénégalais ! Soutien total à l’Iran ! ».

    D’autres, au contraire, pointent la nécessité de rester neutre : « Ce conflit au Moyen-Orient ne nous concerne pas. Notre devoir est de souhaiter la paix. Prendre position peut jouer en notre défaveur. Ce n’est pas notre guerre ». Cette désinformation alimente également les tensions religieuses et communautaires.

    Démocratisation des outils d’IA génératives

    Cet exemple montre une nouvelle fois les dangers de la démocratisation des outils d’intelligence artificielle. Cet utilisateur explique avoir utilisé la version professionnelle de Google Veo III. Cette intelligence artificielle de l’Américain Google, permet de générer, en quelques clics, des vidéos de huit secondes maximum, très réalistes, avec une bande son intégrée. L’abonnement est payant, aux alentours de 43 € par mois, mais il existe des moyens plus ou moins légaux de s’en servir gratuitement. Le rendu est tellement bluffant que certains détecteurs d’IA tombent dans le panneau.

    Pour ne pas se faire avoir face à ce type de contenu, le meilleur conseil consiste à regarder attentivement les visages, les logos ainsi que les éléments textuels. Même si les outils d’IA s’améliorent de jour en jour, certains ont du mal à représenter des panneaux, des devantures de magasin ou des drapeaux par exemple. L’image et les couleurs sont aussi souvent trop parfaites, trop lisses. Enfin, il faut aussi analyser le contexte et croiser les sources. Dans notre cas, si une telle manifestation avait eu lieu, la presse sénégalaise et internationale en aurait forcément parlé.

    4 min

About Les dessous de l'infox, la chronique

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Info ou intox ? Chaque semaine, RFI épingle une de ces tentatives de manipulation de l’information, pour en expliquer les ressorts. Vous souhaitez que «Les dessous de l'infox» vérifie la véracité…

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