« L’hiver approche, et pourtant, les journées électorales s’allongent, constate Le Monde à Paris. Engagés dans une empoignade incertaine, tendue et souvent confuse, Kamala Harris et Donald Trump multiplient les déplacements et les prises de parole. Les coups fusent. Chaque heure est un heurt. À deux semaines d’une élection présidentielle, le 5 novembre, qui mettra à l’épreuve l’État de droit américain et la solidité des procédures de vote, les candidats se focalisent sur un nombre réduit d’États-pivots, qu’ils labourent avec ardeur. Arizona, Nevada, Michigan, Wisconsin, Pennsylvanie, Caroline du Nord, Géorgie : c’est là que se décidera la route vers les 270 grands électeurs indispensables pour entrer à la Maison Blanche. Il suffira peut-être, s’exclame Le Monde, d’un comté, d’une ville ou d’un quartier favorable, pour que les dominos tombent au profit de l’un ou de l’autre. À moins que derrière les sondages, souvent contradictoires, ne se dessine une surprise : une victoire plus franche, plus indiscutable que ne l’envisagent la quasi-totalité des experts ».
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Sondages : le grand flou…
« Les sondeurs se sont trompés en 2020. Se tromperont-ils à nouveau en 2024 ? », s’interroge le Wall Street Journal.
En effet, il y a 4 ans, « les enquêtes indiquaient que Joe Biden fermait la marche face au président sortant Donald Trump qui avait une confortable avance, entre 7 et 8 points. Résultat : Joe Biden l’a emporté avec un peu moins de 4 points et demi d’avance, ce qui lui a permis d’arracher de justesse la victoire au collège électoral ». Alors,« si les sondages manquent encore la cible cette année, la faible avance de la vice-présidente Kamala Harris observée aujourd’hui se révélerait en fait être une avance… pour Trump ».
Depuis 2020, les sondeurs ont tenté d’améliorer leurs outils. Mais les observateurs sont sceptiques, pointe le Wall Street Journal : « "Nous nous dirigeons vers un nouveau désastre", affirme Jon Krosnick, politologue à l’université de Stanford. Entre autres problèmes, il estime que de nombreuses enquêtes en ligne récentes utilisent des méthodes d’échantillonnage qui n’ont pas fait leurs preuves. Une autre politologue, Courtney Kennedy du Pew Research Center a suivi les changements apportés par les sondeurs ces dernières années pour améliorer la précision de leurs enquêtes. Elle espère que la situation va s’améliorer. "Les sondeurs se sont efforcés de corriger leurs erreurs, affirme-t-elle, mais il n’y a pas de solution miracle" ».
Bref, on reste dans le flou…
Outrances…
En attendant, les candidats entament leur sprint final…
Et Donald Trump multiplie les outrances verbales : Paul Krugman, l’un des éditorialistes du New York Times n’en revient pas : « il est clair qu’il se passe quelque chose avec Donald Trump, écrit-il. Il y a encore un an, je ne pense pas qu’il aurait commencé un meeting par 12 minutes de remarques décousues sur le défunt golfeur Arnold Palmer, conclues par une digression sur la taille du pénis de ce même Arnold Palmer ».
En effet, constate Le Figaro à Paris, « Donald Trump accumule ces derniers jours des grossièretés impensables pour des millions d’Américains. Le milliardaire populiste n’a jamais fait dans la dentelle, notamment en privé, mais cette succession de vulgarités dites en public, en pleine campagne pour la Maison Blanche, surprend ou consterne. (…) Samedi soir, en meeting à Latrobe, en Pennsylvanie, précise le journal, le républicain de 78 ans a ouvert son discours par une digression surprenante (donc) sur la star locale, Arnold Palmer, décédé en 2016, légende américaine du golf, en expliquant combien les autres golfeurs professionnels étaient impressionnés par l’appareil génital du champion. (…)
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…et injures !
« Durant ce même meeting, pointe encore Le Figaro, Donald Trump a adressé une bordée d’injures à sa rivale démocrate, Kamala Harris. "Tu es une vice-présidente de merde, la pire, tu es virée, dégage d’ici“, a-t-il lancé. Et, auparavant, il avait qualifié la vice-présidente des États-Unis de "tarée", de "glandeuse" ou encore de "véritable pourriture". (…) Dans l’entourage du républicain, certains s’inquiètent qu’avec ces nouvelles outrances il s’aliène les électeurs les plus modérés du parti, alors que chaque voix comptera pour la présidentielle du 5 novembre. Kamala Harris l’a bien compris, relève Le Figaro. Hier, elle a été rejointe sur son estrade de campagne par la républicaine Liz Cheney, figure de la droite anti-Trump. Cette femme, devenue la bête noire du septuagénaire, a récemment appelé les électeurs à rejeter "la cruauté dépravée" de Donald Trump. Réplique de l’ancien président : Liz Cheney est "con comme un balai" ».