Depuis ces dernières heures, les troupes terrestres israéliennes ont donc pénétré en territoire libanais. Objectif : détruire les infrastructures du Hezbollah et repousser les combattants du groupe loin de la frontière. L’information est à la Une des sites internet de tous les quotidiens. Et les commentaires ont tous la même tonalité : où cela va-t-il mener ?
« Les Israéliens semblent favorables à une guerre au Liban, pointe le Jerusalem Post. Mais, reconnait le quotidien israélien, les précédentes invasions dans le pays ont eu des résultats peu concluants et ont coûté à Israël la vie de nombreux soldats et ont entaché sa réputation internationale. »
En effet, rappelle le New York Times, « en juin 1982, Israël a envahi et occupé des parties du Liban, y compris, pendant une brève période, Beyrouth, pour les 18 années suivantes. Cette occupation s’est révélée être un échec stratégique, donnant naissance au Hezbollah et entraînant la mort de milliers de civils. La guérilla du Hezbollah a contraint Israël à se retirer en 2000. Le même schéma s’est reproduit, note le New York Times, mais dans une moindre mesure, lorsque Israël a de nouveau envoyé des forces au Liban en 2006, provoquant plus d’une centaine de victimes israéliennes ».
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L’impossible normalisation ?
En fait, analyse Le Monde à Paris, « l’histoire du conflit israélo-palestinien montre que les victoires militaires n’ont jamais pu remplacer une absence de vision, et cette dernière est plus criante que jamais ». Toutefois, affirme le quotidien français, « l’affaiblissement des milices qui jurent la perte d’Israël offre une opportunité : celle de prendre enfin en compte les droits légitimes des Palestiniens à l’autodétermination sans qu’ils puissent être immédiatement niés au nom de menaces présentées ou ressenties comme existentielles. Cela passe évidemment par une remise en cause des représentants des Palestiniens, plus nécessaire que jamais : le Hamas doit répondre des choix qui ont précipité le désastre et semé la mort à Gaza ; le chef de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, tragiquement muet aux pires heures vécues par son peuple, doit s’effacer ».
Mais, souligne Le Monde, « la coalition au pouvoir en Israël est incapable de s’engager dans cette voie. Les alliés de l’État hébreu doivent (donc) en tirer les conséquences et cesser de la considérer comme un partenaire duquel rien ne doit jamais être exigé. Les Israéliens, enfin, doivent mesurer ce que représenterait la normalisation avec leurs voisins arabes, que permettrait le compromis territorial trop longtemps esquivé ».
Une (nouvelle) force de paix internationale ?
Un premier pas pourrait être la création d’une nouvelle force internationale de paix… C’est ce qu’avance le quotidien israélien d’opposition Haaretz : « le principal défi d’Israël, écrit-il, est d’éloigner les forces terrestres du Hezbollah et ses roquettes de la frontière, hors de vue et de portée des habitants du nord d’Israël. Et pour ce faire, il n’y a qu’un seul moyen », affirme Haaretz : « une force internationale (donc) qui soutiendra l’armée libanaise ». Pour ce faire, poursuit Haaretz, il faudrait « une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU. […] La paix dans le nord après la deuxième guerre du Liban a été maintenue, peu ou prou, pendant 17 ans. Si seulement c’était le cas pour cette guerre. […] Malheureusement, conclut Haaretz, tout cela n’est qu’un vœu pieux. Les chances que Netanyahou s’efforce de mettre fin à la guerre à ce stade sont très minces ».
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Une approche différente ?
« Israël va-t-il répéter les erreurs du passé ? », s’interroge William Hague, ancien ministre britannique des Affaires étrangères, dans une tribune publiée par le Times à Londres.
« Israël a réaffirmé de manière spectaculaire, écrit-il, qu’il était la puissance dominante dans la région. Mais il devra faire la même chose encore et encore, génération après génération, s’il ne cherche pas l’espace politique et physique pour faire un jour la paix avec ses voisins palestiniens. Une telle paix n’est pas envisageable aujourd’hui, pointe William Hague, les dirigeants survivants du Hamas étant tout aussi réticents à un cessez-le-feu que Netanyahou lui-même. Pour y parvenir, il faudra l’affirmation du leadership arabe, mais aussi une approche différente de la part des Israéliens, qui ont maintenu les Palestiniens, même modérés, dans la faiblesse et la division, tout en empiétant toujours plus sur la Cisjordanie. La force militaire déployée ces deux dernières semaines a été salutaire. Mais il faut aussi trouver des solutions politiques, conclut l’ancien chef de la diplomatie britannique. Pour s’en convaincre, les Israéliens n’ont qu’à regarder l’état pitoyable dans lequel se trouve le Liban. »
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